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mercredi 18 octobre 2017

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BANDES DESSINÉES... Plus de 550 articles (octobre 2017)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audion des vidéos...
Bonne promenade !


 
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Préparation de Quai des bulles : Le vétéran

Qu’il est beau et fier ce vétéran des combats épiques de l’Empire, ce bel homme, cet officier brillant, ce blessé de Waterloo, ce capitaine Maxime Danjou… Enfin, c’est ce que nous pensions tous jusqu’à sa sortie de l’hôpital du Val-de-Grâce… car à partir de là, tout bascule !

 

 

En effet, notre vétéran a été blessé à la tête et il se pourrait bien qu’il ne soit pas celui qu’il croit être… L’amnésie est un mal que beaucoup d’anciens soldats connaissent… Blessure à la tête, traumatisme suite à l’horreur des combats… Oui, tout cela est d’autant plus possible que la psychiatrie de l’époque est balbutiante…

 

Autour de ce pauvre Maxime Danjou, Mathilde Brunoy semble se battre pour se faire reconnaitre, pour sortir le rescapé de Waterloo de son illusion, car pour elle aucun doute, Danjou n’est pas Danjou, Danjou est son mari et son mari est Théodore Brunoy…

 

 

Très vite le lecteur comprend bien que le scénariste Franck Giroud se joue de lui – enfin de lui le lecteur et/ou de lui l’officier de l’Empire – et que le chemin de la vérité ne sera pas si simple à mettre en place… Le lecteur hésite – parce que le scénario est parfaitement bien construit et ajusté au millimètre – entre l’amnésie et la machination, la folie et l’entreprise criminelle, le drame militaire et la destruction familiale… et on finit par imaginer le pire comme si Franck Giroud était devenu un complotiste de bas étage… En tous cas, on a le sentiment que ce pauvre vétéran aimerait bien savoir qui il est et qu’il fait tout pour le savoir… Arrivera-t-il au bout de sa quête, tel est l’enjeu de cette bande dessinée…

 

 

Je suis fasciné par la capacité de ce scénariste à nous inventer des histoires si fortes, si crédibles et complexes ! Il a réellement du talent ce Giroud et on en est d’autant plus certain que l’on a déjà été manipulé par lui et ses scénarios, de Louis la Guigne à Secrets en passant par Le Décalogue, Quintett ou Azrayen’. Il est tellement prolixe, j’ai tellement aimé ses bédés que je ne saurais même pas vous dire par où commencer tant les chefs d’œuvre sont nombreux chez lui… Allez, pour ceux qui ne connaissent pas jetez un œil à Quintett et vous allez être surpris ! Ici, il nous plonge dans un thriller psychologique et historique de toute beauté… et j’adore !

 

Le dessin de Gilles Mezzomo – lui aussi est plus un vétéran qu’un débutant car on lui doit des séries comme Luka ou Ethan Ringler pour rester dans ce que j’ai beaucoup aimé – est parfaitement adapté et pourtant ce n’était pas gagné. Tous les dessinateurs qui se sont plongés dans l’Empire savent bien que c’est un piège : les spécialistes, experts et maniaques de cette période sont tellement à l’affut de la moindre faute de costume, du moindre bouton de travers, de l’uniforme raté, que parfois cela déclenche la paralysie de l’artiste ! Ici, cela pousse Gilles Mezzomo à sortir de ses sentiers habituels et maitrisés pour donner le meilleur de lui-même et le résultat est de toute beauté : narration graphique dynamique et tonique, personnages crédibles, époque rendue parfaitement… Que du bonheur !

 

Attention, nous ne sommes pas dans une bande dessinée napoléonienne classique, car ici nous sommes bien au lendemain de la grande défaite de Waterloo, donc sous la Restauration et l’enjeu n’est pas dans la chose militaire pure mais bien dans la psychologie du Vétéran ou dans une grande affaire criminelle et dans les deux cas c’est très réussi !

 

 

La sortie du second volume confirme tout le bien que je pensais du premier mais je ne peux pas vous en dire plus car ce thriller est trop bien construit et c’est à vous de le découvrir… Quant à nous, avec mes étudiants, nous allons à Saint Malo rencontrer le dessinateur, Gilles Mezzomo… Que du bonheur en perspective !

