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BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !


 

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L'été c'est fait pour lire Aliénor, la légende noire

L’été c’est fait pour lire et en fin d’été, c’est le moment de prendre connaissance des nouveautés de la bande dessinée qui comme, pour le secteur romanesque, connait sa grande rentrée ! Dans cette avalanche de bandes dessinées, je viens de trouver et lire le premier tome d’une nouvelle série, plus exactement d’un triptyque, qui raconte l’histoire du chevalier d’Eon !

 

 

Histoire ? Je ne saurais vous garantir que nous sommes ou pas dans un récit totalement historique ou construit dans les différentes légendes qui ont marqué le personnage… Le fameux chevalier d’Eon, homme ou femme au service du roi de France Louis XV…

 

Tout d’abord, affirmons les choses avec clarté, le chevalier d’Eon, de son véritable nom Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée d’Eon de Beaumont a bien réellement existé. Il est né en 1728 à Tonnerre en Bourgogne et il est décédé à Londres en 1810. Il fut à la fois de petite noblesse, espion, diplomate, officier et même d’une certaine façon homme de lettres. Je dis bien Homme de lettres car il subit une autopsie dont le résultat fut formel et attesté, il s’agissait bien d’un homme doté d’un appareil sexuel complet et dit normal…

 

Certes, la légende s’écroule un peu mais durant ses phases d’espionnage, en Russie en particulier, il se travestissait en femme avec plaisir et efficacité ! Sa réelle influence a été constatée quand la Russie est passée dans le camp français au commencement de la guerre de Sept ans (1756-1763). Cette guerre pourrait presque être considérée comme mondiale car elle eut lieu sur trois continents différents (Europe, Asie, Amérique… et tous les océans).

 

Mais revenons, si vous le voulez bien à la bande dessinée elle-même ! Dans ce premier volume, on va découvrir le jeune d’Eon quelque peu appauvri et sans avenir rencontrer le cousin du roi et entrer au service du cabinet secret de Louis XV. On va le voir recevoir sa première mission et partir pour la Russie où il doit se faire accepter comme dame de compagnie de la tsarine Elisabeth 1ère.

 

Pour que tout soit bien compréhensible pour le lecteur, les scénaristes, Simona Mogavino et Arnaud Delalande, sont obligés de glisser de nombreuses bulles de texte dans les cases. Cela alourdit quelque peu la narration graphique mais le dessinateur, Alessio Lapo, en changeant les angles de vue, les perspectives, et le décor, arrive à rendre cela assez vivant malgré tout.

 

Cette bande dessinée, qui insiste beaucoup sur le contexte historique et les mystères de l’espionnage, montre bien la difficulté de traiter ce thème en bande dessinée. Néanmoins, l’approche historique et humaine du récit est très bien traitée par les auteurs ce qui rend la bande dessinée très agréable à lire !

 

Simona Mogavino et Arnaud Delalande travaillent ensemble depuis quelques années (Le premier volume de la série Aliénor, la légende noire, date de 2012) et après Aliénor, ils s’intéressent maintenant à Catherine de Médicis en parallèle avec le Chevalier d’Eon. Quant à Alessio Lapo, c’est tout simplement le mari de Simona Mogavino…

 

J’ai beaucoup apprécié ce premier album qui donne envie de lire la suite et cela tombe plutôt bien car on annonce une sortie assez rapide des deux volumes complémentaires (novembre 2019 et février 2020)… Mais comme l’été c’est fait pour lire, on peut aussi lire la série complète sur Aliénor (6 volumes), les deux premiers de la série sur Catherine de Médicis et le premier sur le Chevalier d’Eon…

 

Donc, bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 16 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Les hirondelles de Kaboul

L’été c’est fait pour lire, c’est un fait entendu une fois pour toutes, mais c’est aussi une période où il est aussi agréable d’aller au cinéma. Oui, je dis bien aller au cinéma et non pas regarder un film sur un petit écran riquiqui avec un son filtré dans les oreilles… Oui, je parle d’un cinéma avec un écran de belle taille et un son de qualité qui nous immerge dans un univers, une histoire…

 

 

La semaine dernière j’ai eu le plaisir d’aller voir Les hirondelles de Kaboul, merveilleux film d’animation de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec. Je ne vais revenir sur ce film ni sur le roman à l’origine de ce film, un livre de Yasmina Khadra (de son véritable nom Mohammed Moulessehoul) mais en sortant du film j’avais le sentiment d’avoir retrouvé la même ambiance que pour le film Poulet aux prunes de Marjane Satrapi. Certains avaient déjà fait un lien entre Les hirondelles de Kaboul et Persépolis, mais je trouve que le lien est encore plus fort avec Poulet aux prunes d’où l’envie de vous en parler un peu car cette bande dessinée puis ce film sont un peu passés inaperçus et je trouve que c’est bien regrettable !

 

Nous voici devant le destin de ce pauvre Nasser Ali Khan…


En utilisant une narration atypique, pleine d’allers-retours entre le présent et le passé tout en nous annonçant le futur, Marjane Satrapi nous plonge dans une histoire sans suspense. Nous savons rapidement que Nasser Ali Khan va mourir, il va même se laisser mourir, une sorte de suicide passif. Ses jours sont comptés. Nous sommes à Téhéran, en 1958, et en une semaine tout sera réglé et terminé, les obsèques de Nasser ayant lieu au fameux cimetière Zahiroldoleh de Chémirane au nord de la capitale iranienne… en présence de tous ses amis.


Nasser Ali Khan est un grand musicien, un des derniers virtuoses du Tar. Il s’agit d’un instrument de musique à cordes que l’on pince pour en sortir une musique unique que l’on peut entendre en Iran ou dans quelques autres républiques d’Asie centrale. Or Nasser est à la recherche d’un nouveau Tar car on lui a cassé le sien…


Nasser est coincé entre une musique qui le dévore, une femme un peu trop matérialiste et pragmatique qui prend la musique pour une distraction qui disperse et ne fait pas vivre, des enfants qui empêchent de se concentrer… Mais tout cela n’explique pas le dégout de vivre qui le frappe soudainement.

Nous avons alors comme dans un grand ballet millimétré tous les personnages de la vie de Nasser qui viennent nous rendre visite à commencer par la famille qui n’est pas toujours très agréable…


Plus les pages passent et plus nous entrons dans la complexité de Nasser qui est un artiste torturé, un homme plein d’angoisses et de contradictions, qui traine sa misère sur la terre à la recherche d’un bonheur absolu qui semble lui échapper. Il faudra arriver à la fin de l’histoire pour comprendre comment tout ce drame s’est mis en place et on se dit alors que Marjane Satrapi est encore plus forte que ce que l’on croyait tant elle maitrise et distille avec soin son suspense que l’on pensait naïvement absent…

Le dessin de Marjane Satrapi, ce noir et blanc intense et pur, est pour moi un régal et cela donne à sa narration graphique à la fois une simplicité extraordinaire centrée sur le récit et seulement le récit, tout en offrant au lecteur de disposer ses couleurs selon son bon plaisir, agrémentant le récit de tout ce qu’elle aura seulement évoqué, provoqué, susurré… Un joyau de la bande dessinée que certains pourront lire ou relire avec plaisir en comprenant tout ce que cette grande dame de la bédé a apporté à un univers déjà riche…

 

Alors, me diront certains, quels liens avec Les hirondelles de Kaboul ? En fait, c’est surtout avant toute chose une question d’ambiance, de fatalisme, d’amour triste, de destinée fatale… Bien sûr, il est question de la position sociale de la femme, de la liberté des êtres, de l’amour en général… mais il y a comme un rythme particulier, une mélancolie terrible, une vie subie et c’est ce qui rapproche les deux œuvres qui pour moi, sur papier et à l’écran, sont deux grandes œuvres pétries d’humanisme !


Alors, merci pour ce Poulet aux prunes dont je reprendrais bien un petit morceau pour la route… et pour ceux qui ne l’on pas encore vu, allez voir ce film Les hirondelles de Kaboul au cinéma et Poulet aux prunes en DVD…

 

Enfin, n’oubliez pas d’aller les lire les œuvres originales sur papier, avec ou sans dessin ! Bonne lecture à tous !

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 15 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Le dernier Mousquetaire

L’été c’est fait pour lire, de l’histoire et de la bande dessinée, par exemple. Je sais bien que certains pensent encore – ils ne doivent pas assez me rencontrer – que l’uchronie est une simple fantaisie et que ce n’est pas sérieux… Mais ils devraient venir en lire un peu et leur avis changerait certainement…

 

L’uchronie, c’est jouer avec l’histoire pour aller encore plus loin dans la réflexion historique. Prenons un exemple. Nous sommes en 1651, la Fronde des Princes fait rage, le très jeune Louis XIV est menacé et on demande à d’Artagnan, oui le fameux Charles de Batz de Castelmore dit d’Artagnan, le Mousquetaire de Gascogne, d’exfiltrer la famille royale de Paris. Or, la nuit, dans une auberge, des brigands de grands chemins assassinent le jeune Louis XIV et d’Artagnan responsable de la sécurité ne va pas s’en remettre…

 

Cet assassinat est sorti de l’imagination des scénaristes, je vous le concède, mais Duval et Pécau ne sont pas si farfelus que cela. La Fronde a réellement mis en danger le jeune Louis XIV qui, avant d’être le roi tout puissant a été un héritier balloté par les uns et les autres, rien n’étant gagné pour son avenir. Aller jusqu’à penser qu’il aurait pu être assassiné n’est pas faire preuve de délire, fantasme ou autre folie…

 

Quant à ce pauvre D’Artagnan, si pareille mésaventure lui était arrivée, imaginez quelle aurait pu être son abattement, sa dépression, son désespoir… Dans l’album Le dernier Mousquetaire,  les auteurs vont décrire comment les Princes frondeurs vont se partager le royaume, comment Espagne et Angleterre vont se comporter, comment Mazarin tentera de tout faire pour sauver le royaume et comment, Vingt ans après, d’Artagnan se trouvera encore pris dans l’histoire de cette belle France…

 

C’est bien là que l’uchronie devient Histoire avec un grand H car après avoir choisi un point de rupture qui lui relève bien de la fiction – je rassure tout le monde Louis XIV n’a pas été assassiné et il est bien devenu le Roi Soleil – ils font évoluer les personnages historiques avec la logique scientifique, avec tous les éléments connus du moment. C’est un peu comme lorsque les scientifiques reproduisent une expérience en laboratoire pour confirmer une hypothèse, valider une loi…

 

Là, on mesure la fragilité initiale du jeune roi, les dangers qui guettent la France et on comprend mieux pourquoi Louis XIV va regrouper les grands du royaume à Versailles pour les avoir sous la main sans risque…

 

Cette histoire du Dernier Mousquetaire sera en deux volumes et c’est le premier qui vient de sortir. C’est dessiné par Vladimir Aleksic dont j’ai beaucoup apprécié la narration graphique, la précision du dessin et la façon de donner chair à ce personnage d’Artagnan qui appartient à notre imaginaire collectif depuis que le grand Alexandre Dumas lui avait redonné vie…

 

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée qui d’ailleurs, soit dit en passant, est probablement beaucoup moins farfelue que le roman Les trois Mousquetaires… D’ailleurs, ces autres mousquetaires feront-ils partie du récit ? A vous de le découvrir !  

