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Le 11 Janvier, à Chalon, un photographe a brulé ses photos... suite (vidéo)
Republication en Une car ce débat toujours d'actualité continue (lire après après l'article )
Jean-Baptiste Avril–Bodenheimer a brulé ses négatifs originaux. Nous republions donc après la vidéo l'article consacré à cet événement car sa suite est aussi en partie dans les réactions qu'il a suscité et dans les réponses mêmes de Jean-Baptiste Avril–Bodenheimer ci-dessous.
- Lire les réactions et voir la vidéo ci-dessous.
L'article original
Tout autodafé est spectaculaire et singulier mais celui qui se déroulera le 11 janvier 2010 à Chalon-sur-Saône devrait nous toucher, nous chalonnais davantage encore.
Ce jour-là, le photographe français (qui réside à Chalon depuis deux ans ) Jean-Baptiste Avril–Bodenheimer brûlera les négatifs originaux de la remarquable série en noir et blanc qu’il a consacrée à l’architecture Bauhaus de Tel-Aviv. Soit 17 planches de 36 poses chacune. De cette série, l’artiste ne veut conserver que 12 tirages originaux de 60 x 90 cm .
Ce passage par le feu se fera à Chalon, berceau de la photographie . Quoi qu’en dise Jean-Baptiste Avril :
« Ce n’est pas le lieu qui importe mais le geste qui dénonce un principe. » . Pourquoi ce geste symbolique et spectaculaire ? Il s’agit rien moins que d’alerter l’opinion sur des dérives qui sont devenus le lot quotidien des artistes : « Ce qui était à une époque les limites d’un système est devenu aujourd’hui un système et c’est partout pareil » dit-il.
Il avait travaillé un an à cette série sur le Bauhaus , sous les encouragements. Une fois achevée, il l’exposa, sous les applaudissements. Et après ? Rien. De toutes les institutions privées et publiques qui avaient suivi son travail d’auteur, aucune n’a rien trouvé à redire : toutes l’en ont félicité mais aucune ne l’a soutenu financièrement.
Il avait accepté de publier ses photos dans la presse et de l’exposer gratuitement pendant des mois au Musée d’Art Moderne de Tel-Aviv et au siège de la plus grande compagnie d’assurances d’Israël. Mais il était pillé, vampirisé de toutes parts . De partout, on lui demandait son œuvre pour les cérémonies du centenaire de la ville, mais partout on assortissait la demande de la même réponse désolée : «Pas d’argent . Pas de budget… ». Car, c’est bien connu, des artistes travaillent pour rien et se nourrissent de l’air du temps et de l’esprit de l’époque. Il n’y eut guère que le dynamique l’Institut Français de Tel-Aviv pour l’aider.
Le 11 janvier 2010 donc à Chalon sur Saône, ça sentira le négatif brûlé, sous l’objectif d’une caméra qui filmera une disparition et d’un huissier de justice qui l’attestera. Nulle recherche de publicité ni goût du tapage médiatique chez Jean-Baptiste Avril-Bodenheimer. Il ne le fait pas pour lui, ni seulement pour les photographes, mais pour les créateurs. C’est le seul moyen à sa disposition pour rappeler à la société que l’oeuvre d’un artiste représente du travail, et que ce travail-là aussi se paie.
Un autodafé rappelle toujours de mauvais souvenirs (l’Inquisition de sinistre mémoire et le nazisme …) . Le mot vient du portugais auto da fé, et du latin actus fidei qui signifie « acte de foi ». Comme son nom l’indique .
commentaires
- Merci, effectivement, pour ce forum ouvert et libre. J'ignorais que l'actuelle équipe municipale avait fermé le forum. Comme elle a fermé les berges de Saône, et fermé le jardin botanique. Quant à la photographie, elle a "fermé" la page Instant Nièpce de Chalon-Magazine. Décidément...
par NomC.Rosenberg le 24 janvier 2010 - Effectivement, merci et bravo pour ce forum démocratique!
J'ignorais que l
par NomRosenberg C. le 24 janvier 2010 - Je voudrais profiter de cette tribune pour remercier Vivre-a-chalon.com qui offre à ses lecteurs une tribune démocratique.
Le "forum" du site web de la mairie ayant été fermé il y maintenant plus d"un an, et toujours pas réactivé, c'est à peu près la seule plateforme d'échange démocratique directe de Chalonnais à Chalonnais.
