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lundi 29 mai 2017

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Quartier Saint-Jean-des-Vignes à Chalon : «fêtes et traditions, histoire de « rosières»

par christiane chapé


Lise Jaillard, jeune fille domiciliée dans le quartier Saint-Jean-des-Vignes à Chalon, ancien village de jardiniers, annexé à la ville en 1954, a été nommée le vendredi 14 avril, « rosière » 2017.

Elle habite rue Saint-Fiacre, Patron des jardiniers !! joli choix familial … qui, peut-être, l’a propulsée sur le devant de la scène.


 

HISTOIRE DE LA ROSE ET DU ROSIER :
La première connue en Bourgogne remonte à l’année 1768. Cette institution des rosières a été créée par le seigneur de Neuilly pour les communes de Neuilly et de Sennecey. Chaque année, le garçon jugé le plus digne par les pères de famille, et la fille la plus vertueuse, recevaient une médaille gravée de cornes d’abondance de palmes et d’étoiles où l’on pouvait lire sur une face « A la vertu » et sur l’autre « Au travail » et « Dieu aide aux bons ».

Napoléon 1er, par décret du 19 février 1906, signifia que la fête de l’anniversaire de son couronnement, serait célébrée le dimanche 6 dimanche dans toute l’étendue de l’Empire. A cette occasion, il demanda que chaque commune ayant plus de 10 000 francs de revenus, dote ce jour-là, sur les fonds communaux, une fille sage dont le choix serait fait par le conseil municipal. Cette cérémonie de « dotation de Rosières » fut supprimée après l’Empire.

C’est sans doute influencé par ces nouvelles idées et par l’exemple de la rosière de Salency dans l’Oise, fondée par Noyon et perpétuée par Saint Médard au Vè siècle, que Simon Piot, prêtre curé originaire de Saint-Jean-des-Vignes, rédigea son testament le 20 fructidor an 13 suivi de codicilles entre 1806 et 1810, mettant au point tous les détails de la cérémonie de couronnement du rosier ou de la rose des communes de Saint-Jean-des-Vignes ou de Saint-Martin-des-Champs.

Ce brave Simon Piot léguait une rente, à condition que le maire achète des étoffes pour habiller les pauvres et les distribue après une messe dite pour l’âme du défunt le lendemain de la fête du couronnement.
Son règlement stipulait « que le prix de la vertu consiste plus dans l’honneur que dans la somme qui sera donnée ». Le couronnement avait lieu un dimanche de floréal ou de prairial, alternativement pour un garçon et pour une fille choisis par une assemblée présidée par le curé, le maire et des personnes de bonnes mœurs habitant la commune.


Les candidats devaient avoir minimum 22 ans révolus pour les garçons et 20 ans pour les filles.
Le maximum d’âge étant de 36 ans !!
Reconnaissons que vertueux à cet âge c’est irrémédiable …

La veille du grand jour, une aubade au domicile de l’élu annonçait la fête. Le jour du couronnement, le défilé partait du presbytère accompagné du maire en tête, de deux clarinettes, deux bassons et deux cors de chasse.
Arrivé au lieu d’habitation, le curé débitait un petit compliment, épinglait en écharpe un ruban rose à bout pendants et à franges que le récipiendaire devait conserver durant toute la cérémonie. Ensuite, toujours en procession précédé des porte-drapeaux (roses ou rosiers des années précédentes) et de la musique, le défilé se rendait sur la place publique lieu du couronnement. Après les discours et les « recommandations d’usage », tous assistaient à la messe dont le produit de la quête était distribué le lendemain par le rosier ou la rosière aux plus nécessiteux de la commune.


LA FETE APRES LA SEPARATION DE L’EGLISE ET DE L’ETAT :
En 1906, reconnaissant le droit, d’après les intentions du testateur de nommer un rosier sur toute l’étendue de la paroisse, le testament fut soumis à l’examen des autorités compétentes. Mais la rosière désignée déclina l’offre et pour la seconde année consécutive, la cérémonie fut annulée, les quatre années suivantes ne connurent pas, non plus, de rosière. Le 3 mai 1910, la préfecture déclara que le legs de Simon Piot ne faisait pas partie du patrimoine de la « fabrique » et qu’en conséquence, la commune pouvait en disposer, le recours de héritiers directs étant déchu depuis le 14 avril 1909.

La fête fut donc laïcisée.

A partir de 1911, la rosière reçut un bouquet de fleurs cravaté aux trois couleurs ainsi qu’une médaille en argent frappée à son intention sur laquelle était inscrit « Récompense au mérite ».
Puis la guerre interrompit les festivités de 1915 à 1920. La politique s’en mêlant à partir de 1925, le maire saluait dans son discours « la rosière laïque ». On vit apparaître aux cérémonies, durant cette période, en plus du maire, des adjoints et du garde-champêtre : le sénateur, le président du conseil général, les maires de certaines communes voisines, dont celui de Chalon …


 

Pour la première fois en 1949, la rosière reçut en plus, un service à liqueur offert par l’amicale des anciennes élèves de l’école laïque. A partir de cette date la corbeille de la rosière étant publiée dans les colonnes des journaux, associations, familles et commerçants rivalisèrent pour offrir des cadeaux de plus en plus nombreux et importants.
Renouant avec les traditions, la rosière de 1950, demanda d’assister à la messe, exemple suivi également par les deux dernières rosières de la commune.

