thema - chalon sur saone

Théma, théma, thématiques

Vous êtes ici :

BANDES DESSINÉES... Plus de 700 articles (janvier 2019)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio, des vidéos...
Bonne promenade !


 

Publicité
 

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Charlotte Melly

Lors du 1er salon de la bande dessinée de Chalon-sur-Saône, Charlotte Melly sera là. C’est une autrice chalonnaise car rappelons qu’elle a suivi son collège et son lycée dans cette ville bourguignonne où elle a suivi un cursus Arts appliqués…


Ensuite elle est partie pour Paris et suivre un cursus graphique à Estienne avant de poser ses affaires à Lyon où elle a été à l’ENSATT, école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre en scénographie. Elle a l'occasion, alors, de travailler avec Guillaume Lévêque, Claude Buchwald, Jean-Pierre Vincent, Simon Delétang et Daniel Larrieu.

Elle collabore avec le Collectif Alteréaliste (des Chalonnais devenus maintenant La Méandre) sur la création du film Outsiplou et du spectacle Les passants en 2010.


Elle découvre les marionnettes en 2011 avec Cyril Bourgois lors du projet À l'ombre d'un loup. En 2014, elle réalise la scénographie pour deux de ses spectacles, Mange ta main et Les bons contes du bon vieux temps. La même année, elle signe la scénographie du spectacle Monsieur, Blanchette et le Loup, écrit et mis en scène par José Pliya.


Ne pouvant se limiter à la scénographie, elle illustre une bande-dessinée écrite par Lison Pennec, Blanche La colérique et des albums jeunesse. Son projet personnel, Entre A à A, questionne les perceptions et sensations physiques des spectateurs sous la forme d'un parcours immersifs à mi-chemin entre son travail plastique et théâtral.

Sa carrière prend une pente ascendante avec le spectacle Noire et son arrivée dans le Collectif 71. Depuis plusieurs mois, elle dessine en direct et sur scène en accompagnant l’actrice Sophie Richelieu. La pièce vient d’être jouée durant deux semaines à Bordeaux sur la scène nationale TnBA…

Elle est en train de dessiner une nouvelle bande dessinée pour les éditions Delcourt, une histoire plus journalistique et engagée, qui met en scène des tranches de vie de migrants… Elle devrait s’appeler Un pays dans le ciel…

Vous allez pouvoir rencontrer Charlotte à Chalon lors de ce 1er salon de la BD de Chalon avant qu’un jour, peut-être, le spectacle Noire soit joué ici… Elle représentera aussi la revue Bien Monsieur !, une revue qui a été distinguée à Angoulême en 2018 par le Fauve de la bande dessinée alternative… Représentera et dédicacera, bien sûr !

 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 12 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Christophe Regnault

Christophe Regnault est un auteur qui actuellement vit dans la région lyonnaise mais qui a passé son enfance en Bourgogne, région où il revient régulièrement car on l’a vu plusieurs fois dans des salons locaux comme à Cluny, en dédicaces comme à Chalon… Ce n’est pas un régional mais un habitué sans aucun doute et c’est avec plaisir que l’on va le retrouver à Chalon-sur-Saône à l’occasion du 1er salon de la BD organisé par Bulles de Bourgogne !


Que retenir de cet auteur qui travaille beaucoup et que l’on retrouve soit comme dessinateur, soit comme story-boarder soit comme dessinateur de couverture ? Bien sûr, il touche à tout mais c’est quand même dans deux domaines spécifiques que l’on va pouvoir découvrir ses talents de dessinateur…


Tout d’abord, il a été le dessinateur d’un remarquable Philippe le Bel dans la collection « Ils ont fait l’histoire », magnifique collection historique coéditée par Glénat et Fayard. Pour ce travail, il est très bien entouré car on trouve au scénario Mathieu Gabella, un auteur confirmé qui a scénarisé chez Delcourt, entre autres, la très bonne série La licorne, série historique et fantastique autour du personnage d’Ambroise Paré. Du côté des historiens, on retrouve Etienne Anheim et Valérie Theis, et ils ont choisi de donner de ce roi un portrait le plus complet possible, sans se limiter aux clichés qui sont pourtant nombreux.


Le scénario de Mathieu Gabella ne se focalise pas ni sur la lutte à mort contre les Templiers ni sur les affrontements papauté-royauté. Le choix a été fait de nous proposer une vision beaucoup plus complète du roi, de son administration, de son époque… Il faut dire que ce roi est certainement un des personnages les plus étranges de son temps et on peut le regarder de plusieurs façons différentes : le roi avec le sens chrétien de la royauté française ; le premier technocrate à la française ; l’homme qui s’est entouré de plusieurs spécialistes, des finances à l’organisation du royaume ; le grand chasseur ; l’homme de pouvoir qui n’admet que difficilement d’être contredit ; le chrétien dont on ne sait rien sur sa propre foi…


Le dessin de Christophe Regnault intrigue ou surprend au départ. On aurait pu craindre une narration graphique à l’ancienne comme dans l’histoire de France en BD de chez Larousse. Heureusement, très vite, on sort de ces ornières pour trouver un rythme réel, un graphisme solide, des personnages crédibles. L’histoire est dépoussiérée et le récit passe de l’illustration simple à la bande dessinée à proprement parler. On tient là la preuve que Christophe est bien un auteur de bédé et que l’on peut « raconter » l’histoire autrement qu’avec un récit figé et soporifique…

Christophe Regnault ne se contente pas de faire dans l’histoire même s’il y est souvent comme avec le story-board de Churchill (3 tomes) ou celui admirable de Clémenceau. On va le retrouver dans une très bonne adaptation de « L’Homme invisible » avec Dobbs au scénario… On croit connaitre l’histoire mais ce roman court d’Herbert George Wells nous surprend toujours et la narration graphique de Christophe Regnault est envoutante…


Voilà donc un grand dessinateur qui vient poser sa trousse sur les tables du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône et il y a de grande chance que de nombreux lecteurs soient là pour le rencontrer… C’est un peu comme si Clémenceau, Philippe Le Bel, Churchill ou L’Homme invisible venaient nous rendre visite… Non ?

 

 

 
 
 
 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 11 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Julien Motteler

Julien Motteler est un auteur que certains ne connaissent peut-être pas encore mais qu’il faut découvrir et on pourrait essayer de vous convaincre en présentant deux de ses productions… On pourrait aussi, simplement, vous conseiller d’aller le rencontrer lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, dans quelques jours… Soit, mais autant vous donner envie…



Avant toute chose, posons les jalons distinctifs de cet auteur… C’est un autodidacte, formé par ses lectures de comics, ses lectures de manga, les jeux vidéo… Pas d’école si ce n’est celle de la vie et du récit car il aime raconter par le dessin…

Tout d’abord – même s’il ne s’agit pas de sa première production – Julien est le dessinateur d’un magnifique album dans la série Détectives menée de main de maitre par le scénariste Erik Hanna. Tout a commencé avec un one-shot, 7 détectives, dessiné par Eric Canete. Mais l’histoire était si bonne – sept détectives invités à découvrir un coupable comme s’il s’agissait d’un jeu ou d’une compétition – que l’auteur a voulu aller plus loin en consacrant un album à chaque enquêteur mais avec un dessinateur différent à chaque fois…

Julien Motteler a mis son talent graphique au service – en quelque sorte – de Frederick Abstraight, la « honte de la police londonienne et du Yard ». Un album magnifiquement dessiné qui ne laisse personne indifférent comme la série d’ailleurs.

Mais Julien propose après un diptyque où il est seul aux commandes, scénario, dessin et couleur. Il faut dire que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même… Enfin, c’est aussi un sacré travail dont il parle avec beaucoup de plaisir…



Il s’agit de Space Gangsters, une sorte de western de l’espace. Dit comme cela, certains auront des doutes… alors pour ceux que les westerns laissent dubitatifs, disons qu’il s’agit de deux sœurs, Péné et Jo – pour utiliser les diminutifs sous lesquels on les suivra – qui ont chacune un métier très différent mais très technique. L’une est chasseuse de prime, exécuteur des basses besognes ou tueur à gages, utilisez le mot que vous souhaitez ; la seconde est trafiquante, contrebandière, transporteuse, achemineuse ou logisticienne du grand banditisme… généralement, elles ne travaillent pas ensemble et elles ont même parfois, comme cela peut arriver dans ce milieu, quelques différents… mais voilà que tout semble les pousser à travailler ensemble… Changement de sentiments, manipulation de l’une ou de l’autre ou plan plus machiavélique d’une personne tierce ?

 


Julien Motteler est déjà venu au festival bédé à Cluny, manifestation organisée avec talent, brio et énergie par les étudiants de l’ENSAM et bien sûr, à une séance dédicace de l’Antre des Bulles de Chalon… Les rencontres sont à chaque fois fortes et on repart avec une belle dédicace… Commenceriez-vous à être convaincu de venir le rencontrer ?

Alors, si vous ne l’êtes pas encore, disons que vous pourriez apprécier le superbe épisode de la série BadAss qu’il a dessiné sur un scénario d’Herik Hanna. Là, on oublie la bande dessinée traditionnelle pour s’enfoncer dans un comics de grande qualité !


 

 

 


Voilà, Julien Motteler est donc bien l’un des auteurs qu’il faut venir rencontrer lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 9 nov 2019

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Nathalie Vessilier

Dans les autrices annoncées pour le 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, on trouve Nathalie Vessilier. Oui, je sais, le mot « autrice » peut vous surprendre mais c’est bien celui que l’Académie nous demande d’utiliser quand une femme écrit un livre et donc nous l’utiliserons tout au long de ce salon, vous allez vous y habituer !



Nathalie Vessillier est née en 1984 près de Lyon, capitale des Gaules. Elle réside toujours dans sa région et elle a magnifiquement dessiné un album adapté de l’histoire de la fameuse Blanche Neige sur un scénario de Lylian. C’était son premier projet en bande dessinée…

Quelques années avant, elle était sortie diplômée d’Émile Cohl, la grande école lyonnaise d’art graphique. Nathalie commence comme beaucoup par travailler pour la publicité mais aussi le casual gaming. Le travail y abonde d’une certaine façon mais les artistes s’usent vite et Nathalie Vessilier souhaite revenir le plus rapidement possible au dessin pur, au dessin narratif, au dessin sous toutes ses formes !

