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mercredi 23 mai 2018

Bonne Fête Didier

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BANDES DESSINÉES... Plus de 550 articles (octobre 2017)

La BD est en force sur vivre-a-chalon.com

BD...

En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et, c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audion des vidéos...
Bonne promenade !


 
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Décès de William Vance

William Vance (véritable nom Van Cutsem) nous a quittés lundi 14 mai 2018. C’est pour moi un grand dessinateur de la bande dessinée qui s’en va et cela me rend malheureux. Il avait 82 ans et avait annoncé depuis quelques années souffrir de la maladie de Parkinson…


Je l’avais découvert avec la série Bruno Brazil, puis suivi avec assiduité dans la série Bob Morane sans oublier sa plus brillante création en compagnie de Jean Van Hamme, XIII…

Son épouse est Petra est coloriste de bandes dessinées et a d’ailleurs colorisé un certain nombre d’albums de son mari… Elle est aussi la sœur de Coria qui a repris la série Bob Morane après Vance et ce durant plusieurs années…

Je pense qu’il est grand temps de relire quelques albums de ce grand dessinateur qui, pour moi, n’a pas été assez reconnu pour son talent propre ! Merci Vance pour ce que tu nous laisses…

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 15 mai 2018

BD : Un ouvrage à ouvrir de toute urgence !!! Humains, la Roya est un fleuve !

Oui, je sais bien que pour beaucoup de Français la question des migrants est une question simple : y a qu’à, il suffit de, on devrait, pourquoi ce manque de fermeté, c’est la faute de l’Europe… Et une fois que cela est dit, on a bonne conscience et on fait cuire son diner…



Je sais bien que c’est trop facile de critiquer ces positionnements simplistes avec des mots. Je sais bien que je ne vais rien changer avec ma chronique et que des milliers de migrants vont continuer à souffrir, être rejetés, exploités, parqués, reflués et rejetés à la mer, renvoyés chez eux et, pour certains, la mort surviendra durant cette grande migration ou en rentrant chez eux… Et nous ne voulons pas le voir ! Et c’est là, la première force et richesse de l’ouvrage de Baudoin et Troubs, « Humains, la Roya est un fleuve » : ce livre montre et permet de voir ceux que l’on appelle les migrants. Ici, ils sont d’abord Bashar, Mohamed, Adam Sidik… Ce sont des humains, de simples humains qui entrent chez vous et se posent…

Ce livre n’est pas un livre d’intellectuels ou de politiques qui voudraient nous faire comprendre, nous convaincre, nous motiver, nous pousser à… Non, juste nous montrer les visages de ces êtres humains qui tentent d’échapper à la violence, à la dictature, à la guerre, à l’injustice, à la misère, au climat défavorable… Ces êtres humains ont souvent un rêve, une envie, une espérance… Retrouver le bonheur quelque part sur cette planète…


Les auteurs sont allés sur place, dans cette vallée dont on parle beaucoup depuis quelques années, celle de la Roya… Un petit fleuve côtier qui naît en France et va jusqu’à Vintimille… Un passage entre la France et l’Italie… Oui, ces migrants cherchent à poursuivre leur voyage, leur errance et, pour cela, doivent passer la frontière entre la France et l’Italie…


En arrivant dans cette vallée, les auteurs découvrent d’autres être humains… Ils se nomment Cédric, Isabelle, Alex, Enzo, Jacques… Ils n’ont pas tous les mêmes motivations, ni le même âge, ils viennent d’un peu partout et se comportent juste en humains… Ils aident des humains qui souffrent… Parfois c’est un repas chaud, dans d’autres cas c’est une escale de deux ou trois jours, ou une aide pour remplir des dossiers administratifs, enfin, c’est aussi un accueil définitif pour aider ceux qui viennent encore…


Les auteurs ne recherchent pas des arguments, ne cherchent pas à nous attendrir ou nous émouvoir, ils nous montrent des femmes et ces hommes qui se rencontrent dans cette vallée. Ils les dessinent pour que l’on ne les oublie pas, qu’ils survivent quoi qu’il arrive… Certains témoignent un peu, se racontent, évoquent… Dans tous les cas, ils sont bien là, ensemble… Fabienne, Alkmir, Chamberlain, Sandra, Pascal, Ludovic, Michel…