 

Alors puisque l’été c’est fait pour lire, durant encore une dizaine de jours, profitons-en ! Bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Histoire des Croisades

L’été c’est fait pour lire et quand on lit beaucoup, en particulier des bandes dessinées historiques, on réalise que les Croisades occupent beaucoup de place dans notre imaginaire collectif. Certes, parfois c’est pour parler de l’aventure, de cette guerre contre ceux qui avaient osé prendre le tombeau du Christ, pour glorifier ces héros qui partirent à l’aventure en laissant femmes, enfants, fortunes, terres derrière eux et souvent, sans espoir de retour, du moins à court terme !

 

 

Mais, il y a aussi ceux qui voient dans ces guerres et combats sanglants mille raisons de voir la violence des religions, la volonté de conquérir le monde portée par les hommes blancs, bref, la source du colonialisme qui va ravager le monde au fil des siècles…

 

Les plus fins et retors analystes de l’histoire et des motivations humaines voient dans les croisades de grandes manipulations. En effet, si le moteur lié à la foi est bien mis en avant, force est de constater que très rapidement les Croisades seront poussées par les ressort économiques, politiques, financiers, militaires et dominateurs. De très nombreux nobles poussent les croisés à partir au combat en espérant bien récupérer les fruits de ces guerres : royaume, duchés et autres conquêtes sont là pour enrichir, asseoir l’autorité et consoler d’échecs connus ailleurs en Europe…

 

Il ne faudrait d’ailleurs pas oublier que bien souvent, Chrétiens d’Orient et d’Occident se sont plus affrontés que Chrétiens et Musulmans et c’est ce dernier aspect qui est mis en valeur avec cette nouvelle série, La croix sanglante, de Stojanovic, Kovacevic, Ianos et Desko, aux éditions Delcourt.

 

Dans le tome 1, Guerre sainte, le seul sorti en librairie à cette date, On comprend très vite les éléments majeurs de cette histoire. Nous sommes à un moment clef de l’histoire des Croisades, la quatrième croisade pour être précis. Innocent III est arrivé sur le trône pontifical en 1198 et il a décidé de relancer l’esprit des croisades. Il se base sur l’écriture et cela donne, du moins à son avis, tous les droits : Si je t’oublie, Jérusalem… Nous sommes donc maintenant en 1204 alors que la croisade a été prêchée et que les croisés sont prêts à partir…

 

Comme une bande dessinée n’est pas simplement là pour raconter l’histoire générale, on va suivre un certain Philippe de Crécy. Son père qui a connu la croisade et son lot de cruautés, tente bien de l’empêcher, mais la jeunesse n’a pas d’oreille dans de telles situations… On va très rapidement mesurer les problèmes qui vont se poser car le croisé est avant tout un aventurier qui part dans l’inconnu…

 

La croisade, on revient à la grande Histoire, est bloquée à Venise pour de sordides questions d’argent et des calculs politiques des uns et des autres et on sent bien que cette croisade va aller de Charybde en Scylla et qu’elle verra des affrontements entre chrétiens… Oui, ce sera une croisade sanglante d’où le nom de la série, La croix sanglante

 

Les auteurs se lancent donc dans une aventure presque aussi périlleuse que la croisade car réaliser une bande dessinée historique sur un tel sujet n’est pas sans risque et danger… La rigueur semble être là, la qualité graphique indiscutable et le lecteur plonge dans le récit avec plaisir malgré les explications indispensables qui peuvent parfois alourdir le discours, les dialogues, les cases…

 

J’ai beaucoup aimé ce premier album et j’attends avec une réelle impatience la suite en l’espérant à la hauteur. Les auteurs sont originaires d’Europe de l’Est – pour parler avec nos mots d’autrefois – et je trouve qu’ils apportent une véritable qualité à ce récit qui mérite toute notre attention par son dynamisme graphique et son fond historique… Un épisode important de ces croisades et une cruauté qu’il faut avoir en tête quand on parle de ces guerres incroyables…

 

Pour compléter cette série, on peut aussi retrouver la vision globale des croisades avec Histoire des Croisades de Jean Richard, un excellent ouvrage de synthèse sur le sujet… et que l’on a la possibilité de trouver encore en librairie en format poche (enfin, grosses poches quand même !).

 

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire et que nous sommes encore en été, bonne lecture à tous !

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 10 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Team Rafale

L’été c’est fait pour lire et parfois je vous propose des albums de bande dessinée très spécialisés dans l’aéronautique. Il faut dire que j’aime beaucoup ces histoires d’avions, de pilotes et de troisième dimension, domaine que j’ai découvert assez jeune avec les aventures de Tanguy et Laverdure que je trouvais dans le magazine Pilote puisque j’avais la chance de le voir arriver à la maison…

 

 

Après Michel Tanguy et Ernest Laverdure, il y eut Dan Cooper, puis Buck Dany, puis Adler… Après je suis passé à d’autres genres délaissant quelque peu les avions… J’y suis revenu avec quelques bons albums de reprise dans les séries Tanguy et Laverdure et Buck Dany. C’est ce qui m’a poussé, doucement mais surement, vers des séries comme Team Rafale, série majeure des éditions Zéphyr…

 

De la même façon que les aventures de Michel Tanguy et Ernest Laverdure devinrent l’emblème papier des avions Mirage, Team Rafale, comme le nom l’indique, porte l’avion Rafale. Ne me demandez pas de faire la publicité de cet avion, avant tout système d’armes et objet de guerre, mais plutôt de vous dire qu’au-delà de l’aspect armement, cette série développe des personnages profonds et très humains. Le personnage central, Tom est certes un pilote de chasse digne de ses grands prédécesseurs mais aussi un père séparé qui doit jongler avec les moments où il peut voir sa fille. Ces moments sont toujours trop courts car la vie de pilote n’est jamais un long fleuve tranquille d’où le divorce d’ailleurs…

 

Depuis peu, Tom est affecté sur le porte-avions De Gaulle et j’ai le sentiment que la série s’épaissit encore un peu plus. Il faut dire que le porte-avions c’est comme une ville sur une petite île, c’est comme un huis-clos océanique et donc les relations entre les personnages semblent plus fortes, plus radicales, plus profondes…

 

Dans le tome précédent, le porte-avions fait escale dans l’Océanie où Tom arrive à prendre un peu de repos en voyant sa fille. Mais l’avion qui la ramène en France disparait des radars de contrôle… Le drame absolu… Il s’avère que l’avion a peut-être été détourné et Tom va vouloir sauver sa fille…

 

Je ne peux pas en dire beaucoup plus car le lecteur appréciera de garder des éléments de l’histoire à découvrir et il ira probablement de surprise en surprise… Dans cet album, peu de scènes aériennes, beaucoup plus de jungle, de combats politiques, ethniques ou militaires… Les commandos sont plus à l’honneur que les pilotes même si…

 

Le lecteur va réellement trembler mais sa lecture sera jubilatoire et il ne pourra jamais reposer l’album avant de savoir ce qui est advenu de cet avion de ligne et si, bien sûr, le combat potentiellement très dangereux de Tom et ses amis aura servi à quelque chose : trouvera-t-il sa fille vivante ?

 

Le dessin d’Olivier Jolivet, qui a repris le dessin de la série à partir du tome 9, s’améliore de page en page et c’est un véritable plaisir de découvrir sa maitrise du dessin dans des milieux aussi différents que la mer, l’air, la jungle ou même un simple bureau de dictateur…

 

Signalons encore que les albums de cette série sont toujours enrichis de quelques pages sur la réalité des avions, des porte-avions, des femmes et des hommes qui exercent ces métiers au service de la France.

 

J’ai donc bien apprécié cet album, Portés disparus, qui termine l’histoire commencée avec Le vol AF414 a disparu, et il ne nous reste plus qu’à attendre de voir ou le scénariste Frédéric Zumbiehl décidera de nous emmener la prochaine fois !

 

En attendant, puisque l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Sherlock Holmes - suite 1

Puisque je commence aujourd’hui quelques chroniques sur un enquêteur que j’aime beaucoup, Sherlock Holmes, pas question d’oublier les adaptations en bédé des aventures de ce héros, aventures écrites par Sir Arthur Conan Doyle ou par d’autres auteurs… Alors, fonçons tête baissée !

 

On croyait qu’après les albums Jack l’éventreur (Duchâteau et Stibane) et From Hell (Alan Moore et Eddie Campbell) plus rien ne serait possible en BD avec Jack l’éventreur. C’était oublier qu’il y avait un roman de Dibdin qui attendait dans l’ombre des bibliothèques, L’ultime défi de Sherlock Holmes…


Or cette histoire est en bande dessinée dans cette collection de qualité Rivages/Casterman/Noir, espace atypique entre une collection de polars noirs et un grand éditeur de bédés. La parution date de 2010 mais il est encore temps de lire cet ouvrage de qualité…


L’histoire est simple – Jack l’éventreur est en train de ravager le milieu des prostituées londoniennes, celles du quartier de Whitechapel, « vaste paradis du crime » – et complexe car c’est Watson qui fait le récit de cette affaire à Conan Doyle, longtemps après les faits, comme pour alléger sa conscience avant de disparaître… A l’époque des faits, le pauvre Watson était aussi perturbé dans sa lucidité par la présence de sa fiancée, Mary…


On peut aussi dire que cette histoire, qui donc ne fait pas partie des romans « historiques » de Conan Doyle est à la fois un hommage à un héros adoré, aucun doute là-dessus, et une impertinence de potache puisque Sherlock Holmes… enfin… bref… Ce n’est pas à moi de vous dire comment se terminera cette histoire pour Sherlock Holmes, le professeur Moriarty et le fameux docteur Watson…


Le scénariste de la bande dessinée utilise bien le roman de l’Irlandais Michaël Dibdin, le transforme astucieusement en bande dessinée sans faire du faux cinéma ou du roman illustré. On peut dire qu’Olivier Cotte, grand spécialiste du neuvième art, s’approprie parfaitement et l’histoire et nous offre un véritable scénario de bédé.


