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MUNICIPALES CHALON : INTERVIEW DE FRANÇOISE VERJUX PELLETIER

12 jan 2008 - par @La rédaction

Françoise VERJUX PELLETIER, conseillère régionale de Bourgogne, figure en deuxième position sur la liste de Christophe SIRUGUE qu'elle connaît bien puisqu'elle est aussi la suppléante du député de la cinquième cironscription de Saône-et-Loire.
vivre-a-chalon.com l'a interrogée sur le volet économique qui est au coeur de la problématique de développement du bassin chalonnais.

 

Municipales Chalon - Photo vivre-a-chalon.comQu'est-ce qui vous a poussé à vous engager dans cette campagne des élections municipales ?

Je souhaite mettre au service de ma ville mon expérience d'élue au Conseil régional de Bourgogne depuis 2004 et au Conseil municipal de Chalon depuis 2001 ; celle d'une femme ayant franchi la porte du milieu politique, tardivement ; celle d'une militante associative mais aussi celle d'une maman (ex)salariée du privé pendant 15 ans à Chalon puis devenue conjoint collaborateur d'agent commercial.

Je suis née au Creusot en 1961 de parents ouvriers, j'ai grandi à Chalon depuis 1962 date à laquelle mon père est muté sur le site chalonnais de l'entreprise Schneider (SFAC puis Creusot-Loire). Mon père a fait toute sa carrière dans la métallurgie, ma mère dans la chimie chez Kodak. Il fut de la dernière « charrette » en 1983. Ma mère a quitté l'entreprise à la faveur de l'un des nombreux plans dit sociaux !
Comme beaucoup d'habitants de ce département, j'avais de la métallurgie l'image d'un secteur sans avenir. Si vous ajoutez à cela le nouveau crash économique Kodak, tout aurait pu me convaincre que l'industrie n'a plus d'avenir sur notre territoire.

Vous dîtes « aurait pu me convaincre ». Vous pensez donc que l'industrie a un avenir à Chalon ?

Près de 4 ans consacrés au développement économique de la Bourgogne au Conseil régional ont modifié sensiblement ma vision.
La Bourgogne et tout particulièrement le chalonnais a un avenir industriel pour peu que les pouvoirs publics en aient la volonté politique et qu'avec les acteurs économiques, ils fassent les bons choix stratégiques.

On croit souvent mieux connaître sa ville parce qu'on y a toujours vécu. C'est vrai. Mais l'observer d'ailleurs et la comparer à d'autres territoires permet de mieux en identifier les atouts et les handicaps.

Reste à s'accrocher aux atouts sans les exagérer et avoir conscience des handicaps sans se laisser décourager.

Chalon est une des villes bourguignonnes qui a le plus d'atouts mais dans une région qui fait front à des difficultés économiques liées à une baisse et un vieillissement de sa population active.

Vous nous parlez de déclin démographique. Pensez-vous possible de l'enrayer ?

Les projections de l'INSEE en matière de population à l'horizon 2030 ne sont guère réjouissantes. Les élus municipaux devront faire preuve d'imagination autant que de détermination pour tenter d'inverser les courbes. Mais ils ne le feront pas seuls. Ils devront s'appuyer sur les acteurs économiques, associatifs autant que sur l'Etat et les autres collectivités partenaires.

Pensez-vous possible de faire travailler ensemble tous ces acteurs ?

En matière économique, nous avons en avons fait la preuve à la Région, en écrivant tous ensemble, la stratégie de développement économique pour les 5 ans à venir dans un document qui fixe les priorités de l'action publique.
De plus, je crois à la collaboration intelligente entre collectivités parce que le contribuable n'a qu'une seule poche mais que le citoyen a fait des choix politiques différents pour chaque niveau, qu'il faut respecter.

Ce document répond-il à une des préoccupations majeures de nos concitoyens : l'emploi ?

