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BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !


 

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BD : Etienne Willem à Chalon cette semaine...

Etienne Willem va bientôt venir dédicacer à la librairie L’Antre des bulles de Chalon-sur-Saône et c’est donc l’occasion de découvrir sa nouvelle série publiée par Bamboo sous le label Grand Angle… La fille de l’exposition universelle, c’est son nom, comporte déjà deux volumes…

 

Qu’est-ce qu’une exposition universelle ? Personne ne peut donner une définition exacte car le concept est assez complexe. Ce qui est certain, par contre, c’est que la France s’était lancée en 1798 dans une série de foires nationales ayant pour objet de réunir dans un même lieu les différentes productions industrielles et artisanales du pays. Il y eut ainsi onze Expositions Nationales des produits de l'industrie agricole et manufacturière. La dernière eut lieu en 1849 et c’est en la visitant qu’Henry Cole eut l’idée de faire une manifestation de même nature mais en invitant le monde entier à participer. Ce fut donc l’exposition universelle de Londres en 1851 ! Les chiffres furent éloquents : plus de six millions de visiteurs, presque 200 000 livres de bénéfice ! A cette occasion, le monde put admirer la grande vitrine de l’Empire britannique. C’est en s’appuyant sur cet exemple que Napoléon III eut l’envie d’avoir, lui-aussi, « son » exposition universelle… Ce sera l’exposition universelle de 1855 à Paris !

 

L’idée du scénariste Jack Manini et du dessinateur Etienne Willem est de nous raconter les expositions universelles françaises, de 1855 à 1937 à travers un personnage, Julie Petit Clou. Cette dernière n’est pas tout à fait une femme comme les autres puisqu’elle ressent profondément l’avenir tragique et cela va permettre à la série de naviguer entre document historique – oui les expositions universelles ont bien existé – et aventures policières et fantastiques… Chaque album est un one shot ce qui permet de les lire sans avoir besoin de tous les lire… Par contre le personnage de Julie va vieillir au fur et à mesure de l’avancée de la série…

 

 

Dans chaque album, il y a une histoire policière, une enquête et beaucoup de mystère. Ce dernier est généralement éclairci par Julie, certes grâce à ses donc mais, surtout, parce qu’elle est volontaire et persévérante.

 

Le ton de l’histoire est léger, plein d’humour et parfois même on peut avoir le sentiment d’un côté déjanté qui me convient parfaitement. Autant dire que les passionnés d’histoires rigoureuses, sérieuses et rationnelles risquent d’être un peu déstabilisés tandis que les autres vont se régaler…

 

La qualité du dessin d’Etienne Willem permet une narration graphique efficace, agréable, lisible par tous. Le trait est fin, les visages expressifs, les personnages historiques et les monuments identifiables ce qui assure un beau voyage dans le Paris de ces différentes expositions universelles. Certains ont pu reprocher à Willem de ne pas être assez précis dans son architecture mais je rappelle que cette bande dessinée est aussi une aventure, une fiction et non un ouvrage documentaire sur les expositions universelles… C’est plus une visite romancée et fantasmée… et diablement sympathique !

 

Comme Etienne sera là le 20 juin de 15h à 19h, c’est l’occasion de découvrir cette belle série, de rencontrer le dessinateur, de s’entretenir avec lui et de repartir, cerise sur le gâteau ou cadeau artistique, avec une magnifique dédicace…

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 18 juin 2019

BD : Toujours la Lune... Lune rouge

Je suis un lecteur de la série Lefranc presque depuis ses débuts. En effet, la série a été créée par Jacques Martin en 1952 dans le Journal de Tintin avec un premier épisode fantastique et qui rencontra le succès dès le départ… Je n’ai lu cet album que vers 1965 mais j’ai aimé tout de suite et depuis je suis très fidèle à cette série et ce personnage. Même après la mort de Gilles Chaillet (dessinateur de Les portes de l’Enfer et jusqu’à Le vol du Spirit) puis celle de Jacques Martin (2010), j’ai continué à lire même quand certains se plaignaient de la qualité des reprises… Aussi, à chaque sortie je suis là…

 

Tout d’abord parce que j’aime le personnage central, Guy Lefranc, journaliste au Globe (une sorte de « Le Monde » mais dans l’univers de la bédé) et que je trouve qu’Axel Borg est un « méchant » à la hauteur du héros… C'est-à-dire que parfois, on lui trouverait presque quelques qualités, quelques attraits…

 

J’aime aussi parce que cela me ramène à mon adolescence… Oh, ce n’est pas la seule bande dessinée qui a cet effet sur moi, mais elle en fait bien partie… Ma madeleine de Proust, du moins dans les livres, c’est quand même une grande bibliothèque dans laquelle il y a des romans, des essais, des livres jeunesse et des bandes dessinées… C’est ainsi, on ne se refait pas à plus de soixante ans !

 

Cette histoire, Lune rouge, commence à la fin des années cinquante en pleine conquête de l’espace, que dis-je, en pleine guerre entre Américains et Soviétiques. Qui sera le premier à envoyer une fusée habitée sur la Lune… C’est plutôt d’actualité au moment où on s’apprête à célébrer l’anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune…

 

Ici, dans cet épisode des aventures de Lefranc, on n’en est pas encore là. Il s’agit pour le journaliste d’aller interviewer le savant Lukas Eugen Messmer… seulement, il est enlevé juste avant par… Axel Borg, bien sûr !

 

Guy Lefranc est alors embarqué dans une opération de récupération du savant par la CIA… Direction l’Asie… Bref, la grande aventure ! Tout cela est passionnant, peut-être pas toujours très réaliste mais qu’importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse de l’aventure !

 

Le dessin de Christophe Alvès reste fidèle à la tradition de Martin même si, d’album en album (je crois qu’il signe là son troisième opus), on trouve sa marque personnelle qui s’installe. Il ne fait plus du Martin, mais du à la manière de Martin par Alvès. Je trouve cela très sympathique, plus vivant, plus dynamique…

 

La grande page de la découverte de la fusée sur son pas de tir m’a semblé être une sorte d’hommage à Hergé et sa fusée dans Objectif Lune… Normal, car comment ne pas penser à cette histoire de Tintin et ses amis quand on raconte la conquête de la Lune par l’homme… Tintin fut bien le premier à fouler le sol de ce satellite de la Terre… Non ?

 

François Corteggiani maitrise son scénario, s’est parfaitement glissé dans le moule du scénariste Jacques Martin et, franchement, on en redemande !

 

J’entends bien que tous les lecteurs ne sont pas satisfaits, mais quand il s’agit de Lefranc, je ne suis pas entièrement objectif et j’assume… C’est ainsi, faute avouée et à moitié pardonnée, non ?

 

Donc, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 juin 2019

Lyon BD 2019... Il fallait y aller !!!

Dans l'inconscient collectif, la bande dessinée est vue comme un livre de basse qualité pour enfants. Un peu cliché, certes, mais on entend encore souvent cela…


Il suffisait pourtant de constater la diversité des profils samedi dernier à Lyon BD pour comprendre la sottise de cette déclaration. Car non, le neuvième art ne se résume nullement à des productions que les plus prétentieux pourraient affirmer comme étant des recueils d'histoires prenant les adultes de demain pour des idiots, ou les menant à en devenir.


D'autant plus ce n'est pas un hobby qui date d'hier. Ce sont ces mêmes personnes qui ont connu, lu et apprécié Tintin, Spirou, Astérix, Lucky Luke ou Thorgal, pour ne citer que quelques uns de ces héros de papier. Les auteurs ou ces rabats joie les ont croisés… Et les chiens ne font pas encore des chats.


Bien sûr, chaque art connaît ses chefs d’œuvres, tout comme ses titres qui ne font pas l'unanimité.
Mais la bande dessinée, ce n'est pas forcément que de la fiction…

Elle peut être une autobiographie !
Elle peut être engagée, dénoncer, sensibiliser, éduquer !
Elle peut raconter une histoire humaine véritable et profonde !
Elle peut être un mélange, ou tout cela à la fois !



Nombreux étaient les auteurs (et autrices!) présents pour cette quatorzième édition de Lyon BD, qui s'est tenue à l'Hôtel de Ville ainsi qu'au Palais de la Bourse. Un cadre magique qui a transporté les plusieurs dizaines de milliers de visiteurs au XIXème siècle.



Il n'y avait cependant pas que des auteurs. On comptait également quelques maisons d'éditions et quelques écoles avec leur propre stand, dont celui d'Emile Cohl, ou une dizaine d'étudiants y exposaient leur talent n'attendant qu'à être révélé.



Cette édition de Lyon BD était d'ailleurs placée sous le signe de la mise en valeur des héroïnes jeunesse, proposant notamment, dans une salle d'activités à part, un tableau d'affichage pour les dessins d'héroïnes que les enfants (et pas que…) créaient sur place. Ces derniers étaient, par ailleurs, entourés de panneaux présentant les diverses protagonistes féminines dans le secteur de la bande dessinée pour les plus jeunes. On voyait là Aliénor, Zita, Astrid Bromure…


On ne doute pas une seconde que, parmi ces petits lecteurs et dessinateurs, se cachent les grands noms de la BD de demain. De même, une chose est sûre, le succès de Lyon BD ne va pas s'arrêter là...

 
Imprimer - - par Harmony, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 13 juin 2019

Un petit tour sur la Lune...

La conquête spatiale, celle de la Lune en particulier, est là pour nous faire rêver. Je ne dis pas qu’il n’y a rien de scientifique derrière tout cela, mais pour le grand public, c’est bien avant tout une épopée mythique, onirique et poétique… Cette année, on va fêter les cinquante ans des premiers pas de l’homme sur la Lune. Je ne sais pas réellement si ce fut un grand pas pour l’humanité mais un grand rêve certainement… Il suffit pour s’en convaincre de prendre le temps d’entendre ceux qui ont vécu cela en direct… à travers la télévision qui commençait à devenir le révélateur instantané de la vie humaine… Pour les plus jeunes, imaginez un peu si celui qui arrivait sur la planète Mars dans quelques années vous envoyait un tweet…

 

Cette Lune a d’ailleurs toujours fait rêver et quand j’étais petit je chantais Au clair de la Lune avec une attention presque mystique sans d’ailleurs comprendre les paroles si ce n’est que dès le départ, on était bien sous une sorte de protection lunaire… Le clair de Lune était aussi pour les romantiques, les amoureux, les chanteurs… Alors, puisqu’il en est ainsi, osons jouer encore plus…

 

Avec la série Jour J, dès le départ, c'est-à-dire dès le premier opus (et on en est aujourd’hui au tome 37), Jean-Pierre Pécau et Fred Duval, deux grands scénaristes de bédés, ont voulu explorer grâce à l’uchronie, cette conquête de la Lune… Et si les Russes étaient arrivés avant les Américains sur le satellite de la terre… Alors, bien sûr, cette science uchronique pose beaucoup de question… Est-elle utile ? N’est-elle pas dangereuse ? A quoi cela peut-il bien servir de jouer avec l’histoire ?