C’est en tentant sa chance dans l’illustration de nouvelles pour la presse anglophone, en travaillant pour une galerie de street art et participant à une exposition collective à New York que Nathalie Vessilier rencontre Lylian et arrive dans le champ de la bande dessinée…


Nathalie Vessillier présentera à Chalon son Blanche-Neige aux éditions Delcourt, un très beau travail réalisé avec Lylian au scénario et Rozenn Grosjean aux couleurs. Ces auteurs ont travaillé à partir de l’original des Frères Grimm et non de la version édulcorée de Walt Disney. C’est un album parfait à offrir pour des lecteurs à partir de 12/13 ans jusqu’à 87 ans… peut-être plus, mais nous ne pouvons pas garantir que le cœur des lecteurs plus âgés tienne le choc… Choc esthétique, bien sûr !!!

Une belle occasion, en tout cas, de se faire faire une dédicace ou d'en offrir une à ceux que l'on aime... occasion offerte par ce 1er salon de la bande dessinée de Chalon qui prend sa place dans l’univers local pour le plus grand plaisir des lecteurs du neuvième art !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 9 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Ronan Toulouat

Dans quelques jours, se tiendra le 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône. La question est donc de savoir quels auteurs seront présents lors de cette manifestation. Nous en avons déjà présenté quelques-uns et voici un nouveau nom, un nouvel auteur, une nouvelle rencontre potentielle… En effet, lors de ce salon, Ronan Toulouat sera bien présent !



Ronan Toulouat est graphiste, illustrateur, story-boarder, ingénieur-designer freelance, bref, c’est un touche-à-tout du graphisme au sens le plus général. D’ailleurs, certaines collections et séries BD lui doivent leurs couvertures !

Avec Vincent Brugeas, scénariste, il publie en 2010 « Block 109 » aux éditions Akileos. Une uchronie sur la Seconde Guerre Mondiale dans laquelle l'Allemagne nazie domine le monde et se trouve engagée dans une guerre sans fin avec l'URSS depuis plus de dix années. L’uchronie est plus qu’une fiction, c’est une forme de science historique. On change un point de l’histoire – ici la victoire des alliés est remplacée par la victoire de l’Allemagne nazie – et après on tente de construire un récit cohérent avec les éléments véridiques. En clair, que se serait-il passé après la victoire nazie ? Quel aurait été le comportement des Alliés ? Des Soviétiques ? En France, l’uchronie n’est pas aussi populaire qu’aux Etats-Unis, mais ça commence à venir et, pourquoi pas en suivant le travail de Brugeas et Toulouat ?

Le duo prolonge son travail avec Étoile Rouge qui, dans l'univers uchronique de Block 109, retrace l'épopée de trois pilotes français qui combattent aux côtés des troupes soviétiques contre l'armée du Troisième Reich.

Ils développent ensuite le Label Vinwatt dont le premier ouvrage sort fin 2012 sur internet pour lancer la série Chaos Team…

 

En 2015, les mêmes auteurs, pourquoi changer une équipe qui gagne dans la bonne humeur, produisent le premier tome de la série "Le Roy des Ribauds", un magnifique roman graphique et un polar médiéval de qualité.

Enfin, depuis quelques années, une nouvelle série, Ira Dei, chez Dargaud leur permet d’assoir une notoriété méritée et légitime. Une histoire dans le Moyen-âge, mais aussi qui touche à la Sicile, les Normands, l’histoire…

Pour dessiner ces scènes du Moyen-âge qui sont à la fois de fiction mais historiques, Ronan Toulouat s’inspire fortement de certaines associations de passionnés qui reconstituent la vie au Moyen-âge, de la vie quotidienne au combat... Dans sa région, la Sarthe, ces associations sont nombreuses et les membres sont souvent très documentés, très précis dans les costumes, les objets, les repas… Par ailleurs, nos deux auteurs précisent bien que pour eux le plus important n’est pas d’être parfaits dans la reconstitution mais très efficaces dans la narration, dans son rythme, dans la crédibilité des personnages…


Ronan Toulouat sera donc bien là à Chalon-sur-Saône, à vous de venir le découvrir, l’écouter puis le lire !!!

 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 7 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Marc Lizano

Continuons de voyager à travers la liste des auteurs de bandes dessinées qui seront là pour ce premier salon de la BD de Chalon-sur-Saône. Nous avons déjà croisé quelques auteurs de la région mais avec Marc Lizano, nous tentons le grand écart puisque cet auteur est un Breton !


En effet, Lizano vient du Morbihan, il est né à Vannes en 1970, a grandi à Ploërmel, la cité des Frères La Mennais, puis étudié à Rennes. Il commence par la Philosophie avant de s’orienter vers l'écriture, l'illustration et la bande dessinée. D’ailleurs, il enseigne la narration et la mise en scène au CESAN.

Auteur complet très prolixe, il travaille dans l’illustration, dans la jeunesse, dans la bande dessinée pour des éditeurs et supports très différents (Famili, Bayard, Milan, Le Rouergue, Nathan, Casterman, Bayard, Glénat, Delcourt, Carabas, Les rêveurs, et on en oublie certainement quelques-uns ! …).


Ses productions très hétéroclites au premier abord, se révèlent porteuses de valeurs humanistes indiscutables et montrent un auteur sensible, plein de douceur et poésie, indiscutablement de qualité. Il ne se contente pas d’être auteur, il va explorer le domaine de l’édition avec un regard fin sur le domaine des fanzines.

On va le remarquer tout particulièrement dans des travaux d’adaptation en bédé (Maurice Leblanc, Pierre-Jakez Hélias) ou lors de l’appropriation d’un fait divers comme avec cette remarquable « Pension Poreau » (scénariste Benoît Broyart).

Ayant de très nombreuses envies de livres, d’illustrations, d’adaptations, la question qui demeure est simple : aura-t-il le temps de tout réaliser ?


Lors de votre venue au salon de la BD de Chalon-sur-Saône, vous pourrez lui demander de vous parler de son prochain projet… Non ?

La photographie est tirée du Télégramme, quotidien breton.

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 7 nov 2019

1er salon BD de Chalon, elle y sera : Caro-Lyn

Un salon de la BD à Chalon-sur-Saône n’a pas pour vocation de vouloir concurrencer Angoulême, Saint-Malo, Blois ou Montreuil… Ici, ce qui est important c’est d’offrir aux lecteurs des rencontres avec des auteurs, en particulier avec des bédéistes locaux. Attention, « locaux » ne signifie pas « de sous-qualité » et nous les voyons bien depuis quelques jours en parlant de Fred Bernard, Jenfèvre, Chetville, Thouard… et, aujourd’hui, Caro-Lyn !



Caro-Lyn est une artiste de Saint-Rémy qui trace son petit bonhomme de chemin, année après année. Si certains d’entre nous l’ont rencontrée à l’Escapade en bulles de Rully en mai 2010, d’autres l’avaient même admirée il y a dix ans à Buxy, là où elle est revenue exposer son travail en 2017… Sans oublier sa très récente participation à la semaine japonaise de la maison de quartier des Aubépins à Chalon qui a mis en évidence ses qualités d’animation et de pédagogie…


Artiste indépendante, elle a toujours été passionnée par le dessin. Au lycée, différentes rencontres vont façonner son style déjà particulier (beaucoup de dessins humoristiques et d'esquisse). Elle adopte le manga à 17 ans, lorsqu'une amie lui fait découvrir ses "livres en images". Habituée à regarder les dessins animés du Club Dorothée, des Chevaliers du Zodiaques en passant par Juliette, je t'aime, elle n'avait néanmoins jamais eu l'opportunité de lire un vrai manga. Le manga devient pour elle une évidence. Et maintenant, Caro-lyn donne des cours particuliers et anime des ateliers pour des petits groupes.


Artiste indépendant, cela signifie qu’en plus de son travail d’autrice elle mène les actions d’éditrice, diffuseuse et pour cela elle se doit d’être très présente sur les salons, lieux de rencontres avec les lecteurs !

Elle sera donc bien présente à Chalon-sur-Saône pour ce 1er salon de la BD et ce sera, pour certains, l’occasion de découvrir que le manga peut prendre consistance le long de la Saône…

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 6 nov 2019

1er salon de la BD de Chalon, une nouvelle règle du jeu...

Souvent, dans le salons et festivals BD, il est très difficile pour le grand public d'arriver à obtenir certaines dédicaces. Les collectionneurs, les chasseurs de dédicaces squattent les places, s'organisent entre eux et mobilisent toute leur famille pour obtenir le Graal... La dédicace improbable sur une édition originale ou un livre épuisé depuis fort longtemps...

 

Il est très difficile de lutter contre ce mécanisme et je n'ai pas l'intention de critiquer les collectionneurs dont certains sont de grands lecteurs de bandes dessinées... Mais, pour permettre une meilleure accessibilité aux auteurs, à Chalon-sur-Saône, à l'occasion du 1er salon de la BD, les visiteurs ne pourront faire entrer dans le salon pour les dédicaces que deux albums de leur collection personnelle... Les autres bandes dessinées devront être achetées sur place...

Ce sera donc la règle du jeu pour ce week-end et on verra bien si cela améliore ou pas la situation !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Fred Bernard (mais auteur BD cette fois !)

Dans les auteurs présents au 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, il y a Fred Bernard. Dans un premier temps, il a été rappelé que cet auteur bourguignon a réalisé des albums pour la jeunesse en compagnie de son ami François Roca. Il est temps maintenant de parler un peu de ses talents de bédéiste.



C’est en 2003, alors qu’il a 35 ans, qu’il se lance seul dans ce mode narratif qu’il va dompter à sa façon devenant très rapidement un auteur complet, scénario et dessin, inimitable. Ses romans graphiques sont forts, efficaces, prenant et rappellent des grands auteurs de la littérature : Jack London, Melville, Jules Verne, Defoe… Il nous parle d’épopées, de voyages, de la mer, de grands destins humains…


Deux fois, il partira d’un album réalisé avec Roca pour basculer dans la bande dessinée. Avec l’album Jeanne et le Mokélé, il va créer l’univers bédé de Jeanne Picquigny (5 ouvrages) dont le très remarquable La patience du Tigre. Avec l’album L’homme-Bonsaï, il offre un roman graphique éponyme remarquable (2008).

Ce dernier ouvrage est absolument extraordinaire et représentatif des univers de Fred Bernard. Un soir, dans une sordide taverne de port, alors que la tempête souffle, le capitaine O’Murphy raconte à des boit-sans-soif une histoire incroyable, celle d’un potier devenu marin et habité par un arbre… Oui, cela peut sembler singulier mais quand on a bu quelques verres tout devient possible…


C’est une très belle histoire, pleine d’humanisme, de douceur et de violence, de poésie et de nature… Un livre qu’il faut lire et faire lire et qui montre un visage inattendu de la bande dessinée !