Il est vrai qu’il est servi admirablement bien par Jules Stromboni qui a trouvé pour cet album le ton graphique juste : une nostalgie certaine qui permet un plongeon dans le Londres de Jack l’éventreur, un dessin qui n’est pas sans rappeler les illustrations d’autrefois qui accompagnaient les affaires criminelles, celles que j’avais dans ma jeunesse sur les couvertures des romans de Jean Ray (Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain). Enfin, il utilise avec brio les traits de l’acteur Jeremy Brett qui fut en son temps (années quatre vingt) un des meilleurs Sherlock Holmes à la télévision, en tous cas celui que je continue à voir avec plaisir même dans des adaptations dont je connais le scénario par cœur…

Une excellente bande dessinée que l’on lira avec d’autant plus de plaisir que l’on appartient aux fans du détective anglais de Baker Street… et comme l’été c’est fait pour lire et relire… Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 3 sept 2019

L'été c'est fait pour lire : Les reines de sang

L’été c’est fait pour lire et, hier, nous avons croisé Catherine de Médicis dans la série Les guerriers de Dieu de Richelle et Wachs. Il me semblait logique de prolonger le regard sur cette reine avec la série qui lui est consacrée chez Delcourt…

 

Il y a quelques petites années quand j’avais entendu parler pour la première fois de la collection Les reines de sang, je m’étais fait deux réflexions. D’une part, je me réjouissais d’une telle idée étant passionné d’histoire et de bande dessinée. J’étais donc prêt à lire tous les albums, à découvrir toutes les reines qui feraient l’objet d’une histoire… Grand bien m’en a pris puisque c’est avec passion et un certain bonheur que j’ai lu Aliénor, Isabelle, Jeanne ou Tseu Hi… D’autres m’ont moins emballé mais cela me semble tout à fait normal car on ne peut pas tout aimer !

 

Mais la deuxième réflexion était de savoir si cette collection trouverait son lectorat, au moins le nombre de lecteurs minimal pour que l’éditeur ait envie de continuer le travail… Là, même si je n’ai pas les chiffres précis, il semble bien que si les chiffres de ventes n’aient pas été au rendez-vous, la série Aliénor n’aurait eu 6 albums alors qu’au départ il en était prévu 3… Donc, on peut dire que tout va relativement bien, que la collection se prolonge et que nous avons ce mois-ci deux nouvelles séries royales avec Catherine de Médicis et Les trois Julia…

 

Pour aujourd’hui, restons seulement concentrés sur Catherine de Médicis. En France, tout le monde connait le nom de cette reine et on lui attribue généralement le massacre de la Saint-Barthélemy et la folie de ses enfants à commencer par celle de son fils Charles IX. Pour le reste, avouons que les informations factuelles ne sont pas très nombreuses… D’ailleurs, cette reine de France d’origine étrangère a-t-elle eu réellement du pouvoir ? Catherine a-t-elle sauvé la France ou au contraire l’a-t-elle coulée ? En fait, il est très difficile de comprendre cette reine et les biographies la concernant ne sont pas toutes du même avis… Ce qui semble certain, c’est que sa réputation de « reine de sang » justifie totalement sa présence dans cette collection !

 

Le premier tome de cette biographie en bande dessinée – on en annonce trois – va concerner sa jeunesse en Italie, plus exactement à Florence et Rome. C’est la partie que nous ne connaissons pas trop nous Français mais que la scénariste de la bédé, Simona Mogavino, connait le mieux…

 

Simona a d’abord travaillé dans la sauvegarde et la réfection des œuvres d’art avant d’être immobilisée durant quelques mois pour un problème de santé. C’est alors qu’elle a compris qu’elle pouvait faire autre chose de sa vie. Elle a d’abord lu puis écrit. Et comme son mari, Alessio Lapo, qu’elle a rencontré lors d’un travail sur une fresque, fait de la bande dessinée c’est assez naturellement qu’elle a pensé écrire des scénarios de bédés…

 

Aliénor, dont je vous ai déjà parlé, est sa première série de bande dessinée et elle a travaillé en étroite collaboration avec Arnaud Delalande sur le scénario et avec le dessinateur Carlos Gomez, un Argentin qu’elle aime beaucoup. Après cette série Aliénor, le même attelage professionnel se lance dans l’histoire de Catherine de Médicis.

 

Ce premier album de Catherine de Médicis, la reine maudite est très réussi même si on ne peut plus parler de surprise après les six volumes d’Aliénor, la légende noire. En effet, le scénario est clair et précis, les références historiques suffisantes mais pas étouffantes, les personnages crédibles, les dialogues conséquents mais pas trop pour sauver la narration graphique, le dessin dynamique, le rythme de la bédé est pertinent… Bref, tous les indicateurs sont au vert pour annoncer que cette série devrait cartonner auprès des lecteurs… d’autant plus que tout ce qui touche aux guerres de religion est aujourd’hui un sujet qui intéresse les lecteurs…

 

D’ailleurs, signalons que, en plus de la série Les guerriers de Dieu (Glénat), il existe encore une autre série qui traite du massacre de la Saint-Barthélemy, Saint-Barthélemy (Les Arènes)… Vous avez réellement le choix pour découvrir cette tragique période et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Les guerriers de Dieu

L’été c’est fait pour lire et en cette période de rentrée littéraire – oui, pour moi les nouveautés BD appartiennent bien à la rentrée littéraire – les bandes dessinées s’amoncellent et s’empilent avec parfois d’excellentes choses que j’ai envie de vous présenter… Je viens de terminer la dernière livraison de la série Les guerriers de Dieu, le tome 5, consacré au massacre de la Saint Barthélémy. Les auteurs, Philippe Richelle pour le scénario et Pierre Wachs pour le dessin, achèvent là cette série que je suis depuis le début et que je trouve excellente…

 

Certes, j’aurais pu vous en parler le 24 août – jour anniversaire du massacre – mais comme les méfaits tragiques ont duré plusieurs jours, nous sommes bien encore dans les dates… Faut-il, d’ailleurs, célébrer un tel évènement ? Certains diront non car il ne faut pas s’auto-flageller et cesser de mettre en avant ce type d’évènements qui nuit à notre image… Je préfère, comme toujours, regarder notre histoire avec le plus de lucidité et en tirer tous les enseignements pour le futur… C’est le rôle de l’histoire et de son étude régulière par tous ! D’ailleurs, quand on veut supprimer ou alléger les cours d’histoire c’est pour mieux oublier et exploiter les citoyens aujourd’hui et demain !

 

Ce dernier album entièrement consacré au massacre de la Saint-Barthélemy ne met en scène presque exclusivement que les personnages historiques. Les personnages de fiction, inventés par Philippe Richelle, disparaissent ou ne sont cantonnés qu’aux tâches secondaires… Maintenant, le roi, Charles IX, la reine mère, Catherine de Médicis, et son fils préféré, François d’Alençon duc d’Anjou, sont sur le devant de la scène. Ils sont accompagnés de l’amiral de Coligny, d’Henri de Navarre, futur Henri IV, et de Marguerite de Valois, la fameuse reine Margot…

 

On ne résume pas en quelques phrases ce qui s’est passé en France, à Paris en particulier, à cette époque. Ce qui est certain, c’est que nous sommes en pleine période des guerres de religion qui sont plus des guerres politiques et civiles que des guerres religieuses. La France contrairement à d’autres nations s’est divisée en deux au moment de la Réforme. Les enjeux sont politiques : quelle famille arrivera à prendre l’ascendant sur la famille royale et finalement dirigera la France… La famille de Guise tient la corde et joue le jeu des catholiques ultra… 

 

La reine Catherine de Médicis est à la foi une femme forte, ambitieuse, catholique, cynique et pleine d’ascendant sur ses enfants – et à ce titre on la considère souvent comme la grande responsable du massacre de la Saint-Barthélemy – mais, en même temps, elle comprend les enjeux d’unité du royaume et elle est prête à certains compromis avec les Huguenots…

 

Le bilan sera terrible, le sang va couler sur Paris et sur la France, Charles IX ne s’en remettra pas, le royaume tentera de se reconstruire mais il faudra beaucoup de temps et après ce massacre, fin de cette série, il y aura encore de nombreux évènements comme l’assassinat du duc de Guise, l’assassinat d’Henri III, l’avènement d’Henri IV, l’édit de Nantes…

 

Cette très bonne série, Les guerriers de Dieu, a le mérite de bien expliquer tout cela, de rendre accessible ces guerres de religion à tous les lecteurs et permet de comprendre ce que peut être l’intégrisme sous toutes ses formes… Du coup, belle ouverture sur notre époque aussi !

 

Très bon scénario de Philippe Rochelle qui respecte l’histoire, les personnages connus et les circonstances tout en incluant un petit grain de fiction bien sympathique. Belle narration graphique de Pierre Wachs qui montrera aux plus réticents que la bédé historique peut être dynamique, agréable à lire et intelligente !

 

Comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 29 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Algériennes, 1954-1962

L’été c’est fait pour lire et comme je vous y invitais à redécouvrir, à partir de lectures, la place des femmes dans notre histoire… Or, bien souvent, quand on nous parle des guerres, des révolutions, des grandes évolutions de la société, on nous parle des hommes comme si, à eux seuls, ils avaient tout fait… On pourrait quand même redécouvrir le rôle des femmes – et il fut bien réel – dans les grands évènements de notre histoire… Femmes qui font tourner les fermes durant toutes les guerres depuis l’Antiquité, femmes qui remplacent les hommes dans les usines durant la Première Guerre mondiale, femmes en résistance durant la Deuxième… Alors, pourquoi ne pas regarder les femmes durant la Guerre d’Algérie ?

 

Algériennes, 1954-1962, est un magnifique album de bande dessinée qui parle de l’Algérie, de la guerre d’Algérie… Meralli et Deloupy, auteur et scénariste, pourtant, ne nous disent rien des batailles, des grands chefs, des grands attentats, des tentatives de putsch ou autres faits marquants de ce conflit… D’ailleurs, de cette guerre on ne veut jamais parler en France… On veut oublier !


Est-ce mieux en Algérie ? Non, dans ce pays qui a gagné son indépendance à l’issue de ce conflit, on a un culte du FLN mais on ne rend pas hommage à tous ceux qui ont combattu pour cette dernière, juste ceux qui ont gagné avec leur mouvement devenu parti… Quant aux autres, on les a même assassinés…

Cette guerre d’Algérie est comme une pustule dont les deux nations n’arrivent pas à se débarrasser, un chancre qui reste là et qui est transmissible à une jeunesse qui n’est pas toujours très informée sur ce que fut cette période terrible…


Les deux auteurs de la bande dessinée ne remédient pas à tout cela mais ont décidé de donner la parole aux femmes… Mère d’appelé, femme d’appelé, fille de combattant, fille de Harki, combattante… Qui sont-elles ? Comment ont-elles vécu cette période ? Comment voient-elles les choses des décennies plus tard ?


