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jeudi 21 novembre 2019

Bonne Fête Présentation de Marie

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BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !

 

Un salon BD à Chalon ? De quoi s'agit-il ?

Depuis quelques jours, certains lecteurs me demandent pourquoi aller dans un salon présenterait un intérêt alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une sorte de librairie géante où on paye pour entrer et où les livres ne sont pas moins chers… La question est importante et je me dois de vous donner quelques éléments de réponse…



Oui, je comprends bien la notion de paiement pour entrer dans le salon qui est – mais pas seulement – une sorte de grande librairie… Je dis « pas seulement » car c’est bien là que réside la différence fondamentale entre un salon et une librairie…

Tout d’abord, un salon c’est un temps fort autour d’une forme de livre. Par exemple, lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, les 23 et 24 novembre 2019, il s’agira bien d’une fête autour de la bande dessinée, des auteurs et des lecteurs… Qui dit fête, dit ambiance décontractée, animations, rencontres, discussions, surprises… Mais, dit comme cela, ce n’est peut-être pas encore assez motivant pour venir…

Alors, entrons dans le vif du sujet… Parlons, dans le domaine des animations, des conférences… Plusieurs conférences vont permettre de découvrir certains pans de la bande dessinée. En effet, la bande dessinée ce n’est pas seulement le Mickey de votre enfance, le Tintin de votre jeunesse ou Astérix qui fête ses 60 ans ! Non, il y a aussi les auteurs contemporains, édités ou auto-édités, il y a le roman graphique, le livre illustré d’art, les nouvelles revues comme Bien Monsieur qui a obtenu il y a deux ans le Fauve de la BD alternative et qui sera représenté lors de ce salon… Donc, aucun doute, on vient là, aussi, pour apprendre, découvrir, s’enrichir…

 

 

 

Il y aura aussi, une façon visuelle de découvrir les auteurs contemporains de bande dessinée à travers des éléments exposés, en particulier un travail réalisé avec les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son), une collation de photographies réalisée de 2005 à aujourd’hui, d’Angoulême à Montreuil, en passant par Saint-Rémy, Saint-Malo, Chalon, Lyon, Paris et Cluny… Plus de cinquante auteurs évoqués… Attention, il fallait bien comprendre autrices et auteurs !

 


Il y aura aussi, un espace plus spécifiquement consacré au marché d’occasion. Ce dernier est important pour deux raisons principales, les gros lecteurs et les collectionneurs. Les premiers trouvent là des ouvrages à lire qui sont un peu moins chers que neufs et les collectionneurs acquièrent la pièce rare qu’ils cherchaient depuis des années…


Enfin, il nous faut parler de la dédicace. Je sais que cette dernière fait jaser ici ou là dans le milieu de la bande dessinée… Il faut dire que lorsqu’un auteur voit sur Internet une de ses dédicace en vente alors qu’il offerte gratuitement à un lecteur… Il y a de quoi être mécontent voire même d’arrêter définitivement ces fameuses séances de dédicaces !


Tout d’abord, pour ceux qui n’auraient pas l’habitude, vous achetez un album de bande dessinée et l’auteur vous fait un petit dessin sur la première page avec un petit mot personnalisé. Il ne s’agit pas d’un acte rémunéré, la bande dessinée est vendue au même prix et l’auteur vous offre ce dessin, c’est un cadeau, un don… et ne croyez surtout pas que les auteurs sont riches car leur statut est fragile, précaire et sans avenir…



Avant, pendant, et juste après, vous avez la possibilité d’échanger quelques mots avec l’auteur. Ils ne sont pas tous très bavards, mais ils apprécient souvent parler de leur travail, de leurs motivations, de leurs futurs projets… Profitez-en !

Comme il s’agit d’un cadeau, comme il faut du temps pour réaliser cette dédicace, comme il y a parfois beaucoup de monde, il convient de ne faire signer qu’un album, de ne pas s’énerver contre les autres participants au salon et, encore moins contre les auteurs qui viennent passer le week-end avec nous !



Alors, maintenant que vous avez tout compris, il est effectivement temps de nous rejoindre les 23 et 24 novembre pour découvrir les auteurs qui seront là à Chalon-sur-Saône pour le 1er salon de la BD ! Il y aura : Ronan Toulhoat, Aurelien Rosset, Vincent Brugeas, Julien Motteler, Christophe Regnault, Nathalie Vessilier, Rebecca Morse, Tra'b, Cynthia Leman, Jean Yves Duhoo, Marc Lizano, Laeticia Coryn, Said Sassine, Jaouen, Fred Bernard, Jean-Louis Thouard, Henri Jenfèvre, Chetville, Charlotte Melly, Morgane Velten, Gregdizer, Anthony Calla, Fix, Janpi, Michaël Le Bestiau, Caro-Lyn, Marie Morganne…

Alors, à très bientôt !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 19 nov 2019

BD : XIII, la série qui continue jusqu'au bout de la ...

En 1984, un album sort en librairie, Le jour du soleil noir. C’est le premier album de la série XIII et le succès n’est pas instantané. Le scénariste Jean Van Hamme s’inspire très librement du roman « La mémoire dans la peau » de Robert Ludlum et des faits réels aussi autour de l’assassinat de John Kennedy. Bien sûr, tout est très libre et je ne sais pas si lors de la parution du premier album dans le magazine Spirou, Jean Van Hamme avait le sentiment qu’il irait si loin dans cette histoire qui a des tenants policier, espionnage, politique, diplomatique, financier, historique… Alors que le tome 26 vient juste de sortir, on peut parler d’un véritable mythe…

 

Au départ, tout est simple, un amnésique est retrouvé sur une plage, blessé par balle à la tête… Sur son épaule gauche un tatouage simple et énigmatique : XIII.

 

Durant des années (de 1984 à 2007, en 19 albums), Jean Van Hamme va faire agir cet homme qui part à la recherche de son passé, un passé complexe et plein de chausse-trappes pour le lecteur. Plus d’une fois le lecteur a voulu abandonner, a clamé que trop c’était trop, qu’il fallait que tout cela cesse… mais, le mal était en lui, le virus de la curiosité, il fallait enfin savoir qui était XIII et comment tout cela s’était mis en place…

 

Pour que le tout tienne bien, Jean Van Hamme a créé de nombreux personnages dont certains vont devenir célèbres dans la mémoire vivante des nombreux lecteurs : Jones, la Mangouste, Amos, le général Carrington, sa fille Kim, Betty, Maria…

 

Puis, un jour, deux albums sont arrivés pour donner la vérité, enfin. Le lecteur a lu religieusement ces tomes 18 et 19, il a savouré les informations et s’est dit : « Quelle belle aventure ! »… Il ne savait pas que tout allait repartir de plus belle…

 

Le second cycle a été scénarisé par Yves Sente (il n’est pas encore terminé) et dessiné par Youri Jigounov. Au départ, le lecteur est sceptique car il croit tout savoir sur XIII et il se dit que la série a tout simplement perdu de l’intérêt… XIII sait qu’il est, en fait, Jason Mac Lane mais cela ne lui suffit pas, il veut tout savoir sur son histoire, tout et absolument tout… Et, en cherchant, il va s’attirer un certain nombre de problèmes. On entre dans l’histoire des Etats-Unis, la véritable, celle de ceux qui étaient sur le Mayflower… cet aspect historique est d’ailleurs au cœur de ce second cycle…

 

Les lecteurs avaient été prudents au départ, ils pensaient qu’il s’agissait simplement d’un coup financier mais il y eu un tome 20, un 21, un 22… et le lecteur a eu peur de passer à côté d’une révélation fracassante alors il a rattrapé le retard et a découvert que ce second cycle était bien une réussite !

 

William Vance, le dessinateur historique de la série, décédé en 2018, peut contempler tout cela de là où il est en toute sérénité. L’affaire est dans de bonnes mains. Jean Van Hamme profite de sa retraite (il a maintenant presque 81 ans) et les éditions Dargaud se disent que lorsqu’elles ont signé le contrat pour XIII, elles ont quand même fait une belle opération !

 

Selon une vieille tradition chez moi, je viens de relire toute la série avant de me lancer dans le nouvel album, plus exactement tout le cycle 2, il ne faut pas trop exagérer… Je confirme donc que XIII est une excellente série et que sa vitalité, sa crédibilité, sa construction méritent toute notre attention de lecteur !

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 19 nov 2019

Quand la bédé revisite le Western et ses légendes !

Le Western est un genre qui revient régulièrement tantôt par le cinéma, tantôt par la bande dessinée. Aux Etats-Unis, ce genre est aussi une façon de voir et revoir une histoire courte mais souvent forte avec de la violence, des émotions et de grandes interrogations… En France, le Western est l’occasion pour les auteurs de se confronter aux grands espaces, aux cultures amérindiennes, à l’aventure pure et dure !

 

 

En bande dessinée, bien sûr, le western a ses grands classiques. Quand on regarde avec attention les parutions anciennes on ne peut qu’évoquer Blueberry, le chef d’œuvre absolu de Charlier et Giraud (création en 1963 dans le magazine Pilote). Mais ne citer que cette série serait manquer de respect pour Mac Coy (1970), Commanche (1969), Durango (1981), Bouncer (2001), Lucky Luke (1946), Jerry Spring (1954), Buddy Longway (1972), Les Tuniques Bleues (1968), Chinaman (1997), Jonathan Cartland (1974)… Oui, on ne peut pas tout citer, il y a pléthore de westerns dans la bande dessinée et j’avoue que je ne m’en plains pas quand c’est de qualité !