Voici de multiples bonnes raisons de rencontrer Fred Bernard lors de son escale chalonnaise, à l’occasion de ce salon de la BD qui promet d’être passionnant !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 6 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Jenfèvre

Lors du 1er festival de la BD de Chalon-sur-Saône, de nombreux auteurs seront là dont certains connaissent bien la ville et les bords de Saône. C’est le cas de Jenfèvre qui, entre autres, était déjà venu à la 4ème édition de Festi’DBulles de Saint Rémy.



Il faut dire que Henri Jenfèvre est né à Montbéliard et qu’il vit encore dans notre belle région.

La découverte, très jeune, des héros classiques de la bande dessinée, dont Astérix, Tintin et Gaston Lagaffe, l’a poussé à se lancer dans le dessin et à faire partager son humour au public au travers de séries telles que « Les Gendarmes », « Joe Bar’s Team » ou encore « Les Footmaniacs ». Son histoire avec Olivier Sulpice date de longtemps car il semblerait qu’ils aient fait leur service militaire ensemble dans la gendarmerie… Certaines choses ne s’inventent pas !


Le dessinateur Jenfèvre est un grand touche-à-tout qui n’hésite pas à faire quelques dessins pour la publicité entre deux albums de bande dessinée. Il fait aussi de l’illustration et parfois donne même un coup de main à des scénaristes.

Ce sera donc un plaisir de le voir à Chalon-sur-Saône car c’est réellement un grand de la bande dessinée qui installera son radar… euh, non, qui sortira ses crayons pour vous recevoir avec le sourire !


La photo date de janvier 2016 lors de son passage à Saint-Rémy...

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 5 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Fred Bernard

Fred Bernard sera bien présent lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône. Bien sûr, l’auteur de Beaune n’aura pas trop de voyage à faire pour se retrouver sur les bords de la Saône mais c’est beaucoup plus complexe pour celui qui doit faire une synthèse de son travail car Fred Bernard a beaucoup produit et avec talent !



Pour beaucoup de lecteurs, c’est par l’album jeunesse qu’il est entré dans nos bibliothèques en compagnie de son ami François Roca. Difficile d’ailleurs de citer un ou deux albums sans immédiatement penser à un autre, puis un autre… Disons que parmi les grands albums qu’ils ont réalisés ensemble, il faudrait retenir Jésus Betz et L’Indien de la tour Eiffel… Ce dernier est d’ailleurs un chef-d’œuvre…

Tout d’abord, il s’agit bien d’un album illustré. Oui, mais ce n’est pas pour autant un livre pour enfants. Illustré ne signifie pas non plus un ouvrage pour ceux qui ne savent pas lire ! C’est une histoire, tragique, sanglante et désolante, qu’un artiste a enrichie de son émotion pour que nous soyons encore plus bouleversés, touchés, anéantis. Bref, c’est tout simplement un livre plein et entier comme la littérature sait en offrir…

Le cadre est cette bonne ville de Paris, en 1889 à la fin de la construction de la tour Eiffel. Pour réaliser ce qui allait devenir un des symboles de la capitale française, l’ingénieur génial est allé chercher un grand nombre d’ouvriers indiens qui s’étaient illustrés dans la construction des immeubles nord-américains. Ces « rouges » n’avaient pas le vertige et ils pouvaient travailler à n’importe quelle hauteur sans aucune protection… Billy Powona va donc ainsi s’installer à Paris… Un exilé de plus ! Un rejeté, victime du racisme, aussi.



Alice La Garenne, elle, est une chanteuse de cabaret comme on en comptait de très nombreuses dans ce Paris de la fin du dix-neuvième siècle. Elle chante si bien, elle déclenche tant d’émotion et de rêve, qu’on la nomme « le rossignol de Montmartre » comme la Castafiore d’Hergé sera « le rossignol milanais ». Ces rossignols m’ont toujours laissé perplexe car, en fait, je l’avoue, je n’ai jamais entendu un rossignol chanter. Qu’importe, faisons confiance à Fred Bernard, Alice La Garenne chantait admirablement bien…

L’histoire racontée et illustrée, commence par un article de journal, tiré du « Petit Parisien » qui annonce le crime odieux commis par un Indien, Billy Powona. Trois meurtres et neuf policiers blessés. Suit alors, le rapport du commissaire Bourdelle qui nous donne une première version, celle qui sera retenue par tous et qui est le fruit à la fois d’un travail de police bâclé, d’un racisme ambiant et d’un soulagement ambiant. Le coupable est l’autre, l’étranger, l’Indien.

On entre alors dans le récit proprement dit. De longs textes – preuve absolue qu’il ne s’agit pas d’un album pour enfants – et des illustrations pleine-page d’une qualité extrême qui nous mettent en contact avec les personnages, les faits et l’ambiance pesante de ce Montmartre nocturne où fête et angoisse, solitude et vie sociale se mêlent dangereusement…

Certes, vous aurez bien compris que l’histoire réelle sera quelque peu différente de celle de la police, mais vous découvrirez cela par vous-mêmes…

Un album admirable, touchant, prenant que l’on a envie de garder chez soi pour le lire, le relire et le prêter à ceux que l’on aime… Peut-être bien le moyen de voir l’album illustré d’une autre façon… Et comme Fred Bernard sera là à Chalon-sur-Saône, certainement une belle rencontre à inscrire sur vos agendas…

Fred Bernard est aussi un auteur de bandes dessinées, aussi très prochainement nous parlerons de lui comme auteur BD…

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 4 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Jean-Louis Thouard

Oui, Jean-Louis Thouard, auteur de bandes dessinées et illustrateur, qui s’est installé il y a quelques années à Dijon, connu pour son travail d’adaptation d’Edgar Poe en compagnie de Roger Seiter, viendra au 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône et ce sera un véritable plaisir que de le revoir car il était venu, entre autres, lors de la fameuse Escapade en Bulle de Rully en 2010…



Mais, revenons-en à Poe…

« Il y a quelques années, je me liai intimement avec un M. William Legrand. Il était d’une ancienne famille protestante, et jadis il avait été riche ; mais une série de malheurs l’avait réduit à la misère. Pour éviter l’humiliation de ses désastres, il quitta la Nouvelle-Orléans, la ville de ses aïeux, et établit sa demeure dans l’ile de Sullivan, près de Charleston, dans la Caroline du Sud. »

Oui, se lancer dans une adaptation d’Edgar Poe en bande dessinée est une opération délicate. Ce n’est pas si simple de choisir où l’on pratiquera l’ellipse – forme indispensable pour une telle aventure – et ce qui pourra être développé en image… Il fallait donc pour cette aventure un scénariste doté de talent et d’expérience, ce fut donc Roger Seiter qui s’y colla. Il est, entre autres, le créateur de Fog avec Cyril Bonin, de Dies Irae et Dark avec Max et de HMS avec Johannes Roussel… sans oublier Wild River et Mysteries avec Vincent Wagner… Une grande maitrise donc du scénario au service de Poe qui écrit toujours avec beaucoup d’images dans ses histoires… Le premier album de ce travail date de 2008 (Le Scarabée d’Or).

Pour faire passer des mots en graphisme, pour construire une narration graphique efficace et esthétique, le choix du dessinateur se posait. Il ne fallait pas un artiste littéral qui n’aurait fait que de l’illustration, l’élu devait savoir participer à la narration avec un dessin qui aurait porté, lui aussi, une part de mystère. Les histoires d’Edgar Poe sont des récits courts qui se situent entre enquêtes policières, fables noires et parenthèses fantastiques… Tout devait se retrouver dans les albums, car il s’agit bien d’une trilogie et non d’une seule adaptation…

« Le Scarabée d’or » est très certainement l’une des histoires de Poe les plus connues et célèbres. Comme « La lettre volée », « Le puits et le pendule » ou « Le portrait ovale ». A titre personnel, j’avais déjà lu des adaptations en bande dessinée de « Double assassinat dans la rue Morgue » ou « Le chat noir » mais il manquait le petit plus, le petit grain de folie ou de délire qui aurait permis de plonger directement dans Poe que je considère comme un des grands de la littérature… Cette fois, je crois que nous avons trouvé le duo qui va permettre à toute une génération de lecteurs de comprendre pourquoi Poe est un grand, pourquoi Baudelaire a voulu le traduire en français, pourquoi cet Américain est installé dans nos livres de littérature, en France, aux côtés des plus grands du dix-neuvième siècle…

Vous pourriez penser que je suis en train de perdre la raison, que j’exagère, que ce n’est que de la bédé, que du fantastique réchauffé avec un peu de couleurs… Alors, ouvrez cet album, je parle de l’intégrale des trois nouvelles puisqu’il existe maintenant sous cette forme, prenez le chemin de la Nouvelle Orléans, puis, plus risqué, celui des bayous…

Le dessin sombre et fascinant de Jean-Louis Thouard va vous conduire à une chasse au trésor prenante, délirante et angoissante…Même si vous connaissez déjà la nouvelle, vous allez la redécouvrir avec un nouveau regard, une nouvelle profondeur, des sentiments mitigés et des émotions fortes… Bref, la vie ne sera plus la même après la lecture du « Scarabée d’or » !


D’ailleurs, depuis, j’ai acquis un vaisseau et je navigue sur l’océan des songes…

Heureusement, dès que cette nouvelle est terminée, vous en avez deux autres à découvrir toujours aussi bonnes, belles et diaboliquement efficaces : Usher (2009) et La mort rouge (2010)…

Mais pour certains, Jean-Louis Thouard restera celui qui a magnifiquement illustré les couvertures des romans de Pierre Botero, et ce n’est pas étonnant quand on connait le nombre de lecteurs de ces cycles romanesques interrompus trop tôt par une mort accidentelle…


Enfin n’oublions pas quelques ouvrages directement liés à l’histoire de la Bourgogne… La Bourgogne quelle histoire, Ducs de Bourgogne et même une sorte de biopic commandé par Dijon Métropole sur le chanoine Kir !

Donc, de très bonnes raisons de venir rencontrer ce dessinateur de grande qualité lors du 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, les 23 et 24 novembre 2019 !

Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 4 nov 2019

1er salon BD de Chalon, il y sera : Chetville

Dans quelques jours, ce sera le 1er salon de la BD de Chalon-sur-Saône, occasion de découvrir certains auteurs de bandes dessinées… Attention, la bédé n’est pas simplement une sous-littérature pour enfants qui ne sauraient pas lire, c’est une forme narrative très variée, très riche et pleine de surprise !



