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BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !


 

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BD : Jean-Pierre Gibrat, vous connaissez ?

Attention, cet ouvrage n’est pas une bande dessinée mais une rencontre avec un auteur remarquable de la bande dessinée contemporaine, Jean-Pierre Gibrat ! Voilà, c’est dit, on peut donc passer au plus important, le contenu de ce magnifique livre grand-format…

 

Il s’agit d’un très grand entretien mené par Rebecca Manzoni, journaliste, qui permet à cet auteur, Jean-Pierre Gibrat, de se livrer en profondeur avec délicatesse et humanité… On lit cela avec plaisir, bonheur comme si c’était un roman, mieux, comme s’il s’agissait d’une grande aventure humaine…

 

Le livre, réalisé par l’éditeur Daniel Maghem, est de toute beauté et cet entretien est illustré par des dessins en grand format… C’est finalement une immersion complète dans l’œuvre du dessinateur… De toute beauté !

 

Attention, si vous aimez Jean-Pierre Gibrat et que vous n’avez pas envie d’avoir un livre de plus dans votre bibliothèque déjà surchargée et ne pouvant accueillir un grand format, n’allez surtout pas l’ouvrir dans une librairie car vous n’arriverez pas le reposer…

 

Pour ceux qui passent par Paris, vous pouvez aussi allez voir l’exposition que Daniel Maghem consacre à Gibrat dans sa gallerie…

 

Pour les autres, bonne lecture car c’est passionnant !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mai 2019

Direction l'Eden... en compagnie de Carole Maurel !

Depuis qu’elle s’est mise à faire de la bande dessinée, j’ai été séduit par le travail de Carole Maurel. Chaque fois que j’ai pu, je l’ai interviewée, je l’ai écoutée et j’ai pris plaisir à comprendre sa narration graphique en profondeur. J’ai même réussi quelques fois à la confier à mes étudiants pour qu’ils aient la possibilité de rencontrer une autrice de qualité, une dessinatrice d’une efficacité remarquable et une personne très sympathique… Oui, pour moi, Carole fait partie de ces personnes qui illuminent et ensoleillent un salon BD…

 

Depuis quelques années, ses livres sont des moments de lectures fascinants : L’apocalypse selon Magda, Luisa Ici et là, Ecumes, Collaboration horizontale, En attendant Bojangles, Eden… Je me souviens même du premier album que j’ai lu, Comme chez toi, aux éditions KSTR… Mais, comme c’est étonnant de voir qu’en si peu de temps elle a acquis maturité, style, expérience… Oui, pour moi, sans aucun doute, Carole Maurel est une grande dessinatrice de bédés et une autrice à part entière !

 

Ce qui est fascinant c’est de voir qu’elle est capable de prendre une histoire qui n’est pas la sienne et de la faire vivre comme si c’était la sienne. Elle s’efface, elle se fond, elle s’intègre dans le travail des autres et le transforme pour en faire l’histoire absolue… Par exemple, je ne vais pas redire tout le bien que je pense de d’un ouvrage comme Ecumes, scénario d’Ingrid Chabbert, qui est une histoire autobiographique et très intime, Carole Maurel a eu à la fois deux sentiments immédiats : cette histoire était pour elle et ce serait probablement difficile de mettre des dessins adaptés sur une telle histoire !

 

En effet, le deuil est une affaire très personnelle et ce n’était pas le sien… Heureusement, grâce au texte d’Ingrid et à la confiance qu’elle va accorder à Carole, les images vont arriver pour rendre universelle cette reconstruction après le drame… Du coup, presque tous les lecteurs sont concernés et peuvent s’identifier à la maman qui tente de surnager dans les écumes bouillonnantes des flots terribles de la mort...

 

Pour son dernier travail, les deux tomes d’Eden, une belle histoire de science-fiction post apocalyptique de Fabrice Colin, elle a fonctionné de la même façon. Dès le départ, on est pris par un rythme, un style, une ambiance graphique. La patte de Carole Maurel agit instantanément… On ne peut pas lui échapper…

 

On est dans une ville américaine, San Francisco, quelques années après une apocalypse destructrice. La société s’est réorganisée et il y a comme des castes. Tout en bas, on rêve d’accéder aux hauteurs plaisantes… Heureusement, on peut le faire, mais c’est un incroyable concours que prépare avec beaucoup de concentration le jeune Jonas… Il faut dire que sa sœur Helix est déjà dans l’Eden car elle a réussi le concours…

 

Je ne vais pas vous offrir toutes les clefs de cette histoire très bien construite que j’ai lue avec beaucoup de plaisir. Certes, on va y retrouver quelques piliers de telles aventures comme : « on ne peut pas faire le bonheur des gens contre eux-mêmes », « les livres sont la véritable mémoire de l’humanité » et « on doit changer la monde par la révolte »…

 

Oui, sur le fond, ce n’est pas d’une nouveauté sidérante, c’est juste très profond, très humain, très bien raconté et dessiné et donc le lecteur pénètre avec délectation dans ce conte moderne et se demande comment tout va évoluer… La question est d’abord liée à l’univers d’Eden mais très rapidement il se concentre sur son propre monde car finalement la société d’Eden est certainement extrême mais peut-être pas si éloignée de celle de notre planète aujourd’hui… Allez savoir !

 

Il me semble, mais je peux me tromper que c’est la première fois que Carole Maurel travaille avec un homme comme scénariste. Pourtant, pour le lecteur, il ne semble pas qu’il ait de changement. Elle s’est approprié l’histoire, c’est bien devenu un peu la sienne et ça fonctionne… Généralement, par le passé, les scénaristes devenaient ses amies – Chloé, Ingrid, Navie pour ne pas les nommer – et j’espère qu’il en sera de même pour Fabrice car cela donne toujours une chaleur humaine à cet univers de la bédé…

 

J’ai hâte de rencontrer Carole Maurel pour cet Eden en espérant que l’entretien soit une véritable pause paradisiaque ce dont je ne doute pas un instant… Avec Carole Maurel, la discussion se prolonge toujours et on se croirait presque à ses côtés dans l’atelier avec des planches devant elle… Tout devient limpide, tout s’explique, tout semble si simple…

 

Bonne lecture à tous et rendez-vous dans cet Eden !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mai 2019

BD : Encore un petit verre de ce nectar d'Orient ?

J’ai déjà dit ma prudence devant l’avalanche de bandes dessinées qui nous parlent du vin, qui vantent ce nectar des dieux, qui chantent les louanges des terroirs sans oublier la mise en valeur du travail de ceux qui permettent à ces boissons sans égal de se glisser dans nos verres, du moins avec modération ! Seulement, voilà, devant la quantité d’histoires, poussé par ma passion de la vigne – on n’habite pas la Bourgogne depuis plus de vingt ans en restant indifférent au vin – et mon devoir professionnel de lecture, il m’arrive quand même de trouver de bons albums…

 

 

Quand la collection Vinifera a commencé, quand j’ai vu que c’était Eric Corbeyran le scénariste, je me suis dit que cela valait le coup d’en commencer la lecture mais je n’étais pas certain de poursuivre avec tous les albums. En effet, raconter la grande histoire du vin du départ jusqu’à nos jours, cela pouvait être un peu long et, peut-être même, lassant si le scénariste se contentait de nous proposer une petite histoire policière à chaque fois… Certes, le scénariste maitrise le genre, néanmoins, saurait-il varier assez pour ne pas user le lecteur ?

 

Une autre question me lancinait le cerveau… La grande histoire de la vigne et du vin… mais c’était une aventure gigantesque ! Comment allait-il faire pour aborder autant de vignobles et de vins… car sur la Terre, depuis l’arrivée de l’humanité, le vin existe presque partout ! Avec le dernier album, Les vins d’Orient, une partie de la réponse arrive…

 

En effet, d’une part il ne s’agit pas d’un polar et d’autre part on abordera plus d’un vin, plus d’un vignoble… En effet, le scénariste propose cette fois-ci une épopée commerciale et une petite aventure d’amour… Deuxième changement, on ne parlera pas d’un vin mais de plusieurs, le roi de Babylone ayant demandé à un des marchands de la ville de lui trouver le meilleur vin du monde, un vin à la hauteur de sa puissance !

 

Nous allons donc arpenter les terres antiques en compagnie de cet explorateur vinicole et œnologique à la recherche du nectar absolu. Pendant ce temps, Abban, le fils d’un viticulteur, lui, est à la recherche de celui qui pourra lui permettre de réaliser ce qu’il a promis à son père mourant : faire boire son vin à une tête couronnée !

 

Bon, il n’est pas question de vous dire s’il y arrivera ni de vous parler de ce nectar que je n’ai pas goûté. Ce qui est certain, par contre, c’est que l’album se lit avec plaisir, sans difficulté particulière, qu’un bon verre de vin d’Orient n’est pas inutile de façon à percevoir au fond du verre ces goûts si spécifiques que l’on retrouve en particulier au Liban… et enfin, que le scénariste Eric Corbeyran démontre qu’il est tout a fait capable de raconter le vin et les vignobles sans polar, crime et autre enquête !

 

Alors, ce constat pose quand même un problème majeur : faudra-t-il maintenant lire tous les albums de cette collection Vinifera ? Non, laissez-vous aller en fonction de vos choix, de vos goûts, du contenu de votre cave… Par exemple, le prochain sur ma liste est Le vin des papes et je crois avoir – enfin j’en suis certain – un bon petit Chateauneuf-du-Pape dans ma cave… Voilà une lecture qui s’annonce plaisante…

 

Donc bonne lecture et bonne dégustation, avec modération, de cette collection Vinifera… A bientôt !  

Imprimer - - par Bonnet Michel - 28 mai 2019

BD : Un nouveau Tanguy et Laverdure

En 1959, paraissait dans le premier numéro du magazine Pilote, les premières planches des aventures de Tanguy et Laverdure. Cette série était créée par deux des fondateurs du magazine mythique, Jean-Michel Charlier pour le scénario et Albert Uderzo pour le dessin. Je fais partie de ceux qui ont lu très vite cette série même si je ne saurais dire avec précision en quelle année j’ai commencé à apprécier, comprendre et suivre les deux pilotes français… C’était probablement autour de 1965/1966… Neuf-dix ans, quoi… Je ne sais pas ce qui me plaisait alors le plus… Les avions ? Les gags de Laverdure ? Les scènes d’action ? Quand je relis aujourd’hui les albums, je me dis que, durant de longues années, je ne devais rien comprendre aux histoires d’espionnage, pourtant centre réel de ces albums ! Qu’importe, j’aimais et j’aime encore les aventures de Tanguy et Laverdure !