 

Donc, quand les éditions Soleil ont annoncé qu’elles allaient réaliser une série d’albums consacrés chacun à une légende de la Conquête de l’Ouest, West Legends, je me suis dis que cela était à suivre. La collection était alléchante, le thème me convenait et il ne restait plus qu’à lire le premier album, Wyatt Earp’s last hunt…

 

Le personnage de Wyatt Earp est connu car il est à la fois présent dans l’histoire et dans la légende, dans les études sérieuses et dans les Westerns hollywoodiens, dans les mémoires humaines et dans la bande dessinée…

 

L’homme réel, d’abord, est né en 1848 à Mounmouth, il est mort en 1929 à Los Angeles et on sait qu’il fut chasseur de bisons, puis officier américain, puis Marshal à Dodge City puis Tombstone… Là, c’est très factuel comme sa participation à la fusillade sanglante dite de « OK Corral ».

 

Après, le personnage est devenu mythique et les films ont participé à cette notoriété générale même si elle est surtout grande aux Etats-Unis. Il n’en demeure pas moins que les films dont le fameux « Règlements de comptes à OK Corral » (1957) et les rencontres avec Blueberry (1995) ou Lucky Luke (1997) ont transformé abondement la réalité ce qu’un film comme «Tombstone» (1993) n’a pas réussi à contrecarrer…

 

Nous voilà maintenant face à cet album, Wyatt Earp’s last hunt, avec un personnage qui a vieilli et qui se lance dans une dernière chasse à l’homme pour venger son ami Lucky Cullen. On est du côté de San Francisco et plus dans l’Arizona…

 

En fait, durant quelques planches on a le sentiment de quitter l’Ouest des grands westerns pour une histoire plus policière dans une grande ville en formation, dans une culture en grande évolution… Puis, le personnage, certes décalé avec son temps qui évolue, nous fait revenir dans la grande aventure… La vengeance reste la vengeance et un thème de cette grande conquête de l’Ouest… L’amitié est un principe inaltérable, la fidélité à la parole donnée aussi ainsi que le fait d’être en dette vis-à-vis de quelqu’un qui vous a, un jour, sauvé la vie !

 

Le scénario d’Olivier Peru est très bien construit, un peu comme un hommage à un style qu’il a probablement aimé ou qu’il aime encore, quant à la narration graphique de Giovanni Lorusso je l’ai trouvée très adaptée et pas collée à un genre « Giraud » qu’il aurait voulu copier maladroitement…

 

Un très bon album à lire en particulier pour tous ceux qui sont restés sensible au genre western !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 19 nov 2019

Dragon & Poisons, la dessinatrice Rebecca Morse bientôt à Chalon !

L’Heroic Fantasy, la fantasy, le fantastique… Bref, on commence à en avoir tant lus de ces albums en tout genre que nous nous fatiguons… Quand on reçoit une nouveauté, quand on ouvre une nouvelle série, on est position d’un jury qui cherche à être convaincu, d’un lecteur qui veut être surpris et charmé, d’un admirateur potentiel mais pas acquis d’avance !

 

 

Alors, bien sûr, je comprends bien que cela complique la tâche des auteurs, des éditeurs… Comment surprendre le lecteur pour le tenir jusqu’au bout d’une série…

 

Tout d’abord, soyons précis, si on veut que cela fonctionne, il est impératif de proposer une série courte car le lecteur qui est aussi acheteur est lassé par les séries au long cours… Isabelle Bauthian (scénariste) et Rebecca Morse (dessinatrice) ont compris la leçon, Christophe Arleston (directeur de collection), Olivier Sulpice (éditeur) et le label Drakoo aussi, l’histoire Dragon & Poisons comportera à priori deux albums !

 

Deuxième élément, toujours pour surprendre, il faut un scénario qui donne le sentiment de jamais vu ou peu vu. Isabelle Bauthian nous propose un dragon qui vit au fond d’un puits et qui exauce les souhaits de ceux qui arrivent jusqu’à lui et triomphent de lui… D’accord, mais ça sent un peu les vœux du Génie… Non ? Non, car tous les vœux sont possibles, y compris celui de revenir dans le passé et donc de vivre une deuxième fois une histoire, enfin la même histoire mais différemment… ou presque… Cela commence à exciter le lecteur… tentons l’aventure !

 

Oui, mais pour que cela fonctionne, il faut une bonne dose d’humour, vous savez un peu comme dans le premier cycle de Lanfeust de Troy… Oui, mais ce n’est pas simple de trouver cet humour et d’en faire bon usage… Grosse surprise, l’humour est bien dans cette histoire Dragon & Poisons et dès la première planche j’ai ri… Si, j’ai réellement ri et il faut dire que cette ville de Pâmoison, gangrénée par les poisons et les duels, est un lieu où on a envie de suivre nos personnages. Je ne dis pas qu’il serait bon d’y vivre car le taux de décès est impressionnant, mais on est pris d’une curiosité aigüe, on entre dans l’histoire à grande vitesse, on veut savoir…

 

 

Bien, mais il va falloir tenir le lecteur au-delà de la quatrième page. Il va falloir des surprises, des gags, des sauts dans le temps… Et tout y est, y compris quelques allusions coquinettes… Natch, Névo et Greyson vont pouvoir vivre leur aventure, leurs aventures…  

 

La scénariste, assez finement, dépasse les enjeux visibles initialement. De la fantaisie, du rire, de l’aventure, du combat, du poison, de l’amour, de la trahison… Très vite on perçoit un jeu avec le temps, avec les sentiments, avec la politique, avec la vie quotidienne… Peut-être bien que cette histoire porterait plus de sens qu’on ne le croyait initialement… Allez savoir ?

 

Fallait-il, enfin, que la narration graphique et le graphisme en général soient au rendez-vous ! Et ils le sont car Rebecca Morse sait à la fois accepter les codes du genre et s’en affranchir par son dessin caricatural et dynamique. Franchement, ça passe en douceur, on y croit et on rigole même de cette caricature d’Heroic Fantasy… D’ailleurs, dans ces personnages atypiques qui m’ont beaucoup plu, je retiens ce dragon caractériel, fainéant et autoritaire…

 

Les deux autrices qui se connaissaient déjà donnent là un travail qui montre une progression talentueuse et cette bande dessinée offre une lecture très plaisante. Rebecca Morse sera présente au 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône et ce sera un plaisir de lui tendre mon micro…

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 nov 2019

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Marie Morgane

Du 15 au 17 janvier 2016, s’est tenu, à Saint Rémy, le festi’DBulles, avec au programme des rencontres avec des auteurs de BD, des dédicaces, des remises de prix…. A cette occasion, Emilie, étudiante en licence professionnelle TAIS (Image et son pour faire court) avait rencontré Marie Morgane, dessinatrice de bandes dessinées. Or, comme Marie-Morgane va venir pour le 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, c’est l’occasion de ressortir son travail de journaliste de l’oubli…


Dans un salon, à Saint Rémy comme à Chalon, les visiteurs de tous les âges viennent rencontrer, en quelque sorte, les auteurs qui ont bercé leur enfance ou, pour les plus courageux, en découvrir de nouveaux. Parmi eux, il y a Marie Morgane qui a pris le temps de me rencontrer et me parler !

Née à Sainte-Colombe, une ancienne ville romaine, en 1973, Marie Morgane a suivi des études en communication, pendant lesquelles elle a pris des cours de dessin. Intriguée par l’histoire de la Bête du Gévaudan, le projet de Lupus Deï est né lors de ses études, puis a été rangé dans les cartons en entrant dans la vie active.


Après avoir enchaîné différentes expériences qui n’ont pas abouti sur du concret, notamment des romans, elle a décidé de laisser libre cours à sa passion de raconter des histoires. C’est avec le soutien de ses proches que Lupus Deï a vu le jour.

Toujours désireuse de faire partager son univers en le mettant en dessins, elle a d’autres projets comme la série Rhéa, un univers différent de Lupus Deï, avec des personnes entre humains et animaux. Cet univers était né au collège et elle envisage de faire cette série sous forme de manga dont la cible serait les adolescents. Elle nous a confié préférer le noir et blanc à la couleur.

Ayant parlé de ses projets dans plusieurs collèges, beaucoup de jeunes ont été intéressés et cela l’encourage dans son travail…

On ne peut donc que lui souhaiter bonne chance !!!

Depuis, l’autrice avance dans son travail et on peut lire les deux premiers tomes de Lupus Deï et comme elle sera bien à Chalon-sur-Saône, ce sera aussi l’occasion de suivre l’évolution de ses projets, de son dessin… et ce ne sera que du bonheur !

 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 15 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Vincent Brugeas

Souvent les salons de bandes dessinées font la part belle aux dessinateurs et méprisent un peu, même sans l’avouer, les scénaristes. Or, un grand auteur de bédés disait, à juste titre à mon avis, que l’on ouvrait une bédé attirait par le graphisme mais que l’on y restait grâce au scénariste… Quand scénariste et dessinateur sont différents, pour que cela fonctionne bien, il faut qu’il y ait du talent des deux côtés et une entente maximale… C’est pour cela que nous sommes heureux de recevoir aux côtés de Ronan Toulhoat, dessinateur que nous avons déjà présenté, Vincent Brugeas, son scénariste attitré si on peut se permettre cette expression…



Vincent Brugeas est un scénariste qui est né le 5 juin 1985 à Eaubonne, en Ile-de-France. Diplômé d'une maîtrise en histoire contemporaine de l’université de Cergy-Pontoise, agent du patrimoine en bibliothèque où il gère le catalogue des bandes dessinées, c'est avec Ronan Toulhoat, dessinateur, qu'il publie en 2010 Block 109 aux éditions Akileos. Il s’agit d’une uchronie dont nous avons déjà parlé en présentant Ronan.