Depuis quelques années, la bande dessinée explore, entre autres, le patrimoine gustatif, la gastronomie, l’œnologie et même le chocolat. Elle le fait sous différentes formes qui vont du documentaire au polar en passant par le témoignage, la saga familiale ou même les ouvrages plus scientifiques et techniques… Avec Chetville, dessinateur, nous allons rester dans le domaine policier…

Là, ce c’est un duo d’auteurs français qui a écrit le scénario de cette série, Le maitre chocolatier. Il s’agit de Gourdon et Corbeyran. Le premier tome, La boutique, est sorti aux éditions Le Lombard en 2019.

 

 


Certains peuvent se lasser de voir Eric Corbeyran encore aux commandes d’une série qui se positionne dans la lignée de celles sur les vins, le café, le cognac, la gastronomie… On peut avoir le sentiment de toujours lire la même chose et de voir un scénariste se contenter avec l’assentiment des éditeurs profiter d’un filon sur l’art de vivre…

Si ce sentiment peut être partagé, si on peut le ressentir lors de certaines lectures, on peut aussi fonctionner différemment. D’une part, un grand nombre de gourmands restent très attachés aux arts de la table et donc sensibles aux thèmes abordés par Eric Corbeyran, d’autre part ceux qui appartiennent au bon public qui aime les histoires, surtout quand elles ont un fond policier, vont s’y retrouver sans peine. Aussi, face à cette avalanche de parutions thématiques, il faut lire l’histoire qui est bonne et suivre l’auteur dans l’intrigue et à table !

 


Et c’est bien pour cela qu’il faut lire cet album qui commence une série qui devrait être de qualité. En effet, le thème est d’abord alléchant, le chocolat ! C’est un produit que l’on aime beaucoup d’autant que l’on prend le parti de nous expliquer un certain nombre d’éléments qui nous font passer de la cabosse, fruit du cacaoyer, au délicieux chocolat que l’on va déguster au calme chez soi… La façon de nous accompagner dans cet univers est pédagogique mais pas fastidieuse, un peu comme dans la série « Châteaux Bordeaux » de Corbeyran et Espé. Pour le scénario, Eric Corbeyran est accompagné de Bénédicte Gourdon qui apporte dans cette histoire son expertise de la vie des malentendants, public avec qui elle travaille en tant que psychologue à Bordeaux.

Le tout fonctionne d’autant mieux que les scénaristes ont choisi une histoire un brin policière – voire plus, allez savoir – qui démarre fort bien. Les personnages sont très touchants et très vite : le jeune chocolatier, la meilleure amie, le commercial un peu dingue, l’apprentie malentendante… Tout est en place pour créer une nouvelle boutique si ce n’est qu’aucune de ces gentilles personnes vivant à Bruxelles n’a le moindre euro d’avance… Alors, comment trouver de l’argent pour rendre crédible leur projet ? Et là les problèmes vont arriver…

Chetville nous offre un dessin et une narration graphique de qualité avec une base classique mais pas étouffante. Un scénario technique mais pas réservé aux experts et, enfin, une touche humaniste indiscutable mais pas du tout moraliste… On en redemande donc sans problème et on attend la suite avec impatience. La série est annoncée en trois volumes !

La présence de Chetville à Chalon-sur-Saône sera une occasion de découvrir cette très bonne série sur le chocolat et de voir d’autres de ses ouvrages comme ses albums de la série Sam Lawry, Sienna (Grand Angle) et ses deux albums dans la série Crimes gourmands (Delcourt)…

De plus, offrir un album sur le chocolat pour Noël me semble une idée très intéressante !

 
 
 
 
Imprimer - - par Bulles de Bourgogne - 3 nov 2019

Spirou à Berlin et anniversaire de la chute d'un certain mur...

Le personnage de Spirou est né avant la seconde Guerre mondiale et depuis il a navigué de main en main avec un grand nombre d’auteurs. Alors, bien sûr, certains préfèrent le Spirou de Franquin, d’autres on faible pour celui de Fournier tandis que d’autres sont sensibles à la version de Tome et Janry… Depuis que d’autres auteurs s’y sont mis, avouons que les fans d’Emile Bravo sont très nombreux…

 

Mais, à chaque fois qu’un nouveau pointe son crayon, on entend d’abord la même rengaine ! « Quelle horreur ! » ou « Qui peut bien dessiner aussi mal ? »… Oui, le lecteur collectionneur et nostalgique est quelque peu bougon, il me fatigue même et c’est bien regrettable car dans chaque nouvelle « reprise » il y a à découvrir tant dans le graphisme que dans les histoires…

 

C’est avec beaucoup de curiosité que j’ai ouvert, aujourd’hui, Spirou à Berlin de Flix. Tout d’abord je ne connaissais pas du tout cet auteur allemand et c’est la première fois que l’auteur de Spirou allait être un germanique… Qu’allait-il faire du personnage ?

 

Tout d’abord, parlons de l’histoire… J’ai trouvé que c’était plutôt bien construit, cohérent et on a envie d’aller jusqu’au bout sans aucun problème… Certes, l’histoire est bien centrée sur l’Allemagne, une Allemagne divisée en deux par le mur et on est à la veille ou presque de la chute du mur… C’est une façon fine de se souvenir de cet évènement qui est arrivé, ne l’oublions pas le 9 novembre 1989… Il y a 30 ans !

 

Je vous rassure quand même, Spirou et Fantasio ne vont pas être responsables de la chute du mur, il ne faut quand même pas exagérer… mais, ils participent à une petite rébellion quand même !

 

Pour le dessin, certes, au départ, au sens bien que Flix peine un peu pour s’approprier les personnages mais assez vite on oublie cela et on ne voit plus que Spirou, Fantasio, le Comte de Champignac et Spip… A ce titre-là, c’est réussi !

 

Autant, je suis très mitigé sur le dernier album des aventures d’Astérix que je trouve faible dans le scénario, autant ce Spirou à Berlin m’a comblé et j’ai pris un réel plaisir à le lire… je crois que c’est là la grande différence entre Astérix et Spirou. Astérix est une bande dessinée qui a connu son âge d’or avec le scénariste René Goscinny. Dès que le pauvre Uderzo s’est retrouvé seul, le niveau a baissé et maintenant on sent que Ferry fait ce qu’il peut mais que l’on ne peut pas remplacer Goscinny. Avec Spirou, dès le départ les auteurs ont changé et on a eu l’habitude très tôt de pouvoir choisir les Spirou que l’on aimait et ceux qui ne touchaient pas trop… Mes auteurs de Spirou fétiches sont Tome et Janry et j’avoue avoir été touché par Flix… Mais à chacun ses goûts !

 

Enfin, c’était une façon de célébrer la chute du mur de Berlin autrement qu’en nous proposant une bande dessinée historique et didactique ! Cela ma plait beaucoup !

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 2 nov 2019

Quai des bulles 2019, 3ème joour de festival

Le troisième jour du festival Quai des bulles commença par une excellente chose, soit une heure de plus de sommeil ! Oui, cela parait anodin mais, en fait, ce fut merveilleux ! En effet, avoir des rendez-vous le dimanche matin n’est pas toujours agréable pour le journaliste. Pas parce que cela l’empêcherait de faire la grasse matinée mais plutôt parce que les auteurs qui ont fait la fête avec leurs amis arrivent toujours en retard… dans le meilleur des cas ! Cette fois-ci, en fait, les trois premiers rendez-vous furent en avance et la matinée se déroula parfaitement !

 

 

Le premier de la liste dominicale, celui qui devait se lever le plus tôt, était Olivier Boiscommun. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas interviewé Olivier. La dernière fois, ce devait être pour l’album Le livre de Sam, en 2002 ou 2003… Depuis, nous ne nous étions plus croisés et il a fallu la sortie du premier tome de Danthrakon, chez un nouvel éditeur, Drakoo, pour que nos chemins se croisent à nouveau…

 

Ce nouvel éditeur est aussi une forme de label d’Olivier Sulpice (Bamboo) qui depuis quelques temps se bat pour améliorer le statut des auteurs. Il est encore trop tôt pour être sûr que ce soit efficace mais il semble faire des efforts et c’est tant mieux pour la profession… Drakoo est porté par un certain Christophe Arleston, ce qui n’est pas rien et c’est aussi le scénariste d’Olivier Boiscommun sur ce projet…

 

Quand l’attachée de presse de Grand Angle m’a parlé d’une bédé en me disant « Il s’agit d’un western, mais pas que… Il y a aussi un enfant un peu retardé, des cowboys entrain de perdre leur métier et d’une institutrice… », j’ai dit oui tout de suite ! Je veux lire, je veux rencontrer les auteurs…

 

La lecture de l’album Jusqu’au dernier a été très agréable, le dessin est très soigné, la narration graphique fluide, l’histoire très solide… et Jérôme Félix (scénariste) et Paul Gastine (dessinateur) furent des invités plaisants… J’ai quand même oublié que Paul Gastine est arrivé un peu en retard car il avait passé la soirée avec des amis… mais Jérôme Félix nous a fait patienter en douceur… Tout en douceur avec cet album pourtant dramatique et sanglant (c’est quand même la dure loi de l’Ouest !).

 

L’entretien suivant nous poussa paisiblement, si on peut se permettre cette expression alors que l’ouvrage comporte plusieurs crimes de sang, vers le dix-neuvième siècle et sa collection importante d’Expositions universelles. Avec le second volume de la série, La fille de l’exposition universelle, nous sommes en 1867 sous Napoléon III. Julie Petit-Clou, voyante de service et dotée d’un don réel, a 24 ans, est désirable et fiancée ! Mais le scénariste, Jack Manini, qui est devant nous ne lui offre pas le repos car chaque album est aussi – surtout – une affaire criminelle… Heureusement, le dessin d’Etienne Willem atténue souvent la dureté de l’histoire…

 

Jack Manini nous parle avec enthousiasme de cette série qui n’hésite à faire vieillir son héroïne. Elle a une douzaine d’années dans le premier volume et elle en aura plus de 90 quand on arrivera au dernier, la grande Exposition universelle de 1937… Le principe était simple, inventer un personnage qui puisse avoir connu toutes les Expositions universelles s’étant déroulées à Paris…

 

Le temps passait vite et le festival de Quai des bulles n’allait bientôt n’être qu’un souvenir… La mer continuait son ballet incessant – ici la mer bouge tout le temps – et il restait encore deux interviews à réaliser dont une le matin et une l’après-midi…

 

C’est donc avec Guillaume Sorel que je me préparais au repas. Il faut dire que là j’étais en bonne compagnie car Guillaume aime manger et faire à manger… D’ailleurs, chaque fois que le scénario le permet, il est toujours heureux de glisser une scène de banquet, de repas, de fête autour de nombreuses victuailles…

 

Rencontrer Guillaume Sorel c’est avant tout discuter avec un artiste, une personne qui tente de se mettre dans un coin isolé, loin des modes et des cris du monde, loin des commandes commerciales et des séries qui n’en finissent pas… Cette fois, en compagnie de son ami Thomas Day, il s’attaque à du lourd, Macbeth… Bien sûr, il s’agit de revisiter la pièce de Shakespeare, de redonner vie au XI° siècle écossais et, surtout, de parler avec le lecteur du XXI° siècle… Cela peut sembler quasiment impossible à tenir et, pourtant, les auteurs y arrivent et j’ai trouvé cet album particulièrement réussi… Il y en aura un deuxième pour clore l’histoire et j’avoue l’attendre avec impatience !