 

Par contre, je l’avoue bien simplement, nous n’avions pas la télévision et je n’ai absolument pas suivi ces histoires en feuilleton TV…

 

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série, il faut se resituer dans ces années là, la Guerre froide, l’épopée Dassault et le succès d’une série qui dans le magazine Spirou – le concurrent – enchantait les lecteurs depuis 1947 et qui mettait, elle, en scène les aventure d’un pilote de l’Aéronavale américaine, Buck Danny ! On peut aussi signaler la série avec un pilote canadien dans le magazine Tintin, le troisième concurrent… Il s’agissait, bien sûr, de Dan Cooper, série née en 1954…

 

Mais, pour revenir à notre sujet du jour, cette année en 2019, Tanguy et Laverdure vont fêter leur anniversaire : 60 ans ! Et pour réussir cet évènement, Buendia, Cunin et Durant, nous offre dans la série « Une aventure classique de Tanguy et Laverdure », un magnifique album, Coups de feu dans les Alpes !

 

Dans cet album, on est dans le basique fondamental de la série. La France est sur le point de vendre à la Suisse des appareils Mirage III, on est en 1964 et ce contrat doit sembler trop juteux à certains… Campagne de presse, discussions politiques, pression de tous genres et même coups de feu dans les Alpes… Michel et Ernest sont envoyés avec le premier avion pour assurer la présentation et les premières formations… Comme dans les débuts de la série, les deux pilotes sont au cœur d’une affaire qui navigue délicatement entre crime, espionnage, diplomatie et commerce international…

 

Je concède volontiers que cet album ne peut pas plaire à tous les lecteurs. Il faut aimer les avions et le genre, mais, c’est important aussi, il faut accepter ce duo atypique avec un Ernest Laverdure toujours excentrique, farfelu, coureur et fidèle… enfin surtout en amitié !

 

Ce que j’aime dans cet album c’est le fait de me replonger dans des histoires de mon adolescence, de rappeler que le magazine Pilote va avoir 60 ans et que Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo avaient alors inondé les pages de Pilote de leur talent… Occasion, aussi, de citer ceux qui étaient à leurs côtés comme Giraud, Hubinon et Goscinny…

 

Un inconvénient majeur ! Oui, il y en a bien un… C’est à suivre ! Donc, il va falloir attendre presque un an pour connaitre la suite et la fin de cet épisode… Michel et Ernest réussiront-ils leur mission ? Quel suspense insoutenable !

 

En attendant ce deuxième album de l’histoire, Le pilote qui en savait trop, je vous souhaite une excellente lecture de Coups de feu dans les Alpes !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 26 mai 2019

BD : Encore une histoire de lune...

Et nous voici toujours dans notre exploration lunaire, si on peut parler ainsi. En effet, pour célébrer comme il se doit l’anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune, j’entreprends de lire ou relire une multitude – pas tous tant il y en a – d’ouvrages sur le sujet ou portant le nom de notre satellite naturel dans leur titre… Aujourd’hui, ce sera la série Lune d’ombre !

 

La première séquence de l’album nous emmène au cœur de la nuit dans une action commando. Le dessin, les couleurs, le rythme du récit, tout est fait pour que le lecteur retienne sa respiration et parte à l’aventure avec… mais là, la surprise est de taille, car c’est une femme que nous suivons… Je ne pense pas être machiste mais c’est surprenant de se retrouver avec une femme pirate, surtout dans le monde de la bédé qui, même s’il s’est bien ouvert, reste encore rempli de mecs pour diriger les aventures sur mer et sur terre…


Alors, vous reprenez la couverture et vous comprenez tout : les auteurs sont Sylviane Gorgiat et Christelle Pécout. Oui, deux femmes pour nous raconter une belle histoire de pirates… C’est d’ailleurs une histoire de femmes jusqu’au bout puisque la coloriste est Delphine Lacroix !


Alors revenons à l’histoire… Nous sommes au XIIIème siècle, dans un monde où l’Islam est dominant. Soledad est l’héroïne de l’histoire. Mais je ne voudrais pas tout vous dire sur elle, sur sa vie, son enfance, ses malheurs et ses bonheurs, ses envies de vengeance… Tout viendra petit à petit car le scénario est admirablement fin et les informations nous arrivent une par une, au bon moment, en images, ou par le texte, car c’est bien là une des qualités de cette série, la complémentarité entre texte et dessin. Voilà deux femmes qui ont bien raison de s’être mises ensemble pour nous bercer de leurs histoires…


Soledad est donc à la tête d’une équipe de pirates, elle récupère un prisonnier à la demande du régent d’Alep. Mais qui est-il ? Pourquoi a-t-elle accepté cette mission ? Seulement pour l’argent de la rançon ?


Mais tout cela ne serait qu’une banale histoire de pirate comme en racontaient Hubinon et Charlier, s’il n’y avait ce mystérieux pourvoir de Soledad et les conditions de son exercice… Oui, ce n’est pas simplement une simple aventure sur mer, c’est aussi un récit fantastique…


Dans ce premier tome, nous faisons connaissance avec les personnages et le passé de Soledad. Une jeunesse en Andalousie à l’a… non, j’ai failli tout vous dire et oublier que c’est vous qui devez lire avec plaisir et bonheur cet album, le premier de la série Lune d’ombre…

 

Il y aura quatre albums pour cette série qui quitte progressivement l’ambiance « pirates et aventures » pour se glisser dans un récit plus « Mille et une nuits » voir même conte mystique… Un très beau travail d’autrices qui aurait mérité meilleur accueil de la part des lecteurs mais ce n’est là que mon avis…

 
Bonne lecture !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 21 mai 2019

Alors, Tintin aurait réellement marché sur la Lune ?

La Lune a toujours intrigué, fasciné. L'homme l'a toujours regardé comme une belle femme, lui a attribué des pouvoirs magiques et à force de la regarder, il a voulu faire le grand voyage pour aller se promener à sa surface, explorer ses cavités cachées, bref, l'aventure lunaire avait commencé... Il semblerait que cette aventure ne soit pas entièrement close et c'est pour cela qu'il est important de revenir sur le passé... Or, l'humain n'a pas attendu 1969 pour fouler la poussière lunaire... Tintin avait bien précédé Neil Armstrong...

 

Je vous avais donc promis que nous prendrions le temps de lire ensemble cet album, On a marché sur la Lune, ne serait-ce que parce qu'il est la suite de Objectif Lune... mais, en fait, il est particulier, à part, si on peut dire et je vais tenter de vous montrer pourquoi... même si pour ce faire nous sortons des lectures habituelles de cet album que l'on classe beaucoup trop souvent dans une sorte de science-fiction pour la jeunesse...


Dès la couverture, nous comprenons bien que le personnage principal sera la fusée elle-même. Elle est au centre de la couverture et tintin qui nous dédaigne du regard est en train de l'admirer... et il a raison car c'est à elle qu'il va confier sa vie pour revenir sur cette bonne vieille terre... Remarquez, s'ils sont sur la lune, avec Haddock et Milou, c'est que le voyage aller s'est bien passé... Car, rappelez-vous...


Nous avions laissé, à la fin d'Objectif lune, la fusée en l'air, le départ avait bien eu lieu mais le contact n'était pas encore rétabli entre la terre et la fusée...


« Allô, allô, fusée lunaire ? Répondez... »


Mais voilà, le silence a continué pendant un an, date entre les deux aventures... 1953 pour Objectif lune et 1954 pour On a marché sur la lune. Mais, heureusement, un jour, les aventuriers voyageurs de la fusée ont repris conscience et le silence fut rompu.


« Allô, allô, ici fusée lunaire... C'est Tintin qui vous parle... Je viens de reprendre connaissance... Je vais voir comment se portent mes compagnons ».


Le voyage va pouvoir prendre une bien meilleure tournure... Enfin, tout irait bien si certains passagers ne se retrouvaient pas dans la fusée par erreur - les inimitables Dupondt qui se retrouvent dans ce voyage parce qu'ils n'ont pas évacué la fusée au moment du départ, enfin ils avaient confondu 1h34 du matin avec 13h34 ! - ou pour des raisons beaucoup plus malhonnêtes, ce Jorgen que Wolff a fait entrer clandestinement à bord... Mais nous aurons l'occasion d'en reparler... Mais Baxter, au sol, va pouvoir commencer à se faire du souci car qui dit astronautes supplémentaires dit réserves d'oxygène qui vont diminuer plus rapidement que prévu... Mais, il n'y a pas encore urgence...


Le voyage aller sera assez simple, enfin si on peut dire. Haddock va beaucoup étudier son traité d'astronomie (réserve personnelle de whisky) et, une fois imbibé, il voudra reprendre sa liberté dans l'espace et Tintin aura beaucoup de mal à le sauver ce qui lui donnera l'occasion de se lettre en colère avec une violence inhabituelle chez lui :


« Taisez-vous ! Vos excentricités ont failli nous coûter la vie à tous, vous compris !... Ça suffit comme ça, maintenant ! ... Vous allez rentrer tout de suite à bord ! ... Et essayez de vous conduire convenablement ! Entendu ! »


Cette séquence donnera à Hergé l'occasion de dessiner un Tintin en colère comme on en voit peu même s'il est dans sa tenue de scaphandre de l'espace...


Le deuxième fait marquant du voyage aller sera la pilosité abondante et colorée des Dupondt... Mais ce n'est pas une nouveauté car dans l'épisode Au pays de l'or noir nous avions déjà vu un tel phénomène... Néanmoins, en fusée, dans l'espace, ce n'est pas le meilleur moment pour une telle rechute... Vous pouvez aussi remarquer que lors de ces crises, il est beaucoup plus difficile d'identifier Dupont et Dupond... Sauf après un passage sous les ciseaux ou on peut de nouveau voir la différence... Allez, amusez-vous, n'ayez pas honte, tentez d'identifier les Dupondt dans les différentes vignettes, quelle que soit la couleur des cheveux, quelque soit la longueur... Pas toujours facile !


Puis, nous allons enfin arriver sur la lune avec ces mots historiques qui feront le tour du monde « Ça y est ! J'ai fait quelques pas ! Pour la première fois sans doute dans l'histoire de l'humanité ! On a marché sur la lune ! ». Vous remarquerez que ces phrases sont beaucoup plus connues et pertinentes que celles qu'utiliseront les Américains quand ils arriveront sur cette lune déjà explorée par Tournesol et son équipe, mais c'est souvent comme ça quand on arrive deuxième...


Hergé nous offre, alors, un grand nombre de dessins de la fusée mais aussi de paysages lunaires comme nous n'en verrons plus jamais... On peut remarquer qu'au niveau graphique, Hergé utilise des méthodes nouvelles ou inhabituelles pour lui, en particulier des vignettes de plus grande taille. On a le moment de l'approche de la lune par la fusée, puis l'alunissage, enfin les premiers pas humains sur la lune... A chaque fois, une belle fusée, la terre au loin, et des paysages lunaires qui montrent qu'Hergé devait bien avoir la tête dans la lune assez souvent...


La phase suivante est assez laborieuse, puisque Tournesol n'est pas venu là en vacances, il faut travailler, débarquer le matériel, explorer, comprendre ce qui se passe même si Haddock ne partage pas tout à fait le point de vue de la science incarnée, en particulier sur les « risques du métier », ces fameux météorites qui tombent sur la lune...