Cet album de bande dessinée est un récit pas une fiction, un témoignage pas de l’esthétique, une mémoire vivante pas un souvenir figé… Ceux qui aident ces migrants sont venus du monde entier, chacun donne ce qu’il peut, certains venus quelques jours n’arrivent pas à repartir et restent beaucoup plus longtemps…


Ce travail de Baudoin et Troubs est magnifiquement et profondément humain aussi. Pour faire parler les humains en errance, ils proposent un échange simple : quelques mots contre un dessin… Et cela fonctionne, certaines langues se délient, on mesure certaines souffrances, on perçoit les désirs les plus profonds, on a envie de tendre la main, nous aussi… Après tout, nous sommes humains aussi, non ?

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 3 mai 2018

Une bande dessinée sur notre histoire locale... 1944 à Cluny !

Le 10 juin 1944, le drame éclate et aujourd’hui encore on cherche à le comprendre… Je ne parle pas ici du massacre terrible d’Oradour-sur-Glane et de ses 642 victimes, mais d’une exécution sommaire qui s’est déroulée à Cluny, en Saône-et-Loire. Ce jour-là, Christa Winsloe et sa compagne Simone Gentet sont exécutées, sans jugement, sans ordre… Que s’est-il passé ? Qui est responsable ?


Et c’est une bande dessinée qui va tenter de nous éclairer comme quoi la bédé peut réellement s’attaquer à tous les sujets, y compris aux enquêtes dans le passé, aux recherches dans les archives, dans la compréhension des jugements…

Hervé Loiselet, brillant touche à tout de la bande dessinée, de l’édition et du graphisme, s’est installé en Bourgogne dans la région de Cluny. Il a déjà scénarisé plusieurs bandes dessinées, en particulier un remarquable 20 ans de guerre aux éditions du Lombard. Dans cette histoire de destins croisés autour des conflits mondiaux et coloniaux, il s’interrogeait et tentait de percer les mystères de cette génération qui n’avait connu que la guerre… Du coup, quand il apprend cette histoire d’exécution à Cluny… il cherche à reconstruire l’histoire et en fait une trame de bédé…

Benoît Blary, dessinateur de bédés, a eu la chance de travailler avec Hervé Loiselet dès son premier album et d’être édité dans une collection prestigieuse, Signé. Avec le même scénariste, il travaillera encore trois fois avant de se voir ouvrir la possibilité de raconter le destin tragique de ces deux femmes…

 

 


Cette bande dessinée n’est pas des plus simples à lire car elle est une suite ininterrompue de va-et-vient entre différentes époques du passé. Il y a l’enquête de justice après guerre, la période de la guerre elle-même et le procès de 1948 à Chalon-sur-Saône… et pour clore nous arrivons à Cluny de nos jours… La bande dessinée est suivie d’un remarquable dossier historique qui fixera certains points connus et vérifiés de cette destinée…

Christa Winsloe est une autrice et sculptrice germano-hongroise. Cette femme était lesbienne ce qui n’était pas extraordinaire pour avoir une bonne reconnaissance dans l’Allemagne d’Hitler. Elle connait la notoriété avec une pièce de théâtre qui devient un film, Jeunes filles en uniforme. Christa Winsloe va quitter l’Allemagne pour fuir le nazisme. Elle partage sa maison avec Simone Gentet, participe à la résistance… Les deux femmes qui forment un couple héberge de nombreux clandestins… Elles doivent évacuer le département du Var devant le risque de débarquement et se retrouvent à Cluny…

Mais quelle fut la nature du couple Christa-Simone ? Personne n’en sait rien et qu’importe ! Cela n’empêcha pas certains résistants d’évoquer une homosexualité coupable et un acteur du procès d’évoquer une certaine immoralité de ces femmes… Alors, fusillées parce qu’homosexuelles ? Pas si simple…

Elles étaient germanophones et elles discutaient avec les occupants, trop même… Oui, aujourd’hui, les amis de Christa, les derniers défenseurs de ces deux femmes, évoquent l’imprudence dans une telle époque de parler avec les soldats occupants. Mais, une certitude historique s’impose, elles n’ont jamais, ni l’une ni l’autre, travaillé avec les nazis, trahi les résistants ou aidé en quoi que ce soit les forces de l’Allemagne !


