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Européennes : Marie Christine Vergiat.... une chalonnaise au parlement européen

22 mai 2019 - par Daniel DERIOT

Pleinement impliquée dans le mouvement associatif, en Seine Saint Denis, Marie Christine Vergiat, achève un second mandat au parlement européen. Cette élue de gauche, a passé sa jeunesse dans notre ville avant de poursuivre ses études universitaires à la faculté de droit à Dijon. Elle a été directrice de cabinet du maire (PS), Michel Rasera à Chevigny Saint Sauveur, a travaillé également dans au sein du cabinet ministériel de Martine Aubry, en qualité de conseillère technique.

Elle a accepté de répondre à nos questions.



 Quels bilans de vos activités au sein du parlement durant 10 ans ? 
Il n'est pas facile de faire un bilan en tant que parlementaire à titre individuel tant le travail au Parlement européen est d'abord un travail collectif.
Peut être que le plus important est le travail avec des parlementaires d'autres nationalités tant à l'intérieur des groupes politiques que tout au long de la construction du travail parlementaire.
La nécessité de constituer en permanence des majorités car en pratique aucun groupe politique n'a de majorité.

C'est à la fois difficile (notamment au début) mais aussi passionnant. Cela montre comment on peut construire du commun au sein de l'Union européenne en tenant compte de la diversité et de l'Histoire politique des différents États, des différents peuples de l'Union. Peut-être devrions-nous plus souvent rappeler que la devise de l'Union est " Uni.e.s dans la diversité".

Sur le fond, j'ai aussi pu constater la montée des idéologies nationalistes, xénophobes qui font le lit de l'extrême droite et ne concerne malheureusement pas que les partis ainsi étiquetés.

L'évolution de la situation en Hongrie en est un symbole. Depuis 2010, et l'arrivée au pouvoir de Viktor Orban et du FIDESZ,  l'Etat de droit régresse dans ce pays. Dès 2011, le Parlement européen avait alerté sur la question de la liberté de la presse,  puis sur l'indépendance de la justice et n'a pas cessé depuis. Mais aucune sanction réelle n'a été prise face aux violations constantes des droits de l'Homme dans ce pays. Mr Orban étant protégé par le PPE ( Parti populaire européen) dont il était vice-président jusqu'à une période très récente. Si des sanctions immédiates avaient été prises, peut-être n'en serions-nous pas là dans nombre d'autres pays européens.

Même chose sur la question migratoire même si le Parlement européen a plutôt été un lieu de résistance demandant des voies légales et sûres pour les migrants et les réfugiés, tentant de mettre en place des visas humanitaires et de modifier le Règlement de Dublin. A chaque fois, nous nous sommes heurtés à un mur des États membres ne voulant aborder que la question du contrôles des frontières au mépris croissant du droit d'asile et de la convention de Genève.

  Quelles avancées avez vous fait progresser plus particulièrement ...
Le dossier sur lesquels j'ai le plus travailler sont ceux qui concernent les droits fondamentaux et les libertés publiques tant dans l'Union européenne que dans les pays tiers. J'ai notamment travaillé sur les évolutions en Hongrie, la Révolution en Tunisie, la situation au Soudan, la question kurde et le soutien au mouvement du Rif. J'ai par exemple amener la candidature de Nasser Zefzafi en finale du Prix Sakharov du Parlement européen à la fin de l'année dernière ainsi qu'une résolution sur la situation de Selahattin Demirtas, le leader du HDP, emprisonné depuis de longs mois en Turquie comme tant d'autres démocrates dans ce pays.

J'ai aussi beaucoup travaillé sur la question migratoire refusant ce fantasme de la crise des migrants qui alimente peurs et fantasmes.

Dans nos pays et tout particulièrement en France, il y a un crise des réfugiés et même plutôt une crise de l'accueil des réfugié-e-s. Comment ne pas voir que cette question a été alimentée par ceux qui nous ont gouvernés, au dela de leur appartenance politique, tout au long de cette période, reprenant une partie des discours de l'extrême droite au mépris des réalités.

La France a accordé 10 fois moins de protection internationale que l'Allemagne. C'est le pays qui "dubline" le plus, expulse le plus et un de ceux qui reçoivent le moins de réfugiés proportionnellement à sa population. Et je ne parle même dont droit européen et droit international sont bafoués à la frontière franco-italienne puisque notre pays y a rétabli les frontières, alors que nous sommes dans l'espace Schengen, au nom de la lutte contre le terrorisme, et y fait du contrôle au faciès.... faisant un lien ignoble entre le terrorisme et les exilés subsahariens qui fuient guerre, persécutions, catastrophes environnementales et misère, les différentes causes étant étroitement mêlées et l'immense majorité de ces hommes, ces femmes et ces enfants (85 %) restant dans les pays limitrophes. Les Etats de l'Union n'accueillant que 6 % des réfugié-e-s dans le monde. Loin, très loin de toute la misère du monde.

  Quel avenir et quelles perspectives pour la gauche plus que morcelée...
Nous vivons sans doute une période de recomposition politique historique pas seulement en France et en Europe mais partout dans le monde.
La Gauche ou plutôt les Gauches n'ont pas su tirer les leçons de la chute du mur de Berlin.
Loin de s'engouffrer dans l'espace qui s'ouvrait devant elle et de favoriser l'émergence d'une réelle  "3ème voie", la social-démocratie a rallié le néo-libéralisme.

Et il est vrai que nous allons d'échec en échec, sachant mieux nous opposer sur nos différences que nous allier sur nos points communs. C'est ce que j'appelle la guerre du lombric sachant que si l'on ne cesse de le couper en deux, le lombric finit par mourir.

Je suis une femme de Gauche. Pour moi, ce n'est pas juste un mot tiroir. Ce sont d'abord des valeurs, celles notamment de Jean Jaurès, des valeurs d'humanité, de paix, d'égalité, de liberté et d'universalisme.

 J'ai toujours milité en faveur de son rassemblement. C'est pour cela que j'ai rejoint le Front de Gauche fin 2008, que j'ai milité pour une candidature unique en 2017 et sur une liste d'union pour ces européennes. Pour le moment, le repli sur soi est le grand gagnant mais je ne renoncerai pas pour autant.

Avec quelques ami-e-s, nous venons de lancer un appel intitulé : "Gauche : un sursaut nécessaire" et nous allons reprendre notre bâton de pèlerin pour tracer des perspectives....

 

A Suivre : Le brionnais « protecteur de la Nature », Jean Pierre Raffin.

 


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