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Chalon : Retour au bercail pour "L'Adoration des bergers"

Déjà diffusé en septembre 2009 - vivre-a-chalon.com garde ses archives gratuites

L'adoration des bergers (c) Ass. Abigaïl MatthieuDe nombreuses manifestations se déroulent à Chalon ce week-end pour les journées du Patrimoine (voir le programme complet).

C'est à cette occasion que sera installé officiellement, vendredi 18 septembre2009, le tableau "L'adoration des bergers" qui retrouvera ainsi sa place dans le grand escalier du dôme du Centre hospitalier William Morey après une longue restauration.

Cette installation se fera en présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles : Christophe SIRUGUE, Député-maire de Chalon-sur-Saône et Président du Conseil d’Administration du Centre Hospitalier William Morey, Michel BRAVAIS, Directeur du Centre Hospitalier, François LOTTEAU, Président de l’Association Abigaïl Mathieu, les restaurateurs et André STRASBERG, Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône-et-Loire. [ lire sa présentation ]

Ce tableau, inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1984, a été restauré de 2003 à 2008 grâce au soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne et du Conseil Général de Saône-et-Loire. [ financement ]

Cette remise en état a été une véritable aventure au long cours et un exemple du difficile travail de restauration que nous vous proposons de découvrir en détail grâce aux explications fournis par les restaurateurs et les photos obligeamment mises à notre disposition par l'association Abigaïl Mathieu et le Centre hospitalier William Morey .


Pourquoi restaurer ce tableau ?

Avant de partir en restauration, cette œuvre était exposée dans le grand escalier de l’hôpital menant au dôme. Ce tableau était alors en très mauvais état de conservation et présentait de nombreuses altérations. Suite à un acte de vandalisme, un carré de toile avait notamment été découpé au cutter dans la partie inférieure mais avait heureusement pu être conservé.

Le support, c'est-à-dire la toile, présentait de nombreuses déformations. La couche picturale était elle aussi très altérée. On constatait de nombreuses retouches anciennes, des mastics1, représentatifs de trous anciens, ainsi que des fentes, craquelures et soulèvements. Enfin, le tableau était recouvert d’un vernis brunâtre et d’une importante couche de salissures.

En accord avec la direction du Centre hospitalier William Morey, propriétaire du tableau, l’association Abigaïl Mathieu a donc décidé de faire restaurer cette œuvre. Le suivi des différentes étapes de la restauration a été assuré par Monsieur André STRASBERG, Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône-et-Loire  [ lire es explications ].

Les travaux se font faits en trois étapes :

  • Restauration du support : traitement effectué sur le support toile et la couche picturale, par Monsieur Michel HUET – Atelier Artop à Héry (89) de novembre 2003 à février 2006.
  • Restauration de la couche picturale : traitement effectué sur la couche picturale du tableau, par Madame Françoise AUGER-FEIGE à Semur-en-Auxois (21) du printemps 2006 à fin 2008.
  • Restauration du cadre : par Monsieur Bertrand LOTTEAU et Madame Laëtitia DESHAIES – Atelier des Ors et Laques à Vaux-en-Pré (71) de début 2007 à fin 2008.

LA RESTAURATION PAS A PAS...


Première étape : le support

Réalisée par Michel Huet le travail de restauration du support comporte plusieurs étapes.
Avant de procéder à la restauration du support, il faut protéger la couche picturale par un cartonnage. Cette tâche consiste à coller sur la face un papier dont la texture et le grammage sont adaptés aux opérations qui vont suivre. Durant les opérations de nettoyage du revers et d’enlèvement du résultat des interventions anciennes, la peinture ainsi maintenue ne risque pas de se décoller, ni de subir des pertes. Le quadrillage visible sur la face permet de mieux gérer le nettoyage préliminaire au cartonnage de protection de la face.

 


Le tableau avant restauration : premiers préparatifs

 


 L’ancien châssis, sur lequel la toile est tendue, est démonté. Après le cartonnage, le tableau a été retourné face sur le fond afin de pouvoir travailler au dos. La partie découpée du tableau est alors repositionnée. Le dos est nettoyé et refixé à la Colletta, colle fabriquée par le rentoileur et qui est à base de colle protéinique. Sa grande pénétration permet de refixer la couche picturale à son support toile.
Les pièces anciennes sont retirées et remplacées par trois incrustations de toile de même texture que la toile originale. Celles-ci sont découpées aux formes exactes des manques puis collées.