Pour retrouver le sourire, il va falloir attendre que les Dupondt posent le pied sur la lune... Eux aussi ont des mots inoubliables « Dire que nous foulons ce sol de la lune où jamais la main de l'homme n'a mis le pied ». Mais, personnellement, je pense qu'Hergé a commis une petite erreur. Comment se fait-il que les Dupondt qui n'étaient pas prévus dans ce voyage trouvent une tenue chacun, à leur taille, pour aller sur la lune ? Cela montre que même les meilleurs auteurs peuvent se laisser aller parfois à des facilités... Par contre, la notion d'oxygène est bien prise en compte, Tournesol annonçant très rapidement « Nos réserves d'oxygène étaient prévues pour quatre personnes et un chien, et non pour six comme c'est le cas... Nous allons être obligés de réduire notre séjour à dix jours ». Donc moins de temps, plus de travail...


Durant une des explorations lunaires, Tintin aura l'occasion de se mettre en danger pour sauver Milou et c'est Haddock qui lui sauvera la vie. Cela montre que cette notion d'amitié est toujours très forte chez Hergé même quand ses personnages se sont autant éloignés de la bonne vieille terre... Haddock avait été sauvé par Tintin dans l'espace, maintenant c'est l'inverse sur la lune, match nul, enfin pas si nul que cela, c'est encore une grande victoire de l'amitié, le seul sentiment qui semble animer Hergé, euh, non, Tintin...


Mais voilà, depuis que Tintin et Haddock étaient partis de Moulinsart, ils étaient surveillés, espionnés... Cette expédition lunaire intéressait une autre nation... et un espion était à bord. Et à partir de la page 39, le drame se met en place et le danger devient omniprésent... Jorgen, l'espion, a un allié, Wolff, le traître... Dès que l'on apprend la trahison de Wolff on se souvient de certaines scènes d'Objectif lune... Oui, Hergé nous avait tendu des perches mais nous n'avions pas voulu les saisir : comment, Wolff, ce fidèle savant ami de Tournesol, le traître, ce n'est pas possible ! Comment aurions nous pu imaginer qu'il avait le démon du jeu et que tout cela serait la conséquence de ses dettes ?... Cette trahison a d'abord pour effet de permettre à Hergé de distiller son suspens. Les « méchants » veulent repartir pour la terre sans une partie des membres de l'expédition... Puis, une fois que la situation a été retournée par Tintin, la question de l'oxygène devient de plus en plus cruciale : un personnage de plus à respirer, Jorgen, et de multiples délais supplémentaires pour remettre la fusée en état après les tentatives de départ avancé de Jorgen et Wolff...


Le retour va être terrible, enfin surtout pour les nerfs des lecteurs... La fusée, cette fameuse fusée tant admirée, prend d'abord la direction de Jupiter, ce qui n'est pas le chemin le plus court pour rentrer à Moulinsart... En suite, Jorgen, qui était prisonnier avec Wolff, se libère, après une mauvaise manipulation des Dupondt qui décidément ne feront que des bêtises dans cet album... Il veut reprendre la situation en main... Mais au moment où il veut tuer nos amis, Wolff a un dernier sursaut d'honneur et il provoque une bagarre... Un coup de feu éclate, personne ne peu rien n'y faire, pas même Tintin, et Jorgen meurt... Ce n'est pas très habituel, dans les albums d'Hergé, d'avoir des morts, des cadavres. Certes, Tintin n'est pas le tueur, mais c'est assez important pour que nous tentions de comprendre pourquoi les évènements évoluent de la sorte. En fait, Wolff ayant trahi les héros, le bon Tournesol, en particulier, il fallait qu'il puisse se racheter car il n'était pas fondamentalement mauvais, il était plus une victime passive, un lâche mais pas un mauvais. En tuant Jorgen, il le met sur le chemin du rachat. Mais, comme les réserves d'oxygène sont encore très incertaines, ce geste ne suffit pas. Il faut qu'il aille plus loin sur ce chemin de la délivrance de sa conscience et dans cette situation on trouve chez Hergé des relents de visions judéo-chrétiennes de la faute et du pardon. Wolff va donc se suicider pour laisser un peu plus d'oxygène aux autres. Il laisse un message d'adieu : « pardonnez-moi le mal que je vous ai fait ».


Hergé a certainement des difficultés dans sa vie. Les relations avec sa première femme, l'envie de repartir à zéro, de vivre une autre vie, de s'assumer tel qu'il est, de relever la tête après la période d'après guerre où il fut accusé de collaboration, ou plus exactement de sympathies pour l'occupant allemand... Mais peut-on se racheter une virginité ? Non, il le sait bien, Wolff n'a aucune chance de s'en sortir même s'il écrit dans son message « Quant à moi, peut-être un miracle me permettra-t-il d'en réchapper aussi. ». Mais il sait que Wolff va mourir et il ne se fait aucune illusion sur lui... Il souffre de savoir que lui aussi devra un jour mourir et se retrouver devant son destin, assumer tous ses actes... mais, il n'ira pas plus loin dans cet album et quelques années après il commencera une thérapie et nous offrira le magnifique album Tintin au Tibet...


Cet album, On a marché sur la Lune, n'est pas le meilleur de la série car une grande partie de l'histoire se déroule dans un volume très restreint : une fusée, un char lunaire, un scaphandre... Il manque à Hergé le champ des aventures qui généralement est limité, et encore, par des frontières...

 

Dès l'album suivant, il enverra ses amis à l'étranger pour des aventures plus classiques. Mais j'aime cette histoire dans une fusée, cette sorte de huis-clos, qui a permis à Hergé de monter qu'il était un véritable auteur pouvant s'adapter à toutes les situations, y compris les plus délicates...

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 mai 2019

BD : Commençons à parler de cette fameuse Lune...

Cette année, nous allons fêter l’anniversaire du voyage d’Apollo 11 sur la Lune. C’était, il y a cinquante ans… Cinquante ans déjà ! Mais, on oublie bien souvent que cette Lune, ce satellite de la Terre, fascine depuis la nuit des temps les hommes ! Certains l’ont transformé en déesse, en mystère, en El Dorado… et d’autres ont juste pensé le voyage pour y aller comme Jules Verne. Mais il ne faudrait pas oublier que c’est Tintin, grâce à une fusée construite par le professeur Tournesol, qui a fait les premiers pas sur la Lune !

 

D’ailleurs ce n’est pas un secret ni un tabou, une grande ville du Sud-Ouest, Bordeaux, a même donné le nom de Professeur Tournesol à une esplanade ! Une magnifique reconnaissance, non ? Alors, nous aussi, à notre façon, rendons hommage à Tournesol, Tintin et Hergé… Et, tout d’abord, Objectif Lune !

 

Parler de cet album Objectif lune, c’est rendre hommage au professeur Tournesol, un des plus grands savants de notre époque. Il fut brillant, inventif, curieux de tout, à l’origine des lasers, de la télévision, des sous-marins, des réacteurs nucléaires… et j’en oublie obligatoirement tant on ne peut lister toutes ses inventions… Alors, Objectif lune, c’est sa consécration comme astrophysicien, c’est une partie importante de sa biographie, c’est le moment où Hergé décide de nous le révéler dans sa grandeur, dans sa réalité…


Le professeur Tournesol entre dans l’œuvre d’Hergé au début du Trésor de Rackham le Rouge, de façon modeste, comme un professeur illuminé et sans grande importance. Pensez donc, sa grande invention serait le lit qui se replie dans la journée pour permettre aux habitants des appartements restreints d’avoir un peu plus de place pour vivre… Mais, par la suite, il prend de l’importance. Dans le duo Les 7 boules de cristal et Le temple du soleil, il est indiscutablement le héros, le centre… Même Haddock a pour lui des mots sympathiques et tendres… Mais, il faut savoir attendre pour mesurer la grandeur d’un homme. Dans Objectif lune, nous allons le retrouver au centre de recherches atomiques de Sbrodj, en Syldavie. Oui, il est si connu et célèbre qu’une nation étrangère lui offre un poste de chercheur, non, encore mieux, un titre de directeur de la section astronautique ! C’est ainsi que, secondé par l’ingénieur Frank Wolff, il prépare une fusée pour aller sur la lune… Mais Tintin et Haddock ignorent encore tout cela quand ils rentrent dans ce bon château de Moulinsart.
Car tout commence par un retour au château de Haddock. Tintin, Milou et le capitaine semblent revenir d’un long voyage, au moins un mois d’absence car ils vont apprendre de Nestor que le professeur Tournesol est parti depuis déjà trois semaines… Mais on ne sait pas où il est… Heureusement, un télégramme arrive de Syldavie pour donner des indications précieuses : « Venez me rejoindre »… Et nous revoilà partis dans une grande aventure !


En haut de la page 2, on peut remarquer que Milou est entrain de tester les escaliers du château. En fait Hergé expérimente les possibilités de cet escalier et il y reviendra par la suite, dans une autre aventure dont nous parlerons par ailleurs. Sur cette même page, dans l’avion de la compagnie syldave, un sinistre personnage fait son apparition, il semble prêter attention aux paroles de Haddock, surtout quand il prononce le nom de Tournesol. On commence à se douter que ce voyage ne sera pas de tout repos… Mais cet homme restera dans l’ombre, on n’en saura pas trop sur lui et Hergé restera plus prudent que dans L’étoile mystérieuse en s’abstenant de lui donner un nom, une appartenance ethnique ou religieuse… Mais nous sommes en 1953 et l’auteur a tiré les leçons du passé, au moins dans les formes…


C’est au moment où nous réalisons que cette histoire tourne à l’espionnage, qu’elle présente de nombreux dangers potentiels, tant pour Tournesol que pour nos amis cherchant à le rejoindre, que Hergé va s’offrir une petite série de gags avec notre cher capitaine… Notre marin est un grand amateur de whisky et on veut lui mettre de l’eau minérale dans son alcool, lors du voyage – quel scandale ! – et à l’aéroport de Klow, un douanier, après avoir découvert la réserve de whisky de Haddock, lui demande une petite amende de 875 khors de droits de douane… On croit qu’Hergé s’égare mais en fait dans cette histoire on va pouvoir constater qu’un grand nombre de frasques de Haddock sont créées pour alléger l’histoire. Tournesol sera le savant, Tintin le sauveur et Haddock le clown… Un peu simplificateur mais très proche de ce que le lecteur va découvrir de page en page… Pour ce qui est de Haddock, c’est facile à vérifier…page 4, il se retrouve avec sa casquette complètement enfoncée, page 5, Haddock subit un lavage de tête à l’eau minérale, page 7, il s’assomme en sortant de la voiture, page 8, re-choc avec Tournesol qui l’embrasse en gardant son casque, page 11, il prend feu en voulant fumer avec l’appareil auditif de Tournesol, page 13, il tombe à la renverse en visitant la centrale nucléaire, page 16, le voilà repeint en rouge pour l’hiver, page 26, le gag de la chaise devrait plaire à tous les lecteurs ayant gardé une âme d’enfant… On pourrait continuer la liste jusqu’à la fin de l’album, mais je préfère vous laisser effectuer une lecture spéciale en regardant toutes les anecdotes avec le capitaine Haddock dans cet album… A vous de jouer ! Mais, en fin d’album, lorsque la tension est la plus forte, Haddock ne sera plus là pour faire rire et on oubliera facilement son encyclopédie en trois volumes…