Profitons donc de Vincent Brugeas pour parler de leur dernière série en commun, Ira Dei, dont le tome 3 vient tout juste de sortir… On se souvient que dans nos cours d’histoire il était parfois question des Normands en Sicile… Mais comment ce royaume a-t-il été construit, comment les Normands se sont-ils retrouvés si loin de leur Grand Nord ? Pour comprendre cela il faut aller aux origines ou presque, quand Byzance tente de reprendre la Sicile aux Arabes… Mais en ces temps lointains, les combats sont sanglants et les deux auteurs nous proposent une série ancrée dans l’histoire et la violence…



Enfin, parfois, Vincent Brugeas travaille avec d’autres dessinateurs car le scénariste, contrairement au dessinateur, peut mener plusieurs projets de front. Une des dernières productions est le tome 1 de La Cagoule, un fascisme à la française, histoire passionnante coécrite par Vincent et Emmanuel Herzet…



Donc, de nombreuses raisons de venir rencontrer Vincent Brugeas lors de ce 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône…

 

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 14 nov 2019

BD : De la science fiction et du graphisme... Exilium

Je viens de lire les trois tomes de ce triptyque particulier, Exilium. Je dis particulier car on va voir qu’il est très difficile à classer et, du coup, à conseiller…

 

Dès le départ, on comprend que les auteurs, Cédric Simon et Eric Stalner, ne nous embarquent pas seulement à bord du Glory pour rejoindre la station Paradis Lunella, mais bien pour un grand voyage dans l’univers de la science-fiction revu et corrigé par le graphisme d’Eric Stalner et c’est objectivement merveilleux !

 

Pour l’histoire, c’est quand même, dès le commencement, un peu complexe… L’arrivée sur Kayenn est quelque peu brutale, d’ailleurs le nom d Kayenn aurait dû nous alerter rapidement… Mais, non, on se laisse aller à visiter cette petite ville, son marché, on rencontre ses habitants et on découvre rapidement que la nature environnante est dangereuse…

 

Avec les tomes 2 et 3, les évènements s’enchainent bizarrement, les relations entre les personnes se complexifient et les êtres humains, ou ce qui en reste, se retrouvent coincés entre deux entités, une qui semble être une machine, l’autre une planète investie par un Titan… Mais comme je vous le disais, pas simple du tout à expliquer… et ce n’est pas tout !

 

Quant à moi, je vous l’avoue, c’est bien là que j’ai commencé à errer… Affrontement du bien et du mal, ou sorte de figure christique qui tente de racheter ce qui est possible ? Les textes se mélangent, pour moi la confusion est grande, et je n’arrive plus à suivre le fil de l’histoire…

 

Mais je vais quand même jusqu’au bout du troisième tome ! Vous allez me dire que c’est là pur masochisme mais je vous répondrai qu’il ne s’agit que d’une fascination extrême pour le dessin, le graphisme étonnant d’Eric Stalner qui reste un très grand dessinateur de bédés…

 

Mais, avouons que cela ne transforme pas le tout en « grande » bande dessinée. C’est une série de science-fiction, je suis certains qu’il y aura des lecteurs qui comprendront mieux que moi cet univers et on s’accordera tous sur la qualité technique d’Eric Stalner…

 

Pour autant, j’attends avec impatience une autre série dont le scénario sera plus accessible aux lecteurs, en science-fiction, pourquoi pas ?

Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 nov 2019

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Rebecca Morse

Dans quelques jours, à l’occasion du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, Rebecca Morse sera là pour s’entretenir avec vous, présenter son travail et vous offrir une dédicace… Cette autrice que nous avons déjà eu l’occasion de découvrir à Chalon-sur-Saône lors d’un passage à la librairie L’antre des bulles, n’arrête pas de progresser et de surprendre ses lecteurs…



C’est en 1983 qu’elle est née dans une famille anglo-irlandaise. Très jeune, elle est venue habiter en France et c’est dans la région Rhône-Alpes qu’elle a grandi. Elle a été rapidement convaincue qu’elle était faite pour les arts et après un bac littéraire option arts plastiques, on la retrouve à l’école lyonnaise Emile-Cohl. On la retrouve dans un atelier local, One-Shot et elle participe au périodique Rues de Lyon.

Signalons qu’elle a aussi contribué à un collectif de qualité, « En chemin elle rencontre… », un ouvrage d’artistes mobilisés contre les violences faites aux femmes, une coéditions Des ronds dans l’O et Amnesty International.


Rebecca Morse, elle, présente sa série Alyssa, publiée aux éditions Soleil. Le scénario est d’Isabelle Bauthian et les couleurs de Virginie Blancher. Des planches gags, quatre albums de parus et c’est parfait pour les collégiens ! Comme les personnages sont essentiellement féminins – Nadia, Mel, Elodie et Alyssa – on pourrait croire que seules les filles vont apprécier… mais certains garçons se laissent facilement toucher par cet humour même s’ils ne le reconnaissent pas d’entrée de jeu. Quand vous laisserez la bédé aux toilettes, vous verrez qu’ils la lisent et rigolent bien… Mais vous n’êtes pas obligés de me croire !


C’est via Internet que Rebecca Morse entre en contact avec Isabelle Bauthian qui va devenir sa scénariste au moins pour un certain temps : Yessika, Alyssa et plus récemment « Greyson, Névo et Natch » tome 1 de la série Dragons & Poisons aux éditions Drakoo…

 

Rebecca Morse n’est peut-être qu’au début de sa carrière mais elle donne magnifiquement vie à ses personnages et on sera très heureux de la revoir sur les bords de la Saône, enfin, plus exactement dans la salle Marcel Sembat pour ce salon BD organisé par Bulles de Bourgogne !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 13 nov 2019

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Charlotte Melly

Lors du 1er salon de la bande dessinée de Chalon-sur-Saône, Charlotte Melly sera là. C’est une autrice chalonnaise car rappelons qu’elle a suivi son collège et son lycée dans cette ville bourguignonne où elle a suivi un cursus Arts appliqués…


Ensuite elle est partie pour Paris et suivre un cursus graphique à Estienne avant de poser ses affaires à Lyon où elle a été à l’ENSATT, école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre en scénographie. Elle a l'occasion, alors, de travailler avec Guillaume Lévêque, Claude Buchwald, Jean-Pierre Vincent, Simon Delétang et Daniel Larrieu.

Elle collabore avec le Collectif Alteréaliste (des Chalonnais devenus maintenant La Méandre) sur la création du film Outsiplou et du spectacle Les passants en 2010.


Elle découvre les marionnettes en 2011 avec Cyril Bourgois lors du projet À l'ombre d'un loup. En 2014, elle réalise la scénographie pour deux de ses spectacles, Mange ta main et Les bons contes du bon vieux temps. La même année, elle signe la scénographie du spectacle Monsieur, Blanchette et le Loup, écrit et mis en scène par José Pliya.


Ne pouvant se limiter à la scénographie, elle illustre une bande-dessinée écrite par Lison Pennec, Blanche La colérique et des albums jeunesse. Son projet personnel, Entre A à A, questionne les perceptions et sensations physiques des spectateurs sous la forme d'un parcours immersifs à mi-chemin entre son travail plastique et théâtral.

Sa carrière prend une pente ascendante avec le spectacle Noire et son arrivée dans le Collectif 71. Depuis plusieurs mois, elle dessine en direct et sur scène en accompagnant l’actrice Sophie Richelieu. La pièce vient d’être jouée durant deux semaines à Bordeaux sur la scène nationale TnBA…

Elle est en train de dessiner une nouvelle bande dessinée pour les éditions Delcourt, une histoire plus journalistique et engagée, qui met en scène des tranches de vie de migrants… Elle devrait s’appeler Un pays dans le ciel…

Vous allez pouvoir rencontrer Charlotte à Chalon lors de ce 1er salon de la BD de Chalon avant qu’un jour, peut-être, le spectacle Noire soit joué ici… Elle représentera aussi la revue Bien Monsieur !, une revue qui a été distinguée à Angoulême en 2018 par le Fauve de la bande dessinée alternative… Représentera et dédicacera, bien sûr !

 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 12 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Christophe Regnault

Christophe Regnault est un auteur qui actuellement vit dans la région lyonnaise mais qui a passé son enfance en Bourgogne, région où il revient régulièrement car on l’a vu plusieurs fois dans des salons locaux comme à Cluny, en dédicaces comme à Chalon… Ce n’est pas un régional mais un habitué sans aucun doute et c’est avec plaisir que l’on va le retrouver à Chalon-sur-Saône à l’occasion du 1er salon de la BD organisé par Bulles de Bourgogne !


Que retenir de cet auteur qui travaille beaucoup et que l’on retrouve soit comme dessinateur, soit comme story-boarder soit comme dessinateur de couverture ? Bien sûr, il touche à tout mais c’est quand même dans deux domaines spécifiques que l’on va pouvoir découvrir ses talents de dessinateur…


Tout d’abord, il a été le dessinateur d’un remarquable Philippe le Bel dans la collection « Ils ont fait l’histoire », magnifique collection historique coéditée par Glénat et Fayard. Pour ce travail, il est très bien entouré car on trouve au scénario Mathieu Gabella, un auteur confirmé qui a scénarisé chez Delcourt, entre autres, la très bonne série La licorne, série historique et fantastique autour du personnage d’Ambroise Paré. Du côté des historiens, on retrouve Etienne Anheim et Valérie Theis, et ils ont choisi de donner de ce roi un portrait le plus complet possible, sans se limiter aux clichés qui sont pourtant nombreux.