Pour arriver à cela, ils ont mis en place un personnage, Béatrice, qui de nos jours lit un article sur les atrocités de la guerre d’Algérie… Or, son père fut appelé durant cette guerre et il ne lui a jamais rien dit… Rien sur ce qu’il avait vécu, fait, subi, ressenti… Il refuse de parler et c’est sa maman qui après avoir raconté un évènement vécu lors d’un passage à Alger la met en contact avec une autre femme… Puis de femme en femme, elle reconstitue des destins qui se croisent et racontent non pas la guerre d’Algérie mais des vécus de guerre par des femmes algériennes… ici, Algériennes ne signifie pas autre chose que femmes qui on vécu en Algérie…


C’est touchant, bouleversant, pertinent, riche en humanité, incrusté dans l’histoire de ces deux pays, ces deux nations, ces deux peuples… Cela ne remplacera pas les Histoires d’Algérie ou autres ouvrages sur la Guerre d’Algérie, mais cela permettra de probablement mieux comprendre l’ambiance dans laquelle se sont passés ces fameux « évènements »… Oui, la guerre dont on n’osait même pas dire le nom !


Cet ouvrage pourrait sembler déplacé car paru au moment où nous commémorions la fin de la Grande Guerre, mais, en fait, il y a bien un point essentiel qui unit ces deux temps forts de notre histoire : la guerre est terrible, toujours, qu’elle soit entre deux pays, au sein d’un même pays ou d’indépendance… La guerre est toujours sanguinaire, cruelle et dramatique. Elle l’est pour ceux qui la font, ceux qui meurent, ceux qui survivent… Terrible aussi dans les mémoires jusqu’à bouleverser ceux qui ne l’ont pas faite mais qui en portent le poids malgré tout… Or, à chaque fois on oublie de parler des femmes qui pourtant sont bien là, présentes, souffrantes, actrices, victimes et ce sont elles qui transmettent la mémoire d’un évènement comme le montrent bien les auteurs de ce très bon album…


Donc, non seulement il faut lire cet album mais il faut le faire lire et c’est bien le moment puisque l’été c’est fait pour lire…


Les dessins de Zac Deloupy dans Algériennes sont magnifiques et sa narration graphique est profonde, profondément humaine pour ne pas dire pétrie d’humanisme… C’est à ne pas manquer sous aucun prétexte !


Donc, très bonne lecture à tous et à très bientôt…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 21 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du14 08) : Coco Chanel

L’été c’est fait pour lire et voici donc le dernier album de la collection Grands destins de femmes dont je voulais vous parler… Si je vous dis qu’il se nomme Coco Chanel, vous allez vous dire que pour une fois on est en terrain connu et populaire car en France on connait tous Coco Chanel…

 

Gabrielle Chanel est beaucoup plus connue sous le nom de Coco Chanel. Mais que connaissons-nous d’elle ? Si elle est restée comme un nom associé à la haute couture, on sait moins que son impact fut capital pour la vie quotidienne des femmes : mode des cheveux courts, faux bijoux d’apparat permettant à toutes les femmes de se parer en fonction de leur bon vouloir, coupe des vêtements révolutionnaire dont un certain tailleur qui reste encore de mise… Oui, Coco Chanel fut une femme importante du vingtième siècle et il ne faudrait pas la limiter à une femme atypique, capricieuse et artiste…


Le travail de Pascale Frey et Bernard Ciccolini permet de comprendre cette femme, de son enfance à la fin de sa vie, dans ses grandeurs et ses aspects plus obscurs, de la tristesse de l’orphelinat à la solitude finale dans sa suite du Ritz… L’album fait revivre les moments les plus exaltants, les rencontres les plus improbables, de cette « Mademoiselle »…


Souvent les dessins sombres de Bernard Ciccolini plongent le lecteur dans ces tensions qu’elle connut bien souvent dans une vie qui ne fut pas toujours, loin s’en faut, baignée des odeurs douces de son Numéro 5… Elle traverse la vie dans une certaine souffrance, dans une mélancolie sans équivalence, et personne ne sut probablement la comprendre entièrement… mais avec cette bédé, qui sait ?

 

Alors, on pourra aussi, et ce n’est pas incompatible avec la lecture de cet album, regarder les films Coco avant Chanel (2009) d’Anne Fontaine avec Audrey Toutou ou Coco Chanel (2008) de Christian Duguay avec Barbora Bobulova… Mais comme l’été c’est fait pour lire commençons par la bédé… Bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du14 08) : Dian Fossey

L’été c’est fait pour lire et comprendre le monde d’aujourd’hui, entre autres. Au moment où ne peut que constater la disparition d’un certain nombre de mammifères, je vous invite, toujours en passant d’un album à l’autre dans cette grande collection bédé Grands destins de femmes, de découvrir celle qui nous a presque tout appris sur les primates…

 

Primatologue ? Métier très particulier et presque inconnu, surtout de la part de Dian Fossey dont le seul animal ayant retenu son attention durant sa jeunesse est un poisson rouge… de là à s’occuper de primates, de gorilles…


Née au cœur des années trente, elle a su se construire, se trouver une place à part au sein de la communauté scientifique avec compétences et passion. Elle a consacré sa vie à la connaissance des gorilles rwandais, encouragée à l’époque par le célèbre anthropologue Louis Leakey.


Ses études, son engagement, sa présence sur le terrain, ont permis, sans aucun doute, de sauver cette espèce en grand danger, mais cela lui coûtera la vie. Elle est assassinée en 1985, meurtre non élucidé probablement le fait d’un braconnier !


Jean-Philippe Noël et Bernard Ciccolini nous présentent tous les éléments marquants de la vie de Dian Fossey qui ont fait d’elle une femme d’exception, aussi controversée que respectée, ayant beaucoup fait pour la science...


Son impact au Rwanda a été immense et on l’appelait Nyiramacibiri, la sorcière… Oui, quand une femme impressionne, on a souvent l’habitude de la traiter de sorcière puis de la brûler… Là, on lui fendra le crane à coups de machette…

 

Cet album, Dian Fossey permet de découvrir cette femme et de comprendre les enjeux dans la conservation de ces grands primates… Nos frères, nos cousins, nos amis… à vous de choisir et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du14 08) : Françoise Dolto

L’été c’est fait pour lire alors continuons à passer en revue, certes de façon trop catalogue pour certains, les différentes bandes dessinées de cette collection Grands destins de femmes. Je peux donner le sentiment d’insister lourdement mais je suis déçu de la disparition de cette collection… Ouvrons Françoise Dolto

 

 

Pour des générations de parents, Françoise Dolto est celle qui a permis de rétablir le dialogue au cœur des familles. Elle fut très certainement un guide, un repère, une pédiatre, une psychanalyste, et même une pionnière à l’avant-garde de la connaissance de l’enfant, de l’adolescent, de l’être humain !


Elle a eu le mérite de faire comprendre que l’on devenait parent le jour de la conception et que dès cet instant tout était changé quel que soit l’enfant, son sexe, ses différences, ses dysfonctionnements…


Françoise Dolto est celle qui a porté l’idée que l’enfant était une personne à part entière comme les autres. Elle a aussi tenté d’expliquer aux parents et éducateurs que tout était langage, de la mimique au geste, du mot au silence. Tout a un sens et l’enfant perçoit tout cela…


Par ailleurs, Françoise Dolto est une femme, une féministe convaincue qui s’est battue férocement contre l’immobilisme de la société, la rigidité de ses institutions et mêmes le conservatisme des professionnels de l’enfance…


Marie-Pierre Farkas, auteure et Marianne Ratier, dessinatrice, se sont attachées à ce que furent les premières années de la petite Françoise Dolto, ses rapports avec sa mère entre autres, cette genèse expliquant la grande femme qu’elle allait devenir…

 

Alors, bien sûr, aujourd’hui, plus de trente ans après sa disparition, certains aspects de ses travaux sont critiqués, complétés ou rejetés… Qu’importe, elle fut une grande femme et cet album permet de comprendre son destin et ses intentions… alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du14 08) : Virginia Woolf

L’été c’est fait pour lire mais est-il nécessaire de lire une bande dessinée biographique sur une romancière ? Ne vaudrait-il pas plutôt lire directement un de ses romans ? En fait, tout est concevable y compris l’idée que la bande dessinée pourrait ouvrir les esprits et les préparer à la lecture des romans… Non ?

 

 

La bande dessinée est habituée à proposer des aventures, des actions, des rebondissements… Aussi, voir une biographie d’une auteure comme Virginia Woolf racontée avec ce mode narratif, est une véritable surprise. Comment une femme de lettres dépressive qui finit par se suicider peut-elle se transformer en héroïne de bédé ? Impossible diront certains !


Pourtant, quand Michèle Gazier se glisse dans la personnalité de Virginia Woolf, on sent immédiatement que l’alchimie va fonctionner, que la magie va opérer, que le lecteur va se laisser prendre au piège… Le piège de la littérature ! Le choix de la romancière y est pour quelque chose… Une romancière, une femme, une sensibilité proche… tout ce qu’il fallait pour que le résultat soit beau !


Fallait-il encore trouver un dessinateur capable de trouver le bon ton, le graphisme idéal, les couleurs justes, une narration graphique aussi délicate que l’écriture de Virginia Woolf… Et c’est bien le cas avec Bernard Ciccolini !


Ceux qui ont lu Virginia Woolf retrouveront l’auteure et se rappelleront tous ses romans et son journal. Les dessins viendront réveiller les souvenirs et l’imaginaire construits durant les lectures… Les autres tenteront d’apprivoiser Virginia avant de se précipiter en librairie ou à la bibliothèque pour lire Le journal (en version intégrale ou en extraits), Mrs Dalloway ou, qui sait, La vie de Roger Fry…

 

Attention, le choix est si vaste que chacun trouvera un texte à sa convenance sans que l’on puisse parler de vérité… Elle n’existe pas en littérature… Quoi que… Enfin, à vous de juger !

 

Virginia Woolf est une belle bande dessinée qui appartient à cette magnifique collection Grands destins de femmes qui a malheureusement disparu mais que l’on peut encore lire, heureusement… car l’été c’est fait pour lire !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du14 08) : La Pasionaria

L’été c’est fait pour lire et j’ai bien l’intention de continuer à vous proposer les albums de cette collection Grands destins de femmes même si elle a tristement disparu absorbée par les problèmes financiers de l’éditeur Naïve… Les femmes ne sont pas illustrées seulement dans les arts ou quelques sciences délaissées par les hommes, on les trouve aussi en politique et depuis longtemps… Aujourd’hui, rencontrons La Pasionaria !

