Politique locale
Monsieur le Maire,
Chers Collègues,
A l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire du mois de décembre dernier, j’avais reconnu et souligné dans les priorités qui étaient portées à notre réflexion je cite « la présence incontestable d’une vraie détermination à vouloir construire, reconstruire pourriez-vous préférer, en tout cas, la volonté que l’on ressent bien, au-delà d’un seul projet de transition, d’aller vers une ambition forte au service d’une action forte».
Le Budget général qui nous est soumis ce soir va logiquement dans le même sens. Et cela au moins, nous pouvons tous le reconnaître.
Certains de nos collègues avaient mis en avant l’impérieuse nécessité d’une « sur action ».
A cette « sur action », j’avoue préférer- et pardonnez moi cette imperfection- une « sur prudence ». L’âge, sans doute. Le recul de l’expérience peut être, le manque d’ambition diront d’autres.
A tout le moins, la certitude qu’il n’est jamais inutile d’être mesuré.
Jean COCTEAU disait: « Ce qui caractérise notre époque, c'est la crainte d'avoir l'air bête en décernant une louange et la certitude d'avoir l'air intelligent en décernant un blâme. »
D’emblée, faut-il prendre le risque d’avoir l’air bête en saluant votre document budgétaire par des louanges?
Je crois qu’assurément nous pouvons lui reconnaître une construction solide et une ossature faite d’engagements dont certains recueillent toute ma satisfaction.
Et ce, pour deux raisons principales :
La première parce qu’il participe et je vous cite de votre « souci de prendre part aux défis du développement durable, donnée transversale des actions de la Municipalité ».
Les mesures que vous listez, certaines symboliques d’autres plus profondes, sont assurément placées sous le signe rassurant de la prise en compte de cet enjeu majeur qui doit dicter nos conduites personnelles et, à tout le moins, contraindre les prises de décision de nos collectivités.
Ce sont-elles qui doivent donner l’exemple pour inciter ou susciter de nouveaux comportements individuels et collectifs.
Voilà une raison de me réjouir. Non seulement parce qu’elle poursuit l’effort majeur entrepris
par l’ancienne équipe et votre serviteur mais aussi parce qu’elle renforce cette dimension si essentielle à mes yeux et à tous ceux qui regardent loin devant.
La deuxième vient du fait que les questions et les réserves que j’avais mises en avant à l’occasion du Débat d’Orientations Budgétaires ont trouvé pour l’essentiel des réponses attendues ou de vrais motifs d’être levées.
J’y suis sensible et là encore je ne peux que me réjouir de cette écoute et de la prise en compte des remarques formulées.
A présent, aurons nous l’air intelligent ou seulement l’envie d’y croire en blâmant ce budget, c’est-à-dire cet ensemble d’engagements, parce qu’il est fondé sur un programme électoral fatalement partisan ? Je ne le crois pas.
Parce qu’après tout il me semble logique et plutôt responsable de la part d’une majorité de faire coïncider des promesses de campagne et des priorités de gouvernance. Cela évite des surprises - bonnes ou mauvaises - et cela rassure au moins sur la valeur accordée à la parole politique.
La tentation est grande et facile de vous reprocher votre volonté clairement affirmée de marquer cette première année budgétaire de votre mandat d’une empreinte forte en la qualifiant d‘ « année zéro ».
Serait-ce parce qu’elle s’inscrit dans un contexte économique et financier national et local qui n’autorise aucune marge de manœuvre? De cela nous pourrions tous en convenir.
Serait-ce parce qu’elle veut remettre à zéro les compteurs de ce qui a été fait par le passé?
Si tel était le cas, j’en serais très sincèrement attristé parce qu’il n’est, permettez-moi de le croire, pas de gestion plus réussie que celle qui sait reconnaître dans celle qui l’a précédée les vertus et les bienfaits qui s‘imposent.
