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Chalon... ville d'histoire !

Plusieurs sujets consacrés à l'Histoire locale ne sont pas arrivés tout seuls sur vivre-a-chalon.com et nous sommes ravis qu'ils soient pour la plupart votre oeuvre, du moins celles de chalonnais passionnés à qui ce site a, depuis sa naissance en 2007 (courte histoire... mais quand même ;-), décidé de donner la parole !

Merci à tous.
Et continuez à nous envoyer vos contributions, elles seront bienvenues !

 

VOIR EGALEMENT LA RUBRIQUE "CARTES POSTALES"


 

Autour de CHALON : Du côté de Germolles

Et si nous allions au château de Germolles ? Vous ne connaissez pas ? Vous ne savez pas de quoi on parle ? Allez, laissez-vous faire et découvrons ensemble une demeure ducale, un trésor local, une opération de sauvegarde du patrimoine bourguignon qui mérite toute notre attention…

 

 

Matthieu Pinette a accepté de nous recevoir pour nous parler du château, des travaux en cours, des animations prévues… Que du bonheur, car il est passionné par cette demeure…

Matthieu Pinette, comment se retrouve-t-on à la tête d’un tel château ? Le goût ? La passion ? Les compétences ?
C’est ce que l’on pourrait penser au départ, mais c’est avant tout une aventure familiale puisque ce château est devenu au dix-neuvième siècle une demeure familiale. Lorsque, il y a quelques années, mes parents ont souhaité prendre une retraite paisible, la question s’est posée de savoir ce qu’il fallait faire. J’ai proposé un projet de gestion culturelle et patrimoniale et c’est ce projet qui a été accepté par l’ensemble des propriétaires. J’ai quitté ma carrière professionnelle – Matthieu Pinette, conservateur en chef du patrimoine a été successivement directeur des musées d’Autun, Besançon et Amiens – et je suis maintenant à temps complet à la gestion, à l’accueil, à la visite, au développement de cette demeure qui est, ne l’oublions pas, une des plus belles demeures ducales de Bourgogne. C’est un joyau unique qu’il faut découvrir impérativement !

 

 


Matthieu Pinette, j’étais venu ici il y a quelques années et en revenant, je trouve de nombreux changements. On voit des travaux d’envergure et on aimerait savoir comment vous avez pu lancer ces projets. On fait des plans ? On se laisse aller à son imagination ? C’est complexe ? Coûteux ?
Vous avez raison de soulever cet aspect car effectivement on ne peut pas échapper à une rigueur, une préparation, des plans. On ne peut pas faire ce que l’on « veut » comme cela d’autant plus que Germolles est classé aux Monuments historiques. Mais en fait, dans notre cas, ici, ce que l’on veut est assez proche de ce que voudraient les Monuments historiques. Mais il faut planifier les travaux, les opérations, car l’argent ne tombe pas du ciel. Il faut aussi planifier longtemps à l’avance car il faut passer par un architecte en chef des monuments historiques qui commence par faire une étude préliminaire. Elle est suivie d’une étude préalable qui a pour but de dégrossir ce que l’on va faire, dans quel ordre, combien ça va coûter… Et seulement on peut en arriver aux travaux proprement dits. Ce sont ces phases de préparations qui permettent de faire des choix. Par exemple, nous voulions faire des travaux sur la chapelle haute et les tours, mais on a été obligé de faire cela en deux tranches, d’abord la chapelle haute que vous avez pu visiter et maintenant on va commencer les tours, du moins j’espère que l’on va pouvoir commencer l’année prochaine…

Alors, parlons justement de cette chapelle haute puisque les visiteurs peuvent la découvrir autre que ce que j’avais vu il y a une dizaine d’années…
On avait beaucoup travaillé sur ce château. On a pu donner à l’architecte des documents qui permettaient de comprendre comment il était avant certaines destructions, dont celle qui a laissé cette chapelle du haut sans couverture et sans lien avec le reste du château – incendie au dix-neuvième siècle – ce qui a été capital pour faire les choix de restauration.

 

 


Cette chapelle haute était au premier étage et à l’époque il y avait un deuxième étage. Nous ne voulions pas rétablir entièrement tout ce qui avait disparu, mais seulement trouver une solution pour rendre à cette chapelle son aspect d’antan. On pouvait restituer la voute en bois, ce que l’on a fait. Les enjeux n’étaient pas considérables car on savait que la voute était en bois et on connaissait sa forme. Mais la question qui demeurait était de savoir comment faire à l’extérieur… Il fallait protéger le bois sans tout reconstruire. Avec l’architecte, on a décidé de mettre du cuivre. Tout d’abord parce que c’est un métal noble, mais aussi parce que une matière pérenne qui protège bien ; enfin, cela permettait d’avoir un toit dont immédiatement on détectait que ce n’était pas un toit du Moyen-âge tout en respectant une époque puisque le toit en métal existait bien, comme pour les cathédrales de Beauvais et Châlons-sur-Marne par exemple. Cela a permis de restaurer sans faire du faux, seulement du différent qui protège mieux l’authentique. Et c’est ce que l’on va faire maintenant avec les tours à l’entrée du château.

 

 


On comprend bien l’ampleur des travaux commencés et en cours, l’envie de redonner de la vie cette demeure, mais qu’en est-il du public ? Est-il au rendez-vous ?

En 2011, nous avons eu plus de 8500 visiteurs. C’est à la fois bien puisque nous sommes partis il y a six ans de 2200. 2011 est donc notre record d’affluence, mais c’est en même temps très peu si on regarde l’intérêt du lieu. Germolles est le seul palais des ducs de Bourgogne existant encore, il reste encore de très nombreux éléments très significatifs ce qui en fait, en France, l’un des rares palais princiers moyenâgeux restant en aussi bon état. Le seul problème, c’est que comme c’est une exception, comme les gens connaissent bien les châteaux forts qui eux en France sont assez nombreux, quand ils visitent Germolles, ils ont du mal à imaginer qu’il s’agit d’un palais du Moyen-âge. A la limite, ils préfèrent visiter un château fort banal, avec des tours, plutôt que de venir à Germolles. Bizarrement, la rareté extrême du lieu le dessert… Par contre, ceux qui viennent en sortent enthousiastes, on a même du mal à les faire sortir…

Est-ce que vous avez des visites de classes, des projets avec des établissements scolaires de la région ?
J’avais encore une classe ce matin même. Nous avons de très nombreuses classes de Saône-et-Loire, mais aussi d’ailleurs. Ce matin, c’était une classe de Côte d’Or. Nous avons beaucoup de classes de cinquième en particulier car c’est le niveau où l’on étudie le Moyen-âge, en histoire mais aussi en français avec le texte de Chrétien de Troyes. Mais comme nul n’est prophète dans son pays, il est intéressant de noter que les seules classes qui ne viennent jamais au château sont celle de notre commune...

 

 


Venons-en à votre animation, Un air de Moyen-âge, qui va donner un air de fête à votre château, même s’il ne s’agit pas d’une fête moyenâgeuse comme cela existe ailleurs. Vous avez voulu faire quelque chose de culturel, de littéraire, d’original…

Depuis six ans nous organisons des activités culturelles, conférences souvent de haut niveau. Mais on a décidé de faire sur un weekend, une animation plus festive, une évocation du Moyen-âge un peu plus légère. Cette année, pour notre troisième édition, nous nous sommes appuyés sur le texte de Chrétien de Troyes, Yvain le chevalier au lion. Donc le samedi 12 mai, l’évocation sera pédagogique et didactique, car il y aura la lecture entière, intégrale du texte. Une vingtaine de lecteurs et lectrices vont réaliser ce temps fort. Le texte n’est pas très long, il faut compter environ trois heures. Les gens vont pouvoir venir de façon libre, certains resteront en continu, d’autres pourront venir beaucoup moins de temps. Ce sera l’après-midi, s’il fait beau, dans le parc du château, s’il pleut dans une des salles en fonction du monde… A chaque fois, on a pensé au confort du spectateur car c’est important de pouvoir écouter trois heures de lecture dans de bonnes conditions. La lecture se fera dans un français respectueux du texte original mais accessible à tous. Le même après-midi, deux conférences auront lieu pour le public qui veut aller un peu plus loin. Une évoquera Yvain, Chrétien de Troyes et introduira cette lecture et ce texte particulier. La seconde, elle parlera des représentations d’Yvain avec bien sûr en vedette, une sculpture que l’on trouve dans le château de Germolles. Enfin, le soir, aura lieu à 20h00 un concert par un ensemble, Astéria. On ne les voit pas souvent car ils vivent à New York. Il s’agit d’Ylvia Rhyne, chanteuse, et Eric Redlinger, luthiste et chanteur. Ils chantent le répertoire musical de la cour des ducs de Bourgogne et c’est une évidence de les entendre dans ce palais de Germolles. Cette fois-ci, ce sera de la musique héroïque, une musique rare mais prenante. Il est impératif de réserver pour ce concert.

Merci Matthieu Pinette de nous avoir accompagnés ces quelques minutes et nous espérons que cet air de Moyen-âge va attirer du monde pour récompenser vos efforts. Encore bravo pour ce que vous faites de cette demeure importante de notre histoire bourguignonne…


Pour en savoir plus :

samedi 12 mai 2012

Ce nouveau rendez-vous entend aborder l’œuvre de Chrétien de Troyes de façon "didactique". La lecture intégrale du roman et deux conférences permettront de faire connaissance avec ce texte majeur. Un concert viendra clore la journée, comme pour restituer au roman son atmosphère musicale.


14h30 : lecture in extenso du roman de Chrétien de Troyes, Yvain ou le Chevalier au Lion, par une dizaine de lecteurs sous la houlette d’Anne Prost-Cossio, comédienne.
15h30 : Yvain peint et sculpté : représentations du héros de Chrétien de Troyes, par Matthieu Pinette, conservateur en chef du patrimoine.
17h30 : Yvain ou le Chevalier au Lion : un roman aux origines, par Patrick Huet, professeur de Lettres modernes, Lyon.
20h00 : concert Le corps s’en va mais le cœur vous demeure. La chanson chevaleresque à la fin du Moyen Âge, par Sylvia Rhyne et Eric Redlinger, ensemble Astéria.


http://www.chateaudegermolles.fr

 
 
 
 
 
- par Shelton - Réagir

Chalon Historique - Le rond-point de la Colombière

Nous republions cet article suite à de nouvelles contributions en réponses permettant d'avoir un complément d'informations au moment où le Tobbogan est encore... d'actualité !

Merci à la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon et à Claude Elly pour cette contribution publiées dans « Les chroniques chalonnaises » [ voir le sommaire du n°55 ] qui raconte l'histoire de ce carrefour et la construction du "viaduc de la Colombière".

 

Chalon Historique - Le rond-point de la Colombière

 

(c) photo www.vivre-a-chalon.com [ contact agence : 03 
85 900 910 ]

Tout le monde à Chalon connaît le « toboggan », le mal nommé. Depuis 1971, il permet à la circulation des routes nationales 78 et 6

 

de franchir la circulation locale de l’axe Boulevard-gare de Chalon.
Ce viaduc de la Colombière franchit l’un des carrefours parmi les plus importants de la ville. Un carrefour né à la fin de la Révolution avec l’arrivée du canal du centre, puis transformé au milieu du 19e siècle pour permettre l’arrivée du chemin de fer et transformé à nouveau au milieu des années 1960. Ici se sont succédé ponts, passage à niveau et ronds-points.
Le rond-point de la Colombière est de nouveau entré dans l’actualité chalonnaise à la fin de l’année 2008. Suite à d’importants travaux sur le réseau de chauffage urbain il avait été nécessaire de réaménager le carrefour en supprimant des voies de circulation. Les feux tricolores ne pouvaient, du coup, plus jouer leur rôle ; il avait donc été décidé de faire un rond-point provisoire matérialisé par des grosses balises rouges et blanches

 

 À la fin des travaux, la situation avec feux régulateurs n’avait pas été rétablie car on s’était aperçu que ce rond-point jouait, finalement, très bien son rôle et que la circulation semblait plus fluide.
Après quelques études il fut décidé de le laisser en place, en l’aménageant mieux. Pour ne pas trop perturber une circulation toujours très intense à cet endroit, une partie des travaux s’est faite de nuit. Et dans les premiers jours de novembre 2009 les Chalonnais ont dû s’habituer à la présence de ce nouveau rond-point né un peu par hasard et qui n’était pas sans rappeler un autre rond-point créé au même endroit une quarantaine d’années plus tôt.

Le premier rond-point
En effet, nous sommes ici à l’emplacement de l’ancien canal du centre comblé en 1959 et sur l’emplacement duquel on traça une grande voie de circulation urbaine (l’avenue N. Niépce inaugurée en 1966). Quand la déviation de la Nationale 6 fut occupée par l’autoroute, la nationale en question revint traverser le centre ville par cette avenue Niépce. Au croisement de la RN 6 et de la circulation urbaine importante (axe place de Beaune-Boulevard-gare) fut mis en place un très grand rond-point. Aux moments de grande circulation ce rond-point fut à l’origine de « bouchons » mémorables (1). Car il ne s’agissait pas d’un rond-point tel que nous le connaissons aujourd’hui. À l’époque tous les ronds-points de France (à commencer par celui des Champs-Élysées à Paris !) fonctionnaient avec la sacro-sainte priorité à droite. Ce qui signifiait : priorité à ceux qui entrent sur le rond-point. D’où un engorgement très rapide de l’anneau, bloqué au bout de quelques instants seulement.
Il n’était pas question de faire autrement car il aurait fallu pour cela redéfinir le Code de la Route ce qui était très compliqué. Rappelons qu’il a fallu attendre le décret du 6 septembre 1983 (G .Reverdy : les routes de France du XXe, Tome 2) pour que les carrefours giratoires trouvent leur pleine efficacité avec la priorité à l’anneau qui est, de fait, une priorité à gauche exceptionnelle.
Le rond-point de la Colombière avait été créé vingt ans trop tôt pour pouvoir bénéficier de cette disposition. On essaya de le rendre plus efficace en mettant en place une réglementation avec des feux tricolores. Mais le trafic de la Nationale 6, devenant de plus en plus important, était trop perturbé. On s’est donc tourné vers une solution radicale : faire passer le trafic national au dessus du trafic local. Et ce fut la naissance du viaduc qui ne fut jamais officiellement baptisé « de la Colombière », et qui, déclaré « bon pour le service » en décembre1971, est entré dans la vie chalonnaise sous le surnom de toboggan.