 

Pour donner juste quelques éléments graphiques, puisque c’est avec le dessinateur que j’ai rendez-vous, disons que cet album est basé sur la lumière, Guillaume Sorel m’avouant qu’il se considère comme sculpteur de lumière plus que simple dessinateur… En effet, les scènes se déroulent de nuit pour beaucoup d’entre elles ou en plein jour. A chaque fois, indiscutablement, la lumière participe à la narration, les couleurs de l’artiste, aussi, bien sûr !

 

Enfin, pour être complet, précisons que le personnage principal de cette adaptation pourrait bien être une certaine… Lady Macbeth… Allez savoir !

 

Et il y eut, alors, la pause repas de cette dernière journée à Saint-Malo ! Si je me permets de donner quelques éléments sur ce moment plutôt personnel, c’est que j’ai eu le plaisir de déjeuner en compagnie d’une de mes anciennes étudiantes ! C’est toujours un réel plaisir de rencontrer ceux avec qui on a travaillé, à qui on a tenté de transmettre quelques compétences, savoirs, valeurs… Ce fut donc un beau moment de partage amical et ce type de rencontre est aussi important que les interviews. Cela donne du sens à nos vies…

 

Requinqué et en pleine forme, il ne restait plus qu’à mener la dernière rencontre autour de l’histoire de France en compagnie de Thierry Laudrain… Alors, là, comment vous dire… En fait, ce fut assez compliqué car Thierry Laudrain n’est pas très expansif devant le micro… C’est même pire que cela… Alors, j’ai un peu galéré, rebondi, posé mille et une questions, tenté d’aborder tous les aspects de son travail pour extirper quelques petites informations… J’étais très déçu car j’attendais plus de cette rencontre mais là ou je suis resté sans parole c’est quand il m’a dit : ça s’est mieux passé que d’habitude…

 

C’est comme cela, il y a des auteurs que le micro paralyse et j’en ai rencontré un durant ce festival Quai des bulles 2019, un sur vingt-quatre… Finalement, ce n’est pas si mal que cela !

 

Il fallut alors quitter le festival, remercier les nombreux bénévoles qui le rendent possible, attrayant et agréable… Puis prendre la route pour la Bourgogne ce qui ne fut pas mince affaire car il a plu durant la moitié du voyage !

 

En route pour le festival suivant qui aura lieu… à Chalon-sur-Saône !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 1 nov 2019

Quai des bulles 2019, 2ème jour de festival

Dans un festival comme Quai des bulles, trois jours d’interviews d’auteurs, ce qu’il faut, c’est tenir le choc dans la durée. Donc, après une nuit courte mais profonde, direction Saint-Malo pour 12 rencontres étalées entre 9h30 et 18h30… En fait, je vais rester enfermé dans la salle de presse du début à la fin avec seulement deux petites sorties pour les expositions (même étage, salles voisines)… Même le repas de midi sera restreint et limité à un casse croute pris sur place avec du café… Oui, il faut rester éveillé quand même !

 

Tout va commencer par l’interview de Serge Ernst. En fait, c’est un auteur de bédés belge que l’on connait bien pour sa série Les Zappeurs (1994-2011) et Boule à zéro (depuis 2011). Je ne l’avais jamais rencontré… une première !

 

Sa série Boule à zéro qui traite de l’enfant malade dans le milieu hospitalier est remarquable et son action pour que la bédé soit accessible à tous les enfants malades mérite toute notre attention… Un moment paisible, dans le calme de la salle de presse pas encore envahie par tous les acteurs du festival…

 

Puis, nous resterons dans l’ambiance jeunesse en recevant Loïc Jouannigot, le dessinateur historique et grandement apprécié des enfants de la série illustrée Les Passiflore ! Oui, cette série revient avec une nouvelle scénariste, Béatrice Marthouret, et à cette occasion Loïc Jouannigot reprend les dessins de certains albums précédents. Cette fois-ci, en un seul livre, on a donc une nouvelle histoire et deux reprises… Beaucoup de bonheur pour les jeunes lecteurs et leurs parents et grands-parents !

 

Le troisième invité du jour va provoquer, sans s’en rendre compte, un moment d’émotion forte. En effet, Gilles Rochier arrive avec son Solo, petit livre qui peut sembler anodin à certains mais qui provoque la réflexion, qui secoue, qui réveille les consciences… Le propos est simple : au lendemain des attentats de novembre 2015, Gilles Rochier achète une trompette alors qu’il ne sait pas en jouer et ne s’exprime plus que par des pouêt-pouêts… Cette histoire autobiographique d’un homme bouleversé par la situation est touchante car elle nous plonge dans la grande méditation : comment rester humain dans de telles situations ? Heureusement, l’auteur suivant est en retard à cause de la SNCF et cela permet à la tension de retomber un peu…

 

Stéphane Heurteau, dessinateur de Phare Ouest, arrive alors pour une histoire plus légère basée sur la relation entre un garçon et son grand-père, sur l’attachement à la Bretagne et, aussi, avouons-le, le mythe familial… Oui, c’est tellement mignon d’embellir les choses avec le recul… Une bédé très sympathique qui pourrait bien avoir une forme de suite avec un épisode en Normandie…

 

La matinée se termine avec la douceur agréable, humaine et artistique d’une autrice que j’aime beaucoup et suit depuis longtemps… Edith ! J’ai du la rencontrer pour la première fois avec le premier album de Basile et Victoria, et c’était donc au tout début des années 1990… Là, elle vient avec Mimosa, un album atypique construit autour des mots d’enfant recueillis et scénarisés par Catmalou (avoir une fille peut inspirer) puis dessinés par Edith sous forme de strips de quatre cases… Le résultat est très bon, plein d’humanité, drôle, doux, poétique et réaliste… A offrir aux jeunes parents… car salutaire !

 

L’après-midi commence par de la fantaisie pure, de la fiction forte et une série que j’aime beaucoup depuis le départ. Sébastien Grenier, dessinateur de La cathédrale des abymes, vient parler de sa série scénarisée par Jean-Luc Istin dont le troisième tome vient juste de sortir pour le festival… C’est une petite virgule très personnelle car j’aime cette ambiance de Moyen-âge quelque peu déformé qui, en fait, nous parle de notre monde d’aujourd’hui… Il est question de Nord-Sud, de riches-pauvres, de religions, de violence, de justice… Bref, on s’y croirait !

 

Le candidat suivant est François Bégaudeau accompagné pour l’occasion de Cécile Guillard. Ils viennent avec Une vie de moche sous le bras, leur bande dessinée qui vient de sortir… Je ne connaissais pas François Bégaudeau et c’est pourtant une forte personnalité qui a déjà touché à beaucoup de domaines : roman, essai, théâtre, bédé, documentaire… Bref, un magnifique touche-à-tout qui parle avec passion de son nouveau bébé… Un bande dessinée qui explore la question délicate de la laideur et de ses conséquences sur nos vies, enfin surtout sur la vie des moches, que cette laideur soit réelle (mais qu’est-ce qu’être moche ?) ou ressentie… Dans tous les cas c’est terrible ! Et pour dessiner la vie de Guylaine, Cécile une très jeune dessinatrice qui sort tout juste de formation… Une très belle rencontre pour un excellent roman graphique !

 

Puis, l’enchainement sera majestueux avec cinq grands auteurs de bandes dessinées… chacun mériterait beaucoup plus que simplement quelques lignes, donc je reviendrai, bien sûr, vous parler de chacun et de leurs bandes dessinées, cela va sans dire !

 

Il y eut d’abord Riff Reb’s majestueux adaptateur du Vagabond des étoiles de Jack London en bédé (le tome 1 vient juste de sortir) mais aussi dessinateur mis en valeur à Saint-Malo avec une très belle exposition qui a été appréciée des festivaliers…

 

Puis c’est au tour de Bézian de venir parler de son Karoo, un album atypique adapté d’un roman lui aussi particulier. Bézian est pressé car les rendez-vous s’enchainent mais il prend le temps de répondre à toutes les questions et demeure pour moi un des grands de la bédé contemporaine… Karoo est un magnifique ouvrage et j’ai maintenant envie de découvrir, en plus, le roman éponyme de Steve Tesich… Bon, je l’avoue, j’ai commandé le livre…

 

Puis ce fut Jérémie Moreau qui est venu parler de son nouveau roman graphique, Penss et les plis du monde. Impossible de résumer l’ouvrage et l’entretien en quelques lignes mais Jérémie laisse une pensée arriver jusqu’à nous : « Je suis bien conscient que l’on ne peut pas avoir le prix du meilleur album d’Angoulême à chaque fois ! » Pourtant, avouons qu’il s’agit bien encore d’un grand livre, d’une histoire forte, humaine et largement philosophique (certains diront même métaphysique)… Mais, quand même, pas à chaque fois !

 

Ensuite, c’est Tronchet qui vient nous parler de son fils car Robinson, père et fils, est une histoire tellement autobiographique que l’entretien va surtout toucher à la relation père-fils… C’est fort et très chaleureux… Même si on comprend vite que le fils de Tronchet n’a peut-être pas apprécié tant que cela se retrouver au premier plan de cette histoire (d’abord un roman puis une bédé)…

 

Et pour clore cette très belle deuxième journée de festival, c’est FabCaro qui vient s’installer dans le fauteuil du studio radio en salle de presse… Il y a tellement d’ouvrages qui sortent en ce moment sous son nom que l’on oublie très vite s’il est là pour Open Bar, Formica, Zéropédia ou Moins qu’hier (plus que demain)… Le moment est sympathique, l’auteur est heureux d’être là même s’il ne comprend pas toujours pourquoi autant d’engouement depuis Zaï Zaï Zaï Zaï… Une dizaine d’années dans l’anonymat ou presque, une mise en lumière soudaine et forte, cinq ans où tout le monde veut l’avoir sur son catalogue et un auteur qui se dit que tout cela peut se terminer d’un seul coup… Beaucoup de lucidité, d’humanité, d’humour et un auteur très sympathique !

