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BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !


 

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Harmony vous présente le festival de la bande dessinée de Cluny où elle a été en reportage !

 

Ce dimanche 31 mars à Cluny s'est déroulé le deuxième jour de la vingtième-et-unième édition du Festival de la BD, dans l'Abbaye, et au milieu des étudiants en blouse bariolée de l'ENSAM, donnant ainsi l'impression de déambuler au sein de Poudlard.



Cette année, la marraine du festival était Yrgane Ramon, que l'on retrouve derrière Cath et son chat, série d'ailleurs mise à l'honneur sur l'affiche dont la dessinatrice a été chargée, conformément au rôle important qu'elle a tenu durant cette édition.


Les visiteurs ont ainsi eu droit à bien des choses intéressantes. Des bandes-dessinées, des grands classiques aux dernières nées, étaient à vendre. De même, bien des auteurs étaient présents, pour des séances de dédicace, à condition bien sûr d'être suffisamment patient. En effet, le succès de certains d'entre eux était tel qu'il fallait prévoir un certain temps d'attente dans la queue avant d'obtenir ce que l'on voulait des invités.



Mais ce n'était pas tout! L'une des salles était mobilisée afin d'héberger l'exposition concernant Le bruit de la machine à écrire, œuvre produite par Hervé Loiselet et Benoît Blary. Un ouvrage qui traite de l'un des plus grands mystères de Cluny, et qui, on en est certain, saura plaire aux passionnés d'Histoire, et plus particulièrement de la Seconde Guerre Mondiale...

 

 

Imprimer - - par Harmony, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 2 avr 2019

Un bonne bande dessinée pour la jeunesse... (8 à 12 ans)

Quand j'entends parler de Club des cinq, je l'avoue, je pense immédiatement à Carnac. Il faut dire que l'histoire se déroule le plus souvent en face de l'île de Kernach or ce nom-là, quand on passe ses vacances à Carnac en France, permet une assimilation totale. Donc, pour moi, de façon définitive, les aventures du Club des Cinq se passaient à Carnac...

 

 

Le lieu principal de vie, la villa des mouettes, est la demeure de la famille de Claudine (attention, dites plutôt Claude si vous ne voulez pas la fâcher). Là, c'est la solitude et le calme pour cette fille qui veut souvent jouer les garçons. Or, pour les vacances, s'annoncent les cousins François, Mick et Annie. Claude n'a pas envie de compagnie et va commencer par bouder avant de réaliser que la vie active tous ensemble peut présenter un intérêt certain...

 

Cette première histoire adaptée par Béja et Nataël, est tirée du premier roman d'Enid Blyton, Le club des Cinq et le trésor de l'île, un roman de 1942. Alors, bien sûr, comme les deux auteurs sont fidèles à la romancière britannique, on peut affirmer sans prendre de risques, que plus d'un élément de cette aventure pourront paraitre désuets, dépassés, vieillots... Oui, Enid Blyton est marquée par son époque, par une morale familiale ancestrale, par des us et coutumes de la vieille Angleterre... Mais, disons-le tout de suite, la bande dessinée se lit sans problème et va certainement enchanter plus d'un lecteur et pas seulement ceux de plus de soixante ans devenus grands-parents !

 

Les grands fondamentaux de l'aventure sont là : une île, la mer, la tempête, un vieux château en ruines, un trésor et surtout des méchants ! Bien sûr, comme il s'agit bien d'une aventure pour jeunes lecteurs, il y a aussi un chien, le fameux Dagobert (Timothy dans la version anglaise). C'est le cinquième membre du club et il joue toujours un rôle important même quand il se fait exclure de la maison par le père de Claude, Henri Dorsel, un savant à la triste figure qui est toujours submergé de travail et qui ne supporte pas le bruit, ni celui du chien, ni celui des enfants entrain de jouer...

 

On peut regretter que l'adaptation en ne comporte que 30 planches car, du coup, Nataël a été obligé de pratiquer l'ellipse et la rapidité dans un roman plus calme... Il n'en demeure pas moins que le travail reste très fidèle à Enid Blyton et respectueux de l'intrigue, du caractère des personnages, de l'ambiance générale... On prend juste moins le temps de vivre au rythme des vacances ! Le lecteur adulte peut être un peu frustré car dans sa mémoire les histoires étaient plus longues... Enfin, surtout s'il lisait avec difficulté !

 

Pour ce qui est de la narration graphique, on retrouve là du Béja pur jus, une ligne claire épurée et presque parfaite. Je rappelle que la ligne claire, narration graphique privilégiée par Hergé dans Tintin, c'est dessiner tout ce don le lecteur a besoin pour comprendre l'histoire sans surcharger le dessin d'éléments esthétiques sans importance. Les ombres ne sont là que si elles participent à la narration... Du coup, un dessin simple, clair et précis qui raconte une histoire accessible à tous les lecteurs !

 

Le tout fonctionne très bien et donnera beaucoup de plaisir aux lecteurs à commencer par ceux qui ont lu dans leur jeunesse les romans du Club des Cinq qui trouveront dans cette série une sorte de fontaine de jouvence...

Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 avr 2019

BD : Rencontre avec Sess à Cluny...

Un jour, Wandrille m’a donné une bande dessinée et m’a demandé de la lire, d’en parler à la radio, d’en faire la promotion car, pour lui, c’était une réussite éditoriale, je n’ai pas dit commerciale ni financière… C’est ainsi que j’ai lu « Papa pas prêt ». Immédiatement, je l’avoue, j’ai adoré, fait lire, fait tourner… Mais je n’avais pas, en fait, interviewé l’auteur, un certain Sess…

 

Quelques années plus tard, lors du 21ème festival de la bande dessinée de Cluny, je vois un auteur jeunesse au milieu des auteurs de bédés et après quelques minutes de discussion, il accepte de répondre à mes questions… On parle essentiellement de livres pour la jeunesse, la collection Clara et Fulgur Alex en particulier.

 

 

Un des derniers sortis de cette série, « Super-Héros sous hypnose », fera l’objet d’une dédicace pour un de mes petits-enfants… Oui, je ne vous avez pas dit mais un de mes petits-enfants est bien tout simplement un super-héros mais n’ébruitez pas trop l’information qu’il puisse vivre en paix… Et c’est seulement en rentrant à la maison que j’ai fait le rapprochement avec la bande dessinée « Papa pas prêt » qui m’avait tant plu…

 

 

Bon, maintenant, je le connais et la prochaine fois je prolongerai la discussion… Merci Sess pour ces minutes passées ensemble !

 

 

Imprimer - - par Bonnet Michel - 31 mars 2019

Conférence à Cluny pour ouvrir le festival de la BD !!!

Ce jeudi 28 mars à Cluny s'est tenue une conférence-débat dans le cadre du Festival de la BD de Cluny. Animée en particulier par Hervé Loiselet dans le cloître de l'Abbaye, aujourd'hui occupé par l'ENSAM, son sujet était la bande-dessinée intitulée Le bruit de la machine à écrire. Cet ouvrage a été scénarisé par Hervé Loiselet lui-même et dessiné par Beboît Blary.

 

Mais de quoi parle cette œuvre, au juste ? Il ne s'agit ni plus ni moins que de la reconstitution d'une « drôle » d'affaire remontant à la Seconde Guerre Mondiale…

C'est l'histoire de Christa Winsloe et Simone Gentet. Fuyant la violence, elles s'installent à Cluny en février 1944, agissant pour la Résistance. Seulement, leur comportement attire l'attention, dans le sens péjoratif du terme. Une fois arrivées, elles visitent l'endroit, ses environs. Chose peu commune venant de deux parfaites inconnues, dans la ville de Cluny qui vient de subir le traumatisme d'une rafle de 200 personnes, évènement traumatisant compte tenu de la taille du bourg. Mais il n'y a pas que ça : ce sont deux fêtardes, formant un couple lesbien, ce qui est atypique à l’époque. De plus, les deux femmes, directes, disent ce qu’elles pensent souvent sans filtre…



Par ailleurs, travaillant le soir avec une machine à écrire, et Christa recevant beaucoup de courrier, on les soupçonne rapidement de travailler pour la Gestapo. La rumeur se répand…

Elles seront enlevées et abattues le 10 juin 1944 par des résistants, sans aucune preuve de leur dévouement au régime nazi.



Suivant un procédé narratif volontairement circulaire, l'œuvre retrace une affaire historique floue, s'intéressant à ses différents acteurs, entre retours en arrière, détails et moments clés. L'œuvre aborde la question de la place de la Femme dans la Résistance, les conséquences de l'arrivée de deux artistes dans un village fraîchement marqué par la cruauté humaine, ainsi que les côtés sombres de la Résistance.