Toboggan ® !!!
Cette dénomination était une marque commerciale utilisée par la SFAC (Société des Forges et Ateliers du Creusot) qui avait mis au point la construction très rapide de ponts, urbains ou non, construits en une ou deux nuits sur des carrefours stratégiques et encombrés. Il y en eu à Marseille, à Avallon, à Tournus et ailleurs. Il faut croire que les Chalonnais ont cru qu’on allait mettre en place un « Toboggan » de la SFAC dans leur ville. Or ce ne fut pas le cas. On décida de construite un vrai viaduc, d’une certaine élégance.

Et avant ?
Comme sous le soulignons en introduction, ce carrefour de la Colombière est entré dans l’histoire chalonnaise en même temps que le canal du centre. Celui-ci, construit à la fin du 18e siècle, a été mis en service pendant la période révolutionnaire. Il avait pour conséquence de couper la route dite du Bourgneuf (Mercurey) c'est-à-dire la grande route reliant Autun à Chalon et qui, en sortant de Châtenoy-le-Royal, arrivait sur Chalon par une voie qui deviendra bien plus tard l’avenue Boucicaut.
Un pont fut réalisé à la hauteur de l’écluse qui permettait aux bateaux de pénétrer dans le grand bassin.
Avec l’arrivé du chemin de fer (dont les lignes venues de Dijon se dirigeaient en direction de ce qui deviendra le Boulevard de la République) il fallut faire un second pont parallèle au premier destiné à supporter les voies. Ce deuxième pont de la Colombière fut réalisé en 1849. À sa hauteur fut créé un passage niveau à propos duquel la presse de l’époque a relevé de très nombreux accidents.
Ce passage à niveau a disparu avec la création du Boulevard de la République à l’emplacement même des anciennes voies ferrées. À ce moment les deux ponts furent aménagés pour n’en faire plus qu’un. Les travaux furent réalisés à partir 1895 par l’entreprise Baudet-Donon et Cie et le procès verbal de ces travaux date du 26 octobre 1896. Le poids du pont de la Colombière était estimé à 59,7 tonnes (archives départementales 1276 W 86).
Ce très large pont de la Colombière (25 mètres) resta en place jusqu’à la disparition du canal du centre qui fut comblé pour la création de l’avenue de l’Europe, du 8-mai-45 et de l’avenue Niépce. Sa structure métallique a été « désossée » en 1964 alors que le rond-point était déjà en place et utilisé. Rond-point aujourd’hui réaménagé et abrité par un viaduc « toboggan » dont certaines personnes souhaitent la disparition.
Un nouvel aménagement pourrait alors être fait sur cet important carrefour de Chalon.

Claude Elly

(1) Un article du « Courrier de S. et L. » du 22 mars 1969 souligne que le rond point est sans feux et que vers 17 h il faut parfois 40 minutes d’attente pour le franchir !

- par Claude ELLY - Société d'Histoire et d'Archélogie de Chalon - 5 commentaires - Réagir

Autour de CHALON, Ligne de démarcation : le centre d'interprétation de Génelard Menacé !

La ligne de démarcation à Chalon et dans le ChalonnaisDepuis juin 2006, existe à Génelard, un centre d'interprétation de la ligne de démarcation. Cette structure associative unique située en bordure des 12OO Kilomètres de la ligne qui séparait aussi la région chalonnaise entre 1940 et 1943 connaît des difficultés financières. Le président-fondateur, Jean Michel Chantreault qui depuis plus d'une douzaine d'années préside l'association a accepté de faire le point pour "vivre-a-chalon ".

Voilà plus d'une douzaine d'années que vous avez eu l'idée de l'actuel Centre D'interprétation de la ligne de démarcation qui s'est concrétisée en Juin 2006 par l'ouverture d'une structure unique et incontournable à Génelard, quel bilan dressez vous tant dans le domaine historique que de vocation pédagogique ?
Le bilan est mitigé. Incontestablement nous avons maintenant notre place au sein des stuctures historiques consacrées à la Seconde Guerre Mondiale. 25000 personnes ont appronfondi leurs connaissances sur cette frontière en visitant l'exposition permanente, beaucoup d'autres ont découvert son existence grâce à la presse nombreuse dont nous avons bénéficié. Néanmoins deux regrets m'assaillent : l'abandon pratiquement total des recherches, par manque de moyens financiers, et le peu d'engouement des structures scolaires à venir nous visiter.

Après la fermeture du musée du Poilu à Cormatin intervenue il y a quelques mois, y a t'il des menaces sur le Centre d'Interprétation ?
Il est regrettable que le musée du Poilu soit fermé. Il faut bien reconnaitre que le ciel au-dessus du centre d'interprétation est lourd de menaces, l'orage est prêt à éclater. Néanmoins nombre de personnes m'encouragent à poursuivre, ce que j'essaie de faire en m'employant à trouver des moyens financiers supplémentaires.

Vous souhaitez que la fermeture soit bien sûr évitée, quels sont vos projets pour cette année qui débute ?

Nous devons trouver de nouveaux moyens financiers, pour continuer notre mission déjà, mais aussi pour nous permettre dr reprendre un travail scientifique de recherches. Déjà des fondations ou associations ont écouté notre appel. M ais nous proposons à tout un chacun de nous rejoindre moyennant une cotisation minima de 15 € (66 % de la somme versée sera déductibles des impôts).


Pour aller plus loin :
www.lignededemarcation.fr -

- par DERIOT Daniel - Réagir

CHALON : Chabanis TV propose une superbe vidéo Kodachrome

Cette vidéo fort intéressante "Chalon en Kodachrome 1960 et aujourd'hui" a été réalisée par Thierry Chabanis qui fait partie du club 8/16 Chalonnais qui a créé Chabanis TV.

Chalon-sur-Saône années 1960 filmé en Kodachrome avec une caméra Paillard 16mm. Quartier St Vincent avant sa restauration.L'église St Pierre. Les bord de Saône. Le bassin du parc Georges Nouelle. Le port nord. Le centre ville.
C'était le temps des voiliers sur la Saône.


Film remasterisé par Chabanis TV

 


 

Plus sur son espace Youtube : http://www.youtube.com/user/ChabanisTV

- par Chabanis TV sur Youtube - Proposé par Patrice Josserand - Réagir

CHALON Animation Patrimoine : "le sacré coeur et l'histoire du quartier" dimanche

DIMANCHE 3 Avril à 15h
« Laissez-vous conter les 100 ans de l’église du Sacré Cœur et l’histoire de son quartier »

Comment construire et faire vivre une église paroissiale dans un quartier ouvrier en construction en 1911, juste après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) et avant la tenue du Concile Vatican II dont les conséquences seront importantes notamment pour la liturgie et l’organisation d’un édifice cultuel ?
Que s’est il passé pendant ces 100 ans ? Quelle fut la vie de l’édifice ? De la paroisse ? Du quartier ?
A l’occasion des 100 ans de l’édifice, c’est à cette question que la guide conférencière tentera de répondre à travers la présentation, de l’église du Sacré Cœur située 115 rue de la Verrerie.
L’occasion, aussi, de redécouvrir l’histoire de tout un quartier…

Rdv : 115, rue de la Verrerie

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DIMANCHE 10 AVRIL 2011 à 15h
« Laissez-vous conter L’hôpital Saint Laurent au XXè siècle

Cette visite est proposée par le service Animation du patrimoine de la ville de Chalon-sur Saône en partenariat avec le Centre Hospitalier William Morey et l’association Abigaïl Mathieu.

Poursuivant le travail mené depuis plusieurs années sur l’histoire des sites hospitaliers de Chalon depuis le XVIe siècle, l’Espace patrimoine et ses partenaires s’intéressent cette fois au XXe siècle, période pendant laquelle les mutations au sein de l’hôpital situé sur l’île Saint Laurent furent plus grandes que jamais : fonctionnement de l’institution, évolution architecturale et urbaine du site, progrès de l’hygiène et de la médecine sociologie des personnes accueillies. De 1914 à nos jours, nous sommes passés d’un hôpital pour certains à un hôpital pour tous, tout en proposant un accueil de plus en plus individualisé, jusqu’à ce qu’il soit devenu nécessaire, pour satisfaire aux nouvelles normes et aux nouveaux besoins, de quitter l’ile Saint Laurent. A l’automne 2011, l’hôpital s’installant au site dit « des Prés-devant »: c’est une partie de son histoire que nous vous proposons de redécouvrir.

Rdv : Entrée Centre Hospitalier William Morey,
Quai de l’Hôpital

LE TARIF Plein pour chaque visite est de 3€
Réservation uniquement par téléphone au 03 85 93 15 98
Il est conseillé de retirer son billet à l'Espace Patrimoine
24, quai des Messageries
PLACES LIMITEES

Les visites durent 1h30..

La gratuité est accordée aux enfants et aux jeunes jusqu'à 18 ans, aux étudiants jusqu'à 25 ans, aux demandeurs d'emploi, aux personnes à mobilité réduite et aux bénéficiaires du RSA.

NE TARDEZ PAS A VOUS INSCRIRE !!!!!

ANIMATION DU PATRIMOINE

Transmis par Daniel DERIOT

- par Transmis par DERIOT Daniel - Réagir

Chalon - Histoire - l'intérieur de l'église du Sacré Coeur

Peu de photos sur l'intérieur de cette église. Les appareils photos n'étaient pas aussi démocratisés qu'aujourd'hui et on ne photographiait pas les sacrements des enfants systématiquement.

Deux vues anciennes qui donne une idée générale. L'intérieur a beaucoup changé au moment du concile Vatican II et on a beaucoup plus de documents pour illustrer cet aspect comme nous le verrons une autre fois...

 

- par Bonnet Michel - Réagir

CHALON - Histoire - La naissance d'une église...

On a commencé à vous parler sur ce site de cette église du Sacré-Cœur qui va fêter ses cent ans, son siècle d’existence. Il est intéressant de préciser quelques éléments sur sa construction surtout au moment où on parle, ici ou là, de laïcité, de construction de mosquées, de relation entre Etat et religions…

 


Tout d’abord, en 1905, nous avons bien la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il ne faut pas regarder cet événement comme si tout allait de soi. Si vous avez le temps, lisez l’ouvrage de Gabriel Merle, biographie étonnante d’Emile Combes. On y voit comment on va passer d’une république naissante, 1871, à une république conquérante qui va régler l’enseignement public pour tous, le fonctionnement des associations et la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Tout s’est fait dans la douleur, les tensions, les rivalités, les contestations… Les luttes entre « religieux » et « laïcs » seront violentes, parfois bien physiques...

 

 


C’est d’autant plus passionnant de voir alors la construction de la première église en Saône-et-Loire postérieure à la promulgation de la loi, avec un financement entièrement privé. On peut noter la participation réelle des ouvriers catholiques du chemin de fer et les dons de plusieurs entrepreneurs chalonnais. La communauté catholique sera longtemps concernée par les remboursements des travaux…

C’est en mars 1911 que cette église est inaugurée, alors qu’un échafaudage est encore en place, dans un espace qui n’est pas encore le quartier ouvrier qu’il va devenir à partir de 1920. On est presque dans le désert, une zone de jeu pour les enfants, de jardinage et braconnage pour les adultes…

Mais nous reviendrons encore sur la construction de ce quartier qui nous permet aussi de redécouvrir certains aspects de la vie chalonnaise au vingtième siècle…

 


Voir sur VAC :

 

CHALON : Un certain centenaire, ça se fête !
CHALON : Un certain centenaire, ça se fête !
Vous êtes bien curieux de savoir ce qui se passe du côté de l'Eglise du Sacré Coeur... voilà, enfin quelques réponses. L’église du Sacré Cœur a été construite et mise en service, si on peut dire, en 1911. Les financements ont été (...)

 

 

 

 
 
- par Bonnet Michel - Réagir

CHALON : Un certain centenaire, ça se fête !

Vous êtes bien curieux de savoir ce qui se passe du côté de l'Eglise du Sacré Coeur... voilà, enfin quelques réponses.

 


L’église du Sacré Cœur a été construite et mise en service, si on peut dire, en 1911. Les financements ont été multiples, principalement offerts par l’Union catholique des chemins de fer. Nous étions après la séparation officielle des églises de l’Etat. Le bâtiment est donc la propriété du diocèse d’Autun qui en assure tout l’entretien.

Un siècle plus tard, il était temps de lui redonner un air de jeunesse. C’est dans ce cadre qu’ont été effectués les travaux de rénovation entamé depuis 2010.