 

Voilà, une deuxième journée très agréable à vivre, de magnifiques rencontres et une météo très variable car c’est sous une grosse pluie que nous regagnons notre voiture avant de prendre la direction de Saint-Jacut de la mer où nous logeons…

 

Encore une journée de festival à vivre avant de prendre la route pour rentrer en Bourgogne !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 31 oct 2019

Quai des bulles 2019, 1er jour de rencontres BD

Le festival Quai des bulles fut un beau moment qui restera gravé dans ma mémoire de festivalier et de journaliste. Il est très difficile de résumer en quelques lignes trois jours de rencontres, 24 interviews, deux visites d’exposition et une rencontre avec une ancienne étudiante… Oui, durant trois jours on vit en accéléré et cela a un côté exaltant même si après on fait un peu du surplace…

 

Il faudra donc du temps pour digérer cela, revenir sur un certain nombre de lectures, d’auteurs rencontrés, sur des découvertes, des coups de cœur…

 

Dès aujourd’hui, disons que certaines rencontres furent de très haute volée, que durant une vingtaine de minutes on finissait par tout oublier, les problèmes du monde, les soucis personnels, les rencontres à venir, les difficultés de la SNCF, la météo capricieuse… Si je voulais lister ces temps forts, bien sûr, je prendrais le risque de me fâcher avec ceux que je ne citerais pas, avec ceux que j’oublierais, avec ceux que j’ai oublié de demander en interview…

 

Commençons donc pas dire que quand il y a 600 auteurs présents, que l’on est seul à réaliser les interviews (cette année pas d’étudiants à Saint-Malo), il est bien difficile de vouloir tous les rencontrer… J’en avais donc choisi 25, en lien avec les maisons d’éditions et un seul a manqué à l’arrivée pour cause de grève de train… Plutôt, un bon rendement… Les autres, ce sera donc pour Angoulême et là je serai en plus accompagné de quatre étudiants…

 

L’affiche signée Marion Montaigne donnait le tempo de cette édition qui serait folle tout simplement. Attention, Marion n’est pas folle, l’affiche, elle, est pleine de petites folies, de petites choses à découvrir dans tous les recoins du dessin comme vous pouvez découvrir mille et un petits détails dans les illustrations de Marion Montaigne. D’ailleurs, le tome 5 de « Tu mourras moins bête » vient de sortir et commence en fanfare sur une réflexion sur l’immortalité… Oui, cela fait un peu philosophique pour ouvrir le débat mais l’ouvrage est surtout scientifique, évidemment !

 

J’ai commencé mon voyage médiatique par une rencontre fantastique avec Nicolas Demare et ses nains du Bouclier avant de discuter fantôme avec Lionel Richerand et son esprit de Lewis. Ensuite, ce fut comme une bulle poétique directement venue des Mille et une nuits ou de plus loin, avec un Boiseleur délicat, des oiseaux chanteurs et une dessinatrice tout en douceur… Gaëlle Hersent s’est posée dans notre studio improvisé, un merveilleux oiseau sur l’épaule et ce fut comme une petite tranche de magie… face à la Manche !

 

Puis, pour rester dans un univers étonnant, un druide dessinateur s’est installé et nous a transportés dans les 5 Terres en compagnie de lions étranges… Mais, le ton était au drame car le roi se mourrait dans de grandes souffrances… pas l’ami Jérôme Lereculey, heureusement !

 

Puis, il nous fallut revenir aux tristes réalités bretonnes avec une invasion d’algues vertes en salle de presse et une journaliste qui, heureusement, malgré trois ans d’enquête, arrivait à garder le sourire. La précision de ses réponses permit de mieux comprendre l’ampleur du drame écologique et du scandale politique. Inès Léraud a fait un grand travail, son album a du succès et c’est entièrement mérité… Reste à savoir si la Bretagne arrivera un jour à tourner cette page et à prendre les mesures pour que les plages redeviennent belles et agréables, l’agriculture à dimension humaine et raisonnable, notre alimentation de qualité… Bon, il ne faut pas rêver, comme nous l’a bien dit Pierre Van Hove mais gardons espoir quand même !

 

Après ce reportage réaliste sur les algues vertes, il était bon de prendre le chemin de l’Italie pour une fiction pure, douce et délicate, une tranche de vie, une nuit chaude sur la Péninsule… C’est avec Alfred que nous voyageâmes et c’est avec Senso, son nouvel album, que nous avons découvert des personnages hauts en couleurs…

 

Enfin, pour clore la première journée, avant de déguster des huîtres, des crevettes, des moules, de la lotte… c’est Laurent Paturaud qui est venu évoquer la figure énigmatique de Mata Hari… Durant quelques minutes, on la regardait danser en Javanaise puis affronter le peloton d’exécution… Oui, la première journée de festival terminait dans le sang (probablement d’une innocente) mais au moins tout cela donnait de l’émotion !

 

Durant toutes ces rencontres, nous étions face à la Manche et le mouvement des marées accompagnait nos échanges, notre réflexion et nos pensées… Oui, cela aurait pu être pire même s’il s’agissait bien de travail quand même…

 

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 oct 2019

Et bientôt, le salon de la BD de Chalon-sur-Saône...

Il faut bien noter la date dans votre agenda, ce sera les 23 et 24 novembre 2019 !

 

Mais, on en reparle très vite et je vous présenterai quelques auteurs qui seront là ce week-end !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 30 oct 2019

La bande dessinée...

Lorsque l’on revient d’un festival comme celui de Saint-Malo, Quai des bulles, on ne peut que s’interroger sur le succès des auteurs, des albums, des genres… Il y a là un mélange entre mode, qualité, marketing, culture populaire… S’interroger ne signifie pas répondre à la question diabolique « Qu’est-ce qui va se vendre demain ? » car comme me disait un auteur « Tous les éditeurs cherchent la réponse et si l’un avait trouvé la réponse cela se saurait ! »…

 

Si j’ouvre cette réflexion c’est qu’il y a quelques bonnes raisons de s’interroger. Tout d’abord, une production pléthorique qui fait trembler les critiques qui ne pourront jamais tout lire, qui inquiète les libraires qui ne peuvent pas tout avoir en stock, qui pousse les éditeurs à toujours vouloir en faire plus avant leur concurrents, qui déstabilise les lecteurs qui ne savent plus ou donner de la tête et dont le porte-monnaie ne peut pas suffire à acquérir « l’essentiel »…

 

Côté des auteurs, chacun, globalement et sans entrer dans les détails, il est plus difficile de se faire connaitre, de vendre, de gagner sa vie ! Car, ne l’oublions jamais, un dessinateur de bande dessinée met grosso modo un an pour faire un album… Un an c’est long, très long, et s’il calcule ses revenus par mois, le dessinateur devient un ouvrier qualifié (parfois même hautement qualifié) au statut précaire et au salaire inférieur au salaire minimum…

 

Alors, quand le succès arrive, parfois après de longues années de galère, la question se pose : Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Combien de temps cela va-t-il durer ? Les autres auteurs, eux, se demandent sans aucune jalousie ni agressivité : Pourquoi lui ? Qu’est-ce que son album a de plus que le mien ? A quand mon tour ?

 

 

Alors, bien sûr, quand on reçoit près de 25 auteurs durant trois jours, ces discussions reviennent avec beaucoup de persistance et on entend des points de vue différents, complémentaires, parfois même des cris de révolte contre un système…

 

Comme me disait un auteur avec cynisme, l’argent et l’art ont toujours vécu ensemble et il faut faire avec c'est-à-dire trouver le moyen de survivre ! Et ce n’est pas si simple !

 

Lors d’un festival BD, il y a plus d’un an, un auteur un peu fatigué me confiait qu’il songeait sérieusement à arrêter car il ne pouvait plus vivre avec ses revenus de la BD… Oui, je dis « fatigué » mais il faut savoir qu’il y a déjà des cas de burn out dans le monde de la bande dessinée…

 

Dans le même temps, certains auteurs se sont lancés dans des reprises de personnages et séries et on voit actuellement des « nouveaux » Astérix, Schtroumpf, Boule et Bill, Alix, Spirou, Corto Maltese… et bientôt Blake et Mortimer…  Souvent, là, les tirages sont assez honorables (grâce à un marketing poussé) et les auteurs concernés voient leurs revenus augmenter… Mais est-ce au détriment des créations ? Ces reprises sont-elles toujours de qualité ?

 

 

D’accord, je ne fais que poser les questions sans apporter de solution. C’est un fait. Mais, je voulais quand même vous dire que ces questionnements sont bien présents dans ce type de salon, que les « grands » éditeurs s’interrogent, que les « petits » éditeurs sont eux aussi très présents que certaines de leurs productions fonctionnent très bien et trouvent leur public… Certains éditeurs, on peut penser à Olivier Sulpice et Daniel Maghen, cherchent de véritables solutions pérennes pour mieux rémunérer leurs auteurs et donc leur donner un statut moins fragile… Bref, les choses bougent même si on est encore très loin d’avoir trouvé toutes les solutions humaines et financières pour que la bande dessinée aille mieux demain qu’aujourd’hui !

 

Je reviendrai sur le sujet en évoquant de façon plus complète certaines rencontres avec des auteurs mais posez-vous, vous aussi les questions et n’oubliez jamais que sans respecter les auteurs on les fait disparaitre et que sans auteur, plus de livre, sans livre plus de culture, sans culture plus de liberté… La mort quoi…

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 29 oct 2019

BD : Zoa, Dreyfus et la France...

Question éternelle, naïve ou inutile… Faut-il encore parler de l’Affaire Dreyfus, de l’Affaire Zola ou même de l’antisémitisme en France ? Je crois que malheureusement, les faits sont tenaces et obsédants, tout montre qu’il n’est jamais inutile de parler de ces thèmes sensibles, forts et cruels… De plus, parler de Zola et de Dreyfus, c’est aussi parler de la justice (de l’injustice) et du courage de certains… Donc, puisque les éditions Glénat nous donnent cette opportunité, saisissons-là et reparlons, une fois encore, de la double affaire Dreyfus-Zola ! Il semblerait aussi qu’un film sorte très prochainement et donc c’est bien l’occasion !

