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jeudi 18 mars 2010

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Jean-Louis Faure Sculpteur d'Histoire[s], une rétrospective au musée Denon

18 juin 2009 - Musée Denon

Du 20 juin au 28 septembre 2009, au musée Dénon, à Chalon s/Saône.

À première vue, on pourrait trouver une filiation entre les œuvres de Jean-Louis Faure et l’univers de Marcel Duchamp. Ils auraient en commun cette esthétique de l’appropriation et du détournement des objets.
Mais, cette comparaison ne mène nulle part ! Les sculptures conçues par Jean-Louis Faure ne relèvent ni de l’histoire de l’art, ni du « contemporain ». Elles débordent de signes, de références
historiques et refusent les rapprochements directs à l’histoire de l’art.

 


Difficile à appréhender, elles s’offrent comme autant de rébus narratifs, d’objets à déchiffrer. Jean-Louis Faure construit des sculptures tellement « bavardes » qu’elles en deviennent inexplicables, impossibles à décrire dans le format d’un cartel ou d’une notice. Atypique, l’œuvre est peu connue, car il est difficile de la reproduire et de la diffuser. De fait, elle peine à trouver sa place au musée.

 


La relation à l’histoire de l’art n’est que multiplication, diffusion, commentaire de l’œuvre depuis Vivant Denon et Nicéphore Niépce. En organisant une rétrospective complète de l’œuvre de Jean-Louis Faure dans la ville de ces derniers, nous introduisons a contrario un instrument de mesure de cette relation à l’histoire de l’art.
Les sculptures de Jean-Louis Faure sont des images mentales qui prennent forme.


L’artiste y retranscrit les concepts et les préceptes de l’histoire de l’art et quelques principes philosophiques.
Témoin du siècle, Jean-Louis Faure construit une critique du monde moderne. Ses sculptures sont en lien avec ce monde. De la petite à la grande Histoire, des anecdotes piteuses, aux bourdes et crimes du siècle, chaque œuvre n’en finit pas de se souvenir. Tous les thèmes sont passés en revue sous le prisme de la farce tragique, de l’humour noir : première et deuxième guerre mondiale, communisme, colonialisme.


Ses œuvres débordent de signes et de références historiques. Leurs formes énigmatiques proches de calembours visuels, leurs titres mystérieux, les rendent difficilement saisissables. Les œuvres de Jean-Louis Faure ne se donnent finalement que par la lecture. Les récits qui accompagnent chaque pièce de l’artiste, constituent leur mode d’emploi, un sous-titrage.
Tous ses objets proclament le primat du littéraire, de l’idée sur la forme.
À l’inverse du sculpteur qui donne forme à la matière informe, et à la pratique noble de la sculpture, la taille, le modelage, son œuvre s’élabore comme un collage, un photomontage. De divers objets et matériaux qui se montent, se démontent, se remontent, se meuvent sur des roulements à billes Jean-Louis Faure façonne une œuvre, par le geste artisanal.

Une vraie tension s’instaure entre le récit et le détachement avec lequel Jean-Louis Faure revient à un geste d’artisan. Une réponse anarchiste certes, qui contient les raisons pour lesquelles la modernité l’a refusé : le surinvestissement du travail artisanal est une proposition proudhonienne dans un contexte artistique où prédominent l’installation, l’art conceptuel, l’objet industriel brut. « Un bloc taillé, muet et figé, peut-il résonner aux heurs et malheurs de l’histoire ?

La sculpture peut-elle, doit-elle saluer, injurier, honorer, s’irriter, moquer — autre chose qu’elle même ? Garder quelque lien avec le monde tel qu’il va et le témoignage écrit ? À ces questions, l’art contemporain le mieux achalandé répond par la négative. Jean-Louis Faure répond oui, avec le sourire. Un oui narquois et têtu, à la cantonade. Cet excentré est un subversif. En donnant couleurs et volumes aux hasards de la course, proches et lointains, avec une verve implacable, il piège l’époque et dans les trois dimensions de l’espace, réintroduit la quatrième, l’oubliée, le temps. Et voilà l’expression réconciliée avec l’empreinte,la plastique avec la chronique. »

Régis Debray [cf. références ci-après]


L’exposition « Jean-Louis Faure, Sculpteur d’Histoire[s], une rétrospective » est accompagnée de la publication de l’ouvrage « Sculptures » aux éditions De Fallois avec des textes signés par Régis Debray , Michel Enrici, Charles-Henri Favrod ou encore François Cheval.

Elle sera également l’occasion d’annoncer officiellement une donation de l’artiste à la ville de Chalon-sur-Saône pour ses musées.

 
 

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