l'Arrosoir, l'un des plus anciens clubs de Bourgogne, ferme ses portes ?
Situé à deux pas des zones piétonnes, l’Arrosoir / Jazz Club est sans doute le plus ancien club de Bourgogne installé dans ses murs. Capable d’accueillir les formations locales comme les plus grandes formations nationales, son domaine de prédilection s’étend du jazz aux musiques traditionnelles en passant par les musiques improvisées et les musiques dites « de traverse ».
Scène réputée de musiques actuelles, l’Arrosoir est aussi un lieu convivial au carrefour de l’enseignement et des pratiques musicales, idéal pour mettre les apprentis musiciens en situation de concert, face à un public.
Le communiqué :
L’Arrosoir va fermer
Cette décision, son conseil d’administration vient de la voter, la mort dans l’âme, à l’unanimité de ses dix membres. Tous nous redoutions cette éventualité depuis deux ans, très exactement depuis la fin de toute aide sur le salaire du permanent de notre association.
Ce qui manque à notre budget pour fonctionner enfin décemment, nous l’avons demandé en priorité à la ville de Chalon et au Grand Chalon. Tout simplement parce que L’arrosoir est ici, et qu’une grande part de son public vient d’ici. La ville et l’agglomération se sont renvoyé la balle et aucune des deux n’a levé le petit doigt.
Concernant nos autres partenaires, la situation est la suivante : la contribution de la DRAC (15 000 euros), qui n’avait pas évolué depuis plusieurs années, tombera dans le meilleur des cas à 10 000 euros en 2008, en attendant pire. Le Conseil Général, dont le soutien a débuté sur l’impulsion de Frédérique Mollay, élue de droite, s’est poursuivi et amplifié sous son actuelle majorité de gauche. Même scénario pour le Conseil Régional. Aujourd’hui, si l’on excepte la mise à disposition gracieuse et l’aménagement assumés par la municipalité d’un lieu qui lui appartient, ces deux collectivités, dont les charges sont considérables sur leurs territoires, soutiennent notre fonctionnement presque autant que la Ville et le Grand Chalon.
Depuis que les plus anciens de l’actuelle équipe sont arrivés, c’est-à-dire depuis 16 ans, l’Arrosoir a proposé près de 600 concerts. Chaque année, quelques 2 500 personnes ont pu découvrir des musiques totalement ignorées des médias et des Scènes Nationales, écouter et voir des grands noms du jazz et des musiques traditionnelles pour un tarif d’entrée à 5 et 8 euros. L’Arrosoir a travaillé avec de très nombreux partenaires locaux, régionaux et nationaux, il a ouvert sa scène à tous les musiciens de la région, encouragé ou suscité la naissance de formations, favorisé la pratique amateur. Membre de la Fédération Française des Scènes de Jazz et du Centre Régional du Jazz, il est à la fois LE lieu historique de ces musiques en Bourgogne, et aussi le plus actif.
Tout cela, nous en sommes fiers. Avoir réussi cette aventure durant toutes ces années, dans une précarité permanente, avoir programmé 35 concerts de qualité, saison après saison, avec un budget qui n’a jamais dépassé 115 000 euros, c’est tout simplement un exploit. Nous nous sommes professionnalisés, nous nous sommes inscrits durablement dans le paysage culturel, nous avons entendu cent fois saluer la qualité de notre action, et depuis deux ans nous courons en vain après les 45 000 euros qui nous font défaut. Au point de ne plus bien savoir ce qui est le plus révoltant : en avoir fait autant en coûtant si peu cher ou devoir cesser de le faire.
Nous annulons donc hélas tous nos concerts prévus de janvier à juin (il y en avait 23) et réfléchissons à la dissolution de l’association. Notre salle continuera cependant durant quelque temps d’être à la disposition des musiciens qui y travaillent, le temps pour eux de se retourner. Depuis quelques semaines, 12 d’entre eux, d’envergure nationale, répètent sur notre scène la prochaine création du guitariste Alain Blesing, « la Théorie des Cordes ». Ils auraient du la jouer ici en juin prochain...
A l’heure où va prendre fin ce pari impossible si longtemps tenu, les membres du CA de l’Arrosoir ont trois saluts chaleureux à adresser. Le premier va à Claude Spitéri et Gilbert Scheid, les deux salariés, qui ont fait mille fois plus que faire tourner la boutique. Le second est pour les musiciens, qui ont donné tant de bonheur dans cette salle, et qui aujourd’hui perdent un lieu de plus. Le troisième est pour notre public, que nous avons le sentiment, la rage au cœur, d’abandonner.
Les 10 membres du CA de l’Arrosoir,
11 janvier 2008
Nous vous invitons à une Assemblée Générale exceptionnelle à l’Arrosoir, le mercredi 30 janvier, à 20H
commentaires
- C'EST UN SCANDALE TOUT SIMPLEMENT UN SC... par arold le 17 jan 2008 19:42
- Je relaie ici une PETITION que j'ai trou... par Pétition Citizen le 17 jan 2008 20:30
- Je pense que cette affaire de l'Arrosoir... par Eddy le 17 jan 2008 22:21
- moi aussi je suis trop deçue... par lene le 18 jan 2008 16:31
- nous ne pouvons pas accepter que ce lie... par devillard jean luc le 4 mars 2008 13:57