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Lettre d'Arnaud Montebourg aux habitants de Saône-et-Loire
Lettre d'Arnaud Montebourg aux habitants de Saône-et-Loire
Chère Madame, Cher Monsieur
Depuis mars 2008, je n’ai jamais cessé de vous alerter sur la crise économique et politique qui ébranle les Départements et singulièrement celui de Saône-et-Loire. J’ai choisi la voie de la transparence et du débat public car c’est ainsi que je conçois le débat démocratique.
Quelle est la situation aujourd’hui ? L’État doit au Conseil général 52 millions d’euros au titre du financement de l’aide aux personnes âgées ou encore du RMI-RSA. Ce n’est pas rien ! Le gouvernement vient d’être condamné par la plus haute juridiction, le Conseil d’état, pour une partie de ces refus de remboursement. C’est une première victoire, d’autres viendront car nous sommes décidés à nous battre pour la Saône-et-Loire et ses contribuables.
L’État se soustrait à ses devoirs et le gouvernement accuse avec culot vos élus locaux de dépenser sans compter ! De qui se moque-t-on ? Les collectivités locales votent leur budget en équilibre, c’est obligatoire car le déficit leur est heureusement interdit par la loi. Les dépenses ne peuvent pas être supérieures aux recettes. Une règle de bon sens dont le Gouvernement ferait bien de s’inspirer. Si le Gouvernement voulait déplacer vers d’autres sa lourde responsabilité dans les déficits publics, il ne s’y prendrait pas autrement.
En Saône-et-Loire, les recettes ont donc chuté, les dépenses pour l’aide sociale ont augmenté. La réforme de la taxe professionnelle, au profit des entreprises, a aggravé la situation. Fallait-il laisser chuter notre institution ? Ce n’est pas ma conception de l’action politique. La majorité que je conduis a choisi de faire face en proposant un plan de sauvetage, car il faut appeler les choses par leur nom. Ce plan courageux auquel nous n’avons pas le droit de nous soustraire, nous contraint à des mesures difficiles pour l’ensemble des politiques qui fondent pourtant l’identité même des collectivités. Ce plan prévoit 56 millions d’euros d’économies. Il nous contraint à des mesures difficiles, impopulaires et pourtant incontournables.
En janvier, j’ai consulté les représentants syndicaux, économiques et politiques de notre département. Je leur ai exposé la situation. L’opposition au Conseil général n’a pas cru bon de soutenir nos efforts. Je comprends sa position inconfortable entre la réalité d’ici et un soutien borgne au gouvernement. Je regrette cependant que ses élus n’aient pas pris la mesure de la situation.
Si le Gouvernement honorait ses engagements, je ne serais pas contraint de prendre des décisions aussi dures. Malgré tout, notre premier objectif aura été de préserver le plus possible les familles, les personnes âgées et handicapées, ou encore les personnes qui cherchent courageusement du travail. Protéger les habitants, en être proche, c’est l’essence même d’un conseil général. C’est l’apport de la décentralisation de 1982 que le gouvernement veut, de fait, supprimer.
Les Départements méritent mieux qu’une conception rétrograde de la vie démocratique dans notre pays. Vous pouvez compter sur moi pour défendre la Saône-et-Loire.
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