Mais le comique ne viendra pas seulement de Haddock. D’ailleurs le capitaine n’est là que la première étape du rire, il fait rire mais en laissant le lecteur dans l’histoire. Le « comique impasse », celui qui égare le lecteur, est incarné par le duo, classique mais irremplaçable, des Dupondt… Dès leur arrivée, en confondant tenue grecque avec tenue syldave, ils donnent le ton général de leurs interventions et il faut bien comprendre que ce décalage total finira dans la tragédie car s’ils… mais c’est encore trop tôt pour en parler…


Mais n’est-il pas temps de parler de ces Dupondt… Quand j’étais petit, je croyais que c’étaient des jumeaux, mais je me trompais. Dupond et Dupont, deux orthographes de nom, deux personnes distinctes, deux origines différentes… Hergé a probablement pensé et pris modèle sur deux jumeaux de sa famille, mais il veut aussi montrer que pour lui mes policiers sont uniformisés par leurs tenues, leurs formations, leurs missions… Ils les montrent d’une bêtise incroyable depuis leur première apparition et ce n’est pas dans cet album qu’ils retrouveront un peu de crédibilité… Mais puisqu’ils sont différents comment fait-on pour distinguer Dupond et Dupont ? En fait, ce n’est pas très compliqué : Dupond, d comme droite, a une moustache qui tombe de façon droite… Dupont, t comme tordue, a une moustache qui se rebelle en tombant… Et voilà, maintenant, vous saurez comment les distinguer ce qui ne vous apportera rien au niveau de l’histoire, mais vous pourrez faire chercher les autres…


Mais dans Objectif lune, on va assister à une super séquence Dupondt… Durant 39 vignettes, sur trois pages, Hergé s’amuse avec ces deux imbéciles heureux. Rien de nouveau pour le lecteur, pas d’avancée dans l’histoire, juste une présentation de la bêtise incarnée avec les Dupondt qui finissent par arrêter un squelette ! Mais page 25, quand la séquence est enfin terminée, Hergé nous montre que le drame, lui, est bien en train de se mettre en place, c’est sobre mais efficace, moquerie et récit fondamental se suivant de très près… « OK ! Leur fusée est à nous !… »


Car, Objectif lune, est bien avant tout, une histoire forte. Tournesol veut envoyer une fusée sur la Lune pour permettre à l’homme de fouler le sol du satellite naturel de la Terre pour la première fois. Cet album est celui de la préparation, le suivant, On a marché sur la lune, sera celui de la réalisation comme nous avions eu chez Jules Verne De la terre à la lune et Autour de la lune… Mais, si on peut parler de science fiction, on peut aussi dire qu’il s’agit de politique fiction car Hergé se lance dans la conquête de l’espace juste avant que les Etats-Unis et l’URSS se fassent une guerre terrible pour cette aventure dans l’espace… Mais voilà, les Syldaves aidés par Tournesol seront les plus rapides…


Dans Objectif lune, nous aurons donc une aventure scientifique, un emballage plein d’humour – de tout cela nous avons déjà parlé – mais il y aura aussi la partie d’espionnage. Et pour cela, il faut une avancée scientifique – ce sera la fusée nucléaire de Tournesol – une nation étrangère désireuse de venir voler un secret – la Bordurie – et un traître – mais je ne vais pas vous donner son nom tout de suite car je pense que si l’un d’entre vous lisait cet album pour la première fois, le suspens demeurerait jusqu’au deuxième épisode de cette histoire – et nous voilà partis dans cette grande aventure…


Mais un des personnages essentiels de cette histoire est un objet qui va faire très rapidement le tour de la terre, au sens propre comme au sens figuré, que l’on peut acheter, malheureusement à prix d’or, en petit format ou en très grand… Il s’agit de cette fameuse fusée rouge et blanche, que l’on découvrira d’abord en petit format avec le prototype X-FLR 6 puis en version définitive à la page 42, le jour où Tournesol veut prouver à Haddock qu’il n’est pas un zouave… Mais voilà, ce jour là, un drame va se produire et personne ne l’avait envisagé : Tournesol, en faisant visiter la fusée, tombe, se cogne la tête et perd la mémoire… Le mammouth – le nom sous lequel les espions le désignent – ne peut plus continuer son travail de préparation au voyage lunaire… Le projet va-t-il capoter à cause d’une anodine chute ? Non ! Le capitaine Haddock va finir par aider Tournesol à revenir dans la réalité et pourtant le capitaine n’est pas celui qui souhaite le plus aller sur la lune puisque au moment d’embarquer il dit à Baxter, le directeur de la base : « Ecoutez, Monsieur Baxter, si vous y tenez vraiment, si je puis vous céder ma place… »… Mais, rassurez-vous, les passagers pour la lune vont bien embarquer, Tournesol, Tintin, Milou, Haddock et Wolff… Et voilà notre fusée qui décolle…


Mais avant de lire la suite des aventures dans l’espace de nos héros préférés, prenons encore quelques minutes pour découvrir les petites séquences consacrées à Milou, avec un chat, page2, avec une porte, page 7, avec sa tenue spéciale, page 12, 14 et 16, avec des ours, page 20 et 21, avec Wolff, page 27, avec la pipe de Haddock, page 31, avec une souris, page 38, lors de son essayage de scaphandre lunaire, page 51 et, enfin, lors du décollage de la fusée…
Comme nous l’avons déjà vu ensemble, il arrive parfois qu’Hergé nous fasse quelques clins d’œil, en particulier en dessinant des proches, des membres de son équipe des studios Hergé, c’est le cas dans cet album… A vous de chercher, par exemple, ce cher Edgar P Jacob, l’auteur des aventures de Blake et Mortimer, mais aussi un grand collaborateur d’Hergé, en particulier pour la mise en couleur de certains albums dans les années de guerre…


Il ne nous restera plus qu’à lire prochainement la suite de cette histoire tout à la gloire scientifique du professeur Tournesol dans On a marché sur la lune… Tintin et Neil Armstrong, même combat, même objectif, Objectif Lune !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 16 mai 2019

J'ai lu pour vous : «l'HISTOIRE DU CORBAC AUX BASKETS »


Genre bandes dessinées, j’en suis restée longtemps à Tintin, Achille Talon, Astérix, Gaston Lagaffe, Boulle et Bill, les Daltons … mais aussi parce que j’adore le graphisme, à Enki Bilal, Druillet, Corto Maltese, Reiser, la série des XIII …



Et puis … silence radio sur le genre pendant de nombreuses années.

Jusqu’à hier, lors d’un échange de lecture dans le cadre « ETES-VOUS LIVRE, SAMEDI ? » organisé par la bibliothèque municipale de Chalon-sur-Saône, dans la jolie salle de l’ESPERLUETTE.

Un lecteur assidu des réunions mensuelles, dont je ne connais pas le nom mais que je remercie, a présenté la bande dessinée « LE CORBAC AUX BASKETS » … de FRED.

Un choc de bande dessinée, tant par l’histoire que par le graphisme, qui m’a fait courir -enfin à la vitesse de la mienne, mamy de 70 ans- jusqu’à la librairie l’Antre des Bulles, située rue au Change à Chalon-sur-Saône.

L’histoire du CORBAC AUX BASKETS est un album de bande dessinée de FRED paru en 1993.

Résumé de l’histoire : « « Un matin, Armand se réveille, se regarde dans la glace et s'aperçoit qu'il est devenu corbeau.
Corbeau avec un bec, des plumes, et en plus, il a des baskets aux pieds » ».


S’inquiétant de devoir raser ses plumes … en place de ses poils … il va consulter …

Sauf, que le psy qu’il va consulter, Monsieur Verlé Corbo … est muni d’un immense stylo MONT BLANC et d’un ARROSOIR sur la tête …

Angoisse !!

Bande dessinée magnifiquement décalée … drôle, triste, obligeant à la réflexion sur « ce que je suis », « qui suis-je », « où vais-je » … au graphisme de toute beauté.


Article et photos : Christiane Chapé

Imprimer - - par christiane chapé - 12 mai 2019

On peut parler du terrorisme en BD ? Oui !

Depuis quelques années, le terrorisme est entré dans nos vies. Ce fut violent, dramatique et parfois même incompréhensible… Pourquoi en venir à de tels actes ? Qui sont ces terroristes ? Comment devient-on terroriste ? Et ces questions assaillent tout le monde y compris les journalistes, les politiques, les gendarmes, les militaires… Doan Bui est journaliste, mère de deux filles, épouse… et, elle aussi, se pose ces terribles questions…

 

Elle va suivre le fameux procès de Merah et va tenter de comprendre… et ce n’est pas simple !

 

Avec Leslie Plée, autrice de bédés que j’aime beaucoup, elles vont rendre compte de ce procès en bande dessinée et tenter de nous mettre sur la piste de réponses acceptables pour ces maudites questions…

 

Au départ, le lecteur – en tous cas ce fut mon cas – reste un peu en marge du débat de fond. On voit comment les journalistes se préparent à l’évènement mais on a un peu le sentiment que tout est clair, que les terroristes sont les méchants, point barre et que rien de tout cela n’est si important à comprendre…

 

Puis, le débat de fond arrive… On a un procès Merah mais c’est le frère qui est dans le box, l’assassin est mort, lui. Y aurait-il eu un frère dans le box des accusés si le frère avait survécu ? Déjà là on commence à vaciller sur nos bases de justice et de démocratie…

 

Ce procès est beaucoup suivi mais j’ai le sentiment que ce fut de façon bien inégale. En effet, s’il y a bien une classe politique et médiatique qui suit tout de cette « rencontre » judiciaire, il y a aussi beaucoup de Français qui cherchent plus à oublier cette affaire et les autres qu’à comprendre les motivations des uns et des autres. Cet aspect est très bien rendu dans le récit par le point de vue de la journaliste Doan Bui, celui de ses amis professionnels et bien sûr le regard de sa propre famille… Cette dernière aimerait que tout cela se termine au plus vite… 

 

Mais cet ouvrage pousse surtout le lecteur dans ses derniers retranchements… Comment dire ce qu’est un terroriste ? Comment expliquer un acte terroriste ? Peut-on pardonner à un terroriste ? Comment entendre le récit de vie de ces terroristes par leurs frères, leurs sœurs, leurs parents, leurs amis ? Comment réfléchir par soi-même sur ces questions sans répéter bêtement ce que nous avons entendu dans les médias, dans les discours politiques, dans les discussions de comptoirs… Ce serait si facile si d’un côté il y avait les gentils, les bons, les blancs… et de l’autre les méchants, les terroristes, les noirs… Seulement, comme le dit Goldmann dans une chanson, la vie voyage plus entre le gris clair et le gris foncé que le blanc et le noir… C’est ainsi !