Le scénario de Mathieu Gabella ne se focalise pas ni sur la lutte à mort contre les Templiers ni sur les affrontements papauté-royauté. Le choix a été fait de nous proposer une vision beaucoup plus complète du roi, de son administration, de son époque… Il faut dire que ce roi est certainement un des personnages les plus étranges de son temps et on peut le regarder de plusieurs façons différentes : le roi avec le sens chrétien de la royauté française ; le premier technocrate à la française ; l’homme qui s’est entouré de plusieurs spécialistes, des finances à l’organisation du royaume ; le grand chasseur ; l’homme de pouvoir qui n’admet que difficilement d’être contredit ; le chrétien dont on ne sait rien sur sa propre foi…


Le dessin de Christophe Regnault intrigue ou surprend au départ. On aurait pu craindre une narration graphique à l’ancienne comme dans l’histoire de France en BD de chez Larousse. Heureusement, très vite, on sort de ces ornières pour trouver un rythme réel, un graphisme solide, des personnages crédibles. L’histoire est dépoussiérée et le récit passe de l’illustration simple à la bande dessinée à proprement parler. On tient là la preuve que Christophe est bien un auteur de bédé et que l’on peut « raconter » l’histoire autrement qu’avec un récit figé et soporifique…

Christophe Regnault ne se contente pas de faire dans l’histoire même s’il y est souvent comme avec le story-board de Churchill (3 tomes) ou celui admirable de Clémenceau. On va le retrouver dans une très bonne adaptation de « L’Homme invisible » avec Dobbs au scénario… On croit connaitre l’histoire mais ce roman court d’Herbert George Wells nous surprend toujours et la narration graphique de Christophe Regnault est envoutante…


Voilà donc un grand dessinateur qui vient poser sa trousse sur les tables du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône et il y a de grande chance que de nombreux lecteurs soient là pour le rencontrer… C’est un peu comme si Clémenceau, Philippe Le Bel, Churchill ou L’Homme invisible venaient nous rendre visite… Non ?

 

 

 
 
 
 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 11 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Julien Motteler

Julien Motteler est un auteur que certains ne connaissent peut-être pas encore mais qu’il faut découvrir et on pourrait essayer de vous convaincre en présentant deux de ses productions… On pourrait aussi, simplement, vous conseiller d’aller le rencontrer lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, dans quelques jours… Soit, mais autant vous donner envie…



Avant toute chose, posons les jalons distinctifs de cet auteur… C’est un autodidacte, formé par ses lectures de comics, ses lectures de manga, les jeux vidéo… Pas d’école si ce n’est celle de la vie et du récit car il aime raconter par le dessin…

Tout d’abord – même s’il ne s’agit pas de sa première production – Julien est le dessinateur d’un magnifique album dans la série Détectives menée de main de maitre par le scénariste Erik Hanna. Tout a commencé avec un one-shot, 7 détectives, dessiné par Eric Canete. Mais l’histoire était si bonne – sept détectives invités à découvrir un coupable comme s’il s’agissait d’un jeu ou d’une compétition – que l’auteur a voulu aller plus loin en consacrant un album à chaque enquêteur mais avec un dessinateur différent à chaque fois…

Julien Motteler a mis son talent graphique au service – en quelque sorte – de Frederick Abstraight, la « honte de la police londonienne et du Yard ». Un album magnifiquement dessiné qui ne laisse personne indifférent comme la série d’ailleurs.

Mais Julien propose après un diptyque où il est seul aux commandes, scénario, dessin et couleur. Il faut dire que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même… Enfin, c’est aussi un sacré travail dont il parle avec beaucoup de plaisir…



Il s’agit de Space Gangsters, une sorte de western de l’espace. Dit comme cela, certains auront des doutes… alors pour ceux que les westerns laissent dubitatifs, disons qu’il s’agit de deux sœurs, Péné et Jo – pour utiliser les diminutifs sous lesquels on les suivra – qui ont chacune un métier très différent mais très technique. L’une est chasseuse de prime, exécuteur des basses besognes ou tueur à gages, utilisez le mot que vous souhaitez ; la seconde est trafiquante, contrebandière, transporteuse, achemineuse ou logisticienne du grand banditisme… généralement, elles ne travaillent pas ensemble et elles ont même parfois, comme cela peut arriver dans ce milieu, quelques différents… mais voilà que tout semble les pousser à travailler ensemble… Changement de sentiments, manipulation de l’une ou de l’autre ou plan plus machiavélique d’une personne tierce ?

 


Julien Motteler est déjà venu au festival bédé à Cluny, manifestation organisée avec talent, brio et énergie par les étudiants de l’ENSAM et bien sûr, à une séance dédicace de l’Antre des Bulles de Chalon… Les rencontres sont à chaque fois fortes et on repart avec une belle dédicace… Commenceriez-vous à être convaincu de venir le rencontrer ?

Alors, si vous ne l’êtes pas encore, disons que vous pourriez apprécier le superbe épisode de la série BadAss qu’il a dessiné sur un scénario d’Herik Hanna. Là, on oublie la bande dessinée traditionnelle pour s’enfoncer dans un comics de grande qualité !


 

 

 


Voilà, Julien Motteler est donc bien l’un des auteurs qu’il faut venir rencontrer lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 9 nov 2019

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Nathalie Vessilier

Dans les autrices annoncées pour le 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, on trouve Nathalie Vessilier. Oui, je sais, le mot « autrice » peut vous surprendre mais c’est bien celui que l’Académie nous demande d’utiliser quand une femme écrit un livre et donc nous l’utiliserons tout au long de ce salon, vous allez vous y habituer !



Nathalie Vessillier est née en 1984 près de Lyon, capitale des Gaules. Elle réside toujours dans sa région et elle a magnifiquement dessiné un album adapté de l’histoire de la fameuse Blanche Neige sur un scénario de Lylian. C’était son premier projet en bande dessinée…

Quelques années avant, elle était sortie diplômée d’Émile Cohl, la grande école lyonnaise d’art graphique. Nathalie commence comme beaucoup par travailler pour la publicité mais aussi le casual gaming. Le travail y abonde d’une certaine façon mais les artistes s’usent vite et Nathalie Vessilier souhaite revenir le plus rapidement possible au dessin pur, au dessin narratif, au dessin sous toutes ses formes !

C’est en tentant sa chance dans l’illustration de nouvelles pour la presse anglophone, en travaillant pour une galerie de street art et participant à une exposition collective à New York que Nathalie Vessilier rencontre Lylian et arrive dans le champ de la bande dessinée…


Nathalie Vessillier présentera à Chalon son Blanche-Neige aux éditions Delcourt, un très beau travail réalisé avec Lylian au scénario et Rozenn Grosjean aux couleurs. Ces auteurs ont travaillé à partir de l’original des Frères Grimm et non de la version édulcorée de Walt Disney. C’est un album parfait à offrir pour des lecteurs à partir de 12/13 ans jusqu’à 87 ans… peut-être plus, mais nous ne pouvons pas garantir que le cœur des lecteurs plus âgés tienne le choc… Choc esthétique, bien sûr !!!

Une belle occasion, en tout cas, de se faire faire une dédicace ou d'en offrir une à ceux que l'on aime... occasion offerte par ce 1er salon de la bande dessinée de Chalon qui prend sa place dans l’univers local pour le plus grand plaisir des lecteurs du neuvième art !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 9 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Ronan Toulouat

Dans quelques jours, se tiendra le 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône. La question est donc de savoir quels auteurs seront présents lors de cette manifestation. Nous en avons déjà présenté quelques-uns et voici un nouveau nom, un nouvel auteur, une nouvelle rencontre potentielle… En effet, lors de ce salon, Ronan Toulouat sera bien présent !



Ronan Toulouat est graphiste, illustrateur, story-boarder, ingénieur-designer freelance, bref, c’est un touche-à-tout du graphisme au sens le plus général. D’ailleurs, certaines collections et séries BD lui doivent leurs couvertures !

Avec Vincent Brugeas, scénariste, il publie en 2010 « Block 109 » aux éditions Akileos. Une uchronie sur la Seconde Guerre Mondiale dans laquelle l'Allemagne nazie domine le monde et se trouve engagée dans une guerre sans fin avec l'URSS depuis plus de dix années. L’uchronie est plus qu’une fiction, c’est une forme de science historique. On change un point de l’histoire – ici la victoire des alliés est remplacée par la victoire de l’Allemagne nazie – et après on tente de construire un récit cohérent avec les éléments véridiques. En clair, que se serait-il passé après la victoire nazie ? Quel aurait été le comportement des Alliés ? Des Soviétiques ? En France, l’uchronie n’est pas aussi populaire qu’aux Etats-Unis, mais ça commence à venir et, pourquoi pas en suivant le travail de Brugeas et Toulouat ?

Le duo prolonge son travail avec Étoile Rouge qui, dans l'univers uchronique de Block 109, retrace l'épopée de trois pilotes français qui combattent aux côtés des troupes soviétiques contre l'armée du Troisième Reich.

Ils développent ensuite le Label Vinwatt dont le premier ouvrage sort fin 2012 sur internet pour lancer la série Chaos Team…

 

En 2015, les mêmes auteurs, pourquoi changer une équipe qui gagne dans la bonne humeur, produisent le premier tome de la série "Le Roy des Ribauds", un magnifique roman graphique et un polar médiéval de qualité.

Enfin, depuis quelques années, une nouvelle série, Ira Dei, chez Dargaud leur permet d’assoir une notoriété méritée et légitime. Une histoire dans le Moyen-âge, mais aussi qui touche à la Sicile, les Normands, l’histoire…

Pour dessiner ces scènes du Moyen-âge qui sont à la fois de fiction mais historiques, Ronan Toulouat s’inspire fortement de certaines associations de passionnés qui reconstituent la vie au Moyen-âge, de la vie quotidienne au combat... Dans sa région, la Sarthe, ces associations sont nombreuses et les membres sont souvent très documentés, très précis dans les costumes, les objets, les repas… Par ailleurs, nos deux auteurs précisent bien que pour eux le plus important n’est pas d’être parfaits dans la reconstitution mais très efficaces dans la narration, dans son rythme, dans la crédibilité des personnages…


Ronan Toulouat sera donc bien là à Chalon-sur-Saône, à vous de venir le découvrir, l’écouter puis le lire !!!