Pour cette conférence marquant le début du 21ème festival de la BD de Cluny, il y avait de nombreux étudiants de l’ENSAM, les organisateurs de cet évènement…

 

Imprimer - - par Harmony, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 30 mars 2019

Je ne connaissais pas la BD ni le roman... Mais c'est du lourd !

On rentre dans cette série avec délicatesse, sur la pointe des pieds. Pensez-donc, il s’agit d’une adaptation de roman policier en bande dessinée, d’un art mineur dans un autre art mineur, rien ne devrait en sortir de bon… Remarquez, pour ceux qui ont adoré le roman de Pierre Lemaitre, il y a une autre version : pourquoi adapter un tel roman en bédé, ils ne peuvent plus lire un roman maintenant ? Il faut leur faire une version avec des images ? Il y a une dernière version, la mienne…

 

 

Oui, je n’ai pas lu le roman policier de Pierre Lemaitre, je n’ai pas d’idée préconçue sur la question. Pour moi, le roman policier est un art narratif et ludique de qualité comme la bande dessinée un art narratif hybride étonnant. Les deux méritent le détour et le temps de lecture, surtout quand c’est réalisé avec talent !

 

Alors, je disais au départ que nous entrions avec prudence dans cette histoire et c’est tout simplement parce que nous devons faire connaissance avec une équipe qui est au cœur d’une tétralogie, en effet quatre romans de Pierre Lemaitre sont animés par cette équipe de policiers : Camille Verhoeven, le chef, Louis Mariani, Armand et Jean-Claude Maleval. Ce dernier arrive d’ailleurs au début de cet album dans l’équipe. Il faut préciser, pour les lecteurs qui ne connaissent pas la série de romans que le roman qui a servi à cette bédé, Rosy & John, publié en 2013, est le troisième de la série. Au départ un système de nouvelle numérique (Les grands moyens) transformé en roman par la suite… Et donc, Pascal Bertho, le scénariste de la série est obligé de nous donner un certain nombre d’éléments de présentation de l’équipe pour que nous puissions suivre…

 

Mais tout va s’enchainer très vite car une explosion va survenir dans Paris en faisant tomber un échafaudage qui va blesser quelques personnes tandis que l’un des équipiers policier va tout simplement se marier pour la quatrième fois… Or, cette explosion criminelle a été entièrement filmée du début à la fin… Qui est donc ce jeune homme qui a fait le coup ?

 

L’équipe de Verhoeven va devoir résoudre cette question très rapidement mais, surtout, tenter d’empêcher une escalade de la violence… Car le jeune homme, « ce dangereux terroriste », se livre à la police de lui-même… Mais son message est complexe : si vous n’accédez pas à mes requêtes, d’autres bombes vont exploser !

 

Comme je vous en ai déjà dit beaucoup, j’ai bien envie de vous laisser découvrir cette histoire, la complexité de ce John Garnier, de sa mère, de ses motivations… C’est vraiment de qualité avec un scénario construit et solide… On devine très difficilement les dessous de cette affaire… Disons que l’on découvre les choses en même temps que Camille Verhoeven…

 

Quelques mots sur ce Camille Verhoeven, ce commandant de police… En fait, il est petit, enfin, tout petit, genre 1m40. Il est aussi chauve, assez solitaire même s’il a une compagne… Le personnage n’est pas strictement attachant au départ car il met un peu mal à l’aise… On dirait facilement de lui qu’il est « chi… ». Mais reconnaissons qu’il est efficace, actif et qu’il sait mobiliser ses policiers !

 

Je suis tenté de dire qu’il s’agit d’une très bonne bande dessinée, d’un bon début de série… Une série où chaque album racontera une enquête complète ce que le lecteur appréciera. Quant à la qualité de l’adaptation, je ne prononcerai que lorsque j’aurai lu les romans…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mars 2019

Dédicace BD à l'Antre des bulles de Chalon ! C'est aujourd'hui !

Aujourd'hui, à la librairie L'antre des bulles, à Chalon-sur-Saône, deux auteurs seront présents pour présenter un travail commun, la série Faucheurs de vent. Il s'agit de Cédric Fernandez et Thierry Lamy... Ce sera de 15h à 19h...
Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 mars 2019

BD : Amazonie, magnifique série à découvrir...

Depuis 2016, à raison d’un album par an, nous avons pris le cap de l’Amazonie en compagnie des scénaristes Rodolphe et Leo, avec Bertrand Marchal au dessin… Il s’agit de la saison 3 de la série Kenya, une série entre espionnage et fantastique, ancrée dans les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale…

 

 

Pendant quelques années, le scénariste Rodolphe et le dessinateur Léo ont travaillé ensemble sur une magnifique série, atypique et inclassable, sorte de western canadien plein de poésie, Trent. Mais, comme cela arrive parfois, les meilleures créations ne se vendent pas aussi bien que ce qu’espérait l’éditeur et il faut se tourner vers autre chose. Ou alors, les auteurs se lassent et ont l’impression de n’avoir plus rien à dire dans cet univers, avec ces personnages… Peut-être aussi que le western, même atypique, est passé de mode… Qu’importe, ce qui compte c’est bien de voir ces deux grands auteurs continuer de travailler ensemble…

 

Alors, un jour, lors d’un repas entre potes, ce genre de soirée où l’on reconstruit le monde, où on note sur un bord de nappe des mots, des idées… est née l’envie de raconter une histoire fantastique avec un fond espionnage, le tout après la seconde guerre mondiale !

 


 

Tout commence quelques années après la seconde guerre mondiale, en 1947, au Kenya. Nous sommes en train de faire un safari en compagnie d’un américain, John Remington. C’est un être rude, imbu de sa personne, misogyne et violent. Il se comporte en tyran, impose ses points de vue et sa présence met une grosse pression dans le groupe qui l’accompagne… Mais durant ce safari, un événement va se produire : l’arrivée au Kenya d’un grand nombre d’animaux préhistoriques, des espèces qui ont quitté la terre depuis des centaines, des milliers d’années… John et ses « amis » disparaissent… Aucune trace !


Mademoiselle Katherine Austin est, alors, envoyée au Kenya pour savoir ce qui s’y passe. Ce sont les services secrets anglais qui l’emploient et sa couverture est assez simple, professeur d’anglais dans un collège à Mombasa. Mais ses collègues semblent aussi assez suspects, peut-être émargent-ils, eux-aussi, auprès de services concurrents…

 

Ce fut Kenya, avec un cycle de cinq albums dessinés par Léo. Léo n’avait plus le temps de dessiner d’autres cycles mais l’envie de travailler avec Rodolphe persistait. Ils ont trouvé un dessinateur pour prolonger le travail et avec Bertrand Marchal, il y eut le deuxième cycle, Namibia, coscénarisé par Léo et Rodolphe.

 

Mais miss Austin reprend une troisième fois du service, toujours avec la même équipe, Léo, Rodolphe et Marchal. Cette fois-ci c’est en Amazonie que tout va se passer, mais il est possible que les implications kilométriques futures soient plus conséquentes… Figurez-vous qu’au cœur de la jungle un photographe-reporter a réussi à photographier un…

 

 

 

Oui, j’ai longtemps hésité à vous révéler ici dans cette chronique l’objet de son cliché photographique mais je crois que vous serez bien assez grands pour le découvrir seuls. Sachez quand même que cette photo va attirer en Amazonie plusieurs personnes dont notre agente anglaise Katherine qui pensait pouvoir se reposer paisiblement chez elle ou chez ses parents… Mais, rien ne se passe jamais comme prévu quand on confie l’avenir à Léo et Rodolphe. Elle devrait le savoir depuis le temps !

 

Quatre tomes sont déjà parus et toujours autant de suspense et de passion pour le lecteur que je suis. On est en pleine forêt vierge, l’humidité, la chaleur, les risques… Tout est réuni pour nous maintenir en haleine sans nous lasser… Le mystère est épais et le fantastique prend une part plus importante qu’au départ… Sans compter que Leo en profite pour régler ses comptes avec les nazis qui sont allés s’installer en Amérique du Sud… Non, mais…

 

 

 

C’est toujours un enchantement, en tous cas pour moi, que de voyager dans les univers de Léo, qu’il soit seul au scénario ou accompagné de Rodolphe : univers bien construit  et bien posé, réalisme et humanisme, poésie et fantastique… bref, chaque série est un plaisir pour le lecteur et c’est généralement accessible pour un très large public à partir d’une douzaine d’années…

 

Donc, bon voyage en Amazonie, bonne lecture et à très bientôt !!!

Imprimer - - par Bonnet Michel - 29 mars 2019

BD : Pâques approche avec son chocolat...

Depuis plusieurs semaines, absorbé dans mon travail sur les autrices britanniques de romans policiers, je n’ai pas beaucoup écrit sur la bande dessinée. Pire, j’ai même oublié d’envoyer une chronique radio à certaines radios la semaine dernière… Oui, cela arrive… Il est donc temps de remédier à cela et de reprendre mes lectures régulières et commentaires chroniqués…

 

Ce qui est certain, c’est que je vais rester dans le domaine policier pour reprendre en douceur… Je viens de lire Le maître chocolatier de Chetville, Corbeyran et Gourdon dont le premier tome, La boutique, vient de sortir aux éditions Le Lombard.