Il est bon de le signaler...
par JB le 23 janvier 2010 - @ Mlle Lise,
Le problème est que le peu de conventions sur le monde de la photo ne sont pas mises en application.
En ce qui concerne des musiciens créateurs compositeurs, c'est du même acabit.
Un ami, compositeur (reconnu) de musique contemporaine a reçu l'année dernière une commande du ministère de le culture. Pas d'avance, trois mois de travail. Il sera finalement payé lorsque sa création sera interprété, au mieux dans deux ou trois ans...
Ce sont les normes en vigueur aujourd'hui. Elles doivent être repensées si l'on tient à garder un semblant d'exception culturelle.
@ Claude.
Je ne tiens heureusement pas à rentrer dans un panthéon, quel qu'il soit :) Je prends seulement mes responsabilités tout en espérant que nos responsables culturels fassent de même, en fonction de leur bilan.
Bien évidemment, je ne vise personne :))
JB
par JB le 23 janvier 2010 - les artistes ne se nourrissent pas d'amour et d'eau fraiche ! si les gens bossaient pour kopeck et n'étaient pas payés de leur travail ,il y aurait une révolution en france ,et ce serait légitime ! pourquoi certains artistes en france sont considérés comme des amateurs ? il faut passer à la télé pour etre reconnu de nos jours et tout ce qui passe à la télé n'est surement pas tout de qualité ! tout du moins en ce qui concerne ma "partie" c a d le spectacle vivant ( regardez toutes les conneries de tf1 et sur la tnt ,c'est affligeant !)
Artiste est un métier ,il y a un statut qui existe : professionnels ou "intermittens" du spectacle avec des BAREMES et des conventions collectives ,en ce qui concerne les artistes interpretes ,d'opera ou de varietés ,techniciens etc .... il faurdait plus de protection pour les oeuvres des photographes et des peintres , il ya du boulot , artiste ,quel qu'il soit ,c'est bc de travail en amont !!! on ne doit pas piquer une oeuvre d'un photographe ou peintre sans son autorisation ,puis après chacun négocie son prix , cela devrait etre normal ! CHAQUE TRAVAIL A UN PRIX meme si notre société française a du mal à le reconnaitre pour ses artistes de tout bords ..... merci de votre attention
par melle lise le 23 janvier 2010 - C'est une bonne nouvelle effectivement, et tu as peut-être gagné ton statut de Saint-Jean-Baptiste... Plus sérieusement, ces associations de défense seraient bien inspirées de te faire une place à leur côté autour de la table. Mais quel texte de loi pourrait contraindre un conservateur de musée à acheter des photos d'un artiste? Protectionnisme sur certains noms, dumping sur d'autres... Il serait bon d'avoir l'avis sur ce sujet du directeur des musées de Chalon?
par NomC.Rosenberg le 23 janvier 2010 - Cher Claude,
Hasard, ou coïncidence, les associations de défense des photographes seront reçues au cabinet du ministre le 2 Février, après avoir poireauté depuis huit mois.
De plus, un colloque très construit prendra place fin Mars au Sénat, sur les problématiques et les perspectives de la photographie.
Il semblerait que l'on ai enfin retrouvé le dossier "photographie" au fond d'un placard :)
JB
par JB le 22 janvier 2010 - Les problèmes professionnels ne peuvent se régler que par des manifestations regroupant un ensemble représentaif de la dite profession (aussi indépendante soit-elle).
Un acte isolé et individualiste, pollué par l'image détestable qu'inspirent les 'autodafés de sinistre mémoire, n'est pas une approche compétente, ni pour ouvrir les débats avec les autorités responsables de la culture, ni pour la bonne compréhension d'un public qu'il soit averti ou désinformé. C'est mon avis, mais je souhaite cependant bonne réussite à J-B Avril.
par Nom Claude Rosenberg le 21 janvier 2010 - Le problème de la reconnaissance artistique a existé de tous temps. Les impressionnistes furen-ils exposés?
Pissarro vivait-il dans l'abondance?
Van Gogh et Gauguin, méprisés, persécutés auraient-ils dû brûler leurs oeuvres?
