entre nous

Entre-nous : parlons livres

Vous êtes ici :

Souvenirs d'un gamin de Chalon d'une dizaine d'années durant les heures sombres

7 mai 2009 - DERIOT Daniel

Il n'avait pas encore dix ans, lorsque est déclarée, la seconde guerre mondiale. Robert Euvrard, est née rue porte de Lyon, dans notre ville donc. Devenu professeur à Dijon, il a rédigé près d'une vingtaine d'ouvrages, consacrés à l'univers de la vigne, du vin mais aussi à la gastronomie. Cet écrivain atypique, passionné vient d'écrire ses souvenirs, ceux d'un gamin qui traverse la guerre. Paru aux" éditions de l'armançon", le dernier ouvrage de Robert Euvrard s'intitule "Quand les trains sifflaient les adieux"...Près de 25O pages, 27 chapitres et des annexes renvoyant à des événements locaux très précis.

UNE ENFANCE CHALONNAISE

Robert ,bien entendu, fréquente les écoles du centre ville, et plus particulièrement une classe enfantine dépendante du collège de Jeunes filles devenu depuis le collège Camille Chevalier. Dans la première partie de l'ouvrage, l'auteur conte des épisodes de l'histoire de notre ville à la fin des années trente. Carnaval, la vie ouvrière, les aspects de la vie au centre ville sont évoqués sans oublier le contexte de l'entre deux-guerres, les souvenirs familiaux de 14-18 mais aussi les prémices du prochain conflit mondial.
A l'époque le canal du centre sépare la centre ville de Saint Cosme,la halle ronde qui se trouvait place actuelle du général de Gaulle propose de nombreuses animations, des soirées dansantes, le tacot fonctionne et relie Saint Marcel et différentes communes de bresse. Robert Euvrard aborde avec un peu de nostalgie cette vie et ses différents aspects. A ce titre, l'ouvrage constitue non seulement des reflets d'une vie quotidienne mais aussi un témoignage émouvant.

 


LES HEURES SOMBRES EN DIRECT
Avec de multiples détails, Robert Euvrard n'est pas seulement un écrivain mais un conteur qui revient avec une précision d'horloger sur l'invasion, la présence des Allemands à Chalon, la vie quotidienne d'un enfant confronté à cette tragique réalité qu'est la guerre.
Témoin donc de cette vie dans notre région, en bresse et à Chalon qui sont traversés par la ligne de démarcation. Une vie qui malgré l'occupation, la mobilisation des aînés et l'entrée en résistance d'autres continue sous les regards d'un gamin devenu sans doute rapidement adulte.
Il note aussi les espoirs des résistants qui se font jour au cours de l'année 1943 qui paraît une année charnière pour le devenir de cette seconde guerre mondiale.

L'HOMMAGE AU PHOTOGRAPHE MAURICE FOUCRAND
Dans la nuit du 14 au 15 août 1943, un avion de la RAF a été abattu et s'est crasché à Sassenay. L'équipage du bombardier était composé de huit jeunes aviateurs : anglais,canadiens, australiens et néo-zélandais...Très vite, les obsèques de ces aviateurs sont organisées et la cérémonie devient une manifestation de résistance face à l'occupant qui en réaction devait arrêter et déporter le maire du village.
Cet autre épisode du chalonnais a eu pour conséquence l'incarcération et la déportation d'un photographe Maurice Foucrand alors installé ,rue des halles.
Ce photographe osa exposer dans sa vitrine un montage criant de réalisme sur le crash et les obsèques transcendé par l'appel hugolien au recueillement (page 116) "Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie. Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie"....Ce témoignage a été recueilli et confirmé par M.Gaston Rebillard, figure de la résistance dans notre région,disparu il y a peu et qui déplorait l'absence d'hommage à M.Foucrand sous forme d'une rue ou encore d'un monument...

Bien d'autres événements sont racontés par Robert Euvrard, qui s'est entouré des témoignages du Colonel Flamand ou encore de ceux tout aussi avisés d'André baveux, de Saint Martin en Bresse. Il nous parle donc de cette enfance vécue en un temps ou Dijon était le siège du commandement Allemand, évoquant avec pudeur le père trop tôt disparu et le courage de sa mère confrontée aux dures réalités.

Toutefois, envers et contre tout, les enfants, héros de ce récit, alors inconscients d'être marqués pour toujours, parvinrent à goûter aux saveurs de leur âge malgré les privations, la peur entretenue par les exécutions sommaires, le désarroi des mères et des épouses.

La vie de Robert Euvrard, s'est bien entendu prolongé après les heures sombres de la seconde guerre mondiale, à Dijon à partir de 1949. Enseignant au lycée Simone -weil, dans les disciplines liées à l'hôtellerie notamment.

Avec cet ouvrage, l'auteur pose un regard particulier sur des épisodes de notre histoire, ceux d'un gamin qui a traversé la seconde guerre mondiale et à ce titre il constitue un témoignage intéressant et incontournable pour celles et ceux qui se passionnent pour l'histoire de notre ville.

Daniel DERIOT

"Quand les trains sifflaient les adieux" : Robert Euvrard- Editions de' l'armançon.
Prix 20 euros. Se trouve à la Librairie Rougeot.

 

 

commentaires

  • Un bien bel homage, notre rédacteur et le site , s'associe à un 8 mai qui es quasi déserté par la jeunese et par quelques ôtres....
    par GORJUX François le 09 mai 2009
  • Merci d'avoir signalé ce livre.
    Je pense l'acheter dès demain.
    Né et vivant à Chalon, je suis très intéressé par les ouvrages qui retracent des pans de l'histoire de notre ville.
    Continuez de nous informer...
    par Philippe le 07 mai 2009
  • Heureusement pour moi, je n'ai pas connu cette période sombre de notre histoire, mais je suis tres interessé par tout ce qui c'est passé en ces moments là dans notre ville et la région.
    Merci, Mr EUVRARD de nous relater ces faits
    je lirais votre ouvrage
    par Nom Bernard le 07 mai 2009
  • Vigilance et mémoire, il est nécessaire, plus que jamais, à le rappeler.
    La bête immonde qu'est le nazisme n'est hélas pas morte. Elle sommeil.
    En tput cas, le témoignage doit étre émouvant et bien d'actualité.
    par udzo-Marie le 07 mai 2009
  • Excellent clin d'oeil du site Vivre à Chalon par rapport à la célébration du 8 mai.
    Le livre que vous présentez me semble très intéressant. Je vais l'offrir à des amis qui comme moi ont connu les tragédies.
    Effectivement, mes parents m'ont raconté ce qui a eu lieu à Sassenay le 15août 1943 et qui a sans doute été une date pour la résistance dans notre région.
    En tout cas, merci, à vivre à chalon et continuez à apporter des informations comme celles ci.
    par GIRARDETmauricette le 07 mai 2009

Réagissez / Donnez votre avis






 
Allo Mairie
Nos partenaires : Votre site internet Communication événementielle