 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 7 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Marc Lizano

Continuons de voyager à travers la liste des auteurs de bandes dessinées qui seront là pour ce premier salon de la BD de Chalon-sur-Saône. Nous avons déjà croisé quelques auteurs de la région mais avec Marc Lizano, nous tentons le grand écart puisque cet auteur est un Breton !


En effet, Lizano vient du Morbihan, il est né à Vannes en 1970, a grandi à Ploërmel, la cité des Frères La Mennais, puis étudié à Rennes. Il commence par la Philosophie avant de s’orienter vers l'écriture, l'illustration et la bande dessinée. D’ailleurs, il enseigne la narration et la mise en scène au CESAN.

Auteur complet très prolixe, il travaille dans l’illustration, dans la jeunesse, dans la bande dessinée pour des éditeurs et supports très différents (Famili, Bayard, Milan, Le Rouergue, Nathan, Casterman, Bayard, Glénat, Delcourt, Carabas, Les rêveurs, et on en oublie certainement quelques-uns ! …).


Ses productions très hétéroclites au premier abord, se révèlent porteuses de valeurs humanistes indiscutables et montrent un auteur sensible, plein de douceur et poésie, indiscutablement de qualité. Il ne se contente pas d’être auteur, il va explorer le domaine de l’édition avec un regard fin sur le domaine des fanzines.

On va le remarquer tout particulièrement dans des travaux d’adaptation en bédé (Maurice Leblanc, Pierre-Jakez Hélias) ou lors de l’appropriation d’un fait divers comme avec cette remarquable « Pension Poreau » (scénariste Benoît Broyart).

Ayant de très nombreuses envies de livres, d’illustrations, d’adaptations, la question qui demeure est simple : aura-t-il le temps de tout réaliser ?


Lors de votre venue au salon de la BD de Chalon-sur-Saône, vous pourrez lui demander de vous parler de son prochain projet… Non ?

La photographie est tirée du Télégramme, quotidien breton.

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 7 nov 2019

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Caro-Lyn

Un salon de la BD à Chalon-sur-Saône n’a pas pour vocation de vouloir concurrencer Angoulême, Saint-Malo, Blois ou Montreuil… Ici, ce qui est important c’est d’offrir aux lecteurs des rencontres avec des auteurs, en particulier avec des bédéistes locaux. Attention, « locaux » ne signifie pas « de sous-qualité » et nous les voyons bien depuis quelques jours en parlant de Fred Bernard, Jenfèvre, Chetville, Thouard… et, aujourd’hui, Caro-Lyn !



Caro-Lyn est une artiste de Saint-Rémy qui trace son petit bonhomme de chemin, année après année. Si certains d’entre nous l’ont rencontrée à l’Escapade en bulles de Rully en mai 2010, d’autres l’avaient même admirée il y a dix ans à Buxy, là où elle est revenue exposer son travail en 2017… Sans oublier sa très récente participation à la semaine japonaise de la maison de quartier des Aubépins à Chalon qui a mis en évidence ses qualités d’animation et de pédagogie…


Artiste indépendante, elle a toujours été passionnée par le dessin. Au lycée, différentes rencontres vont façonner son style déjà particulier (beaucoup de dessins humoristiques et d'esquisse). Elle adopte le manga à 17 ans, lorsqu'une amie lui fait découvrir ses "livres en images". Habituée à regarder les dessins animés du Club Dorothée, des Chevaliers du Zodiaques en passant par Juliette, je t'aime, elle n'avait néanmoins jamais eu l'opportunité de lire un vrai manga. Le manga devient pour elle une évidence. Et maintenant, Caro-lyn donne des cours particuliers et anime des ateliers pour des petits groupes.


Artiste indépendant, cela signifie qu’en plus de son travail d’autrice elle mène les actions d’éditrice, diffuseuse et pour cela elle se doit d’être très présente sur les salons, lieux de rencontres avec les lecteurs !

Elle sera donc bien présente à Chalon-sur-Saône pour ce 1er salon de la BD et ce sera, pour certains, l’occasion de découvrir que le manga peut prendre consistance le long de la Saône…

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 6 nov 2019

1er salon de la BD de Chalon, une nouvelle règle du jeu...

Souvent, dans le salons et festivals BD, il est très difficile pour le grand public d'arriver à obtenir certaines dédicaces. Les collectionneurs, les chasseurs de dédicaces squattent les places, s'organisent entre eux et mobilisent toute leur famille pour obtenir le Graal... La dédicace improbable sur une édition originale ou un livre épuisé depuis fort longtemps...

 

Il est très difficile de lutter contre ce mécanisme et je n'ai pas l'intention de critiquer les collectionneurs dont certains sont de grands lecteurs de bandes dessinées... Mais, pour permettre une meilleure accessibilité aux auteurs, à Chalon-sur-Saône, à l'occasion du 1er salon de la BD, les visiteurs ne pourront faire entrer dans le salon pour les dédicaces que deux albums de leur collection personnelle... Les autres bandes dessinées devront être achetées sur place...

Ce sera donc la règle du jeu pour ce week-end et on verra bien si cela améliore ou pas la situation !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Fred Bernard (mais auteur BD cette fois !)

Dans les auteurs présents au 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, il y a Fred Bernard. Dans un premier temps, il a été rappelé que cet auteur bourguignon a réalisé des albums pour la jeunesse en compagnie de son ami François Roca. Il est temps maintenant de parler un peu de ses talents de bédéiste.



C’est en 2003, alors qu’il a 35 ans, qu’il se lance seul dans ce mode narratif qu’il va dompter à sa façon devenant très rapidement un auteur complet, scénario et dessin, inimitable. Ses romans graphiques sont forts, efficaces, prenant et rappellent des grands auteurs de la littérature : Jack London, Melville, Jules Verne, Defoe… Il nous parle d’épopées, de voyages, de la mer, de grands destins humains…


Deux fois, il partira d’un album réalisé avec Roca pour basculer dans la bande dessinée. Avec l’album Jeanne et le Mokélé, il va créer l’univers bédé de Jeanne Picquigny (5 ouvrages) dont le très remarquable La patience du Tigre. Avec l’album L’homme-Bonsaï, il offre un roman graphique éponyme remarquable (2008).

Ce dernier ouvrage est absolument extraordinaire et représentatif des univers de Fred Bernard. Un soir, dans une sordide taverne de port, alors que la tempête souffle, le capitaine O’Murphy raconte à des boit-sans-soif une histoire incroyable, celle d’un potier devenu marin et habité par un arbre… Oui, cela peut sembler singulier mais quand on a bu quelques verres tout devient possible…


C’est une très belle histoire, pleine d’humanisme, de douceur et de violence, de poésie et de nature… Un livre qu’il faut lire et faire lire et qui montre un visage inattendu de la bande dessinée !

Voici de multiples bonnes raisons de rencontrer Fred Bernard lors de son escale chalonnaise, à l’occasion de ce salon de la BD qui promet d’être passionnant !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 6 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Jenfèvre

Lors du 1er festival de la BD de Chalon-sur-Saône, de nombreux auteurs seront là dont certains connaissent bien la ville et les bords de Saône. C’est le cas de Jenfèvre qui, entre autres, était déjà venu à la 4ème édition de Festi’DBulles de Saint Rémy.



Il faut dire que Henri Jenfèvre est né à Montbéliard et qu’il vit encore dans notre belle région.

La découverte, très jeune, des héros classiques de la bande dessinée, dont Astérix, Tintin et Gaston Lagaffe, l’a poussé à se lancer dans le dessin et à faire partager son humour au public au travers de séries telles que « Les Gendarmes », « Joe Bar’s Team » ou encore « Les Footmaniacs ». Son histoire avec Olivier Sulpice date de longtemps car il semblerait qu’ils aient fait leur service militaire ensemble dans la gendarmerie… Certaines choses ne s’inventent pas !


Le dessinateur Jenfèvre est un grand touche-à-tout qui n’hésite pas à faire quelques dessins pour la publicité entre deux albums de bande dessinée. Il fait aussi de l’illustration et parfois donne même un coup de main à des scénaristes.

Ce sera donc un plaisir de le voir à Chalon-sur-Saône car c’est réellement un grand de la bande dessinée qui installera son radar… euh, non, qui sortira ses crayons pour vous recevoir avec le sourire !


La photo date de janvier 2016 lors de son passage à Saint-Rémy...

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 5 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Fred Bernard

Fred Bernard sera bien présent lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône. Bien sûr, l’auteur de Beaune n’aura pas trop de voyage à faire pour se retrouver sur les bords de la Saône mais c’est beaucoup plus complexe pour celui qui doit faire une synthèse de son travail car Fred Bernard a beaucoup produit et avec talent !



Pour beaucoup de lecteurs, c’est par l’album jeunesse qu’il est entré dans nos bibliothèques en compagnie de son ami François Roca. Difficile d’ailleurs de citer un ou deux albums sans immédiatement penser à un autre, puis un autre… Disons que parmi les grands albums qu’ils ont réalisés ensemble, il faudrait retenir Jésus Betz et L’Indien de la tour Eiffel… Ce dernier est d’ailleurs un chef-d’œuvre…

Tout d’abord, il s’agit bien d’un album illustré. Oui, mais ce n’est pas pour autant un livre pour enfants. Illustré ne signifie pas non plus un ouvrage pour ceux qui ne savent pas lire ! C’est une histoire, tragique, sanglante et désolante, qu’un artiste a enrichie de son émotion pour que nous soyons encore plus bouleversés, touchés, anéantis. Bref, c’est tout simplement un livre plein et entier comme la littérature sait en offrir…

Le cadre est cette bonne ville de Paris, en 1889 à la fin de la construction de la tour Eiffel. Pour réaliser ce qui allait devenir un des symboles de la capitale française, l’ingénieur génial est allé chercher un grand nombre d’ouvriers indiens qui s’étaient illustrés dans la construction des immeubles nord-américains. Ces « rouges » n’avaient pas le vertige et ils pouvaient travailler à n’importe quelle hauteur sans aucune protection… Billy Powona va donc ainsi s’installer à Paris… Un exilé de plus ! Un rejeté, victime du racisme, aussi.