Imprimer - - par Michel Bonnet - 17 oct 2017

Rentrée BD 2017 : L'écorce des choses

J’ai toujours défendu les bandes dessinées qui ne contenaient que fort peu de texte car, pour moi, la bande dessinée est un art narratif qui utilise trois modes de transmission, le texte, le dessin et la bande son… Or, il n’est pas dit que les trois soient obligatoires à égal volume ! Parfois, le texte peut disparaitre ou se laisser oublier… A fortiori quand son absence a un sens dans la narration… et c’est bien le cas dans ce bel album poétique, doux et délicat de Cécile Bidault, L’écorce des choses.

 

Pour cet album, Cécile Bidault nous raconte l’histoire d’une petite fille qui n’entend pas… Oui, banale situation mais pour la rendre réelle et profonde la scénariste nous prive de la voix de cette petite fille… d’ailleurs, il semble bien que cette fillette n’ait pas de prénom, ou plus exactement qu’on ne l’entende jamais…

 

Attention, ce n’est pas parce que nous n’aurions pas de dialogue qu’il n’y aurait pas de scénario. Il y a bien une histoire qui commence par un déménagement, l’installation dans une nouvelle maison à la campagne… Il y a la nature, un voisin, un arbre…

 

 

Mais l’autrice a délibérément choisi d’utiliser le rêve, le fantasme, l’imaginaire pour compenser la parole. Quand on n’entend pas, quand on ne peut pas discuter entièrement avec les autres, une partie de discussion onirique se met en place… cela fait vivre, cela pousse la fillette dans le positif mais cela peut aussi, reconnaissons-le, désarçonner le lecteur trop rationaliste…

 

Si vous avez un peu de mal à trouver votre place dans cet univers, n’hésitez pas à lire, puis relire et encore relire jusqu’au moment du déclic… Oui, j’ai bien dit « lire » car même s’il n’y a pas de texte vous allez devoir lire ces magnifiques vignettes, scruter les visages, écouter les silences… et, à ce prix-là, vous entrerez dans l’histoire et vous en profiterez pleinement !

 

Cécile Bidault signe là son premier album et j’avoue avoir été séduit. Certes, ce n’est pas l’ouvrage que l’on peut glisser dans toutes les mains sans explications préalables mais le lecteur en sort bouleversé, c’est-à-dire qu’il comprend que celui qui n’entend pas est bien dans un autre univers et il aura dès lors envie de tout faire pour l’inviter à entrer dans notre monde… Un monde partagé par tous que l’on entende ou pas…

 

 

Il devrait donc être capital de poursuivre l’effort entrepris par certains pour apprendre le langage des gestes à l’école, pour pousser les jeunes à articuler suffisamment pour que l’on puisse lire sur les lèvres… bref, que l’on pense aux autres, quoi !

 

Donc, vous l’avez compris, nous sommes bien là en présence d’un album salutaire à ne surtout pas perdre des yeux… Et je suis très heureux de pouvoir rencontrer Cécile Bidault lors du prochain Quai des bulles de Saint Malo !

 
 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 16 oct 2017

Rentrée BD 2017 : la fin de L'Homme invisible

Herbert George Wells – plus connu sous la simple signature H. G. Wells – est un écrivain anglais né en 1866. On le connait pour de nombreux titres comme La machine à explorer le temps, L’homme invisible ou La guerre des mondes… On le considère généralement comme l’un des pères fondateurs de la science-fiction aux côtés de Jules verne, Mary Shelley, Edgar Poe ou, plus tard, Orson Welles…

 

Ce qui est fascinant c’est qu’aujourd’hui ce romancier est beaucoup moins lu y compris de la part des jeunes amateurs de science-fiction… Alors, bien sûr, quand une collection de bande dessinée propose de s’attaquer aux principaux romans de H. G. Wells, je ne puis que surveiller cela de très près… Il est donc temps de commencer par L’Homme invisible !

 

Pourquoi commencer par L’homme invisible ? Tout d’abord parce que je n’ai jamais lu ce roman et que je n’ai que de très vagues souvenirs de la série télé… D’ailleurs, je dis « la série » mais il y eut de nombreuses séries, des téléfilms et même une version dessin animé… Comme quoi, le personnage est bien populaire !