Cet ouvrage de qualité ne leur redonnera pas la vie, ne les réhabilitera pas pleinement mais, indiscutablement, nous rappellera que la Libération s’est accompagnée de gestes déplacés, d’accusations injustes et d’exécutions criminelles… Les deux femmes ont probablement été exécutées suite à des commérages de bas-étage car il ne fait pas bon d’être différents des autres… même en Bourgogne, même à Cluny !

Une très bonne bande dessinée pédagogique pour transmettre aux jeunes la réalité d’une période complexe…
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 2 mai 2018

Un superbe roman graphique pour retrouver Gudule... Sous les bouclettes

Certaines bandes dessinées peuvent nous toucher plus que d’autres en raison du thème, de l’auteur, du style, du graphisme, des couleurs, des lieux évoqués… Donc, soyons clairs dès le départ, cette bande dessinée, Sous les bouclettes, de Gudule et Mélaka, magnifique roman graphique, m’a bouleversé et réjoui le cœur !


Il faut dire que Gudule ne m’était pas inconnue, que son décès m’avait touché, que sa disparition avait créé un choc… C’était en 2015 et même si c’était dans les années quatre-vingt-dix que nous nous étions beaucoup rencontrés, je pensais souvent à elle… Surtout quand j’interviewais sont fils Olivier Ka…

Gudule était une excellente autrice – elle préférait écrivaine – pour la jeunesse. J’ai eu l’occasion de la rencontrer assez souvent pour des romans de qualité que l’on continue de lire et faire lire comme La vie à reculons, La bibliothécaire, L’envers du décor, Mon petit-frère est un extra terrestre… Parfois, il nous arrivait de parler de bandes dessinées, elle m’a parlé de son père, d’Hergé…


A chaque fois le temps se figeait, j’oubliais les rendez-vous suivants et je visitais un pays étonnant en compagnie d’une femme pleine d’imagination qui savait tout raconter y compris les petites choses de la vie quotidienne… On ne savait pas toujours si tout était vrai ou arrangé mais elle disait qu’elle avait été sur les genoux d’Hergé, on y croyait, on était là à leurs côtés… et tout était merveilleux !

Je ne savais pas encore – Mélaka le raconte dans son livre – que Gudule avait lu presque tous ses Tintin dans des ouvrages dédicacés par Hergé lui-même, livres qui semblent avoir disparu aujourd’hui… Mais qu’importe tout cela, j’ai dans ma mémoire des récits superbes où Gudule y est reine et je retrouvais cette femme en lisant Sous les bouclettes, d’où un bonheur réel et une émotion profonde…

Mais jusqu’à maintenant, je ne connaissais pas cette fameuse Mélaka, fille de Gudule. Dès que j’ai eu en main l’ouvrage, j’ai été submergé par l’émotion car Gudule était là avec moi, séduit par la narration graphique de Mélaka qui raconte comme sa mère par les mots mais aussi par le dessin… Alors, bien sûr, si je vous dis que cet ouvrage raconte les derniers mois de Gudule, sa maladie, sa mort… vous allez partir en courant car cela vous semblera trop glauque, trop lourd, trop pathos… et, pourtant, cet ouvrage n’est pas triste ni désespéré. Il est grave, parfois plein de tristesse mesurée, souvent drôle et tendre, agréable à lire et plein de vie !!!

