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Chalon Historique - Le rond-point de la Colombière
Nous republions cet article suite à de nouvelles contributions en réponses permettant d'avoir un complément d'informations au moment où le Tobbogan est encore... d'actualité !
Merci à la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon et à Claude Elly pour cette contribution publiées dans « Les chroniques chalonnaises » [ voir le sommaire du n°55 ] qui raconte l'histoire de ce carrefour et la construction du "viaduc de la Colombière".
Chalon Historique - Le rond-point de la Colombière
Tout le monde à Chalon connaît le « toboggan », le mal nommé. Depuis 1971, il permet à la circulation des routes nationales 78 et 6
de franchir la circulation locale de l’axe Boulevard-gare de Chalon.
Ce viaduc de la Colombière franchit l’un des carrefours parmi les plus importants de la ville. Un carrefour né à la fin de la Révolution avec l’arrivée du canal du centre, puis transformé au milieu du 19e siècle pour permettre l’arrivée du chemin de fer et transformé à nouveau au milieu des années 1960. Ici se sont succédé ponts, passage à niveau et ronds-points.
Le rond-point de la Colombière est de nouveau entré dans l’actualité chalonnaise à la fin de l’année 2008. Suite à d’importants travaux sur le réseau de chauffage urbain il avait été nécessaire de réaménager le carrefour en supprimant des voies de circulation. Les feux tricolores ne pouvaient, du coup, plus jouer leur rôle ; il avait donc été décidé de faire un rond-point provisoire matérialisé par des grosses balises rouges et blanches
À la fin des travaux, la situation avec feux régulateurs n’avait pas été rétablie car on s’était aperçu que ce rond-point jouait, finalement, très bien son rôle et que la circulation semblait plus fluide.
Après quelques études il fut décidé de le laisser en place, en l’aménageant mieux. Pour ne pas trop perturber une circulation toujours très intense à cet endroit, une partie des travaux s’est faite de nuit. Et dans les premiers jours de novembre 2009 les Chalonnais ont dû s’habituer à la présence de ce nouveau rond-point né un peu par hasard et qui n’était pas sans rappeler un autre rond-point créé au même endroit une quarantaine d’années plus tôt.
Le premier rond-point
En effet, nous sommes ici à l’emplacement de l’ancien canal du centre comblé en 1959 et sur l’emplacement duquel on traça une grande voie de circulation urbaine (l’avenue N. Niépce inaugurée en 1966). Quand la déviation de la Nationale 6 fut occupée par l’autoroute, la nationale en question revint traverser le centre ville par cette avenue Niépce. Au croisement de la RN 6 et de la circulation urbaine importante (axe place de Beaune-Boulevard-gare) fut mis en place un très grand rond-point. Aux moments de grande circulation ce rond-point fut à l’origine de « bouchons » mémorables (1). Car il ne s’agissait pas d’un rond-point tel que nous le connaissons aujourd’hui. À l’époque tous les ronds-points de France (à commencer par celui des Champs-Élysées à Paris !) fonctionnaient avec la sacro-sainte priorité à droite. Ce qui signifiait : priorité à ceux qui entrent sur le rond-point. D’où un engorgement très rapide de l’anneau, bloqué au bout de quelques instants seulement.
Il n’était pas question de faire autrement car il aurait fallu pour cela redéfinir le Code de la Route ce qui était très compliqué. Rappelons qu’il a fallu attendre le décret du 6 septembre 1983 (G .Reverdy : les routes de France du XXe, Tome 2) pour que les carrefours giratoires trouvent leur pleine efficacité avec la priorité à l’anneau qui est, de fait, une priorité à gauche exceptionnelle.