 

Les historiens savent bien que l’uchronie est précieuse car elle permet de mieux comprendre certains évènements, certains personnages, certains moments clefs de l’histoire. Ils savent aussi qu’elle est risquée car pour celui qui n’a pas les bonnes bases de savoir au départ, l’uchronie peut perturber les repères et déstabiliser le lecteur… Voilà pourquoi je suis très assidu et fan de lectures uchroniques tout en ne les conseillant pas à tous les lecteurs… Donc, nous allons parler de la conquête de la Lune mais précisons bien qu’il s’agit d’une uchronie non du rétablissement de la vérité après une éventuelle conspiration politique…

 

Donc, les Américains (je vous laisse découvrir pourquoi) n’ont donc pas été les premiers sur la Lune et ce sont les Russes – que dis-je les Soviétiques – qui ont réussi le premier alunissage… Les Américains finiront bien par y arriver et Américains et Russes continuent leur guerre froide sur la Lune… Bon, ce n’est peut-être pas aussi simple que cela mais je vous laisse quelques surprises de lecture…

 

J’ai beaucoup aimé car cela fait réfléchir aussi à la réalité de la Guerre froide, à la nature humaine, à l’utilité de la conquête spatiale et à la façon dont on nous raconte tout cela depuis des décennies…

 

On dit que la conquête de la Lune est repartie, que l’enjeu est de s’y poser, d’y installer une base, de pouvoir en partir pour la Lune… Finalement, une fois de plus, la bande dessinée est juste un peu en avance sur la réalité… Non ?

 

En tous cas, belle occasion de se payer un petit voyage sur la Lune à l’occasion de cet anniversaire et de mesurer si cela donne tant envie d’y rester quelques années… Car ne rêvons pas, la Lune de nos chansons et poésies semble beaucoup plus attrayante que celle d’une base spatiale longue durée… Enfin, à vous de choisir !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 juin 2019

BD : Gilles de Rais... du mythe à la réalité !

Gilles de Rais est un personnage de notre histoire même si dans la plus part des cas nous ne savons pas grand-chose de sa vie, de ses actions, de sa mort… Pour certains, probablement les plus nombreux, Gilles de Rais est un criminel qui a inspiré le personnage de fiction « Barbe-Bleue ». On ne sait pas exactement ce qui lui était reproché mais généralement on a en tête des meurtres d’enfants, de la pédophilie et un peu d’alchimie… Pour d’autres, Gilles de Rais est compagnon d’armes de Jeanne d’Arc et là encore c’est assez vague car peu savent ce que furent ces quelques mois de campagnes militaires (d’avril 1429 à mai 1430, date de sa prise par les Bourguignons)… Enfin, ils existent bien mais sont peu nombreux, il y a ceux qui savent que Gilles de Rais était Maréchal de France, acteur de la seconde moitié de la guerre de Cent Ans… et il est mort à l’âge de 35 ans !

 

Le personnage de Gilles de Rais est apparu dans la série BD Jhen de Jacques Martin (scénario) et Jean Pleyers (dessin). Jhen est d’ailleurs le seul véritable ami de Gilles, le seul à lui dire ses quatre vérités avec honnêteté… une amitié qui n’empêchera pas ni la folie ni la condamnation à mort…

 

Jacques Martin aurait aimé poursuivre cette série jusqu’au procès de Gilles de Rais à Nantes mais il est mort en 2010 quand la série n’en était pas encore à ce stade. C’est en 2019 que cet album est arrivé avec le dessin de Jean Pleyers et le scénario de Néjib. Le duo fonctionne très bien et l’album est très bien réalisé, probablement un de ceux dont on se souviendra…

 

On découvre dans cette histoire que le crime majeur de Gilles de Rais aux yeux de l’évêque de Nantes, est plus du côté de l’hérésie et du satanisme que du côté des meurtres d’enfants… On voit aussi comment un de ceux qui a participé à sauver le royaume quelques années plutôt est tout simplement abandonné de tous… sans que l’on sache avec précision la réalité des meurtres qui lui sont reprochés… J’ai lu cet album avec un véritable plaisir car il est remarquablement bien construit, solide avec des textes ciselés au millimètre… Gilles de Rais n’est pas magnifié, il est montré comme un pauvre homme abandonné à sa misère, à ses crimes… et seul son ami Jhen ose encore le visiter…

 

A peine avais-je terminé la lecture de ce Procès de Gilles de Rais que je tombais sur un autre album dans la collection L’homme de l’année, 1440. Le concept de cette série constituée d’one-shot est de proposer de regarder une année avec un fait majeur en se concentrant sur un personnage principal acteur de ce fait à sa façon… Par exemple, le 26 octobre 1440, Gilles de Rais est exécuté à Nantes… Le scénariste de l’album, Jean-Pierre Pécau, se concentre sur le chevalier Gwen de l’Hôpital choisi par l’évêque de Nantes, Jean de Malestroit, pour faire tomber Gilles de Rais…

 

Là encore, le scénariste est très inspiré et la construction est parfaite. Le lecteur se régale, suis pas à pas les derniers instants de liberté de Gilles de Rais, son arrestation, son procès et sa condamnation… et son exécution ! Le dessin de Lajos Farkas est adapté, concis, agréable ce qui offre une narration graphique limpide et paisible, beaucoup plus claire que l’âme tourmentée de Gilles de Rais. Les couleurs remarquables de Jean-Paul Fernandez, elles, apportent le côté sombre du personnage avec des scènes presque anthologiques d’actions nocturnes… Oui, indiscutablement cet album est sombre comme l’humanité de Gilles de Rais…

 

Ces deux albums montrent que l’on peut tout raconter en bande dessinée, y compris le plus noir de l’âme humaine. Alors, bien sûr, j’entends bien que ces deux albums ne sont pas à donner à lire aux jeunes enfants mais pour le reste, il s’agit bien là de deux lectures de qualité qui sauront satisfaire de nombreux lecteurs… Quant à ceux qui veulent savoir en quoi ces deux albums respectent la vérité historique, pourquoi ne pas prolonger vos lectures avec le Gilles de Rais de Jacques de Heers…

Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 juin 2019

Un artiste et un ouvrage à découvrir... Lyon BD 2019

Cédric Taling est un artiste. Il ne faut pas vouloir toujours classer les artistes dans des cases : bandes dessinées, peinture, art contemporain, manga, animation… La raison est simple : d’une part c’est restrictif et d’autre part on peut très bien toucher à tout comme Cédric Taling qui était à Lyon BD 2019 pour son ouvrage Thoreau et moi, aux Editions Rue de l’échiquier.

 

Cédric Taling est conscient de l’urgence climatique, attaché à la nature et Thoreau fut poète, naturaliste, écologiste, économiste de la décroissance, humaniste militant contre l’esclavagisme et le racisme… Bref, ce fut un touche-à-tout bien sympathique qui ne peut qu’inspirer aujourd’hui…

 

Cédric ne nous livre pas ici une biographie mais un ouvrage hybride à la fois adaptation libre d’un ouvrage de Thoreau et réflexion philosophique d’un homme qui se cherche aujourd’hui ou, plus exactement, qui cherche comment vivre en conscience dans un monde fou et angoissant…

 

Bref, un auteur hors normes pour un ouvrage atypique et une rencontre surprenante…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 juin 2019

BD : L'entretien digne d'un film d'épouvante...

Samedi 8 juin, je suis allé travailler sur le festival Lyon BD 2019. En quelques années, cette manifestation devient un lieu de qualité artistique et humaine reconnue et qui mérite toute notre attention… Cette année, je suis venu avec Harmony, stagiaire avec moi depuis quelques semaines. C’était l’occasion pour elle de réaliser quelques interviews pour la radio, de faire des photos, d’écrire au moins un ou deux articles sur des thèmes libres…

 

Dans son choix d’auteurs, il y avait un certain Fabien Vehlmann qu’elle avait choisi après avoir lu la série Seuls et découvert plus récemment L’herbier sauvage. Bien sûr, deux ouvrages complètement différents, d’un côté on parle de la mort aux enfants, de l’autre de la sexualité aux adultes… Mais, dès le début de l’entretien ou presque, Fabien explique à Harmony que les ouvrages ont quelque chose en commun : la mort et la sexualité sont des tabous, des sujets graves dont on ne parle pas souvent, que l’on ne peut pas aborder en société… L’auteur dit à chaque fois la même chose, aux enfants comme aux adultes : face à ces sujets, vous n’êtes pas Seuls !

 

Mais je ne suis pas venu pour vous parler du contenu de l’entretien, Harmony le fera le moment venu car elle était bien aux premières loges de cette interview… Par contre, j’étais spectateur et j’ai pu mesurer que ma stagiaire s’est trouvée prise dans un engrenage terrible… Ce fut l’interview infernale, celle que beaucoup auraient complètement ratée et j’admire le sang froid d’Harmony qui est restée calme et sereine malgré la tempête… Alors, que lui est-il arrivé ?

 

Tout d’abord, elle fut lâchée par son tuteur retenu avec une autrice et elle s’est retrouvée seule en salle de presse à attendre un auteur qu’elle n’avait jamais rencontré… Presque vingt minutes d’attente car Fabien était en retard… Pas trop grave car cela me permettait d’arriver avant la rencontre… Mais les aiguilles tournaient, le temps passait, Fabien n’était pas encore là tandis que l’on commençait à comprendre que la salle de presse allait fermer, le salon aussi… Fabien arrive juste deux minutes avant la fermeture de la salle de presse et on décale l’entretien en cour d’honneur de l’Hôtel de ville de Lyon… Une table, deux chaises et c’est parti !

 

Harmony, très calme, impassible, concentrée, commence son entretien… Au bout que quelques minutes, on sent que la cour va être fermée, on vient dire à Harmony et Fabien qu’il faudra sortir… Les questions continuent d’arriver, les réponses aussi… L’entretien a bien commencé, tout se passe bien et Harmony semble insensible au mouvement de foule qui progressivement vide la cour…

 

Un personnel de la sécurité devient plus insistant et il faut sortir… En pleine interview ! Qu’à cela ne tienne, Fabien s’empare du micro et continue à répondre à Harmony tandis que les deux se dirigent vers la sortie de l’Hôtel de ville de Lyon… Notre duo échoue face à l’Opéra, accoudé à une barrière de sécurité, et l’entretien continue… Show must go on !

 

Harmony ne dévie pas d’un pouce, elle a construit son entretien et ira jusqu’au bout, fidèle à son plan, courageusement avec opiniâtreté ! J’ai oublié de préciser que durant le déplacement vers la place de l’Opéra, elle a eu le privilège d’être interrompue par le carillon de l’Hôtel de ville heureux de nous signaler qu’il était 19h… Oui, quand ça commence à vriller, il vaut mieux aller jusqu’au bout, boire le calice jusqu’à la lie…

 

Je ne sais pas ce que donnera l’interview en qualité de son pour la radio, mais, Harmony, tu as gagné mon respect : on ne peut pas être plus professionnel que cela ! Bravo !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 juin 2019

BD: L'Odyssée d'Hakim continue...

A tous ceux qui croient avec certitude avoir compris ce qu’était un migrant, à tous ceux qui pensent qu’il suffirait de … pour tout arranger, Fabien Toulmé vous propose d’aller à la rencontre d’un migrant… Attention, on ne revient probablement pas indemne d’une telle rencontre… une telle lecture !

 

Hakim est un migrant d’origine syrienne, un vrai même si certains éléments ont été modifiés pour respecter sa vie et celle de sa famille, et Fabien Toulmé l’a rencontré pour faire une sorte de « petit » reportage en bédé… Le « petit » est devenu plus important et Fabien Toulmé s’est lancé dans une odyssée en trois volumes, le second, De la Turquie à la Grèce vient de sortir en librairie…

 

L’Odyssée d’Hakim est un ouvrage sidérant car finalement aucun être au monde ne souhaiterait vivre une telle aventure… Tout y est inhumain et pourtant si profondément humain… Inhumain car personne ne souhaite quitter chez lui, abandonner son entreprise, quitter sa maison, son quartier, son pays… Personne ne peut accepter de vivre dans le désarroi et la précarité, dans l’angoisse, dans la violence… Qui accepterait à froid d’être à la merci des profiteurs, des policiers corrompus étrangers, des passeurs sans foi ni loi ? Qui ?