 

Cet ouvrage n’apporte d’ailleurs pas de réponse tranchée, il fait juste réfléchir le lecteur et c’est si bon de réfléchir, en prenant son temps, le temps d’une lecture éclairée par un texte plein d’humanité et un délicieux dessin parfaitement adapté à la gravité du sujet… Ce livre est salutaire et il faut le faire lire, en particulier à tous ceux qui se contentent de banalités sur le sujet sans jamais réfléchir…

 

On pourrait conclure de la façon suivante… Auriez-vous couvert ce procès Merah ? Auriez-vous défendu Merah comme Eric Dupond-Moretti ? Quel aurait été votre verdict judiciaire ? Et vous vous poserez beaucoup d’autres questions en lisant ce très bon ouvrage, cette très belle bande dessinée et je considère qu’il faut beaucoup de courage pour se lancer dans l’écriture d’une telle publication ! Merci du fond du cœur à Doan Bui et Leslie Plée !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 mai 2019

Cléopâtre en bande dessinée... mais quel nez !!!

Cléopâtre est une reine qui a toujours fait rêver, du moins les grands de ce monde de Jules César à Marc-Antoine… sans oublier un certain Astérix qui la trouvait presque à son goût ! Mais qui connait réellement cette reine ? Peu de monde, en fait… Il est donc temps de découvrir cette Cléopâtre à travers la bande dessinée… Signalons quand même, avant de plonger dans le monde des bulles, que les deux biographies de Jules César en ma possession, celle de Eberhardt et celle de Robert Etienne, développent avec beaucoup de détails et arguments cette liaison qui partit probablement d’un coup de cœur entre un homme vieillissant et une jeune reine fascinante…

 

 

Mais revenons-en à la bande dessinée et tout d’abord à cet album mythique, Astérix et Cléopâtre. Sixième épisode des aventures d’Astérix le Gaulois qui est né en octobre 1959 et donc qui va fêter ses 60 ans cette année ! L’album avec le nez égyptien… désolé, j’étais aussi distrait que Panoramix quand il découvre ce nez pour la première fois, donc, disais-je, cet album est sorti en 1965 après une prépublication dans le magazine Pilote. Pour moi, c’est le plus abouti des albums de Goscinny et Uderzo… J’en ai déjà parlé longuement et donc je ne vais pas tout reprendre ici mais il montre la confrontation entre César et Cléopâtre, entre Roma et Alexandrie… Par contre, il passe sous silence de nombreux éléments de l’histoire, ce qui est bien normal car les auteurs n’avaient nullement l’ambition de faire œuvre d’historien… on oublie donc que Cléopâtre était marié à son frère, qu’elle était d’origine grecque, qu’elle avait beaucoup de différence d’âge avec Jules César… et que ce dernier n’était pas encore dans une position de force absolue à Rome… Il faut donc lire et relire Astérix et Cléopâtre mais juste pour découvrir le talent d’un scénariste, René Goscinny…

 

 

Pour Cléopâtre, on pourra lire avec plaisir le tome V du Troisième fils de Rome, Marc Antoine et Cléopâtre, de Moënard, Fonteriz et Baldo. Là, une fois encore, la fiction prend le dessus sur l’histoire. Mais c’est un parti pris des auteurs, car Romulus et Remus n’étaient pas seuls enfants de la louve, un fils secret était là et il aurait créé un ordre secret et noir pour détruire la ville de ses frères… Mais très vite, chaque album raconte un épisode de l’histoire de Rome en laissant peu de place à la fiction, trop peu de place diront certains… ici, dans ce tome V qui peut être lu indépendamment des autres, on va découvrir les dernières années de la République romaine et cette fameuse Cléopâtre qui après avoir aimé César tombera dans les bras de Marc Antoine… Une fin dramatique sans que l’on puisse dans cet album percevoir tous les tenants et aboutissants…

 

Mais donc la question demeure, qui est cette fameuse Cléopâtre ? Là, il y a en bande dessinée une belle réponse, la biographie en plusieurs volumes de Marie et Thierry Gloris (pour le scénario) et Joël Mouclier (pour le dessin). Cette Cléopâtre, La reine fatale, série dont deux volumes sont déjà sortis, est très bien construite et le lecteur va plonger dans la connaissance d’une reine, d’un empire et de ses liens avec Rome… Ici les auteurs se sont taillé un chemin entre histoire et mythe, entre réalité et mythologie, entre clichés et rétablissements de vérités… Cela fonctionne très bien, on lit avec enthousiasme et plaisir, le dessin n’est pas figé et Jules César a bien les cheveux blancs, du moins ceux qui lui restent… J’ai beaucoup aimé cette lecture historique et cela m’a donné envie de découvrir qui était cette reine inconnue car finalement on ne la connait pas ou fort peu… Décédée à moins de quarante ans et enterrée avec son dernier amant, Marc Antoine, dans un mausolée que l’on n’a toujours pas retrouvé… tout dans sa vie porte à la construction d’un mythe ! Et les auteurs jouent remarquablement bien avec ces éléments-là ! Précisons que le dessin de Joël Mouclier est parfait pour rendre les expressions des personnages et donner une vie à cette cour lointaine… Une excellente bande dessinée !

 

Oui, il y a donc moyen de découvrir une reine égyptienne avec la bande dessinée et de naviguer entre réalité et mythe… Il faut dire que l’on chuchote depuis Suétone que si le nez de cette reine avait été différent, la face du monde eut pu changer !

 

Alors, bonne lecture à tous !  

Imprimer - - par Bonnet Michel - 24 avr 2019

Midway ? Une bataille, une bande dessinée et c'est à découvrir !

Nous ne sommes que de pauvres Français et à ce titre nous connaissons très mal l’histoire du monde. Ce n’est pas de notre faute, c’est que nous n’apprenons l’histoire qu’à travers le prisme étroit de celle de l’Hexagone… Du coup, si on nous dit bataille de Midway, nous ne savons pas trop que penser… Les plus érudits osent affirmer, du bout des lèvres, « Guerre du Pacifique » mais, là encore, sans aller beaucoup plus loin… Le mérite de cette collection « Les grandes batailles navales », dirigée par Jean-Yves Delitte, est justement de nous faire progresser, découvrir, apprendre tout en nous racontant des histoires bien humaines…

 

Commençons juste par une précision de taille, la bataille de Midway est un engagement aéronaval et la bande dessinée passionnera autant les amateurs de la mer que ceux des avions… C’est peut-être même plus une bande dessinée touchant à l’aéronautique car on va suivre avant tout quatre aviateurs…

 

Cette bataille va opposer les forces nippones et les forces américaines, au début du mois de juin 1942. A ce moment-là, le Japon a tendance à tout réussir et les chefs militaires semblent invulnérables. Le Japon pense avoir l’occasion de détruire définitivement les forces aéronavales américaines en attirant les porte-avions américains dans un piège au niveau de l’atoll de Midway… C’est du moins le plan de l’amiral Yamamoto…

 

En fait, tout ne se passera pas comme prévu et cette victoire américaine marquera le début de la fin pour les Japonais même si la guerre durera encore 3 ans !

 

Revenons-en à la bande dessinée elle-même… Dans cette collection, à chaque fois pour chaque bataille, tout en racontant le général on s’intéresse au particulier. Là, il va s’agir du destin de quatre jeunes américains originaire de Pennsylvanie. Tout commence par l’arrivée à Pearl Harbor juste après le bombardement par les Japonais. Tout est détruit ou presque et c’est le temps de l’urgence. Nos quatre jeunes pilotes donnent un coup de main avant de recevoir chacun leur affectation… Doug ira à Midway, un lieu qui semble éloigné de la guerre tandis que les trois autres iront sur le Lexington pour deux d’entre eux et à Wheeler pour le dernier… On va donc suivre au départ ce fameux Doug qui va se retrouver au cœur du piège nippon…

 

Ce qui m’a beaucoup plu dans cette bande dessinée, c’est le ton utilisé par Jean-Yves Delitte – le scénariste – pour raconter la guerre. Ici, il n’y a pas les gentils et les méchants, les Japonais violents et les doux Américains… Il y a des soldats pris aux pièges de la guerre, qui s’interrogent, qui souffrent et finissent par mourir pour beaucoup d’entre eux… Un bateau qui coule, un bâtiment torpillé, un avion qui s’écrase dans le Pacifique, c’est à chaque fois une souffrance humaine, une tragédie individuelle avant d’être une fête nationale ou un mythe mémoriel… Oui, la guerre c’est avant tout moche !

 

Le dessin de Giuseppe Baiguera avait déjà retenu mon attention dans l’album Tsushima, une autre bataille navale japonaise. Il a beau être italien, il devient spécialiste d’un genre particulier, les forces navales japonaises… Il rend très bien les combats aériens et les parties navales sont parfaites et il ne pouvait pas en être autrement dans cette collection que je suis avec beaucoup de plaisir n’étant pas un spécialiste de l’histoire maritime. Au moins, avec ces grandes batailles navales, je finis par combler certaines lacunes historiques…

 

Chaque bataille peut être lue séparément et donc on peut parfaitement commencer avec ce Midway de Delitte et Baiguera !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 18 avr 2019

BD : Il est encore temps de découvrir Fun home !

J’ai lu en 2007 une des bandes dessinées les plus touchantes de ma vie. Elle va, immédiatement, rejoindre des ouvrages aussi forts et percutants, aussi humains et bouleversants, que « Pilules bleues », « Blankets », « Journal de mon père », c’est à dire ce qui restera comme des grands récits utilisant le mode narratif bédé. D’ailleurs, on n’ose plus classer ces ouvrages en bédé, on parle de romans graphiques, d’autobiographies dessinées, mais ce ne sont pas des albums bédé comme ceux que nous avons connus dans notre enfance. Car, sans rien enlever aux auteurs qui ont réjoui mon cœur pendant des années, je suis bien obligé de dire que la bande dessinée a mûri de façon étonnante ces dernières décennies et Alison Bechdel nous livre avec « Fun Home », un morceau de choix que je vous invite à découvrir le plus rapidement possible… Si je vous en parle aujourd’hui c’est que je suis en train de lire, de la même autrice, « C’est toi ma maman ? », et que je voulais que vous ayez « Fun home » en tête avant que je vous présente cette dernière…

 

« Fun Home » est un récit de 236 pages petit format, dessinées en noir et blanc, légèrement accompagnées d’une couleur bleue admirablement bien posée. C’est à la première personne car Alison Bechdel nous raconte sa jeunesse, la vie de sa famille jusqu’à la mort de son père. En fait, elle nous parle surtout de ses rapports avec son père, de ce qu’elle est devenue, et les deux sont, peut-être, pourquoi pas, liés…

 


Son papa était professeur de littérature dans une petite ville de Pennsylvanie. La famille habitait une vieille maison construite en 1967 et qui avait un petit quelque chose de néo-gothique. Mais la maison, qui pouvait faire riche, servait aussi de funérarium et le professeur de littérature pouvait se transformer en croque-mort. De quoi faire germer de nombreuses questions dans la tête d’un enfant…


Mais cette autobiographie est aussi l’histoire d’une femme qui se découvre homosexuelle et qui se demande pourquoi… fatalité… éducation… hérédité… Oui, la question est bien là, le pourquoi. Alison navigue entre certitude et interrogation, affirmation et doute, rencontre et recherche, parents et amis, livres et livres… Oui, la littérature est capitale pour cette jeune fille, fille d’enseignant de littérature. Je n’ai pas été capable de retrouver toutes les allusions littéraires mais un grand nombre sont assez universelles pour que le lecteur prenne beaucoup de plaisir avec cet ouvrage qui montre de façon indéniable que bande et dessinée et littérature peuvent faire bon ménage… Eh ! oui !!!


