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En partenariat avec des étudiants de l'IUT (Licence TAIS) et Michel BONNET cette rubrique s'intéresse  au "neuvième art" en général mais, et c'est la raison d'être de notre média,  également aux acteurs chalonnais et aux initiatives locales dans le droit fil du projet "Chalon en bulles" dont Michel Bonnet fut l'initiateur et l'animateur il y a quelques années.

Avec son équipe il ira à votre rencontre... mais n'hésitez pas à faire le premier pas si vous partagez cette passion pour les bulles !

 

Des textes, des photos, des interviews audio... et bientôt des vidéos... Bonne promenade !

 


EN CE MOMENT : 

Retrouvez nos interviews des grands dessinateurs de BD

 


 

CHALON BD - Relecture méthodique des aventures de Lucky Luke : La guérison des Dalton

Le mythe de pouvoir guérir une fois pour toutes les grands criminels et ainsi offrir à la population la sécurité à laquelle elle a droit, n’est pas une nouveauté. Je ne vais pas citer toutes les fictions qui se sont appuyées sur cette utopie, mais on a tous encore en tête, du moins ceux de ma génération, les images cruelles et délirantes d’Orange mécanique… René Goscinny va revisiter cela et il est d’autant plus en droit de le faire qu’il gère, tant bien que mal, les plus redoutables criminels de l’Ouest, les Dalton !

 

 

Pour mettre en place un plan de guérison des criminels, il faut un médecin de grande qualité. Goscinny va inventer un précurseur de Freud, donc un scientifique qui ne maîtrise pas encore toutes les finesses de la psychanalyse qui n’existe pas encore. Otto von Himbergeist, docteur en psychologie, vient exposer ses thèses à l’Institut scientifique. C’est un Européen. Les auteurs ne précisent pas sa nationalité et certains ont vu en lui un Allemand, d’autre un Autrichien. En fait, c’est un Alsacien ! Oui, car page 19, il organise une petite collation avec des spécialités de chez lui, de la choucroute garnie, de la saucisse de viande et du vin blanc… Parti pris crierons certains, peut-être, mais de toute façon, si nous sommes après 1871 et avant 1918, avouons que l’Alsace est alors dans l’Empire Allemand… donc cela ne change pas grand-chose, si ce n’est que cela me fait plaisir…

On va donc confier à cet éminent professeur les plus grands criminels de l’Ouest. Au pénitencier, il aura le choix et c’est sur les frères Dalton que son regard va se poser. Il faut dire que Joe en pleine crise a de quoi aiguiser ses envies de soigner ce dangereux personnage. Est-ce possible ? Lucky Luke n’en n’est pas convaincu et il va décider de garder à l’œil les Dalton tout au long de leur thérapie…

Je ne vais pas vous raconter les détails des relations entre le médecin et ses patients. D’abord, parce que cela est couvert par le secret médical, mais aussi parce c’est au cœur du récit de Goscinny et Morris. Profitez-en donc lors de cette lecture et ne cherchez pas trop dans votre passé pourquoi vous vous êtes mis à lire des bandes dessinées et des Lucky Luke en particulier. Moi, je me souviens que lorsque j’avais douze ans, mon frère, qui en avait lui quatre de moins, avait voulu…


Alors, Otto von Himbergeist va-t-il obtenir quelques résultats ? D’une certaine façon, on peut l’affirmer ! Un grand nombre de personnages vont changer radicalement de voie. On va découvrir ce que le professeur Appelwater a subi dans son enfance, comprendre pourquoi le directeur du pénitencier a choisi ce métier un peu particulier, voir un alcoolique abandonner son vice et nombre de banquiers quitter une activité immorale…

Indiscutablement, les plus grands échecs sont sur Rantanplan qui restera définitivement le chien le plus stupide de l’Ouest et sur Lucky Luke qui n’arrive pas à nous raconter sa petite enfance. D’ailleurs, ce héros légendaire et solitaire, d’où vient-il, où va-t-il, que pense-t-il réellement ?