Aucune subvention particulière n’a été demandée ou reçue, seuls les dons permettent de terminer les travaux.
d’équilibrer le budget et redonneront le sens que nos anciens avaient donné à la construction de ce bâtiment…

Maintenant, que va-t-il se passer dans les jours qui viennent ? Un anniversaire c'est l'occasion de faire la fête... alors, voici le programme !

 

Samedi 19 mars 2011, Portes ouvertes


A partir de 14h00, l’église du Sacré Cœur sera ouverte au public avec possibilité de visite. Une exposition permettra de suivre l’évolution de cette église de sa création à aujourd’hui, y compris avec les travaux de rénovation de 2010/2011. Quelques paroissiens accompagneront les curieux pour leur permettre de découvrir quelques trésors cachés…

A 15h00 et 16h30, Sacrée ronde du quartier, visite pédestre dans cet espace qui retrouvera, pour un instant, son rythme et sa vie depuis 1905. Animation par des bénévoles qui souhaitent vous inviter à découvrir ce quartier, cet édifice, cette paroisse… La visite théâtralisée dure environ 45 minutes, elle part de l’église du Sacré Cœur et y revient…

A 18h00, Intermède musical avec l’Harmonie municipale de Chalon-sur-Saône et prolongement dans le partage amical et la bonne humeur !!!

Dimanche 20 mars 2011, Festivités


A partir de 8h45, accueil avec le café fraternel

A partir de 9h00, des plus petits jusqu’aux plus grands temps, tous les chrétiens sont invités à un temps de réflexion et d’échange :
Une église à rêver, l’église de demain !

11h00, messe avec Benoît Rivière, évêque d’Autun

12h30, temps repas (réservation obligatoire pour les plateaux repas. Réservation auprès de Paulette Sody, 03-85-46-38-48 ou Marie-Paule Knipiler, 03-85-41-64-29).

14h00, troisième Sacrée ronde du quartier, pour tous ceux qui n’auraient pas encore profité de la reconstitution de la vie du quartier…

Entre 14h00 et 15h30, l’exposition et l’église restent accessibles.

A 15h30, spectacle clownesque par Dominique Auduc, prêtre et clown.

Vers 16h30, clôture des festivités et envoi…

 


Voir sur V@C :

 

CHALON - Histoire - La naissance d’une église...
CHALON - Histoire - La naissance d'une église...
On a commencé à vous parler sur ce site de cette église du Sacré-Cœur qui va fêter ses cent ans, son siècle d’existence. Il est intéressant de préciser quelques éléments sur ...

 

 

 
- par Paroisse Notre Dame de lumière - Réagir

CHALON : Mémoire de la ligne de démarcation (vidéo)


Un étudiant en histoire, le Centre d’interprétation et les Films du Tilleul se sont associés pour produire un documentaire sur la ligne de démarcation. À voir absolument !

 

La bande annonce :

 

 

 


La ligne de démarcation : bande annonce
envoyé par Conseilgeneral71. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

 


> Plus d’infos : Centre d’interprétation de la ligne de démarcation au 03 85 79 23 12 ou sur www.lignededemarcation.fr

Voir aussi nore rubrique Cartes Postales


CHALON dans le rétro : un film de l'INA sur le coeur historique en 1965

Reportage présentant une visite de Chalon-SUR-Saône : le port, les places, l'église SAINTE MARIE, la Saône, le Cloître Saint Vincent, la Tour de l'évêché et celle du Doyenné, la maison des 4 saisons, les fenêtres de la rue Saint Vincent, les vielles rues : rue du Jeu de Paume...

Un groupe visite la vieille ville sous la direction d'Armand Caillat en 1965...

 

Capture d'écran INA : cliquer sur l'image:

http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-economique/video/LXC9610041387/chalon-sur-saone.fr.html


NDLR : 22 autres vidéos sur l'histoire de Chalon ici : http://www.ina.fr/recherche/recherche?search=chalon+sur+saone&vue=Video

 

- par DERIOT Daniel - Réagir

51e anniversaire - Un certain 18 avril : de Gaulle à Chalon

[ republié le 10/11/10 à l'occasion des 40 ans de la mort du général  de Gaulle ]

A l'issue de la séance publique de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon [ voir article ],  nous avons demandé aux conférenciers de prolonger leur présentation en partageant leurs connaissances avec les lecteurs de vivre-a-chalon.com dans l'esprit participatif de notre site.

Nous aurons bientôt l'occasion de montrer des photos anciennes de la gare de Chalon grâce à Michel Trémeaux.
Gilles Platret pour sa part nous a fait parvenir ce texte original évoquant la venue du général de Gaulle à Chalon. Ce dont le remercions.



 51e anniversaire
Un certain 18 avril : de Gaulle à Chalon

C'est peu dire que la journée du 18 avril fut notablement remplie pour le général de Gaulle. Le premier président de la Ve République, tout fraîchement élu, avait en effet entrepris depuis le 16 avril un important déplacement en Bourgogne, dans le cadre d'un vaste tour des régions françaises.

La période n'était pas franchement à l'euphorie. Les événements d'Algérie restaient une source de poignante inquiétude pour la France et l'économie ne faisait qu'entamer son long redressement, nécessitant au passage un plan de rigueur financière qui n'avait pas que des partisans dans le pays.

En visitant la Bourgogne, Charles de Gaulle avaient deux buts officiels et un objectif plus privé. Comme président de la République, il entendait fortifier le moral de la Nation et encourager les initiatives, là où elles se trouvaient. C'est ainsi que, dans le cours de son voyage bourguignon, il conforta trois grands piliers de l'économie régionale : l'agriculture avec le souhait qu'il exprima en Saône-et-Loire de faire de la race charolaise celle du Marché commun, la viticulture dont il dit au Clos de Vougeot qu'il la tenait pour une « illustration nationale », et la puissance industrielle à qui il rendit l'hommage d'une très longue visite aux usines du Creusot.

Sur la base de ces acquis, son but était de montrer aux Bourguignons le cap qu'il entendait assigner à la France pour restaurer sa puissance. Il mit ainsi un point d'honneur à saluer la jeunesse, partout où il passa, comme à Chalon devant l'Ecole nationale professionnelle, dont tous les élèves firent une impressionnante haie d'honneur au cortège présidentiel. En cette jeunesse française résidaient tous les espoirs du président de la République. Charles de Gaulle planta également à Mâcon les jalons d'un des axes majeurs de sa politique extérieure : le dialogue qu'il souhaitait nouer avec les pays sous-développés, aux oreilles desquels il voulait que résonne à nouveau la voix d'une France marquant son retour sur la scène internationale.

Mais l'objectif plus intime de cette visite en Bourgogne était aussi d'honorer ces lointains membres de la famille de Gaulle qui y avaient vécu jadis et qu'il tenait pour ses ancêtres directs. Il le fit en visitant l'église de Cuisery, où l'on peut encore voir aujourd’hui telle inscription rappelant que des de Gaulle y prospérèrent entre le XVe et le XVIIe siècles. Ceci sans oublier que Chalon conserve également une semblable inscription remémorant le passage plus lointain de certains de Gaulle dans la paroisse de Sainte-Marie au tournant des XIVe et XVe siècles.

Quoi qu'il en soit, en ce samedi 18 avril 1959, après avoir fait son entrée dans le département par Digoin et avoir honoré tour à tour de sa présence les cités de Paray, Charolles, Mâcon, Cuisery et Sennecey-le-Grand, le président de la République arriva à Chalon en fin de matinée, précédé de peu par Mme de Gaulle. Il prit son déjeuner à la sous-préfecture, tandis que la foule s'amassait peu à peu place de l'Hôtel-de-Ville en prévision du discours de l'après-midi. En un bel exemple d’unanimité, s'y mêlaient toutes les conditions sociales : les bleus de travail côtoyaient les cornettes de bonnes sœurs, les cols blancs les bérets d'écoliers. C'était la grande foule chalonnaise, accueillant pour la première fois (et la dernière, du reste) le personnage historique qu'était Charles de Gaulle, ce véritable géant du XXe siècle.

 


 

Accompagné du maire Georges Nouelle et de tous les élus de la région, dont le député André Jarrot, gaulliste de la première heure, le Général tint aux Chalonnais le discours de l'espérance. Il enthousiasma le public en lançant : « Je vois une ville pleine d’ardeur, pleine d’activité, je dirai même pleine d’optimisme (…) et moi je vous dis que cet état d’esprit, ce labeur, cette volonté d’une grande ville comme la vôtre est un événement essentiel dans la marche du grand peuple français vers son destin (…) tout ceci fait de vous, Chalon, la deuxième ville de Bourgogne et en tout cas une des villes pilotes de l’activité française à tous les égards ». C’était notamment vrai en matière industrielle. La tradition en était en effet bien établie depuis le XIXe siècle et de grands projets s'y formaient (l'implantation de l'usine Kodak, par exemple, aurait lieu quelques années plus tard). La Marseillaise conclut ce message acclamé par la population.

Charles de Gaulle poursuivit son périple par le centre et le nord du département (Le Creusot, on l'a dit, ainsi qu'Autun) et acheva son séjour bourguignon le lendemain, dimanche 19 avril, par la Côte-d'Or. En ce début de Ve République, le Général prit donc la Bourgogne à témoin des ambitions qu'il nourrissait pour la France tout entière, cette Bourgogne qui, en même temps qu'elle était pour lui une région éminemment française, restait la contrée des attaches familiales et, par conséquent, celle du cœur.

Gilles Platret, le 18 avril 2010                 

Photos : collection Georges PICARD

 

NDLR : En  réponse aux questions de plusieurs lecteurs, l'ouvrage de Gilles Platret "De Gaulle et la Bourgogne" est en vente à Chalon à la librairie Rougeot, à la librairie Siloë, à la Maison de la Presse, chez Gibert Joseph ainsi qu'au tabac-presse "Le Chiquito", avenue Boucicaut.

Rajout le 23 avril (suite au commentaire sur la réquisition de DS), une autre photographie de Georges PICARD où l'on voit le cortège présidentiel composé effectivement de DS 19 noires fort nombreuses.

 

Photo Georges Picard

 

- par Gilles Platret - 14 commentaires - Réagir

Chalon : Retour au bercail pour "L'Adoration des bergers"

Déjà diffusé en septembre 2009 - vivre-a-chalon.com garde ses archives gratuites

L'adoration des bergers (c) Ass. Abigaïl MatthieuDe nombreuses manifestations se déroulent à Chalon ce week-end pour les journées du Patrimoine (voir le programme complet).

C'est à cette occasion que sera installé officiellement, vendredi 18 septembre2009, le tableau "L'adoration des bergers" qui retrouvera ainsi sa place dans le grand escalier du dôme du Centre hospitalier William Morey après une longue restauration.

Cette installation se fera en présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles : Christophe SIRUGUE, Député-maire de Chalon-sur-Saône et Président du Conseil d’Administration du Centre Hospitalier William Morey, Michel BRAVAIS, Directeur du Centre Hospitalier, François LOTTEAU, Président de l’Association Abigaïl Mathieu, les restaurateurs et André STRASBERG, Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône-et-Loire. [ lire sa présentation ]

Ce tableau, inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1984, a été restauré de 2003 à 2008 grâce au soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne et du Conseil Général de Saône-et-Loire. [ financement ]

Cette remise en état a été une véritable aventure au long cours et un exemple du difficile travail de restauration que nous vous proposons de découvrir en détail grâce aux explications fournis par les restaurateurs et les photos obligeamment mises à notre disposition par l'association Abigaïl Mathieu et le Centre hospitalier William Morey .


Pourquoi restaurer ce tableau ?

Avant de partir en restauration, cette œuvre était exposée dans le grand escalier de l’hôpital menant au dôme. Ce tableau était alors en très mauvais état de conservation et présentait de nombreuses altérations. Suite à un acte de vandalisme, un carré de toile avait notamment été découpé au cutter dans la partie inférieure mais avait heureusement pu être conservé.

Le support, c'est-à-dire la toile, présentait de nombreuses déformations. La couche picturale était elle aussi très altérée. On constatait de nombreuses retouches anciennes, des mastics1, représentatifs de trous anciens, ainsi que des fentes, craquelures et soulèvements. Enfin, le tableau était recouvert d’un vernis brunâtre et d’une importante couche de salissures.

En accord avec la direction du Centre hospitalier William Morey, propriétaire du tableau, l’association Abigaïl Mathieu a donc décidé de faire restaurer cette œuvre. Le suivi des différentes étapes de la restauration a été assuré par Monsieur André STRASBERG, Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône-et-Loire  [ lire es explications ].

Les travaux se font faits en trois étapes :

  • Restauration du support : traitement effectué sur le support toile et la couche picturale, par Monsieur Michel HUET – Atelier Artop à Héry (89) de novembre 2003 à février 2006.
  • Restauration de la couche picturale : traitement effectué sur la couche picturale du tableau, par Madame Françoise AUGER-FEIGE à Semur-en-Auxois (21) du printemps 2006 à fin 2008.
  • Restauration du cadre : par Monsieur Bertrand LOTTEAU et Madame Laëtitia DESHAIES – Atelier des Ors et Laques à Vaux-en-Pré (71) de début 2007 à fin 2008.

LA RESTAURATION PAS A PAS...


Première étape : le support

Réalisée par Michel Huet le travail de restauration du support comporte plusieurs étapes.
Avant de procéder à la restauration du support, il faut protéger la couche picturale par un cartonnage. Cette tâche consiste à coller sur la face un papier dont la texture et le grammage sont adaptés aux opérations qui vont suivre. Durant les opérations de nettoyage du revers et d’enlèvement du résultat des interventions anciennes, la peinture ainsi maintenue ne risque pas de se décoller, ni de subir des pertes. Le quadrillage visible sur la face permet de mieux gérer le nettoyage préliminaire au cartonnage de protection de la face.