Serez-vous convaincus par Alison Bechdel ? Ce sera à vous de le dire après une lecture complète. Ce qui est certain, j’en suis sûr, c’est que nous avons là, dans les mains, un ouvrage d’une qualité extrême qui devrait ravir un grand nombre de lecteurs…


Moi, j’ai adoré et je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans ce livre qui laissera des traces indélébiles dans l’histoire de la bédé… et, bientôt, je vous parlerai de l’ouvrage qu’Alison Bechdel consacre à sa mère…

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 avr 2019

Une très belle collection citoyenne en BD !!!

Pour tous ceux qui en sont restés à des stéréotypes sur la bande dessinée, à tous ceux qui croient encore qu’elle n’est là que pour vendre de l’aventure à des jeunes hommes dénués d’imagination et faire rire des jeunes décérébrés, il est grand temps d’aller découvrir les bandes dessinées coéditées par les éditions du Seuil et Delcourt !

 

Il ne s’agit pas d’un coup commercial – même s’il n’est pas interdit de vendre beaucoup – mais bien d’une volonté d’offrir au lecteur des textes de qualité, solides et ouvrant à une réflexion profonde sur le monde d’aujourd’hui, sous la forme de bandes dessinées et donc beaucoup plus accessibles au grand public, ce qui n’est pas un gros mot ! Oui, il s’agit bien d’une vulgarisation ambitieuse et pédagogique !

 

D’un côté, les Éditions du Seuil possèdent un catalogue ouvert aux sciences humaines avec des enquêtes, des essais et des grands noms. De l’autre côté, un éditeur de bédés qui met tout son professionnalisme au service de ces auteurs engagés dans leur temps !

 

C’est en septembre 2017 que le premier titre est sorti mais entre-temps le coup d’essai a été confirmé et les titres se succèdent avec bonheur pour le lecteur que je suis… Les derniers titres sont tous simplement excellents et je voulais le signaler avant de revenir vous en parler en détail…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 avr 2019

L'art du sushi en bande dessinée... Miam miam...

Parfois, un titre peut être trompeur, plus exactement, il peut masquer une réalité, une force, une qualité. Quand vous voyez un ouvrage porter le titre « L’art du sushi », il est en gros impossible d’imaginer où tout cela peut vous emmener. De plus, s’il s’agit d’une bande dessinée, vous pouvez même avoir la vue parasitée par des a priori, des préjugés, des stéréotypes… Encore l’ouvrage d’un fan de manga qui va nous vanter la nourriture nippone…

 

 

Il y a quelques années, j’avais lu avec beaucoup d’intérêt une bande dessinée, « Les secrets du chocolat », de Franckie Alarcon. J’avais découvert un auteur curieux qui n’avait pas hésité à suivre le chocolatier Jacques Genin dans son atelier pour justement ne pas se contenter de banalités sur le chocolat. L’ouvrage était réussi, il donnait envie de déguster, de découvrir, de faire découvrir… Du coup, comme c’est aussi lui qui est l’auteur de « L’art du sushi », j’ai eu envie d’essayer…

 

Pourtant, ma culture du poisson est d’une toute autre nature que celle du sushi. Je mange et déguste le poisson depuis toujours, un poisson frais, péché en Bretagne et cuisiné avec amour… C’est ma mère qui m’a initié à cette cuisine et le poisson frais de Quiberon et Etel est venu me fournir au fur et à mesure la matière première… Tardivement, après un voyage dans le Pacifique de mon père, on a compris que l’on pouvait aussi manger avec plaisir du poisson cru… mais de là à passer au sushi, le chemin était long à franchir d’autant plus que je n’aime pas le riz, du moins c’est ce que je me disais…

 

J’ai donc ouvert cette bande dessinée avec curiosité, sans en attendre trop mais curieux de voir si j’allais changer d’avis sur la cuisine nippone, ou plus exactement un des aspects de cette gastronomie…

 

Je dis bien gastronomie, dans un premier temps, puisque Franckie Alarcon nous emmène directement chez l’un des grands maitres du domaine, Hachiro Mizutani, chef triplement étoilé ! Oui, cet « Art du sushi » nous conduit au cœur de la civilisation « sushi », au Japon. Néanmoins, on aurait pu se limiter à cette visite et c’est d’ailleurs passionnant ! Mais, et c’est bien là que l’ouvrage passe de belle curiosité à livre époustouflant, nous allons voyager à travers tous les aspects de cet art. Nous aurons donc le marché au poisson de Tokyo, la pêche, la culture des algues, le choix des riz, la fabrication du saké, la découpe du poisson, le sushi populaire, le sushi familial… Bref, quand on termine le livre qui se lit d’une seule traite comme un grand reportage de Kessel – non, je n’ai parié avec personne de replacer le nom de mon journaliste-auteur préféré dans cette chronique mais c’est venu comme une évidence – on n’a plus qu’une seule envie, celle de faire ses bagages pour le Soleil Levant…

 

Toutefois, avant de réaliser ce grand voyage, je fais de plus en plus attention au riz, aux différentes sortes de riz, à la cuisson, à la température, à la dégustation. Je ne suis pas devenu amateur de riz mais je reconnais que je ne connaissais pas du tout cette céréale !

 

Franckie Alarcon a réussi aussi à mettre en scène des explications culinaires et gastronomiques en les transformant en grande aventure ! Il fallait le faire mais sa narration graphique se prête totalement à cela et il sait en tirer avantage !

 

Cet ouvrage est donc destiné à un très large public du cuisinier au gastronome en passant par l’amateur du Japon et le fan de manga – culture nippone oblige – sans oublier, bien sûr, le gourmet de sushi qui trouvera là le B-A BA de son « art du sushi » !

 

Après le chocolat et le sushi, on se demande où pourra nous guider Franckie Alarcon pour son prochain album
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 avr 2019

Un thriller psychologique du tonnerre... en bédé !!!

J’appartiens au groupe de ceux qui ont découvert Timothé Le Boucher avec son ouvrage « Ces jours qui disparaissent » et je n’ai toujours pas eu l’occasion de découvrir ses autres ouvrages, en particulier « Skins party » ! Le premier album lu avait été le choc, la surprise, une sorte de bluff magistral qui m’avait presque laissé sans voix… Je me demandais, en fait, comment Timothé Le Boucher allait pouvoir poursuivre son travail en restant au même niveau qualitatif…

 

 

Puis, j’ai ouvert « Le patient » et j’ai oublié « Ces jours qui disparaissent ». Je n’avais rien lu sur ce nouvel opus, j’ai ouvert simplement avec cette petite pointe de curiosité que j’ai parfois en me demandant ce que j’allais trouver… Et je n’ai reposé l’ouvrage que lecture terminée… J’étais secoué, ébahi, touché profondément et admiratif pour cet auteur de 30 ans capable de réaliser un tel ouvrage !

 

Autant dire qu’écrire sur un tel album est assez complexe car avec le genre thriller le chroniqueur doit être prudent. Comment en dire assez pour donner envie et pas trop pour ne pas briser le suspense magistralement maitrisé par l’auteur. En fait, ce qui est rassurant c’est que les rebondissements étant très nombreux, le fond psychologique très dense et la narration graphique d’une efficacité diabolique, même si un ou deux éléments m’échappaient, vous seriez encore surpris toutes les dix ou quinze pages… et il y en a presque trois cents !

 

 

Tout commence la nuit, dans un village, avec une jeune fille qui erre, pieds nus, un couteau à la main… Les forces de l’ordre vont l’interpeller. Le sang dégouline sur elle… Et ainsi commence l’affaire du « Massacre de la rue des Corneille »…

 

En effet, dans une maison de ce bourg paisible, il y a des cadavres sauvagement assassinés, une famille entière est décimée… Un seul survivant, Pierre Grimaud, 15 ans, dans le coma profond…

 

Et c’est bien à partir de maintenant que je dois me taire sur le scénario car le thriller commence et le lecteur est à la merci de son scénariste Timothé Le Boucher… Ce scénario est parfaitement maitrisé et les informations arrivent au lecteur comme un goutte-à-goutte à l’hôpital, en dose homéopathique… La vérité prend forme, au fur et à mesure, et chaque fois que vous croyez avoir compris… un élément nouveau met à mal vos certitudes… Jusqu’à la fin qui laisse planer encore quelques doutes…

 

Les personnages sont tous crédibles, profondément humains, marqués par leurs expériences, leurs vies, leurs drames… C’est peu dire que ce thriller est psychologique car cette histoire se déroule essentiellement dans un hôpital avec des personnages à mobilité limitée. Ce qui est magistral chez Timothé Le Boucher et sa narration graphique, c’est de pouvoir transmettre au lecteur, avec le média bédé, un dialogue, par exemple, entre un malade et une psy, sur de nombreuses pages sans que le lecteur ressente le moindre ennui !

 

Le dessin est assez difficile à classer – mais faut-il toujours classer tout ? – mais on peut raisonnablement dire qu’il est réaliste, presque classique avec des phases où on pourrait parler de ligne claire, d’une certaine forme de ligne claire. Mais, car tout n’est pas simple, on a aussi quelques magnifiques séquences nocturnes d’un genre différent avec l’envie de plonger le lecteur dans l’angoisse, le mystère, le doute… Enfin, on peut affirmer que Timothé Le Boucher est aussi marqué par le manga et sa narration spécifique et à ce titre les yeux ont une importance capitale…

 

Enfin, pour clore cette chronique, disons que les thèmes sont multiples et presque tous aussi fascinants les uns que les autres… Il y a la vie, le temps, la culpabilité, l’importance de la parole, l’identité, le rapport au corps, la relation à l’autre, la confiance, la mort… Bref, si on réfléchit un peu, on parle ici de la vie humaine sous toutes ses formes… Et l’auteur n’a que trente ans !!!

 

On a envie de dire que si les petits cochons ne le mangent pas trop tôt… Mais il faut rester « patient » !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 avr 2019

BD : Mrs Prickly à Chalon...

Aujourd'hui, c'était la grande journée de la BD dans le cadre des 48H BD... Un lot de bandes dessinées vendues à prix modique pour faire découvrir des séries, des artistes, des titres... et à l'Antre des bulles, librairie spécialisée de Chalon-sur-Saône, une autrice pour faire dessiner les enfants puis dédicacer ses albums... Que du bonheur dans les yeux de ces enfants que j'ai eu le plaisir de croiser cet après-midi... Merci à Miss Prickly...
Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 avr 2019

Nouvelle séance de dédicace à l'Antre des bulles de Chalon, pour les jeunes lecteurs !