En fait, Mélaka salue une dernière fois sa mère, lui dit au revoir ou adieu… mais, en fait elle ne la quitte pas. Gudule est toujours là et comme je disais à Mélaka, j’avais le sentiment de voir sa mère au-dessus de mon épaule quand je lisais son roman graphique… On peut construire son deuil de plusieurs façons et Mélaka choisit de le faire avec des phrases de Gudule, des images de Gudule, des souvenirs, les siens ou ceux de sa mère… Cela finit par respirer totalement la vie même si dans la vie, il y a la vie et la mort…

Alors, une fois passée mon émotion, une fois pris un peu de distance avec Gudule que j’avais connue et appréciée, j’ai tenté de voir tout ce que ce livre avait de bon et positif pour un lecteur qui n’aurait pas connu Gudule.

Il y a tout, d’abord, dans cette aventure de Gudule, une dimension humaine indéniable et universelle. C’est la vie d’une famille avec la vie et la mort, l’amour et la tendresse, l’affection et le bonheur, la tristesse et la maladie, la jeunesse et la vieillesse, la lassitude et la souffrance… Il y a des moments lourds et d’autres beaucoup plus légers, il y a une tumeur au cerveau et les premiers apprentissages des enfants… et c’est bien ce qui rend cet ouvrage agréable à lire, acceptable et même joyeux…

Les évènements majeurs de la vie publique et de l’histoire sont bien là, comme la destruction des tours jumelles de New York ou les attentats contre Charlie à Paris. Mais le plus important réside dans une bonne tasse de « Bonjour » ou une descente pénible de l’escalier…

Mélaka raconte son vécu, son ressenti, sans cacher les hauts et les bas, sans masquer ce qui se passe réellement autour de Gudule…

« C’est vrai qu’elle va mourir Gudule ? »

Elle tente d’affronter tout de face et on sent bien que ce ne fut pas facile à vivre tous les jours et probablement cruel à écrire et dessiner. Cela renvoie chacun à ses expériences car beaucoup ont ainsi accompagné un membre de la famille en fin de vie. Elle montre la richesse humaine quand on arrive à faire rester la personne dans sa maison, dans son environnement… Mais une fois tout cela vécu, il a fallu en faire un livre…


Par exemple, dessiner sa maman Gudule, déformée par la cortisone et la douleur, ayant perdu ses cheveux à cause de la chimio ou tout simplement de mauvaise humeur après une nuit blanche à cause de la douleur et de l’angoisse… ce n’est ni simple ni agréable ! Faire revivre une Gudule silencieuse, attendant tout des autres, incapable de faire rire… et il y a aussi cela dans le livre et chacun retrouvera des scènes fortes qui ont été vécu ici ou là… Mais cela fait bien partie de la vie !

J’ai réellement adoré cette narration graphique simple, efficace et qui porte en son cœur une force de vie étonnante… une peu comme si la vitalité de Gudule atteignait Mélaka dans son récit et son dessin… Bon sang ne saurait mentir et je suis bien certain que Gudule a aidé plus d’une fois Mélaka dans son travail, dans son récit, dans son deuil, dans sa survie…

Finalement, cet ouvrage porte à la fois la cruauté de la destinée humaine – certains pourraient dire absurdité car elle déclare sa tumeur au cerveau juste après avoir accompagné son compagnon Romain jusqu’à la mort avec un cancer de l’estomac – et aussi la vitalité et l’imprévisibilité de nos vies puisque c’est au moment où la mort approche qu’elle tombe amoureuse d’un homme qui va l’accompagner jusqu’au bout avec un courage incroyable… C’est quand même beau l’amour, non ?

Oui, ce roman graphique est un résumé de la vie humaine et c’est bien pour cela qu’il peut plaire à tous les lecteurs et lectrices, de tous les âges, de toutes les cultures et de toutes nos régions…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 30 avr 2018

Une très bonne nouveauté : Clinch de Zelba !

Oui, dans la bande dessinée, comme ailleurs d’ailleurs, il y a une collection d’idées reçues qu’il faut combattre… et ce n’est pas toujours simple !