 


Le tableau avant restauration : premiers préparatifs

 


 L’ancien châssis, sur lequel la toile est tendue, est démonté. Après le cartonnage, le tableau a été retourné face sur le fond afin de pouvoir travailler au dos. La partie découpée du tableau est alors repositionnée. Le dos est nettoyé et refixé à la Colletta, colle fabriquée par le rentoileur et qui est à base de colle protéinique. Sa grande pénétration permet de refixer la couche picturale à son support toile.
Les pièces anciennes sont retirées et remplacées par trois incrustations de toile de même texture que la toile originale. Celles-ci sont découpées aux formes exactes des manques puis collées.

 Le restaurateur procède alors au rentoilage : une deuxième toile de renfort est collée sur celle d’origine. Le rentoilage est fait à la Cire-Résine, mélange de cires d’abeilles et de gommes naturelles qui a l’avantage de n’être pas ou peu sensible à l’humidité. Cette cire est souvent utilisée comme adhésif de rentoilage quand l’environnement de l’œuvre ne peut être contrôlé (humidité relative et température).

Pour finir, l’ensemble est remonté sur un châssis neuf à clefs. Ce type de support annexe peut être agrandi par enfoncement des clefs grâce à un assemblage non collé. Les clefs sont de petites pièces triangulaires insérées dans les rainures des angles d’assemblage.

 Deuxième étape : la couche picturale

Cette restauration a été confiée à Françoise Auger-Feige qui décrit ici le travail qu'elle a effectué :

"Le très mauvais état de conservation de la couche picturale ainsi que les restaurations anciennes et successives entreprises pour assurer sa pérennité en rendait la lecture très difficile et l’appréciation esthétique problématique.

Le traitement du sujet, les rapports étroits entretenus entre cette composition et les productions du XVIIe siècle ainsi que la technique picturale (couche d’huile sur préparation rouge) permettent de dater cette œuvre de la seconde moitié du XVIIe siècle.

Outre des problèmes structurels importants (déchirures, lacunes de toile, perte d’adhésion et de cohésion de la couche picturale au support), l’œuvre était recouverte d’un vernis très roux et de différentes couches de repeints débordants masquant des lacunes et des usures importantes. Devant une telle confusion entre l’original et les ajouts effectués lors des différentes campagnes de restauration, la restauratrice a proposé un allègement du vernis et un enlèvement des repeints pour mettre au jour la couche picturale, suivis d’une intervention de retouches des lacunes. Le choix de la méthode de retouche (illusionniste ou discernable à faible distance) a été déterminé par la taille des lacunes et leur situation.

Le rentoilage et la pose de protections de surface ont favorisé l'apparition d'un chanci, sorte de voile plus ou moins opaque du à l'humidité, de la couche de vernis. Le vernis apparaît blanchâtre et opacifié. Il s’est oxydé et il a perdu sa transparence et sa solubilité. Ce chanci met en évidence tous les repeints (qui apparaissent sombres) et certaines lacunes dégagées de leurs mastics et repeints avant rentoilage. Les repeints recouvrent l’original et en modifient le dessin et le coloris. Le rectangle dans l’angle supérieur dextre correspond au test de régénération du vernis".

Avant de nettoyer la couche picturale, la restauratrice procède à des tests de solvants afin d’utiliser le produit le plus efficace mais surtout le plus adapté aux matériaux constitutifs de l’œuvre.

Pour alléger un vernis et dégager des repeints anciens, il est nécessaire d’utiliser des solvants organiques qui permettent de dissoudre les matériaux ajoutés sans altérer les matériaux originaux. En effet, leur nature chimique est comparable, car les peintres et les restaurateurs ont utilisé des huiles et des résines naturelles. La différence de vieillissement entre les couches ajoutées et les couches anciennes permet en général de réaliser ce type de traitement.

Pour l’Adoration des Bergers, la restauratrice a mis au point des gels de solvants, dont le contact plus intime avec la matière a permis d’enlever une partie des repeints issus de deux ou trois campagnes de restauration. Un dernier type de repeints demeurait insoluble dans les solvants qui ne présentaient pas de danger pour la matière d’origine. Par ailleurs, le dégagement des repeints a mis au jour des mastics de comblement des lacunes : insolubles et très durs, ils étaient impossibles à nettoyer mécaniquement par abrasion au bistouri.

 Le nettoyage a fait apparaître de nombreux repeints qui compliquent et allongent le travail de restauration. Cette couche, insoluble, est visible par exemple sur les carrés bleus au-dessus de la tête du berger et sous les mains des anges. Le bleu sous-jacent est un repeint. Il s’agit de distinguer quels repeints peuvent être conservés ou enlevés. Ils ne font pas partie de l’œuvre mais leur enlèvement est dangereux. Il s’agissait alors de décider si on les conservait visibles ou si on les masquait par une retouche.

La restauratrice s’est donc retrouvée devant une œuvre partiellement nettoyée, usée dont certaines parties originales préservées étaient de très grande qualité (ange de l’angle supérieur senestre, visages du vieillard à dextre) mais dont l’ensemble était taché de repeints et mastics insolubles (blancs ou rouges) le rendant complètement chaotique.

Elle a ensuite procédé au masticage et à la réintégration des lacunes. Toutes les lacunes récentes ou mises au jour ont été retouchées de manière illusionniste pour un examen à moyenne distance mais visible à faible distance. Les repeints les plus gênants pour la lecture de l’image ont été masqués par des retouches. Pour éviter les problèmes de restauration à long terme, les retouches ont été réalisées avec des matériaux très stables dans le temps qui resteront solubles dans des solvants non dangereux pour la matière picturale. La pose d’un mastic dans les lacunes de la couche picturale permet de rétablir le même niveau sur toute la surface du tableau.

 

     
Restauration des détails : avant... après !

La dernière étape consiste à poser un vernis de protection. Ce vernis doit être stable dans le temps. Il restera, comme les liants de retouche, réversible dans des solvants ne présentant pas de danger.

Suite au nettoyage du tableau et à la mise en évidence des différents repeints, la restauratrice a convié un représentant du Centre hospitalier, le président de l’association Abigaïl Mathieu ainsi que le Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône-et-Loire afin de montrer l’état réel de la peinture. Cette étape importante a permis de décider ce qui resterait lisible et ce qui serait masqué.

Par ailleurs, cette réunion montre bien l’intérêt du travail de restauration et la nécessaire concertation entre le propriétaire et les « techniciens » : le choix de restauration est fait en accord entre tous les partenaires.

« Le conservateur-restaurateur de peinture a une connaissance de la matière ancienne, de son comportement aux contraintes mécaniques, de sa résistance aux agents chimiques et biologiques. Sa formation initiale en histoire de l’art et en histoire des techniques artistiques lui permet d’émettre des avis sur l’originalité des œuvres. L’ensemble de ses connaissances et de son expérience lui permet en général de mener à bien un traitement et de prendre les décisions techniques qui s’imposent à chaque moment du traitement. Son travail s’exerce néanmoins en étroite collaboration avec les responsables juridiques des œuvres et les représentants des institutions de protection du Patrimoine. Les rapports de traitement rédigés à l’issue des restaurations décrivent le déroulement des interventions, les produits utilisés et assurent la transmission aux générations futures des informations nécessaires à la conservation des œuvres. Mais dans des cas aussi complexes que le nettoyage de « l’Adoration des Bergers » et devant une prise de décision qui dépassait le cadre purement technique, nous avons demandé à un représentant de la direction de l’Hôpital, aux Agents du Patrimoine, à un représentant de l’Association Abigaël Matthieu et à Monsieur Strasberg, conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône et Loire de participer à des réunions dans notre atelier pour décider de la suite à donner au traitement afin de déterminer l’apparence esthétique de l’œuvre. Deux réunions ont eu lieu, une en cours de nettoyage et une seconde à la fin du nettoyage et avant intervention de réintégration des lacunes. Il était nécessaire de décider collégialement du niveau de nettoyage et donc de la quantité de vieux repeints qui seraient conservés. Nous avons pu expliquer les raisons de la difficulté de nettoyage et proposer une solution alternative avec conservation des repeints anciens et amélioration de leur apparence par une retouche discernable à faible distance. Cette discussion s’est poursuivie sur le choix du lieu d’accrochage et les moyens mis en œuvre pour se faire, en collaboration avec le restaurateur de cadre.
Même si le tableau n’a pas pu retrouver sa splendeur passée, il n’en demeure pas moins que cette restauration, par l’étroite collaboration avec les responsables juridiques et les agents de valorisation du Patrimoine, fut le lieu d’un échange fructueux, d’une très bonne prise en compte des impératifs techniques liés aux interventions de conservation et des limites imposées par la matière vieillissante. »

Troisième étape : le cadre

Les restaurateurs, Bertrand LOTTEAU et  Laëtitia DESHAIES, expliquent le travail effectué :

Le cadre est en chêne sculpté, doré et polychrome. Il présente de nombreuses lacunes de sculpture. Les bois sont très sains, à l’exception d’une partie piquée sur une trentaine de centimètres. Les apprêts4 colle de peau – carbonate de calcium sont fragiles et faibles en colle mais ils semblent plus solides sur l’ornementation sculptée. La teinte ocre jaune est un repeint, on retrouve une teinte noire d’ivoire5 en-dessous.

On remarque également que les baguettes (les pièces de bois formant le cadre) ont été recoupées dans la longueur, ce qui explique que les sculptures ne correspondent pas. Il s’agit d’un cadre de réemploi : une semelle en chêne a été rapportée sous la baguette pour réaliser une feuillure. Cet espace vide en creux permet de caller le châssis du tableau. Une partie des ors de l’ornementation peut être conservée, les ors anciens servant de référence pour la patine des ors neufs.

 


Différentes étapes de la restauration du cadre

L’intervention s'est déroulée en cinq étapes :
  • Dégagement des repeint
    Les repeints ocre jaune à la colle ont été dégagés par action mécanique du frottement. Le vernis gomme laque recouvrant les ors a été dégagé chimiquement au chlorure de méthylène. Cette action n’a pas eu d’incidence sur les ors à la détrempe.
  • Reprise de la sculpture
    La sculpture manquante a été reprise en chêne. La partie abimée a été remplacée. Un traitement préventif insecticide et fongicide des bois a été effectué sur la semelle du cadre. Les mortaises ont été rectifiées. Les baguettes étant voilées, un assemblage par renfort d’équerres métalliques forgées est prévu pour l’assemblage final.
  • Restauration des apprêts
    Les lacunes d’apprêt ainsi que les bois neufs ont été dégraissés et encollés avec un mélange colle de peau / acide acétique / gros sel/craie. Les bois neufs ont été couchés de sept couches de blanc (colle de peau / craie) et les lacunes rebouchées au gros blanc (colle de peau / craie en pâte).
  • Reprise des ors
    Les restaurations ont été couchées d’ocre jaune et de trois couches d’assiette (dernière couche avant la dorure). La dorure a été effectuée à la détrempe et brunie.

    Angle à l’ocre jaune Angle à l’assiette
    La dorure à l'eau ou à la détrempe est le procédé traditionnellement utilisé sur le bois. Ce procédé utilisé sur du bois sculpté nécessite une vingtaine d'opérations successives et permet d'obtenir une finesse et un niveau de détail exceptionnels après la  mise en valeur par brunissage.
    Le brunissage consiste à écraser l'or avec une pierre d'agate pour le rendre brillant. Elle permet de créer un contraste avec les parties restées mates. L'aspect après brunissage est semblable à celui de l'or massif.
    Un encollage de matage a été effectué sur les ors. Il se fait sur les surfaces non brunies et permet de changer l'aspect initial de l'or pour obtenir des contrastes décoratifs. La patine a été réalisée en accord avec les ors anciens.
  • Reprise de la polychromie
    Les apprêts anciens étaient trop faibles en colle pour recevoir une teinte à la colle passée chaude : cela risquait de décoller la couche ancienne en venant fort sur faible. Une teinte acrylique noire d’ivoire a alors été appliquée à raison de deux couches.

Produits employés :
Chlorure de Méthylène, Chêne , Colle polyvinylique, Acide acétique, Gros sel, Colle de peau de lapin, Carbonate de calcium, Argile, Terres naturelles, Or 955/00. Acrylique noire. Agents fongicides et insecticides : Propiconazole, Tebuconazole, Cypermetrine.

Le tableau après restauration

 

L'adoration des bergers

Adoration des Bergers - Anonyme - Fin XVIIe siècle
Inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 27 juillet 1984
Propriété du Centre hospitalier William Morey
© Centre hospitalier William Morey - Association Abigaïl Mathieu


Association Abigaïl MathieuL’Association Abigaïl Mathieu

Créée le 22 janvier 1987, cette association loi 1901 regroupe l’ensemble des personnes s'intéressant à la mémoire hospitalière de Chalon-sur-Saône et se mobilisant afin de mieux la faire connaître. A l’origine, elle a été fondée en grande partie par des membres du personnel du centre hospitalier, soucieux de conserver et de valoriser l’histoire du site Saint-Laurent. Elle compte aujourd’hui une cinquantaine de membres actifs.

L’objectif principal de l’association est de protéger, gérer et mettre en valeur le patrimoine architectural, mobilier et documentaire dont l'hôpital a hérité.