Depuis le rattachement à Chalon-sur-Saône, la rose du brave Simon Piot, n’est plus considérée que comme une ambassadrice de charme de son quartier.


 

Le premier « rosier » honoré à Chalon-sur-Saône en 1916 est Jean-Baptiste Guépet à l’âge de 25 ans. Depuis 1942 l’âge ne figure plus. Certaines et certains ont refusé le titre, notamment en 1887 et 1889 : mesdemoiselles Louise Bortaut et Marie Leschenault. Il n’y a pas eu de rosières de 1940 à 1946 et en 1947, Alice Vaginet a été nommée … étant la fille de la rosière 25 années auparavant. Depuis 1880, l’on compte beaucoup plus de jeunes rosières que de jeunes rosiers.

La SAINT FIACRE :
D’origine irlandaise, Saint Fiacre -selon la légende- créa un ermitage à Breuil-en-Brie près de Meaux ou Saint Aron, évêque du lieu, lui attribua tout le terrain qu’il pourrait entourer de fossés en un jour, ou suivant d’autres sources, tout la terre que Saint Fiacre pourrait bâcher en un nuit. Cette terre accueilli ensuite un hospice puis un monastère.
La renommée de Saint Fiacre qui mourut en 670, se répandit dans toute la moitié nord de la France et l’on attribua de nombreux miracles sur son tombeau. Il passait pour guérir le mal de Saint Fiacre ou hémorroïdes et les flux de sang. Son culte est encore vivace dans toute la Bourgogne.


 

En Saône-et-Loire les églises de Montagny-sur-Grosne et de Sassangy, ont ce saint pour patron. Représenté avec un bêche, il est devenu patron des jardiniers et des professions voisines, et sa fête se situe le 30 août.
Dans toutes les régions de cultures on vit apparaître des confréries de Saint-Fiacre. L’une d’elle fut constituée à Saint-Jean-des-Vignes en 1731. Le but des confréries était la solidarité entre les membres et le secours aux indigents. Plus tard, la sécurité sociale n’ayant pas encore été créée et l’église ayant de plus en plus de mal à faire face à tous les besoins de ses membres, les hommes se groupèrent en association de secours mutuel.

A Saint-Jean-des-Vignes, une société secours mutuel dite de Saint-Fiacre, fut fondée en 1861.

En 1896 cette société de secours mutuel honora son patron par une petite fête : « dès neuf heure du matin, une foule de jardiniers évaluée à cent personnes enrôlées sous la bannière de saint Fiacre, s’était massée aux abords de la mairie et musique en tête, fit une promenade dans la commune. Toute la jeunesse enfin se réunit pour un bal organisé dans la vaste salle de la Renaissance artistement décorée ».

En 1919, un groupe de jeunes gens fit renaître la fête des jardiniers interrompue pendant les hostilités, mais la cherté de toutes choses, priva cette festivité de sérénades, bien qu’une soirée dansante eut lieu salle Bornet. Puis le modernisme aidant, ce fut avec un camion automobile décore de plantes vertes et transportant un orchestre, que les jardiniers annoncèrent à la ville de Chalon, leur bal traditionnel en donnant aubade et concert à chaque carrefour ainsi que devant les cafés et les restaurants.

Saint-Jean-des-Vignes, bien que le secours mutuel ait disparu avec la création de la sécurité sociale, perpétua longtemps la fête de ce saint. La tradition voulait, qu’accompagnés de la musique, les jardiniers « courent » la Saint Fiacre, en tenant à la main un bouquet composé principalement de zinnias, de dahlias agrémentés de montées d’asperges, bouquet destiné à la jeune fille de leur choix.
Fêtes et libations clôturaient la journée.

Après l’annexion de la commune, le nombre de jardiniers diminuant fortement, cette tradition se perdit doucement.

La dernière manifestation pour Saint-Fiacre fut celle de 1965.


 

LA ROSIERE … Aujourd’hui … qu’est-ce que c’est ?
« « Une jeune fille vertueuse et méritante, rendant service aux autres pendant un nombre de mois donnés, consacrant une partie de ses loisirs à illuminer le quartier et faire le lien des habitants entre eux » » a déclaré Gilles Platret ce vendredi, pour le « couronnement » de Lise Jaillard.

Gageons qu’elle remplira bien son rôle tout au long de cette année 2017, car elle est charmante, souriante, accueillante et proche des habitants de son quartier, où elle aime vivre.


Article : Christiane Chapé

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Références : ouvrage de MT Suhard « Saint-Jean-des-Vignes », tome 65 de 1997 ; bibliothèque : Daniel Dériot
Cartes postales anciennes : « chalon évolution » sur le web
Photos : Christiane Chapé (visite du patrimoine quartier St Jean des Vignes en 2015)

 


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