 

Je sais que certains peuvent se lasser de voir Eric Corbeyran encore aux commandes d’une série qui se positionne dans la lignée de celles sur les vins, le café, le cognac, la gastronomie… On peut avoir le sentiment de toujours lire la même chose et de voir un scénariste se contenter avec l’assentiment des éditeurs profiter d’un filon sur l’art de vivre…

 

Si je comprends très bien ce sentiment, si je peux même le partager lors de certaines lectures, j’avoue fonctionner différemment. D’une part, je suis très attaché aux arts de la table et donc sensible aux thèmes abordés par Eric Corbeyran, d’autre part j’appartiens au bon public, celui qui aime les histoires, surtout quand elles ont un fond policier. Aussi, face à cette avalanche de parutions thématiques, je lis et si l’histoire est bonne je fonce et vous invite à me suivre…

 

Et c’est bien pour cela que j’ai décidé après lecture de parler de cet album qui commence une série qui devrait être de qualité. En effet, le thème est d’abord alléchant, le chocolat ! C’est un produit que j’aime beaucoup d’autant que l’on prend le parti de nous expliquer un certain nombre d’éléments qui nous font passer de la cabosse, fruit du cacaoyer, au délicieux chocolat que l’on va déguster au calme chez soi… La façon de nous accompagner dans cet univers est pédagogique mais pas fastidieuse, un peu comme dans la série « Châteaux Bordeaux » de Corbeyran et Espé. Pour le scénario, Eric Corbeyran est accompagné de Bénédicte Gourdon qui apporte dans cette histoire son expertise de la vie des malentendants, public avec qui elle travaille en tant que psychologue à Bordeaux.

 

Le tout fonctionne d’autant mieux que les scénaristes ont choisi une histoire un brin policière – voire plus, allez savoir – qui démarre fort bien. Les personnages sont très touchants et très vite : le jeune chocolatier, la meilleure amie, le commercial un peu dingue, l’apprentie malentendante… Tout est en place pour créer une nouvelle boutique si ce n’est qu’aucune de ces gentilles personnes vivant à Bruxelles n’a le moindre euro d’avance… Alors, comment trouver de l’argent pour rendre crédible leur projet ? Et là les problèmes vont arriver…

 

Dessin et narration graphique de qualité avec une base classique mais pas étouffante. Un scénario technique mais pas réservé aux experts et, enfin, une touche humaniste indiscutable mais pas du tout moraliste… On en redemande donc sans problème et on attend la suite avec impatience. La série est annoncée en trois volumes !

 

Alors, bonne lecture et bonne dégustation (les fêtes de Pâques approchent…) !  

Imprimer - - par Bonnet Michel - 28 mars 2019

Et toujours Agatha Christie en bédé... On ne s'en lasse pas !

Je ne sais pas si Agatha Christie avait en conscience, en 1939, d’écrire un roman qui allait devenir – je ne dirais même pas culte, tant le succès fut fort et demeure encore – mythique… Oui, un roman policier qui est étudié au collège, sert encore de référence aux romanciers, est l’objet d’études universitaires de tout niveau… quelle réussite ! D’ailleurs, c’est encore ce même roman qui vient de faire l’objet d’une étude très complète et passionnante de la part de Pierre Bayard dans son « La vérité sur Dix petits nègres »… Oui, et si Agatha Christie s’était trompé en racontant ce roman…

 

 
Mais un tel chef d’œuvre pouvait-il être adapté en bande dessinée… Oui, c’est une question importante car tout n’est pas obligatoirement fait pour être narrer en bédé… Un tel mécanisme diabolique résisterait-il à la mise en images sur papier ? Je dirais même plus, une telle adaptation resterait-elle crédible et intéressante à lire, sachant que tout le monde semble connaître l’histoire et son dénouement à rebondissement ?

 


Alors ouvrons cet album de bédé, et pour commencer offrons quelques éléments du scénario pour ceux qui n’auraient aucune idée sur ce roman Dix petits nègres… Dix personnages, arrivant de toute l’Angleterre, se retrouvent sur l’île du Nègre. Ils ont été invités ou embauchés par un mystérieux couple, Monsieur et Miss O’Nyme… qui se permet de ne pas être là pour les accueillir. Le premier soir, on retrouve huit personnes pour le dîner, un couple, les Rogers, pour les servir… C’est là que le suspense commence à se mettre en place… Un disque préparé à l’avance offre le réquisitoire le plus étonnant qui soit… Imaginez le tableau, les dix personnages de l’île sont accusés chacun d’un crime… L’affaire est sérieuse, mais ils n’auront pas beaucoup de temps pour trouver une réponse à leur interrogation – qui peut bien savoir tout ça sur eux que leur veut-on ? – car, quelques instants plus tard, en prenant un doigt de whisky, Anthony Marston s’étouffe et meurt…
« Dix petits nègres allèrent dîner, l’un d’eux s’étouffa et il n’en resta que neuf… »

 

 
J’ai oublié de vous dire que dans chaque chambre on peut trouver un cadre avec un poème qui explique comment dix petits nègres trouvent la mort, tous de façon assez violente ou surprenante… Or, à partir de la mort de M Anthony Marston, on assiste à la disparition, pour chaque mort, d’une statuette de nègre appartenant à un groupe de… dix statues identiques… exposé dans la salle à manger.

 


Ce qui est oppressant dans le roman, mais dans la bande dessinée aussi, c’est le moment où les six survivants, après la mort de Thomas Rogers, comprennent que tous les évènements semblent organisés et méticuleusement calculés, prémédités : chacun meurt comme le prévoit la chansonnette des dix petits nègres, et ils comprennent que chacun finira par mourir de la main d’un d’eux. Il n’y a personne d’autre sur cette île, obligatoirement, donc, l’assassin machiavélique est l’un d’eux… Attention, ce genre d’affirmation pourrait être revue et corrigée par Pierre Bayard… Qu’on se le dise !

 

 
Je ne dirai rien de plus sur le mécanisme du roman, sur la solution qui arrivera bien à la fin comme dans tout bon roman policier… Pour ce qui est de l’adaptation en bédé, elle est sans surprise, classique.. Mais il manque un petit quelque chose pour que ce soit parfait… On aurait aimé que les auteurs, Rivière et Leclercq, nous surprennent avec une narration graphique légèrement plus rythmée ou différemment organisée que celle du roman. Je pense que c’était possible… en particulier avec les dernières planches de l’album qui sont beaucoup trop statiques…

 


Néanmoins, comme il s’agit d’un grand classique, ce peut être aussi une façon de donner envie à un jeune lecteur d’aller prendre le roman dans la bibliothèque de ses parents (c’est bien la seule chose que mes enfants avaient le droit de me voler, enfin de m’emprunter…)…

Imprimer - - par Bonnet Michel - 26 mars 2019

Encore du Agatha Christie en bédé... Pourquoi pas ?

Je suis en train de travailler sur les autrices britanniques de romans policiers – information pour ceux qui ne suivent pas… – et donc il est bien normal pour un grand lecteur de bandes dessinées de parler des adaptations de certains grands romans en bédé… Donc, parlons de ce secret de Chimneys !

 

Cette histoire d’Agatha Christie, une fois n’est pas coutume, n’est pas un roman policier mais bien un roman d’espionnage. Il a été écrit en 1925, et il va nous mettre au cœur de la diplomatie balkanique de Grande-Bretagne. Certes, le pays de l’Herzoslovaquie n’existe pas, mais après tout ce qui s’est passé depuis 1991, nous n’avons aucune difficulté à nous l’imaginer… Oui, c’est vraiment crédible…


Tout commence avec un manuscrit secret, les mémoires de Stylptitch (pas facile à prononcer à la radio !), l’homme le plus influent du royaume d’Herzoslovaquie. Et comme toujours dans ces cas-là, elles pourraient bien faire l’objet d’une publication en pleines manœuvres diplomatiques, ce que redoutent les fonctionnaires de l’Echiquier qui reçoivent le prince héritier, Michael, au manoir de Chimneys pour un week-end… Un week-end qui sera placé sous haute surveillance mais qui verra arriver dans cette magnifique propriété toute sorte de gens… et certains… mais je ne vous en dit pas plus…