 

Mais histoire profondément humaine avec la force des liens familiaux, la solidarité entre les perdus de ce monde, l’amour, la fidélité, la vie, l’enfant qui arrive…

 

Cet ouvrage est bouleversant, émouvant, fort, simple, pédagogique et journalistique… Il est impératif de le lire, indispensable pour garder un regard citoyen, humain, universel… Le fait que ce soit une bande dessinée permet un accès encore plus large alors n’hésitez pas à le faire lire, l’offrir, le mettre à disposition de ceux qui en ont besoin pour comprendre…

 

Fabien Toulmé ne prétend pas expliquer tous les destins de migrants, il nous en livre un, celui d’Hakim et sa famille… Et c’est déjà beaucoup pour humaniser ce diabolique phénomène… Parfois, l’auteur laisse sa fille nous donner un éclairage  et c’est ainsi que l’on peut finalement le mieux mettre des mots simples sur des réalités…

 

« Je n’aimerais pas devoir vous quitter pour aller dans un autre pays… »

 

 

Quant à moi c’est avec beaucoup de plaisir que je vais rencontrer Fabien Toulmé à Lyon BD dans quelques heures…

 
 
 
 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 8 juin 2019

BD (suite) : Gibrat sait aussi être scénariste...

Il y a très longtemps, j’ai lu une histoire en bande dessinée qui m’a secoué profondément, c’était une des première fois que je sortais des grands classiques. Il s’agissait d’ « Avel », dessin de Durieux et scénario de Dufaux, excusez du peu. En février 1996, j’avais la chance de rencontrer les deux auteurs, mais depuis je n’avais pas suivi spécifiquement le travail de ce dessinateur que pourtant j’avais trouvé remarquable : une narration graphique efficace et esthétique comme il n’y en a pas tant que cela dans l’univers de la bande dessinée. D’où une joie bien réelle quand j’ai en en main cette histoire, « Les gens honnêtes », deux volumes scénarisés par Jean-Pierre Gibrat… Oui, Jean-Pierre Gibrat n’est pas qu’un dessinateur…

 

Même si cette histoire n’est pas récente, j’avais envie d’en reparler au moment de l’exposition consacrée à Jean-Pierre Gibrat chez Daniel Maghem…


C’est l’histoire d’un homme ordinaire, Philippe. Il fête ses 53 ans et il semble respirer le bonheur. Sauf que le ciel va s’abattre sur lui d’un seul coup ! Il perd son emploi, tout simplement. Son entreprise délocalise, plus de travail, plus de salaire, pas d’indemnités, pas de retraites… le patron voyou ne déclarait rien. Dans notre monde, on passe ainsi du soleil à la nuit total, du chaud au froid, de la famille tranquille à la solitude dans la rue, de l’équilibre à l’alcoolisme dégradant et glauque…

Philippe se retrouve homme seul et abandonné. Il boit pour oublier, pour ne pas avoir à penser à tout ce qui se referme comme un piège diabolique sur sa pauvre vie qui lui donnait satisfaction jusqu’alors. Une femme partie, des enfants avec qui il ne peut plus parler, des amis qui le méprisent…

Heureusement, certains restent fidèles. D’abord, il y a Fabrice qui courageusement va le premier poser des jalons de reconstruction. Puis quand sa fille lui annonce qu’il va devenir grand-père – enfin surtout quand il le comprend – une seconde étape est franchie. Il doit se reprendre pour être digne. Puis il se remet au travail, petits boulots, puis le diabolique sous-emploi au black…

Alors, le destin change, tout le monde donne son petit coup de main à commencer par l’ami médecin qui aide à faire entrer quelques indemnités financières qui viennent, sinon moralement, du moins sur le compte en banque, compenser le manque d’aide au moment du licenciement.

On sent que Philippe est train de se remettre en route mais que tout n’est pas réglé. La remise en route, sera plus longue, mais l’album se referme avec une note d’espoir et on attend la suite avec impatience.

Bonne maîtrise de l’histoire par Jean-Pierre Gibrat, plus sous la forme d’un conte contemporain que d’un reportage social. Un dessin efficace, clair et précis, du Durieux pur et dur qui m’a réjoui le cœur et les yeux !

 

J’ai eu le plaisir de rencontrer Durieux à Angoulême après la sortie du toma 2 et, depuis, la série complète compte quatre albums… Que du bonheur !!!

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mai 2019

BD : Jean-Pierre Gibrat, vous connaissez ?

Attention, cet ouvrage n’est pas une bande dessinée mais une rencontre avec un auteur remarquable de la bande dessinée contemporaine, Jean-Pierre Gibrat ! Voilà, c’est dit, on peut donc passer au plus important, le contenu de ce magnifique livre grand-format…

 

Il s’agit d’un très grand entretien mené par Rebecca Manzoni, journaliste, qui permet à cet auteur, Jean-Pierre Gibrat, de se livrer en profondeur avec délicatesse et humanité… On lit cela avec plaisir, bonheur comme si c’était un roman, mieux, comme s’il s’agissait d’une grande aventure humaine…

 

Le livre, réalisé par l’éditeur Daniel Maghem, est de toute beauté et cet entretien est illustré par des dessins en grand format… C’est finalement une immersion complète dans l’œuvre du dessinateur… De toute beauté !

 

Attention, si vous aimez Jean-Pierre Gibrat et que vous n’avez pas envie d’avoir un livre de plus dans votre bibliothèque déjà surchargée et ne pouvant accueillir un grand format, n’allez surtout pas l’ouvrir dans une librairie car vous n’arriverez pas le reposer…

 

Pour ceux qui passent par Paris, vous pouvez aussi allez voir l’exposition que Daniel Maghem consacre à Gibrat dans sa gallerie…

 

Pour les autres, bonne lecture car c’est passionnant !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mai 2019

Direction l'Eden... en compagnie de Carole Maurel !

Depuis qu’elle s’est mise à faire de la bande dessinée, j’ai été séduit par le travail de Carole Maurel. Chaque fois que j’ai pu, je l’ai interviewée, je l’ai écoutée et j’ai pris plaisir à comprendre sa narration graphique en profondeur. J’ai même réussi quelques fois à la confier à mes étudiants pour qu’ils aient la possibilité de rencontrer une autrice de qualité, une dessinatrice d’une efficacité remarquable et une personne très sympathique… Oui, pour moi, Carole fait partie de ces personnes qui illuminent et ensoleillent un salon BD…

 

Depuis quelques années, ses livres sont des moments de lectures fascinants : L’apocalypse selon Magda, Luisa Ici et là, Ecumes, Collaboration horizontale, En attendant Bojangles, Eden… Je me souviens même du premier album que j’ai lu, Comme chez toi, aux éditions KSTR… Mais, comme c’est étonnant de voir qu’en si peu de temps elle a acquis maturité, style, expérience… Oui, pour moi, sans aucun doute, Carole Maurel est une grande dessinatrice de bédés et une autrice à part entière !

 

Ce qui est fascinant c’est de voir qu’elle est capable de prendre une histoire qui n’est pas la sienne et de la faire vivre comme si c’était la sienne. Elle s’efface, elle se fond, elle s’intègre dans le travail des autres et le transforme pour en faire l’histoire absolue… Par exemple, je ne vais pas redire tout le bien que je pense de d’un ouvrage comme Ecumes, scénario d’Ingrid Chabbert, qui est une histoire autobiographique et très intime, Carole Maurel a eu à la fois deux sentiments immédiats : cette histoire était pour elle et ce serait probablement difficile de mettre des dessins adaptés sur une telle histoire !

 

En effet, le deuil est une affaire très personnelle et ce n’était pas le sien… Heureusement, grâce au texte d’Ingrid et à la confiance qu’elle va accorder à Carole, les images vont arriver pour rendre universelle cette reconstruction après le drame… Du coup, presque tous les lecteurs sont concernés et peuvent s’identifier à la maman qui tente de surnager dans les écumes bouillonnantes des flots terribles de la mort...

 

Pour son dernier travail, les deux tomes d’Eden, une belle histoire de science-fiction post apocalyptique de Fabrice Colin, elle a fonctionné de la même façon. Dès le départ, on est pris par un rythme, un style, une ambiance graphique. La patte de Carole Maurel agit instantanément… On ne peut pas lui échapper…

 

On est dans une ville américaine, San Francisco, quelques années après une apocalypse destructrice. La société s’est réorganisée et il y a comme des castes. Tout en bas, on rêve d’accéder aux hauteurs plaisantes… Heureusement, on peut le faire, mais c’est un incroyable concours que prépare avec beaucoup de concentration le jeune Jonas… Il faut dire que sa sœur Helix est déjà dans l’Eden car elle a réussi le concours…

 

Je ne vais pas vous offrir toutes les clefs de cette histoire très bien construite que j’ai lue avec beaucoup de plaisir. Certes, on va y retrouver quelques piliers de telles aventures comme : « on ne peut pas faire le bonheur des gens contre eux-mêmes », « les livres sont la véritable mémoire de l’humanité » et « on doit changer la monde par la révolte »…

 

Oui, sur le fond, ce n’est pas d’une nouveauté sidérante, c’est juste très profond, très humain, très bien raconté et dessiné et donc le lecteur pénètre avec délectation dans ce conte moderne et se demande comment tout va évoluer… La question est d’abord liée à l’univers d’Eden mais très rapidement il se concentre sur son propre monde car finalement la société d’Eden est certainement extrême mais peut-être pas si éloignée de celle de notre planète aujourd’hui… Allez savoir !

 

Il me semble, mais je peux me tromper que c’est la première fois que Carole Maurel travaille avec un homme comme scénariste. Pourtant, pour le lecteur, il ne semble pas qu’il ait de changement. Elle s’est approprié l’histoire, c’est bien devenu un peu la sienne et ça fonctionne… Généralement, par le passé, les scénaristes devenaient ses amies – Chloé, Ingrid, Navie pour ne pas les nommer – et j’espère qu’il en sera de même pour Fabrice car cela donne toujours une chaleur humaine à cet univers de la bédé…

 

J’ai hâte de rencontrer Carole Maurel pour cet Eden en espérant que l’entretien soit une véritable pause paradisiaque ce dont je ne doute pas un instant… Avec Carole Maurel, la discussion se prolonge toujours et on se croirait presque à ses côtés dans l’atelier avec des planches devant elle… Tout devient limpide, tout s’explique, tout semble si simple…

 

Bonne lecture à tous et rendez-vous dans cet Eden !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mai 2019

BD : Encore un petit verre de ce nectar d'Orient ?

J’ai déjà dit ma prudence devant l’avalanche de bandes dessinées qui nous parlent du vin, qui vantent ce nectar des dieux, qui chantent les louanges des terroirs sans oublier la mise en valeur du travail de ceux qui permettent à ces boissons sans égal de se glisser dans nos verres, du moins avec modération ! Seulement, voilà, devant la quantité d’histoires, poussé par ma passion de la vigne – on n’habite pas la Bourgogne depuis plus de vingt ans en restant indifférent au vin – et mon devoir professionnel de lecture, il m’arrive quand même de trouver de bons albums…

 

 

Quand la collection Vinifera a commencé, quand j’ai vu que c’était Eric Corbeyran le scénariste, je me suis dit que cela valait le coup d’en commencer la lecture mais je n’étais pas certain de poursuivre avec tous les albums. En effet, raconter la grande histoire du vin du départ jusqu’à nos jours, cela pouvait être un peu long et, peut-être même, lassant si le scénariste se contentait de nous proposer une petite histoire policière à chaque fois… Certes, le scénariste maitrise le genre, néanmoins, saurait-il varier assez pour ne pas user le lecteur ?