 

 

La Pasionaria ! Un nom, un cri, une figure, une époque… Et, pourtant, qui pourrait nous parler d’elle, retracer les grandes lignes de sa vie ? Peu savent qui elle fut, quelle femme elle a été pour marquer son temps et rester dans les mémoires par un simple surnom, la Pasionaria !


Dolorès Ibarruri fut une femme a participé à la direction du parti communiste de son pays et à la guerre civile espagnole, s’est retrouvée en exil en Union soviétique… et est revenue, finalement, mourir dans son Espagne natale.


La Pasionaria est une référence à la passion du Christ ce qui peut en surprendre plus d’un pour une communiste convaincue.


Les deux auteurs, Michèle Gazier et Bernard Ciccolini, retracent sa vie avec précision et parfois le ton devient grave et triste comme pour la mort de sa fille Esther, âgée de trois ans… Il y a aussi des périodes plus politiques, plus verbales et on peut penser à ses prises de parole en prison. Enfin, la Guerre civile apporte une touche de tragédie grecque…

 

Son cri, son slogan, sa devise, ¡No Pasarán! Lui a survécu et il est bien universellement connu…

 

Après la Guerre civile, elle part en exil en Union soviétique dont elle reviendra en 1975 après la mort de Franco…


De 1895 à 1989, elle va vivre son destin humain, avec grandeur et, parfois, discrétion, dans l’anonymat ou sur le devant de la scène, avant de devenir un mythe de son vivant ce qui n’est pas donné à tout le monde, encore moins à une femme !

 

Elle décède à Madrid en 1989, 3 jours après la chute du mur de Berlin, tout un symbole…

 

Une bande dessinée, La Pasionaria, à lire pour comprendre ce personnage mystérieux et populaire et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 août 2019

L'été c'est fait pour lire :Aliénor, la légende noire

L’été c’est fait pour lire et continuons à regarder les récits de vies de femmes célèbres en bande dessinée. Les femmes ont fait l’histoire, au moins au même titre que les hommes, et il est bien temps de leur redonner la place qu’elles méritent…

 

 

Oui, je suis bien un passionné d’histoire, d’histoire de France en particulier mais pas d’histoire nationaliste ou politisée. J’aime l’histoire car elle peut nous faire comprendre d’où on vient sans d’ailleurs nous garantir la destination car le passé ne conditionne pas non plus de façon absolue le présent… J’aime très spécifiquement l’Histoire de France quand une personne d’un autre pays se penche sur les évènements qui nous ont touchés. En effet, c’est passionnant de voir comment est perçue notre Histoire par ceux qui nous regardent de près ou de loin… En plus, si c’est une femme regardant l’histoire d’une femme cela devient passionnant…

 

C’est ainsi que Simona Mogavino, experte en art religieux, a décidé suite à un accident qui l’avait quelque peu immobilisée, de se pencher sur l’histoire d’Aliénor d’Aquitaine. Au départ, une curiosité pour cette femme qui a été reine et France puis reine d’Angleterre, puis une sympathie avant de devenir une passion…

 

Comme elle est femme d’un auteur de bande dessinée, Alessio Lapo, elle se dit que cette femme pourrait bien devenir un personnage du neuvième art. La voilà qui recherche un éditeur et c’est chez Delcourt avec Marya Smirnoff, que tout prendra forme. On lui trouve un coscénariste, Arnaud Delalande, et l’équipe se complète avec un dessinateur qu’elle connaissait bien, Carlos Gomez. Ce dernier est un Argentin qui travaille en Italie depuis quelques années… une belle équipe internationale pour une reine qui fut successivement, en quelque sorte, aquitaine, française, angevine, anglaise… Européenne, quoi !

 

Cette série, Aliénor, la légende noire, a commencé doucement, on parlait d’un triptyque, pour maintenant devenir une très belle série, 6 magnifiques albums, tous parus. On y découvre le personnage d’Aliénor, sa vie de reine française, son couple avec le fameux Louis VII, puis leur divorce, son mariage avec Henri Plantagenet, son arrivée sur le trône d’Angleterre… Oui, la vie d’Aliénor est un roman tragique, une aventure incroyable et elle va provoquer, sans en mesurer directement les conséquences, la Guerre de Cent ans !

 

Il s’agit là d’une très belle bande dessinée, très bien construite et posée sur des bases historiques solides même si la priorité est bien donnée à tout ce qui peut faire d’Aliénor une reine de sang – titre de la collection – et une femme de caractère, peut-être trop car il est difficile d’avoir des preuves de certaines réactions de la reine. En même temps, il ne s’agit pas d’une thèse d’histoire mais d’une série de bande dessinée !

 

J’avoue qu’il s’agit d’une magnifique surprise, peut-être d’ailleurs la seule de qualité dans cette collection car les autres reines évoquées font pâle figure à côté d’Aliénor : Isabelle De France, Frédégonde, Tseu Hi… Ce n’est pas seulement le talent des auteurs qui est en cause – Simona, Arnaud et Carlos sont de grands auteurs – mais aussi le personnage de leur héroïne – Aliénor est exceptionnelle, ou, du moins, ils en ont fait un personnage d’exception !!!

 

 

Pour une fois, dans cette histoire pourtant connue, le bon n’est pas ce roi Louis VII, éduqué pour être religieux et père de Philippe Auguste et la légère n’est pas cette sudiste Aliénor d’Aquitaine que l’on présentait trop souvent comme une femme futile… Tout était plus complexe… et c’est souvent cela l’histoire ! Quant aux femmes, royales ou pas, on les a trop souvent ignorées, méprisées, sous-estimées… Au moins, là, Aliénor existe par elle-même !

 

Donc c’est bien à lire et faire lire et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du 13 08) : Isadora Duncan

L’été c’est fait pour lire et grâce à la collection  Grands destins de femmes, malheureusement disparue aujourd’hui dans l’indifférence totale des hommes, je vous propose quelques bandes dessinées qui retracent avec talent et efficacité des vies de grandes femmes de notre humanité. Après une philosophe, une physicienne et une botaniste, voici donc une danseuse…

 

La danse est l’art éphémère par excellence. Quand la danseuse a dansé, quand elle a terminé de virevolter au rythme de la musique, il ne reste rien ! Isadora Duncan a laissé son empreinte dans les mémoires humaines, c’était il y a longtemps, et, pourtant, avec cet album la voilà la belle Isadora qui occupe l’espace… Fascinant !


Jules Stromboni, le dessinateur, a trouvé un mode graphique dynamique et rien n’est figé au cœur des cases. Les pages consacrées à la jeunesse de la danseuse sont extraordinaires et feront référence dans l’histoire de la bande dessinée. Le neuvième art n’est plus un cinéma de papier, c’est la vie tout simplement avec ses mouvements, sa musique… et c’est beau !


Elle dansait pieds nus, elle aurait souhaité s’affranchir des vêtements et pourtant elle est morte étouffée, étranglée par une écharpe… Le tissu se vengeait en quelque sorte !


Une jeune autrice pour rendre hommage à cette femme libre dans sa vie, libre dans son art, Josépha Mougenot ; un dessinateur confirmé qui a surpris son petit monde lors de son Sherlock Holmes, Jules Stromboni ; un ensemble totalement réussi qui enchantera les lecteurs…

 

Cet album, Isadora Duncan, est absolument à découvrir, lire et faire lire car il présente une magnifique artiste, traite de la danse en image fixe et est une source de bonheur pour le lecteur… et comme l’été c’est fait pour lire… Bonne lecture !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du 13 08) : Maria Sybilla Meria

L’été c’est fait pour lire, certes, je vous le dis toujours, mais aussi pour redonner aux femmes la place qu’elles méritent dans l’histoire de l’humanité… Là, avouez, ce n’est pas gagné ! Faites le test avec vos amis, jouez à trouver le plus de femmes célèbres dans les sciences…

 

Il faut bien avouer qu’être présente dans notre mémoire collective n’est pas si facile pour une femme surtout s’il s’agit d’une Allemande – née en 1647 à Francfort-sur-le-Main – qui a vécu entre trois régions différentes, l’Allemagne, les Pays Bas et le Suriname…


Il faut dire aussi que Maria Sybilla Merian, n’a pas facilité la tâche des historiens… Elle fut naturaliste, botaniste, artiste… ce qui n’était pas si simple au 17eme siècle. Son père lui a fait confiance, lui a permis de faire des études, lui a ouvert une porte par laquelle elle s’est engouffrée par sa curiosité, son talent et son travail ! Oui, son père a été un personnage clef pour lui permettre de s’épanouir comme quoi certains hommes croyaient en la force des femmes, en leur talent, en leurs capacités et il avait du se battre contre le reste de la famille…


Figure remarquable de l’histoire naturelle, considérée comme la mère de l’écologie moderne, son destin est mis à l’honneur par ce travail de Yannick Lelardoux qui nous plonge dans l’histoire de cette femme, sous la forme d’un journal intime dessiné.


Fascinée par les insectes et toutes autres créatures vivantes depuis qu’elle est enfant, Maria va partir à la découverte d’un nouveau monde. Une aventure humaine dont le moteur essentiel fut une volonté de fer car à cette époque, une femme ne pouvait pas décider d’elle-même ce qu’elle pouvait faire…

 

Une belle façon de s’ouvrir au concept de biodiversité… Comme quoi la bande dessinée ouvre à tout et puisque l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 août 2019

L'été c'est fait pour lire (suite du 13 08) : Marie Curie

Puisque l’été c’est fait pour lire, puisque je mets aujourd’hui à l’honneur les femmes dans notre histoire, la bande dessinée et une collection Grands destins de femmes, allons plus loin et tentons de présenter tous les albums de cette collection que j’ai lus et appréciés… Après une philosophe, une scientifique !

 

Marie Curie est une scientifique universellement connue mais les auteurs de cette bande dessinée, Laura Berg et Stéphane Soularue, insistent beaucoup sur sa jeunesse et sa formation. On ne devient pas Marie Curie par hasard. Des parents enseignants, une ambiance familiale studieuse, l’occupation de Varsovie par les Russes, la perte de la maman et d’une sœur, la persévérance dans les études, la motivation du père pour que chacun de ses enfants aille le plus loin dans ses études… Enfin, la passion des sciences puis la France…


Il y a aussi, bien sûr, Pierre et son ombre car c’est bien dans son ombre que Marie va travailler, chercher, s’user… La radioactivité, les découvertes et la lumière qui arrive… Il faudra néanmoins que Pierre décède accidentellement pour que l’on propose à Marie d’exister officiellement comme femme scientifique. On lui offre la chaire de son mari à la Sorbonne… Cruauté de la vie, la perte de l’homme de sa vie lui ouvre cette porte de la reconnaissance…


Une très belle narration graphique où les dessins pleine page viennent rythmer l’histoire, où les couleurs participent efficacement au récit… Un album qui vient redonner sa place à part entière à une scientifique hors normes et une femme exceptionnelle !

