Entendant le bruit que
font les balles en touchant ses mains, Patrice, jongleur, commence à lancer les
balles en rythme... plus d’une dizaine d’années plus tard , le concept a bien
évolué. Patrice jongle maintenant en duo et lance ses balles sur une quinzaine
de caisses munies de capteurs reliés à un ordinateur et produisant des sons
mixés par Cédrikroll. Entre hypnose des balles et musique planante, Zoom entre
en transe...
Ce
que vous faites est original, en fait ce système de caisse et de balle, c’est
une sorte de nouvel instrument de musique ?
Oui,
quelque part ! Mais il y a une différence notable avec un instrument de
musique « classique », car le contact n’est pas direct. Il y a une sorte
d’intermédiaire entre la balle et les plaques et ce silence est intégré à la
mélodie.
Comment
appelez-vous cet instrument ?
(Ils
se concertent) Le Schdonglophone !
Et
plus techniquement ?
(Ils
se concertent à nouveau plus longuement) Un xylophone électro à balles !
Quelle
est la question qui revient le plus souvent après vos
« concerts » ?
Il y
a beaucoup de gens qui viennent nous voir pour nous demander si la mélodie
qu’ils entendent sur scène est un enregistrement.
C’est
vrai que parfois, cela va tellement vite qu’il est facile d’avoir un doute...
Oui,
mais lorsque l’on se rate et que l’on fait tomber la balle (eh oui ça
arrive !) Ils voient bien que c’est du direct.... Cela dit, quand cela
arrive, c’est pratique d’être deux car celui qui reste peut continuer à
conserver le rythme, il y a une part d’improvisation.
Vous
avez 15morceaux dans votre répertoire, il faut une très bonne mémoire !
En
fait, on utilise trois sortes de mémoires; visuelle et auditive évidemment,
pour retenir quelle plaque procure tel son sur tels morceaux, mais il y a aussi
ce qu’on appelle la mémoire kinesthésique qui est la mémoire du corps. À force
de répéter les mouvements, les bras et les mains connaissent d’eux-mêmes la
chorégraphie, en gros, le corps joue pour toi !
C’est
un exercice délicat, vous n’avez jamais d’appréhension ?
Si un
peu, mais c’est normal. Il y a certains enchaînements qui sont plus difficiles
que d’autres surtout ceux où nous nous passons les balles ! Il faut être
très concentré et être à l’écoute de l’autre. Quand nous nous sommes rencontrés
et que nous avons parti ce projet de duo, nous avons passé une année à
travailler exclusivement notre rythme et notre synchronicité.
Combien
de temps vous faut-il pour composer un morceau ?
Il y
en a un sur lequel nous sommes depuis trois ans, mais il faut savoir que plus
on avance et plus nos morceaux se complexifient. Nous modifions souvent les
sons et donc un peu les mélodies, nous sommes finalement toujours plus ou moins
en recherche dans nos morceaux.
Quelle
est la prochaine étape ?
Travailler
avec l’outil vidéo pour une finalisation en 2008 et continuer à progresser tout
en prenant autant de plaisir !
Cet article est paru dans Zoom, le mag des gens du coin qui se bougent !
Avant de reproduire tout ou partie merci d'en faire part à : chalonzoom@hotmail.fr
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