 

Une autre question me lancinait le cerveau… La grande histoire de la vigne et du vin… mais c’était une aventure gigantesque ! Comment allait-il faire pour aborder autant de vignobles et de vins… car sur la Terre, depuis l’arrivée de l’humanité, le vin existe presque partout ! Avec le dernier album, Les vins d’Orient, une partie de la réponse arrive…

 

En effet, d’une part il ne s’agit pas d’un polar et d’autre part on abordera plus d’un vin, plus d’un vignoble… En effet, le scénariste propose cette fois-ci une épopée commerciale et une petite aventure d’amour… Deuxième changement, on ne parlera pas d’un vin mais de plusieurs, le roi de Babylone ayant demandé à un des marchands de la ville de lui trouver le meilleur vin du monde, un vin à la hauteur de sa puissance !

 

Nous allons donc arpenter les terres antiques en compagnie de cet explorateur vinicole et œnologique à la recherche du nectar absolu. Pendant ce temps, Abban, le fils d’un viticulteur, lui, est à la recherche de celui qui pourra lui permettre de réaliser ce qu’il a promis à son père mourant : faire boire son vin à une tête couronnée !

 

Bon, il n’est pas question de vous dire s’il y arrivera ni de vous parler de ce nectar que je n’ai pas goûté. Ce qui est certain, par contre, c’est que l’album se lit avec plaisir, sans difficulté particulière, qu’un bon verre de vin d’Orient n’est pas inutile de façon à percevoir au fond du verre ces goûts si spécifiques que l’on retrouve en particulier au Liban… et enfin, que le scénariste Eric Corbeyran démontre qu’il est tout a fait capable de raconter le vin et les vignobles sans polar, crime et autre enquête !

 

Alors, ce constat pose quand même un problème majeur : faudra-t-il maintenant lire tous les albums de cette collection Vinifera ? Non, laissez-vous aller en fonction de vos choix, de vos goûts, du contenu de votre cave… Par exemple, le prochain sur ma liste est Le vin des papes et je crois avoir – enfin j’en suis certain – un bon petit Chateauneuf-du-Pape dans ma cave… Voilà une lecture qui s’annonce plaisante…

 

Donc bonne lecture et bonne dégustation, avec modération, de cette collection Vinifera… A bientôt !  

Imprimer - - par Bonnet Michel - 28 mai 2019

BD : Un nouveau Tanguy et Laverdure

En 1959, paraissait dans le premier numéro du magazine Pilote, les premières planches des aventures de Tanguy et Laverdure. Cette série était créée par deux des fondateurs du magazine mythique, Jean-Michel Charlier pour le scénario et Albert Uderzo pour le dessin. Je fais partie de ceux qui ont lu très vite cette série même si je ne saurais dire avec précision en quelle année j’ai commencé à apprécier, comprendre et suivre les deux pilotes français… C’était probablement autour de 1965/1966… Neuf-dix ans, quoi… Je ne sais pas ce qui me plaisait alors le plus… Les avions ? Les gags de Laverdure ? Les scènes d’action ? Quand je relis aujourd’hui les albums, je me dis que, durant de longues années, je ne devais rien comprendre aux histoires d’espionnage, pourtant centre réel de ces albums ! Qu’importe, j’aimais et j’aime encore les aventures de Tanguy et Laverdure !

 

Par contre, je l’avoue bien simplement, nous n’avions pas la télévision et je n’ai absolument pas suivi ces histoires en feuilleton TV…

 

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série, il faut se resituer dans ces années là, la Guerre froide, l’épopée Dassault et le succès d’une série qui dans le magazine Spirou – le concurrent – enchantait les lecteurs depuis 1947 et qui mettait, elle, en scène les aventure d’un pilote de l’Aéronavale américaine, Buck Danny ! On peut aussi signaler la série avec un pilote canadien dans le magazine Tintin, le troisième concurrent… Il s’agissait, bien sûr, de Dan Cooper, série née en 1954…

 

Mais, pour revenir à notre sujet du jour, cette année en 2019, Tanguy et Laverdure vont fêter leur anniversaire : 60 ans ! Et pour réussir cet évènement, Buendia, Cunin et Durant, nous offre dans la série « Une aventure classique de Tanguy et Laverdure », un magnifique album, Coups de feu dans les Alpes !

 

Dans cet album, on est dans le basique fondamental de la série. La France est sur le point de vendre à la Suisse des appareils Mirage III, on est en 1964 et ce contrat doit sembler trop juteux à certains… Campagne de presse, discussions politiques, pression de tous genres et même coups de feu dans les Alpes… Michel et Ernest sont envoyés avec le premier avion pour assurer la présentation et les premières formations… Comme dans les débuts de la série, les deux pilotes sont au cœur d’une affaire qui navigue délicatement entre crime, espionnage, diplomatie et commerce international…

 

Je concède volontiers que cet album ne peut pas plaire à tous les lecteurs. Il faut aimer les avions et le genre, mais, c’est important aussi, il faut accepter ce duo atypique avec un Ernest Laverdure toujours excentrique, farfelu, coureur et fidèle… enfin surtout en amitié !

 

Ce que j’aime dans cet album c’est le fait de me replonger dans des histoires de mon adolescence, de rappeler que le magazine Pilote va avoir 60 ans et que Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo avaient alors inondé les pages de Pilote de leur talent… Occasion, aussi, de citer ceux qui étaient à leurs côtés comme Giraud, Hubinon et Goscinny…

 

Un inconvénient majeur ! Oui, il y en a bien un… C’est à suivre ! Donc, il va falloir attendre presque un an pour connaitre la suite et la fin de cet épisode… Michel et Ernest réussiront-ils leur mission ? Quel suspense insoutenable !

 

En attendant ce deuxième album de l’histoire, Le pilote qui en savait trop, je vous souhaite une excellente lecture de Coups de feu dans les Alpes !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 26 mai 2019

BD : Encore une histoire de lune...

Et nous voici toujours dans notre exploration lunaire, si on peut parler ainsi. En effet, pour célébrer comme il se doit l’anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune, j’entreprends de lire ou relire une multitude – pas tous tant il y en a – d’ouvrages sur le sujet ou portant le nom de notre satellite naturel dans leur titre… Aujourd’hui, ce sera la série Lune d’ombre !

 

La première séquence de l’album nous emmène au cœur de la nuit dans une action commando. Le dessin, les couleurs, le rythme du récit, tout est fait pour que le lecteur retienne sa respiration et parte à l’aventure avec… mais là, la surprise est de taille, car c’est une femme que nous suivons… Je ne pense pas être machiste mais c’est surprenant de se retrouver avec une femme pirate, surtout dans le monde de la bédé qui, même s’il s’est bien ouvert, reste encore rempli de mecs pour diriger les aventures sur mer et sur terre…


Alors, vous reprenez la couverture et vous comprenez tout : les auteurs sont Sylviane Gorgiat et Christelle Pécout. Oui, deux femmes pour nous raconter une belle histoire de pirates… C’est d’ailleurs une histoire de femmes jusqu’au bout puisque la coloriste est Delphine Lacroix !


Alors revenons à l’histoire… Nous sommes au XIIIème siècle, dans un monde où l’Islam est dominant. Soledad est l’héroïne de l’histoire. Mais je ne voudrais pas tout vous dire sur elle, sur sa vie, son enfance, ses malheurs et ses bonheurs, ses envies de vengeance… Tout viendra petit à petit car le scénario est admirablement fin et les informations nous arrivent une par une, au bon moment, en images, ou par le texte, car c’est bien là une des qualités de cette série, la complémentarité entre texte et dessin. Voilà deux femmes qui ont bien raison de s’être mises ensemble pour nous bercer de leurs histoires…


Soledad est donc à la tête d’une équipe de pirates, elle récupère un prisonnier à la demande du régent d’Alep. Mais qui est-il ? Pourquoi a-t-elle accepté cette mission ? Seulement pour l’argent de la rançon ?


Mais tout cela ne serait qu’une banale histoire de pirate comme en racontaient Hubinon et Charlier, s’il n’y avait ce mystérieux pourvoir de Soledad et les conditions de son exercice… Oui, ce n’est pas simplement une simple aventure sur mer, c’est aussi un récit fantastique…


Dans ce premier tome, nous faisons connaissance avec les personnages et le passé de Soledad. Une jeunesse en Andalousie à l’a… non, j’ai failli tout vous dire et oublier que c’est vous qui devez lire avec plaisir et bonheur cet album, le premier de la série Lune d’ombre…

 

Il y aura quatre albums pour cette série qui quitte progressivement l’ambiance « pirates et aventures » pour se glisser dans un récit plus « Mille et une nuits » voir même conte mystique… Un très beau travail d’autrices qui aurait mérité meilleur accueil de la part des lecteurs mais ce n’est là que mon avis…

 
Bonne lecture !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 21 mai 2019

Alors, Tintin aurait réellement marché sur la Lune ?

La Lune a toujours intrigué, fasciné. L'homme l'a toujours regardé comme une belle femme, lui a attribué des pouvoirs magiques et à force de la regarder, il a voulu faire le grand voyage pour aller se promener à sa surface, explorer ses cavités cachées, bref, l'aventure lunaire avait commencé... Il semblerait que cette aventure ne soit pas entièrement close et c'est pour cela qu'il est important de revenir sur le passé... Or, l'humain n'a pas attendu 1969 pour fouler la poussière lunaire... Tintin avait bien précédé Neil Armstrong...

 

Je vous avais donc promis que nous prendrions le temps de lire ensemble cet album, On a marché sur la Lune, ne serait-ce que parce qu'il est la suite de Objectif Lune... mais, en fait, il est particulier, à part, si on peut dire et je vais tenter de vous montrer pourquoi... même si pour ce faire nous sortons des lectures habituelles de cet album que l'on classe beaucoup trop souvent dans une sorte de science-fiction pour la jeunesse...


Dès la couverture, nous comprenons bien que le personnage principal sera la fusée elle-même. Elle est au centre de la couverture et tintin qui nous dédaigne du regard est en train de l'admirer... et il a raison car c'est à elle qu'il va confier sa vie pour revenir sur cette bonne vieille terre... Remarquez, s'ils sont sur la lune, avec Haddock et Milou, c'est que le voyage aller s'est bien passé... Car, rappelez-vous...


Nous avions laissé, à la fin d'Objectif lune, la fusée en l'air, le départ avait bien eu lieu mais le contact n'était pas encore rétabli entre la terre et la fusée...


« Allô, allô, fusée lunaire ? Répondez... »


Mais voilà, le silence a continué pendant un an, date entre les deux aventures... 1953 pour Objectif lune et 1954 pour On a marché sur la lune. Mais, heureusement, un jour, les aventuriers voyageurs de la fusée ont repris conscience et le silence fut rompu.


« Allô, allô, ici fusée lunaire... C'est Tintin qui vous parle... Je viens de reprendre connaissance... Je vais voir comment se portent mes compagnons ».


Le voyage va pouvoir prendre une bien meilleure tournure... Enfin, tout irait bien si certains passagers ne se retrouvaient pas dans la fusée par erreur - les inimitables Dupondt qui se retrouvent dans ce voyage parce qu'ils n'ont pas évacué la fusée au moment du départ, enfin ils avaient confondu 1h34 du matin avec 13h34 ! - ou pour des raisons beaucoup plus malhonnêtes, ce Jorgen que Wolff a fait entrer clandestinement à bord... Mais nous aurons l'occasion d'en reparler... Mais Baxter, au sol, va pouvoir commencer à se faire du souci car qui dit astronautes supplémentaires dit réserves d'oxygène qui vont diminuer plus rapidement que prévu... Mais, il n'y a pas encore urgence...


