Ce vendredi 19 octobre, Christophe Sirugue, député-maire de Chalon sur Saône a inauguré la nouvelle exposition présentée par le Musée Niepce en présence du photographe Bruno Boudjelal et d’une assistance nombreuse.
Cette « Algérie "Clos comme on ferme un livre ?" puisque tel en est le titre s’ouvre d’abord sur une première salle consacrée aux documents d’archives.
Dès les premiers mots d’accompagnement des images, le ton est donné. Voici quelques phrases glanées de ci de là le long des murs :
« Trop loin, Trop proche, la France ne sait quoi faire de l’Algérie et la photo avoue cet embarras ».
« Des images de ce pays, on en a à foison ; des indigènes, c’est une autre question ? Là comme ailleurs, la photo est affaire de point de vue. »
« Chapitres après chapitres, l’histoire illustrée de l’Algérie a emprunté aux photographes un répertoire de belles images, une histoire en images qui n’en est pas une… »
Une histoire en images faite de raccourcis, de choix assumés. Les mots interpellent le lecteur, le dérangent, peuvent froisser les esprits et blesser en rouvrant de vieilles cicatrices mais au-delà de ces mots, il y a l’image.
Et cette première salle nous dévoile différentes périodes de cette Algérie si proche et si lointaine en nos cœurs.
Dès le milieu du XIXe siècle, les européens s’installent dans cet autre côté de la Méditerranée et ils se photographient. Ainsi s’exposent colons, militaires et ce qu’ils voient du pays : sites historiques, paysages… « Les photos parlent du colon mais pas du colonisé. »
Entre 1920 et 1960, les éditions Combier mandatent une vingtaine de photographes pour photographier « le pays » en vue de reproduire des cartes postales. Aujourd’hui, conservées et préservées au musée, ces images sont présentées au public.
Une troisième partie de cette salle nous dévoile l’invention de l’imaginaire colonial du début du XXe siècle et qui perdurera une cinquantaine d’années : La Mauresque aux seins nus - ce qui nous mène loin de l’approche ethnographique.
Et nous terminerons par les sombres évènements ainsi qualifiés en France : la sale guerre pour certains ou la guerre de libération nationale pour d’autres et ces images contrôlées par l’armée française…
Lors de son discours inaugural, Christophe Sirugue a souligné que 50 ans après le cessez le feu la question de comment raconter l’Histoire et surtout cette histoire est toujours d’actualité et que cette exposition a vocation pédagogique car elle offre un questionnement sur les mots Colonisation et Occidentalisation en Algérie et de laisser le soin à Bruno Boudjelal d’expliquer son chemin personnel et le travail qu’il présente au musée.
La deuxième salle consacre le travail que Bruno Boudjelal a réalisé en Algérie de 2009 à 2011 et qui offre le titre de cette exposition « Algérie. Clos comme on ferme un livre ? ».
Depuis 20 ans, le photographe fait de régulières incursions en Algérie et pose un regard lucide aux couleurs de la vie.
Les tirages couleur sont de Sylvain Charles (laboratoire du musée), les tirages NB de Bruno Cordonnier des Ateliers Surexposés.
Les textes sont de Bruno Boudjelal, Christelle Rochette (Musée Niepce) et de l’écrivain algérois Sid Ahmed Semiane.
Composée en trois parties, l’exposition Boudjelal présente :
• Des portraits fugaces et mélancoliques, banalité du quotidien.
• Un hommage nourri de portraits estompés à Frantz Fanon, médecin psychiatre, militant au côté du FNL, combattant contre la colonisation.
• Un travail en deux temps sur les Harraga, ces jeunes qui partent sur la route pour rejoindre l’Europe et se dirigent avec leurs téléphones portables : projection des vidéos réalisées avec les portables et photographies des lieux de départ du long voyage dans les régions d’Annaba et Oran
« L’Algérie est un drôle de pays qui n’indiffère personne. Du milieu du XIXe siècle et l’installation des colons à nos jours, sa représentation photographique n’est jamais neutre comme tend à le montrer les différentes expositions qui lui sont consacrées au Musée. » peut-on lire …
Et François Cheval de rappeler dans son discours inaugural le positionnement du musée quant à son rôle : « la vocation du musée n’est pas seulement de célébrer Niepce et la première photo. Le rôle du musée est de participer à la conscience du monde et pas seulement à l’esthétisme ».






L’association « Aux Arts ! etc. » présente :
La Jeune Chambre Economique valorise les métiers de la métallurgie en Gare de Chalon sur Saône

L’Atelier Saint-Jean est né du licenciement d’un jeune cadre dynamique de l’informatique, Albert Mazuy, et d’un lieu à sa mesure à cette époque, Place St Jean de Maizel.


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