Alice La Garenne, elle, est une chanteuse de cabaret comme on en comptait de très nombreuses dans ce Paris de la fin du dix-neuvième siècle. Elle chante si bien, elle déclenche tant d’émotion et de rêve, qu’on la nomme « le rossignol de Montmartre » comme la Castafiore d’Hergé sera « le rossignol milanais ». Ces rossignols m’ont toujours laissé perplexe car, en fait, je l’avoue, je n’ai jamais entendu un rossignol chanter. Qu’importe, faisons confiance à Fred Bernard, Alice La Garenne chantait admirablement bien…

L’histoire racontée et illustrée, commence par un article de journal, tiré du « Petit Parisien » qui annonce le crime odieux commis par un Indien, Billy Powona. Trois meurtres et neuf policiers blessés. Suit alors, le rapport du commissaire Bourdelle qui nous donne une première version, celle qui sera retenue par tous et qui est le fruit à la fois d’un travail de police bâclé, d’un racisme ambiant et d’un soulagement ambiant. Le coupable est l’autre, l’étranger, l’Indien.

On entre alors dans le récit proprement dit. De longs textes – preuve absolue qu’il ne s’agit pas d’un album pour enfants – et des illustrations pleine-page d’une qualité extrême qui nous mettent en contact avec les personnages, les faits et l’ambiance pesante de ce Montmartre nocturne où fête et angoisse, solitude et vie sociale se mêlent dangereusement…

Certes, vous aurez bien compris que l’histoire réelle sera quelque peu différente de celle de la police, mais vous découvrirez cela par vous-mêmes…

Un album admirable, touchant, prenant que l’on a envie de garder chez soi pour le lire, le relire et le prêter à ceux que l’on aime… Peut-être bien le moyen de voir l’album illustré d’une autre façon… Et comme Fred Bernard sera là à Chalon-sur-Saône, certainement une belle rencontre à inscrire sur vos agendas…

Fred Bernard est aussi un auteur de bandes dessinées, aussi très prochainement nous parlerons de lui comme auteur BD…

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 4 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Jean-Louis Thouard

Oui, Jean-Louis Thouard, auteur de bandes dessinées et illustrateur, qui s’est installé il y a quelques années à Dijon, connu pour son travail d’adaptation d’Edgar Poe en compagnie de Roger Seiter, viendra au 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône et ce sera un véritable plaisir que de le revoir car il était venu, entre autres, lors de la fameuse Escapade en Bulle de Rully en 2010…



Mais, revenons-en à Poe…

« Il y a quelques années, je me liai intimement avec un M. William Legrand. Il était d’une ancienne famille protestante, et jadis il avait été riche ; mais une série de malheurs l’avait réduit à la misère. Pour éviter l’humiliation de ses désastres, il quitta la Nouvelle-Orléans, la ville de ses aïeux, et établit sa demeure dans l’ile de Sullivan, près de Charleston, dans la Caroline du Sud. »

Oui, se lancer dans une adaptation d’Edgar Poe en bande dessinée est une opération délicate. Ce n’est pas si simple de choisir où l’on pratiquera l’ellipse – forme indispensable pour une telle aventure – et ce qui pourra être développé en image… Il fallait donc pour cette aventure un scénariste doté de talent et d’expérience, ce fut donc Roger Seiter qui s’y colla. Il est, entre autres, le créateur de Fog avec Cyril Bonin, de Dies Irae et Dark avec Max et de HMS avec Johannes Roussel… sans oublier Wild River et Mysteries avec Vincent Wagner… Une grande maitrise donc du scénario au service de Poe qui écrit toujours avec beaucoup d’images dans ses histoires… Le premier album de ce travail date de 2008 (Le Scarabée d’Or).

Pour faire passer des mots en graphisme, pour construire une narration graphique efficace et esthétique, le choix du dessinateur se posait. Il ne fallait pas un artiste littéral qui n’aurait fait que de l’illustration, l’élu devait savoir participer à la narration avec un dessin qui aurait porté, lui aussi, une part de mystère. Les histoires d’Edgar Poe sont des récits courts qui se situent entre enquêtes policières, fables noires et parenthèses fantastiques… Tout devait se retrouver dans les albums, car il s’agit bien d’une trilogie et non d’une seule adaptation…

« Le Scarabée d’or » est très certainement l’une des histoires de Poe les plus connues et célèbres. Comme « La lettre volée », « Le puits et le pendule » ou « Le portrait ovale ». A titre personnel, j’avais déjà lu des adaptations en bande dessinée de « Double assassinat dans la rue Morgue » ou « Le chat noir » mais il manquait le petit plus, le petit grain de folie ou de délire qui aurait permis de plonger directement dans Poe que je considère comme un des grands de la littérature… Cette fois, je crois que nous avons trouvé le duo qui va permettre à toute une génération de lecteurs de comprendre pourquoi Poe est un grand, pourquoi Baudelaire a voulu le traduire en français, pourquoi cet Américain est installé dans nos livres de littérature, en France, aux côtés des plus grands du dix-neuvième siècle…

Vous pourriez penser que je suis en train de perdre la raison, que j’exagère, que ce n’est que de la bédé, que du fantastique réchauffé avec un peu de couleurs… Alors, ouvrez cet album, je parle de l’intégrale des trois nouvelles puisqu’il existe maintenant sous cette forme, prenez le chemin de la Nouvelle Orléans, puis, plus risqué, celui des bayous…

Le dessin sombre et fascinant de Jean-Louis Thouard va vous conduire à une chasse au trésor prenante, délirante et angoissante…Même si vous connaissez déjà la nouvelle, vous allez la redécouvrir avec un nouveau regard, une nouvelle profondeur, des sentiments mitigés et des émotions fortes… Bref, la vie ne sera plus la même après la lecture du « Scarabée d’or » !


D’ailleurs, depuis, j’ai acquis un vaisseau et je navigue sur l’océan des songes…

Heureusement, dès que cette nouvelle est terminée, vous en avez deux autres à découvrir toujours aussi bonnes, belles et diaboliquement efficaces : Usher (2009) et La mort rouge (2010)…

Mais pour certains, Jean-Louis Thouard restera celui qui a magnifiquement illustré les couvertures des romans de Pierre Botero, et ce n’est pas étonnant quand on connait le nombre de lecteurs de ces cycles romanesques interrompus trop tôt par une mort accidentelle…


Enfin n’oublions pas quelques ouvrages directement liés à l’histoire de la Bourgogne… La Bourgogne quelle histoire, Ducs de Bourgogne et même une sorte de biopic commandé par Dijon Métropole sur le chanoine Kir !

Donc, de très bonnes raisons de venir rencontrer ce dessinateur de grande qualité lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, les 23 et 24 novembre 2019 !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 4 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Chetville

Dans quelques jours, ce sera le 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, occasion de découvrir certains auteurs de bandes dessinées… Attention, la bédé n’est pas simplement une sous-littérature pour enfants qui ne sauraient pas lire, c’est une forme narrative très variée, très riche et pleine de surprise !



Depuis quelques années, la bande dessinée explore, entre autres, le patrimoine gustatif, la gastronomie, l’œnologie et même le chocolat. Elle le fait sous différentes formes qui vont du documentaire au polar en passant par le témoignage, la saga familiale ou même les ouvrages plus scientifiques et techniques… Avec Chetville, dessinateur, nous allons rester dans le domaine policier…

Là, ce c’est un duo d’auteurs français qui a écrit le scénario de cette série, Le maitre chocolatier. Il s’agit de Gourdon et Corbeyran. Le premier tome, La boutique, est sorti aux éditions Le Lombard en 2019.

 

 


Certains peuvent se lasser de voir Eric Corbeyran encore aux commandes d’une série qui se positionne dans la lignée de celles sur les vins, le café, le cognac, la gastronomie… On peut avoir le sentiment de toujours lire la même chose et de voir un scénariste se contenter avec l’assentiment des éditeurs profiter d’un filon sur l’art de vivre…

Si ce sentiment peut être partagé, si on peut le ressentir lors de certaines lectures, on peut aussi fonctionner différemment. D’une part, un grand nombre de gourmands restent très attachés aux arts de la table et donc sensibles aux thèmes abordés par Eric Corbeyran, d’autre part ceux qui appartiennent au bon public qui aime les histoires, surtout quand elles ont un fond policier, vont s’y retrouver sans peine. Aussi, face à cette avalanche de parutions thématiques, il faut lire l’histoire qui est bonne et suivre l’auteur dans l’intrigue et à table !

 


Et c’est bien pour cela qu’il faut lire cet album qui commence une série qui devrait être de qualité. En effet, le thème est d’abord alléchant, le chocolat ! C’est un produit que l’on aime beaucoup d’autant que l’on prend le parti de nous expliquer un certain nombre d’éléments qui nous font passer de la cabosse, fruit du cacaoyer, au délicieux chocolat que l’on va déguster au calme chez soi… La façon de nous accompagner dans cet univers est pédagogique mais pas fastidieuse, un peu comme dans la série « Châteaux Bordeaux » de Corbeyran et Espé. Pour le scénario, Eric Corbeyran est accompagné de Bénédicte Gourdon qui apporte dans cette histoire son expertise de la vie des malentendants, public avec qui elle travaille en tant que psychologue à Bordeaux.