Le voyage aller sera assez simple, enfin si on peut dire. Haddock va beaucoup étudier son traité d'astronomie (réserve personnelle de whisky) et, une fois imbibé, il voudra reprendre sa liberté dans l'espace et Tintin aura beaucoup de mal à le sauver ce qui lui donnera l'occasion de se lettre en colère avec une violence inhabituelle chez lui :


« Taisez-vous ! Vos excentricités ont failli nous coûter la vie à tous, vous compris !... Ça suffit comme ça, maintenant ! ... Vous allez rentrer tout de suite à bord ! ... Et essayez de vous conduire convenablement ! Entendu ! »


Cette séquence donnera à Hergé l'occasion de dessiner un Tintin en colère comme on en voit peu même s'il est dans sa tenue de scaphandre de l'espace...


Le deuxième fait marquant du voyage aller sera la pilosité abondante et colorée des Dupondt... Mais ce n'est pas une nouveauté car dans l'épisode Au pays de l'or noir nous avions déjà vu un tel phénomène... Néanmoins, en fusée, dans l'espace, ce n'est pas le meilleur moment pour une telle rechute... Vous pouvez aussi remarquer que lors de ces crises, il est beaucoup plus difficile d'identifier Dupont et Dupond... Sauf après un passage sous les ciseaux ou on peut de nouveau voir la différence... Allez, amusez-vous, n'ayez pas honte, tentez d'identifier les Dupondt dans les différentes vignettes, quelle que soit la couleur des cheveux, quelque soit la longueur... Pas toujours facile !


Puis, nous allons enfin arriver sur la lune avec ces mots historiques qui feront le tour du monde « Ça y est ! J'ai fait quelques pas ! Pour la première fois sans doute dans l'histoire de l'humanité ! On a marché sur la lune ! ». Vous remarquerez que ces phrases sont beaucoup plus connues et pertinentes que celles qu'utiliseront les Américains quand ils arriveront sur cette lune déjà explorée par Tournesol et son équipe, mais c'est souvent comme ça quand on arrive deuxième...


Hergé nous offre, alors, un grand nombre de dessins de la fusée mais aussi de paysages lunaires comme nous n'en verrons plus jamais... On peut remarquer qu'au niveau graphique, Hergé utilise des méthodes nouvelles ou inhabituelles pour lui, en particulier des vignettes de plus grande taille. On a le moment de l'approche de la lune par la fusée, puis l'alunissage, enfin les premiers pas humains sur la lune... A chaque fois, une belle fusée, la terre au loin, et des paysages lunaires qui montrent qu'Hergé devait bien avoir la tête dans la lune assez souvent...


La phase suivante est assez laborieuse, puisque Tournesol n'est pas venu là en vacances, il faut travailler, débarquer le matériel, explorer, comprendre ce qui se passe même si Haddock ne partage pas tout à fait le point de vue de la science incarnée, en particulier sur les « risques du métier », ces fameux météorites qui tombent sur la lune...


Pour retrouver le sourire, il va falloir attendre que les Dupondt posent le pied sur la lune... Eux aussi ont des mots inoubliables « Dire que nous foulons ce sol de la lune où jamais la main de l'homme n'a mis le pied ». Mais, personnellement, je pense qu'Hergé a commis une petite erreur. Comment se fait-il que les Dupondt qui n'étaient pas prévus dans ce voyage trouvent une tenue chacun, à leur taille, pour aller sur la lune ? Cela montre que même les meilleurs auteurs peuvent se laisser aller parfois à des facilités... Par contre, la notion d'oxygène est bien prise en compte, Tournesol annonçant très rapidement « Nos réserves d'oxygène étaient prévues pour quatre personnes et un chien, et non pour six comme c'est le cas... Nous allons être obligés de réduire notre séjour à dix jours ». Donc moins de temps, plus de travail...


Durant une des explorations lunaires, Tintin aura l'occasion de se mettre en danger pour sauver Milou et c'est Haddock qui lui sauvera la vie. Cela montre que cette notion d'amitié est toujours très forte chez Hergé même quand ses personnages se sont autant éloignés de la bonne vieille terre... Haddock avait été sauvé par Tintin dans l'espace, maintenant c'est l'inverse sur la lune, match nul, enfin pas si nul que cela, c'est encore une grande victoire de l'amitié, le seul sentiment qui semble animer Hergé, euh, non, Tintin...


Mais voilà, depuis que Tintin et Haddock étaient partis de Moulinsart, ils étaient surveillés, espionnés... Cette expédition lunaire intéressait une autre nation... et un espion était à bord. Et à partir de la page 39, le drame se met en place et le danger devient omniprésent... Jorgen, l'espion, a un allié, Wolff, le traître... Dès que l'on apprend la trahison de Wolff on se souvient de certaines scènes d'Objectif lune... Oui, Hergé nous avait tendu des perches mais nous n'avions pas voulu les saisir : comment, Wolff, ce fidèle savant ami de Tournesol, le traître, ce n'est pas possible ! Comment aurions nous pu imaginer qu'il avait le démon du jeu et que tout cela serait la conséquence de ses dettes ?... Cette trahison a d'abord pour effet de permettre à Hergé de distiller son suspens. Les « méchants » veulent repartir pour la terre sans une partie des membres de l'expédition... Puis, une fois que la situation a été retournée par Tintin, la question de l'oxygène devient de plus en plus cruciale : un personnage de plus à respirer, Jorgen, et de multiples délais supplémentaires pour remettre la fusée en état après les tentatives de départ avancé de Jorgen et Wolff...


Le retour va être terrible, enfin surtout pour les nerfs des lecteurs... La fusée, cette fameuse fusée tant admirée, prend d'abord la direction de Jupiter, ce qui n'est pas le chemin le plus court pour rentrer à Moulinsart... En suite, Jorgen, qui était prisonnier avec Wolff, se libère, après une mauvaise manipulation des Dupondt qui décidément ne feront que des bêtises dans cet album... Il veut reprendre la situation en main... Mais au moment où il veut tuer nos amis, Wolff a un dernier sursaut d'honneur et il provoque une bagarre... Un coup de feu éclate, personne ne peu rien n'y faire, pas même Tintin, et Jorgen meurt... Ce n'est pas très habituel, dans les albums d'Hergé, d'avoir des morts, des cadavres. Certes, Tintin n'est pas le tueur, mais c'est assez important pour que nous tentions de comprendre pourquoi les évènements évoluent de la sorte. En fait, Wolff ayant trahi les héros, le bon Tournesol, en particulier, il fallait qu'il puisse se racheter car il n'était pas fondamentalement mauvais, il était plus une victime passive, un lâche mais pas un mauvais. En tuant Jorgen, il le met sur le chemin du rachat. Mais, comme les réserves d'oxygène sont encore très incertaines, ce geste ne suffit pas. Il faut qu'il aille plus loin sur ce chemin de la délivrance de sa conscience et dans cette situation on trouve chez Hergé des relents de visions judéo-chrétiennes de la faute et du pardon. Wolff va donc se suicider pour laisser un peu plus d'oxygène aux autres. Il laisse un message d'adieu : « pardonnez-moi le mal que je vous ai fait ».


Hergé a certainement des difficultés dans sa vie. Les relations avec sa première femme, l'envie de repartir à zéro, de vivre une autre vie, de s'assumer tel qu'il est, de relever la tête après la période d'après guerre où il fut accusé de collaboration, ou plus exactement de sympathies pour l'occupant allemand... Mais peut-on se racheter une virginité ? Non, il le sait bien, Wolff n'a aucune chance de s'en sortir même s'il écrit dans son message « Quant à moi, peut-être un miracle me permettra-t-il d'en réchapper aussi. ». Mais il sait que Wolff va mourir et il ne se fait aucune illusion sur lui... Il souffre de savoir que lui aussi devra un jour mourir et se retrouver devant son destin, assumer tous ses actes... mais, il n'ira pas plus loin dans cet album et quelques années après il commencera une thérapie et nous offrira le magnifique album Tintin au Tibet...


Cet album, On a marché sur la Lune, n'est pas le meilleur de la série car une grande partie de l'histoire se déroule dans un volume très restreint : une fusée, un char lunaire, un scaphandre... Il manque à Hergé le champ des aventures qui généralement est limité, et encore, par des frontières...

 

Dès l'album suivant, il enverra ses amis à l'étranger pour des aventures plus classiques. Mais j'aime cette histoire dans une fusée, cette sorte de huis-clos, qui a permis à Hergé de monter qu'il était un véritable auteur pouvant s'adapter à toutes les situations, y compris les plus délicates...

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 mai 2019

BD : Commençons à parler de cette fameuse Lune...

Cette année, nous allons fêter l’anniversaire du voyage d’Apollo 11 sur la Lune. C’était, il y a cinquante ans… Cinquante ans déjà ! Mais, on oublie bien souvent que cette Lune, ce satellite de la Terre, fascine depuis la nuit des temps les hommes ! Certains l’ont transformé en déesse, en mystère, en El Dorado… et d’autres ont juste pensé le voyage pour y aller comme Jules Verne. Mais il ne faudrait pas oublier que c’est Tintin, grâce à une fusée construite par le professeur Tournesol, qui a fait les premiers pas sur la Lune !

 

D’ailleurs ce n’est pas un secret ni un tabou, une grande ville du Sud-Ouest, Bordeaux, a même donné le nom de Professeur Tournesol à une esplanade ! Une magnifique reconnaissance, non ? Alors, nous aussi, à notre façon, rendons hommage à Tournesol, Tintin et Hergé… Et, tout d’abord, Objectif Lune !

 

Parler de cet album Objectif lune, c’est rendre hommage au professeur Tournesol, un des plus grands savants de notre époque. Il fut brillant, inventif, curieux de tout, à l’origine des lasers, de la télévision, des sous-marins, des réacteurs nucléaires… et j’en oublie obligatoirement tant on ne peut lister toutes ses inventions… Alors, Objectif lune, c’est sa consécration comme astrophysicien, c’est une partie importante de sa biographie, c’est le moment où Hergé décide de nous le révéler dans sa grandeur, dans sa réalité…


Le professeur Tournesol entre dans l’œuvre d’Hergé au début du Trésor de Rackham le Rouge, de façon modeste, comme un professeur illuminé et sans grande importance. Pensez donc, sa grande invention serait le lit qui se replie dans la journée pour permettre aux habitants des appartements restreints d’avoir un peu plus de place pour vivre… Mais, par la suite, il prend de l’importance. Dans le duo Les 7 boules de cristal et Le temple du soleil, il est indiscutablement le héros, le centre… Même Haddock a pour lui des mots sympathiques et tendres… Mais, il faut savoir attendre pour mesurer la grandeur d’un homme. Dans Objectif lune, nous allons le retrouver au centre de recherches atomiques de Sbrodj, en Syldavie. Oui, il est si connu et célèbre qu’une nation étrangère lui offre un poste de chercheur, non, encore mieux, un titre de directeur de la section astronautique ! C’est ainsi que, secondé par l’ingénieur Frank Wolff, il prépare une fusée pour aller sur la lune… Mais Tintin et Haddock ignorent encore tout cela quand ils rentrent dans ce bon château de Moulinsart.
Car tout commence par un retour au château de Haddock. Tintin, Milou et le capitaine semblent revenir d’un long voyage, au moins un mois d’absence car ils vont apprendre de Nestor que le professeur Tournesol est parti depuis déjà trois semaines… Mais on ne sait pas où il est… Heureusement, un télégramme arrive de Syldavie pour donner des indications précieuses : « Venez me rejoindre »… Et nous revoilà partis dans une grande aventure !