Verlaine, condamné en justice pour quelqques poèmes, a--t-l brûlé ses papiers? Et Flaubert, poursuivi avant lui pour atteinte aux moeurs, a-t-il cramé Madame Bovary?
par Nom C.R. le 20 janvier 2010 - ==> Sam :
Sur YouTube :
http://www.youtube.com/watch?v=XgRBrulfmxk
C'est la vidéo en tête de l'article ...
par Nicéphore le 13 janvier 2010 - Je ne trouve rien sur Youtube... vous avez l'adresse ?
par Sam le 12 janvier 2010 - Naturellement, la photo du Pont Saint-Laurent, qui illustre mon article est de JB. Avril.J'avais omis de le préciser .
Les images-très belles- de l'autodafé sont sur YouTube.
par Nicéphore le 12 janvier 2010 - Il est important, à nouveau, d'apporter quelques détails. La presse faisant parfois des raccourcis malgré ce que je peux dire lors d'interviews. Le musée d'art contemporain de Tel-Aviv a exposé deux des images de la série lors d'une exposition plus large consacrée à "Tel-aviv vue par les photographes". Ils n'ont pas daigné participer aux frais des tirages, ni même en acheter une pour leurs collections.
Autre précision, il ne faut pas limiter ces errements au pays qui a accueilli en premier mon travail. Revenu en France, les choses se sont se sont déroulées de la même manière en terme de sollicitations et "désolé pas de budget". Ce qui se passe est à un niveau international, sans restrictions aucunes. Tous les photographes sont touchés par ces abus...
par jb le 12 janvier 2010 - 17 planches de 36 négatifs sont partis en fumée. La totalité des clichés que Jean-Baptiste Avril avait réalisés à Tel-Aviv en 2008, sur le thème de l'architecture de la capitale israélienne, et qui avaient fait l'objet d'une exposition au Musée d'art contemporain de la ville : "Sur ce projet, j'ai concentré tous les abus que peut rencontrer un photographe : abus d'exploitation, travail non rémunéré. Ces clichés ont été salués par la critique et les édiles, la presse israélienne a véritablement été dithyrambique, mais tout cela ne m'a rapporté aucun revenu. Le Musée d'art contemporain, à la fin de l'exposition, n'a pas acheté la moindre image". (...)
La suite est sur : http://www.dijonscope.com/003186-photodafe-a-chalon-sur-saone
par andré le 12 janvier 2010 - Les colonisés, qui eux ont subi l'autodafé de leurs maisons, ne pourront qu'applaudir. La célébration des 100 ans de Tel-Aviv a été indécente, oublieuse, comme toujours de ce que cette ville a été construite sur l'éviction des Palestiniens.
par lef le 12 janvier 2010 - ==> Norbert :
Ce n'est pas un problème d'ego ! C'est une question de propriété intellectuelle et de droit d'auteur . En matière de photographie ou de musique il est trèsb facile de pirater le travail d'un auteur . Nous vivons une époque du "tout-de-suite", "tout-gratuit".
La loi sur la propriété littéraire et artistique remonte , pour l'essentiel, à 1957 ! Elle protège mal les artistes qui produisent sur support numérique .
Naturellement, Nobert, vous vivez de l'air du temps...vous .
PS : ce papier a été repris en totalité par le monde.fr...
par Nicéphore le 11 janvier 2010 - Monsieur Monnier,
Je parle parfois dans mes entretiens, d'un universitaire responsable d'un colloque international m'ayant sollicité pour illustrer les actes de ce colloque sur l'architecture. Bien évidemment, il n'y avait "pas de budget". J'avais essayé de lui expliquer que les organisateurs de ce colloque avaient été payés et/ou défrayés. Que les chauffeurs de taxi ayant pris en charge les participants n'avaient pas travaillé pour rien. Que les serveurs passant les petits fours et le champagne lors de la cérémonie d'ouverture avaient eux aussi été rétribués. Et que le photographe sollicité pour son travail n'avait pas de raisons d'être moins bien traité. Nous ne valons pas forcément mieux qu'un chauffeur de taxi ou qu'un serveur, mais nous ne valons certainement pas moins... Je n'avais bien évidemment pas eu de réponse!
par Nomjb le 11 janvier 2010 - Cette initiative degage de mauvais relents
par Nom Marc Lefevre le 11 janvier 2010 - Bonjour Norbert,
Je comprends vos arguments, mais le débat n'est pas sur l'ego et notre valeur présumée. Le système qui s'est installé pernicieusement exploite ceux qui se sont engagés, par vocation, dans ce qui est un véritable sacerdoce. Les musées emploient des dizaines de millier de personnes (touchant leur salaire chaque mois) pour gérer le travail d'artistes sont la plupart sont morts (ou vivent encore) dans le plus grand dénuement. Ce paradoxe n'a pas l'air de les choquer... L'artiste a réellement sa place dans la cité, encore faudrait-il qu'il puisse vivre de son engagement sans être exploité.
