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CHALON : Une promotion publique pour des cours privés !

19 jan 2010 - DERIOT Daniel

Depuis quelques jours une affiche assurant la promotion d'un groupe privé assurant le soutien scolaire est apparue dans certains abribus du Grand Chalon.

Voilà qui suscite quelques réactions plutôt défavorables. En effet la grande majorité des élus chalonnais tout comme ceux du Grand Chalon sont profondément attachés à la laïcité mais aussi à l'éducation gratuite pour tous. Cette réalité n'est pas nouvelle. Elle est même confortée par une grande attention portée à rénovation de nombreuses salles de classes, par un soutien aux oeuvres péri-scolaires et par un effort financier en hausse pour les familles démunies afin que les enfants puissent accéder à la restauration scolaire.

Que des familles d'ailleurs pas toujours aisées financiérement veuillent permettre à leurs enfants de bénéficier de cours complémentaires, des enseignements renforcés ce n'est pas une nouveauté. Mais de là, à ce que la collectivité assure une promotion certes rémunérée pour un organisme dont l'éthique a été critiqué par l'Education Nationale et des associations de parents d'élèves, il existe une ligne jaune qui pour certains a été franchie. Une émission "Capital" diffusée sur M6 en novembre 2008 a d'ailleurs mis en cause l'une des antennes parisiennes de cette entreprise dont le recrutement semblait laisser à désirer.

Certes, les élus ne sont peut-être pas directement responsables de l'affichage, mais ne devraient ils pas se doter d'une charte ou d'un code permettant de promouvoir des organismes respectueux et déontologiquement non critiquables !

 

commentaires

  • Les boîtes à maths, à rattrapage, à soutien, etc....sont là pour faire du fric et rien d'autre. Mais il faudra bien qu'un jour on nous explique pourquoi les enseignants que certains disent "mauvais profs" quand ils sont dans leurs établissements scolaires deviendraient subitement de "bons profs" quand ils franchissent la porte d'une officine privée...Car ce sont les mêmes profs n'est-ce pas?

    Il y a donc fort à parier que les conditions de travail dans les établissements scolaires notamment les questions d'effectif par classe doivent avoir des conséquences sur la réussite des jeunes...Si les profs deviennent bons dans les boîtes à fric ( pour ceux qui peuvent payer), pourquoi l'Etat ne donnerait-il pas les mêmes conditions de travail dans ses propres établissements : ce serait sans doute un bonne façon de renouer avec les principes républicains d'égalité et de gratuité scolaire...
    par jurog le 22 janvier 2010
  • Je souhaite apporter également un témoignage en qualité de parent d'élèves et de chalonnaise :
    - Trop souvent effectivement ce sont des familles démunies qui ont recours à ces entreprises privées
    - Effectivement qu'indirectement des "élus" de gauche contribuent à cette publicité pose un problème bien souligné par M. Daniel Dériot qui avec ses billets d'humeur successifs est avant tout un "poils à gratter" permettant ainsi à d'autres de s'exprimer.
    - En ce qui me concerne je préfère avoir eu recours pour le soutien scolaire personnalisé de mes enfants à des voisins et à des étudiants que nous avons indemnisés au "black"en guise d'argent de poche.
    par manon.buet le 21 janvier 2010
  • Je pense personnellement qu'il y a beaucoup trop de ces panneaux publicitaires (gérés pas J.C. Decaux, Avenir, etc) qui défigurent l'image de nos villes..Pollution visuelle...