En haut de la page 2, on peut remarquer que Milou est entrain de tester les escaliers du château. En fait Hergé expérimente les possibilités de cet escalier et il y reviendra par la suite, dans une autre aventure dont nous parlerons par ailleurs. Sur cette même page, dans l’avion de la compagnie syldave, un sinistre personnage fait son apparition, il semble prêter attention aux paroles de Haddock, surtout quand il prononce le nom de Tournesol. On commence à se douter que ce voyage ne sera pas de tout repos… Mais cet homme restera dans l’ombre, on n’en saura pas trop sur lui et Hergé restera plus prudent que dans L’étoile mystérieuse en s’abstenant de lui donner un nom, une appartenance ethnique ou religieuse… Mais nous sommes en 1953 et l’auteur a tiré les leçons du passé, au moins dans les formes…


C’est au moment où nous réalisons que cette histoire tourne à l’espionnage, qu’elle présente de nombreux dangers potentiels, tant pour Tournesol que pour nos amis cherchant à le rejoindre, que Hergé va s’offrir une petite série de gags avec notre cher capitaine… Notre marin est un grand amateur de whisky et on veut lui mettre de l’eau minérale dans son alcool, lors du voyage – quel scandale ! – et à l’aéroport de Klow, un douanier, après avoir découvert la réserve de whisky de Haddock, lui demande une petite amende de 875 khors de droits de douane… On croit qu’Hergé s’égare mais en fait dans cette histoire on va pouvoir constater qu’un grand nombre de frasques de Haddock sont créées pour alléger l’histoire. Tournesol sera le savant, Tintin le sauveur et Haddock le clown… Un peu simplificateur mais très proche de ce que le lecteur va découvrir de page en page… Pour ce qui est de Haddock, c’est facile à vérifier…page 4, il se retrouve avec sa casquette complètement enfoncée, page 5, Haddock subit un lavage de tête à l’eau minérale, page 7, il s’assomme en sortant de la voiture, page 8, re-choc avec Tournesol qui l’embrasse en gardant son casque, page 11, il prend feu en voulant fumer avec l’appareil auditif de Tournesol, page 13, il tombe à la renverse en visitant la centrale nucléaire, page 16, le voilà repeint en rouge pour l’hiver, page 26, le gag de la chaise devrait plaire à tous les lecteurs ayant gardé une âme d’enfant… On pourrait continuer la liste jusqu’à la fin de l’album, mais je préfère vous laisser effectuer une lecture spéciale en regardant toutes les anecdotes avec le capitaine Haddock dans cet album… A vous de jouer ! Mais, en fin d’album, lorsque la tension est la plus forte, Haddock ne sera plus là pour faire rire et on oubliera facilement son encyclopédie en trois volumes…


Mais le comique ne viendra pas seulement de Haddock. D’ailleurs le capitaine n’est là que la première étape du rire, il fait rire mais en laissant le lecteur dans l’histoire. Le « comique impasse », celui qui égare le lecteur, est incarné par le duo, classique mais irremplaçable, des Dupondt… Dès leur arrivée, en confondant tenue grecque avec tenue syldave, ils donnent le ton général de leurs interventions et il faut bien comprendre que ce décalage total finira dans la tragédie car s’ils… mais c’est encore trop tôt pour en parler…


Mais n’est-il pas temps de parler de ces Dupondt… Quand j’étais petit, je croyais que c’étaient des jumeaux, mais je me trompais. Dupond et Dupont, deux orthographes de nom, deux personnes distinctes, deux origines différentes… Hergé a probablement pensé et pris modèle sur deux jumeaux de sa famille, mais il veut aussi montrer que pour lui mes policiers sont uniformisés par leurs tenues, leurs formations, leurs missions… Ils les montrent d’une bêtise incroyable depuis leur première apparition et ce n’est pas dans cet album qu’ils retrouveront un peu de crédibilité… Mais puisqu’ils sont différents comment fait-on pour distinguer Dupond et Dupont ? En fait, ce n’est pas très compliqué : Dupond, d comme droite, a une moustache qui tombe de façon droite… Dupont, t comme tordue, a une moustache qui se rebelle en tombant… Et voilà, maintenant, vous saurez comment les distinguer ce qui ne vous apportera rien au niveau de l’histoire, mais vous pourrez faire chercher les autres…


Mais dans Objectif lune, on va assister à une super séquence Dupondt… Durant 39 vignettes, sur trois pages, Hergé s’amuse avec ces deux imbéciles heureux. Rien de nouveau pour le lecteur, pas d’avancée dans l’histoire, juste une présentation de la bêtise incarnée avec les Dupondt qui finissent par arrêter un squelette ! Mais page 25, quand la séquence est enfin terminée, Hergé nous montre que le drame, lui, est bien en train de se mettre en place, c’est sobre mais efficace, moquerie et récit fondamental se suivant de très près… « OK ! Leur fusée est à nous !… »


Car, Objectif lune, est bien avant tout, une histoire forte. Tournesol veut envoyer une fusée sur la Lune pour permettre à l’homme de fouler le sol du satellite naturel de la Terre pour la première fois. Cet album est celui de la préparation, le suivant, On a marché sur la lune, sera celui de la réalisation comme nous avions eu chez Jules Verne De la terre à la lune et Autour de la lune… Mais, si on peut parler de science fiction, on peut aussi dire qu’il s’agit de politique fiction car Hergé se lance dans la conquête de l’espace juste avant que les Etats-Unis et l’URSS se fassent une guerre terrible pour cette aventure dans l’espace… Mais voilà, les Syldaves aidés par Tournesol seront les plus rapides…


Dans Objectif lune, nous aurons donc une aventure scientifique, un emballage plein d’humour – de tout cela nous avons déjà parlé – mais il y aura aussi la partie d’espionnage. Et pour cela, il faut une avancée scientifique – ce sera la fusée nucléaire de Tournesol – une nation étrangère désireuse de venir voler un secret – la Bordurie – et un traître – mais je ne vais pas vous donner son nom tout de suite car je pense que si l’un d’entre vous lisait cet album pour la première fois, le suspens demeurerait jusqu’au deuxième épisode de cette histoire – et nous voilà partis dans cette grande aventure…


Mais un des personnages essentiels de cette histoire est un objet qui va faire très rapidement le tour de la terre, au sens propre comme au sens figuré, que l’on peut acheter, malheureusement à prix d’or, en petit format ou en très grand… Il s’agit de cette fameuse fusée rouge et blanche, que l’on découvrira d’abord en petit format avec le prototype X-FLR 6 puis en version définitive à la page 42, le jour où Tournesol veut prouver à Haddock qu’il n’est pas un zouave… Mais voilà, ce jour là, un drame va se produire et personne ne l’avait envisagé : Tournesol, en faisant visiter la fusée, tombe, se cogne la tête et perd la mémoire… Le mammouth – le nom sous lequel les espions le désignent – ne peut plus continuer son travail de préparation au voyage lunaire… Le projet va-t-il capoter à cause d’une anodine chute ? Non ! Le capitaine Haddock va finir par aider Tournesol à revenir dans la réalité et pourtant le capitaine n’est pas celui qui souhaite le plus aller sur la lune puisque au moment d’embarquer il dit à Baxter, le directeur de la base : « Ecoutez, Monsieur Baxter, si vous y tenez vraiment, si je puis vous céder ma place… »… Mais, rassurez-vous, les passagers pour la lune vont bien embarquer, Tournesol, Tintin, Milou, Haddock et Wolff… Et voilà notre fusée qui décolle…


Mais avant de lire la suite des aventures dans l’espace de nos héros préférés, prenons encore quelques minutes pour découvrir les petites séquences consacrées à Milou, avec un chat, page2, avec une porte, page 7, avec sa tenue spéciale, page 12, 14 et 16, avec des ours, page 20 et 21, avec Wolff, page 27, avec la pipe de Haddock, page 31, avec une souris, page 38, lors de son essayage de scaphandre lunaire, page 51 et, enfin, lors du décollage de la fusée…
Comme nous l’avons déjà vu ensemble, il arrive parfois qu’Hergé nous fasse quelques clins d’œil, en particulier en dessinant des proches, des membres de son équipe des studios Hergé, c’est le cas dans cet album… A vous de chercher, par exemple, ce cher Edgar P Jacob, l’auteur des aventures de Blake et Mortimer, mais aussi un grand collaborateur d’Hergé, en particulier pour la mise en couleur de certains albums dans les années de guerre…


Il ne nous restera plus qu’à lire prochainement la suite de cette histoire tout à la gloire scientifique du professeur Tournesol dans On a marché sur la lune… Tintin et Neil Armstrong, même combat, même objectif, Objectif Lune !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 16 mai 2019

J'ai lu pour vous : «l'HISTOIRE DU CORBAC AUX BASKETS »


Genre bandes dessinées, j’en suis restée longtemps à Tintin, Achille Talon, Astérix, Gaston Lagaffe, Boulle et Bill, les Daltons … mais aussi parce que j’adore le graphisme, à Enki Bilal, Druillet, Corto Maltese, Reiser, la série des XIII …



Et puis … silence radio sur le genre pendant de nombreuses années.

Jusqu’à hier, lors d’un échange de lecture dans le cadre « ETES-VOUS LIVRE, SAMEDI ? » organisé par la bibliothèque municipale de Chalon-sur-Saône, dans la jolie salle de l’ESPERLUETTE.

Un lecteur assidu des réunions mensuelles, dont je ne connais pas le nom mais que je remercie, a présenté la bande dessinée « LE CORBAC AUX BASKETS » … de FRED.

Un choc de bande dessinée, tant par l’histoire que par le graphisme, qui m’a fait courir -enfin à la vitesse de la mienne, mamy de 70 ans- jusqu’à la librairie l’Antre des Bulles, située rue au Change à Chalon-sur-Saône.

L’histoire du CORBAC AUX BASKETS est un album de bande dessinée de FRED paru en 1993.

Résumé de l’histoire : « « Un matin, Armand se réveille, se regarde dans la glace et s'aperçoit qu'il est devenu corbeau.
Corbeau avec un bec, des plumes, et en plus, il a des baskets aux pieds » ».


S’inquiétant de devoir raser ses plumes … en place de ses poils … il va consulter …

Sauf, que le psy qu’il va consulter, Monsieur Verlé Corbo … est muni d’un immense stylo MONT BLANC et d’un ARROSOIR sur la tête …

Angoisse !!

Bande dessinée magnifiquement décalée … drôle, triste, obligeant à la réflexion sur « ce que je suis », « qui suis-je », « où vais-je » … au graphisme de toute beauté.


Article et photos : Christiane Chapé

Imprimer - - par christiane chapé - 12 mai 2019

On peut parler du terrorisme en BD ? Oui !

Depuis quelques années, le terrorisme est entré dans nos vies. Ce fut violent, dramatique et parfois même incompréhensible… Pourquoi en venir à de tels actes ? Qui sont ces terroristes ? Comment devient-on terroriste ? Et ces questions assaillent tout le monde y compris les journalistes, les politiques, les gendarmes, les militaires… Doan Bui est journaliste, mère de deux filles, épouse… et, elle aussi, se pose ces terribles questions…

 

Elle va suivre le fameux procès de Merah et va tenter de comprendre… et ce n’est pas simple !

