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CHALON Portrait de femme politique : Marie Claude COLIN

par Cécile BENESTEAU et Mariel REISE

Portrait de Marie-Claude Colin

En cette journée du 8 mars 2012, nous avons été conviés à une conférence pendant laquelle six femmes politiques agissant dans les environs de Chalon-sur-Saône ont été amenées à se présenter. Plus d’un siècle après les premières suffragettes au Royaume-Uni, le combat politique et citoyen pour les droits de la femme est toujours un enjeu capital. Bien que la parité soit présente dans les textes de loi, elle n’est pas respectée pour autant ; en effet, beaucoup de partis préfèrent payer des amendes plutôt que d’intégrer des femmes en politique. Pourtant, certaines avancées telles que la mise en place de la loi Simone Veil n’auraient pu être pensées et imposées que par une femme.

En 1975, celle-ci a été victime de propos sexistes et antisémites. De plus, les actions du planning familial sont souvent remises en cause. Le combat pour les droits de la femme est donc encore d’actualité, et à défendre en permanence.


Les élections approchent à grand pas. Dans une France où les taux d’abstention battent des records, ces femmes sont venues nous rappeler à quel point il est important de s’intéresser de près aux différents candidats, et aux idées et programmes du parti qu’ils défendent. Nous allons donc nous pencher sur le cas d’une de ces femmes : Marie-Claude Colin. Après avoir été élue au conseil régional de Bourgogne, cette femme devient le porte parole du parti Europe Ecologie (plus communément appelé « les verts »), pour la Saône et Loire. Avant les évènements de mai 68, elle étudiait les mathématiques à Lyon. C’est dans ce contexte propice au changement qu’elle devient militante au sein d’associations pour diverses causes (telles que l’avortement, la paix au Vietnam…) et en particulier pour la lutte anti-nucléaire.
D’après cette femme, les revendications de cette époque ont un but similaire, une ligne directrice commune, et doivent être représentées au sein d’un seul et même parti politique. Ce parti intégrerait toutes ces valeurs et tous ces combats. Il attaquerait les pouvoirs en place à l’échelle nationale, changerait le modèle de gouvernement. Pour elle, le parti écologiste intègre tous ces points.
Pour Marie-Claude Colin, il est important d’obtenir des élections proportionnelles : elle pense que la diversité des partis et des idées n’est pas représentée en France. Pendant sa présentation personnelle, elle a évoqué un point important pour elle : la politique doit être une conviction et non un métier. En effet, un métier, on veut le garder, et évoluer dans sa carrière : d’après cette femme, cela dénature les valeurs que l’on défend.
Elle s’est ensuite prononcée sur le combat pour les droits de la femme, en citant notamment ceci : « Aujourd’hui et malheureusement, le féminin de candidat est encore suppléante ». Pour elle, la parité est loin d’être respectée en France, et le ratio homme/femme dans les parti politiques en est un bon indicateur. Elle soutient l’initiative d’un ministère de la femme. Néanmoins, elle se dit chanceuse : elle n’a jamais eu de problème vis-à-vis de son statut de femme, et a eu une vie professionnelle riche. À la fin de sa présentation, elle s’est adressée aux femmes uniquement et s’est exclamée : « Si vous souhaitez faire de la politique, lancez-vous ! ».
Pendant la suite de cette conférence, un débat a été lancé sur la propriété intellectuelle et les réseaux sociaux. Alors que ses collègues répondent de façon assez vague et incantatoire à cette problématique, cette femme propose de vraies solutions concrètes au problème actuel de la propriété intellectuelle. D’après elle, il est évident que les artistes doivent être rémunérés pour leur travail. Or, avec le partage des données via Internet, qu’on ne peut contrôler avec des lois liberticides telles qu’HADOPI ou ACTA, cela devient problématique. Elle propose donc d’autres moyens de réunir de l’argent (telles qu’une redevance audiovisuelle sur Internet comme pour la télévision et la radio), et de le répartir auprès des créateurs.


Nous avons choisi de faire le portrait de cette femme car elle nous est apparue comme la plus convaincante. Le charisme dans sa voix, son intonation et ses convictions nous a marquées lors de cette conférence. Elle semble être une battante, une militante, qui défend ses idées corps et âme.
De plus, elle ne s’étend pas sur sa condition de femme. Elle défend avant tout le parti écologiste. Elle est énergique, sûre d’elle et n’a pas besoin de notes. Elle communique directement avec son public : elle balaye du regard l’assemblée, s’adresse à tout le monde et nous parle d’égal à égal. Elle parle calmement mais tout de même fermement, ce qui montre qu’elle est sûre d’elle et qu’elle croit en ce qu’elle avance. Elle n’a pas l’air de se laisser marcher sur les pieds.
Plus que les autres femmes présentes, elle nous a communiqué une idée, des valeurs qu’elle défend avec le parti des verts. Elle est venue nous dire comment voir la vie politique d une autre façon. Même si nous ne défendons pas spécialement le parti écologiste, elle arrive à nous faire réfléchir. Elle se sert du sujet du débat pour mettre son parti en avant : « La parité est respectée dans les listes de mon parti ». Cette femme a été convaincante sans avoir besoin, tout d’abord, d’artifices visuels : sa propre présentation (vêtements, coiffures et autres) était simple. De plus, elle n’a pas fait de « show » : elle n’a pas eu besoin de se mettre en avant, elle particulièrement, de faire rire l’assemblée, de plaisanter ou choquer. Ses idées et sa conviction suffisaient.


Néanmoins, nous pouvons émettre quelques critiques à son égard. Tout d’abord, nous savons que sa façon d’être reste conventionnelle. Elle défend ses valeurs avec beaucoup de fermeté, quitte à être une « grande gueule » parfois : le parti écologiste est souvent représenté par des personnes à fort tempérament et qui n’ont pas leur langue dans leur poche, telles que Cécile Duflot. C’est nécessaire pour défendre un parti qui a du mal à gagner la confiance des français bien que les idées qu’il défend soient capitales, cela fait « partie du jeu ».
Marie-Claude Colin est sûre d’elle, mais peut sembler un peu fermée d’esprit. En effet, elle évoque ses convictions de façon un peu radicale, en utilisant des formulations telles que « Ça commence à bien faire ». Nous ne savons pas si elle est prête à écouter et prendre en compte les idées d’autrui. Elle semble engagée dans ses principes au point de valoriser certains cas au détriment d’autres sans s’en soucier.
Nous voulons ajouter que nous n’avons pas forcément compris le but de cette conférence, de façon générale. Bien que rencontrer ces femmes fût très enrichissant, nous avons manqué d’informations nous-mêmes. En effet, les élections approchent, mais nous n’avons pas eu de détails (tels que des dates et autres). Nous avons été invités à participer à la vie politique du pays, mais nous ne savons finalement pas comment nous y prendre, au sein de quel organisme agir, etc.

Cécile BENESTEAU et Mariel REISER

 
 
 



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