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CHALON : Visite du Patrimoine : « les prisons de Chalon-sur-Saône à travers les âges » ...

15 avr 2018 - christiane chapé


Le service d’Animation du Patrimoine proposait ce dimanche après-midi, la redécouverte d’une partie du patrimoine chalonnais fort méconnue, et de son histoire. Quand l’enfermement devient la peine majeure, quand on enferme non plus seulement pour punir mais pour « rééduquer », les édifices s’adaptent aux nouveaux besoins. C’est tout cela qu’Emeline, guide du patrimoine, a conduit une trentaine de personnes, dans ce parcours qui les a menées des anciennes prisons royales, reconstruites en 1780 sur l’emplacement qu’elles occupaient depuis le Moyen Age, place du Châtelet, jusqu’à la prison rue d’Autun, édifiée en 1844 et en activité jusqu’en 1991.



La thématique « les prisons de Chalon à travers les âges » porte sur trois lieux à Chalon :

1) rue de l’Ancienne Prison/Châtelet (actuellement locaux de l’Arrosoir)

2) Hôtel de Ville actuel

3) rues d’Autun/Docteur Mauchamp

Les prisons sont traversées par des questionnement au Moyen-Age, à la Révolution et au XIXè siècle : châtiment public et expéditif au Moyen-Age (châtiment Ravaillac), emprisonnement : femmes, mendiants …césure à la Révolution (arrêt de la lettre de cachet), châtiments et chaînes des forçats, système Auburnien et Philadelphie au XIXè …


1) RUE DE L’ANCIENNE PRISON/CHATELET : une prison s’installe au XIIè siècle dans la basse cour, du 15è au 19è siècles, l’on compte 4 palais : de justice, quartier judiciaire, palais du Roi Gontran et palais du bailliage.

En 1734 l’on compte 8 prisonniers, en 1780 l’on remédie à la situation en détruisant le lieu, entre 1782/86 construction d’un étage : chambres femmes, criminels, prévenus et interrogatoire … avec quelques récits d’évasion croustillants car les serrures étaient installées à l’intérieur des cellules !!

En 1833, notamment, les forçats creusent la dalle en pierre, la voûte, passent par les égouts, la Saône … et hop !!

Au XIXè l’on comptait 100 détenus et l’état de la prison était déplorable.

1878 : déménagement pour l’Hôtel de Ville actuel qui était le palais de justice.

Un cachot était installé dans la tour carrée (actuellement club l’Arrosoir), les forçats venant de Paris, via Chalon, direction Marseille, Toulouse pour fournir de la main-d’œuvre (à la base de Marseille l’on comptait quelque 12 à 13 000 forçats)… y logeaient, subissant le supplice de la chaîne au cou maintenue au fer rouge.



2) HOTEL DE VILLE : ancien couvent des Carmes, devenu le nouveau Palais de Justice : maisons d’arrêt, de justice et de correction.
Trois pièces sont aménagées pour l’hébergement/dortoirs des surveillants, choix non judicieux car installées sur le bâti existant : (actuellement salle Esperluette et service logement) pour éviter les évasions.

A cette époque, le département est en charge de la justice et des prisons.



3) PRISON RUE D’AUTUN : (actuel palais de justice et anciennement place de la Liberté !!) : les habitants du quartier de la Citadelle s’opposent à son implantation et font pétitions sur pétitions, sans résultat.

A cette époque, l’on veut une prison saine et salubre. Deux projets sont proposés, l’on parle de cellules et de système pénitentiaire (l’on a fait une faute et l’on veut s’amender … Tocqueville voulait rendre les prisonniers meilleurs …).

Un type de prison cellulaire est retenu à Chalon-sur-Saône … la première en France. On n’y installe que des cellules sans espaces communs. 80 cellules sont construites dans un premier temps, puis face à la population incarcérée, un étage est ajouté au bâtiment, soit 120 cellules (les détenus de Tournus ont été rapatriés à Chalon).

Coût de l’opération : 350 000 F.

Les conditions de vie étaient drastiques : ne pas fumer, ne pas boire de vin, silence obligatoire … travail obligatoire puis service répressif, pas de chauffage ni d’éclairage … construction d’un préau dès 1846, ensuite deux ateliers ont vu le jour (tapis, matelas ...), le détenu étant une main-d’œuvre corvéable à merci.

En 1905, trois enfants entre 12 et 18 ans sont en prison, installation d’un chauffoir, le chauffage en 1930 et l’éclairage en 1935.

En juin 1940, la prison est réquisitionnée ; en 1944 l’on comptait 330 personnes (témoignages d’anciens détenus) : la cellule avait une surface de 9,16m² pour 4/5 personnes, un soupirail de 50/50 cm, une tinette, un bas-flanc sans paillasse. Les détenus « bénéficiaient » d’une soupe de poireaux avec du pain … communiquaient entre eux par coups sur les murs … parfois les colis passaient.

En août 1944, les occupants sortent les détenus, les conduisent dans les villages avoisinant la ville et les fusillent.

Travaux de réfection après-guerre, lancement pour réformer le parc pénitentiaire, notamment les prisons des centres villes.

En 1991, les prisonniers sont transférés à Varennes-le-Grand, les prisons de Chalon et Mâcon sont fermées, et en 2006 à Chalon, l’établissement est fermé et détruit, sauf la tour.

Aujourd’hui à cet emplacement, existent le Tribunal de Grande d’Instance, le Tribunal d’Instance, le Tribunal de Commerce, la Cour d’Assise et les Prud’hommes.

Varennes-le-Grand est un grand bâtiment comprenant le centre pénitentiaire et la maison d’arrêt, sachant qu’à ce jour, l’endroit est surpeuplé, notamment dans l’espace « prévenus », qui compte 350 détenus en attente de procès contre 200 places.

La prison de Dijon et de Nevers sont toujours en activité, en centre ville, celle d’Autun est fermée et un projet de construction à Chatenoy-le-Royal « est dans les tuyaux » … pas de nouvelles à préciser à ce jour.

 

 
 
 

Article et reportage photos : Christiane Chapé

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Infos pratiques :

* Espace Patrimoine : 24 quai des Messageries à Chalon
* 03 85 93 15 98 (pour réservations)
* Tarif : 3€.60
* La gratuité est accordée aux enfants et aux jeunes jusqu'à 18 ans, aux étudiants jusqu'à 28 ans, aux demandeurs d’emploi, aux bénéficiaires du RSA et aux titulaires de la carte d'invalidité.

 


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