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samedi 17 mai 2008

Bonne Fête Pascal

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entre nous

Entre-nous : MUSIQUES

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Communiqué : Réponse à la mise au point du Maire concernant l'Arrosoir

  

Monsieur le Maire

Vous avez raison, vous n'avez pas « roulé » l'Arrosoir « dans la farine ». Aussi je retirerais volontiers cette expression si elle vous avait personnellement concerné, ce qui, vous avez dû le remarquer, n'est pas le cas. Pour plus de précision, il reste vrai qu'au lieu de cette formule lâchée au fil d'une interview au JSL, j'aurais dû m'en tenir à celle que nous avions employée dans notre communiqué, à savoir que « la ville et l'agglomération se sont renvoyé la balle » car elle correspond bien, elle, à la plus stricte réalité.

Souvenez-vous, monsieur le Maire : le 24 novembre 2006, dans votre bureau, vous nous faites part, à Claude Spitéri et à moi, de l'impossibilité pour la ville d'augmenter sa subvention à l'Arrosoir, inchangée depuis le passage à l'euro. Vous nous dites dans le même temps qu'au vu du rayonnement de notre scène, il serait légitime que le Grand Chalon accroisse de façon significative sa participation.

Quelques jours plus tard, vous me confirmez par courrier avoir formulé, en tant que vice-président de l'agglomération, des recommandations dans ce sens à son président, Dominique Juillot. Le 27 février 2007, je rencontre ce dernier dans les locaux du Grand Chalon. Il me dit alors qu'il est dans l'impossibilité d'accéder à notre demande (et du coup à la vôtre) car une augmentation de la subvention du Grand Chalon ne serait pas comprise par les maires de l'agglomération. Fin de la partie. D'ailleurs, le même responsable des services du Grand Chalon a assisté à ces deux entretiens... Alors rouler dans la farine ou se renvoyer la balle, le débat sémantique est en l'occurrence moins lourd de conséquence que cette pratique étrange entre les deux collectivités.

Et puisque nous en sommes au Grand Chalon et aux faits avérés, celui que vous citez dans votre Droit de Réponse est parfaitement exact : le Grand Chalon nous a bien attribué en 2007 une subvention exceptionnelle de 5000 euros pour l'achat de matériel de son.

Mais des faits et des sommes avérées, je vais en donner quelques autres, afin que la vue soit plus complète. Jusqu'en 2004 inclus, l'agglomération n'a pas versé un centime à l'Arrosoir. Elle lui a attribué 4300 euros en 2005, c'est-à-dire pas même le plafond qu'elle avait fixé dans son règlement d'intervention (5000 euros), et cela au terme d'une procédure digne d'une bureaucratie soviétique. En 2006, cette somme est tombée à 2201 euros. Pour 2007, nous avons perçu à ce jour un acompte de 1500 euros.

Rayonnement insuffisant, sans doute. Notre public ne doit probablement venir que de Chalon intra-muros, de même que la quarantaine de soirées que nous avons organisées depuis 2001 pour ouvrir notre lieu aux élèves du département jazz du CNR doit constituer un effort trop léger...Je m'arrêterai là pour le Grand Chalon car il s'agit réellement d'un sujet qui fâche. Et plutôt que de répondre au vice-président, je trouve plus utile de tenter une dernière fois de convaincre le Maire.

Je regrette que votre réponse débute par une tentative de faire peser sur « les dirigeants de cette association » le soupçon de visées politiques. Vous êtes un homme respectable et que je respecte, mais les trois premières phrases de votre communiqué, elles, ne sont pas respectables. Tant que vous y êtes, vous pourriez associer au complot notre banque, qui a perfidement choisi de rejeter les deux salaires de l'Arrosoir « à quelques semaines des élections municipales ». Que le Département et la Région soient passés de zéro à 9000 et 11000 euros dans la même période où la contribution de la Ville restait à 20300 euros, ça n'est pas un thème de campagne municipale, c'est la réalité. Et toutes les insinuations ne changent rien au fait que la réalité a la vie dure. Parlons donc sérieusement !