 

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, bonne lecture !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Kiki de Montparnasse

L’été c’est fait pour lire et comme je parlais hier de l’Histoire des Françaises, ouvrage d’Alain Decaux, j’ai eu envie de vous parler de femmes célèbres – ou moins – mais dont la vie est abordée en bande dessinée. Olympe de Gouges, Kiki de Montparnasse, Catherine de Médicis, Aliénor d’Aquitaine, Marie Curie… Je ne vais certainement pas pouvoir parler de tous ces merveilleux albums et de ces femmes qui ont fait notre histoire, du moins qui ont participé activement, mais je vais commencer aujourd’hui par Kiki de Montparnasse, égérie d’artistes dont certains se souviennent peut-être…

 

 

C’est avec l’ouvrage Kiki de Montparnasse que Catel s’est entièrement révélée au Grand Public ! D’autrice de qualité elle est devenue autrice reconnue et de qualité !

 

J’avais bien entendu Juliette chanter les qualités d’une certaine Kiki de Montparnasse, mais je ne voyais pas de qui elle parlait… Un soir, lors d’un cocktail officiel, vous savez ces petits moments où l’on ne sait jamais s’il faut manger, s’asseoir ou parler, et où l’on finit par tout faire de façon imparfaite, Catel Muller, la co-créatrice de Lucie, me confiait qu’elle était en train de travailler sur Kiki de Montparnasse avec José-Louis Bocquet… Je me disais alors qu’il était grand temps de savoir qui était cette femme… C’est dans un ouvrage de peinture, Artistes de Montparnasse, que je découvre quelques lignes qui m’ouvrent, que dis-je, m’entrouvrent la porte de la connaissance de Kiki. Mais c’est très succinct :


« Kiki est l’égérie de Montparnasse. Timide et gouailleuse à la fois, follement amoureuse de Man Ray, mais libre de ses nuits, Kiki était une figure de proue de toutes les fêtes de Montparnasse. Elle vivait entre les cafés et les ateliers où elle posait, modèle aux mille visages qui fit les belles heures de Foujita ou Kisling. Lee Miller disait d’elle : C’était une vraie gazelle, elle avait un teint extraordinaire sur lequel on pouvait mettre n’importe quel maquillage. »


Bien sûr, l’ouvrage proposait quelques illustrations dont quelques photos de Man Ray, cet homme dont elle était raide amoureuse. Je découvris ainsi Le violon d’Ingres, photocollage de 1924 qui nous fait découvrir Kiki nue de dos…

 


Je savais qui était Kiki mais je ne voyais pas encore ce que Catel et José-Louis pourraient bien faire de ce destin de femme légère, de modèle… Mais je n’allais pas tarder à le savoir, car, un jour, je reçus cet ouvrage, Kiki de Montparnasse, une biographie en bédé au format roman dans la collection Ecriture de chez Casterman… Une biographique !


Dès la première planche, on est touché, saisi par le ton de la narration graphique. C’est sobre, efficace, ça sonne juste, ça nous parle au cœur, c’est pur, bouleversant… et nous faisons connaissance avec la mère de Kiki, au moment où elle s’apprête à accoucher… enfin, presque !
Kiki va grandir, enfin, on l’appelle encore Alice à cette époque… Catel a réussi à lui donner une âme, un corps, une vie, un mouvement, en simplifiant les traits mais en permettant de l’identifier tout au long de son cheminement terrestre, elle va prendre des ans, les traits la feront vieillir, mais on la connaît, on la reconnaît, enfin, on l’aime tout simplement…


C’est d’ailleurs une performance bien délicate pour la dessinatrice tant on a l’habitude dans la bédé de ne pas faire vieillir ses personnages. Là, c’est le contraire, chaque chapitre elle vieillit, 1901, 1911, 1913, 1916, 1918, … jusqu’en 1953, année de sa mort…


Le gros de cette biographie va nous plonger dans les années vingt, les années resplendissantes de Montparnasse mais de Kiki aussi. C’est toujours intéressant de lire un tel ouvrage car chaque fois que Kiki rencontre un personnage célèbre, et ils ne vont pas manquer, Catel le dessine et nous donne un avant-goût de son travail, revu et corrigé par elle. Il s’agit donc d’un travail humain – un destin de femme exceptionnel – d’un livre historique – indiscutablement bien documenté – d’un ouvrage artistique – nous saurons tout des photographes et peintres de cette époque, du moins ceux qui sont passés par Montparnasse – et, enfin, d’un livre littéraire – Eluard, Aragon, Tzara, Breton, Desnos sont tous là pour nous ramener à ces textes que nous aimons tant…


Oui, j’ai été séduit par la vie de Montparnasse malgré ses excès, par ces artistes qui avaient souvent perdu le sens des réalités, par cette Kiki qui ne sut, tout au long de sa vie, que vivre à fond sans jamais prendre de précaution. Elle en mourra, alcoolique, droguée, sans voix, seule, abandonnée, sans le sou, mais en ayant toujours vécu libre sans se soucier du lendemain. J’ai aussi été fasciné par la qualité de ce récit, par la narration graphique, cet usage merveilleux du noir et blanc, par les informations distillées à bon escient, avec talent… Catel et José-Louis Bocquet nous montrent qu’il est vraiment possible de faire du documentaire en bédé et je suis heureux de vous conseiller cet ouvrage magnifique, Kiki de Montparnasse !


L’ouvrage est complété par une chronologie complète et une série de petites monographies sur les acteurs les plus importants de la vie de Kiki… C’est parfait !

 

 

Voilà pourquoi, même plusieurs années après sa sortie en librairie, je vous propose de lire et offrir cet ouvrage, Kiki de Montparnasse, qui sera suivi par d’autres biographiques dessinées par Catel : Olympe de Gouges, Ainsi soit Benoîte Groult, Joséphine Baker… et puisque l’été c’est fait pour lire… Bonne lecture !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Imbroglio

L’été c’est fait pour lire et parfois c’est aussi l’occasion de grands festivals comme Chalon dans la rue, pour nous les Chalonnais. Il y a donc quelques jours, à Chalon, j’ai pu assister à une représentation du collectif Lapin 34, Broglii. Pourquoi vous en parler ici dans cette chronique livresque ? Tout simplement parce que ce spectacle est l’adaptation d’une bande dessinée de Lewis Trondheim, Imbroglio… et, pour une fois elle est bien disponible et très accessible par le prix…

 

 

Commençons par parler de cette bande dessinée. Son format est petit, c’est dans la collection Patte de Mouche de L’Association et il n’y a que 22 planches, 22 petites planches… Par contre, en si peu d’espace, avec si peu de personnages, essentiellement 3, et quelques accessoires, l’histoire comporte une multitude de rebondissements, de surprises, de loufoqueries, de gags tragi-comiques… Bref, Lewis Trondheim s’est visiblement bien amusé à écrire et dessiner cette histoire.

 

On pourrait résumer – mais faut-il vouloir toujours résumer les livres – en disant sans casser le suspense – car il faut préserver toutes les surprises que vous allez vivre avec cet ouvrage – qu’il s’agit bien d’un triangle amoureux… C’est aussi l’illustration de la devise globale de ma grand-mère, et je la cite dans le texte : « ce qui fait tourner le monde est très simple : le pouvoir, le fric et le cul ! ». Au moins, c’est dit et c’est clair !

 

Donc, une femme et deux hommes vont vous faire vivre une application concrète de cette humanité sans pour autant tomber ni dans une histoire pornographique, ni dans une série de meurtres sanguinaires, ni dans des considérations financières sans fin… ici, tout est simple… très simple…

 

Enfin, pour clore sur la partie bédé, on va avoir l’illustration parfaite que pour raconter une bonne histoire BD – j’ai réellement le sentiment que c’en est bien une – il ne faut pas avoir un graphisme de ouf… Il faut juste savoir raconter en dessin… La fameuse narration graphique !

 

Quand François Chevallier, acteur et metteur en scène, va lire cette bande dessinée il va instantanément comprendre qu’il tient là la trame magique d’un spectacle car «il y a dans ce scénario la folie dessinée de la BD, les rebondissements du vaudeville, l'emphase et l'assurance des héros du théâtre classique ainsi que l'alternance du calme quotidien et de l'ultra violence présente dans les films de Tarantino. » Il va donc en faire un spectacle, celui qui a été représenté lors de Chalon dans la rue 2019… Broglii !  

 

Pour cela, il va prendre le texte, les intentions et l’esprit de Lewis Trondheim pour faire jouer en quelques minutes cette histoire… Pas assez long pour un spectacle de Chalon dans la rue… Il transforme alors l’affaire en exercice de style et après la version Trondheim classique, imagine une version à l’antique, une autre à la manière de Labiche au XIX° siècle, une autre cinématographique à la Tarantino et, enfin, une version BD… Mais, là, trop long pour un spectacle dans la rue… Qu’à cela ne tienne, le public choisira ses versions du jour, 3 à chaque spectacle… Il faudra revenir plusieurs fois pour avoir la complète…

 

Si vous avez vu ce très bon spectacle de Chalon dans la rue, la lecture de cette bande dessinée prolongera le plaisir… Si ce spectacle vous a jusqu’alors échappé, vous allez le regretter mais vous consoler avec la lecture d’Imbroglio

 

Dans tous les cas, puisque l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 4 août 2019

L'été c'est fait pour lire : Pietrolino

L’été c’est fait pour lire et c’est aussi un temps particulier pour tous ceux qui aiment les festivals, en particulier Chalon dans la rue et les arts de la rue… Oui, Chalon dans la rue a été ouvert hier soir, le trente-troisième du nom, et aujourd’hui il va falloir en profiter ! Néanmoins, comme tout le monde n’y viendra pas, pour des raisons qui vont de la santé jusqu’au manque de temps, de l’éloignement à l’agoraphobie, voici une lecture qui reste en lien avec Chalon dans la rue et les arts de la rue…

 

 

 

Il s’agit d’abord d’une bande dessinée exceptionnelle car quand un scénariste de génie rencontre un dessinateur de bonheur, le résultat de leur travail ne peut que transporter le lecteur au pays des merveilles pour un instant, instant d’une lecture pure et douce, pleine d’émotion et de douleur, car nous sommes bien dans une histoire tragique et dans le récit d’un destin douloureux…

 

Oui, traitons bien de ce sujet capital : arts de la rue, cirque, poésie, humanisme ne riment pas avec mièvrerie, douceur de vivre, fadaises en tout genre ou je ne sais quelle bêtise… La beauté, la grandeur d’une œuvre, l’exceptionnalité d’un ouvrage, relèvent plus du drame humain exprimé que d’un esthétisme quelconque… Donc, c’est sûr, là, on est dans du grand !!!