 

Parlons d’abord de l’Affaire Dreyfus en quelques lignes… Je crois qu’aujourd’hui c’est assez clair : un officier français de confession juive et d’origine alsacienne, a été accusé, à tort, d’espionnage. Il a été condamné, dégradé et envoyé au bagne de Cayenne… Dit ainsi, c’est simple… Aujourd’hui, on sait qui était l’espion et comment la machine judiciaire et militaire s’est mise soudain à dérailler violement…

 

Là où le bas blesse, là où on va commencer à parler d’Affaire, c’est que cette erreur judiciaire va durer très longtemps, surtout à l’échelle du pauvre Alfred Dreyfus oublié dans son bagne sur l’île du Diable… Tout commence en 1894, la condamnation date de 1895… Très vite certaines voix, peu nombreuses, crient à l’erreur judiciaire, au complot… En 1898, le véritable coupable, le commandant Esterhazy, est innocenté et c’est là que l’explosion populaire commence, avec le 13 janvier 1898, la lettre ouverte au président de la République, Félix Faure, d’Emile Zola, J’accuse.  

 

Dans un premier temps ce sera la condamnation d’Emile Zola lui-même, puis, enfin, en 1899 la révision du procès avec grâce immédiate avant qu’en 1906 on puisse avoir la réhabilitation du capitaine Dreyfus…

 

La bande dessinée de Jean-Charles Chapuzet (scénario), Vincent Gravé (story-board) et Christophe Girard (dessin, couleurs, story-board), va nous raconter tout cela mais du strict point de vue de Zola, de sa famille, de ses proches et c’est tout simplement réussi et passionnant !

 

Dès le départ, au bout de quelques minutes de lecture – oui, attention, une bande dessinée c’est bien de la lecture – on est pris et on débarque à la fin du dix-neuvième siècle. On est immergé dans la vie de Zola, avec le regard de sa femme, plongé au cœur de l’Affaire et on tremble pour Dreyfus, pour Zola et quelques autres…

 

La narration est faite par Gabrielle, la femme d’Emile devenue veuve et la thèse des auteurs c’est que Zola a bien été assassiné en septembre 1902… La réalité de l’assassinat n’a jamais été totalement écartée tant Zola avait d’ennemis depuis sa prise de position en faveur de Dreyfus… Alors, pourquoi ne pas suivre les auteurs de cette excellente bande dessinée ?

 

Bande annonce du film J’accuse qui sort le 13 novembre 2019

https://www.youtube.com/watch?v=cZ6q-c4Bues&fbclid=IwAR30a8q3h4PitiNuMYOl7d-ieZWMCYyL0YcjfzNQKNCdCSjhZIzwmXf0D3w

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 20 oct 2019

BD : La guerre des Lulus n'est pas terminée...

Bien, parlons donc de ce spin-off de La guerre des Lulus, mais pour cela, il nous faut d’abord rappeler quelques petites choses sur cette très bonne série, si vous ne la connaissez pas…

 

Tout commence donc au début de la Guerre de 14-18, dans un orphelinat. Là, il y a donc des enfants, dont un groupe de quatre garçons dont le prénom commence à chaque fois par Lu… d’où le nom collectif des Lulus…

 

Le jour où la guerre commence, les garçons ont fait le mur et jouent dans leur cabane en forêt… L’orphelinat est évacué devant la percée allemande et les enfants sont livrés à eux-mêmes… Je sais que cela peut paraitre invraisemblable, mais ce n’est pas grave car ce n’est pas le propos de la série. Ici, il ne s’agit pas de réalisme, d’histoire ou de sociologie… En fait, si la Guerre des Lulus a bien pour toile de fond la Guerre de 14-18, pour le reste, il s’agit plus d’une guerre des boutons, d’une découverte du monde, de l’amitié, de la vie collective, de la survie dans le monde des grands…

 

Tout au long des albums, les péripéties s’enchainent avec l’apparition de personnages comme Hans le déserteur allemand ou Luce, la petite fille belge perdue… L’apprentissage est rude pour les Lulus mais de toute façon il l’aurait été même en temps de paix au sein de l’orphelinat…

 

Un album par an et nous voilà traversant la guerre de 1914 à 1918… Mais, nous avions découvert qu’en 1916, les lulus avaient fait un court passage par l’Allemagne… Restait à savoir ce qu’ils y avaient fait et comment ils avaient réussi à revenir vers la France via la Suisse ? La Belgique ?… Enfin, bref, il manquait des détails…

 

C’est ainsi qu’arrive ce spin-off, La perspective Luigi. Deux albums qui relatent uniquement cette « escapade » en Allemagne. Comme le dessinateur de la série, Hardoc, n’avait pas le temps de la réaliser, le scénario de Régis Hautière a été confié à Damien Cuvillier. Le dessin change légèrement, formes plus arrondies et plus style dessin animé, mais cet épisode garde le rythme et la narration graphique de la série.

 

N’allez donc par chercher trop de réalisme et de crédibilité : oui, les jeunes arrivent à sauter dans un train, à prendre la direction contraire de celle qu’ils souhaitaient – ils voulaient fuir la guerre en Suisse et se retrouvent à Berlin – mais tout cela reste très intéressant à lire…

 

Un jour, je lisais une chronique sur la série et le journaliste regrettait que cet enchainement rocambolesque soit trop farfelu et éloigné de ce qu’aurait pu vivre un groupe d’enfants durant la guerre… J’entends bien l’interrogation mais pour moi cette série, ce spin-off aussi, reste dans la veine narrative des aventures de Tintin et Milou… Oui, il ne faut pas tout rationaliser ainsi et les Lulus grandissent au fur et à mesure même si leur survie dans Berlin manque de crédibilité… En même temps, je l’avoue, je n’étais pas à Berlin en 1916 et je ne sais pas comment on y vivait…

 

J’ai donc pris beaucoup de plaisir à suivre nos lascars dans Berlin puis dans un camp avant de prendre le chemin long et délicat du retour vers la France. Pour arriver à donner une certaine logique narrative à ce récit, on voit un journaliste enquêter sur cette période de la guerre et venir interroger Luigi en 1936/1937. Le jeune est devenu un fabriquant de confitures et cela n’étonnera pas le lecteur de la série habitué qu’il est à la gourmandise de Luigi…

 

Petit détail qui a son importance, on peut parfaitement lire ces deux albums sans connaitre le reste de la série car l’autonomie du récit est parfaite. Il n’empêche que dans mon cas, j’en ai profité pour relire toute la série…

 

Bonne lecture et à très bientôt !

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 18 oct 2019

Le Grand Ouest... et en BD !

Après avoir suivi avec beaucoup de plaisir le scénariste – il est aussi dessinateur dans d’autres séries – Marc Bourgne dans la série Les pirates de Barataria, dessin de Franck Bonnet, c’est avec envie et curiosité que je me suis lancé dans la série Le sentier de la guerre, dessin de Didier Pagot. On peut noter que Marc Bourgne, en scénariste comme en dessinateur, aime tout particulièrement naviguer dans le continent Nord Américain… Il avait commencé, si mes souvenirs sont bons par une magnifique série en Alaska, Être libre. Mais cette fois, nous allons descendre un peu vers d’autres grandes étendues…

 

Diane Myers est une artiste peintre et elle est née aux États-Unis, sur la côte Est… On la découvre en juillet 1868 quand elle débarque à Fort Rice… On est en pleine Conquête de l’Ouest, en guerre avec les Sioux, au moment où on va tenter de trouver un chemin de paix – entendre par là que les Blancs vont essayer de parquer les Indiens pour avoir les mains libres dans l’exploitation des grandes étendues naturelles des États-Unis – et, donc, ce n’est pas la place d’une femme, encore moins d’une artiste !

 

Sa place est d’autant plus saugrenue qu’elle est là contre l’avis de son père, contre ses idées aussi. Son père serait presque un adepte de la disparition totale des Indiens tandis que la jeune Diane est touchée par ce peuple qu’elle ne connaît pas encore… Elle est porteuse de bonnes intentions mais va maintenant se confronter aux réalités, du moins si on la laisse s’approcher de ces fameux Indiens…

 

Alors, soyons clairs, honnêtes et objectifs, nous sommes bien, avant tout, dans un Western, une grande aventure comme nous en avons déjà eue, en particulier au cinéma et dans la bande dessinée. Pensez un peu, il y a 60 ans naissait le journal Pilote, Mâtin quel journal !, et c’est en 1963 qu’apparaissait dans ses pages le fameux lieutenant Bluberry ! On a un peu le sentiment que Marc Bourgne chausse discrètement les chaussons de Jean-Michel Charlier, scénariste de Blueberry, tandis que Didier Pagot emprunte la trousse de Jean Giraud, le dessinateur mythique de la série…

 

Bon, attention, ce n’est quand même pas la même chose car Diane est peintre tandis que Bluberry, au départ, est un militaire… Mais, quand on arrive dans le camp de Fort Rice, on a sans aucun doute, une petite odeur et saveur des ambiances de Bluberry…

 

Pour le reste, on se laisse porter, Diane va réussir à aller au contact des Indiens, va s’y faire quelques amis et même un peu plus, elle va découvrir la violence des uns et des autres, assister à de grands moments historiques et décisifs puis finira par être écartelée – au sens figuré, je vous rassure – entre deux peuples, deux sociétés, deux façons de concevoir le monde, la vie, les autres…

 

Les deux premiers tomes – on attend avec impatience la suite – sont très réussis et j’ai été séduit par les personnages qui sont globalement tous crédibles, logiques à défaut d’être tous sympathiques. On les voit, ces personnages, se débattre dans des conditions très difficiles et on mesure la violence de cette période dont finalement les conséquences n’ont pas encore entièrement disparu… On s’interroge sur ce qu’il aurait peut-être fallu faire mais avouons qu’à partir du moment où il avait été décidé de conquérir ces grandes plaines naturelles tout était dit et cela ne pouvait que se terminer dans le sang… Celui des bisons, celui des hommes, aussi…


J’ai beaucoup aimé et c'est une lecture que l'on peut commencer durant l’adolescence, qui peut toucher de nombreux adultes (et pas seulement des hommes !)…



Bonne lecture à tous !
Imprimer - - par Bonnet Michel - 16 oct 2019

Artaud en BD ? Pourquoi pas...

Antonin Artaud est un artiste pluriel que nos enseignants de littérature ne savent pas toujours classer avec finesse dans l’ensemble… Certes, il fut poète, dramaturge, écrivain, essayiste, critique, acteur, surréaliste… mais il n’en demeure pas moins que pour beaucoup il fut déséquilibré, atteint de troubles psychiatriques, interné durant presque dix ans, asocial, solitaire… C’était un fou, quoi !