 

Avec Leslie Plée, autrice de bédés que j’aime beaucoup, elles vont rendre compte de ce procès en bande dessinée et tenter de nous mettre sur la piste de réponses acceptables pour ces maudites questions…

 

Au départ, le lecteur – en tous cas ce fut mon cas – reste un peu en marge du débat de fond. On voit comment les journalistes se préparent à l’évènement mais on a un peu le sentiment que tout est clair, que les terroristes sont les méchants, point barre et que rien de tout cela n’est si important à comprendre…

 

Puis, le débat de fond arrive… On a un procès Merah mais c’est le frère qui est dans le box, l’assassin est mort, lui. Y aurait-il eu un frère dans le box des accusés si le frère avait survécu ? Déjà là on commence à vaciller sur nos bases de justice et de démocratie…

 

Ce procès est beaucoup suivi mais j’ai le sentiment que ce fut de façon bien inégale. En effet, s’il y a bien une classe politique et médiatique qui suit tout de cette « rencontre » judiciaire, il y a aussi beaucoup de Français qui cherchent plus à oublier cette affaire et les autres qu’à comprendre les motivations des uns et des autres. Cet aspect est très bien rendu dans le récit par le point de vue de la journaliste Doan Bui, celui de ses amis professionnels et bien sûr le regard de sa propre famille… Cette dernière aimerait que tout cela se termine au plus vite… 

 

Mais cet ouvrage pousse surtout le lecteur dans ses derniers retranchements… Comment dire ce qu’est un terroriste ? Comment expliquer un acte terroriste ? Peut-on pardonner à un terroriste ? Comment entendre le récit de vie de ces terroristes par leurs frères, leurs sœurs, leurs parents, leurs amis ? Comment réfléchir par soi-même sur ces questions sans répéter bêtement ce que nous avons entendu dans les médias, dans les discours politiques, dans les discussions de comptoirs… Ce serait si facile si d’un côté il y avait les gentils, les bons, les blancs… et de l’autre les méchants, les terroristes, les noirs… Seulement, comme le dit Goldmann dans une chanson, la vie voyage plus entre le gris clair et le gris foncé que le blanc et le noir… C’est ainsi !

 

Cet ouvrage n’apporte d’ailleurs pas de réponse tranchée, il fait juste réfléchir le lecteur et c’est si bon de réfléchir, en prenant son temps, le temps d’une lecture éclairée par un texte plein d’humanité et un délicieux dessin parfaitement adapté à la gravité du sujet… Ce livre est salutaire et il faut le faire lire, en particulier à tous ceux qui se contentent de banalités sur le sujet sans jamais réfléchir…

 

On pourrait conclure de la façon suivante… Auriez-vous couvert ce procès Merah ? Auriez-vous défendu Merah comme Eric Dupond-Moretti ? Quel aurait été votre verdict judiciaire ? Et vous vous poserez beaucoup d’autres questions en lisant ce très bon ouvrage, cette très belle bande dessinée et je considère qu’il faut beaucoup de courage pour se lancer dans l’écriture d’une telle publication ! Merci du fond du cœur à Doan Bui et Leslie Plée !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 mai 2019

Cléopâtre en bande dessinée... mais quel nez !!!

Cléopâtre est une reine qui a toujours fait rêver, du moins les grands de ce monde de Jules César à Marc-Antoine… sans oublier un certain Astérix qui la trouvait presque à son goût ! Mais qui connait réellement cette reine ? Peu de monde, en fait… Il est donc temps de découvrir cette Cléopâtre à travers la bande dessinée… Signalons quand même, avant de plonger dans le monde des bulles, que les deux biographies de Jules César en ma possession, celle de Eberhardt et celle de Robert Etienne, développent avec beaucoup de détails et arguments cette liaison qui partit probablement d’un coup de cœur entre un homme vieillissant et une jeune reine fascinante…

 

 

Mais revenons-en à la bande dessinée et tout d’abord à cet album mythique, Astérix et Cléopâtre. Sixième épisode des aventures d’Astérix le Gaulois qui est né en octobre 1959 et donc qui va fêter ses 60 ans cette année ! L’album avec le nez égyptien… désolé, j’étais aussi distrait que Panoramix quand il découvre ce nez pour la première fois, donc, disais-je, cet album est sorti en 1965 après une prépublication dans le magazine Pilote. Pour moi, c’est le plus abouti des albums de Goscinny et Uderzo… J’en ai déjà parlé longuement et donc je ne vais pas tout reprendre ici mais il montre la confrontation entre César et Cléopâtre, entre Roma et Alexandrie… Par contre, il passe sous silence de nombreux éléments de l’histoire, ce qui est bien normal car les auteurs n’avaient nullement l’ambition de faire œuvre d’historien… on oublie donc que Cléopâtre était marié à son frère, qu’elle était d’origine grecque, qu’elle avait beaucoup de différence d’âge avec Jules César… et que ce dernier n’était pas encore dans une position de force absolue à Rome… Il faut donc lire et relire Astérix et Cléopâtre mais juste pour découvrir le talent d’un scénariste, René Goscinny…

 

 

Pour Cléopâtre, on pourra lire avec plaisir le tome V du Troisième fils de Rome, Marc Antoine et Cléopâtre, de Moënard, Fonteriz et Baldo. Là, une fois encore, la fiction prend le dessus sur l’histoire. Mais c’est un parti pris des auteurs, car Romulus et Remus n’étaient pas seuls enfants de la louve, un fils secret était là et il aurait créé un ordre secret et noir pour détruire la ville de ses frères… Mais très vite, chaque album raconte un épisode de l’histoire de Rome en laissant peu de place à la fiction, trop peu de place diront certains… ici, dans ce tome V qui peut être lu indépendamment des autres, on va découvrir les dernières années de la République romaine et cette fameuse Cléopâtre qui après avoir aimé César tombera dans les bras de Marc Antoine… Une fin dramatique sans que l’on puisse dans cet album percevoir tous les tenants et aboutissants…

 

Mais donc la question demeure, qui est cette fameuse Cléopâtre ? Là, il y a en bande dessinée une belle réponse, la biographie en plusieurs volumes de Marie et Thierry Gloris (pour le scénario) et Joël Mouclier (pour le dessin). Cette Cléopâtre, La reine fatale, série dont deux volumes sont déjà sortis, est très bien construite et le lecteur va plonger dans la connaissance d’une reine, d’un empire et de ses liens avec Rome… Ici les auteurs se sont taillé un chemin entre histoire et mythe, entre réalité et mythologie, entre clichés et rétablissements de vérités… Cela fonctionne très bien, on lit avec enthousiasme et plaisir, le dessin n’est pas figé et Jules César a bien les cheveux blancs, du moins ceux qui lui restent… J’ai beaucoup aimé cette lecture historique et cela m’a donné envie de découvrir qui était cette reine inconnue car finalement on ne la connait pas ou fort peu… Décédée à moins de quarante ans et enterrée avec son dernier amant, Marc Antoine, dans un mausolée que l’on n’a toujours pas retrouvé… tout dans sa vie porte à la construction d’un mythe ! Et les auteurs jouent remarquablement bien avec ces éléments-là ! Précisons que le dessin de Joël Mouclier est parfait pour rendre les expressions des personnages et donner une vie à cette cour lointaine… Une excellente bande dessinée !

 

Oui, il y a donc moyen de découvrir une reine égyptienne avec la bande dessinée et de naviguer entre réalité et mythe… Il faut dire que l’on chuchote depuis Suétone que si le nez de cette reine avait été différent, la face du monde eut pu changer !

 

Alors, bonne lecture à tous !  

Imprimer - - par Bonnet Michel - 24 avr 2019

Midway ? Une bataille, une bande dessinée et c'est à découvrir !

Nous ne sommes que de pauvres Français et à ce titre nous connaissons très mal l’histoire du monde. Ce n’est pas de notre faute, c’est que nous n’apprenons l’histoire qu’à travers le prisme étroit de celle de l’Hexagone… Du coup, si on nous dit bataille de Midway, nous ne savons pas trop que penser… Les plus érudits osent affirmer, du bout des lèvres, « Guerre du Pacifique » mais, là encore, sans aller beaucoup plus loin… Le mérite de cette collection « Les grandes batailles navales », dirigée par Jean-Yves Delitte, est justement de nous faire progresser, découvrir, apprendre tout en nous racontant des histoires bien humaines…

 

Commençons juste par une précision de taille, la bataille de Midway est un engagement aéronaval et la bande dessinée passionnera autant les amateurs de la mer que ceux des avions… C’est peut-être même plus une bande dessinée touchant à l’aéronautique car on va suivre avant tout quatre aviateurs…

 

Cette bataille va opposer les forces nippones et les forces américaines, au début du mois de juin 1942. A ce moment-là, le Japon a tendance à tout réussir et les chefs militaires semblent invulnérables. Le Japon pense avoir l’occasion de détruire définitivement les forces aéronavales américaines en attirant les porte-avions américains dans un piège au niveau de l’atoll de Midway… C’est du moins le plan de l’amiral Yamamoto…

 

En fait, tout ne se passera pas comme prévu et cette victoire américaine marquera le début de la fin pour les Japonais même si la guerre durera encore 3 ans !

 

Revenons-en à la bande dessinée elle-même… Dans cette collection, à chaque fois pour chaque bataille, tout en racontant le général on s’intéresse au particulier. Là, il va s’agir du destin de quatre jeunes américains originaire de Pennsylvanie. Tout commence par l’arrivée à Pearl Harbor juste après le bombardement par les Japonais. Tout est détruit ou presque et c’est le temps de l’urgence. Nos quatre jeunes pilotes donnent un coup de main avant de recevoir chacun leur affectation… Doug ira à Midway, un lieu qui semble éloigné de la guerre tandis que les trois autres iront sur le Lexington pour deux d’entre eux et à Wheeler pour le dernier… On va donc suivre au départ ce fameux Doug qui va se retrouver au cœur du piège nippon…

 

Ce qui m’a beaucoup plu dans cette bande dessinée, c’est le ton utilisé par Jean-Yves Delitte – le scénariste – pour raconter la guerre. Ici, il n’y a pas les gentils et les méchants, les Japonais violents et les doux Américains… Il y a des soldats pris aux pièges de la guerre, qui s’interrogent, qui souffrent et finissent par mourir pour beaucoup d’entre eux… Un bateau qui coule, un bâtiment torpillé, un avion qui s’écrase dans le Pacifique, c’est à chaque fois une souffrance humaine, une tragédie individuelle avant d’être une fête nationale ou un mythe mémoriel… Oui, la guerre c’est avant tout moche !

 

Le dessin de Giuseppe Baiguera avait déjà retenu mon attention dans l’album Tsushima, une autre bataille navale japonaise. Il a beau être italien, il devient spécialiste d’un genre particulier, les forces navales japonaises… Il rend très bien les combats aériens et les parties navales sont parfaites et il ne pouvait pas en être autrement dans cette collection que je suis avec beaucoup de plaisir n’étant pas un spécialiste de l’histoire maritime. Au moins, avec ces grandes batailles navales, je finis par combler certaines lacunes historiques…

 

Chaque bataille peut être lue séparément et donc on peut parfaitement commencer avec ce Midway de Delitte et Baiguera !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 18 avr 2019

BD : Il est encore temps de découvrir Fun home !

