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L'été c'est fait pour lire et découvrir le premier album des aventures de Tintin

14 sept 2018 - par Bonnet Michel

Ce n’est pas parce que l’on respecte l’œuvre de l’auteur Hergé que l’on devrait aimer tous les albums des aventures de Tintin ! D’ailleurs, Hergé lui-même, n’aimait pas son premier épisode, Tintin au pays des Soviets. Il ne l’a jamais retravaillé, ne l’a jamais mis en couleurs et n’en parlait pas. Il a dit une fois qu’il considérait cet album comme une erreur de jeunesse… Pourquoi en parler alors ? Tout simplement par honnêteté et respect de cet auteur : si on parle de son œuvre, il faut parler de ce que l’on aime moins et cet album en fait partie !

 

Hergé est alors un jeune homme, à peine plus d’une vingtaine d’année. L’abbé Norbert Wallez, rédacteur du journal Le vingtième siècle qui a embauché Hergé pour s’occuper du supplément Le petit vingtième, hebdomadaire destiné à la jeunesse, décide de parler de l’Union soviétique. Il demande à Hergé de faire une bande dessinée sur le sujet en s’appuyant sur un ouvrage très virulent contre les Soviets, Moscou sans voile. Cet ouvrage a été écrit par Joseph Douillet, un consul belge qui est resté en Russie de la fin du XIX° siècle à 1926.

 

Durant de longues années, cet ouvrage a été considéré comme un album d’anticommunisme primaire, depuis, la réalité de l’Union soviétique étant plus connue, les critiques se sont quelque peu tues… Il n’en demeure pas moins, de façon indiscutable, que Hergé a cherché à se documenter sur la vie en URSS et qu’il était marqué par le catholicisme ultra de Belgique… Les membres des Soviets sont contre la religion, cruels, menteurs, voleurs, profiteurs, idiots, assassins… Bref, ce sont les pires des personnages !

 

Par ailleurs, c’est le premier album des aventures de Tintin. Le héros est reporter au Petit vingtième et il part en reportage. Il va venir raconter aux jeunes lecteurs ce qu’est « réellement » l’Union soviétique. Mais si on fait abstraction des éléments politiques, on peut alors découvrir avec bonheur la genèse de la bande dessinée selon Hergé. Dans cet album, sous nos yeux, se met en place la « ligne claire », un mode narratif de qualité qui garde dans le dessin tout – et seulement tout – ce qui permet de comprendre l’histoire. Du coup, le récit est entièrement en dessins et phylactères (bulles pour faire parler les personnages)… Presque une première !

 

On peut même trouver quelques cases très modernes où Hergé démontre son talent pour raconter le mouvement avec des dessins fixes, faire entendre des bruits avec une bande son silencieuse, bref il met en place les règles de la bande dessinée moderne, celles qui seront par la suite transcendées par des auteurs comme Franquin…

 

Comme Hergé ne reconnaissait pas totalement cet album comme appartenant au canon tintinesque, il fut difficile de le trouver à partir de la moitié des années trente et il y eu beaucoup de copies et d’éditions pirates, certaines colorisations fantaisistes et tout cela avec des contrefaçons de plus en plus nombreuses et coûteuses… En 1973, la version originale en noir et blanc est publiée dans les Archives Hergé puis un album en noir et blanc au format des autres albums des aventures de Tintin est accessible… Enfin, il y a peu, en 2017, sort une version colorisée selon les vœux de la société Moulinsart.

 

Quant à l’histoire elle-même, elle ne présente pas beaucoup d’intérêt et je n’ai jamais réussi à accrocher avec ce premier album des aventures de Tintin, comme avec ceux qui ont suivi, je le reconnais. Il faut attendre le septième album, L’île noire, pour que je commence à trouver la série sympathique. Puis, avec le suivant, Le sceptre d’Ottokar, je plonge dans un univers que je trouve très riche est passionnant, ce qui ne signifie nullement que j’en tombe amoureux… Hergé, comme nous le voyons à chaque lecture d’album – et l’été c’est fait pour lire – est aussi un homme dont certaines idées peuvent déranger profondément. Parfois, il est de son temps mais aussi de son milieu social… Je dirais aussi qu’il est souvent un homme un peu faible et sans conviction très profonde… C’est du moins mon sentiment de lecteur…

 


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