 

Mais les lecteurs du romans sont peu nombreux et quand j’ai testé autour de moi, je me suis rendu compte que le caractère nocif du personnage créé par H. G. Wells est ignoré majoritairement… Là, dans cette adaptation bédé, il s’agit bien de retrouver le savant Griffin, le criminel Griffin, le démoniaque Griffin…

 

Alors, que vous dire sans enlever tout suspense de votre lecture ? Que l’histoire est celle d’un savant qui travaille sur l’invisibilité, qu’il va visiblement arriver à ses fins scientifiques et que tout cela va lui monter à la tête…

 

D’ailleurs, je n’avais jamais réfléchi à cette invisibilité. Ce qui est invisible, c’est le corps et donc pour être invisible, il faut être nu et donc, on a froid, tout simplement ! Surtout à Londres qui n’est pas réputé pour ses chaleurs ! Je n’avais jamais pensé qu’un des problèmes fondamentaux de notre homme invisible serait de se protéger du froid… Enfin, surtout à partir du moment où il serait en cavale…

 

Voilà, pour l’histoire très rapidement synthétisée, reste à parler des dessins et de la narration graphique de Christophe Regnault. Là, c’est pour moi un point très fort de cet album. En effet, l’histoire se déroule en Angleterre, à la fin du dix-neuvième siècle, et les décors sont magnifiquement rendus. De plus, comme il y a un aspect fantastique indiscutable, le dessin efficace de Regnault permet des effets spéciaux parfaits bien meilleurs que ceux des premières séries télé… A ce titre, une mention spéciale pour le second volet de l’histoire qui est parfait !

 

 

Pour moi, il reste une mission principale celle de lire immédiatement le roman L’homme invisible, dans sa version la plus proche de l’originale. Je pense que je vais faire l’impasse sur la version en langue de Shakespeare car je vais me rabattre sur la facilité avec une bonne traduction en français… Enfin, lors du prochain festival BD Quai des bulles, à Saint Malo, je vais aller interviewer Christophe Regnault et je lui dirai tout le bien que je pense de son dessin narratif, précis, dynamique, efficace que j’adore !

 
 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 15 oct 2017

Sanoé, dessinatrice, à Chalon et Dijon... avec sa Grande Ourse !

On devrait, encore et encore, répéter, même jusqu’à l’infini et la nuit des temps, que juger une œuvre sur son titre est prendre un risque considérable… S’il ne tenait qu’à moi, je proposerais de supprimer au plus vite les titres des œuvres, les quatrièmes de couverture, les feuilles de presse, les bandes annonces et autres teasers de jeux vidéo… Pour juger, il faudrait lire, regarder, jouer et ressentir ! Les ressentis exprimés seraient alors plus solides, plus profonds…

 

Certains affirmeront alors que je serai en train de scier la branche des critiques de bandes dessinées mais comme je me sens beaucoup plus chroniqueur que critique, tout serait sauvé !

 

Si on me tend un livre portant le nom La Grande Ourse et que l’on me précise qu’il s’agit là d’une bande dessinée de la collection Métamorphose, immédiatement, surtout si j’oublie de réfléchir et lire, je pense à un conte, une belle histoire, un beau livre et un plantigrade très chaleureux…

 

Tout n’est peut-être pas faux mais on est loin du compte ! Tout d’abord parce que la collection Métamorphose des éditions Soleil est un repère pour l’improbable et l’inattendu ! Donc, il ne faudrait surtout pas circonscrire cet album au conte si fantastique soit-il ! D’ailleurs, cette fois, plus qu’un conte ou un récit introspectif, il s’agirait plutôt, selon moi et après lecture, d’une histoire expérimentale. En effet, Louise, l’héroïne, va vivre des situations, au fur et mesure des pages, qui vont nous renvoyer à nos vies, nos expériences, nos souvenirs, nos fantômes… Lire La Grande Ourse c’est, en quelque sorte, accepter de changer nos vies, ou, du moins, notre regard sur notre propre vie ! A la dernière planche, à la dernière page, vous ne serez peut-être pas la ou le même !