A tous ceux qui s’inquiètent, déjà, du nombre d’albums pour cette série, car on est lassé de ces flux sans fin de bouquins qu’on ne sait plus ou ranger, de ces histoires qui n’en finissent pas de se terminer, des ces attentes sans fin pour savoir l’issue de ces narrations qui nous ont séduits… je serai donc rassurant il n’y a que deux albums à lire, donc n’hésitez plus, partez en notre compagnie, Pietrolino et Alma sont là… Ils vous attendent…


Pietrolino est un clown, un mime, que l’histoire a placé, par hasard, en France sous l’occupation nazie. Il tente avec une femme et un nain de faire rire, sourire, dans la rue, dans les restaurants… C’est laborieux, difficile, parfois, car comment faire rire quand on est témoin des enlèvements, des déportations, des exécutions ? Pietrolino est un artiste engagé, si on peut dire, puisque qu’il ose, avec ces mains faire de la résistance. Si ! Un gant tricolore, un rouge et noir, la résistance contre l’occupant, un combat entre deux forces et un monstre ancestral qui s’écroule après une lutte épuisante… Mais, alors que le client commence à applaudir timidement… le monstre retrouve une vie avec un officier nazi qui explose de haine…


Comment pourra-t-il détruire cette résistance étonnante ? Comment réduire au silence deux mains qui s’agitent ? Comment stopper la création, l’émotion pour ramener tout le monde dans cette triste réalité de l’occupation ?


Je ne peux rien vous dire car Jodorowsky et Boiscommun vont vous faire souffrir, pleurer, hurler… et ce n’est là que le début de cette très belle histoire… Oh ! Je ne vous ai pas encore présenté Alma… Une enfant, enfin une fille de la balle ou presque… une jeune femme qui par son art tente d’apporter du bonheur, de faire naître des sourires… une artiste qui utilise un castelet, ce n’est pas le sien… Elle l’a récupéré, un soir de tempête, de larmes, de haine… Il appartenait à un géant courageux qui lui a donné le goût de relever la tête…


Oui, cette bande dessinée est si atypique que cela peut vous sembler ésotérique, inaccessible, poétique, élitiste mais en fait, c’est tout simplement un chef d’œuvre d’humanité, une des bandes dessinées les plus humaines que je n’ai jamais lues, une de celles qui font pleurer comme des fontaines sacrées mais qui redonnent du sens à nos vies, qui permettent le ressourcement de l’être… Une bédé que l’on se doit de lire pour comprendre comment cet art narratif est devenu adulte, resplendissant…


La narration graphique est d’une maturité exceptionnelle. Les paroles ne sont là que quand elles le doivent, la haine, la violence et la trahison peuvent bien souvent prendre consistance avec le dessin seul…


Alors que l’on croit être arrivé au bout des destins de Pietrolino et Alma… mais je ne suis pas là pour tout vous raconter ! Cette histoire montre aussi le destin de l’engagement politique – au sens propre du terme – dans l’art et le sujet est entièrement d’actualité quand on voit certains acteurs politiques vouloir dominer, orienter, guider ou supprimer les artistes… Oui, nous sommes à la fois dans l’intemporel et dans l’actualité ! En clair, une BD engagée pour parler de l’engagement…

 

 

Mais, après tout, malgré les difficultés, on peut toujours espérer que tout finira par s’arranger… Il faut savoir continuer à croire en la vie… Merci aux deux auteurs de nous avoir livré un tel éblouissement humain, une telle fulgurance épique… A lire ! A lire, encore ! A relire toujours ! A donner ! A offrir ! Alors, comme l’été c’est fait pour lire… C’est le moment de choisir, spectacle ou lecture de Pietrolino !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 25 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Double assassinat dans la rue Morgue

L’été c’est fait pour lire et voici, du moins je le pense sincèrement, ma dernière chronique liée à Edgar Poe. Oui, il faut bien en terminer à un moment… Ils sont nombreux ceux qui ont osé parler de Poe, ce fameux écrivain gothique et romantique. Oui, je dis gothique car je suis persuadé qu’aujourd’hui il le revendiquerait même si le mot n’avait pas du tout le même sens de son vivant…

 

 

Comment ne pas évoquer Charles Baudelaire qui a traduit et rendu célèbre cet auteur dans notre pays la France. Je suis incapable de qualifier sa traduction car je n’ai jamais lu Poe dans le texte, seulement transfiguré par le poète. Me manque-t-il un élément de Poe ? Je n’en sais rien mais je dois avouer que je ne tiens pas à abandonner ma traduction, celle que j’ai dans la collection La Pléiade, une des premières parutions de cette collection…


Passionné de bandes dessinées, comme vous le savez maintenant tous ou presque, j’ai toujours été attentif à ceux qui tentaient d’adapter Edgar Poe en bédé, en dessin animé ou en film… Et ce n’est pas si simple ! Enki Bilal, auteur d’une magnifique préface à une nouvelle de Poe [Le portrait ovale, ouvrage présenté hier] mise en image par Pascal Somon, disait en 2001, que le texte est « d’une richesse picturale à laquelle il ne fait pas bon de se frotter ». Oui, quelle folie de se lancer dans la mise en images d’un texte si expressif, si parlant, si évocateur…


Jean-David Morvan, directeur de la collection Ex-Libris aux éditions Delcourt, continue ici l’adaptation de grands auteurs en bandes dessinées :

- pour partager ses lectures préférées avec des lecteurs qui n’ont pas encore fait le pas décisif vers les « classiques » ;

- pour montrer que la bande dessinée n’est pas un art mineur mais tout simplement un mode narratif capable de se réapproprier les grands thèmes et les grandes œuvres comme le théâtre et le cinéma ;

- pour son propre plaisir et celui des auteurs avec lesquels il travaille à la création d’images qui font naître des nouveaux mythes.


Après avoir lu ce Double assassinat dans la rue Morgue, on se demande s’il sera possible de continuer à lire la nouvelle de Poe sans voir apparaître derrière les pages les personnages de Morvan et Druet en train de jouer au whist ?


Après avoir dévoré la bande dessinée (1 nouvelle, 1 album… et c’est tout !), je suis allé relire, une fois encore la nouvelle originale. En fait, Morvan est d’une très grande fidélité au texte d’Edgar Allan Poe. C’est surprenant ! Les images de Fabrice Druet sont d’une force exceptionnelle. Sa narration graphique est gothique à souhait sans en faire trop, le positionnement des vignettes, le cadrage, le dessin à proprement parler, tout navigue entre classicisme et modernité la plus dynamique. C’est très fort !


Ah ! L’histoire ? Vous ne l’avez pas lu ? Pour ne pas trop vous en dire, puisqu’il y a une intrigue policière, mode thriller, nous pourrions dire que tout commence avec la rencontre de deux hommes passionnés par un jeu de carte, le whist. « La force du whist implique la puissance de réussir dans toutes les spéculations bien autrement importantes où l’esprit lutte avec l’esprit ». Mais le jeu n’est que le prétexte de l’auteur pour se faire rencontrer deux hommes, les faire dialoguer et lancer, enfin, dans une enquête criminelle qui devra révéler qu’Auguste Dupin est capable par méthode et logique, sens de l’observation et réflexion intense, de trouver des solutions là où la police est tout simplement réduite au silence et à la stérilité…


Deux femmes sont assassinées rue Morgue, c’est incompréhensible, tout est fermé, il n’y a personne, c’est un véritable carnage… Il faut réfléchir… On est comme dans la genèse et la naissance des personnages comme Sherlock Holmes et Hercule Poirot, Rouletabille et Arsène Lupin…

 
On peut imaginer que le duo d’auteurs de cette très bonne bande dessinée puisse se lancer dans la réalisation d’un autre album où l’on retrouverait notre héros Auguste Dupin, la logique incarnée… Le mystère de Marie Roget ou La lettre volée… Mais il faudra attendre un peu, juste le temps nécessaire pour chacun d’entre nous de relire Histoires extraordinaires, Nouvelles histoires extraordinaires et Histoires grotesques et sérieuses de Poe !


Une excellente bande dessinée à lire et faire lire ! Et comme l’été c’est fait pour lire

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 22 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Le chat noir

L’été c’est fait pour lire et autant battre le fer quand il est chaud, donc continuons à parler des adaptations des textes d’Edgar Poe en bédé…

 

Comme je l’ai déjà dit et écrit, je suis assez sensible au style d’écriture et au genre d’inspiration de ce cher Edgar Poe. Cet écrivain américain est mort en 1849, le 7 octobre très précisément et c’est cent cinquante ans plus tard que cet album de bédé est sorti en France aux éditions Albin Michel, Le chat noir.


C’était à la fois un hommage à l’auteur de nouvelles, d’histoires comme il le dit lui-même, fantastiques et mystérieuses, policières aussi parfois. Je sais que, aujourd’hui, certains jeunes lecteurs s’éloignent de cet illustre auteur précurseur du gothique qui pourtant tente beaucoup de jeunes. Mais voilà, nous ne sommes plus à une période de lecture et nos jeunes contemporains préfèrent les images (je peux comprendre, mais essayez vite les textes de Poe, c’est fascinant !!!). Qu’à cela ne tienne, Horacio Lalia nous en offre de magnifiques et terribles…


Huit nouvelles, toutes réalisées en noir et blanc, ce qui est parfaitement adapté aux thèmes de Poe.
J’ai adoré Le chat noir (Nouvelles histoires extraordinaires), je suis resté plus réticent devant le Manuscrit dans une bouteille (Histoires extraordinaires), j’ai plongé avec délectation dans La barrique d’Amontillado (Nouvelles histoires extraordinaires), j’ai apprécié la maîtrise de l’adaptation de L’enterrement prématuré (désolé ce récit n’est pas dans mon ouvrage de référence car non traduit par Charles Baudelaire), j’ai lu avec attention Le portrait ovale car j’en ai une autre adaptation plus moderne par Pascal Somon (Nouvelles histoires extraordinaires), j’ai tremblé de peur et d’admiration dans La vérité sur le cas de monsieur Valdemar (Histoires extraordinaires), j’ai peu goûté Hop-Frog malgré une fin dotée d’une narration graphique assez tonique (Nouvelles histoires extraordinaires), enfin, j’ai été ébahi par le graphisme de la dernière adaptation, Le cœur révélateur (Nouvelles histoires extraordinaires). Cela fait un peu catalogue, mais que voulez-vous, Poe a écrit des nouvelles et donc même les adaptations sont souvent des recueils…


Du très bon travail qui devrait en réconcilier plus d’un avec cet auteur étonnant du dix-neuvième siècle traduit avec talent et romantisme par notre Charles Baudelaire national. Une fois encore, la bande dessinée, quand elle est exécutée par des grands artistes comme Horacio Lalia, montre qu’elle peut s’attaquer à tout y compris les grands classiques de la littérature mondiale…

 

Alors, il faut quand même dire un mot sur l’illustration en noir et blanc qui fait parfois fuir le lecteur rassuré par les couleurs… Bon, en même temps, on ne lit pas du Poe pour être rassuré ! Mais prenons le temps de lire ces illustrations sans a priori. Le noir et blanc est parfait pour ce type d’histoires, c’est expressif, c’est fort, c’est terrible (au sens propre du mot d’ailleurs) et après il vous arrivera peut-être même de regretter certaines mises en couleurs de bédés. C’est ce qui m’est arrivé quand j’ai découvert certains dessins de Richard Corben, grand maître de la bédé américaine, grand adaptateur d’Edgar Poe, à Angoulême à l’occasion d’une magnifique exposition : ces dessins en noir et blanc étaient d’une force incroyable alors que, mis en couleurs, ils perdaient en intensité… Bien, sûr, ce n’est que mon point de vue !