Comme souvent chez la reine du policier, on va avoir un personnage revenant des colonies, enfin cette fois-ci ce sera d’Afrique du Sud, et il se nomme Jimmy McGrath, enfin, plus exactement Anthony Cade. Oui, ça parait compliqué au premier abord, mais que voulez-vous, ce n’est quand même pas ma faute si l’un a demandé à l’autre de prendre sa place pour pouvoir mieux s’occuper de son nouveau filon d’or… Ce Cade, allias McGrath est un personnage ambigu décidé à profiter de la vie à tout prix… et il va probablement y arriver… en compagnie de la belle Virginia Revel, la nièce de Lomax, le ministre des affaires étrangères. Cette dernière est venue au manoir à sa demande pour neutraliser le porteur des mémoires explosives. Mais cette jeune femme, très sexy, fait aussi rêver Bill et tourner la tête à tous les hommes qu’elle rencontre…


Oui, c’est une belle affaire d’espionnage, complexe à souhait avec de nombreux personnages… Mais ce qui devient intéressant, c’est que l’adaptation bédé qu’en propose François Rivière, le scénariste, et Laurence Suhner, la dessinatrice, est très bien réalisée. Le lecteur est pris par des personnages bien incarnés, assez caractéristiques pour que l’on puisse tous les reconnaître, dès le départ, et bien les mémoriser pour la durée du récit. Je ne connaissais pas cette illustratrice mais je suis très content de la voir arriver dans ce monde où la marque féminine n’est pas encore assez prononcée. Dès ce premier album, elle montre l’étendue de ses talents, certaines de ses vignettes étant dignes des grands maîtres de cet art narratif. Il faut prendre le temps de regarder, avec attention, l’arrivée au manoir de nuit, la première ballade dans le parc de Virginia et Anthony… Les dessins en noir et blanc permettant les retours dans le passé sont d’une très grande qualité narrative et le seul défaut que je soulignerai toucherait les scènes de bagarre où je pense que Laurence Suhner peut encore progresser…


C’est donc une excellente adaptation d’un roman d’Agatha Christie en bande dessinée… mais aussi, au départ, un roman que j’aime beaucoup… A lire sans aucune modération…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 25 mars 2019

Du roman à la bande dessinée...

Toujours dans la préparation de ma conférence sur les autrices britanniques de romans policiers...

 

Si l’adaptation d’un roman policier en film ou téléfilm peut présenter des difficultés, il est évident que l’adaptation en bande dessinée est, elle-aussi, fort problématique. Peut-être même plus délicate quand il s’agit de mettre tout en 46 planches comme c’est le cas dans le format classique de la bande dessinée… Alors, quand il s’agit d’un roman que l’on aime beaucoup, on est encore plus à cheval sur le travail des adaptateurs !

 

C’est mon cas avec « Meurtre en Mésopotamie », roman que j’ai beaucoup lu et qui appartient à mon top 5 des romans d’Agatha Christie. Pourquoi ? A cela je vois plusieurs raisons : tout d’abord, le cadre général de cette région d’Irak, les fouilles qui permettent de faire un grand saut dans le passé et cette époque babylonienne me fait vraiment rêver… Ensuite, parce que quand j’ai lu ce roman, pour la première fois, j’ai écouté un disque de musique baroque, une des musiques que j’aime le plus, et que depuis le texte et la musique sont restés liés… Lire l’un me fait entendre l’autre et réciproquement… A tel point que lorsque j’ai pris la bande dessinée, la première fois, de nombreuses années après la découverte du roman, j’ai commencé par entendre le canon de Pachelbel… La magie du livre et de la lecture… Mais qu’allait bien pouvoir donner cette adaptation éponyme (2005) du roman d’Agatha Christie par Rivière, le grand spécialiste du roman policier et, en particulier, de cette reine anglaise du polar, et Chandre, jeune dessinateur lorrain…

 

 

 

Le roman date de 1934 et la première remarque à faire est simple : le dessin de Chandre est parfaitement adapté à l’époque, aux fouilles archéologiques et à l’ambiance du roman. Ses planches aquarellées aux tons pastel, donnent un genre, une vie, un style remarquable qui marquera l’univers bédé d’Agatha Christie (si vous m’autorisez à parler ainsi…).

 

Rappelons que la grande Agatha va divorcer et épouser en secondes noces un archéologue. C’est avec lui qu’elle va voyager, découvrir le monde, comprendre l’archéologie et ainsi mettre en place un univers qui sera le cadre de quelques romans de grande qualité…


 Pour ce qui est du côté policier, la lecture ne posera aucun souci à ceux n’ayant pas lu le roman au départ. En effet ces lecteurs rencontreront les personnages, sans aucun a priori, se laisseront prendre par l’histoire, l’énigme, les meurtres et la solution finale d’Hercule Poirot.


Pour le lecteur du roman, les choses seront plus délicates. En effet, pour adapter ce roman en bande dessinée, les auteurs ont du pratiquer l’ellipse plus d’une fois et nous allons ressentir des manques, des oublis, qui nous énerveront… Hercule Poirot ne sera pas celui que nous nous sommes fabriqué, chacun d’entre nous, à travers nos lectures… Ce n’est pas celui des séries télévisées, des films ou des pièces de théâtre… Non, c’est celui de Chandre et Rivière… et, il faudra que vous vous laissiez prendre par ce nouveau personnage, de page en page, tout doucement… et je vous promets, que le résultat est plutôt bon…


En fin de lecture de cette bédé, je me suis même dit que j’aimerais bien que les éditions Emmanuel Proust donnent une seconde chance à ce dessinateur, pour un autre Hercule Poirot, car je ne voudrais pas rester sur un coup d’essai… je veux un coup de maître ! Il a bien eu cette chance – nous aussi – puisqu’il réalisera aussi par la suite Témoin indésirable (2006) et Le crime d’Halloween (2007). J’avoue que j’ai été séduit et que j’aurais bien aimé que l’aventure continue… Qui sait ? Je ne désespère pas…

 
Voici donc une bonne bande dessinée policière à offrir aux jeunes qui ne connaissent pas encore Agatha Christie pour les faire entrer dans le monde cruel de cette romancière qui devait avoir de bien étranges pensées pour imaginer tous ces crimes…

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 24 mars 2019

BD : Bon voyage en enfer avec Enma...

Je présente cette semaine un manga en huit tomes. « Enma » est sorti aux Editions Kana, dessiné par Nonota Masaki et le scénario écrit par Tsuchiya Kei.

C’est un shonen, donc manga destiné au départ aux adolescents, mais qui reste accessible pour tous. Il a pour personnage principal Enma, qui est une petite fille de papier créée par le roi Enma lui-même, juge des enfers. Il lui a donné son nom et elle est là pour l’aider. Et dans le but d’alléger le travail de ce juge, Enma essaie de raisonner les personnes qui auraient entraîné beaucoup de morts par leurs actions… Dans le cas où la personne en question n’écoute pas Enma, elle réclame ses os, tout en appliquant la compassion du Roi Enma, qui consiste à laisser autant d’os que de personnes qui ont aimé celui qui est jugé !

Ce manga peut être considéré comme une invitation à l’interrogation morale ! Il faut s’interroger sur nos actions et leurs conséquences. Ici, les différentes réflexions sont traitées avec réalisme, comme les suites d’une guerre, d’une maladie, d’une jalousie, et pleins d’autres situations, en intégrant le contexte des actes, l’entourage des accusés… Oui, l’humanité est toujours complexe !

Un autre point fort de ce manga est la richesse de l’univers de l’histoire, on passe aléatoirement de la Chine au Japon, d’Europe aux Amériques, et de même au niveau du temps, de l’Antiquité au Moyen-âge, et même jusqu’à un futur non connu encore ! Eh oui, la mort n’a pas besoin d’être très rationnelle et le Roi Enma devant tout juger, il y a du travail !

Il y a aussi une autre histoire plus intime pour le Roi Enma, mais ça je vous laisse le découvrir…

Quant à moi, je ne vous réclamerai pas vos os, mais je vous invite fortement dans ce manga qui pour moi est un vrai petit bijou et que je relis toujours avec plaisirs et très souvent !
 
Imprimer - - par Pierre - 20 mars 2019

BD : Et maintenant découvrons Dusk Maiden of Amnesia !

Aujourd’hui je vous présente un shonen, c’est à dire un manga au départ destiné aux adolescents, mais qui peut-être lu par tous. Je dirais même que cette série doit être lue par tous ! Car pourquoi devrait-on limiter le nombre de lecteurs de « Dusk Maiden of Amnesia », réalisé par Maybe ! Il y a dix tomes à lire, la série est terminée et elle est de qualité !



L’histoire se déroule dans une école où régnerait un fantôme, Yûko ! Il s’agirait du fantôme d’une petite fille qui a eu, en fait, une tragique histoire. Elle a servi de sacrifice pour apaiser les éléments de la nature et protéger l’école il y a longtemps !

