entre nous

Théma Sports

Vous êtes ici :

Trop haut, trop vite !

17 mars 2009 - TypoMag
Alexis Hontang pour TypoMag
 
Le Volley-Ball Club Chalon joue depuis cette saison à l’échelon national. Une récompense que le club ne peut supporter ni financièrement, ni sportivement. Malgré tout, il existe des raisons de rester optimiste pour la suite.
 

Si « le niveau de Nationale 3 – N3 - est très hétéroclite, avec du très fort comme du moins bon », selon les termes de Marc Perotti, arbitre venu du Lyonnais, jamais le fossé entre les deux formations qui vont s’opposer sur le parquet du gymnase de la Verrerie n’a semblé aussi grand.

D’un côté, la Jeunesse Sportive Odoscéenne, deuxième du classement, équipe venue tout droit des contreforts des Pyrénées. Les onze joueurs s’échauffent en ordre de guerre, dans un survêtement aux couleurs rouge et blanc du club. De l’autre, le Volley-Ball Club Chalon – VBCC -, lanterne rouge de N3, avec 16 rencontres et autant de défaites. Les huit Chalonnais ont eux pris un vêtement leur appartenant pour échanger, avec le sourire, quelques balles.

Salah Belizidia est l’un d’eux. L’entraîneur-joueur-capitaine est le mieux placé pour parler des difficultés que rencontre son club. S’il a endossé le maillot noir et bleu, « c’est plus par obligation que par choix. Nous avons des blessés et nos moyens financiers restent insuffisants pour recruter. »

Un budget de 50 000 €

Avec un budget de 50 000 €, le VBCC fait en effet figure de parent pauvre du sport collectif chalonnais. « Nous souffrons de la concurrence avec les autres sports collectifs en salle, comme le basketball ou le handball », explique Guillaume Baroin, président depuis 6 ans, qui considèreque « le volley-ball peut attirer les gens, car c’est un sport sans mauvaises intentions et très esthétique. » Le club fait même des efforts pour se rendre attractif, en faisant le billet à… 0 €. Cependant, est-ce raisonnable de se priver de la billetterie ? « En début d’année, on s’est dit : « combien vaut réellement une place de volley à Chalon ? » Et puis les joueurs voulaient se sentir encouragés, donc il est inutile de mettre des barrières aux spectateurs », répond M. Baroin. En cette soirée de mars, ils n’ont été que… 29 à soutenir les locaux.

Le sponsoring, qui rapporte entre 12 et 15 000 € par saison, permet de faire fonctionner le club. « Cela permet juste de faire vivre le club. Si l’on cherchait à faire une plus-value, on n’y arriverait pas. Au contraire, on ferait banqueroute ! », poursuit le président. Le reste des activités du club est assuré par des bénévoles, comme Élodie, à la buvette, ou Régis à la table de marque. « On se débrouille comme l’on peut », explique la première. « À la buvette, lors de soirées… on donne de nous-mêmes pour réduire les coûts. »

Le match n’a commencé que depuis 19 minutes et Odos empoche déjà son premier set, 17-25. Sur le terrain aussi, des lacunes se font ressentir. Pour le promu, la marche entre la division régionale et la N3 a été trop haute. Les passes sont imprécises, les smashes trop prévisibles, les services trop mous. « En Bourgogne, il n’y a qu’une division régionale. Dans d’autres régions, il peut y en avoir jusqu’à trois », explique Matthieu Garnier, joueur. « Ainsi, un club bourguignon peut monter plus facilement qu’un club breton ou aquitain même avec des moyens plus faibles. » De plus, les Chalonnais ont eu la malchance de tomber dans la poule du Sud, réputée la plus dure. Les adversaires des noirs et bleus vont ainsi de Mougins, aux confins de Nice, à Balma, en passant par Marseille et Mende. En tout, ce sont plus de 9 600 kilomètres que les Chalonnais devront passer sur les routes, soit l’équivalent d’un Chalon – Los Angeles à vol d’oiseau. « De par nos moyens limités, on se déplace souvent le jour même, alors que d’autres équipes prendront une nuit d’hôtel. C’est pourquoi on rate souvent notre premier set… », regrette Salah Belizidia. Un malheur n’arrivant jamais seul, les coûts financiers liés aux déplacements sont assez prohibitifs : entre 800 et 1 000 € pour aller jouer un match à Odos, par exemple.

 

 


 

 

Une centaine de licenciés

Le deuxième set a vu, une nouvelle fois, les banlieusards tarbais l’emporter. Mais cette fois-ci, les Chalonnais semblent requinqués et parviennent à contrer les offensives des visiteurs. Ils vont même prendre les devants au tableau d’affichage avant de… céder sur des balles a priori faciles. « On manque indéniablement d’un esprit guerrier », poursuit Matthieu Garnier, cloué sur le banc à cause d’une épaule blessée. « On est une vraie bande de copains, mais, quand il faut enfoncer l’adversaire, on ne le fait pas ! C’est là qu’on pêche. » Malgré tout, la fébrilité des Odoscéens va permettre aux Saône-et-Loiriens d’engranger leur troisième set depuis le début de la saison. Les quelques spectateurs grondent de plaisir, les joueurs enfin y croient.

« Cette équipe a un vrai potentiel », pense Salah Belizidia, « Cette année, même si l’on descend, on a beaucoup appris. On parvient à jouer notre volley face à des équipes d’un meilleur niveau. Cela nous donne une réelle perspective d’espoir pour la suite. » Le club attire même les jeunes : cette saison, on dénombre une grosse centaine de licenciés. Un chiffre constant, alors qu’en Bourgogne, le nombre de licenciés a chuté de 15 %. « Je reste optimiste pour l’avenir », acquiesce Guillaume Baroin. « Malgré la descente, on continuera à se battre ! »

Les Hauts-pyrénéens viennent d’empocher leur troisième et dernier set. Pour la dix-septième fois de la saison, les Chalonnais ont rendu les armes. L’an prochain, il faudra se battre de nouveau… mais au niveau régional.


www.typomag.net - redaction@typomag.net - 03 85 43 40 40 - 06 21 04 83 36

 clemi dijon
Dominique Gaye
coordonnateur académique du Clemi de l'académie de Dijon
Lycée Niepce - Bp 99 - 71321 Chalon/S
33 3 85 43 40 40 - 33 6 21 04 83 36
d.gaye@clemidijon.org

 

Réagissez / Donnez votre avis





Fermer
  • Web Collaboratif

Ces icônes sont des liens vers des sites de partage de signet sociaux où les lecteurs peuvent partager et découvrir de nouveaux liens.


 
Allo Mairie
Nos partenaires : Votre site internet Communication événementielle