 

Gilles Deleuze, le philosophe, considérait qu’Artaud avait atteint la profondeur absolue de la littérature française, Henri Thomas le considérait comme un géant, Arthur Adamov, Marthe Robert et Jean Paulhan se battront, eux, pour qu’il puisse sortir de l’asile… Oui, il n’a pas laissé indifférent et Abel Gance l’a fait joué dans son Napoléon, dans son Lucrèce Borgia tandis que Carl Theodor Dreyer l’engage dans son film La passion de Jeanne d’Arc… Jamais il n’obtiendra un rôle principal mais chaque fois qu’on le voit on comprend qu’il vit pleinement ses rôles, ses personnages… C’est comme tout ce qu’il fait, il est habité totalement et c’est un des éléments qui le pousse doucement vers une perte de la réalité…

 

Mais, alors, était-il possible de mettre «une vie d’Antonin Artaud» en bande dessinée ? S’il c’était agit, comme par exemple le fait remarquablement bien Catel, de mettre en bande dessinée une biographie d’Antonin Artaud, une biographique comme le dit l’autrice, je pense que l’entreprise aurait été vouée à l’échec… Mais, en fait, Benoît Broyard, le scénariste, voulait juste explorer les méandres de la vie d’Artaud tout en lui rendant hommage ! Il voulait aborder l’asile pour montrer les psychiatres de l’époque ! Il voulait rencontrer le génie sans trop montrer le résultat juste le drame de la création…

 

Du coup, ce roman graphique est de toute beauté et d’une profondeur incroyable même s’il n’est pas porteur d’une joie de vivre incommensurable !

 

Le scénariste a décidé de nous faire pénétrer en quelque sorte dans la tête d’Artaud, dans ses visions, dans ses angoisses, ses craintes, ses doutes, ses hallucinations… On voit que la psychiatrie est démunie, qu’elle tente, tâtonne, expérimente et utilise l’immobilisation, la camisole de force, les électrochocs… On le voit aussi avec ses addictions en particulier au laudanum…

 

Au bilan un livre remarquable, pas facile à construire et il faut saluer la narration graphique de Laurent Richard qui sait nous faire oublier les cases trop bavarde… Oui, quand un psy parle, c’est toujours long…

 

J’ai été séduit par ce roman graphique atypique et j’espère qu’il saura en convaincre beaucoup d’autres et que cela participera à maintenir Antonin Artaud vivant parmi nous !

 

Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 oct 2019

Quand BD et Bioéthique se croisent...

Je sais, nous sommes en pleine discussion sur la loi de bioéthique et le sujet est assez grave pour que les Français tentent une fois encore de s’étriper sans prendre le temps de réfléchir avec sérieux, profondeur et respect des autres… ces sujets sont assez importants pour ne pas les prendre à la légère et en faire seulement des sujets politiques… En plus, à titre personnel, je trouve que certains sujets sont de l’ordre de l’intime et je ne suis pas certain qu’il faille tout régler à coup de loi, d’amendement, de manifestation…

 

Mais, je m’éloigne de mon sujet, la bande dessinée ! Or, la bande dessinée peut parfois nous faire réfléchir avec des fictions, des histoires permettant d’approcher la bioéthique sans dogmatisme mais par un exemple concret… Avec La mort vivante d’Olivier Vatine et Alberto Varanda, on va pénétrer un sujet important, le clonage de l’être humain ou quelque chose de plus étonnant encore… Allez savoir ce que peut faire, demander, exiger, une mère quand il s’agit de son enfant !

 

Que puis-je vous dire sans détruire le magnifique suspense et la construction au millimètre de cet album qui est un one-shot, c'est-à-dire une histoire complète. La mère est Martha, une archéologue, et sa fille, Lise, meurt sous ses yeux de façon accidentelle sur un chantier. Nous sommes dans un futur assez lointain, la terre a été plus ou moins ravagée par un évènement grave et elle est dépeuplée. Martha va faire appel à un jeune scientifique, Joachim. Ce dernier est un nanobiologiste de très haut niveau, assigné à résidence sur Mars et en délicatesse avec les autorités… Il va accepter la proposition de Martha, refaire, fabriquer, faire naitre… une nouvelle Lise…

 

Il s’agit pour être précis d’une adaptation d’un roman de Stefan Wul comme il y en avait déjà eu plusieurs chez Ankama. Le texte de 1958 est assez fidèlement respecté et la qualité de cette bande dessinée vient surtout d’une adaptation rigoureuse mais personnelle de Vatine et du dessin réellement étonnant et génial de Varanda.

 

J’ai été très sensible à l’ambiance de cet album qui est bien une science fiction mais aussi une histoire teintée de dix-neuvième siècle, de gothisme, de fantastique… Certains y ont vu une filiation graphique avec François Schuiten et franchement c’est assez vrai même si l’ensemble n’a rien à voir avec les univers du Belge. Ici, je l’avoue, je me suis laissé prendre par le chagrin de Martha, l’envie d’explorer les possibles de Joachim et, surtout, l’irruption de… Bon, je ne vais quand même pas tout vous raconter !

 

Pour moi, un très bel album, une bande dessinée qui marquera et un dessinateur qui s’affirme au sommet de son art (oui, il ne faut pas trop dire cela car la prochaine fois ce pourrait bien être encore mieux… Non ?).

 

Pour ce qui est de la réflexion éthique, elle est bien là, de façon classique mais solide… Cependant, on a beau croiser des savants fous, des acteurs qui en veulent toujours plus, des hommes qui veulent se prendre pour des dieux créateurs, j’ai le sentiment que cela n’a jamais bien servi l’humanité… On trouvera toujours quelqu’un pour partir dans l’inconnu, dans l’incertain, dans l’improbable, dans le dangereux…

 

Une excellente bande dessinée qui devrait être mise à la disposition des lycéens sans aucun doute !

 

Bonne lecture à tous !   

Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 oct 2019

BD, vente d'originaux, Daniel Maghem et survie des auteurs...

Généralement, je vous parle plus du contenu des bandes dessinées que du prix de vente des planches originales des artistes BD lors des grandes ventes aux enchères en France ou à Londres… On sait que parfois des records hallucinants sont atteints mais ces phénomènes sont assez éloignés de la réalité de la création BD. Je vais continuer à travailler dans ce sens même si, aujourd’hui, je vais quand même vous parler, un peu,  de la grande vente aux enchères BD qu’organise Daniel Maghem. Certes, il s’agit bien d’une vente exceptionnelle mais qui mérite notre attention et pas seulement par l’aspect quantitatif, c'est-à-dire 226 œuvres exceptionnelles qui sont exposées dans la galerie de Daniel Maghem jusqu’au vendredi 11 octobre à 13h… Oui, je sais, c’est un peu court pour aller à Paris… Mais ce n’est pas l’aspect le plus important !

 

Daniel Maghem est un galeriste parisien, installé maintenant rue du Louvres dans le 1er arrondissement, qui depuis quelques années s’intéresse tout particulièrement à la bande dessinée. Sa passion – difficile d’utiliser un autre mot – l’a progressivement poussé à devenir un éditeur. Certes, éditeur, mais pas tout à fait comme les autres… Je m’explique !

 

 

Tout d’abord, pour lui, un album de bande dessinée n’est pas un objet banal. S’il est prêt à éditer un ouvrage c’est qu’il adhère au projet, qu’il envie de le défendre, qu’il est fier de cette aventure… Du coup, pour chaque album publié, il s’investit à fond du début à la fin, il soigne la forme comme le contenu, et, en final, il obtient une magnifique bande dessinée, un objet de qualité qui fait autant sa fierté que celle de ses auteurs… Alors, bien sûr, il ne produit pas autant que certains gros noms de la BD mais il n’a pas pour objectif de les manger, les remplacer ou les concurrencer sur n’importe quel segment du marché… Il veut poursuivre son chemin qualitatif et obtenir la confiance de certains auteurs qui viennent chez lui pour un projet qui leur tient à cœur et qui devient son projet aussi…

 

Une BD c’est un coup de cœur, une rencontre, du travail acharné et une publication à défendre par toute l’équipe, de l’éditeur à l’attaché de presse en passant par l’auteur et les autres collaborateurs…

 

Donc, Daniel Maghem tente d’établir avec « ses auteurs » – attention, ils ne lui appartiennent pas et il les respecte beaucoup – une relation de confiance. Cela passe par le respect de leur travail et donc sa valorisation de façon saine et équitable. Or, on le sait bien, ce n’est pas simple… Comme il ne peut pas les rémunérer de façon à leur permettre de vivre décemment de leur seul art, il est toujours à la recherche d’une meilleure solution…

 

Pour cela, en dehors de tenter de limiter ses dépenses et frais généraux, par exemple en limitant son équipe – de qualité et très motivée – il développe un système d’accompagnement de ses auteurs : 1 livre, 1 exposition, des ventes d’originaux, une défense de l’ouvrage efficace et opiniâtre…

 

D’ailleurs, mardi soir à Paris dans sa galerie, il fallait voir les nombreux auteurs présents. Il y avait ses auteurs édités mais d’autres qui le seront peut-être bientôt et ceux qui voyaient leurs œuvres mises en vente lors de cette vente exceptionnelle aux enchères… Il faut vivre de son art et pour cela il faut aussi qu’il y ait un marché aux originaux, un marché solide et bien agencé avec un organisateur honnête et qui aime les auteurs…

 

Mardi – et jusqu’à vendredi 13h – ces originaux étaient tous accrochés aux murs et on avait le sentiment d’assister à l’ouverture d’un musée spécial de la BD. Certes, un musée éphémère mais représentatif de la diversité de la production du neuvième art. Il y avait une vedette centrale, André Juillard, de nombreux autres auteurs et même quelques dessins de grands maitres aujourd’hui disparus comme Jacques Martin, Hergé, Morris, Hugo Pratt, Franquin… Dans la foule des auteurs présents, on voyait Franck Bonnet, Hubert,  Gaétan Nocq, Manchu, Gatignol, de Loustal… et je ne vais pas tous vous les citer…

 

Cette vente est bien exceptionnelle mais on voit aussi un éditeur qui veut se battre pour les auteurs et les aider à vivre mieux de leur art. C’est ce que je veux retenir et ce sera peut-être plus efficace que la commission qui va donner fin novembre un énième rapport sur le statut des créateurs alors que les auteurs bédé et de littérature jeunesse sont pour beaucoup dans la mouise…

 

Je voudrais quand même terminer en rappelant que sans moyens dignes donnés aux auteurs pour vivre il n’y a aura plus d’auteur, sans auteur il n’y aura plus de livre et sans livre notre société mourra en douceur et dans le silence !

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 10 oct 2019





Rechercher dans cette rubrique  


 
Tipi.net
Nos partenaires : Votre site internet Communication événementielle