 Le restaurateur procède alors au rentoilage : une deuxième toile de renfort est collée sur celle d’origine. Le rentoilage est fait à la Cire-Résine, mélange de cires d’abeilles et de gommes naturelles qui a l’avantage de n’être pas ou peu sensible à l’humidité. Cette cire est souvent utilisée comme adhésif de rentoilage quand l’environnement de l’œuvre ne peut être contrôlé (humidité relative et température).

Pour finir, l’ensemble est remonté sur un châssis neuf à clefs. Ce type de support annexe peut être agrandi par enfoncement des clefs grâce à un assemblage non collé. Les clefs sont de petites pièces triangulaires insérées dans les rainures des angles d’assemblage.

 Deuxième étape : la couche picturale

Cette restauration a été confiée à Françoise Auger-Feige qui décrit ici le travail qu'elle a effectué :

"Le très mauvais état de conservation de la couche picturale ainsi que les restaurations anciennes et successives entreprises pour assurer sa pérennité en rendait la lecture très difficile et l’appréciation esthétique problématique.

Le traitement du sujet, les rapports étroits entretenus entre cette composition et les productions du XVIIe siècle ainsi que la technique picturale (couche d’huile sur préparation rouge) permettent de dater cette œuvre de la seconde moitié du XVIIe siècle.

Outre des problèmes structurels importants (déchirures, lacunes de toile, perte d’adhésion et de cohésion de la couche picturale au support), l’œuvre était recouverte d’un vernis très roux et de différentes couches de repeints débordants masquant des lacunes et des usures importantes. Devant une telle confusion entre l’original et les ajouts effectués lors des différentes campagnes de restauration, la restauratrice a proposé un allègement du vernis et un enlèvement des repeints pour mettre au jour la couche picturale, suivis d’une intervention de retouches des lacunes. Le choix de la méthode de retouche (illusionniste ou discernable à faible distance) a été déterminé par la taille des lacunes et leur situation.

Le rentoilage et la pose de protections de surface ont favorisé l'apparition d'un chanci, sorte de voile plus ou moins opaque du à l'humidité, de la couche de vernis. Le vernis apparaît blanchâtre et opacifié. Il s’est oxydé et il a perdu sa transparence et sa solubilité. Ce chanci met en évidence tous les repeints (qui apparaissent sombres) et certaines lacunes dégagées de leurs mastics et repeints avant rentoilage. Les repeints recouvrent l’original et en modifient le dessin et le coloris. Le rectangle dans l’angle supérieur dextre correspond au test de régénération du vernis".

Avant de nettoyer la couche picturale, la restauratrice procède à des tests de solvants afin d’utiliser le produit le plus efficace mais surtout le plus adapté aux matériaux constitutifs de l’œuvre.

Pour alléger un vernis et dégager des repeints anciens, il est nécessaire d’utiliser des solvants organiques qui permettent de dissoudre les matériaux ajoutés sans altérer les matériaux originaux. En effet, leur nature chimique est comparable, car les peintres et les restaurateurs ont utilisé des huiles et des résines naturelles. La différence de vieillissement entre les couches ajoutées et les couches anciennes permet en général de réaliser ce type de traitement.

Pour l’Adoration des Bergers, la restauratrice a mis au point des gels de solvants, dont le contact plus intime avec la matière a permis d’enlever une partie des repeints issus de deux ou trois campagnes de restauration. Un dernier type de repeints demeurait insoluble dans les solvants qui ne présentaient pas de danger pour la matière d’origine. Par ailleurs, le dégagement des repeints a mis au jour des mastics de comblement des lacunes : insolubles et très durs, ils étaient impossibles à nettoyer mécaniquement par abrasion au bistouri.

 Le nettoyage a fait apparaître de nombreux repeints qui compliquent et allongent le travail de restauration. Cette couche, insoluble, est visible par exemple sur les carrés bleus au-dessus de la tête du berger et sous les mains des anges. Le bleu sous-jacent est un repeint. Il s’agit de distinguer quels repeints peuvent être conservés ou enlevés. Ils ne font pas partie de l’œuvre mais leur enlèvement est dangereux. Il s’agissait alors de décider si on les conservait visibles ou si on les masquait par une retouche.

La restauratrice s’est donc retrouvée devant une œuvre partiellement nettoyée, usée dont certaines parties originales préservées étaient de très grande qualité (ange de l’angle supérieur senestre, visages du vieillard à dextre) mais dont l’ensemble était taché de repeints et mastics insolubles (blancs ou rouges) le rendant complètement chaotique.