Le héros qui accompagne Yûko dans cette histoire est un jeune collégien du nom de Teiichi. Fraîchement arrivé dans l’établissement, il découvre les « restes » d’Yûko... De cette union atypique, naîtra un club de détectives du surnaturel, pour résoudre diverses énigmes dans l’école ! Une belle histoire d’amitié, frôlant l’amour, se forme, une belle complicité quoique embarrassante pour Teiichi car Yûko se montre très exubérante par moment, mais comme c’est un fantôme, personne ne la voit !



Au delà d’une simple histoire de fantôme, on voit dans ce manga un jeu alterné d’humour et d’horreur, des images parfois fortes, des situations complexes mais qui approfondissent l’histoire pour l’épaissir, pour un rendu quasi spectral… Mais c’est avant tout l’histoire d’une souffrance qui se déguise en humour et lâcher-prise pour une fille qui n’avait peut-être pas voulu mourir, ou qui, peut-être, s’était décidée à la dernière minute… Je ne vous en dis pas plus, le mieux pour avoir le fin mot de cette histoire est de lire ce petit trésor qui ne démérite pas...

Imprimer - - par Pierre - 9 mars 2019

A Angoulême, Julie a rencontré Davy Mourier...

Quand on fait du reportage dans un grand festival international comme cela de la bande dessinée d’Angoulême, il faut s’attendre à quelques problèmes… C’est inhérent à une telle organisation mais il arrive parfois que deux petits problèmes tombent sur la même personne, le même jour… Et c’est bien ce qui est arrivé à Julie ! Heureusement, après ces deux soucis, après avoir eu un coup de chaud, un peu d’énervement et de tension, voilà qu’elle a pu rencontrer le plus sympathique et cool des auteurs de bédés… Du coup, la journée prenait une autre tournure, le sourire revenait et le moral avec… à moins que ce soit l’inverse mais peu importe, voilà que Julie vient partager avec vous ce moment de bonheur, sa rencontre avec Davy Mourier !


 

« Durant le festival d’Angoulême j’ai eu la chance de rencontrer Davy Mourier, créateur de la série « la Petite Mort ».

La naissance de la Petite Mort
La Petite Mort va voir sa maman et lui dit : « Maman, je m’ennuie ». La maman lui répond : « C’est l’été, va dehors, va faucher des vieux. ». Ce à quoi la Petite Mort répond: « Encore… ! ».

C’est par cette blague postée par Davy Mourier sur internet en 2009-2010 que la grande aventure de la Petite Mort a commencé. Guidé par une seule motivation, l’humour, Davy publiait toutes les semaines, une blague, en quelques dialogues, qui était fortement appréciée par les lecteurs qui en redemandaient.

« Au départ je voulais juste faire rire. »
Ces ébauches sont devenues des bande-dessinées et une série animée permettant ainsi à l’univers de s’étoffer et, de ce fait, d’aborder des sujets plus graves tels que la vie, la mort ou encore la dépression.

L’histoire, les relations et les blagues se sont créées au fur et à mesure des épisodes et des tomes mais pour cela il fallait nécessairement une première blague qui serait une sorte de ligne verte: « l’un de vous a une leucémie dans la salle ? ».


 

C’est par le biais de cette blague que le personnage de Ludo a été mis en avant, permettant ainsi que la Petite Mort ait un ami et qu’il y ait de ce fait de l’humour dans la série (car il est plus compliqué de faire des blagues quand un personnage est tout seul). Il est d’ailleurs important de noter que Ludo est le seul personnage de la série à pouvoir être ami avec la mort car il la voit telle qu’elle et il ne se dit pas qu’à terme elle va le tuer.

« Ludo il est bête mais il est heureux et ça c’est beau !»

Les projets par rapport à la petite mort
Actuellement, Davy Mourier travaille sur la série animée mais celle-ci sera bientôt terminée au terme de la 3ème saison (compte-tenu du fait que les trois saisons couvrent les trois albums). Travailler sur le dessin animé lui a cependant donné des idées qu’il n’avait pas mis dans les BD et il envisage donc de refaire un album plus inspiré par l’animé que par la BD. Ce nouvel album traitera de la naissance et de la vieillesse de la Petite Mort.

Les autres projets

Tout d’abord, Davy Mourier a réalisé deux BD autobiographiques « Davy Mourier versus Cuba » et « Davy Mourier versus la télévision ». Par le biais de ces œuvres, Davy raconte des choses qui lui sont arrivées tout au long de sa vie avec humour. L’auteur est d’ailleurs en train de réaliser une nouvelle BD intitulée « Davy Mourier versus la mort ».

« Je suis un peu poissard, pas trop parce que je suis jamais mort mais un peu poissard quand même »
De plus, en avril sortira un court-métrage intitulé « l’âge de pierre ». Aidé par une bourse CNC, Davy Mourier a eu la possibilité de réaliser cette autofiction. Tirée d’une bande dessinée qui va sortir chez Delcourt en avril, ce court-métrage aborde la transition d’enfant à adulte et l’ensemble des questions qui y sont inhérentes (par exemple les gens qui ont passé la quarantaine et qui regardent encore des dessins animés).

Le début de l’histoire prend place dans un magasin de jouet où un couple regarde des Lego. C’est à cet instant que le jeune homme apprend que son père meurt.

Une source d’inspiration qui ne s’est révélée que tardivement : la famille et les traumatismes
Au court de l’interview, alors que la Petite Mort et le court-métrage étaient abordés, il est assez vite ressorti qu’il y avait une source d’inspiration très forte : la famille de Davy Mourier et les traumatismes qu’il a subi.

« Finalement je parle de ma famille mais je ne m’en suis pas rendu compte au début et c’est avec le temps que j’ai nourri tout ça. »


Les traumatismes ont, par exemple, guidé la création du court-métrage puisque le synopsis s’inspire directement de ce qu’a vécu Davy Mourier qui, alors qu’il était en train de regarder des Lego, a reçu un appel de sa maman lui expliquant que son papa était à l’hôpital suite à un AVC et à un infarctus survenus simultanément avec un risque de décès potentiel.

J’ai tiré de cette interview une très grande satisfaction : Davy Mourier est une personne incroyable qui s’est confié bien volontiers. Il est toujours impressionnant de rencontrer des auteurs que l’on admire depuis longtemps et cette fois-là n’a pas été une exception.

Dans l’attente du court-métrage « l’âge de pierre », je retourne regarder pour la énième fois les épisodes de la Petite Mort en espérant par ailleurs que je vous aurai donné envie de découvrir ou de redécouvrir ce créateur fantastique !

 
 
 
Imprimer - - par Julie, étudiante en TAIS à l'IUT de Chalon-sur-Saône - 4 mars 2019

Une autrice BD à découvrir... Laure Garancher

Je viens de lire le premier album de Laure Garancher, un livre qui est sorti en 2013 aux Editions Steinkis. A sa sortie, je n’avais pas retenu ce titre dans mes lectures et j’y viens maintenant que Laure Garancher a sorti deux albums et s’apprête à avoir le troisième en librairie… Mais revenons à ses débuts !

 



« Mon fiancé chinois » est un très bon livre pour comprendre certains aspects de la vie familiale chinoise et Hmong. Oui, cette juxtaposition culturelle peut surprendre mais l’ouvrage va parler d’une femme Hmong du Viet Nam qui va épouser un Chinois. Il faut pour comprendre cela commencer par mesurer les conséquences de la politique de l’enfant unique sous Mao et découvrir comment certaines entreprises matrimoniales sont allées chercher des femmes au Viet Nam pour que les Chinois puissent se marier…

Pour nous raconter tout cela en une seule histoire et façon compréhensible, Laure Garancher, donne la parole à Pad qui sera notre narratrice principale. Elle est de cette civilisation Hmong du Viet Nam et elle s’est retrouvée mariée avec un chinois à moins de vingt ans… Mais, en fait, nous aurons quatre narrations différentes, car la parole sera donnée à sa belle mère, celle qui va donner le tempo de la tradition chinoise pure, si on peut dire. Puis nous aurons aussi la vie de sa mère, puis la jeunesse de son mari Tao… Enfin, il y aura le mariage de sa petite fille Kim… A chaque fois, on aura un récit à la première personne… Pas toujours simple à suivre mais très touchant et profondément humain…

 


J’avais déjà lu un ouvrage sur ces problèmes de mariage des hommes chinois… Ce n’est donc pas une invention mais bien la conséquence directe de la politique de l’enfant unique en Chine. Un seul enfant ? Alors il fallait un garçon et pas seulement pour qu’il travaille et rapporte de l’argent. Il faut un garçon car les filles quittent traditionnellement leur famille pour celle du mari. Donc, une famille qui n’a qu’une fille est condamnée à mourir. Pour rester en vie il faut un garçon… et toutes les familles ont fait la même chose : avortement des mères portant une fille !