Elle le fait à travers diverses missions et réalisations :

  • restauration et réaménagement des parties anciennes de l’hôpital et ouverture à la visite (rôle capital des bénévoles) ;
  • restauration d’œuvres d’art et du mobilier ;
  • pérennisation du souvenir des anciens donateurs qui ont permis à l’hôpital de fonctionner depuis sa fondation ;
  • mise en œuvre de l’inventaire du patrimoine (plus de 4000 objets recensés) ;
  • organisation de visites guidées et accueil de scolaires ;
  • organisation et participation à des expositions ;
  • organisation de conférences, de concerts…

Elle travaille en convention avec le Centre hospitalier William Morey et la Ville de Chalon-sur-Saône. Elle mène également des partenariats avec le Service d’Animation du Patrimoine de la Ville de Chalon, l’Office de Tourisme de Chalon, le Réseau des Hôtels-Dieu et Apothicaireries, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne et l’Agence Régionale d’Hospitalisation de Bourgogne.

Qui est Abigaïl Mathieu (1563-1638) ? C’est une des principales bienfaitrices de l'hôpital. Elle fit de nombreux dons et fondations en faveur des « pauvres malades » et notamment pour la construction d’une infirmerie. Connue pour ses cinq mariages successifs, elle a également beaucoup fait pour les habitants de la ville de Chalon, en fondant par exemple le couvent des Ursulines (actuel Musée Denon).

 

Financement de la restauration

Le coût total de cette restauration s’élève à 23 957,49 € et se répartit de la façon suivante :
restauration du support : 6 309,31 €
restauration de la couche picturale : 13 019,66 €
restauration du cadre : 4 628,52 €.

Ce tableau étant inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques (ISMH), le Centre hospitalier a demandé et obtenu des aides financières pour sa restauration auprès de l’Etat, représenté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne, et auprès du Conseil Général de Saône-et-Loire.

Le montant total des subventions s’élève à 17 901,05 €. L’Etat a versé 11 934,05 €, ce qui représente 67 % du coût total de la restauration. Le Conseil Général de Saône-et-Loire a attribué la somme de 5967, 00 € (33 % du coût total). Le reste, c'est-à-dire la somme de 6056,44 €, a été pris en charge par l’association Abigaïl Mathieu. 


Le Centre Hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône
Le Centre Hospitalier William Morey est un établissement public de santé, site pivot du nord du département de la Saône-et-Loire, lié à un bassin d’attraction important (193 000 habitants).
Il se compose de trois sites : le Centre Hospitalier William Morey et l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) sur l’île Saint-Laurent et le Centre Gérontologique du Chalonnais (rue de Traves). Sa capacité d’accueil est de 425 lits et places pour le site Saint-Laurent et 221 lits et places pour le site du Centre gérontologique.
Le Centre hospitalier déménagera du site Saint Laurent à l’automne 2011 pour un nouvel établissement qui sera doté d’un réel confort hôtelier et d’un cadre de travail adapté. Cette construction moderne permettra à l’hôpital de garantir des services de soins performants et d’avenir.

Le patrimoine de l’hôpital
La création d’un hôpital sur l’île Saint-Laurent remonte au XVIe siècle. Le bâtiment de la Communauté des sœurs, le long de la Saône, reconnaissable à son pignon à degrés, témoigne de cette époque. Aujourd’hui, on peut y découvrir une partie des appartements des Sœurs de Sainte-Marthe, en charge de l’accueil des malades pendant plusieurs siècles.
Au fil du temps, l’hôpital s’est enrichi de nombreux bâtiments répondant à l’évolution de la médecine et des soins aux malades. On peut ainsi admirer la pharmacie du XVIIIe siècle abritant près de 400 tiroirs. Le dôme à la croisée de quatre salles de malades est édifié dans les années 1770 par Emiland Gauthey, célèbre ingénieur de la région. La chapelle du XIXe est ornée de vitraux du XVIe siècle qui proviennent de la première salle de malade édifiée à la Renaissance.
La salle des étains présentant la vaisselle hospitalière et le réfectoire des sœurs (1720), qui conserve son aménagement d’origine et notamment ses magnifiques boiseries, sont également visibles.

L’hôpital est aussi riche d’une importante collection d’objets, meubles et œuvres d’art, témoins de l’histoire hospitalière et de l’art religieux depuis le XVIe siècle.

Le Centre Gérontologique du Chalonnais (CGC) est installé sur le site de l’ancien hospice Saint-Louis, établissement créé en 1692 pour répondre à la volonté de Louis XIV de contrôler la pauvreté et la mendicité. Sa fonction première est alors l’enfermement afin de reléguer la pauvreté en dehors de la ville. Son rôle évolue cependant par la suite : l’hospice héberge alors les enfants abandonnés et les vieillards nécessiteux. 


Sur les traces du compositeur chalonnais Joseph Touchemoulin

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Patrick AYRTON, claveciniste, chef d'orchestre, professeur au Conservatoire Royal de La Haye, aux Pays-Bas, est bourguignon d'adoption puisqu'il habite avec sa famille dans la côte chalonnaise.

Depuis quelques années, avec son association Ars Burgundiae il s'attache à faire découvrir Joseph TOUCHEMOULIN, un compositeur chalonnais dont il a réussi à retrouver la trace et à établir les origines bourguignonnes.

Né en 1727 à Chalon (à l'angle de la rue aux fèvres et de la rue des Cloutiers) Joseph TOUCHEMOULIN part faire ses études de violon à Padoue avec le maitre italien Giuseppe TARTINI, puis fait une carrière de maitre de chapelle en Allemagne à Bonn (il précède à ce poste un certain Ludwig van Beethoven, grand-père de celui qu'on connait) puis à Regensburg à la cour des princes Thurn & Taxis. On connait de lui quinze symphonies, quatre concertos pour violon, des sonates pour violon et basse continue, un opéra, deux messes, ainsi que diverses pièces vocales et instrumentales.

Dans une lettre à Patrick AYRTON, le musicologue Gilles CANTAGREL indique : "Ce que je connais de lui révèle un musicien de grand talent, connaissant parfaitement son métier, en cette période très particulière de la sensibilité artistique du rococo. Galante, charmeuse, sa musique, d’une écoute fort plaisante, annonce le temps de Mozart."

Avec le soutien du Conservatoire et de Mosaïques plusieurs concerts ont déjà été donnés pour faire découvrir la musique de Joseph TOUCHEMOULIN. Patrick AYRTON est également à l'initiative d'enregistrements sur CD.

Ayant eu l'occasion de les écouter, et passant du côté de Regensburg pendant les vacances, j'ai eu envie de découvrir la ville où il a exercé son talent jusqu'à sa mort en 1801.

Cette riche cité (appelée Ratisbonne en français) a été détrônée par Augsburg puis Munich comme capitale de la Bavière mais elle reste très vivante grâce à son université et donne une impression de douceur de vivre renforcée par la présence du Danube au bord duquel se dresse la plus vieille (dit-on) auberge d'Allemagne.

La visite de la ville vaut vraiment le coup d'autant qu'elle a été épargnée par les bombardements alliés pendant la dernière guerre mondiale et a gardé tout son charme d'origine. 

A proximité du palais princier, dans la petite cour par laquelle on peut rentrer dans l'église Saint-Emmeram (à visiter aussi car elle très originale !) vous découvrirez avec émotion la plaque mortuaire de "Joseph TOUCHEMOLIN aus Chalon andere Saône". Elle est située a peu près au centre du mur de gauche en sortant de l'église.

Pour en savoir beaucoup plus sur Joseph TOUCHEMOULIN :  le site de Ars Burgundiae  


Traduction du texte de la tombre de Joseph Touchemoulin

 

- par Bertrand - Réagir

Un conte de fée : « Il était une fois Marguerite Boucicaut »

Déjà diffusé en février 2009 - vivre-a-chalon.com garde ses archives gratuites

Plusieurs centaines de personnes ont pu assister à la conférence organisée par le Rotary Club Chalon Bourgogne au  profit du futur relais « maman-bébé » au cours de laquelle Jean-Claude ALARY a raconté l'histoire de Marguerite BOUCICAUT.
Mais combien de chalonnais ont-ils jamais entendu parler de cette jeune fille native de Verjux, gardienne d'oie illettrée qui devint l'une des plus grosses fortunes de France et consacra son argent à des actions philantropiques ?
On connait le nom de la l'ancienne maternité et celui de l'avenue qui y mène mais guère plus !

Jean-Claude ALARY a accepté de publier dans vivre-a-chalon.com de larges extraits de sa conférence pour faire connaitre aux chalonnais ce fabuleux destin en forme de conte de fée.

Au cours de la rédaction à partir d'ouvrage existants et de sources documentaires, il a également reçu de nombreux témoignages et documents fournis par des habitants de Verjux, Gergy ou Chalon. Si vous avez d'autres inforamtions, n'hésitez pas à nous en faire part. Nous transmettrons !

Egalement sur vivre-a-chalon.com :  Compte-rendu de la conférence du 5 février 2009


 Un conte de fée : « Il était une fois Marguerite Boucicaut »

Marguerite Boucicaut (Monument de Verjux) - DRIl était une fois une petite fille de village qui s’appelait Marguerite.
C’est l’un des villages les plus pauvres de la vallée de la Saône, il est en proie à la misère et à la famine ; ce village est isolé et soumis aux crues de la Saône. Il s’agit de Verjux relié au village voisin de Gergy par un bac, c’est dire la détresse des habitants lorsque l’eau monte.

Au début de l’année 1816, le 1er empire s’écroule, la France est exsangue ; dans le hameau de Mont, il existe une masure, « Eh quoi ! C’est là dans cette misérable chambre à four, … quatre murs dénudés, …où on prépare le pain et la nourriture pour les bestiaux que ... une petite cabane …» écrit 74 ans plus tard un journaliste. Nous sommes le 3 janvier 1816, ce matin là, Marie Perret, sage femme, se rend au chevet de Pierrette Guérin pour mettre au monde sa fille Marguerite. Il fait froid et d’autant plus froid que cette petite Marguerite naît de père inconnu. Une situation infamante ! Il faudra bien du courage à cette maman de 29 ans.

Tout laisse à penser que cette petite Marguerite va bien mal commencer sa vie. Tout, tout commence vraiment mal.

Malgré une mortalité infantile importante, malgré une situation extrêmement précaire, Pierrette élève sa fille avec beaucoup de courage. Elle est couturière et apprend vraisemblablement à Marguerite des travaux de couture. Pour rapporter quelques sous à la maison, la fillette garde les oies, c’est ce que rapporte la tradition orale.

Elles sont illettrées l’une et l’autre.

L’activité du village de Verjux offre peu de possibilités de gagner quelques centimes. Et la décision du conseil municipal d’interdire le gardiennage des oies pourrait être la raison principale du départ de Marguerite de Verjux.
Pierrette et Marguerite décident de se séparer, il ne s’agit plus de vivre mais de survivre. Nous pensons qu’à la faveur du passage de son oncle à Verjux elle décide de « monter» à Paris  avec lui. Pour cette époque elle s’expatrie.

 


Maison natale de Madame Boucicaut

A Paris

 

Voilà le premier coup de baguette qui n’améliore pas la vie de Marguerite, mais qui transforme fondamentalement notre histoire. C’est probablement la période de la vie de Marguerite que nous connaissons le moins.

Grâce à son entourage, elle occupera un emploi d’apprentie blanchisseuse dans le quartier du futur Bon Marché, divers témoignages semblent préciser vers 1829 ( ?) Là, Marguerite va travailler une douzaine d’heures par jour pour gagner peu, entre 50 centimes et 1 Franc. Suivant certaines sources elle deviendra blanchisseuse, puis couturière, … Pendant cette période malgré la faiblesse de ses ressources, elle parvient à économiser un peu.

Lorsque Marguerite rencontre Aristide Boucicaut, elle tiendrait une crémerie avec plat du jour. Nous sommes probablement en 1835 ou 1836, elle a 23 ans. Voilà le 2ème coup de baguette qui va transformer cette histoire, mais aucun des deux acteurs ne le sait encore.

Aristide BOUCICAUT - DRAristide Boucicaut est né en 1810 à Bellême dans l’Orne, il est fils de chapeliers, il travaille avec son père jusqu’à 18 ans, puis devient marchand ambulant et « monte » à Paris…, selon Véronique Bourienne, historienne au CNRS, on le rencontre, entre autre, au Petit St-Thomas (magasin de nouveautés) vers 1835 - commis marchand en 1839 - négociant en 1845 - chef de rayon en 1848.

A partir de leur rencontre Aristide et Marguerite décident de vivre ensemble (1835/ 1836), ils s’aiment et cela leur permet de réaliser des économies de loyer... Cette situation a pour conséquence la naissance d’un fils Antoine en 1839. Aristide reconnaîtra son fils en 1845, ils se marieront début octobre 1848.

Le Bon Marché
Aristide travaille beaucoup, il a la bosse du commerce, il sera remarqué par les frères Videau ; il accepte une association avec eux, il signe le 1er juin 1853, l’acte de formation d’une nouvelle société la SNC « Videau frères et Aristide Boucicaut » Cette société a pour but l’exploitation de la maison de nouveautés Au Bon Marché – Adresse : 22.24 rue de Sèvres – Capital : 441 120 F. La force de cette entreprise est la suivante : Les bénéfices de l’entreprise seront réinvestis en totalité. L’histoire du Bon Marché comme celle d’Aristide Boucicaut viennent de commencer -3ème coup de baguette.

Dix années plus tard le 19 février 1863 Aristide Boucicaut achète les parts de Videau grâce au prêt d’amis (Henry et Caroline Maillard) qui peuvent être comparés à deux fées qui se sont penchées sur le berceau du Bon Marché Boucicaut. Le chiffre d’affaire est de 7 014 177 Francs.