 

 

Ah, au fait, La Grande Ourse ce n’est pas un plantigrade pêcheur de saumon et gourmand de miel… Regardez… Plus haut encore, dans le ciel… et vous aurez peut-être l’occasion de la voir… Et si vous voyez Phekda, elle pourrait bien descendre vous rendre visite, se poser sur votre épaule en cas de coup dur… on dit qu’il lui arrive d’éclairer les vies de ceux qui ont le sentiment d’être enfermés dans le noir… Elle est là pour proposer une aide, un éclairage, elle ouvre un chemin positif, tout simplement…

 

Alors, oui, La Grande Ourse est un livre atypique. C’est bien sûr, par la forme, une belle bande dessinée et un magnifique livre. Par le style, indiscutablement un conte universel qui ne vous laissera pas indifférents. Dans le fond, même si ce n’est pas toujours simple de faire entrer une telle histoire dans une case, je dirais avec prudence, qu’il s’agit d’une aventure spirituelle et métaphysique interactive ou d’une œuvre littéraire profondément porteuse d’un humanisme fort et intégral ! Oui, rien que cela et tout cela à la fois !

 

 

Et si je vois dis que La Grande Ourse est le premier album de la scénariste Elsa Bordier et qu’il est dessinée par Sanoé qui débute elle aussi en bédé, alors vous aurez compris que certaines autrices, pour leurs coups d’essais préfèrent les coups de maitre !

 

Voilà donc une petite merveille qu’il faut lire et faire lire… c’est un peu comme une gourmandise qu’il faut savoir déguster avec sérénité…

 

Après l’escale de la dessinatrice Sanoé, hier après-midi à Chalon-sur-Saône à l’Antre des bulles, vous pourrez retrouver La Grande Ourse et l’artiste à Dijon lors du Saiten durant tout le week-end !

 

Très bonne lecture !  

Imprimer - - par Michel Bonnet - 14 oct 2017

Fabien Vehlmann, un auteur BD à découvrir...

Lors du 41ème festival de BD à Chambéry, nous avons eu la chance de rencontrer Fabien Vehlmann, scénariste de nombreuses bédés.


“Seuls” est l’œuvre qui a connu le plus de succès; elle a été adaptée au cinéma en janvier 2017, du moins pour le premier cycle de cinq albums. Fabien Vehlmann a accepté ce projet cinématographique mais sous quelques conditions, comme le fait de garder des personnages de couleur pour garder cet aspect de diversité que l’on retrouve dans la série. Attention, il n’a pas participé plus que cela à sa réalisation et le film n’est pas « son » film. De fait, il se détache beaucoup de la BD car il s’agit d’une libre adaptation mais le scénariste a tout de même beaucoup apprécié le résultat.


 

Mr. Vehlmann travaille également sur la célèbre BD “Spirou et Fantasio”. Pour lui cette BD devrait être autant destinée aux adultes qu’aux enfants. Ce fait est d’ailleurs confirmé puisque certains lecteurs la fréquentent depuis qu’ils sont petits, mais ils n’ont pas arrêté. Ils ont grandi avec.

Mais aujourd’hui, le mécanisme est surprenant ! La série connait indiscutablement un manque de notoriété avec les enfants ! C’est pourquoi, à l’occasion des 80 ans du groom au chapeau rouge, Vehlmann prévoit un changement radical pour renouveler les lecteurs car, comme il nous le dit, l'âge d’or de Spirou et Fantasio est passé et tous les anciens lecteurs seront forcément déçus des nouvelles BD vu que ce n’est plus une série écrite par Rob-Vel ou Franquin.


Un nouveau public est maintenant visé, Vehlmann se préoccupe beaucoup de ce que les enfants renvoient par rapport à sa BD pour les comprendre et ainsi mieux adapter l’histoire. Il se sert notamment de forums pour créer un lien avec eux.

Fabien Vehlmann nous a enfin dévoilé la création d’un nouveau projet car décidément il écrit dans toutes les directions. “Le dernier Atlas” est une uchronie qui comprendra 3 volumes de 200 pages. L’histoire se passe durant la guerre d’Algérie mais dans une époque future à la nôtre; on y trouve par exemple des robots géants. Ce projet lui tient à cœur car son père avait participé à cette guerre. Il voudrait amener une réflexion, une vision différente et meilleure des Français par rapport aux étrangers, en particulier ceux de religion musulmane…

 


 Dans le cadre d'un partenariat entre le site vivre-a-chalon, l’IUT de Chalon et de nombreuses structures culturelles chalonnaises les étudiants de la licence professionnelle TAIS (techniques et activités de l’image et du son) proposent leurs reportages, leurs critiques de spectacles, leurs ressentis de lectures, leurs idées de cadeaux, leurs recettes…
Imprimer - - par Pauline, étudiante en Tais à l'IUT de Chalon - 14 oct 2017

Rentrée BD 2017 : Vidocq est de retour...