Quand on arrive aux générations suivantes, les femmes ne sont pas assez nombreuses pour permettre aux hommes de se marier et d’avoir eux-mêmes un enfant… C’est ainsi que l’on est allé chercher « fortune » chez les voisins, les plus pauvres en particulier, au Viet Nam dans le cas de cette histoire… Une femme quitte son pays pour épouser un Chinois, un peu d’argent est donné à la famille, la jeune étrangère doit très rapidement apprendre le chinois et elle est mariée… Elle devient Chinoise, surtout membre d’une nouvelle famille… Ainsi, Pad devient Chinoise et mère et grand-mère chinoise… Elle est le pilier de la tradition et son Viet Nam est loin…


C’est réellement une très belle bande dessinée, un roman graphique de qualité entièrement écrit, dessiné par Laure Garancher. Cette autrice a d’abord été professionnelle de la santé et de la biologie, a été au Viet Nam pour l’organisation mondiale de la santé et c’est là qu’elle a été touchée par cette culture Hmong et le destin de ces femmes parties de chez elles pour se marier… Depuis, Laure Garancher est devenue une autrice de bande dessinée qui aime toujours voyager au cœur de cette organisation mondiale et dessiner pour nous transporter, nous aussi… Sa seconde bande dessinée parle de la Chine, mais celle de la guerre de l’opium, et sa prochaine nous emmènera au Surinam…

Très bonne lecture et j’espère rapidement rencontrer Laure Garancher car cela ne s’est encore jamais produit…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 27 fév 2019

BD : Eric Corbeyran, un auteur à découvrir, lire et même relire !

Enfin, car on ne peut pas tout citer, il y a aussi un Eric Corbeyran différent qu’il ne faudrait pas sous-estimer, celui qui retourne dans son univers jeunesse, mais en compagnie de Bécassine ! Oui, bien sûr, ce n’est pas Corbeyran qui a créé Bécassine puisque le personnage est né en 1905 par Jacqueline Rivière et Emile-Joseph-Porphyre Pinchon ! Mais, en octobre 2016, sort un nouvel album des aventures de Bécassine, avec Eric Corbeyran au scénario et Béja au dessin. Ces dessins, justement, sont de toute beauté, d’une extrême précision et le scénario de Corbeyran est solide. A la fois les deux auteurs réveillent Bécassine et restent dans le tempo initial, mais, ils arrivent aussi en deux albums à mettre en place leur Bécassine ! Que du bonheur…


D’ailleurs n’allez pas croire que Bécassine serait une femme de seconde zone ! En effet, Bécassine est une femme beaucoup plus moderne que les apparences : elle voyage, elle conduit, elle est autonome, elle prend des décisions… et ses jugements ne sont pas si mauvais… Parfois, les grands du monde feraient bien de la suivre un peu plus… Mais c’est une autre histoire !


Il est donc temps pour ceux qui ne connaissent pas encore Eric Corbeyran d’aller le découvrir à travers une belle histoire, un thriller fantastique, scientifique ou œnologique, un récit humain ou une saga familiale… Vous avez le choix, profitez-en !

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 26 fév 2019

Pas des bonnes idées pour lycéens mais bonne série manga : Assassination Classroom !

Cette fois-ci, je vous présente un shonen détonnant et haut en couleur, Assassination Classroom, en 21 tomes, de Matsui Yûsei, aux éditions Kana… Oui, je sais que les collections manga peuvent faire peur aux lecteurs qui ne sont pas habitués. 21 volumes, cela fait beaucoup, beaucoup à acheter, à lire et à ranger après... Mais, le jeu en vaut la chandelle !

 

 


Alors, peut-on dire que le collège est mortel ? C’est un peu ma vision des choses... On est marqué par ses expériences... Non ? Là, on va suivre une classe de rejetés, la classe E, isolée du collège principal... Les parias d’un système ! Ils auront comme professeur Mr Koro, qui est un extraterrestre se déplaçant à mach 20 ou mach 30, et qui possède des tentacules un peu partout ! On lui attribue même la destruction de la Lune… Quand même, on est dans une histoire fantastique !

Mais, en fait, le concept de ce manga est plus complexe. Mr Koro se montre un professeur dévoué corps et âme envers ses élèves… Eux, par contre, ont reçu comme mission du gouvernement de l’assassiner. On leur a même promis une prime très importante !

Mais, même si ses élèves vont tenter de le tuer de nombreuses fois, il y aura aussi un grand attachement réciproque, élèves/professeur, et tout finira bien… La fin de ce manga une est des plus émouvantes que j’ai pu lire ! Oui, on y verse même une petite larme...

Attention, ce manga est avant tout comique et pétri de gags. Il y a aussi des scènes de combat très dynamiques ce qui fait de cette série un ensemble varié, réussi et très prenant. Donc je vous invite à lire cette série, surtout si vous aimez le côté décalé d’une classe qui a pour objectif scolaire de tuer son enseignant. Bien sûr, ce n’est pas à prendre au premier degré et on y apprend beaucoup plus de choses que l’on ne serait tenter de le penser au départ…

 


D ans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…

 

 
Imprimer - - par Pierre - 24 fév 2019

BD : Red Dragon... de la qualité, c'est sûr !

Je vous présente aujourd’hui un manga, Red Dragon. Il s’agit d’un shonen d’Ikeno Masahiro, aux éditions Glénat, en 5 tomes. Shonen ? Oui, c’est vrai, tout le monde n’est pas encore familiers avec ces noms de catégories de mangas. Un shonen, c’est tout simplement un manga destiné prioritairement aux adolescents de sexe masculin. Au Japon, on a tendance à cibler de façon très précise les mangas, comme par exemple shonen (garçon) contre shojo (fille) ! Mais on ne va quand même pas jusqu’à interdire aux filles de lire des shonen !


Ce manga qui s’inscrit dans un univers d’aventure et de guerre se situe à la période des Qin, en Chine antique, période instable qui souffre de nombreux conflits… Deux personnages vont insuffler la vie de ce manga dès le départ, Lu Wan, un puissant guerrier aux aptitudes physiques surprenantes, et Liu Bang, un stratège très rusé qui associe audace et coups de poker ! Un sacré tandem qui survivra toute la durée du manga, pour enrichir le plaisir du lecteur, en tout cas ce fut bien mon ressenti !

Le graphisme que je trouve intéressant, propose des scènes de guerres violentes mais bien fluides, pas de longueurs, des ponctuations d’humour pour alléger l’histoire, des belles valeurs défendues comme la confiance et l’amitié… Certes, la guerre est toujours violente et désagréable mais il y a beaucoup plus. Comme si dans ces temps difficiles l’humanité se révélait sous des angles plus flatteurs, plus doux… Moi, très vite, je me suis retrouvé dans ce manga ! La guerre, les dangers, les turbulences… c’était ma vie !

L’histoire amènera d’autres guerriers valeureux voir cruels ; on voyage aussi pour découvrir la période des Qin, et son quotidien. Je trouve que le point fort de ce manga est l’amitié solide des deux héros, et moi j’ai particulièrement aimé le déroulement graphique et narratif des batailles ainsi que l’évolution des combats, un petit bijou ! Tout simplement !

 
 
Imprimer - - par Pierre - 19 fév 2019

BD : Pascal Regnault à Chalon-sur-Saône

Aujourd'hui, samedi 16 février, à Chalon-sur-Saône, à la librairie L'antre des bulles, un auteur de bédés dédicace ! Il s'agit de Pascal Regnault qui vient présenter son petit dernier, Balle tragique pour une série Z, aux éditions Glénat.


C'est la première fois que je le reçois dans mon émission de radio et j'en profite pour aborder plusieurs aspects de son travail, de Canardo à Balle tragique en passant par Trou de mémoire...


Une belle rencontre, une belle interview et un beau dessin du caporal Reyes, l'idiot de service de la série Zorro... Profitez-en pour voir le dessin prendre vie...

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 17 fév 2019

Dernier volet du talent de Pascal Regnault qui sera à Chalon samedi 16 février !

Pascal Regnault vient à Chalon-sur-Saône samedi 16 février, à la librairie L’antre des bulles pour une magnifique séance de dédicaces à partir de 15h. Ce sera l’occasion de rencontrer et deviser avec le dessinateur des histoires Trou de mémoire et Balle tragique pour une série Z, deux bandes dessinées dont je vous ai déjà parlé… Mais, Pascal Regnault c’est aussi un dessinateur qui s’est retrouvé progressivement aux commandes graphiques de la série Canardo, excusez du peu !


