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Humeurs : journee de la femme : un corps n'est pas à vendre !

8 mars 2009 - DERIOT Daniel

Depuis quelques temps déjà, des autocollants avec des numéros de téléphones et des prénoms aguichants sont apposés réguliérement aux feux tricolores de notre ville.


Il s'agit d'une version " moderne" d'une nouvelle forme de prostitution (1), aux côtés d'internet et du racolage sur la voie publique (interdit et sanctionné par ailleurs).
Version contemporaine donc de la prostitution, auxquelles ont recours bien des femmes, pas uniquement pour boucler les fins de mois difficiles, par uniquement pour exercer ce "métier" que certains osent appeler "le plus vieux métier du monde".


UN METIER ?
Il n'est pas inutile de rappeler qu' un métier en général se choisi en toute liberté. Il existe un cheminement transmis par les moins jeunes pour s'initier, découvrir et gravir des échelons. Pas sûr que les femmes qui exercent au bord de nos routes aient librement choisi cette activité , pas sûr qu'elles puissent accéder à une profession par la suite, pas sûr qu'elles bénéficient de formation en cours d'emploi. En général, elles viennent de pays pauvres (pays de l'Est-Afrique-Amérique du Sud), souvent elles exercent sous la contrainte de réseaux et la loi sécurité intérieure(votée en 2003), par exemple, excluant les prostituées des centres villes (comme à Lyon) n'a fait qu'accroître l'insécurité de ces femmes en repoussant la prostitution en périphérie des villes ou encore aux bords des routes !
En cette journée de la femme, rappelons tout simplement qu'un corps n'est pas une marchandise, qu'il ne se vend pas, qu'il n'existe pas de contrat entre le client et la prostituée. Quelques voix s'élèvent pour reconnaître un véritable statut de "travailleur (se) du sexe", je ne ne suis pas sûr que cela permettra de donner plus de dignité et de respect à celles et ceux qui souffrent de leur condition ! Un colloque sur ce thème aura lieu le 2O mars prochain à Paris.


ABOLITIONNISTE OU REGLEMENTARISTE ?

Alors que certaines voix s'élèvent donc pour réglementer une profession, d'autres se situent dans une mouvance de l'abolition de la prostitution. Des associations existent et représentent les deux points de vue ,bien peu convergents si ce n'est pour dénoncer les répressions, demander la possibilité de reconversion et pour certaines souhaiter un statut de Victime en premier lieu.

Voilà plus de dix années déjà en 1997, le ministre du Travail et des Affaires Sociales écrivait aux Préfets de Région et de Département : " Il importe que la France réaffirme ses principes et sa politique face à des tentatives d'imposer en Europe le retour à un régime réglementariste, lequel consiste à reconnaître la prostitution comme une activité parmi d'autres, quitte à l'encadrer par un statut spécifique. La France défend quant à elle une position dite "abolitionniste", ainsi dénommée car elle abolit toute règle susceptible de légaliser la prostitution de manière à permettre, par une politique adaptée, d'envisager sa disparition. (…) En effet, la position française sera particulièrement crédible et notre législation sera bien comprise, sur le plan interne, si son volet social n'est pas négligé. "


SANS OUBLIER LE CLIENT !
Un constat malgré tout, c'est celui rédigé par la Fondation Scelles est à la fois un observatoire donc structure d'alerte et une association agissante aux côtés de celles et ceux qui luttent contre la prostitution " elle est en augmentation constante" ('résumé) ! Nos autocollants précités en début de texte s'inscrivent bien dans un contexte plus global. Mais il faut savoir dire non et contribuer a redonner de la dignité aux femmes pour sortir de la prostitution. Elles doivent pouvoir être accueillie dignement, accompagnées socialement et bénéficier d'une formation professionnelle.
Le phénomène prostitutionnel concerne également des étudiantes et plus marginalement aussi des hommes. Rarement, il est question de choix, mais plutôt de cheminement conduisant à une forme d'exclusion mais générant aussi toute une économie dont les femmes et hommes prostitués ne sont pas les premiers bénéficiaires, ne l'oublions pas. Enfin, si la prostitution n'existait plus, les viols ne seraient pas en progression, c'est aussi un autre cliché qu'il convient de faire tomber. Le client comme la collectivité ne doivent pas étre les oubliés de ce débat. Le client maillon parfois fort mais bien souvent faible, bien démuni et lui aussi souffrant souvent de solitude. La collectivité comme territoire de "travail"et de rencontres entre les unes et les autres.

Des associations comme " le Cri" depuis une quarantaine d'années à Dijon ménent des actions d'interpellations et de sensibilisations en direction de différents partenaires. Pouvoirs publics, élus et lycéens sont à différents niveaux associés. Les premiers peuvent respecter la loi, les seconds financent des structures d'écoute, d'accueil et d'accompagnement et des campagnes de sensibilisation pour les étudiants, lycéens et travailleurs sociaux.
La prostitution a sans aucun doute changé de visage au fil des époques, mais elle demeure un facteur d'exclusion pour un grand nombre de femmes qui n'osent parler, exposées à bien risques et oubliées !

Daniel DERIOT

( 1) A lire aussi un aspect de la prostitution dans notre ville dans la dernière livraison "Les chroniques chalonnaises" (Numéro 51) avec un article "les filles de joies sous la révolution". Un article de Henri Huet. "Les chroniques chalonnaises" publication de la société d'histoire et d'archéologie de Chalon.

 


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