Théma : nos portraits
Philippe fête les 10 ans de ses Musicaves
Fondateur du festival des Musicaves, Philippe Perrousset nous raconte les
origines de cet évènement givrotin alliant vin et musique qui signera cette
année sa dixième édition .
Tu es professeur de flûte traversière au conservatoire de Chalon donc musicien. Mais tous les musiciens ne sont pas organisateur de festival. Ça a été quoi le déclic?
Une dégustation, une de plus, dans une cave de Givry, le domaine Besson, quand je suis arrivé dans la région. Le viticulteur m’a, a l’époque, soumis l’idée de faire revivre sa cave avec de la musique. C’était en 1998 et je n’avais jamais pensé faire un festival. C’était juste quelques concerts.
À la première édition des musicaves, pensais-tu arriver à la dixième?
Je ne pensais à rien. C’était une aventure inconsciente au départ. J’ai eu la chance d’avoir toute une équipe d’amis bénévoles avec qui j’ai fait fructifier le projet. C’est au fil des années que les Musicaves sont devenues un festival avec son identité propre. C’est un festival épicurien où le vin est présent pour étayer les oreilles.
Comment se décide la programmation?
C’est de la dictature libre! Je suis un égoïste altruiste. Je suis un passionné de musique, de vin, de culture, de sport, de femmes.... C’est moi qui décide de la programmation en fonction des musiques que j’aime.
Comment est-ce possible de pratiquer des prix d’entrée aussi bas ?
Notre postulat de départ était de proposer des choses eccléctiques qui tournent autour de la musique classique, du monde, mais aussi du cirque et pourquoi pas de la chanson française. Les prix varient entre 3 et 14 euros et ça c’est possible grâce à la fréquentation qui est très correct (environ 5000 personnes) et à nos 300 adhérents. Notre auto-financement est à 40% et le reste ce sont les partenaires privés et publics (départemens, Grand Chalon, Givry, la région et le PIVB ).
L’association musique-vin, c’est uniquement pour promouvoir les Givry?
Les musicaves, c’est un festival AOC sans frontières où l’on ne boit que du Givry car c’est bien connu, il n’y a que le Givry qui est bon en Bourgogne! Rappelon que la quasi-totalité des viticulteurs de Givry sont sur le festival pour proposer gracieusement une dégustation de leurs vin. Mais, comme on est très tolérant, on invite aussi chaque année un vignoble extérieur à la région Bourgogne. Il regagne aussi le rang des bénévoles pour le montage et le démontage du festival. Ils nous donne leurs bras musclés! Plus qu’un partenariat, c’est un lien étroit entre les gens de la terre et les artiste.
Grâce
à ce festival, on a découvert Thierry titi robin, Ba Sisoko, Les frères
Joubran... N’est-ce pas un style de musique réservé à une élite?
Je ne pense pas. Ça voudrait dire que certains auraient des oreilles et d’autres pas. Au contraire, notre fierté, c’est de dire aux gens: “Venez écouter de la musique du monde et du classique sans penser que c’est guindé!”. On est plus au temps où l’on circulait à pied ou en charette. Écouter des musiques du Mali, de Madagascar, de Palestine, du Brésil, ça fait parti de notre univers à tous. Après, c’est la curiosité de chacun qui décide. Ce qui pourrait être élitiste, ce serait les prix hors ils restent très abordables, donc, non les musicaves ne sont pas un festival élitiste!
Propos recueillis par Phil
Cet article est paru dans Chalon Zoom, le mag des gens du coin qui se bougent !
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