 

A l'occasion des 48H BD, on annonce que Miss Prickly sera en dédicace à la librairie L’antre des bulles de Chalon-sur-Saône, samedi 6 avril à partir de 15h30. Elle vient spécialement pour son petit dernier "Animal Jack".

 

Je l’avais rencontrée pour la première fois à Chambéry lors du salon BD de cette ville. Elle était en compagnie de Laurent Dufreney, le scénariste de la série « A cheval » dont elle était la dessinatrice…


Cette fois-ci on oublie le cheval et ceux qui l’aiment pour se consacrer à tous les animaux puisque Jack, petit garçon et personnage principal de cette histoire, peut se transformer depuis sa naissance en animal… Il a le choix puisqu’a priori il peut se transformer en n’importe quel animal… Seulement, voilà, tout cela peut sembler agréable et drôle mais quand on habite un village en forêt dont tous les enfants disparaissent… Le petit Jack va avoir du boulot sur la planche pour trouver ce qui se passe au cœur de la forêt…  

 

Voici en tous cas une autrice pour la jeunesse dont les plus jeunes lecteurs chalonnais devraient profiter… Dis Maman, on peut avoir un petit livre dédicacé… Oh, dis oui !

 

 
 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 3 avr 2019

Harmony vous présente le festival de la bande dessinée de Cluny où elle a été en reportage !

 

Ce dimanche 31 mars à Cluny s'est déroulé le deuxième jour de la vingtième-et-unième édition du Festival de la BD, dans l'Abbaye, et au milieu des étudiants en blouse bariolée de l'ENSAM, donnant ainsi l'impression de déambuler au sein de Poudlard.



Cette année, la marraine du festival était Yrgane Ramon, que l'on retrouve derrière Cath et son chat, série d'ailleurs mise à l'honneur sur l'affiche dont la dessinatrice a été chargée, conformément au rôle important qu'elle a tenu durant cette édition.


Les visiteurs ont ainsi eu droit à bien des choses intéressantes. Des bandes-dessinées, des grands classiques aux dernières nées, étaient à vendre. De même, bien des auteurs étaient présents, pour des séances de dédicace, à condition bien sûr d'être suffisamment patient. En effet, le succès de certains d'entre eux était tel qu'il fallait prévoir un certain temps d'attente dans la queue avant d'obtenir ce que l'on voulait des invités.



Mais ce n'était pas tout! L'une des salles était mobilisée afin d'héberger l'exposition concernant Le bruit de la machine à écrire, œuvre produite par Hervé Loiselet et Benoît Blary. Un ouvrage qui traite de l'un des plus grands mystères de Cluny, et qui, on en est certain, saura plaire aux passionnés d'Histoire, et plus particulièrement de la Seconde Guerre Mondiale...

 

 

Imprimer - - par Harmony, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 2 avr 2019

Un bonne bande dessinée pour la jeunesse... (8 à 12 ans)

Quand j'entends parler de Club des cinq, je l'avoue, je pense immédiatement à Carnac. Il faut dire que l'histoire se déroule le plus souvent en face de l'île de Kernach or ce nom-là, quand on passe ses vacances à Carnac en France, permet une assimilation totale. Donc, pour moi, de façon définitive, les aventures du Club des Cinq se passaient à Carnac...

 

 

Le lieu principal de vie, la villa des mouettes, est la demeure de la famille de Claudine (attention, dites plutôt Claude si vous ne voulez pas la fâcher). Là, c'est la solitude et le calme pour cette fille qui veut souvent jouer les garçons. Or, pour les vacances, s'annoncent les cousins François, Mick et Annie. Claude n'a pas envie de compagnie et va commencer par bouder avant de réaliser que la vie active tous ensemble peut présenter un intérêt certain...

 

Cette première histoire adaptée par Béja et Nataël, est tirée du premier roman d'Enid Blyton, Le club des Cinq et le trésor de l'île, un roman de 1942. Alors, bien sûr, comme les deux auteurs sont fidèles à la romancière britannique, on peut affirmer sans prendre de risques, que plus d'un élément de cette aventure pourront paraitre désuets, dépassés, vieillots... Oui, Enid Blyton est marquée par son époque, par une morale familiale ancestrale, par des us et coutumes de la vieille Angleterre... Mais, disons-le tout de suite, la bande dessinée se lit sans problème et va certainement enchanter plus d'un lecteur et pas seulement ceux de plus de soixante ans devenus grands-parents !

 

Les grands fondamentaux de l'aventure sont là : une île, la mer, la tempête, un vieux château en ruines, un trésor et surtout des méchants ! Bien sûr, comme il s'agit bien d'une aventure pour jeunes lecteurs, il y a aussi un chien, le fameux Dagobert (Timothy dans la version anglaise). C'est le cinquième membre du club et il joue toujours un rôle important même quand il se fait exclure de la maison par le père de Claude, Henri Dorsel, un savant à la triste figure qui est toujours submergé de travail et qui ne supporte pas le bruit, ni celui du chien, ni celui des enfants entrain de jouer...

 

On peut regretter que l'adaptation en ne comporte que 30 planches car, du coup, Nataël a été obligé de pratiquer l'ellipse et la rapidité dans un roman plus calme... Il n'en demeure pas moins que le travail reste très fidèle à Enid Blyton et respectueux de l'intrigue, du caractère des personnages, de l'ambiance générale... On prend juste moins le temps de vivre au rythme des vacances ! Le lecteur adulte peut être un peu frustré car dans sa mémoire les histoires étaient plus longues... Enfin, surtout s'il lisait avec difficulté !

 

Pour ce qui est de la narration graphique, on retrouve là du Béja pur jus, une ligne claire épurée et presque parfaite. Je rappelle que la ligne claire, narration graphique privilégiée par Hergé dans Tintin, c'est dessiner tout ce don le lecteur a besoin pour comprendre l'histoire sans surcharger le dessin d'éléments esthétiques sans importance. Les ombres ne sont là que si elles participent à la narration... Du coup, un dessin simple, clair et précis qui raconte une histoire accessible à tous les lecteurs !

 

Le tout fonctionne très bien et donnera beaucoup de plaisir aux lecteurs à commencer par ceux qui ont lu dans leur jeunesse les romans du Club des Cinq qui trouveront dans cette série une sorte de fontaine de jouvence...

Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 avr 2019

BD : Rencontre avec Sess à Cluny...

Un jour, Wandrille m’a donné une bande dessinée et m’a demandé de la lire, d’en parler à la radio, d’en faire la promotion car, pour lui, c’était une réussite éditoriale, je n’ai pas dit commerciale ni financière… C’est ainsi que j’ai lu « Papa pas prêt ». Immédiatement, je l’avoue, j’ai adoré, fait lire, fait tourner… Mais je n’avais pas, en fait, interviewé l’auteur, un certain Sess…

 

Quelques années plus tard, lors du 21ème festival de la bande dessinée de Cluny, je vois un auteur jeunesse au milieu des auteurs de bédés et après quelques minutes de discussion, il accepte de répondre à mes questions… On parle essentiellement de livres pour la jeunesse, la collection Clara et Fulgur Alex en particulier.

 

 

Un des derniers sortis de cette série, « Super-Héros sous hypnose », fera l’objet d’une dédicace pour un de mes petits-enfants… Oui, je ne vous avez pas dit mais un de mes petits-enfants est bien tout simplement un super-héros mais n’ébruitez pas trop l’information qu’il puisse vivre en paix… Et c’est seulement en rentrant à la maison que j’ai fait le rapprochement avec la bande dessinée « Papa pas prêt » qui m’avait tant plu…

 

 

Bon, maintenant, je le connais et la prochaine fois je prolongerai la discussion… Merci Sess pour ces minutes passées ensemble !

 

 

Imprimer - - par Bonnet Michel - 31 mars 2019

Conférence à Cluny pour ouvrir le festival de la BD !!!

Ce jeudi 28 mars à Cluny s'est tenue une conférence-débat dans le cadre du Festival de la BD de Cluny. Animée en particulier par Hervé Loiselet dans le cloître de l'Abbaye, aujourd'hui occupé par l'ENSAM, son sujet était la bande-dessinée intitulée Le bruit de la machine à écrire. Cet ouvrage a été scénarisé par Hervé Loiselet lui-même et dessiné par Beboît Blary.

 

Mais de quoi parle cette œuvre, au juste ? Il ne s'agit ni plus ni moins que de la reconstitution d'une « drôle » d'affaire remontant à la Seconde Guerre Mondiale…

C'est l'histoire de Christa Winsloe et Simone Gentet. Fuyant la violence, elles s'installent à Cluny en février 1944, agissant pour la Résistance. Seulement, leur comportement attire l'attention, dans le sens péjoratif du terme. Une fois arrivées, elles visitent l'endroit, ses environs. Chose peu commune venant de deux parfaites inconnues, dans la ville de Cluny qui vient de subir le traumatisme d'une rafle de 200 personnes, évènement traumatisant compte tenu de la taille du bourg. Mais il n'y a pas que ça : ce sont deux fêtardes, formant un couple lesbien, ce qui est atypique à l’époque. De plus, les deux femmes, directes, disent ce qu’elles pensent souvent sans filtre…



Par ailleurs, travaillant le soir avec une machine à écrire, et Christa recevant beaucoup de courrier, on les soupçonne rapidement de travailler pour la Gestapo. La rumeur se répand…

Elles seront enlevées et abattues le 10 juin 1944 par des résistants, sans aucune preuve de leur dévouement au régime nazi.



Suivant un procédé narratif volontairement circulaire, l'œuvre retrace une affaire historique floue, s'intéressant à ses différents acteurs, entre retours en arrière, détails et moments clés. L'œuvre aborde la question de la place de la Femme dans la Résistance, les conséquences de l'arrivée de deux artistes dans un village fraîchement marqué par la cruauté humaine, ainsi que les côtés sombres de la Résistance.

Pour cette conférence marquant le début du 21ème festival de la BD de Cluny, il y avait de nombreux étudiants de l’ENSAM, les organisateurs de cet évènement…

 

Imprimer - - par Harmony, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 30 mars 2019

Je ne connaissais pas la BD ni le roman... Mais c'est du lourd !

On rentre dans cette série avec délicatesse, sur la pointe des pieds. Pensez-donc, il s’agit d’une adaptation de roman policier en bande dessinée, d’un art mineur dans un autre art mineur, rien ne devrait en sortir de bon… Remarquez, pour ceux qui ont adoré le roman de Pierre Lemaitre, il y a une autre version : pourquoi adapter un tel roman en bédé, ils ne peuvent plus lire un roman maintenant ? Il faut leur faire une version avec des images ? Il y a une dernière version, la mienne…

 

 

Oui, je n’ai pas lu le roman policier de Pierre Lemaitre, je n’ai pas d’idée préconçue sur la question. Pour moi, le roman policier est un art narratif et ludique de qualité comme la bande dessinée un art narratif hybride étonnant. Les deux méritent le détour et le temps de lecture, surtout quand c’est réalisé avec talent !