Canardo est une série qu’a créée Benoît Sokal à partir de 1978 en collaborant au magazine (A suivre). Au départ, ce furent des petits récits puis on en vit à des histoires longues qui prirent place dans de très beaux albums… J’avoue avoir aimé ce canard, que dis-je, cet inspecteur pas très futé, un privé à l’ancienne, capable de quelques facilités, approximations et autres vulgarités… mais qui finit toujours, plus ou moins, à conclure le travail… On dit que ses modèles furent Philip Marlowe et Mike Hammer. Oui, vous l’avez bien compris, on est au cœur du roman noir américain… Le vieux polar couvert de poussière que l’on dégage à coup de souffle pour le plaisir…


Attention, roman noir mais bande dessinée animalière et en couleurs… L’inspecteur est bien un canard anthropomorphe. Comme souvent ses illustres modèles, il est alcoolique, fumeur, dragueur, dépressif… Mais tout cela en beaux dessins en couleur ce qui évite aux lecteurs la chute trop violente dans cet univers glauque car ici on est bien au cœur du glauquissime !

Seulement voilà, Benoît Sokal n’est pas le genre à se laisser enfermer dans une seule série, une seule activité même s’il fait tout du scénario au dessin sans oublier les couleurs… Aussi, en 1994, quand il se lance dans le jeu vidéo, une autre de ses passions, il pense à se faire aider sur la série Canardo… La rencontre entre Pascal Regnault et Benoît Sokal a lieu grâce à un intermédiaire et finalement le contact initial se transforme en collaboration… qui dure ! Le créateur de Canardo lui demande de travailler avec lui pour garder le rythme d’un album par an… Au départ une aide graphique, les couleurs puis le dessin seul !


Alors, oublions un instant Pascal Regnault qui s’est fondu dans la série et revenons à Canardo lui-même… Depuis quelques albums, il se passe des évènements dramatiques dans le duché du Belgambourg… En effet, la population wallonne, du moins la partie ouvrière et populaire, passe clandestinement le lac Belga pour venir « envahir » le duché qui vivait paisiblement… Jusqu’à cette date, les seuls étrangers qui arrivaient au Belgambourg venaient pour ne pas subir leur fiscalité nationale, pour blanchir des revenus pas très nets, pour vivre paisiblement de leur fortune… Ainsi, on verra l’ancien policier Garenni prendre la tête de la police du lac…

Attention, il ne faut pas que je vous en dise trop car ces albums (Mort sur le lac, La mort aux yeux verts, Un con en hiver) sont liés entre eux et je dois préserver le suspense. Oui, je sais bien que le suspense n’est pas le point capital de la série, il n’en demeure pas moins que dans une série policière on ne peut pas tout vous dire si on veut que vous puissiez lire avec plaisir… Donc, je vais faire état de mon devoir et droit de réserve !


Il n’en demeure pas moins que l’on sent un renouveau et une redynamisation de la série. Au scénario, Benoît Sokal est aidé par son fils Hugo et au dessin, Pascal Regnault œuvre seul avec assurance et talent. Le tout fonctionne très bien, c’est le bonheur garanti pour les lecteurs et il se dit même que certains lecteurs des origines qui avaient oublié la série y reviennent avec délectation…

Il me semble donc juste et raisonnable de venir rencontrer à Chalon, ce samedi 16 février 2019, Pascal Regnault qui est bien en train de devenir un grand de la bande dessinée ! C’est en tout cas mon avis et je suis fasciné par ses talents pour mettre en scène ces histoires policières et noires qu’il semble bien aimer !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 fév 2019

BD : En attendant Pascal Regnault à Chalon...

Puisque Pascal Regnault nous fait le plaisir de venir à Chalon-sur-Saône, le samedi 16 février à partir de 15h à la librairie L’antre des bulles, parlons de son travail car il n’y a pas que la nouveauté qui doive retenir notre attention. En effet, en dehors de sa collaboration avec Benoît Sokal dont nous reviendrons rapidement parler, il y a eu un très bon diptyque, en 2015/2016, aux éditions du Long Bec, avec le scénariste Roger Seiter, le duo que nous venons de lire avec « Balle tragique pour une série Z ». Cette histoire que l’éditeur vient de sortir en Intégrale est elle aussi excellente et elle mérite plus qu’un détour au moment de rencontrer le dessinateur…


Alors, je sais bien que certains vont encore s’agacer en ouvrant « Trou de mémoire » ! Encore une histoire avec un amnésique… Vous ne trouvez pas qu’il y en a assez comme cela ? Oui, je peux entendre que le filon scénaristique n’est pas de toute première jeunesse, qu’il faut être prudent, que l’on pourrait bien être déçu… En même temps, le théâtre de boulevard peut encore faire rire s’il est bien écrit et joué tout en parlant pour la énième fois du triangle amoureux… Non ? Alors, voyons ce que Roger Seiter fait de son amnésique…

Un homme se retrouve sur une scène de crime, blessé, avec une arme et plus aucun souvenir. Jusque là c’est bien propre, classique et efficace. L’homme ne sait même plus qui il est, ne reconnaît pas la victime qui est à côté mais il semble avoir un vieux réflexe de survie : il faut fuir avant que la police arrive car je serais dans l’impossibilité de répondre à ses questions !

Les premières planches sont magistralement exécutées par Pascal Regnault qui propose là une narration graphique forte, sombre, prenante et un personnage que l’on a envie de suivre dès le départ… La voix off proposée par Roger Seiter va nous accompagner jusqu’à la fin de l’histoire avec à la fois la pure tradition noire américaine et aussi un petit je ne sais quoi de cynisme, de dérision, de distance qui finit même par faire sourire… Et c’est ce que j’adore dans cette histoire !

A la fois, on se dit que tout est écrit, qu’il n’y aura pas d’autre issue que celle que l’on devine rapidement et, en même temps, on est pris par le suspense car tant qu’il y a le moindre doute on préfère lire l’histoire… On ne sait jamais… Et on a bien raison de le faire car le scénariste joue avec son lecteur avec bonheur… Jamais rien n’est définitif avec Seiter, les fausses pistes sont bien là, les pièges sont nombreux… Et notre personnage va bien avoir du mal à retrouver son identité… Enfin, attention, ici on n’est pas dans XIII et le diptyque offrira au lecteur toute l’histoire sans avoir besoin d’attendre le 137ème album…

Le récit est mené à travers trois visions qui se croisent, s’enrichissent, se complètent, se répondent… Il y a l’homme qui cherche son identité, il y a la police qui a le cadavre initial – je dis initiale car ce ne sera pas le seul, bien sûr – et il y a la sacrée mafia car elle est bien là ! On commence sur la côte Ouest et on termine sur la côte Est, et on sent bien que Roger Seiter a décidé de rendre hommage à certains romans et films américains qui ont bercé sa vie, lui qui aime tant le polar et le noir ! On est parfois dans l’hommage, certains y verront des citations, des clichés… Bref, on y est vraiment !

La fin attendue arrivera réellement mais peut-être que ce n’est pas celle que vous attendiez alors allez quand même vérifier ! Moi, j’avoue avoir adoré cette façon de jouer avec l’histoire et les personnages, avec cette culture policière américaine et cette petite pointe d’humour – noir, c’est évident – m’a enchanté…

Quand on dessinateur, c’est fascinant de voir comme le duo devient une certitude. On se dit que personne ne pouvait aussi bien mettre en chair ce scénario de Seiter. Pascal Regnault ne fait plus du Canardo ou du Sokal, il ne fait pas plus du Regnault, il fait, que dis-je, ils font du Seiter-Regnault et c’est tout simplement exceptionnel ! Ce Trou de mémoire est absolument à lire !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 13 fév 2019

Une série à découvrir, un dessinateur à rencontrer à Chalon...

Bien sûr, si je vous dis qu’une actrice s’écroule atteinte d’une balle réelle lors d’un tournage à Hollywood au sein des studios Disney… vous allez trouver cela très étrange ! D’ailleurs, il s’agit bien d’une histoire Treize étrange, label appartenant aux Editions Glénat qui fête d’ailleurs leur anniversaire cette année… 50 ans d’éditions !