Depuis 37 ans, le Jazz-Club, devenu l'Arrosoir, est situé à Chalon, et la ville est son premier partenaire. Partenaire financier, mais pas seulement. Depuis toutes ces années, notamment depuis l'embauche en 1998 de Claude Spitéri, les rapports que nous entretenons aussi bien avec la Vie associative qu'avec les services techniques n'auraient pas pu être meilleurs ; leur attention et leur disponibilité ont constamment et grandement facilité notre travail.
Vous insistez, monsieur le Maire sur la « manne financière supplémentaire et significative » qu'auraient constitué pour l'Arrosoir ces « prestations techniques et humaines des services de la ville ». La manne financière ! Encore une fois, voilà une expression qui n'est ni respectable, ni respectueuse. Elle est tendancieuse en ce sens qu'elle incite à percevoir notre association comme une profiteuse. Mais elle est surtout fausse et c'est une évidence : par définition, des prestations sont des prestations et en aucun cas de la trésorerie sur notre compte.

Sur la mise à disposition de notre salle et les travaux qui y ont été effectués, soyons clairs. Depuis 37 ans la Ville prête une salle à une association qui contribue pleinement à son offre culturelle et à sa réputation sur les musiques de jazz. Cela ressemble beaucoup à un arrangement gagnant-gagnant, selon cette vilaine expression à la mode. Quant au fait d'entretenir et de mettre aux normes un équipement ouvert au public et qui lui appartient, je ne vois là rien d'autre que le fait de remplir ses obligations.

Parlons maintenant vraiment d'argent.
Vous dites bien sûr quelques choses exactes. A l'automne 2004, après une Table Ronde destinée à alerter tous nos partenaires sur la précarité de notre fonctionnement, la Ville nous a accordé une subvention exceptionnelle de 4000 euros qui nous a bien soulagé. De même, voici quelques mois, elle nous a attribué une subvention exceptionnelle de 2700 euros pour le renouvellement de notre console son. C'était la première subvention que nous percevions au titre de l'investissement.

Tout cela, dites-vous, « méritait d'être rappelé car il s'agit de l'argent du contribuable ». Et bien arrêtons nous un peu sur « l'argent du contribuable » Vous parlez ici, en l'occurrence, du contribuable qui paie ses impôts locaux. Mais le contribuable paie aussi ses impôts à l'Etat. En 98, nous avons recruté Claude sur un Emploi Jeune. En 2003, nous avons recruté Stéphanie sur un Emploi Jeune. En février 2006, Stéphanie est partie et nous l'avons remplacée par Gilbert sur un CAE. Que des contrats aidés par l'Etat sur « l'argent du contribuable » ! Je n'ai pas souvenir que cette situation vous ait particulièrement révolté.

En novembre 2006, nous vous avons demandé pour la première fois de réfléchir à la pérennisation de notre second emploi par une contractualisation du poste entre la Ville et l'Arrosoir. Vous avez toujours repoussé cette solution. Est-ce par égard envers le contribuable local ? S'il y a une cohérence dans cette position sur le respect du contribuable, elle m'échappe. Quant au contrôle de l'argent public, nous avons toujours dit que rien ne nous semblait plus légitime que de rendre compte de la manière dont nous l'utilisons. Pour cela, aussi bien pour le financeur que pour le financé, une convention et un cahier des charges auraient été des outils utiles. Nous les avons souvent demandés, ils n'ont jamais été mis en place.

Par ailleurs, c'est vraisemblablement à la décision du CA de l'Arrosoir de tout faire pour pérenniser ce second poste avec son actuel titulaire que vous faites allusion lors du passage de votre texte évoquant « les conséquences de décisions auxquelles nous n'avons pas été parties prenantes ». Non, en effet, vous n'avez pas été partie prenante de cette décision. Elle a été prise par les membres bénévoles de l'Association. A l'unanimité, ils ont considéré que la pérennisation de cet emploi était nécessaire au bon fonctionnement de l'Arrosoir ; à l'unanimité ils ont estimé qu' un lieu si actif et si reconnu ne pouvait pas décemment continuer à fonctionner dans une économie aussi fragile ; à l'unanimité ils ont décidé de ne pas renvoyer au chômage une personne de 47 ans qui apporte beaucoup à notre association pour retourner puiser dans le grand vivier de la précarité, ce vivier des contrats aidés avec « l'argent des contribuables ». Non, en effet, vous n'avez pas été partie prenante de cette décision et, pour être franc, je n'y vois pas pour l'exécutif municipal un motif particulier de fierté.