Par exemple, il n’y aurait pas d’autrice de qualité et du coup les prix devraient toujours être attribués aux hommes qui, eux, sont bons, bien sûr ! Oui, mais alors que faire de toutes ces femmes autrices qui chaque année nous offrent de si belles, bonnes, profondes, humaines… bédés ? Et je pense à Zelba et son Clinch qui vient de sortir, à Mélaka et Sous les bouclettes que je viens de dévorer et Calpurnia de Daphné Collignon dont je vous parlerai très vite…



Oui, mais les femmes dans la bédé ne parlent que d’histoires pour les femmes ! Tiens donc, vous en êtes sûrs ? Vous n’avez pas lu, je pense, Clinch de Zelba car cette histoire n’est pas une histoire de femmes mais de couple ! Et un couple, jusqu’à nouvel ordre ce n’est pas une histoire de femmes mais une histoire d’amour, de tension, de haine, de délire, de combat, de survie… Vous n’avez pas lu Sous les bouclettes car c’est une histoire de vie et de mort, de passion et de maladie, d’amour et de tendresse, de famille, de voisinage, de culture, d’écriture… Oui, les femmes, comme les hommes, écrivent les histoires qui les habitent et bien souvent nous touchons-là la vie tout simplement, dans toutes ses dimensions !

Et je pourrais ainsi écrire une, deux et trois chroniques en tentant de balayer les clichés sur la bande dessinée… Mais je suis là pour vous parler de Clinch, de ma lecture de Clinch, la bédé de Zelba qui vient de sortir…

 

Au départ, le lecteur est un peu perdu… De quoi s’agit-il ? Le sous-titre lui annonce « deux amis, un combat, une nuit blanche ». Très vite, il est en compagnie de deux garçons et il ose imaginer que c’est là les deux amis… Mais, une amitié peut en cacher une autre…

Là, je réalise toute la difficulté pour parler de Clinch en respectant le lecteur pour ne pas détruire le suspense magnifiquement construit par Zelba. Car si on a bien deux amis, ils sont plutôt là en spectateurs, en parieurs, en commentateurs… Oui, on assiste à un combat de boxe et on a bien le droit de parier sur le vainqueur ! Non ?

Oui, mais une femme ne peut pas écrire sur un combat de boxe, quand même ! C’est une affaire d’hommes, sans blague ! Pourtant le combat est un corps à corps et je ne vois pas ce que cela aurait de spécifiquement masculin, non ? Oui, mais alors si on parle de corps à corps, on parle d’amour et de sexe et votre bande dessinée est tout simplement un titre girly de plus pour lectrices qui s’ennuient ou se prélassent… Une bédé pour fille, quoi !

Depuis plusieurs années, j’explique dans ma famille, avec l’aide d’un de mes fils, que la catégorie « pour filles » cela n’existe pas ! Non, ni en bédé, ni en cinéma, ni en littérature… C’est ainsi : il y a des histoires policières, des romances, des aventures périlleuses, de la science-fiction, du fantastique, de la biographie, des histoires sociales, politiques, rouges, noires… et j’en passe et des meilleures ! Mais, « pour filles », oubliez, cela n’est pas une catégorie et, donc, Clinch n’est pas une bédé pour filles, c’est un roman graphique pour adultes tout simplement… Les ados confirmés s’y retrouveront aussi, bien sûr, mais ce n’est pas pour les jeunes lecteurs, tout simplement…

Clinch est la confrontation entre deux êtres humains, un garçon et une fille, deux adultes pris dans leur vie, deux amis d’enfance, deux destinées qui doivent en une nuit prendre leur chemin propre… Quelle place à l’amour ? Quelle perspective commune ? Quelle direction suivront-ils ? Les spectateurs gagneront-ils leurs paris ? Zelba vous charmera-t-elle comme elle m’a charmé en moins de cent planches ?

Un roman graphique qu’il faut lire en une seule fois, sans a priori, sans se poser de question et en acceptant tout ce qui va se passer durant cette nuit… Alors, au petit matin, vous aurez le droit de vous déclarer touchés ou pas, vous choisirez votre camp, et vous comprendrez définitivement que la bande dessinée pour filles par des filles avec des filles cela n’existe pas ! Par contre, vous aurez la preuve en main que la bande dessinée peut tout raconter, toutes les situations humaines, avec talent, pour tous les goûts… Certains seront déçus – pourquoi pas – tandis que d’autres seront énervés… J’espère que vous serez nombreux à me rejoindre dans ceux qui auront passé un moment très agréable avec les personnages de Zelba et que vous classerez cette autrice dans celles qu’il faut guetter pour être certain de ne pas manquer son prochain album…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 26 avr 2018

Nostalgie quand tu nous tiens... Guy Lefranc, toujours présent !