Mais revenons à notre mort très étrange que l’on va vite pouvoir qualifier de meurtre. Nous sommes au cœur du tournage de la série mythique « Zorro ». Vous savez cette histoire incroyable d’un justicier masqué qui défend le pauvre et l’opprimé, la veuve et l’orphelin et, aussi, le pouvoir de l’Espagne au sein de cette jeune Californie… J’avoue que cette série est pour moi mythique et culte… Ce n’est pas, vous vous en doutez bien à cause du suspense insoutenable, de l’issue improbable de chaque épisode ou en raison de la bêtise crasse de Garcia et de Reyes. ! Non ! C’est tout simplement parce qu’il s’agit de mon premier souvenir télévision du temps où j’étais invité comme plusieurs enfants de mon quartier à venir voir tous les quinze jours l’épisode tant attendu de notre série… Oui, à cette époque, il fallait attendre deux semaines pour découvrir la suite des aventures de notre héros… Et il y eut ainsi 78 épisodes ! Je soupçonne le scénariste Roger Seiter, scénariste de cette histoire en bande dessinée, d’avoir le même âge que moi ou presque et de rendre hommage à sa façon à une série TV de son enfance…

Donc, revenons au tournage de cette série Zorro et à notre bande dessinée du jour, une histoire complète en un seul album, une histoire policière, je dirais même une histoire noire et cruelle à ne pas mettre dans les mains des enfants en bas âge… Nous allons suivre un personnage, Jimmy White, acteur de second rôle apparemment inventé par les auteurs de la bédé. Cet acteur est là parce qu’il manie très bien le fleuret ce qui était aussi le cas de Guy Williams, l’acteur phare de la série, celui qui incarne Zorro. Les combats sont difficiles car comme c’est très bien expliqué dans la bande dessinée, on se battait avec des armes réelles, sans protection spécifique… Parfois les coups portaient et même Guy Williams a été blessé deux fois… Or, lors d’une belle bagarre dans la taverne, une des figurantes, Sally Davis, s’écroule touchée par une balle…

Mais voilà, Sally Davis était celle qui donnait encore un peu de goût à la vie de notre ami Jimmy White. Il faut dire que ce dernier avait perdu le grand amour de sa vie – disparition mystérieuse – et même le jeu ne suffisait plus à le motiver… Il ne lui restait que des dettes… Ah, j’oubliais, il y avait aussi son agent, une certaine Brenda Thomson… D’ailleurs, s’il avait dit oui, elle n’aurait pas dit non… mais c’est probablement une tout autre histoire !

Voilà, les choses sont posées, il ne reste plus qu’à voir comment chacun va réagir à ce crime et découvrir comment la police mènera l’enquête. Attention, ce n’est pas réellement une bande dessinée classique – dans le dessin comme dans l’enquête, dans les couleurs comme dans la narration graphique – et les lecteurs peuvent être surpris. Je pense en particulier à ceux qui n’aiment pas les enquêtes stéréotypées, statiques et sans trop de surprises… Ici, rien de tout cela et on n’est pas dans Agatha Christie… peut-être plus dans certains romans noirs de Charles Exbrayat… Enfin, vous jugerez par vous-même !

Les personnages sont bien attachants et on finit même par trouver ce pauvre Jimmy White sympathique malgré le jeu, l’alcool, la naïveté, le talent pour se mettre dans la panade, le manque d’ambition et le manque d’énergie… Quoi que… Attention, le lion pourrait bien surgir du chat qui ronronne… Allez savoir !

J’ai beaucoup apprécié cette histoire noire et dramatique, mais j’ai beaucoup aimé le second degré qui se glisse un peu partout, cet hommage déguisé à la série Zorro, le talent de Roger Seiter pour produire des scénarii au cordeau, le dynamisme de la narration graphique de Pascal Regnault… D’ailleurs, ce dernier viendra en séance de dédicaces à la librairie L’antre des bulles de Chalon-sur-Saône le samedi 16 février à partir de 15h… Un rendez-vous à ne pas manquer !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 12 fév 2019

Une série à découvrir : Constance d'Antioche !

J’ai lu, hier, le premier album de la série Constance d’Antioche, La princesse rebelle, de Jean-Pierre Pécau (scénario), Gabriele Parma (dessin) et Dimitri Fogolin (couleurs). Cette série vient prendre sa place dans la collection Les reines de sang, une excellente collection qui compte déjà de nombreuses reines et albums, en particulier le très bon travail sur la reine Aliénor d’Aquitaine…


Avec Constance d’Antioche, Jean-Pierre Pécau va nous raconter la vie d’une femme que l’on connait peu… Il faut dire que l’on a déjà du mal à donner quelques éléments factuels concernant les croisades, à citer au moins deux rois de Jérusalem… alors commencer à parler de la femme héritière d’une ville secondaire, Antioche… Cela relève de l’expertise ! Mais le scénariste relève le défi sans se préoccuper trop des difficultés (ou alors, il le cache bien !).

Tout commence en 1130, lorsque le corps de Bohémond, seigneur d’Antioche, est ramené dans sa ville après une embuscade dans les montagnes de Cilicie. L’ennemi des Francs était alors l’émir Gazi Gümüchtegin, un prince arménien devenu allié du calife de Bagdad… Dès maintenant, vous allez devoir ouvrir un livre de cartes de géographie politique du douzième siècle pour bien mesurer les emplacements du royaume de Jérusalem, de la ville d’Antioche, de Bagdad et aussi, dès maintenant, de la ville de Constantinople…


Très vite, on va bien comprendre que la jeune héritière Constance va avoir une première adversaire en la personne de sa mère et régente, Alix de Jérusalem… Marina Dédéyan, romancière, a beaucoup fait pour la notoriété de cette femme du Moyen-âge avec son ouvrage, Moi, Constance, princesse d’Antioche. Depuis elle est le symbole d’une femme façonnée par l’esprit de la chevalerie et qui ose tenter de se faire une place dans un monde brutal d’hommes…

Jean-Pierre Pécau fait là œuvre de vulgarisation historique et je trouve cela remarquable au moment où certains reparlent de croisades avec beaucoup d’approximation et imprécision… quand ce n’est pas tout simplement avec moult erreurs et bêtises ! Ici, Constance est certainement plus proche de la vérité – mais qu’est-ce que la vérité dans le domaine historique – et c’est une excellente occasion de réviser un peu son histoire… Vous avez bien noté, je n’ai pas dit Histoire de France mais Histoire, tout simplement !

La narration graphique de Gabriele Parma est souple, légère, et elle nous fait oublier très vite que nous sommes dans une biographie… Elle traite cette histoire comme un roman, une épopée, une saga… Les couleurs de Dimitri Fogolin rendent le tout crédible et participent à nous faire voyager dans cet Orient proche et pourtant si lointain de nous, de nos préoccupations, de nos vies…

Une excellente bande dessinée qui devrait rapidement trouver sa place dans les CDI (centre de documentation et d’information) de collèges…

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 8 fév 2019

BD : Et pour commencer place à « I hate fairyland »

Il faut toujours se méfier des apparences, une couverture de Comics ne donnant pas de garanties absolues pour le contenu... Par exemple, « I hate fairyland », un comics de Skottie Young (scénario et dessin) est une série complète en quatre tomes et si on ne jugeait que par la couverture, on pourrait penser à un univers rose, féerique, jovial, au goût sucré de bonbons et avec pleins de paillettes, un vrai univers de petite fille…

 

Et c’est quand même un peu cela, mais pas totalement !

Le personnage principal se nomme Gertrude, une petite fille quasi ordinaire, qui aime les poneys, les licornes, les fées. Un jour, elle se fait happer par son tapis pour atterrir à Fairyland, un pays merveilleux destiné aux enfants. Ici, ils doivent perpétuer une quête… Il s’agit d’un voyage où le but ultime est de trouver la clé qui les ramènera chez eux….sauf que Gertrude, mal conseillée par son guide, ne trouvera pas la clé à temps, et se retrouvera enfermée longtemps, devenant une vielle fille enfermée dans son corps de fillette… Du coup tout dégénère et ses mauvais esprits massacrent tout dans le royaume… Le carnage pur !


On retrouve alors des univers imaginaires totalement décalés, avec des personnages métissés, le tout dans un ensemble qui mêle gore et féerie… Tout n’est pas tragique, il y a des gags surprenants, des détournements de gros mots et insultes, et ces aspects hilarants, décalés et surprenants donnent à ce comics une touche barge que j’affectionne beaucoup !

Donc si vous voulez passer un moment de lecture, sans prise de tête, avec des fous rire garantis, je vous conseille fortement de le lire « I hate fairyland » et, ce, sans modération !

 


D ans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…

 

 
 
Imprimer - - par Pierre - 8 fév 2019

Un nouveau chroniqueur bédé, manga et comics...

Certains ont pu croire que la page « Bande dessinée » de votre site www.vivre-a-chalon.com était la propriété privée de Michel Bonnet et de l’IUT… Erreur, elle est bien sûr complètement libre même si, grâce à un partenariat spécial, elle est bien richement alimentée par l’équipe d’étudiants que je manage et accompagne à Saint-Malo, Angoulême et parfois même dans des lieux beaucoup plus bourguignons… Mais il arrive parfois que l’on rencontre des énergies nouvelles… Un chroniqueur régulier nous rejoint et il n’a rien à voir avec l’IUT ni la licence image et son… Il s’agit de Pierre !


Pierre vous a été présenté il y a quelques mois par des étudiants de la licence qui avaient effectué des portraits de Chalonnais. Pierre était fan de mangas et comics, il ne restait plus qu’à le convaincre de venir partager ses lectures avec nous… C’est chose faite et vous allez avoir le plaisir de découvrir tout cela sur le site avec une régularité que l’on espère hebdomadaire… mais on ne lui met pas trop la pression… Les choses viendront quand elles viendront…


En attendant, relisez ce portrait de septembre dernier et préparez-vous au grand voyage dans un univers que nous n’avions encore guère fréquenté…

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Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 8 fév 2019





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