Aristide Boucicaut va mener une politique systématique d’acquisitions foncières en vue d’agrandir le magasin. L’achat de certains immeubles servira à loger la famille Boucicaut et les employés. C’est alors que, disposant d’une superficie suffisante, il entreprendra la reconstruction complète du magasin. Architectes – Alexandre Laplanche puis Louis Charles Boileau, Ingénieur – Gustave Eiffel. La construction se fait entre 1869 et 1887 par tranches successives.

Emile Zola s’inspirera de cet édifice pour écrire Au Bonheur des Dames, un édifice de 7 étages dont deux en sous sol, représentant une nouvelle conception du commerce. On y trouve tout ce qui peut faire le bonheur des ménagères, tout ce qui peut faire le bonheur des dames. Avant d’écrire son livre E. Zola va beaucoup se documenter sur les grands magasins, ses notes deviendront des témoignages de la vie des grands magasins.

Voici les principales innovations inventées par ce précurseur :

  • Entrée libre,
  • le prix est marqué, ce qui limite les marchandages,
  • il crée l’exposition du blanc,
  • démultiplication des rayons,
  • paiement des vendeurs par commissions sur leurs ventes, (généralisation de la guelte)
  • livraisons à domicile,
  • catalogues - échantillons - soldes
  • expositions différentes suivant les mois de l’année,
  • vente à petits bénéfices pour une vente en plus grand nombre.

Aristide meurt en 1877, le chiffre d’affaires est de 72 693 993 F. dont 13 000 000 F. de ventes à l’étranger. Il y a 1788 employés sans compter les ouvriers des ateliers.

En 1880 intervient alors la création de la S.C.S. « Vve Boucicaut  et Cie» entre Marguerite Boucicaut, gérante, un ami de la famille et 95 intéressés et employés du Bon Marché dont 77 membres de la hiérarchie.

Le 4 avril 1886, l’œuvre est parachevée par la création, de la « Société Civile du Bon Marché » qui est formée de Madame Boucicaut et de 123 associés de la S.C.S. Marguerite Boucicaut s’assure ainsi qu’après sa mort, la propriété et la direction de l’entreprise resteront bien entre les mains de membres du personnel. La société est transformée en S.C.A. sous la raison sociale « Plassard, Morin, Fillot et Cie » du nom des trois directeurs nommés par elle. En 1920 la Société sera transformée en S.A. au capital de 100 000 000 de francs.

A la mort de Marguerite Boucicaut, le 8 décembre 1887, le CA est de 123 234 523 F., il y a 3173 employés plus 600 ouvriers des ateliers, d’autre part le Bon Marché fait travailler près de 10 000 ouvriers dans toute la France. C’est dire son importance.
Le 12 décembre 1887 l’enterrement de Marguerite Boucicaut fait partie de ces enterrements qui font date comme ceux de Thiers, de Gambetta, de Victor Hugo ; ce furent des funérailles grandioses voulues par les employés du Bon Marché.

La journaliste Lucienne Delille a écrit :  « Qui en sortant de la gare Montparnasse à Paris en ce 12 décembre 1887, pouvait imaginer devant la magnificence du cortège funéraire lui bloquant le passage, qu’il s’agissait de l’enterrement de madame Boucicaut, Bourguignonne illettrée et gardeuse d’oies ? »

L’œuvre philanthropique

1 – Tout au long de l’évolution du Bon Marché le couple Boucicaut a déjà réalisé bien des contrats sociaux et des dons.
Le chiffre d’affaire est considérable et les bénéfices vont désormais permettre à la fée Boucicaut d’utiliser sa baguette magique. Aristide a des idées novatrices, il a également des idées philanthropiques personnelles soufflées et conseillées par Marguerite. En 1876 une caisse de prévoyance financée uniquement sur les bénéfices est créée, des cours du soir sont créés, les employés peuvent déposer des sommes d’argent sur un compte épargne à 6%. Durant la guerre de 1870, des sommes importantes sont données à la Société des secours aux blessés ; après le siège de Paris Aristide distribue 50 000 portions de vivres aux pauvres.
Marguerite continue cette distribution après le décès de son mari par la création d’une caisse de retraite. Aux Archives Nationales, le dossier la concernant contient la liste de 50 œuvres de bienfaisance ou d’utilité publique qu’elle fonda ou auxquelles elle apporta son concours ou par legs.
Verjux son village d’enfance a été privilégié ; il a reçu des dons importants : deux écoles, une salle d’asile, une mairie et le Pont Boucicaut.

C’est le moment de rapporter plus qu’une anecdote, une générosité du journal de Jules Renard relatée par Lucien Guitry : …Pasteur, qui veut ouvrir un institut par souscriptions, fait parfois du porte à porte, - « Pasteur se présente chez madame veuve Boucicaut, la propriétaire du Bon Marché, On hésite à le recevoir, C’est un vieux monsieur dit la bonne. – Est-ce le Pasteur pour la rage des chiens ? » La bonne va demander « oui » dit Pasteur. Il entre. Il explique qu’il va fonder un Institut. Peu à peu il s’anime, devient clair, éloquent. Voilà pourquoi je me suis imposé d’ennuyer les personnes charitables comme vous. La moindre obole … -« Mais comment donc » dit madame Boucicaut avec la même gêne que Pasteur. Et des paroles insignifiantes. Elle prend un carnet, signe un chèque et l’offre plié à Pasteur. « Merci, madame ! dit-il, trop aimable.» Il jette un coup d’œil et se met à sangloter. Elle sanglote aussi» Le chèque était très important probablement de 250 000f. (Marie Hélène Marchand - Histoire des dons et legs - Institut Pasteur).

2 – Son testament

Le testament de Marguerite Boucicaut est un monument de bienfaisance de 32 pages, divisé en 16 paragraphes. Au fur et à mesure qu’on prend connaissance de son testament on est surpris par la longueur de la liste des dons. Cette liste est tout simplement incroyable !
La bonne fée va d’abord diriger sa baguette en direction de l’administration de l’Assistance Publique dont elle fait sa légataire universelle. Puis elle pense à tous ses employés.
Elle dirige ensuite sa baguette en direction de ses parents et amis. Puis vers les villes qui ont jalonné sa vie. A Verjux en particulier elle offre une somme d’argent pour établir un bureau de bienfaisance.

Trois autres communes sont concernées par des legs. Elle dirige encore sa baguette en direction de certains établissements de l’assistance publique pour les jeunes ouvriers et jeunes ouvrières, vers les associations protectrices d’artistes, inventeurs et membres de l’enseignement, de la presse parisienne …A Pasteur, qu’elle nomme bienfaiteur de l’humanité, et …divers legs pour fondations de maisons de retraite…

A Chalon, près de Lille et à Rouen, elle demande que soient fondées trois maisons refuge pour filles mères : « …Maisons pour recevoir, au moment de leurs couches… les femmes non mariées … qui auront eu pour la 1ère fois, le malheur d’être séduites… » Suivent quatre pages de son testament pour des modalités et des recommandations…

A Chalon l’ouverture de la maternité qui porte son nom se fera le 15 février 1898 située au n° 136 de l’avenue Boucicaut. De nombreux enfants y naîtront.
La fermeture de la maternité Boucicaut interviendra le 26 mars 1997 à midi, c'est-à-dire que les femmes qui devaient accoucher le matin du 26 se rendaient à la maternité Boucicaut, les femmes qui devaient accoucher l’après-midi rentraient à la maternité de l’hôpital sur l’île Saint Laurent.

Des années noires suivent, les bâtiments sont squattés, tagués, murés… la municipalité se penche sur ce problème…
En 2006, vente au laboratoire d’analyses médicales Boucicaut BLCL.

En 2008, après bien des démarches auprès l’Assistance Publique et Hôpitaux de Paris la municipalité et en particulier madame Dominique Copreaux obtiennent la restitution d’une partie du legs, afin de réaliser un relais « Maman Bébé » « Les bébés de Marguerite Boucicaut ». Le vœu et l’esprit de Marguerite Boucicaut seront ainsi préservés.
Ce relais sera réalisé vers la fin de cette année dans une aile de la maternité.

L’une des grandes volontés de Marguerite Boucicaut est la fondation à Paris d’un hôpital : l’Hôpital Boucicaut dont l’Assistance Publique, sa légataire universelle, sera propriétaire. Celui-ci devra être construit non loin du Bon Marché.
Elle va léguer également son mobilier - objets d’art, tableaux, bijoux,… au ministère des beaux arts, à la société civile du Bon Marché et à des particuliers…
Pour ses funérailles elle pense aux bureaux de bienfaisance et aux pauvres des divers arrondissements de Paris…
Elle fait des legs pieux à divers curés, fabriques, séminaires, … et aux diverses congrégations religieuses de Paris.
On peut lire une longue et incroyable liste de ses œuvres sur le monument Boucicaut à Verjux.

Les réactions provoquées par son testament seront considérables.

Aujourd’hui, le corps de Marguerite Boucicaut repose au cimetière Montparnasse avec ceux de son Aristide, de son fils Antoine et de Pierrette Guérin sa mère.

Vous comprenez maintenant mon envie de parler de « Conte de fée », de cette petite fille sans avenir - Marguerite Guérin - sans père, méprisable, mais combien courageuse, qui a su avec son barbu d’Aristide vaincre tous les obstacles d’une vie riche, récolter le fruit de leur travail, mais aussi avec une unique pensée – la leur – « venir aussi utilement que possible au secours des souffrants et des misérables » – se souvenant de leur propre vie …

Il était une fois Marguerite Guérin devenue la fée Marguerite Boucicaut.
Non ! Ce n’est pas un conte de fée, c’est une histoire vraie.

                                                                                          Jean Claude Alary
                                                                                          Vice président de la Société
                                                                                          d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône.




Sources et Bibliographie sommaires :
Sources : Archives du Bon Marché, Archives Nationales, Archives municipales de Verjux, de Chalon, de l’Institut Pasteur…
Périodiques divers : Le Courrier de Saône et Loire, Le Progrès, Le Bien Public les dépêches… (Louis Gallas, Robert Thathereaux, Claude Elly, Lucienne Delille, Michel Sarrazin…)
Bibliographie : Le Testament de Madame Boucicaut. Antonin Guillot, Madame Boucicaut Un destin hors du commun 1995. Le Journal Barral 1888.. Emile Zola « Au Bonheur des Dames. », J. Plassard L’œuvre sociale… Annales.Académie de Mâcon. 1901 Marie-Hélène Marchand Histoire des dons et legs à l’Institut Pasteur 2001 Monique Génieux, La Maternité Boucicaut de Chalon sur Saône, 1997. Ph. G. Hamerton The Saône … notes Londres 1887. Véronique Bourienne du CNRS-IHMC, Boucicaut, Chauchard et les autres, Paris et Ile de France, Mémoires, Tome 40 1989.…
Citations : E. Zola, Michael B. Miller, Jules Renard, Lucienne Delille, Michel Sarrazin, Véronique Bourienne…

- par Jean Claude Alary - 1 commentaire - Réagir

Chalon : Pratiques funéraires dans la cathédrale Saint-Vincent

A la suite de la conférence qu'il a tenue lors de la séance publique de printemps de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon [ lien sur le compte-rendu ], Guillaume GRILLON, jeune chercheur à l'Université de Bourgogne, a accepté de partager avec les lecteurs de vivre-a-chalon.com les points forts de son intervention. Merci à lui !



Cathédrale et pratiques funéraires :
l’exemple chalonnais (XIIIe – XVIe siècle)



Par Guillaume GRILLON
Université de Bourgogne – UMR 5594 ARTeHIS


 Comme de nombreux édifices médiévaux, la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône a accueilli en son sein bon nombre de sépultures et de dépouilles. Hélas, bien souvent les malheurs du temps et des hommes n’ont guère épargné les monuments funéraires qui signalisaient leurs présences, laissant ainsi que peu d’indices aux historiens s’intéressant de près ou de loin aux pratiques funéraires.
S’intéresser aux pratiques funéraires nécessite trois étapes : identifier quels sont les défunts ayant choisi l’édifice comme dernière demeure, localiser les sépultures dans l’édifice et s’intéresser aux monuments funéraires qui les recouvrent.
L’intérêt d’étudier les pratiques funéraires de Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône repose sur le fait que nous avons la chance de disposer de sources et de supports multiples et variés. Comme de nombreuses églises cathédrales, Saint-Vincent était pavée d’un grand nombre de monuments funéraires. Aujourd’hui, les collatéraux conservent encore les stigmates de ce riche passé qui chaque jour hélas s’efface un peu plus. Pour la période antérieure à 1550, 75 sépultures ont pu être recensées, une cinquantaine identifiées et localisées et seule une trentaine de monuments sont encore exploitables. Heureusement pour l’historien, l’étude des pratiques funéraires ne s’arrête pas aux pierres tombales effacées ou brisées. Les testaments et les actes de fondations de chapelles permettent de compléter le panel des défunts inhumés à Saint-Vincent.
A cela, il convient enfin d’ajouter tout ce qui concerne les données qui se rapportent à l’histoire de l’édifice. Si une cathédrale romane d’inspiration clunisienne existait déjà dès le Xe siècle, c’est sous l’ère gothique que tout s’accélère à Chalon. La cathédrale est en grande partie reconstruite entre 1230 et 1430. Elle sera d’ailleurs consacrée en 1403. Les premières inhumations eurent lieux dès le XIIIe siècle avant même que l’évêque Nicolas de Vères n’obtienne dans les années 1370 du Pape Grégoire XI l’autorisation que lui, ses successeurs et les chanoines qui le souhaitaient puissent être inhumés à Saint-Vincent. Mais c’est particulièrement au XVe siècle avec la fin des travaux puis la construction progressive des chapelles des bas-côtés que le nombre d’inhumation augmente.
Outre ces données relatives aux chantiers médiévaux de construction et d’embellissement, l’étude des pratiques funéraires passe aussi par l’analyse des documents modernes qui découlent de nombreuses phases de destructions et de mutilations dont les monuments funéraires vont beaucoup souffrir. Ainsi en 1562, la cathédrale est saccagée par les Huguenots. Ce triste épisode nous est relaté par un procès-verbal destiné à décrire au lendemain de leur passage les dégâts des protestants sur le mobilier tel que les monuments funéraires. A l’époque moderne, par goût classique ou par conviction révolutionnaire, les monuments funéraires vont également beaucoup souffrir, voire même disparaître pour ce qui est des gisants. Sans l’apport des sources médiévales et de certains documents modernes qui mentionnent, localisent et parfois décrivent gisants et autres tombeaux, nous ignorerions tout de tout ce qui n’a pas survécu.