J’ai lu en 2007 une des bandes dessinées les plus touchantes de ma vie. Elle va, immédiatement, rejoindre des ouvrages aussi forts et percutants, aussi humains et bouleversants, que « Pilules bleues », « Blankets », « Journal de mon père », c’est à dire ce qui restera comme des grands récits utilisant le mode narratif bédé. D’ailleurs, on n’ose plus classer ces ouvrages en bédé, on parle de romans graphiques, d’autobiographies dessinées, mais ce ne sont pas des albums bédé comme ceux que nous avons connus dans notre enfance. Car, sans rien enlever aux auteurs qui ont réjoui mon cœur pendant des années, je suis bien obligé de dire que la bande dessinée a mûri de façon étonnante ces dernières décennies et Alison Bechdel nous livre avec « Fun Home », un morceau de choix que je vous invite à découvrir le plus rapidement possible… Si je vous en parle aujourd’hui c’est que je suis en train de lire, de la même autrice, « C’est toi ma maman ? », et que je voulais que vous ayez « Fun home » en tête avant que je vous présente cette dernière…

 

« Fun Home » est un récit de 236 pages petit format, dessinées en noir et blanc, légèrement accompagnées d’une couleur bleue admirablement bien posée. C’est à la première personne car Alison Bechdel nous raconte sa jeunesse, la vie de sa famille jusqu’à la mort de son père. En fait, elle nous parle surtout de ses rapports avec son père, de ce qu’elle est devenue, et les deux sont, peut-être, pourquoi pas, liés…

 


Son papa était professeur de littérature dans une petite ville de Pennsylvanie. La famille habitait une vieille maison construite en 1967 et qui avait un petit quelque chose de néo-gothique. Mais la maison, qui pouvait faire riche, servait aussi de funérarium et le professeur de littérature pouvait se transformer en croque-mort. De quoi faire germer de nombreuses questions dans la tête d’un enfant…


Mais cette autobiographie est aussi l’histoire d’une femme qui se découvre homosexuelle et qui se demande pourquoi… fatalité… éducation… hérédité… Oui, la question est bien là, le pourquoi. Alison navigue entre certitude et interrogation, affirmation et doute, rencontre et recherche, parents et amis, livres et livres… Oui, la littérature est capitale pour cette jeune fille, fille d’enseignant de littérature. Je n’ai pas été capable de retrouver toutes les allusions littéraires mais un grand nombre sont assez universelles pour que le lecteur prenne beaucoup de plaisir avec cet ouvrage qui montre de façon indéniable que bande et dessinée et littérature peuvent faire bon ménage… Eh ! oui !!!


Serez-vous convaincus par Alison Bechdel ? Ce sera à vous de le dire après une lecture complète. Ce qui est certain, j’en suis sûr, c’est que nous avons là, dans les mains, un ouvrage d’une qualité extrême qui devrait ravir un grand nombre de lecteurs…


Moi, j’ai adoré et je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans ce livre qui laissera des traces indélébiles dans l’histoire de la bédé… et, bientôt, je vous parlerai de l’ouvrage qu’Alison Bechdel consacre à sa mère…

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 avr 2019

Une très belle collection citoyenne en BD !!!

Pour tous ceux qui en sont restés à des stéréotypes sur la bande dessinée, à tous ceux qui croient encore qu’elle n’est là que pour vendre de l’aventure à des jeunes hommes dénués d’imagination et faire rire des jeunes décérébrés, il est grand temps d’aller découvrir les bandes dessinées coéditées par les éditions du Seuil et Delcourt !

 

Il ne s’agit pas d’un coup commercial – même s’il n’est pas interdit de vendre beaucoup – mais bien d’une volonté d’offrir au lecteur des textes de qualité, solides et ouvrant à une réflexion profonde sur le monde d’aujourd’hui, sous la forme de bandes dessinées et donc beaucoup plus accessibles au grand public, ce qui n’est pas un gros mot ! Oui, il s’agit bien d’une vulgarisation ambitieuse et pédagogique !

 

D’un côté, les Éditions du Seuil possèdent un catalogue ouvert aux sciences humaines avec des enquêtes, des essais et des grands noms. De l’autre côté, un éditeur de bédés qui met tout son professionnalisme au service de ces auteurs engagés dans leur temps !

 

C’est en septembre 2017 que le premier titre est sorti mais entre-temps le coup d’essai a été confirmé et les titres se succèdent avec bonheur pour le lecteur que je suis… Les derniers titres sont tous simplement excellents et je voulais le signaler avant de revenir vous en parler en détail…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 avr 2019

L'art du sushi en bande dessinée... Miam miam...

Parfois, un titre peut être trompeur, plus exactement, il peut masquer une réalité, une force, une qualité. Quand vous voyez un ouvrage porter le titre « L’art du sushi », il est en gros impossible d’imaginer où tout cela peut vous emmener. De plus, s’il s’agit d’une bande dessinée, vous pouvez même avoir la vue parasitée par des a priori, des préjugés, des stéréotypes… Encore l’ouvrage d’un fan de manga qui va nous vanter la nourriture nippone…

 

 

Il y a quelques années, j’avais lu avec beaucoup d’intérêt une bande dessinée, « Les secrets du chocolat », de Franckie Alarcon. J’avais découvert un auteur curieux qui n’avait pas hésité à suivre le chocolatier Jacques Genin dans son atelier pour justement ne pas se contenter de banalités sur le chocolat. L’ouvrage était réussi, il donnait envie de déguster, de découvrir, de faire découvrir… Du coup, comme c’est aussi lui qui est l’auteur de « L’art du sushi », j’ai eu envie d’essayer…

 

Pourtant, ma culture du poisson est d’une toute autre nature que celle du sushi. Je mange et déguste le poisson depuis toujours, un poisson frais, péché en Bretagne et cuisiné avec amour… C’est ma mère qui m’a initié à cette cuisine et le poisson frais de Quiberon et Etel est venu me fournir au fur et à mesure la matière première… Tardivement, après un voyage dans le Pacifique de mon père, on a compris que l’on pouvait aussi manger avec plaisir du poisson cru… mais de là à passer au sushi, le chemin était long à franchir d’autant plus que je n’aime pas le riz, du moins c’est ce que je me disais…

 

J’ai donc ouvert cette bande dessinée avec curiosité, sans en attendre trop mais curieux de voir si j’allais changer d’avis sur la cuisine nippone, ou plus exactement un des aspects de cette gastronomie…

 

Je dis bien gastronomie, dans un premier temps, puisque Franckie Alarcon nous emmène directement chez l’un des grands maitres du domaine, Hachiro Mizutani, chef triplement étoilé ! Oui, cet « Art du sushi » nous conduit au cœur de la civilisation « sushi », au Japon. Néanmoins, on aurait pu se limiter à cette visite et c’est d’ailleurs passionnant ! Mais, et c’est bien là que l’ouvrage passe de belle curiosité à livre époustouflant, nous allons voyager à travers tous les aspects de cet art. Nous aurons donc le marché au poisson de Tokyo, la pêche, la culture des algues, le choix des riz, la fabrication du saké, la découpe du poisson, le sushi populaire, le sushi familial… Bref, quand on termine le livre qui se lit d’une seule traite comme un grand reportage de Kessel – non, je n’ai parié avec personne de replacer le nom de mon journaliste-auteur préféré dans cette chronique mais c’est venu comme une évidence – on n’a plus qu’une seule envie, celle de faire ses bagages pour le Soleil Levant…

 

Toutefois, avant de réaliser ce grand voyage, je fais de plus en plus attention au riz, aux différentes sortes de riz, à la cuisson, à la température, à la dégustation. Je ne suis pas devenu amateur de riz mais je reconnais que je ne connaissais pas du tout cette céréale !

 

Franckie Alarcon a réussi aussi à mettre en scène des explications culinaires et gastronomiques en les transformant en grande aventure ! Il fallait le faire mais sa narration graphique se prête totalement à cela et il sait en tirer avantage !

 

Cet ouvrage est donc destiné à un très large public du cuisinier au gastronome en passant par l’amateur du Japon et le fan de manga – culture nippone oblige – sans oublier, bien sûr, le gourmet de sushi qui trouvera là le B-A BA de son « art du sushi » !

 

Après le chocolat et le sushi, on se demande où pourra nous guider Franckie Alarcon pour son prochain album
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 avr 2019

Un thriller psychologique du tonnerre... en bédé !!!

J’appartiens au groupe de ceux qui ont découvert Timothé Le Boucher avec son ouvrage « Ces jours qui disparaissent » et je n’ai toujours pas eu l’occasion de découvrir ses autres ouvrages, en particulier « Skins party » ! Le premier album lu avait été le choc, la surprise, une sorte de bluff magistral qui m’avait presque laissé sans voix… Je me demandais, en fait, comment Timothé Le Boucher allait pouvoir poursuivre son travail en restant au même niveau qualitatif…

 

 

Puis, j’ai ouvert « Le patient » et j’ai oublié « Ces jours qui disparaissent ». Je n’avais rien lu sur ce nouvel opus, j’ai ouvert simplement avec cette petite pointe de curiosité que j’ai parfois en me demandant ce que j’allais trouver… Et je n’ai reposé l’ouvrage que lecture terminée… J’étais secoué, ébahi, touché profondément et admiratif pour cet auteur de 30 ans capable de réaliser un tel ouvrage !

 

Autant dire qu’écrire sur un tel album est assez complexe car avec le genre thriller le chroniqueur doit être prudent. Comment en dire assez pour donner envie et pas trop pour ne pas briser le suspense magistralement maitrisé par l’auteur. En fait, ce qui est rassurant c’est que les rebondissements étant très nombreux, le fond psychologique très dense et la narration graphique d’une efficacité diabolique, même si un ou deux éléments m’échappaient, vous seriez encore surpris toutes les dix ou quinze pages… et il y en a presque trois cents !

 

 

Tout commence la nuit, dans un village, avec une jeune fille qui erre, pieds nus, un couteau à la main… Les forces de l’ordre vont l’interpeller. Le sang dégouline sur elle… Et ainsi commence l’affaire du « Massacre de la rue des Corneille »…

 

En effet, dans une maison de ce bourg paisible, il y a des cadavres sauvagement assassinés, une famille entière est décimée… Un seul survivant, Pierre Grimaud, 15 ans, dans le coma profond…

 

Et c’est bien à partir de maintenant que je dois me taire sur le scénario car le thriller commence et le lecteur est à la merci de son scénariste Timothé Le Boucher… Ce scénario est parfaitement maitrisé et les informations arrivent au lecteur comme un goutte-à-goutte à l’hôpital, en dose homéopathique… La vérité prend forme, au fur et à mesure, et chaque fois que vous croyez avoir compris… un élément nouveau met à mal vos certitudes… Jusqu’à la fin qui laisse planer encore quelques doutes…

 

Les personnages sont tous crédibles, profondément humains, marqués par leurs expériences, leurs vies, leurs drames… C’est peu dire que ce thriller est psychologique car cette histoire se déroule essentiellement dans un hôpital avec des personnages à mobilité limitée. Ce qui est magistral chez Timothé Le Boucher et sa narration graphique, c’est de pouvoir transmettre au lecteur, avec le média bédé, un dialogue, par exemple, entre un malade et une psy, sur de nombreuses pages sans que le lecteur ressente le moindre ennui !

 

Le dessin est assez difficile à classer – mais faut-il toujours classer tout ? – mais on peut raisonnablement dire qu’il est réaliste, presque classique avec des phases où on pourrait parler de ligne claire, d’une certaine forme de ligne claire. Mais, car tout n’est pas simple, on a aussi quelques magnifiques séquences nocturnes d’un genre différent avec l’envie de plonger le lecteur dans l’angoisse, le mystère, le doute… Enfin, on peut affirmer que Timothé Le Boucher est aussi marqué par le manga et sa narration spécifique et à ce titre les yeux ont une importance capitale…

 

Enfin, pour clore cette chronique, disons que les thèmes sont multiples et presque tous aussi fascinants les uns que les autres… Il y a la vie, le temps, la culpabilité, l’importance de la parole, l’identité, le rapport au corps, la relation à l’autre, la confiance, la mort… Bref, si on réfléchit un peu, on parle ici de la vie humaine sous toutes ses formes… Et l’auteur n’a que trente ans !!!

 

On a envie de dire que si les petits cochons ne le mangent pas trop tôt… Mais il faut rester « patient » !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 avr 2019

BD : Mrs Prickly à Chalon...

Aujourd'hui, c'était la grande journée de la BD dans le cadre des 48H BD... Un lot de bandes dessinées vendues à prix modique pour faire découvrir des séries, des artistes, des titres... et à l'Antre des bulles, librairie spécialisée de Chalon-sur-Saône, une autrice pour faire dessiner les enfants puis dédicacer ses albums... Que du bonheur dans les yeux de ces enfants que j'ai eu le plaisir de croiser cet après-midi... Merci à Miss Prickly...
Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 avr 2019





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