 

Mais surtout, ce sur quoi vous passez beaucoup trop rapidement, monsieur le Maire, c'est la subvention de 20 300 euros qui nous est allouée, au titre du fonctionnement de notre association. Car le fond de la querelle, le débat le plus intéressant, c'est bien celui-ci. Depuis toujours, la ville de Chalon considère et finance l'Arrosoir comme une association parmi les huit cent associations chalonnaises, et non comme un lieu de spectacles et d'actions culturelles participant de son offre aux habitants.

Anecdote symptomatique et récente, il a fallu une intervention amicale de notre part pour que la page culture du site internet de la Ville consacre un espace à l'Arrosoir, ce qui fut d'ailleurs fait vite, et bien. Jusque là, il fallait nous chercher à la rubrique Associations (mais nos amis de Mosaïques aussi sont une association) Alors certes, en regard des 150 euros de l'Association Chalonnaise d'Outre-Mer et même des 450 euros de Trésors de Ferveur, les 20300 euros de l'Arrosoir sont une « manne financière ».

Mais à coté des 2 200 000 euros de l'Espace des Arts, ils sont une obole. Il faut comparer ce qui est comparable, me direz-vous, et vous aurez raison. Entre l'Arrosoir et l'Espace des Arts, on devrait donc pouvoir trouver une situation intermédiaire, plus décente que celle de l'Arrosoir, et moins indécente que celle de l'Espace des Arts. La preuve : une telle situation existe. C'est celle du Théâtre du Grain de Sel.

L'Arrosoir et le Grain de Sel sont bien comparables. Ce sont deux « petits lieux », avec des jauges limitées, agissant avec passion dans leur domaine particulier et se partageant entre diffusion et action culturelle. La qualité du travail de Jean-Jacques Parquier n'a par ailleurs rien à envier à la nôtre. Eh bien comparons ! Après une période de fermeture, la Ville rénove et réinvestit dans ce lieu municipal. Elle le confie à un nouveau responsable et dès sa première saison, elle le dote immédiatement pour fonctionner de... 50 000 euros. Soit 30 000 de plus qu'à l'Arrosoir. Et elle a raison. C'est avec l'Arrosoir qu'elle a tort.

Alors pourquoi cette différence de traitement ? Pourquoi ce sous-financement, cette absence de convention et de visibilité, pourquoi cette absence stupide de revendication par la Ville de notre lieu dans l'offre culturelle chalonnaise, pourquoi cette reconnaissance du bout du porte-monnaie, du bout du site internet, du bout des lèvres ? Parce que nous étions là bien avant le pouvoir en place et qu'il a fallu faire avec ? Parce que le jazz est superflu ? Parce que nous sommes une vraie association, indépendante, qui élabore ses positions et les défend avec franchise, sans révérence ni langue de bois ? Parce que nous avons ouvert toute grande notre porte aux intermittents du spectacle en révolte contre le sort qui leur est fait...? Pourquoi ?

Plutôt que de nous porter querelle sur la question fausse des « enjeux politiciens », il serait plus utile, monsieur le Maire, d'examiner de plus près avec nous cette étrangeté que constituent depuis longtemps les rapports entre la ville de Chalon et l'Arrosoir.

Pour nous, une chose est certaine : que le futur maire de Chalon se nomme Gilles Platret ou Christophe Sirugue, nous devrons ensemble changer la nature et les modalités de cette relation.

Au nom de cette belle association que j'ai l'honneur de présider, je vous adresse, monsieur le Maire, mes respectueuses salutations.

 

Michel Gillot, président de l'Arrosoir                

 

 
24 jan 2008 - Communiqué de L'Arrosoir






   



 
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