La disparition ou l’usure prononcée des dalles ajoutée aux aléas des sources d’archives engendrent une perte considérable de l’information en ce qui concerne l’identité, la fonction des défunts, l’emplacement de leurs sépultures dans l’église, ou en ce qui concerne le type même du monument et de la représentation funéraire utilisée. Néanmoins, à partir des bribes d’informations, prises ça et là, on obtient quelques éléments intéressants pour l’étude des pratiques funéraires mises en place à Chalon.
Premier élément à retenir, ce sont bien des chalonnais, desservants de tous ordres de la cathédrale, mais aussi citoyens, bourgeois et marchands de la ville qui sont inhumés à Saint-Vincent. La cathédrale est réservée aux membres du chapitre et aux citoyens. Aucun membre de l’aristocratie féodale ne vient rompre ce schéma. La part des laïcs, totalement absents au XIIIe siècle, passe de 25% au XIVe siècle, à 34% au XVe siècle pour arriver à 50% à la fin du XVIe siècle. Néanmoins la part des ecclésiastiques reste forte puisque les évêques sont les premiers à poursuivre cette pratique de se faire inhumer dans la cathédrale Saint-Vincent au XVIe siècle.
Deuxième élément, il faut constater l’abondance des fondations de chapelles associées à un grand nombre de sépultures. Lorsque l’on a les moyens matériels et financiers, il est de bon ton de fonder sa propre chapelle, la plus grande et la plus belle possible, avec son propre autel desservi par ses propres desservants au pied duquel on est certain de trouver le repos éternel. Ainsi, évêques, mais aussi chanoines, prêtres et marchands multiplient les fondations de chapelles et les élections de sépultures non seulement autour du chœur mais également dans les collatéraux. Pour les autres, et ils sont encore nombreux, on ne peut qu’espérer la proximité d’un des nombreux autels de la nef ou la quiétude des collatéraux.
Troisième et dernier élément, à Saint-Vincent de Chalon, trois types de monuments funéraires étaient utilisés : les dalles funéraires ou plates tombes, bien entendu largement majoritaires, 6 gisants à l’effigie de 5 évêques et d’un riche marchand, et deux dalles de cuivre. Les gisants et les dalles de cuivre mentionnés dans l’édifice ont malheureusement disparus, victimes des Huguenots tout d’abord, des diverses restructurations de l’édifice ensuite. En ce qui concerne les dalles conservées, il faut constater que seules 3 à 5 d’entre-elles semblent représenter le portait en pied des défunts. C’est assez peu en regard de ce qu’il se fait en Bourgogne pour la même période. De même les autres dalles sont assez simples et pour la plupart dépourvues de tous les éléments qui figurent pourtant sur bon nombre de monuments funéraires médiévaux.
L’étude des monuments funéraires associée à d’autres sources comme les testaments, les fondations de chapelles, ou les transcriptions des visites de l’édifice permettent d’avoir une meilleure connaissance des pratiques funéraires à Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, et ce malgré la disparition d’un grand nombre de monuments funéraires et l’usure prononcée des plates tombes qui pavent encore l’édifice.


Plan de localisation des sépultures à l’époque médiévale (en rouge : autels à proximité desquels figurent une ou plusieurs sépultures ; en bleu : 3 gisants localisés).

 


Plan de répartition des pierres tombales aujourd’hui (en vert, les dalles médiévales identifiées ; en rouge, les dalles modernes identifiées).



De gauche à droite : Famille Cadot (1408) ; Etienne et Pierrette Thielley (1412/1417) ; Famille Bayet (1439)


De gauche à droite : Famille Foucault (1461) ; Jean Charles (1534) ;Nicolas de Germigny (1546).
(Dessins publiés par Jean Martin)



Courte bibliographie sur Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône

BERTHIER (J.), « L’ascension d’un marchand bourguignon au XVe siècle : Odot Malain », in Annales de Bourgogne, tome 15, Dijon, p.185-206

BONNEVIOT (M.), « Les chanoines de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome 68, Chalon-sur-Saône, 1999, p.47-53

BONNEVIOT (M.), Le cloître des chanoines de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, Chalon-sur-Saône, 2001

BUGNIOT (Cl.-F.), « Notre-Dame de Pitié de l’église cathédrale de Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome 4, Chalon-sur-Saône, 1858-1862, p.402-430

CISSEY (L.de), « Souvenirs historiques sur l’église Saint-Vincent de Chalon », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome 1, Chalon-sur-Saône, 1844-1846, p.115-138

FYOT (E.), « Les spoliations commises par les Calvinistes en 1562 dans la cathédrale Saint-Vincent de Chalon », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome 25, Chalon-sur-Saône, 1934-1935, p.124-140

GRAS (P.), « Les anciennes chapelles de la cathédrale Saint-Vincent », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome 31, Chalon-sur-Saône, 1945, p.5-54

GRILLON (G.), « Inhumations et sépultures à la cathédrales Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône (XIIIe-XVIe siècle) », In Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome LXXVII Chalon-sur-Saône, 2009, pages 29 à 51.

LEVEQUE (P.) dir., Histoire de Chalon-sur-Saône, collection Art et Patrimoine, Editions Universitaires de Dijon, Dijon, 2005

MARTIN (J.), « L'église cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône : pierres tombales, inscriptions et documents historiques », », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome 9, Chalon-sur-Saône, 1905-1906, p.1-144

SALIS (A.), LACOSTE (R.), Cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, S.I., Chalon-sur-Saône, 1965

VIOLOT (R.), « Les origines de la chapelle des Vingt-Quatre à la cathédrale Saint-Vincent de Chalon », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon-sur-Saône, tome 29, Chalon-sur-Saône, 1938-1939, p.181-184

VIREY (J.), « Ancienne cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône », in Congrès Archéologique de France, Société française d’archéologie, Paris, 1929, p.426-434
 
 
 
 
- par Guillaume GRILLON - Réagir

Chalon : Les Chroniques chalonnaises n°55 sont disponibles !

Le nouveau numéro des "Chroniques chalonnaises" publiées par la SHAC (Société d'Histoire et d'Archéologie) est sorti.
Une fois de plus Claude ELLY assure à lui seul une grande partie des contenus avec des articles très intéressants parmi lesquels une "Histoire de rond-point"  qui devient très actuelle !

Pour les philatélistes - et les autres - Henri Huet évoque l'affaire étonnante du "Faux de Chalon".Une escroquerie basée sur la revente de plaches de faux timbres (illustration ci-dessous) dont les protagonistes étaient chalonnais...

Chroniques chalonnaises n°55Au sommaire de ce numéro 55 :

Éditorial du président - Gilles Platret
Au bord de la RN 6 - Claude Elly
Mais quelle Colombière ? - Claude Elly
Histoire d'un rond-point - Claude Elly
Le couvent des Ursulines - Marie-Th. Suhard
Le faux de Chalon - Henri Huet
Les trois cylindres de la Ville - Claude Elly
La tour du doyenné à New-York ? - Claude Elly
Une course automobile en 1896 - Claude Elly
Les de Chalon et les vins du Jura - Gilbert Prieur
Le passage rue de l'Oratoire - Claude Elly
Curiosités de février - Gilbert Prieur

 

Prix de vente 4 Euros, en vente à Société d'Histoire et d'archéologie, au 9, rue Philibert Guide, les mardis de 16 H à 19 H, ou encore dans les librairies et certains bureaux de tabac de notre cité.

Le "faux de Chalon" et... le vrai (archives SHAC)

Chalon : Trois conférences de la Société d'Histoire et d'Archéologie

Il y a exactement 51 ans aujourd'hui, le 18 avril 1959, le général de Gaulle, de retour au pouvoir depuis peu, était de passage à Chalon et s'adressait aux Chalonnais massés sur la place depuis le perron de l'hôtel de ville.
Une étape importante de son voyage en Bourgogne que rappelait Gilles Platret après évoqué les origines bourguignonnes du général dans une conférence qui clôturait la séance publique de printemps de la Société d'Histoire et d'Archéologie Chalonnaise.  [ voir article envoyé par Gilles Platret ]

Mais le président de cette société savante n'était pas le seul à intervenir au Studio 70 devant un public d'habitués très attentifs.

Avant lui, Guillaume Grillon, jeune doctorant en histoire médiévale à l'université de Dijon, avait évoqué les monuments funéraires de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon, très riches en sépultures encore visibles et dont certaines sont uniques en Bourgogne par leurs caractéristiques.

Après cette évocation médiévale, c'est à un voyage en train commençant au XIXème siècle que le public était convié.
Jean-Jacques Chevalier, spécialiste de l'histoire ferroviaire chalonnaise, évoquait la naissance et le développement de la ligne de chemin de fer Chalon-Dôle (1871-1954) tandis que Michel Trémeaux présentait un diaporama très complet basé sur de nombreuses cartes postales d'époque représentant Chalon et sa gare avec les locomotives à vapeur, les calèches (ancêtres des taxis), les infrastructures (notamment les rotondes de Chatenoy), les ateliers de réparation, les postes d'aiguillage... Avant de rejoindre Dôle par le chemin des écoliers, une halte importante était faite à Allerey non parce que Michel trémeau est originaire de ce village (quoique) mais parce que cette gare fut à l'époque un véritable nœud ferroviaire !

 

Annonce des conférences avec le résumé des sujets traités : cliquer ici

Société d'Histoire et d'Archéologie
9 rue Philibert Guide 71100 Chalon-sur-Saône    03 85 93 41 71    s.h.a.c@wanadoo.fr

(c) photo www.vivre-a-chalon.com [ contact agence : 03 85 900 910 ]

De gauche à droite : Jean-Jacques Chevalier, Michel Trémeaux, Gilles Platret et  Guillaume Grillon

(c) photo www.vivre-a-chalon.com [ contact agence : 03 85 900 910 ]



Chalon : Samedi 17/04/10 Séance publique de la Société d'Histoire et d'Archéologie

Pour sa séance publique de printemps, la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône donne rendez-vous au public samedi prochain, 17 avril, à 14h30, Studio 70 de la rue de Lyon, à Chalon. Entrée libre.

Trois conférences seront ainsi proposées, sur des thèmes liés à l'histoire chalonnaise : « la cathédrale Saint-Vincent », « la voie ferrée Chalon-Dôle » et « de Gaulle le Chalonnais »


1. Inhumations et sépultures à la cathédrale Saint-Vincent de Chalon (XIIIe-XVIe siècles)

Guillaume Grillon est un jeu universitaire, doctorant en histoire médiévale à l'université de Dijon. Malgré les malheurs du temps et des hommes, qui n'ont pas épargné les monuments funéraires de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon, il est possible d'avoir un bon aperçu des pratiques funéraires en place dans l'édifice. Ce sont bien exclusivement des Chalonnais, desservants de tous ordres de la cathédrale, mais aussi citoyens de la ville, bourgeois et marchands, qui sont inhumés à Saint-Vincent. L'inhumation à Saint-Vincent revêt un caractère privé car ces personnages choisissent le plus souvent de reposer dans leur propre chapelle fondée avec leurs fonds personnels au sein même de la cathédrale...

2. La ligne de chemin de fer Chalon-Dôle

Conférence à deux voix autour de la naissance et du développement de la ligne de chemin de fer Chalon-Dôle (1871-1954). Jean-Jacques Chevalier, spécialiste de l'histoire ferroviaire chalonnaise, développera les différents projets et la naissance de cette voie, tandis que Michel Trémeaux présentera au public un exceptionnel diaporama. Défileront ainsi de magnifiques images, pour certaines inédites : d'abord Chalon et sa gare avec les locomotives à vapeur, les calèches (ancêtres des taxis), les infrastructures (notamment les rotondes de Chatenoy), les ateliers de réparation, les postes d'aiguillage... Puis le public sera invité à monter dans le train pour Dole, via 14 gares, avec un arrêt à la gare d'Allerey, qui fut à l'époque un véritable nœud ferroviaire...


[ note de la rédaction : article  l'histoire de la gare de chalon avec photos en cliquant ici ]

 

3. Charles de Gaulle et ses ancêtres chalonnais

Autour d'un thème qu'il connaît bien pour avoir récemment publié un livre sur le sujet, Gilles Platret s'attachera à rappeler l'histoire de la branche bourguignonne et plus particulièrement chalonnaise de la famille de Gaulle. Chalon peut en effet s'enorgueillir d'avoir possédé plusieurs membres de la famille, qui vivaient dans la paroisse de Sainte-Marie au tournant des XIVe et XVe siècles. Les archives du duché de Bourgogne le rappellent, ainsi que certaines inscriptions encore conservées aujourd'hui dans notre ville.