Elle a ensuite procédé au masticage et à la réintégration des lacunes. Toutes les lacunes récentes ou mises au jour ont été retouchées de manière illusionniste pour un examen à moyenne distance mais visible à faible distance. Les repeints les plus gênants pour la lecture de l’image ont été masqués par des retouches. Pour éviter les problèmes de restauration à long terme, les retouches ont été réalisées avec des matériaux très stables dans le temps qui resteront solubles dans des solvants non dangereux pour la matière picturale. La pose d’un mastic dans les lacunes de la couche picturale permet de rétablir le même niveau sur toute la surface du tableau.

 

     
Restauration des détails : avant... après !

La dernière étape consiste à poser un vernis de protection. Ce vernis doit être stable dans le temps. Il restera, comme les liants de retouche, réversible dans des solvants ne présentant pas de danger.

Suite au nettoyage du tableau et à la mise en évidence des différents repeints, la restauratrice a convié un représentant du Centre hospitalier, le président de l’association Abigaïl Mathieu ainsi que le Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône-et-Loire afin de montrer l’état réel de la peinture. Cette étape importante a permis de décider ce qui resterait lisible et ce qui serait masqué.

Par ailleurs, cette réunion montre bien l’intérêt du travail de restauration et la nécessaire concertation entre le propriétaire et les « techniciens » : le choix de restauration est fait en accord entre tous les partenaires.

« Le conservateur-restaurateur de peinture a une connaissance de la matière ancienne, de son comportement aux contraintes mécaniques, de sa résistance aux agents chimiques et biologiques. Sa formation initiale en histoire de l’art et en histoire des techniques artistiques lui permet d’émettre des avis sur l’originalité des œuvres. L’ensemble de ses connaissances et de son expérience lui permet en général de mener à bien un traitement et de prendre les décisions techniques qui s’imposent à chaque moment du traitement. Son travail s’exerce néanmoins en étroite collaboration avec les responsables juridiques des œuvres et les représentants des institutions de protection du Patrimoine. Les rapports de traitement rédigés à l’issue des restaurations décrivent le déroulement des interventions, les produits utilisés et assurent la transmission aux générations futures des informations nécessaires à la conservation des œuvres. Mais dans des cas aussi complexes que le nettoyage de « l’Adoration des Bergers » et devant une prise de décision qui dépassait le cadre purement technique, nous avons demandé à un représentant de la direction de l’Hôpital, aux Agents du Patrimoine, à un représentant de l’Association Abigaël Matthieu et à Monsieur Strasberg, conservateur des Antiquités et Objets d’Art de Saône et Loire de participer à des réunions dans notre atelier pour décider de la suite à donner au traitement afin de déterminer l’apparence esthétique de l’œuvre. Deux réunions ont eu lieu, une en cours de nettoyage et une seconde à la fin du nettoyage et avant intervention de réintégration des lacunes. Il était nécessaire de décider collégialement du niveau de nettoyage et donc de la quantité de vieux repeints qui seraient conservés. Nous avons pu expliquer les raisons de la difficulté de nettoyage et proposer une solution alternative avec conservation des repeints anciens et amélioration de leur apparence par une retouche discernable à faible distance. Cette discussion s’est poursuivie sur le choix du lieu d’accrochage et les moyens mis en œuvre pour se faire, en collaboration avec le restaurateur de cadre.
Même si le tableau n’a pas pu retrouver sa splendeur passée, il n’en demeure pas moins que cette restauration, par l’étroite collaboration avec les responsables juridiques et les agents de valorisation du Patrimoine, fut le lieu d’un échange fructueux, d’une très bonne prise en compte des impératifs techniques liés aux interventions de conservation et des limites imposées par la matière vieillissante. »

Troisième étape : le cadre

Les restaurateurs, Bertrand LOTTEAU et  Laëtitia DESHAIES, expliquent le travail effectué :

Le cadre est en chêne sculpté, doré et polychrome. Il présente de nombreuses lacunes de sculpture. Les bois sont très sains, à l’exception d’une partie piquée sur une trentaine de centimètres. Les apprêts4 colle de peau – carbonate de calcium sont fragiles et faibles en colle mais ils semblent plus solides sur l’ornementation sculptée. La teinte ocre jaune est un repeint, on retrouve une teinte noire d’ivoire5 en-dessous.