Le tout fonctionne d’autant mieux que les scénaristes ont choisi une histoire un brin policière – voire plus, allez savoir – qui démarre fort bien. Les personnages sont très touchants et très vite : le jeune chocolatier, la meilleure amie, le commercial un peu dingue, l’apprentie malentendante… Tout est en place pour créer une nouvelle boutique si ce n’est qu’aucune de ces gentilles personnes vivant à Bruxelles n’a le moindre euro d’avance… Alors, comment trouver de l’argent pour rendre crédible leur projet ? Et là les problèmes vont arriver…

Chetville nous offre un dessin et une narration graphique de qualité avec une base classique mais pas étouffante. Un scénario technique mais pas réservé aux experts et, enfin, une touche humaniste indiscutable mais pas du tout moraliste… On en redemande donc sans problème et on attend la suite avec impatience. La série est annoncée en trois volumes !

La présence de Chetville à Chalon-sur-Saône sera une occasion de découvrir cette très bonne série sur le chocolat et de voir d’autres de ses ouvrages comme ses albums de la série Sam Lawry, Sienna (Grand Angle) et ses deux albums dans la série Crimes gourmands (Delcourt)…

De plus, offrir un album sur le chocolat pour Noël me semble une idée très intéressante !

 
 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 3 nov 2019

Spirou à Berlin et anniversaire de la chute d'un certain mur...

Le personnage de Spirou est né avant la seconde Guerre mondiale et depuis il a navigué de main en main avec un grand nombre d’auteurs. Alors, bien sûr, certains préfèrent le Spirou de Franquin, d’autres on faible pour celui de Fournier tandis que d’autres sont sensibles à la version de Tome et Janry… Depuis que d’autres auteurs s’y sont mis, avouons que les fans d’Emile Bravo sont très nombreux…

 

Mais, à chaque fois qu’un nouveau pointe son crayon, on entend d’abord la même rengaine ! « Quelle horreur ! » ou « Qui peut bien dessiner aussi mal ? »… Oui, le lecteur collectionneur et nostalgique est quelque peu bougon, il me fatigue même et c’est bien regrettable car dans chaque nouvelle « reprise » il y a à découvrir tant dans le graphisme que dans les histoires…

 

C’est avec beaucoup de curiosité que j’ai ouvert, aujourd’hui, Spirou à Berlin de Flix. Tout d’abord je ne connaissais pas du tout cet auteur allemand et c’est la première fois que l’auteur de Spirou allait être un germanique… Qu’allait-il faire du personnage ?

 

Tout d’abord, parlons de l’histoire… J’ai trouvé que c’était plutôt bien construit, cohérent et on a envie d’aller jusqu’au bout sans aucun problème… Certes, l’histoire est bien centrée sur l’Allemagne, une Allemagne divisée en deux par le mur et on est à la veille ou presque de la chute du mur… C’est une façon fine de se souvenir de cet évènement qui est arrivé, ne l’oublions pas le 9 novembre 1989… Il y a 30 ans !

 

Je vous rassure quand même, Spirou et Fantasio ne vont pas être responsables de la chute du mur, il ne faut quand même pas exagérer… mais, ils participent à une petite rébellion quand même !

 

Pour le dessin, certes, au départ, au sens bien que Flix peine un peu pour s’approprier les personnages mais assez vite on oublie cela et on ne voit plus que Spirou, Fantasio, le Comte de Champignac et Spip… A ce titre-là, c’est réussi !

 

Autant, je suis très mitigé sur le dernier album des aventures d’Astérix que je trouve faible dans le scénario, autant ce Spirou à Berlin m’a comblé et j’ai pris un réel plaisir à le lire… je crois que c’est là la grande différence entre Astérix et Spirou. Astérix est une bande dessinée qui a connu son âge d’or avec le scénariste René Goscinny. Dès que le pauvre Uderzo s’est retrouvé seul, le niveau a baissé et maintenant on sent que Ferry fait ce qu’il peut mais que l’on ne peut pas remplacer Goscinny. Avec Spirou, dès le départ les auteurs ont changé et on a eu l’habitude très tôt de pouvoir choisir les Spirou que l’on aimait et ceux qui ne touchaient pas trop… Mes auteurs de Spirou fétiches sont Tome et Janry et j’avoue avoir été touché par Flix… Mais à chacun ses goûts !

 

Enfin, c’était une façon de célébrer la chute du mur de Berlin autrement qu’en nous proposant une bande dessinée historique et didactique ! Cela ma plait beaucoup !

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 2 nov 2019

Quai des bulles 2019, 3ème joour de festival

Le troisième jour du festival Quai des bulles commença par une excellente chose, soit une heure de plus de sommeil ! Oui, cela parait anodin mais, en fait, ce fut merveilleux ! En effet, avoir des rendez-vous le dimanche matin n’est pas toujours agréable pour le journaliste. Pas parce que cela l’empêcherait de faire la grasse matinée mais plutôt parce que les auteurs qui ont fait la fête avec leurs amis arrivent toujours en retard… dans le meilleur des cas ! Cette fois-ci, en fait, les trois premiers rendez-vous furent en avance et la matinée se déroula parfaitement !

 

 

Le premier de la liste dominicale, celui qui devait se lever le plus tôt, était Olivier Boiscommun. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas interviewé Olivier. La dernière fois, ce devait être pour l’album Le livre de Sam, en 2002 ou 2003… Depuis, nous ne nous étions plus croisés et il a fallu la sortie du premier tome de Danthrakon, chez un nouvel éditeur, Drakoo, pour que nos chemins se croisent à nouveau…

 

Ce nouvel éditeur est aussi une forme de label d’Olivier Sulpice (Bamboo) qui depuis quelques temps se bat pour améliorer le statut des auteurs. Il est encore trop tôt pour être sûr que ce soit efficace mais il semble faire des efforts et c’est tant mieux pour la profession… Drakoo est porté par un certain Christophe Arleston, ce qui n’est pas rien et c’est aussi le scénariste d’Olivier Boiscommun sur ce projet…

 

Quand l’attachée de presse de Grand Angle m’a parlé d’une bédé en me disant « Il s’agit d’un western, mais pas que… Il y a aussi un enfant un peu retardé, des cowboys entrain de perdre leur métier et d’une institutrice… », j’ai dit oui tout de suite ! Je veux lire, je veux rencontrer les auteurs…

 

La lecture de l’album Jusqu’au dernier a été très agréable, le dessin est très soigné, la narration graphique fluide, l’histoire très solide… et Jérôme Félix (scénariste) et Paul Gastine (dessinateur) furent des invités plaisants… J’ai quand même oublié que Paul Gastine est arrivé un peu en retard car il avait passé la soirée avec des amis… mais Jérôme Félix nous a fait patienter en douceur… Tout en douceur avec cet album pourtant dramatique et sanglant (c’est quand même la dure loi de l’Ouest !).

 

L’entretien suivant nous poussa paisiblement, si on peut se permettre cette expression alors que l’ouvrage comporte plusieurs crimes de sang, vers le dix-neuvième siècle et sa collection importante d’Expositions universelles. Avec le second volume de la série, La fille de l’exposition universelle, nous sommes en 1867 sous Napoléon III. Julie Petit-Clou, voyante de service et dotée d’un don réel, a 24 ans, est désirable et fiancée ! Mais le scénariste, Jack Manini, qui est devant nous ne lui offre pas le repos car chaque album est aussi – surtout – une affaire criminelle… Heureusement, le dessin d’Etienne Willem atténue souvent la dureté de l’histoire…

 

Jack Manini nous parle avec enthousiasme de cette série qui n’hésite à faire vieillir son héroïne. Elle a une douzaine d’années dans le premier volume et elle en aura plus de 90 quand on arrivera au dernier, la grande Exposition universelle de 1937… Le principe était simple, inventer un personnage qui puisse avoir connu toutes les Expositions universelles s’étant déroulées à Paris…

 

Le temps passait vite et le festival de Quai des bulles n’allait bientôt n’être qu’un souvenir… La mer continuait son ballet incessant – ici la mer bouge tout le temps – et il restait encore deux interviews à réaliser dont une le matin et une l’après-midi…

 

C’est donc avec Guillaume Sorel que je me préparais au repas. Il faut dire que là j’étais en bonne compagnie car Guillaume aime manger et faire à manger… D’ailleurs, chaque fois que le scénario le permet, il est toujours heureux de glisser une scène de banquet, de repas, de fête autour de nombreuses victuailles…

 

Rencontrer Guillaume Sorel c’est avant tout discuter avec un artiste, une personne qui tente de se mettre dans un coin isolé, loin des modes et des cris du monde, loin des commandes commerciales et des séries qui n’en finissent pas… Cette fois, en compagnie de son ami Thomas Day, il s’attaque à du lourd, Macbeth… Bien sûr, il s’agit de revisiter la pièce de Shakespeare, de redonner vie au XI° siècle écossais et, surtout, de parler avec le lecteur du XXI° siècle… Cela peut sembler quasiment impossible à tenir et, pourtant, les auteurs y arrivent et j’ai trouvé cet album particulièrement réussi… Il y en aura un deuxième pour clore l’histoire et j’avoue l’attendre avec impatience !

 

Pour donner juste quelques éléments graphiques, puisque c’est avec le dessinateur que j’ai rendez-vous, disons que cet album est basé sur la lumière, Guillaume Sorel m’avouant qu’il se considère comme sculpteur de lumière plus que simple dessinateur… En effet, les scènes se déroulent de nuit pour beaucoup d’entre elles ou en plein jour. A chaque fois, indiscutablement, la lumière participe à la narration, les couleurs de l’artiste, aussi, bien sûr !

 

Enfin, pour être complet, précisons que le personnage principal de cette adaptation pourrait bien être une certaine… Lady Macbeth… Allez savoir !