JB
par Nomjb le 11 janvier 2010 - Cette carence des pouvoirs publics dans la reconnaissance d'un si important travail photographique, que je connais et que j'apprécie, est scandaleuse. Je demande au photographe, cependant, de surseoir à la destruction de ses négatifs ; je suggère d'en faire don à une institution publique tout en en conservant l'usufruit.
par Nom Gérard Monnier le 11 janvier 2010 - C'est toujours plus valorisant pour l'ego de penser que l'indifférence pour son oeuvre est en fait une persécution de la société (un "autodafé", quelle imposture!), et qu'on est artiste maudit plutôt que négligé. Quand en plus, on peut mettre ça en scène devant la caméra, c'est encore mieux.
Courage, Monsieur Avril–Bodenheimer, des tas de gens pensent qu'ils valent mieux que ce qu'on les considère, ou que leur travail vaut plus que ce qu'il est payé. Ils vivent avec en évitant de confondre leur valeur personnelle et leurs ressources alimentaires, et se trouvent un boulot pas forcément intéressant, tout en cultivant leurs talents.
par Norbert le 11 janvier 2010 - A michel Louis,
Il est nécessaire de rappeler, quand à l'importance de l'appréciation du public sur une oeuvre, que dans l'histoire de l'art, celui-ci n'est jamais venu qu'après, et n'a pas vraiment travaillé à la reconnaissance financière des artiste.
Le premier mécène de l'histoire, c'est l'Eglise, faisant travailler peintres et sculpteurs pour la "gloire du Christ". Vinrent ensuite les princes de la renaissance, puis la grande bourgeoisie de la révolution industrielle. Le public qui se presse aujourd'hui dans les musées est un acteur d'appréciation, mais pas un acteur financier de l'art, malheureusement...
par Nom jb le 09 janvier 2010 - Je ne connais pas cet artiste. Je respecte sa décision de détruire son oeuvre. La forme choisie est sans doute symbolique. S'il ne vise pas que la presse s'en empare, je me demande pourquoi en parler ici. Je suppose que nombre d'artistes procèdent à la destruction de leurs oeuvres quand celles-ci ne touchent pas le public ni d'éventuels acheteurs. D'ailleurs, je pense que cela ne concerne pas seulement les artistes. Dans toute activité professionnelle de création, de production, il arrive de créer ou de produire pour rien et donc de "jeter" le fruit du travail. C'est dommage certes, mais c'est ainsi.
par NomSalajo le 09 janvier 2010 - Bonjour,
Je ne sais pas si je vais vous réconforter en vous envoyant ce message mais je partage totalement votre acte .
J'ai aussi pratiqué la photographie depuis pas mal d'années , malheureusement je n'ai pas beaucoup éxposé suite à une volonté de ma part etant donné les frais occasionnés, le peu d'intêret, et la méconnaissance des acheteurs. Je brûlerai aussi mes negatifs au moment venu celà évitera au moins que d'autres s'enrichissent trop facillement sur le dos des des artistes si peu j'en soit un.
cordialement Joseph
par Nom carella le 08 janvier 2010 - Grandeur et décadence...
Tous les artistes vivent de la notoriété auprès du public.
En conséquence, il faut penser au public et ne pas oublier que c'est lui et lui seul qui décide de financer par tout moyen existant...
Il faut plaire et provoquer la rémunération par l'engouement...
Bonne chance !...
par Michel Louis GARDET le 08 janvier 2010 - Juste deux petites précisions.
- Cela ne sera pas à proprement parler publique, puisque fait chez un particulier possédant une cheminée. La vidéo de cette acte très symbolique sera disponible le lendemain sur You Tube.
- Le lieu, Chalon sur Saône, n'a pas été choisi pour sa valeur symbolique. Le hasard fait que je m'y suis installé il y a maintenant deux ans.
par Nom JB le 07 janvier 2010
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