 

Alors, je disais au départ que nous entrions avec prudence dans cette histoire et c’est tout simplement parce que nous devons faire connaissance avec une équipe qui est au cœur d’une tétralogie, en effet quatre romans de Pierre Lemaitre sont animés par cette équipe de policiers : Camille Verhoeven, le chef, Louis Mariani, Armand et Jean-Claude Maleval. Ce dernier arrive d’ailleurs au début de cet album dans l’équipe. Il faut préciser, pour les lecteurs qui ne connaissent pas la série de romans que le roman qui a servi à cette bédé, Rosy & John, publié en 2013, est le troisième de la série. Au départ un système de nouvelle numérique (Les grands moyens) transformé en roman par la suite… Et donc, Pascal Bertho, le scénariste de la série est obligé de nous donner un certain nombre d’éléments de présentation de l’équipe pour que nous puissions suivre…

 

Mais tout va s’enchainer très vite car une explosion va survenir dans Paris en faisant tomber un échafaudage qui va blesser quelques personnes tandis que l’un des équipiers policier va tout simplement se marier pour la quatrième fois… Or, cette explosion criminelle a été entièrement filmée du début à la fin… Qui est donc ce jeune homme qui a fait le coup ?

 

L’équipe de Verhoeven va devoir résoudre cette question très rapidement mais, surtout, tenter d’empêcher une escalade de la violence… Car le jeune homme, « ce dangereux terroriste », se livre à la police de lui-même… Mais son message est complexe : si vous n’accédez pas à mes requêtes, d’autres bombes vont exploser !

 

Comme je vous en ai déjà dit beaucoup, j’ai bien envie de vous laisser découvrir cette histoire, la complexité de ce John Garnier, de sa mère, de ses motivations… C’est vraiment de qualité avec un scénario construit et solide… On devine très difficilement les dessous de cette affaire… Disons que l’on découvre les choses en même temps que Camille Verhoeven…

 

Quelques mots sur ce Camille Verhoeven, ce commandant de police… En fait, il est petit, enfin, tout petit, genre 1m40. Il est aussi chauve, assez solitaire même s’il a une compagne… Le personnage n’est pas strictement attachant au départ car il met un peu mal à l’aise… On dirait facilement de lui qu’il est « chi… ». Mais reconnaissons qu’il est efficace, actif et qu’il sait mobiliser ses policiers !

 

Je suis tenté de dire qu’il s’agit d’une très bonne bande dessinée, d’un bon début de série… Une série où chaque album racontera une enquête complète ce que le lecteur appréciera. Quant à la qualité de l’adaptation, je ne prononcerai que lorsque j’aurai lu les romans…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mars 2019

Dédicace BD à l'Antre des bulles de Chalon ! C'est aujourd'hui !

Aujourd'hui, à la librairie L'antre des bulles, à Chalon-sur-Saône, deux auteurs seront présents pour présenter un travail commun, la série Faucheurs de vent. Il s'agit de Cédric Fernandez et Thierry Lamy... Ce sera de 15h à 19h...
Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mars 2019

BD : Amazonie, magnifique série à découvrir...

Depuis 2016, à raison d’un album par an, nous avons pris le cap de l’Amazonie en compagnie des scénaristes Rodolphe et Leo, avec Bertrand Marchal au dessin… Il s’agit de la saison 3 de la série Kenya, une série entre espionnage et fantastique, ancrée dans les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale…

 

 

Pendant quelques années, le scénariste Rodolphe et le dessinateur Léo ont travaillé ensemble sur une magnifique série, atypique et inclassable, sorte de western canadien plein de poésie, Trent. Mais, comme cela arrive parfois, les meilleures créations ne se vendent pas aussi bien que ce qu’espérait l’éditeur et il faut se tourner vers autre chose. Ou alors, les auteurs se lassent et ont l’impression de n’avoir plus rien à dire dans cet univers, avec ces personnages… Peut-être aussi que le western, même atypique, est passé de mode… Qu’importe, ce qui compte c’est bien de voir ces deux grands auteurs continuer de travailler ensemble…

 

Alors, un jour, lors d’un repas entre potes, ce genre de soirée où l’on reconstruit le monde, où on note sur un bord de nappe des mots, des idées… est née l’envie de raconter une histoire fantastique avec un fond espionnage, le tout après la seconde guerre mondiale !

 


 

Tout commence quelques années après la seconde guerre mondiale, en 1947, au Kenya. Nous sommes en train de faire un safari en compagnie d’un américain, John Remington. C’est un être rude, imbu de sa personne, misogyne et violent. Il se comporte en tyran, impose ses points de vue et sa présence met une grosse pression dans le groupe qui l’accompagne… Mais durant ce safari, un événement va se produire : l’arrivée au Kenya d’un grand nombre d’animaux préhistoriques, des espèces qui ont quitté la terre depuis des centaines, des milliers d’années… John et ses « amis » disparaissent… Aucune trace !


Mademoiselle Katherine Austin est, alors, envoyée au Kenya pour savoir ce qui s’y passe. Ce sont les services secrets anglais qui l’emploient et sa couverture est assez simple, professeur d’anglais dans un collège à Mombasa. Mais ses collègues semblent aussi assez suspects, peut-être émargent-ils, eux-aussi, auprès de services concurrents…

 

Ce fut Kenya, avec un cycle de cinq albums dessinés par Léo. Léo n’avait plus le temps de dessiner d’autres cycles mais l’envie de travailler avec Rodolphe persistait. Ils ont trouvé un dessinateur pour prolonger le travail et avec Bertrand Marchal, il y eut le deuxième cycle, Namibia, coscénarisé par Léo et Rodolphe.

 

Mais miss Austin reprend une troisième fois du service, toujours avec la même équipe, Léo, Rodolphe et Marchal. Cette fois-ci c’est en Amazonie que tout va se passer, mais il est possible que les implications kilométriques futures soient plus conséquentes… Figurez-vous qu’au cœur de la jungle un photographe-reporter a réussi à photographier un…

 

 

 

Oui, j’ai longtemps hésité à vous révéler ici dans cette chronique l’objet de son cliché photographique mais je crois que vous serez bien assez grands pour le découvrir seuls. Sachez quand même que cette photo va attirer en Amazonie plusieurs personnes dont notre agente anglaise Katherine qui pensait pouvoir se reposer paisiblement chez elle ou chez ses parents… Mais, rien ne se passe jamais comme prévu quand on confie l’avenir à Léo et Rodolphe. Elle devrait le savoir depuis le temps !

 

Quatre tomes sont déjà parus et toujours autant de suspense et de passion pour le lecteur que je suis. On est en pleine forêt vierge, l’humidité, la chaleur, les risques… Tout est réuni pour nous maintenir en haleine sans nous lasser… Le mystère est épais et le fantastique prend une part plus importante qu’au départ… Sans compter que Leo en profite pour régler ses comptes avec les nazis qui sont allés s’installer en Amérique du Sud… Non, mais…

 

 

 

C’est toujours un enchantement, en tous cas pour moi, que de voyager dans les univers de Léo, qu’il soit seul au scénario ou accompagné de Rodolphe : univers bien construit  et bien posé, réalisme et humanisme, poésie et fantastique… bref, chaque série est un plaisir pour le lecteur et c’est généralement accessible pour un très large public à partir d’une douzaine d’années…

 

Donc, bon voyage en Amazonie, bonne lecture et à très bientôt !!!

Imprimer - - par Bonnet Michel - 29 mars 2019

BD : Pâques approche avec son chocolat...

Depuis plusieurs semaines, absorbé dans mon travail sur les autrices britanniques de romans policiers, je n’ai pas beaucoup écrit sur la bande dessinée. Pire, j’ai même oublié d’envoyer une chronique radio à certaines radios la semaine dernière… Oui, cela arrive… Il est donc temps de remédier à cela et de reprendre mes lectures régulières et commentaires chroniqués…

 

Ce qui est certain, c’est que je vais rester dans le domaine policier pour reprendre en douceur… Je viens de lire Le maître chocolatier de Chetville, Corbeyran et Gourdon dont le premier tome, La boutique, vient de sortir aux éditions Le Lombard.

 

Je sais que certains peuvent se lasser de voir Eric Corbeyran encore aux commandes d’une série qui se positionne dans la lignée de celles sur les vins, le café, le cognac, la gastronomie… On peut avoir le sentiment de toujours lire la même chose et de voir un scénariste se contenter avec l’assentiment des éditeurs profiter d’un filon sur l’art de vivre…

 

Si je comprends très bien ce sentiment, si je peux même le partager lors de certaines lectures, j’avoue fonctionner différemment. D’une part, je suis très attaché aux arts de la table et donc sensible aux thèmes abordés par Eric Corbeyran, d’autre part j’appartiens au bon public, celui qui aime les histoires, surtout quand elles ont un fond policier. Aussi, face à cette avalanche de parutions thématiques, je lis et si l’histoire est bonne je fonce et vous invite à me suivre…

 

Et c’est bien pour cela que j’ai décidé après lecture de parler de cet album qui commence une série qui devrait être de qualité. En effet, le thème est d’abord alléchant, le chocolat ! C’est un produit que j’aime beaucoup d’autant que l’on prend le parti de nous expliquer un certain nombre d’éléments qui nous font passer de la cabosse, fruit du cacaoyer, au délicieux chocolat que l’on va déguster au calme chez soi… La façon de nous accompagner dans cet univers est pédagogique mais pas fastidieuse, un peu comme dans la série « Châteaux Bordeaux » de Corbeyran et Espé. Pour le scénario, Eric Corbeyran est accompagné de Bénédicte Gourdon qui apporte dans cette histoire son expertise de la vie des malentendants, public avec qui elle travaille en tant que psychologue à Bordeaux.

 

Le tout fonctionne d’autant mieux que les scénaristes ont choisi une histoire un brin policière – voire plus, allez savoir – qui démarre fort bien. Les personnages sont très touchants et très vite : le jeune chocolatier, la meilleure amie, le commercial un peu dingue, l’apprentie malentendante… Tout est en place pour créer une nouvelle boutique si ce n’est qu’aucune de ces gentilles personnes vivant à Bruxelles n’a le moindre euro d’avance… Alors, comment trouver de l’argent pour rendre crédible leur projet ? Et là les problèmes vont arriver…

 

Dessin et narration graphique de qualité avec une base classique mais pas étouffante. Un scénario technique mais pas réservé aux experts et, enfin, une touche humaniste indiscutable mais pas du tout moraliste… On en redemande donc sans problème et on attend la suite avec impatience. La série est annoncée en trois volumes !

 

Alors, bonne lecture et bonne dégustation (les fêtes de Pâques approchent…) !  

Imprimer - - par Bonnet Michel - 28 mars 2019





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