Le rond-point de la Colombière avait été créé vingt ans trop tôt pour pouvoir bénéficier de cette disposition. On essaya de le rendre plus efficace en mettant en place une réglementation avec des feux tricolores. Mais le trafic de la Nationale 6, devenant de plus en plus important, était trop perturbé. On s’est donc tourné vers une solution radicale : faire passer le trafic national au dessus du trafic local. Et ce fut la naissance du viaduc qui ne fut jamais officiellement baptisé « de la Colombière », et qui, déclaré « bon pour le service » en décembre1971, est entré dans la vie chalonnaise sous le surnom de toboggan.
Toboggan ® !!!
Cette dénomination était une marque commerciale utilisée par la SFAC (Société des Forges et Ateliers du Creusot) qui avait mis au point la construction très rapide de ponts, urbains ou non, construits en une ou deux nuits sur des carrefours stratégiques et encombrés. Il y en eu à Marseille, à Avallon, à Tournus et ailleurs. Il faut croire que les Chalonnais ont cru qu’on allait mettre en place un « Toboggan » de la SFAC dans leur ville. Or ce ne fut pas le cas. On décida de construite un vrai viaduc, d’une certaine élégance.
Et avant ?
Comme sous le soulignons en introduction, ce carrefour de la Colombière est entré dans l’histoire chalonnaise en même temps que le canal du centre. Celui-ci, construit à la fin du 18e siècle, a été mis en service pendant la période révolutionnaire. Il avait pour conséquence de couper la route dite du Bourgneuf (Mercurey) c'est-à-dire la grande route reliant Autun à Chalon et qui, en sortant de Châtenoy-le-Royal, arrivait sur Chalon par une voie qui deviendra bien plus tard l’avenue Boucicaut.
Un pont fut réalisé à la hauteur de l’écluse qui permettait aux bateaux de pénétrer dans le grand bassin.
Avec l’arrivé du chemin de fer (dont les lignes venues de Dijon se dirigeaient en direction de ce qui deviendra le Boulevard de la République) il fallut faire un second pont parallèle au premier destiné à supporter les voies. Ce deuxième pont de la Colombière fut réalisé en 1849. À sa hauteur fut créé un passage niveau à propos duquel la presse de l’époque a relevé de très nombreux accidents.
Ce passage à niveau a disparu avec la création du Boulevard de la République à l’emplacement même des anciennes voies ferrées. À ce moment les deux ponts furent aménagés pour n’en faire plus qu’un. Les travaux furent réalisés à partir 1895 par l’entreprise Baudet-Donon et Cie et le procès verbal de ces travaux date du 26 octobre 1896. Le poids du pont de la Colombière était estimé à 59,7 tonnes (archives départementales 1276 W 86).
Ce très large pont de la Colombière (25 mètres) resta en place jusqu’à la disparition du canal du centre qui fut comblé pour la création de l’avenue de l’Europe, du 8-mai-45 et de l’avenue Niépce. Sa structure métallique a été « désossée » en 1964 alors que le rond-point était déjà en place et utilisé. Rond-point aujourd’hui réaménagé et abrité par un viaduc « toboggan » dont certaines personnes souhaitent la disparition.
Un nouvel aménagement pourrait alors être fait sur cet important carrefour de Chalon.
Claude Elly
(1) Un article du « Courrier de S. et L. » du 22 mars 1969 souligne que le rond point est sans feux et que vers 17 h il faut parfois 40 minutes d’attente pour le franchir !
commentaires
- Toboggan : quand il ne désigne pas un jeu pour enfants, c’est une marque déposée par la Société des Forges et Aciéries du Creusot (SFAC) qui avait des ateliers à Chalon. Cette société a mis au point la construction de passerelles standardisées pouvant être montées en quelques nuits sur des carrefours et autres lieux stratégiques et difficiles pour la circulation automobile.
La réflexion sur la création de ces toboggans a commencé en 1967 et les premiers essais ont eu lieu en février 1969. Ces essais n’ont pas eu lieu sur le rond-point de la Colombière mais dans l’enceinte des ateliers de la SFAC à Chalon. Le Toboggan de Tournus a été utilisé pour la première fois en juin 1969. Celui du Guidon à Bourg a été installé en 1972.