 

Et il y eut, alors, la pause repas de cette dernière journée à Saint-Malo ! Si je me permets de donner quelques éléments sur ce moment plutôt personnel, c’est que j’ai eu le plaisir de déjeuner en compagnie d’une de mes anciennes étudiantes ! C’est toujours un réel plaisir de rencontrer ceux avec qui on a travaillé, à qui on a tenté de transmettre quelques compétences, savoirs, valeurs… Ce fut donc un beau moment de partage amical et ce type de rencontre est aussi important que les interviews. Cela donne du sens à nos vies…

 

Requinqué et en pleine forme, il ne restait plus qu’à mener la dernière rencontre autour de l’histoire de France en compagnie de Thierry Laudrain… Alors, là, comment vous dire… En fait, ce fut assez compliqué car Thierry Laudrain n’est pas très expansif devant le micro… C’est même pire que cela… Alors, j’ai un peu galéré, rebondi, posé mille et une questions, tenté d’aborder tous les aspects de son travail pour extirper quelques petites informations… J’étais très déçu car j’attendais plus de cette rencontre mais là ou je suis resté sans parole c’est quand il m’a dit : ça s’est mieux passé que d’habitude…

 

C’est comme cela, il y a des auteurs que le micro paralyse et j’en ai rencontré un durant ce festival Quai des bulles 2019, un sur vingt-quatre… Finalement, ce n’est pas si mal que cela !

 

Il fallut alors quitter le festival, remercier les nombreux bénévoles qui le rendent possible, attrayant et agréable… Puis prendre la route pour la Bourgogne ce qui ne fut pas mince affaire car il a plu durant la moitié du voyage !

 

En route pour le festival suivant qui aura lieu… à Chalon-sur-Saône !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 nov 2019

Et bientôt, le salon de la BD de Chalon-sur-Saône...

Il faut bien noter la date dans votre agenda, ce sera les 23 et 24 novembre 2019 !

 

Mais, on en reparle très vite et je vous présenterai quelques auteurs qui seront là ce week-end !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 nov 2019

Quai des bulles 2019, 2ème jour de festival

Dans un festival comme Quai des bulles, trois jours d’interviews d’auteurs, ce qu’il faut, c’est tenir le choc dans la durée. Donc, après une nuit courte mais profonde, direction Saint-Malo pour 12 rencontres étalées entre 9h30 et 18h30… En fait, je vais rester enfermé dans la salle de presse du début à la fin avec seulement deux petites sorties pour les expositions (même étage, salles voisines)… Même le repas de midi sera restreint et limité à un casse croute pris sur place avec du café… Oui, il faut rester éveillé quand même !

 

Tout va commencer par l’interview de Serge Ernst. En fait, c’est un auteur de bédés belge que l’on connait bien pour sa série Les Zappeurs (1994-2011) et Boule à zéro (depuis 2011). Je ne l’avais jamais rencontré… une première !

 

Sa série Boule à zéro qui traite de l’enfant malade dans le milieu hospitalier est remarquable et son action pour que la bédé soit accessible à tous les enfants malades mérite toute notre attention… Un moment paisible, dans le calme de la salle de presse pas encore envahie par tous les acteurs du festival…

 

Puis, nous resterons dans l’ambiance jeunesse en recevant Loïc Jouannigot, le dessinateur historique et grandement apprécié des enfants de la série illustrée Les Passiflore ! Oui, cette série revient avec une nouvelle scénariste, Béatrice Marthouret, et à cette occasion Loïc Jouannigot reprend les dessins de certains albums précédents. Cette fois-ci, en un seul livre, on a donc une nouvelle histoire et deux reprises… Beaucoup de bonheur pour les jeunes lecteurs et leurs parents et grands-parents !

 

Le troisième invité du jour va provoquer, sans s’en rendre compte, un moment d’émotion forte. En effet, Gilles Rochier arrive avec son Solo, petit livre qui peut sembler anodin à certains mais qui provoque la réflexion, qui secoue, qui réveille les consciences… Le propos est simple : au lendemain des attentats de novembre 2015, Gilles Rochier achète une trompette alors qu’il ne sait pas en jouer et ne s’exprime plus que par des pouêt-pouêts… Cette histoire autobiographique d’un homme bouleversé par la situation est touchante car elle nous plonge dans la grande méditation : comment rester humain dans de telles situations ? Heureusement, l’auteur suivant est en retard à cause de la SNCF et cela permet à la tension de retomber un peu…

 

Stéphane Heurteau, dessinateur de Phare Ouest, arrive alors pour une histoire plus légère basée sur la relation entre un garçon et son grand-père, sur l’attachement à la Bretagne et, aussi, avouons-le, le mythe familial… Oui, c’est tellement mignon d’embellir les choses avec le recul… Une bédé très sympathique qui pourrait bien avoir une forme de suite avec un épisode en Normandie…

 

La matinée se termine avec la douceur agréable, humaine et artistique d’une autrice que j’aime beaucoup et suit depuis longtemps… Edith ! J’ai du la rencontrer pour la première fois avec le premier album de Basile et Victoria, et c’était donc au tout début des années 1990… Là, elle vient avec Mimosa, un album atypique construit autour des mots d’enfant recueillis et scénarisés par Catmalou (avoir une fille peut inspirer) puis dessinés par Edith sous forme de strips de quatre cases… Le résultat est très bon, plein d’humanité, drôle, doux, poétique et réaliste… A offrir aux jeunes parents… car salutaire !

 

L’après-midi commence par de la fantaisie pure, de la fiction forte et une série que j’aime beaucoup depuis le départ. Sébastien Grenier, dessinateur de La cathédrale des abymes, vient parler de sa série scénarisée par Jean-Luc Istin dont le troisième tome vient juste de sortir pour le festival… C’est une petite virgule très personnelle car j’aime cette ambiance de Moyen-âge quelque peu déformé qui, en fait, nous parle de notre monde d’aujourd’hui… Il est question de Nord-Sud, de riches-pauvres, de religions, de violence, de justice… Bref, on s’y croirait !

 

Le candidat suivant est François Bégaudeau accompagné pour l’occasion de Cécile Guillard. Ils viennent avec Une vie de moche sous le bras, leur bande dessinée qui vient de sortir… Je ne connaissais pas François Bégaudeau et c’est pourtant une forte personnalité qui a déjà touché à beaucoup de domaines : roman, essai, théâtre, bédé, documentaire… Bref, un magnifique touche-à-tout qui parle avec passion de son nouveau bébé… Un bande dessinée qui explore la question délicate de la laideur et de ses conséquences sur nos vies, enfin surtout sur la vie des moches, que cette laideur soit réelle (mais qu’est-ce qu’être moche ?) ou ressentie… Dans tous les cas c’est terrible ! Et pour dessiner la vie de Guylaine, Cécile une très jeune dessinatrice qui sort tout juste de formation… Une très belle rencontre pour un excellent roman graphique !

 

Puis, l’enchainement sera majestueux avec cinq grands auteurs de bandes dessinées… chacun mériterait beaucoup plus que simplement quelques lignes, donc je reviendrai, bien sûr, vous parler de chacun et de leurs bandes dessinées, cela va sans dire !

 

Il y eut d’abord Riff Reb’s majestueux adaptateur du Vagabond des étoiles de Jack London en bédé (le tome 1 vient juste de sortir) mais aussi dessinateur mis en valeur à Saint-Malo avec une très belle exposition qui a été appréciée des festivaliers…

 

Puis c’est au tour de Bézian de venir parler de son Karoo, un album atypique adapté d’un roman lui aussi particulier. Bézian est pressé car les rendez-vous s’enchainent mais il prend le temps de répondre à toutes les questions et demeure pour moi un des grands de la bédé contemporaine… Karoo est un magnifique ouvrage et j’ai maintenant envie de découvrir, en plus, le roman éponyme de Steve Tesich… Bon, je l’avoue, j’ai commandé le livre…

 

Puis ce fut Jérémie Moreau qui est venu parler de son nouveau roman graphique, Penss et les plis du monde. Impossible de résumer l’ouvrage et l’entretien en quelques lignes mais Jérémie laisse une pensée arriver jusqu’à nous : « Je suis bien conscient que l’on ne peut pas avoir le prix du meilleur album d’Angoulême à chaque fois ! » Pourtant, avouons qu’il s’agit bien encore d’un grand livre, d’une histoire forte, humaine et largement philosophique (certains diront même métaphysique)… Mais, quand même, pas à chaque fois !

 

Ensuite, c’est Tronchet qui vient nous parler de son fils car Robinson, père et fils, est une histoire tellement autobiographique que l’entretien va surtout toucher à la relation père-fils… C’est fort et très chaleureux… Même si on comprend vite que le fils de Tronchet n’a peut-être pas apprécié tant que cela se retrouver au premier plan de cette histoire (d’abord un roman puis une bédé)…

 

Et pour clore cette très belle deuxième journée de festival, c’est FabCaro qui vient s’installer dans le fauteuil du studio radio en salle de presse… Il y a tellement d’ouvrages qui sortent en ce moment sous son nom que l’on oublie très vite s’il est là pour Open Bar, Formica, Zéropédia ou Moins qu’hier (plus que demain)… Le moment est sympathique, l’auteur est heureux d’être là même s’il ne comprend pas toujours pourquoi autant d’engouement depuis Zaï Zaï Zaï Zaï… Une dizaine d’années dans l’anonymat ou presque, une mise en lumière soudaine et forte, cinq ans où tout le monde veut l’avoir sur son catalogue et un auteur qui se dit que tout cela peut se terminer d’un seul coup… Beaucoup de lucidité, d’humanité, d’humour et un auteur très sympathique !

 

Voilà, une deuxième journée très agréable à vivre, de magnifiques rencontres et une météo très variable car c’est sous une grosse pluie que nous regagnons notre voiture avant de prendre la direction de Saint-Jacut de la mer où nous logeons…

 

Encore une journée de festival à vivre avant de prendre la route pour rentrer en Bourgogne !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 31 oct 2019





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