Reconnaissons que cet épisode est d’une très grande qualité, que les textes sont remarquables et que l’on rit beaucoup tout au long de la longue thérapie des Dalton. Pour un peu, on finirait par y croire, au moins pour ce pauvre Averell… Certaines séquences sont extraordinaires, tout simplement. Je pense par exemple à la tentation alimentaire d’Averell, à l’apprentissage de la broderie, à la grande fatigue du docteur, à la réaction de Jolly Jumper, à l’allusion à l’arrivée prochaine du grand docteur Freud…

Un excellent album qu’il faut prendre le temps de lire et accepter de rire chaque fois que l’envie vous viendra… Ne pas prévoir de prendre cet album pour vous occuper durant un cours, une conférence ou un discours d’inauguration officielle…

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La guérison des Dalton
Une aventure de Lucky Luke
Scénario de René Goscinny
Dessin de Morris
Editions Dargaud
ISBN : 9782884710305

 
 

CHALON BD - Suite de mes lectures de Lucky Luke : Le fil qui chante

Toutes les bonnes choses ont une fin et Le fil qui chante est en fait un des derniers albums écrits par René Goscinny. Le dernier ? En fait, c’est plus complexe à dire car il semble que le scénariste de génie ait écrit plusieurs scénarios pour Morris, une sorte de lot final dans lequel il y avait ce fameux Fil qui chante. La date de sa mort (5 novembre 1977) et la parution de l’album (4ème trimestre 1977), laisse penser qu’il a dû suivre le travail de Morris et qu’il s’agit bien d’un épisode dont il était prêt à assumer la paternité…


La conquête de l’Ouest a posé de nombreux problèmes aux Américains car plus ils s’éloignaient de la côte est plus la logistique devenait délicate. C’est pour cela que les questions ayant trait aux diligences, à la voie ferrée ou au courrier, se retrouvent très souvent dans les westerns et dans les aventures de Lucky Luke en particulier. Cette fois-ci, avec Le fil qui chante, il va s’agir du télégraphe, ce moyen d’envoyer des messages importants à travers tout le pays… Mais avant, il fallait installer tout un réseau de fil électrique et pour cela les Etats-Unis auraient besoin de l’aide de Lucky Luke, bien sûr !

Il est étonnant de voir le nombre de métiers différents qu’aura exercé ce Luke. On le retrouve cow-boy, bien sûr, mais aussi shérif, envoyé spécial du gouvernement pour des missions souvent d’escorte, embauché parfois par les diligences, les compagnies de voies ferrées ou, c’est le cas dans cet album, par le Pony Express ou  le western union Telegraph… Ah, j’oubliais, il est aussi régulièrement sollicité par la justice pour ramener au pénitencier les fameux Dalton…

Nous voici donc sous la présidence d’Abraham Lincoln au moment clef où les Etats-Unis doivent fournir un travail important pour relier définitivement l’est et l’Ouest par le câble télégraphique. Luke va se retrouver dans une des équipes, celle qui part de Carson City pour aller vers Salt Lake City…  

Nous sommes en face d’un album bien construit au niveau du scénario, en particulier pour ce qui est de l’aventure. C’est je dirais même un peu classique, peut-être trop classique. On a tellement l’habitude de voir René Goscinny sortir des chemins battus, proposer des personnages déjantés, glisser de nombreuses caricatures, que l’on en attendrait un peu plus, pour une fois…

Certes, l’ensemble n’est pas démuni de gags, n’exagérons pas. L’ingénieur qui accompagne Lucky Luke est quand même assez drôle, les ouvriers et les situations de travail ne manquent pas de cocasse, enfin, la lutte entre les deux équipes qui sont parties chacune dans une direction pour se retrouver à Salt Lake City – mais avant l’autre – provoque des situations bien sympathiques…

Mais il me manque un petit quelque chose pour être entièrement satisfait. Jamais je n’ai éclaté de rire comme j’ai pu le faire avec d’autres albums scénarisés par René Goscinny. Pour moi, il s’agit bien d’un cru inférieur, un de ceux qui vieillissent moins bien, mais que l’on garde quand même pour certaines occasions ordinaires…

On peut toujours imaginer que si René Goscinny n’était pas mort foudroyé par une crise cardiaque en faisant du vélo d’appartement il aurait pu nous offrir une meilleure fin de sa collaboration avec Morris autour de ce Lucky Luke, mais comme le sort en a décidé autrement, nous garderons en mémoire d’autres albums comme Le Pied-Tendre, Chasseur de primes ou La guérison des Dalton

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Le fil qui chante
Scénario de René Goscinny
Dessin de Morris
Editions Dargaud
ISBN : 2205011448

 





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