Vous avez raison de poser cette question car l'emploi reste la première préoccupation des chalonnais comme des bourguignons et des français en général. Oui, il fixe comme objectif prioritaire de faire de la Bourgogne, et donc aussi de Chalon, un territoire attractif pour les entreprises.

Quel lien voyez-vous entre l'attractivité d'un territoire et la dynamique de sa démographie ?

Cherchez à répondre à cette question : qui de l'entreprise ou de la population fait venir l'autre ?
En première intention, nous avons tous tendance à penser que parce que des entreprises s'implantent, la population vient s'installer.
Mais si cela était vrai, pourquoi des territoires comme la Nièvre, la Bresse, comme tout le centre de la France ont tant de mal à attirer des entreprises ?
Force est de constater que les entreprises s'implantent là où sont leurs marchés, leurs sous-traitants, leurs donneurs d'ordre (et même leurs concurrents !). Mais surtout là où elles trouvent de la main d'œuvre qualifiée. Car ce sont bien les femmes et les hommes qui vivent sur un territoire qui en font la richesse !

Revenons à la métallurgie. Quand AREVA annonce aujourd'hui vouloir recruter 1000 personnes dans les 4 ans, ce sera l'enjeu pour notre territoire que d'être en capacité de répondre à un impératif né d'une augmentation exponentielle de la production de cette entreprise. Et tous ses sous-traitants avec elle car sinon, ils deviendront un goulot d'étranglement de sa production. Elle le sait et à commencer à y travailler. Les collectivités avec elle. Notamment la région qui détient une compétence forte en matière de formation professionnelle.

Vous parlez de la Région. Et quels rôles pour la ville et l'agglomération ?

La région ne peut pas faire seule. Elle peut financer des dispositifs. Mais ce sont les élus locaux, par leur connaissance des problèmes et leur détermination à les résoudre, par leur proximité quotidienne avec la population, qui pourront mobiliser les acteurs de terrain pour les mettre en œuvre.

Les élus doivent aussi convaincre les chefs d'entreprise de participer à l'effort d'égalité républicaine : l'accès à l'emploi pour certains de nos concitoyens est beaucoup plus difficile. Les femmes en premier lieu. Cantonnées dans 4 secteurs de métiers peu pourvoyeurs d'emplois stables et bien rémunérés, il est impératif de les orienter vers d'autres métiers et que les entreprises intègrent que la mixité est un atout concurrentiel. Les jeunes n'ont pas l'expérience mais l'entreprise doit investir pour la leur donner. Les séniors seront de plus en plus nombreux. Aura-t-on les moyens encore longtemps de les renvoyer bien avant l'âge requis ? Les personnes handicapées ne trouvent un job, pour plus de la moitié d'entre elles, que grâce à des contrats aidés (CAE, CA, emplois tremplin...) donc de l'argent public, donc des impôts notamment celui des entreprises. N'auraient-elles pas meilleur compte à les employer plutôt que de payer pour ne pas le faire ? Que dire de la discrimination que subissent des quartiers entiers si on regarde le taux de chômage qui y sévit ?

Y a-t-il d'autres éléments qui rendent un territoire attractif ?

Oui bien sûr. Les entreprises s'installent là où leurs salariés trouveront des écoles, de la maternelle jusqu'au supérieur, des crèches, des hôpitaux, des médecins, des logements, une qualité de vie déterminée aussi par l'offre culturelle, sportive, associative et une offre de commerces de proximité. Les entreprises qui sont installées dans des territoires reculés connaissent bien la difficulté à recruter un cadre ou un technicien qui regardera attentivement l'offre du territoire avant de déplacer toute sa famille. Et les entreprises auront de plus en plus besoin de ces salariés qualifiés pour fabriquer des produits à forte valeur ajoutée qui ne seront pas en concurrence directe avec les pays à bas coup de main d'œuvre. Tout se tient. Tout est lié. L'entreprise avec son territoire et le territoire avec ses entreprises.

Il faut que nous en soyons tous conscients, collectivement, pour que tous ensemble nous fassions les bons choix pour l'avenir de Chalon !

 



 
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