Dans cette grande rentrée littéraire de la bande dessinée, on trouve aussi des albums qui viennent enrichir des séries, parfois de jeunes séries comme ce second volume de Vidocq par Richard Nolane et Sinisa Banovic. Vidocq en bandes dessinées, cela en surprendra quelques-uns, ceux qui pensaient qu’après l’interprétation du personnage par Bernard Noël (1967) puis par Claude Brasseur (1971), le personnage était définitivement usé jusqu’à la corde…

 

C’était oublier deux éléments importants pour ne pas dire capitaux. Tout d’abord que le personnage de Vidocq est à l’origine du roman policier. Il faut dire que ce personnage, bien réel, qui a vécu de 1775 à 1857, a eu une vie très mouvementée. Il a commencé par le bas de l’échelle sociale avec ce que l’on appellerait aujourd’hui de la petite délinquance, puis il intègre l’armée révolutionnaire ce qui lui permet de participer à la victoire de Valmy avant de retomber dans ses travers… C’est ainsi qu’en 1796, il est jugé et condamné au bagne pour des faux en écriture, élément qui sera cité à un moment dans la bande dessinée…

 

On ne peut pas dire que Vidocq reste trop longtemps au bagne car dès sa condamnation il n’a de cesse qu’il retrouve sa liberté. Il est difficile de compter exactement ses tentatives d’évasion mais après avoir réussi à « partir » du bagne de Brest, il est repris et envoyé à celui de Toulon dont il arrivera à s’échapper en 1800…

 

Cette vie trépidante, il a encore moins de trente ans, va lui donner une renommée incroyable auprès des truands de toute nature. Sa mémoire visuelle incroyable va jouer un rôle tout au long de sa carrière dans la police puis en tant que privé… Police ? Oui car une fois en liberté, finement, Eugène-François Vidocq va offrir ses services comme indicateur à la police… Or, pour l’Empire, c’est important d’avoir à disposition des policiers de qualité pour déjouer les attentats et autres menaces à la sécurité publique…

 

 

Il devient ainsi en 1811, de façon officieuse et contre l’avis de nombreux policiers, le responsable de la brigade de sureté, une unité très particulière avec anciens délinquants… Tous les moyens sont bons pour arriver à déjouer les complots… Et c’est à partir de là que se positionne la série scénarisée par Richard Nolane à qui on doit aussi une série Harry Dickson, pour rester dans le même domaine…

 

Mais le deuxième élément qu’il ne faut pas oublier c’est que Vidocq a écrit ses mémoires, créant ainsi quasiment les bases du roman policier. Les premiers romanciers qui s’attaqueront au genre, Balzac et Poe par exemple, ont lu Vidocq et s’en inspire quelque peu. On peut dire aussi que Vidocq invente une forme de police nouvelle qui laissera la place progressivement aux sciences même si lui n’est pas un scientifique. Mais le raisonnement est là !

 

 

Tout cela fait qu’il y avait bien de la place pour une adaptation, même très libre, du personnage de Vidocq en bande dessinée. Pour les deux albums parus, à chaque fois, une enquête mais aussi des éléments sur Vidocq, sa vie, ses origines, ses particularités, ses proches…

 

J’ai été séduit par le début de cette série avec un petit bonus indiscutable pour le second volume, Le complot Napoléon, que j’ai trouvé mieux construit et complexe à souhait. Pour ce qui est de la narration graphique de Sinisa Banovic, c’est clair, précis, dynamique et agréable à lire. La fluidité s’améliore au fil des planches du premier album avec une meilleure maitrise des personnages, de Vidocq en particulier…

 

Il ne reste plus qu’à espérer que cette série se poursuive et qu’elle aille jusqu’au Vidocq privé, celui du Bureau de renseignements pour le commerce… Le personnage a été incarné plus d’une dizaine de fois au cinéma, autant en bande dessinée et a inspiré de nombreux romanciers (Hugo, Balzac, Sue, Poe…). Il est même un personnage de jeu vidéo !

 

Donc, pour les amateurs du genre, une très bonne série !    

Imprimer - - par Michel Bonnet - 12 oct 2017





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