Lorsque vous mettez par exemple en lumière ou en ombre, je vous cite : « un patrimoine délaissé et dégradé pour lequel les travaux d’entretien et de mises aux normes n’ont été que partiellement réalisés antérieurement », je me permets de vous rappeler les efforts, sans doute imparfaits mais quand même teintés d’une ambition partagée, qui ont été faits en direction des bâtiments publics et monuments innombrables de notre ville.
Lorsqu’il est aussi reproché aux équipes précédentes des « sous investissements chroniques et une politique fiscale irresponsable parce que ne préparant pas les défis de demain » je ne peux trouver l’attaque qu’un peu rude.
Serait-ce enfin parce que ce budget n’appellerait que zéro commentaire ou zéro réserve?
Certainement pas. Il est d’une ambition mesurée voire bridée et nous aurions pu, peut être, imaginer un budget plus clinquant ou plus ostentatoire.
Il n’en est rien. Le plus grand projet qu’il contient et qui doit sans doute nous rassembler tous pour cette « année zéro », n’est-il pas celui qui vous permettra, nous permettra collectivement de doter la ville de finances saines et maîtrisées? Assurément si.
Il n’entraîne pas d’effet d’annonce mais relève sans doute de la sagesse contrainte qui doit s’imposer à ce budget. Et en cela nous pouvons adhérer à cette vision responsable.
Pour conclure, Monsieur le Maire, à la lumière de l’ensemble des éléments que je viens de mentionner, je m’abstiendrai sur ce vote du Budget Primitif 2009.
Ce choix n’est dicté, ni par le bénéfice du doute, ni par la difficulté à choisir ou moins encore par le risque d’allégeance mais tout simplement par la place qui est la mienne d’élu de la minorité n’ayant pas participé à l’élaboration de ce budget, d’élu attentif et prudent, optimiste et confiant.
Je vous remercie.
DOSSIERS de vivre-a-chalon.com : Élections municipales et cantonales
Intervention de Gilles MANIERE au Conseil municipal (12/02/09)
par Gilles Manière
CONSEIL MUNICIPAL DU 12 FEVRIER 2009 - BUDGET PRIMITIF 2009
INTERVENTION DE GILLES MANIERE
CONSEILLER MUNICIPAL - VICE PRESIDENT DU GRAND CHALON
CONSEILLER MUNICIPAL - VICE PRESIDENT DU GRAND CHALON
Monsieur le Maire,
Chers Collègues,
A l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire du mois de décembre dernier, j’avais reconnu et souligné dans les priorités qui étaient portées à notre réflexion je cite « la présence incontestable d’une vraie détermination à vouloir construire, reconstruire pourriez-vous préférer, en tout cas, la volonté que l’on ressent bien, au-delà d’un seul projet de transition, d’aller vers une ambition forte au service d’une action forte».
Le Budget général qui nous est soumis ce soir va logiquement dans le même sens. Et cela au moins, nous pouvons tous le reconnaître.
Certains de nos collègues avaient mis en avant l’impérieuse nécessité d’une « sur action ».
A cette « sur action », j’avoue préférer- et pardonnez moi cette imperfection- une « sur prudence ». L’âge, sans doute. Le recul de l’expérience peut être, le manque d’ambition diront d’autres.
A tout le moins, la certitude qu’il n’est jamais inutile d’être mesuré.
Jean COCTEAU disait: « Ce qui caractérise notre époque, c'est la crainte d'avoir l'air bête en décernant une louange et la certitude d'avoir l'air intelligent en décernant un blâme. »
D’emblée, faut-il prendre le risque d’avoir l’air bête en saluant votre document budgétaire par des louanges?
Je crois qu’assurément nous pouvons lui reconnaître une construction solide et une ossature faite d’engagements dont certains recueillent toute ma satisfaction.
Et ce, pour deux raisons principales :
La première parce qu’il participe et je vous cite de votre « souci de prendre part aux défis du développement durable, donnée transversale des actions de la Municipalité ».
Les mesures que vous listez, certaines symboliques d’autres plus profondes, sont assurément placées sous le signe rassurant de la prise en compte de cet enjeu majeur qui doit dicter nos conduites personnelles et, à tout le moins, contraindre les prises de décision de nos collectivités.