On remarque également que les baguettes (les pièces de bois formant le cadre) ont été recoupées dans la longueur, ce qui explique que les sculptures ne correspondent pas. Il s’agit d’un cadre de réemploi : une semelle en chêne a été rapportée sous la baguette pour réaliser une feuillure. Cet espace vide en creux permet de caller le châssis du tableau. Une partie des ors de l’ornementation peut être conservée, les ors anciens servant de référence pour la patine des ors neufs.

 


Différentes étapes de la restauration du cadre

L’intervention s'est déroulée en cinq étapes :
  • Dégagement des repeint
    Les repeints ocre jaune à la colle ont été dégagés par action mécanique du frottement. Le vernis gomme laque recouvrant les ors a été dégagé chimiquement au chlorure de méthylène. Cette action n’a pas eu d’incidence sur les ors à la détrempe.
  • Reprise de la sculpture
    La sculpture manquante a été reprise en chêne. La partie abimée a été remplacée. Un traitement préventif insecticide et fongicide des bois a été effectué sur la semelle du cadre. Les mortaises ont été rectifiées. Les baguettes étant voilées, un assemblage par renfort d’équerres métalliques forgées est prévu pour l’assemblage final.
  • Restauration des apprêts
    Les lacunes d’apprêt ainsi que les bois neufs ont été dégraissés et encollés avec un mélange colle de peau / acide acétique / gros sel/craie. Les bois neufs ont été couchés de sept couches de blanc (colle de peau / craie) et les lacunes rebouchées au gros blanc (colle de peau / craie en pâte).
  • Reprise des ors
    Les restaurations ont été couchées d’ocre jaune et de trois couches d’assiette (dernière couche avant la dorure). La dorure a été effectuée à la détrempe et brunie.

    Angle à l’ocre jaune Angle à l’assiette
    La dorure à l'eau ou à la détrempe est le procédé traditionnellement utilisé sur le bois. Ce procédé utilisé sur du bois sculpté nécessite une vingtaine d'opérations successives et permet d'obtenir une finesse et un niveau de détail exceptionnels après la  mise en valeur par brunissage.
    Le brunissage consiste à écraser l'or avec une pierre d'agate pour le rendre brillant. Elle permet de créer un contraste avec les parties restées mates. L'aspect après brunissage est semblable à celui de l'or massif.
    Un encollage de matage a été effectué sur les ors. Il se fait sur les surfaces non brunies et permet de changer l'aspect initial de l'or pour obtenir des contrastes décoratifs. La patine a été réalisée en accord avec les ors anciens.
  • Reprise de la polychromie
    Les apprêts anciens étaient trop faibles en colle pour recevoir une teinte à la colle passée chaude : cela risquait de décoller la couche ancienne en venant fort sur faible. Une teinte acrylique noire d’ivoire a alors été appliquée à raison de deux couches.

Produits employés :
Chlorure de Méthylène, Chêne , Colle polyvinylique, Acide acétique, Gros sel, Colle de peau de lapin, Carbonate de calcium, Argile, Terres naturelles, Or 955/00. Acrylique noire. Agents fongicides et insecticides : Propiconazole, Tebuconazole, Cypermetrine.

Le tableau après restauration

 

L'adoration des bergers

Adoration des Bergers - Anonyme - Fin XVIIe siècle
Inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 27 juillet 1984
Propriété du Centre hospitalier William Morey
© Centre hospitalier William Morey - Association Abigaïl Mathieu


Association Abigaïl MathieuL’Association Abigaïl Mathieu

Créée le 22 janvier 1987, cette association loi 1901 regroupe l’ensemble des personnes s'intéressant à la mémoire hospitalière de Chalon-sur-Saône et se mobilisant afin de mieux la faire connaître. A l’origine, elle a été fondée en grande partie par des membres du personnel du centre hospitalier, soucieux de conserver et de valoriser l’histoire du site Saint-Laurent. Elle compte aujourd’hui une cinquantaine de membres actifs.

L’objectif principal de l’association est de protéger, gérer et mettre en valeur le patrimoine architectural, mobilier et documentaire dont l'hôpital a hérité.