Un pont a bien été désossé en 1964 au rond-point de la Colombière et il s’agit bien du pont de 1895. Ce pont n’était pas dans le sens nord-sud (comme l’autopont qu’on est en train de démolir) mais dans le sens est-ouest c'est-à-dire le sens gare-boulevard. Ce pont, nommé « pont de la Colombière », permettait de franchir le canal du centre (avenue Niépce actuelle) ce qu’il fit jusqu’en 1959 année où le canal a été « bouché ». En 1961 les structures basses du pont de la Colombière étaient enfouies sous le rond-point (et donc invisibles) et en 1964 un entrepreneur a demandé l’autorisation d’aller le désosser pour en récupérer des pièces de métal. On lui donna l’autorisation à condition de ne pas gêner la circulation.
Claude Elly
par Claude ELLY le 17 janvier 2012 - Monsieur Claude ELLY
Vos écrits faisant référence, je me permets de faire une remarque au sujet de l'article suivant pris sur Internet Vivre à Chalon.
"Chalon Historique - Le rond-point de la Colombière
par Claude ELLY - Société d'Histoire et d'Archélogie de Chalon
Merci à la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon et à Claude Elly pour cette contribution publiées dans « Les chroniques chalonnaises » [ voir le sommaire du n°55 ] qui raconte l'histoire de ce carrefour et la construction du "viaduc de la Colombière".
Chalon Historique - Le rond-point de la Colombière"
Je suis arrivé à Chalon en 1961.
En 1961 il n'y avait pas de pont ou de restes de pont dans le quartier de la Colombière.
Par contre entre 1963 et 1964 il me semble qu' un toboggan a été installé à titre d'essai à peu près en même temps que celui de Tournus . Peu de Chalonnais ont gardé souvenir de cet épisode et c’est votre remarque
. "Sa structure métallique a été « désossée » en 1964 alors que le rond-point était déjà en place et utilisé"
qui semble confirmer mon souvenir.
C'est ce pont "toboggan" qui a été démonté en 1964 ( et non pas celui de 1895.)pour être remis en place au Guidon avant Bourg en Bresse et de ce fait les Chalonnais ont continué à appeler l'autopont "toboggan".
A l’époque je faisais très souvent le trajet en voiture en direction de la Savoie et l'ai donc emprunté.
Je pense qu’il est possible de trouver par ailleurs confirmation de ce que j’énonce.
Avec mes respectueuses salutations.
M.Michel Zortéa
par Michel Zortéa le 16 janvier 2012 - à M.Gorjux :
La canal passait à Tournus?....Enfin, c'est une bonne idée de détruire ce toboggan que les chalonnais n'ont jamais demandé. La réussite passe par un changement de comportement des automobilistes et çà n'est pas gagné d'un coup de baguette magique. Mais c'est nécessaire. La marche à pied n'a jamais fait de mal à qui que ce soit, ni le vélo....On n'est quand même pas obligé de prendre sa voiture pour aller acheter son pain, son journal ou autre....
par fanny le 03 novembre 2011 - Beaucoup de blabla pour expliquer qu'à l'époque le maire (Roger Lagrange) était confronté par le vol de l'Etat Pompidou de la déviation payée par les chalonnais entre autre pour faire passer l'A aujourd'hui privatisé pour les amis de l'Etat UMP. Supprimer l'auto pont oui pourquoi pas mais on fait quoi de la circulation ? Je suppose que l'on va avir droit à toutes réponses de ... bistros.
par Michou le 21 mai 2010 - - Excelent article M ELLY.Merci.
Ah, croyé moi.....Le canal c'était quand même mieux que toute cete circulation et que ce tobogan. D'aileurs à Tournus, il l'ont démonté.
Preuve qu'il ne servé à rien quand même.
par GORJUXFrançois le 16 mai 2010
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