Ce sont-elles qui doivent donner l’exemple pour inciter ou susciter de nouveaux comportements individuels et collectifs.
Voilà une raison de me réjouir. Non seulement parce qu’elle poursuit l’effort majeur entrepris
par l’ancienne équipe et votre serviteur mais aussi parce qu’elle renforce cette dimension si essentielle à mes yeux et à tous ceux qui regardent loin devant.
La deuxième vient du fait que les questions et les réserves que j’avais mises en avant à l’occasion du Débat d’Orientations Budgétaires ont trouvé pour l’essentiel des réponses attendues ou de vrais motifs d’être levées.
J’y suis sensible et là encore je ne peux que me réjouir de cette écoute et de la prise en compte des remarques formulées.
A présent, aurons nous l’air intelligent ou seulement l’envie d’y croire en blâmant ce budget, c’est-à-dire cet ensemble d’engagements, parce qu’il est fondé sur un programme électoral fatalement partisan ? Je ne le crois pas.
Parce qu’après tout il me semble logique et plutôt responsable de la part d’une majorité de faire coïncider des promesses de campagne et des priorités de gouvernance. Cela évite des surprises - bonnes ou mauvaises - et cela rassure au moins sur la valeur accordée à la parole politique.
La tentation est grande et facile de vous reprocher votre volonté clairement affirmée de marquer cette première année budgétaire de votre mandat d’une empreinte forte en la qualifiant d‘ « année zéro ».
Serait-ce parce qu’elle s’inscrit dans un contexte économique et financier national et local qui n’autorise aucune marge de manœuvre? De cela nous pourrions tous en convenir.
Serait-ce parce qu’elle veut remettre à zéro les compteurs de ce qui a été fait par le passé?
Si tel était le cas, j’en serais très sincèrement attristé parce qu’il n’est, permettez-moi de le croire, pas de gestion plus réussie que celle qui sait reconnaître dans celle qui l’a précédée les vertus et les bienfaits qui s‘imposent.
Lorsque vous mettez par exemple en lumière ou en ombre, je vous cite : « un patrimoine délaissé et dégradé pour lequel les travaux d’entretien et de mises aux normes n’ont été que partiellement réalisés antérieurement », je me permets de vous rappeler les efforts, sans doute imparfaits mais quand même teintés d’une ambition partagée, qui ont été faits en direction des bâtiments publics et monuments innombrables de notre ville.
Lorsqu’il est aussi reproché aux équipes précédentes des « sous investissements chroniques et une politique fiscale irresponsable parce que ne préparant pas les défis de demain » je ne peux trouver l’attaque qu’un peu rude.
Serait-ce enfin parce que ce budget n’appellerait que zéro commentaire ou zéro réserve?
Certainement pas. Il est d’une ambition mesurée voire bridée et nous aurions pu, peut être, imaginer un budget plus clinquant ou plus ostentatoire.
Il n’en est rien. Le plus grand projet qu’il contient et qui doit sans doute nous rassembler tous pour cette « année zéro », n’est-il pas celui qui vous permettra, nous permettra collectivement de doter la ville de finances saines et maîtrisées? Assurément si.
Il n’entraîne pas d’effet d’annonce mais relève sans doute de la sagesse contrainte qui doit s’imposer à ce budget. Et en cela nous pouvons adhérer à cette vision responsable.
Pour conclure, Monsieur le Maire, à la lumière de l’ensemble des éléments que je viens de mentionner, je m’abstiendrai sur ce vote du Budget Primitif 2009.
Ce choix n’est dicté, ni par le bénéfice du doute, ni par la difficulté à choisir ou moins encore par le risque d’allégeance mais tout simplement par la place qui est la mienne d’élu de la minorité n’ayant pas participé à l’élaboration de ce budget, d’élu attentif et prudent, optimiste et confiant.
Je vous remercie.