    par Béa le 20 janvier 2010
  • Moi j'aime bien quand JPP apporte la lumière ! Quand il met certains le nez dedans ! Car comment peut on nommer cette fange raleuse pavlovienne (j'ose !) qui n'a jamais posé un doigt sur son clavier (ou branché son sonotone) lorsque le Prince Jean a failli être adoubé par exemple. N'éteignez pas en sortant ^^
    par Rob le 20 janvier 2010
  • C'est toujours amusant quand M. Gorjux pose des questions.
    Cette publicité profite
    1- à la société J. C. Decaux qui perçoit le prix qu'a payé l'annonceur
    2- aux sociétés qui ont conçu le message, imprimé les affiches, etc...
    3- aux chalonnais et à la ville de Chalon puisque si la société J. C. Decaux ne pouvait pas placer de publicité dessus, elle n'entretiendrait pas les abribus. Donc soit on attend le bus dehors quelque soit le temps, soit la ville prend en charge les abribus et doit augmenter les impôts
    4- si la publicité convainc un certain nombre de personnes de s'adresser à la société en question, elle profite à l'annonceur.
    Vous pouvez bien sûr classer ces 4 motifs dans l'ordre qui vous paraît le mieux adapté.
    Je suis sûr que vous auriez pu trouver ces réponses tout seul en réfléchissant un peu.
    Et tant qu'on est dans la publicité sur abribus, je n'ai pas souvenir d'une intervention de votre part (ni d'autres personnes sur ce site) quand les abribus ont été "décorés", il y a quelques semaines, de publicités en faveur du plan de relance gouvernemental (publicités d'ailleurs payées avec nos impôts). Le "contribuable en colère" dénonçant l'excès de communication aurait-il quelques faiblesses ? A moins que ce ne soit une vieille histoire de paille et de poutre dont on parle depuis des millénaires ?
    par Jpp le 20 janvier 2010
  • Voilà un bilet qui me fait quant même plaisir.....
    Oui, c'est du n'importe quoi cette publicité. Bien entendu dés que notre ami rédakteur "touche à la ville"....notre cher colègue JPP vient au secours....sait une habitude.
    Il serait quant même très intéresant de savoir à qui profit cete promotion,car entre publicité et promotion la diférence excusez quand même est très faible ....
    par GORJUXFrançois le 20 janvier 2010
  • a mon avis, ca pose plus la question de la pub en général....
    m. Deriot dit que la collectivité (si tant est qu'elle ait son mot à dire sur ces panneaux Decaux) ne devrait pas accepter la pub pour les cours de soutien privés, mais devrait-elle l'accepter pour les fast-food... pour les compléments alimentaires dont on sait que l'intérêt est pour le moins sujets à caution, pour les dessous "machin" parce qu'ils exploitent l'image de la femme, pour les... etc. Qui devrait décider ?
    A Berlin Est il n'y avait aucune publicité... personellement j'aurais préféré vive à Berlin Ouest où il y en avait beaucoup !
    par Georges le 20 janvier 2010
  • sauf erreur de ma part, ces publicités (ce qui n'est pas tout à fait la même chose que "promotion") sont gérées par J. C. Decaux puisqu'on les retrouve sur certains panneaux ("sucettes") comme sur certains abribus.
    Les assimiler à une "promotion publique" me semble alors hasardeux. Quant à la référence à la politique de la communication de la ville elle relève du réflexe pavlovien (tout le monde sait maintenant ce que cela veut dire, je suppose ?) de certains intervenants sur ce site.
    Sur la proposition d'élaboration d'une charte à propos de la publicité dans des espaces publics (puisque c'est de cela qu'il s'agit) si on peut comprendre l'intention, on peut craindre ce qu'il en serait d'une application effective. la marge est étroite entre le "respectueux et déontologiquement non critiquable" et une censure.
    Quand au fond du problème, il serait effectivement temps que se mette en place une réflexion collective sur la place du soutien privé dans le système scolaire et sur ce que cela révèle sur l'angoisse comme moteur de fonctionnement de l'école, du collège et du lycée aujourd'hui. Mais qui a actuellement le courage et la volonté d'affronter ce point au delà de proclamations d'intentions vertueuses ? Pas grand monde, j'ai bien peur.
    par Jpp le 20 janvier 2010
  • Je voudrais faire part d'une expérience que j'ai vécue dans un de ces groupes privés de soutien scolaire...
    Je suis professeur certifié et je voulais il y a encore quelques années "arrondir mes fins de mois". J'ai donc postulé en remplissant un questionnaire informatique sur mon état-civil,mes diplômes, mon expérience professionnelle, etc Je fis parvenir un extrait de mon casier judiciaire..On me confia une première "mission" que j'acceptai car proche de mon domicile. Je fus auiparavant contactée par une conseillère qui me questionna de façon mécanique et impersonnelle sur mes "compétences" (jargon de l'Education Nationale!),mon expérience professionnelle, des points que j'avais précisés lors de mon inscription informatique. A chaque nouvelle mission que j'acceptais, j'étais questionnée par le conseiller qui jugeait si j'étais capable de la mener à bien.Au point que j'eus vite l'impression que l'on doutait de mes capacités professionnelles...
    Je voudrais aussi attirer l'attention sur le fait que ces heures d'enseignement sont très peu rémunérées au regard des frais de déplacement engagés par l'enseignant qui se rend en "mission"...
    J'ajouterai enfin qu'il me fallait "parrainer"des collègues pour que l'organisme me confie plus de missions. Il était en outre fortement conseillé au professeur de mettre une photo sur sa fiche, procédé qui m'a toujours semblé suspect, voire malhonnête.
    On ne juge pas la valeur d'un professeur à son "look" mais à ses connaissances et à la manière dont il les fait partager aux élèves!
    Mais ceci est un autre débat...
    par Béa le 19 janvier 2010
  • Ce sont des tags industrialisés bien rémunérés, comme quoi la direction de la com de la ville de Chalon ou du Grand Chalon n'est pas si fortiche que ça.
    par soso le 19 janvier 2010

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