Je suis comme beaucoup de lecteurs de bandes dessinées, définitivement attaché à mes lectures d’enfance et de jeunesse, même si je ne peux que régulièrement constater que les reprises de certaines séries ne sont pas toujours constantes en qualité…



Il y a longtemps, pour être précis ce devait être dans le début des années soixante-dix, j’ai découvert la série Lefranc, création de Jacques Martin, auteur de bandes dessinées né à Strasbourg en 1921 et décédé en Suisse en 2010. Cette magnifique série est née avec un album légendaire en 1952, La grande menace. Bien sûr, de par mon âge, je ne l’ai lu que quelques années plus tard, mais le coup de foudre fut immédiat et cet album reste dans les albums que je relis régulièrement comme L’affaire Tournesol, Les bijoux de la Castafiore, Astérix et Cléopâtre, La marque jaune, Le Cavalier perdu…

Aussi, malgré quelques déceptions passagères, chaque fois qu’un nouvel album sort dans cette série, je me précipite chez mon libraire et je prends un certain plaisir à replonger dans ces lectures qui ont enchanté ma jeunesse… Ce fut donc le cas cette semaine avec le nouvel album, La stratégie du chaos !

Pour les non initiés – on a le droit d’être dans cette situation – il faut préciser plusieurs petites choses pour mieux comprendre la situation… Tout d’abord, le premier album, La grande menace, se déroule en 1952. Puis, Jacques Martin écrivait ses histoires dans un ordre chronologique habituel. Seulement, il avait prévu certaines histoires qu’il n’a jamais développées. Aussi, certains auteurs ont repris ces schémas et en ont fait de véritables albums qui se sont insérés entre les auteurs, comme ce fut le cas avec Le maître de l’atome, épisode dont certains dessins sont de Martin lui-même…

Cette fois-ci, le scénariste, Roger Seiter qui signe là sont troisième épisode si je ne commets pas d’erreur, propose une histoire qui se passe l’année 1956 et qui donc vient se glisser entre Les enfants du bunker et Le châtiment.

Nous prenons donc la direction de Melbourne où la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques est attendue avec impatience. Nous sommes avec une brillante équipe de journalistes, avec Guy Lefranc, reporter célèbre du quotidien Le Globe…

Je ne vais pas vous raconter l’histoire entière, je ne vais pas tenter de vous faire croire que cet épisode est le meilleur de la série ni non plus jouer les fines bouches alors que je l’ai dévoré hier avec un certain plaisir quand même…

Par contre, le thème abordé est plutôt sympathique et essentiel pour l’humanité. Est-il possible de construire une utopie sans basculer dans le despotisme ou la dictature ? Peut-on construire le bonheur de l’humanité contre elle ? Peut-on envisager une histoire de Guy Lefranc sans Jeanjean, ni Axel Borg le grand méchant ?

Pour la dernière question, c’est effectivement une certitude, Guy Lefranc se suffit à lui-même ! Enfin, à condition de construire une bonne histoire ce que fait Roger Seiter. Du coup, la présence féminine est plus forte et ce n’est pas désagréable du tout… il y a même un sportif de haut niveau, un certain Mimoun… mais c’est juste pour le fun car le personnage n’a pas une importance capitale dans cette histoire…

Voilà, ma petite tranche de nostalgie en bulles mais je vous rassure : si vous trouvez que cette série est trop classique pour vous vous n’êtes pas seuls dans cette situation et ce n’est pas grave du tout… Ce qui compte c’est de trouver les albums et les séries BD qui vous conviennent bien ! Alors, bonne lecture !

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 19 avr 2018





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