 

Encore une petit précision, vous n’allez pas pouvoir trouver facilement l’ouvrage, Le chat noir, pourtant de référence… Il vous faudra chercher d’occasion ce petit bijou et, en attendant, vous allez pouvoir découvrir ou redécouvrir ces textes d’Edgar Poe puisque l’été c’est fait pour lire ! Il est encore temps de vous y mettre !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 20 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Edgar Allan Poe en bande dessinée

L’été c’est fait pour lire et, hier, je vous parlais d’un certain Edgar Poe. En fait, je parlais de ses textes traduits par un illustre poète français, Charles Baudelaire… Edgar Poe est entré dans ma vie de façon assez rapide, un peu par hasard et il y est resté jusqu’à aujourd’hui…

 

Mon premier contact est très lointain. Il s’agissait d’un tout petit livre par le format, genre mini livre illustré pour enfant et le titre était mystérieux, du moins pour moi à l’époque : La lettre volée. Ne maitrisant pas trop la lecture, n’aimant pas lire à cette époque, je me construisais une histoire, tant bien que mal, avec les dessins… Le titre, lui, allait me rester en tête…

 

Quelques années plus tard, en classe de troisième, quand la lecture était devenue une activité essentielle, j’organisais une bibliothèque tournante pour la classe. Un des ouvrages était : Les aventures d’Arthur Gordon Pym de Nantucket par Edgar Poe, traduit par Charles Baudelaire… Ce roman, l’unique de Poe, allait immédiatement me séduire. Ce roman est un bijou et ceux qui aiment l’aventure devraient le lire tout de suite, encore plus s’ils aiment la phrase ciselée par Baudelaire… Je lisais tout Poe (ou presque) dans la foulée et me faisais offrir plus tard le Poe dans la collection La Pléiade… Mais Edgar Poe a aussi été magnifiquement adapté en bédé et plus d’une fois…

 

« Il y a quelques années, je me liai intimement avec un M. William Legrand. Il était d’une ancienne famille protestante, et jadis il avait été riche ; mais une série de malheurs l’avait réduit à la misère. Pour éviter l’humiliation de ses désastres, il quitta la Nouvelle-Orléans, la ville de ses aïeux, et établit sa demeure dans l’ile de Sullivan, près de Charleston, dans la Caroline du Sud. »


Oui, se lancer dans une adaptation d’Edgar Poe en bande dessinée est une opération délicate. Ce n’est pas si simple de choisir où l’on pratiquera l’ellipse – forme indispensable pour une telle aventure – et ce qui pourra être développé en image… Il fallait donc pour cette aventure un scénariste doté de talent et d’expérience, ce fut donc Roger Seiter qui s’y colla. Il est, entre autres, le créateur de Fog avec Cyril Bonin, de Dies Irae et Dark avec Max et de HMS avec Johannes Roussel… sans oublier Wild River et Mysteries avec Vincent Wagner… Une grande maitrise donc du scénario au service de Poe qui écrit toujours avec beaucoup d’images dans ses histoires…


Pour les faire passer des mots au graphisme, le choix du dessinateur se posait. Il ne fallait pas un artiste littéral qui n’aurait fait que de l’illustration, l’élu devait savoir participer à la narration avec un dessin qui aurait porté, lui aussi, une part de mystère. Les histoires d’Edgar Poe sont des récits courts qui se situent entre enquêtes policières, fables noires et parenthèses fantastiques… Tout devait se retrouver dans les albums, car il s’agit bien d’un début de série…


« Le Scarabée d’or » est très certainement l’une des histoires de Poe les plus connues et célèbres. Comme « La lettre volée », « Le puits et le pendule » ou « Le portrait ovale ». J’avais déjà lu des adaptations en bande dessinée de « Double assassinat dans la rue Morgue » ou « Le chat noir » mais il manquait le petit plus, le petit grain de folie ou de délire qui aurait permis de plonger directement dans Poe que je considère comme un des grands de la littérature… Cette fois, je crois que nous avons trouvé le duo qui va permettre à toute une génération de lecteurs de comprendre pourquoi Poe est un grand, pourquoi Baudelaire a voulu le traduire en français, pourquoi cet Américain est installé dans nos livres de littérature, en France, aux côtés des plus grands du dix-neuvième siècle…


Vous pourriez penser que je suis en train de perdre la raison, que j’exagère, que ce n’est que de la bédé, que du fantastique réchauffé avec un peu de couleurs… Alors, ouvrez cet album, prenez le chemin de la Nouvelle Orléans, puis, plus risqué, celui des bayous…


Le dessin sombre et fascinant de Jean-Louis Thouard, un Dijonnais, va vous conduire à une chasse au trésor prenante, délirante et angoissante…Même si vous connaissez déjà la nouvelle, vous allez la redécouvrir avec un nouveau regard, une nouvelle profondeur, des sentiments mitigés et des émotions fortes… Bref, la vie ne sera plus la même après la lecture du « Scarabée d’or » !

D’ailleurs, depuis, j’ai acquis un vaisseau et je navigue sur l’océan des songes…


Voici donc une première adaptation d’Edgar Poe en bande dessinée, trois nouvelles en un seul album,  et comme l’été c’est fait pour lire… à vous de jouer ! Je vous parlerai très vite d’autres adaptations de Poe en BD !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 18 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Petit Poilu

L’été c’est fait pour lire et comme il en faut pour tous les goûts mais aussi pour tous les âges, aujourd’hui ce sera le tour de ceux qui ne savent pas lire mais qui veulent, quand même, être autonomes dans leurs lectures. Oui, les petits veulent parfois lire seuls et la série Petit Poilu permet cela !

 

En effet, Pierre Bailly et Céline Fraipont, auteurs de bandes dessinées et couple dans la vie, ont écrit une bande dessinée, au départ pour leur enfant, sans aucun texte. La narration graphique seule permet de lire l’histoire sans difficulté, chaque case permettant la construction d’une phrase simple… ou complexe d’ailleurs car le dessin est si riche que le lecteur peut raconter beaucoup… Il le fera donc en fonction de son imagination, de son vocabulaire, de ses envies, de son temps disponible… Quand je lis un album de la série Petit Poilu à mes petits enfants cela peut durer parfois plus d’un quart d’heure… Quand on aime, on ne compte pas !

 

 

On ne compte pas ? Figurez-vous que l’éditeur et les auteurs ne comptent pas car il y a déjà 22 albums dans cette collection et, de plus, les albums sont aussi tirés en format plus petit et souple, donc à un prix tout à fait accessible ! Mais, maintenant passons au contenu de ces livres et parlons du tome 15 en particulier…

 

Tout d’abord, pour aider l’enfant à comprendre la série, il s’agit à chaque fois du récit d’une journée de la vie de Petit Poilu. Cela commence de façon rituelle par le réveil, la toilette ; le petit déjeuner, le cartable et le bisou du papa ou de la maman. Ainsi, la première page de tous les albums, 6 cases, permet de se mettre en route pour l’école…

 

Oui, Petit Poilu est écolier mais il est très difficile de lui donner un âge exact. Vu la taille du cartable, on peut imaginer qu’il est en grande section… mais il ne s’agit là que d’un avis personnel. Il va à l’école à pied et seul, comme un grand. On ne sait pas très bien où se trouve l’école car en fait, il n’y arrive que très peu souvent… Car c’est sur le chemin de l’école que notre petit héros va avoir le déclic de la nouvelle aventure… Une rencontre, un coup de vent, du brouillard, une flaque d’eau sur laquelle il se penche… et, hop, l’aventure est là !

 

 

Le moteur de l’aventure, est toujours la curiosité. C’est elle qui va faire connaitre à Petit Poilu une nouvelle expérience, un nouvel aspect de la vie, une émotion… Là, par exemple, dans le tome 15, L’expérience extraordinaire, tout commencera avec un soleil étonnant, digne de nos journées de canicule, avec une chaleur qui pousse doucement Petit Poilu vers le mirage ou quelque chose de ce genre… Il fait si chaud qu’il voit une piscine et plonge dedans !

 

Mais, à partir de ce plongeon initial et refroidissant, Petit Poilu est entrainé dans le laboratoire d’une savante surprenante qui fait des expériences sur des enfants, des garçons et des filles… Figurez-vous qu’elle les saupoudre de farine rose ou bleu pour les obliger à choisir des jeux fille ou garçon… Mais il semblerait que tout ne fonctionne pas très bien et que Petit Poilu préfère tantôt les jeux de garçon, tantôt les jeux de fille…

 

Oui, car il y a bien une morale dans chaque album de la série Petit Poilu, et ici, c’est que les garçons et les filles peuvent jouer aux jeux qui leur font envie sans se soucier de savoir si c’est pour fille ou pour garçon ! Pour rester dans une actualité récente, oui, les petites filles ont le droit de jouer au foot dans la cour de récréation… mais ce n’est pas encore gagné !

 

 

Enfin, Petit Poilu arrivera à se sauver du laboratoire maléfique et la dernière page rituelle sera le retour à la maison après la journée d’école avec ici, bain, repas et coucher… On découvrira en cours d’album un autre rituel quand Petit Poilu a un petit coup de mou, la photo de maman qui est dans le cartable…

 

Un très bel album, une excellente série pour les petits… et leurs parents, familles, accompagnateurs ! Alors, comme l’été c’est fait pour lire

 

(il existe aussi une version en dessin animé)

Imprimer - - par Bonnet Michel - 15 juil 2019





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