Ce passage des de Gaulle à Chalon est un des épisodes de l'aventure de cette grande famille en Bourgogne, dont on trouve trace également dans le Charolais, en Bresse et dans la région de Dijon. Charles de Gaulle tenait ainsi ses ancêtres directs comme originaires de Bourgogne et il ne se priva pas de le faire savoir lors de son grand voyage présidentiel d'avril 1959 en Bourgogne...

Photo archives SHAC

- par Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône - Réagir

"Chroniques Chalonnaises" N°54 - Il y a 100 Ans : la crue de janvier 1910

Rediffusion

Voilà un siécle déjà, notre ville était sous les eaux, la crue de Janvier 191O constitue le thème du numéro 54 des "Chroniques chalonnaises", publication de la Société d'Histoire et d'archéologie de Chalon qui est actuellement en vente.

 


Pas moins d'une trentaine de pages dont 14 illustrées de photographies entiérement consacrées à cette importante crue.
"Il y a 1OO ans" donc ! L'équipe de rédaction de cette publication composée de ses passionnés de l'histoire chalonnaise que sont Henri Huet, Claude Elly, Jean Claude Mallard et Gilles Platret ont passé au peigne fin cet évenement de Janvier 191O.
"La mémoire de Chalon, c'est la mémoire de la Saône. Ses crues marquent les esprits de leurs contemporains. Mais bien plus encore : elles marquent la mémoire historique de Chalon et l'on parle des grands débordements des décennies, des siècles plus tard. C'est en cela que la Sapone coule dans les veines de chaque Chalonnais "...Souligne dans l'éditorial du président, Gilles Platret.

 


Jean Claude Mallard évoque des généralités sur les crues de la Saône. Claude Elly aborde les événements au jour le jour. Il est rappelé également que le maire de la ville n'était autre que M. Jean Richard, élu à la tête d'une équipe socialiste en 1904 et qui s'est "battu avec acharnement pour avoir un vrai deuxième pont à Chalon ".


Dans un article intitulé "Fallait-il supprimer Carnaval ? ", Henri Huet revient sur les festivités de février 191O "alors même que l'on soigne les plaies consécutives aux innondations dans la ville"...
Comme toujours, parfaitement illustrée, cette publication est incontournable pour celles et ceux qui nombreux s'intéressent au riche passé de notre ville.


Prix de vente 4 Euros, lors des permanences à la Société d'hIstoire et d'archéologie, au 9, rue Philibert Guide, les mardis de 16 H à 19 H, ou encore dans les librairies et certains bureaux de tabac de notre cité.


NDLR :  Photo Didier Sibourg ajoutée par La Rédaction.
Voir aussi en rapport sur vivre-a-chalon.com :

vie associative » Chroniques Chalonnaises
entre nous » Chroniques Chalonnaises numéro 49
entre nous » Humeurs : journee de la femme : un corps n'est pas à vendre !
entre nous » Histoire locale : parution des "chroniques chalonnaises" numéro 52
entre nous » CHALON : Nouvelle esplanade de la gare : rétrospective au café... de la gare
entre nous » Vient de paraître : "Chroniques Chalonnaises " numéro 53

 

- par DERIOT Daniel - 4 commentaires - Réagir

Vient de paraître : "Chroniques Chalonnaises " numéro 53

la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône Pas moins de trente deux pages, pour le numéro 53, daté d'Octobre 2009, "les Chroniques Chalonnaises", une publication de la société d'histoire et d'archéologie de Chalon vient de paraître.


L'histoire de notre ville est sujet inépuisable, "parce que l'histoire, c'est tout sauf une science ennuyeuse, mais au contraire une fabuleuse école de la vie, elle est naturellement ouverte au plus grand nombre" relève, le Président Gilles Platret", dans l'éditorial de ce numéro.


Dans cette livraison, différents articles sur le Logis de l'Artichaut ( quartier Saint Jean de Maisel-près de la porte de Lyon) de Marie thérèse Shuard-Maréchal ou encore la distillerie Simon, la création du square Chabas inauguré en 1899, l'histoire d'un café celui de la tonnelle (quartier du carloup) ,le beffroi et l'histoire de la passerelle "Pierre Soubrane" signés de Claude Elly.


Alors que les travaux débutent, Bernard Trémeau, évoque la rue du Chatelet à partir des gravures de Louis Coin.
Autre passionné d'histoire locale, Henri Huet aborde, un incident sur le toit de la poste.
Au sommaire également de ce numéro très enrichissant, la Route à deux voies, la Chapelle du Chateau de La Loyère signé REné Jeanin Naltet et la recente réfection de la Chapelle de Bellecroix à Chagny, dans laquelle les chevaliers de l'ordre de Malte se sont retrouvés le 16 août dernier.


A Lire donc...En vente au prix de 4 euros.

 


Ajouts de la Rédaction - image et liens sur le site ci-dessous

- par DERIOT Daniel - Réagir

Chalon :Exposition de photographies de la Société d'Histoire et d'Archéologie

La Société d'Histoire et d'Archéologie organise un exposition de photographies dans le cadre des Journées du Patrimoine sur "La fin du Canal du Centre dans la ville" du 15 au 22 septembre 2009 à l'Office de Tourisme de Chalon-sur-Saône.

On peut la visiter du lundi au samedi de 9h à 12h30 et de 14h à 18h30, le dimanche 20 de 10h à 12h et de 14h à 17h30.
- par SHAC - 1 commentaire - Réagir

CHALON : L'histoire commentée de l'Abattoir

Vous êtes curieux de découvrir comment l’on est passé de l’abattage à la création artistique dans cette friche industrielle colorée des bords de la Saône, immergez-vous au coeur de la culture urbaine et des arts de la rue et retracez l’histoire de ce lieu.


 L'Abattoir / Centre National des arts de la rue reprend ses activités saisonnières et vous invite à la visite à trois voix organisée dans le cadre des Journées du patrimoine. L’équipe de l’abattoir s’associe à l’Espace Patrimoine et au graffeur Sylvain chaix pour une visite à 3 voix.
réservations possibles au 03.85.90.88.73
(voir PDF ci-joint :  visite abattoir2.pdf [ 1208.17 Ko ]).

Cette visite est la 1ère organisée dans le cadre de cet évènement.
Volet historique, architectural et culturel seront au coeur de cette promenade pas comme les autres.

Rendez-vous donc à l'Abattoir les 19 et 20 septembre prochain à 17h30,

Et découvrez l'Abattoir dans les années 90
http://www.labattoir.com/e.php?lsd=74x80&cc=1012&tc=1


Chalon histoire : Conférence "Abigaïl Mathieu, bienfaitrice de Chalon" le 11 juin

La Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon et l’association Abigaïl Mathieu organisent une conférence gratuite le jeudi 11 juin 2009 sur Abigaïl Mathieu, grande bienfaitrice de Chalon à la charnière des XVIe et XVIIe siècles. Cette conférence sera assurée en français par Kathleen M. Ashley, professeur à « the University of Southern Maine » (USA) et aura pour cadre la chapelle de l’hôpital, ouverte spécialement à cette occasion.

 



Abigaïl Mathieu (1563-1638) est une des figures féminines les plus connues de Chalon. Grande bienfaitrice de l'hôpital, elle fit de nombreux dons et fondations en faveur des pauvres malades, notamment pour la construction d’une infirmerie. Elle a également beaucoup fait pour les habitants de Chalon (fondation du couvent des Ursulines à l’emplacement de l’actuel Musée Denon, rentes pour l’éducation d’enfants pauvres, etc…). Outre sa générosité, la postérité a retenu d’elle ses cinq mariages. Les Chalonnais l’ont ainsi surnommée « la Dame aux cinq maris ».

Kathleen M. Ashley est professeur d’anglais à « the University of Southern Maine » à Portland dans l’est des Etats-Unis. Spécialiste de littérature médiévale, ses recherches l’ont amenée à s’intéresser à l’histoire du Moyen Age. Depuis près de vingt ans, elle étudie l’histoire de la Bourgogne notamment à travers celle des grandes familles.


Renseignements pratiques :
Conférence le jeudi 11 juin 2009 – 18h30
Chapelle de l’hôpital – accès par la rue Edme Vadot
Entrée gratuite – conférence en français.


Contacts :

Association Abigaïl Mathieu
Centre hospitalier William Morey
7 quai de l’hôpital 71100 Chalon-sur-Saône
03 85 44 65 87
patrimoine.wm-chalon71.fr

Société d'Histoire et d'Archéologie
9 rue Philibert Guide 71100 Chalon-sur-Saône
03 85 93 41 71
s.h.a.c@wanadoo.fr

 
- par Association Abigaïl Mathieu - Société d'histoire et d'archéologie de Chalon - Réagir

CHALON : Nouvelle esplanade de la gare : rétrospective au café... de la gare

Alors que se déroulera jeudi après midi l'inauguration du nouveau secteur de la gare, un clin d'oeil photographique des gares de notre ville, est visible depuis ce mardi au café de la gare (face à la nouvelle esplanade) au 38, avenue victor Hugo.


Jean Paul et patricia Genot, les maîtres des lieux, ne mènagent pas leurs efforts afin de faire vivre le commerce de proximité. C'est ainsi qu'ils proposent une rétrospective imagée des gares ferroviaires de notre ville.


En effet, l'actuelle gare, n'a pas toujours été située à l'actuel emplacement. Jusqu'en 1894, la gare de Chalon-ville se trouvait à proximité de l'obélisque, en partie sur des lieux occupés par l'actuelle poste.


Une photographie de cette gare existe, elle fait partie, d'une série actuellement présentée, comme d'autres retraçant la vie commerciale et l'évolution de l'ex-commune de Saint Cosme annexée en 1855 à la ville de Chalon.

AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIETE D'HISTOIRE
Au hasard, des photos présentées : celle d'une fête datée du 8 septembre 1907 ou encore le lancement des Dop, dans les années cinquante. Des vues également de de ce secteur en 1890 ou encore celle des transformations des habitations de l'avenue de la gare, denommée ensuite Jean Jaurès. Un secteur qui au fil des années a connu bien des changements.


Cette présentation a été possible grâce à la société d'histoire et d'archéologie de Chalon ( S.H.A.C) et aux maîtres des lieux jean Paul et Patricia Gonot qui entendent contribuer ainsi à l'animation et à la promotion de ce quartier. Dans un passé récent, ils ont également accueilli une exposition du dessinateur Gilles Thevenin, une autre rendant hommage aux soldats du feu.


C'est claude Elly, Vice président de la S.H.A.C et historien passionné de notre cité qui a retenu des clichés à partir du fonds de photos et de cartes postales que possède la société d'histoire de notre cité.

Pour celles et ceux souhaitant approfondir l'histoire des gares : nous recommandons : le tome 64 des mémoires de la SHAC...et les "Chroniques Chalonnaises" N°24 avec un article de Jean Jacques Chevalier relatant l'arrivée du train à Chalon en 1894 intitulé "Il y a 150 ans" ainsi que le numéro 2 des chroniques intitulé "1893 : transfert de la gare de Chalon ville : la naissance du Chalon moderne".

 


NDLR : photo ajoutée par La Rédaction
Voir aussi à ce sujet :  Tout sur l'histoire de la Gare

- par DERIOT Daniel - 3 commentaires - Réagir

Conférence "Abigaïl Mathieu, bienfaitrice de Chalon

La Société d’Histoire et d’Archéologie de Chalon et l’association Abigaïl Mathieu organisent une conférence gratuite le jeudi 11 juin 2009 sur Abigaïl Mathieu, grande bienfaitrice de Chalon à la charnière des XVIe et XVIIe siècles. Cette conférence sera assurée en français par Kathleen M. Ashley, professeur à « the University of Southern Maine » (USA) et aura pour cadre la chapelle de l’hôpital, ouverte spécialement à cette occasion.

 



Abigaïl Mathieu (1563-1638) est une des figures féminines les plus connues de Chalon. Grande bienfaitrice de l'hôpital, elle fit de nombreux dons et fondations en faveur des pauvres malades, notamment pour la construction d’une infirmerie. Elle a également beaucoup fait pour les habitants de Chalon (fondation du couvent des Ursulines à l’emplacement de l’actuel Musée Denon, rentes pour l’éducation d’enfants pauvres, etc…). Outre sa générosité, la postérité a retenu d’elle ses cinq mariages. Les Chalonnais l’ont ainsi surnommée « la Dame aux cinq maris ».

Kathleen M. Ashley est professeur d’anglais à « the University of Southern Maine » à Portland dans l’est des Etats-Unis. Spécialiste de littérature médiévale, ses recherches l’ont amenée à s’intéresser à l’histoire du Moyen Age. Depuis près de vingt ans, elle étudie l’histoire de la Bourgogne notamment à travers celle des grandes familles.


Renseignements pratiques :
Conférence le jeudi 11 juin 2009 – 18h30
Chapelle de l’hôpital – accès par la rue Edme Vadot
Entrée gratuite – conférence en français.


Contacts :

Association Abigaïl Mathieu
Centre hospitalier William Morey
7 quai de l’hôpital 71100 Chalon-sur-Saône
03 85 44 65 87
patrimoine.wm-chalon71.fr

Société d'Histoire et d'Archéologie
9 rue Philibert Guide 71100 Chalon-sur-Saône
03 85 93 41 71
s.h.a.c@wanadoo.fr

 
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