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L'été c'est fait pour lire Rabelais et Céline

14 sept 2019 - Bonnet Michel

L’été c’est fait pour lire et c’est bien normal de vouloir en profiter jusqu’aux dernières lueurs de soleil… D’ailleurs, même quand le soleil est voilé, on a le droit de lire à la chandelle… Et même quand l’automne pointera son nez derrière les nuages, la lecture sera encore d’actualité même si cette rubrique radio et Internet cessera, se mettra en sommeil bien au chaud jusqu’à l’été prochain…

 

 

 

Alors, puisqu’il est encore temps de partager autour des livres, même si je devine bien que l’entreprise est délicate et que l’on me reprochera beaucoup après cette chronique, j’ai envie de vous dire combien pour moi Rabelais et Céline sont des frères d’écriture et probablement même des cousins en humanité d’une certaine manière… Ne criez pas, je m’explique un peu !

 

C’est par la fin de leurs vies que je commencerai mon propos car c’est là le plus édifiant. Ils n’attendaient plus rien de quiconque, ils doutaient de tout et ils avaient le sentiment d’un certain échec de leurs vies.

 

Ils étaient tous les deux médecins, l’un avait soigné les plus grands de son époque, du pape aux cardinaux, du roi aux divers princes… L’autre avait arrêté de soigner quand l’humanité l’avait cruellement déçu lors de la Première Guerre mondiale, guerre à laquelle on l’avait fait participer sans trop lui demander son avis…

 

Tous deux avaient plongé dans l’écriture avec outrance, excès, vulgarité, pour réclamer plus de paix, de justice, de tolérance, d’humanité…

 

Et là, en fin de vie, ils avaient repris le chemin des patients et de la médecine. L’un soignait les pauvres bougres du côté de Saint-Maur-des-Fossés, l’autre autour de Meudon-la-forêt. Aucun ne se faisait payer, ils estimaient inconsciemment que cela compenserait, peut-être, leurs erreurs, leurs fautes, leurs crimes… et même pourrait racheter leurs âmes ! Mais, tous les deux doutaient de l’existence de ces dernières… alors pourquoi les racheter si ce n’est en affirmant une sorte d’humanisme qui avait survécu à leurs vies chaotiques… Allez savoir !

 

Les deux hommes ont écrit avec leurs tripes, certains diraient qu’ils éructaient plus qu’ils n’écrivaient, qu’ils hurlaient plus qu’ils ne disaient… et c’est probablement bien la vérité, une vérité qui les a fait bannir de certains manuels et cours de littérature…

 

Ils n’hésitaient jamais à inventer des mots, des adjectifs, des superlatifs, pour rendre encore plus réels leurs cris du cœur. Cette écriture était bien au-delà de leurs vérités, de leurs existences… D’ailleurs, Rabelais n’était pas plus alcoolique et pornographe que Céline criminel ou même antisémite. Oui, je vous entends hurler contre moi mais je suis peut-être dans la vérité si on regarde les faits avec attention, les mots avec sérieux…

 

Le Juif chez Céline, le roi ou le chef de guerre, les clercs et religieux, chez Rabelais, sont des êtres particuliers qui sont responsables des malheurs de l’humanité, de tous les malheurs. C’est excessif, irrationnel, injuste… mais cela permet de pointer du doigt ce qui est mauvais dans la société pas de faire un procès aux individus. C’est l’organisation qui est mauvaise pas une caste ou une autre… Les deux auteurs sont chacun à leur façon de grands révolutionnaires, ils veulent changer la société…

 

Pourtant, les résultats de cette révolution peuvent être délirants et scandaleux. Un roi guillotiné, un Juif brûlé, un catholique massacré par un protestant, un protestant jeté à la Seine par un catholique… tous ces crimes ne sont pas ce que voulaient les deux littérateurs, et, pourtant, les crimes eurent lieu !

 

Alors, que l’on ne se trompe pas, je ne pardonne rien à Céline mais je réfléchis d’une façon particulière en comparant toujours Rabelais et Céline en tant qu’auteurs. Rabelais était très bien entouré et protégé et cela lui a probablement évité les pires erreurs alors que Céline n’avait pas à ses côtés un Cardinal du Bellay ami de François 1er… C’est peut-être là la seule différence… Qui sait ?

 

 

Voilà, je ne veux pas aller plus loin, je voulais juste faire un rapprochement osé et rapide entre ces deux hommes alors que je finis la préparation de ma conférence sur Rabelais… Mais, comme l’été c’est fait pour lire, n’est-ce pas le moment de relire en parallèle les deux ouvrages de références de ces deux auteurs, Gargantua et Voyage au bout de la nuit ? Et on en reparlera plus tard !

 

Et comme l’été c’est fait pour lire, c’est le bon moment pour cette entreprise littéraire ! Bonne lecture à tous !

 
 
 


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