Elle le fait à travers diverses missions et réalisations :

  • restauration et réaménagement des parties anciennes de l’hôpital et ouverture à la visite (rôle capital des bénévoles) ;
  • restauration d’œuvres d’art et du mobilier ;
  • pérennisation du souvenir des anciens donateurs qui ont permis à l’hôpital de fonctionner depuis sa fondation ;
  • mise en œuvre de l’inventaire du patrimoine (plus de 4000 objets recensés) ;
  • organisation de visites guidées et accueil de scolaires ;
  • organisation et participation à des expositions ;
  • organisation de conférences, de concerts…

Elle travaille en convention avec le Centre hospitalier William Morey et la Ville de Chalon-sur-Saône. Elle mène également des partenariats avec le Service d’Animation du Patrimoine de la Ville de Chalon, l’Office de Tourisme de Chalon, le Réseau des Hôtels-Dieu et Apothicaireries, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne et l’Agence Régionale d’Hospitalisation de Bourgogne.

Qui est Abigaïl Mathieu (1563-1638) ? C’est une des principales bienfaitrices de l'hôpital. Elle fit de nombreux dons et fondations en faveur des « pauvres malades » et notamment pour la construction d’une infirmerie. Connue pour ses cinq mariages successifs, elle a également beaucoup fait pour les habitants de la ville de Chalon, en fondant par exemple le couvent des Ursulines (actuel Musée Denon).

 

Financement de la restauration

Le coût total de cette restauration s’élève à 23 957,49 € et se répartit de la façon suivante :
restauration du support : 6 309,31 €
restauration de la couche picturale : 13 019,66 €
restauration du cadre : 4 628,52 €.

Ce tableau étant inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques (ISMH), le Centre hospitalier a demandé et obtenu des aides financières pour sa restauration auprès de l’Etat, représenté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne, et auprès du Conseil Général de Saône-et-Loire.

Le montant total des subventions s’élève à 17 901,05 €. L’Etat a versé 11 934,05 €, ce qui représente 67 % du coût total de la restauration. Le Conseil Général de Saône-et-Loire a attribué la somme de 5967, 00 € (33 % du coût total). Le reste, c'est-à-dire la somme de 6056,44 €, a été pris en charge par l’association Abigaïl Mathieu. 


Le Centre Hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône
Le Centre Hospitalier William Morey est un établissement public de santé, site pivot du nord du département de la Saône-et-Loire, lié à un bassin d’attraction important (193 000 habitants).
Il se compose de trois sites : le Centre Hospitalier William Morey et l’IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) sur l’île Saint-Laurent et le Centre Gérontologique du Chalonnais (rue de Traves). Sa capacité d’accueil est de 425 lits et places pour le site Saint-Laurent et 221 lits et places pour le site du Centre gérontologique.
Le Centre hospitalier déménagera du site Saint Laurent à l’automne 2011 pour un nouvel établissement qui sera doté d’un réel confort hôtelier et d’un cadre de travail adapté. Cette construction moderne permettra à l’hôpital de garantir des services de soins performants et d’avenir.

Le patrimoine de l’hôpital
La création d’un hôpital sur l’île Saint-Laurent remonte au XVIe siècle. Le bâtiment de la Communauté des sœurs, le long de la Saône, reconnaissable à son pignon à degrés, témoigne de cette époque. Aujourd’hui, on peut y découvrir une partie des appartements des Sœurs de Sainte-Marthe, en charge de l’accueil des malades pendant plusieurs siècles.
Au fil du temps, l’hôpital s’est enrichi de nombreux bâtiments répondant à l’évolution de la médecine et des soins aux malades. On peut ainsi admirer la pharmacie du XVIIIe siècle abritant près de 400 tiroirs. Le dôme à la croisée de quatre salles de malades est édifié dans les années 1770 par Emiland Gauthey, célèbre ingénieur de la région. La chapelle du XIXe est ornée de vitraux du XVIe siècle qui proviennent de la première salle de malade édifiée à la Renaissance.
La salle des étains présentant la vaisselle hospitalière et le réfectoire des sœurs (1720), qui conserve son aménagement d’origine et notamment ses magnifiques boiseries, sont également visibles.

L’hôpital est aussi riche d’une importante collection d’objets, meubles et œuvres d’art, témoins de l’histoire hospitalière et de l’art religieux depuis le XVIe siècle.

Le Centre Gérontologique du Chalonnais (CGC) est installé sur le site de l’ancien hospice Saint-Louis, établissement créé en 1692 pour répondre à la volonté de Louis XIV de contrôler la pauvreté et la mendicité. Sa fonction première est alors l’enfermement afin de reléguer la pauvreté en dehors de la ville. Son rôle évolue cependant par la suite : l’hospice héberge alors les enfants abandonnés et les vieillards nécessiteux. 

 



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