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Bien manger c'est à côté : un vigneron de Chalon

3 déc 2015 - Delphine et Marinette

A priori, ça ne se présente pas bien entre Denis Poulnot et la vigne car il naît en Afrique (où son père exerce ses talents dans l’import-export) et y passe les douze premières années de sa vie. Malgré tout, ses parents lui ont donné ce prénom (là, on fait nos malignes bien informées et on vous rappelle que Denis, ça vient de Dionysos, autrement dit, le dieu antique grec du vin – d’accord, le vin grec, ce n’est pas terrible mais côté dieux antiques, ils se posent là, les Grecs-).


Donc ses parents lui indiquent la voie sans en avoir l’air, et en plus, ils viennent s’installer à Gamay, juste à côté de la marraine-fée qui possède des vignes. Cette Madeleine justement, elle aimerait que le jeune Denis s’occupe de ses vignes. Mais à ce moment-là (panne de baguette magique ou autre), il préfère s’en aller étudier quelques années à Grenoble, tout en crapahutant un peu sur les sommets environnants pour mieux entendre le froissement des ailes de l’aigle et le gloussement de la marmotte (bon d’accord, la marmotte n’est pas une poule mais ça nous plaît comme çà !).


Tout de même, quand il a besoin de quelques sous, tout naturellement, Denis revient au pays des ceps et commence (mais il ne le sait pas encore) à mettre le doigt dans l’engrenage viticole (lui, du moment qu’on est dans la nature, de toutes façons, ça lui va !) De fil en aiguille (comme disait notre bonne grand-mère) il y a de plus en plus de grappes et de tonneaux et de moins en moins d’études et de marmottes dans la vie de Denis.

Certains citadins naïfs imaginent peut-être que cultiver la vigne consiste à gambader gaiement entre les ceps, en chantant des chansons gaillardes au printemps et des chansons paillardes en automne ! En réalité, être ouvrier agricole est un dur labeur : 12 heures de tracteur par jour, ça rapporte plus d’hernies discales que de doublons dans la tirelire (même si elle est en forme de tonneau). Denis décide donc de cultiver des vignes qu’il loue pour son propre compte, d’abord en gardant son travail salarié, puis de façon tout à fait indépendante à partir de 2000.

« Indépendance » n’est pas un mot en l’air mais regarder surfer les papillons sur un riant zéphir en prend une saveur toute différente. Oui, enfin avec Denis, quand on a prononcé le mot « liberté » et « nature », on a déjà compris pas mal de choses mais pas tout. Parlons démographie : la population chalonnaise compte actuellement 3 vignerons parmi ses habitants, ce qui paraît beaucoup trop pour les 6 ou 7 pieds de vignes symbolico-décoratifs plantés dans le quartier Saint-Jean (des-Vignes). Ce qui fait que Denis, qui est l’un des 3 viticulteurs et qui habite dans le centre de Chalon, prend son vélo chaque matin pour l’embarquer dans le train et gagner ses vignes à Gamay (via Chagny). Et c’est ainsi qu’il aime vivre. Précisons en outre pour la petite histoire que notre vigneron de Chalon n’a pas d’ordinateur (donc pas Internet) et qu’il mène son existence professionnelle et sociale d’une façon tout à fait normale et satisfaisante (donc ça existe !)

Le vélo nous envoie un signe. Les premières années, Denis agit comme bon nombre de ses confrères, arrosant d’abondance ses ceps, de cocktails de désherbants particulièrement efficaces et chimiques, à coups de tracteur. Quand même, au bout d’un moment, ne plus voir une seule mauvaise herbe, ça finit par le préoccuper. La culture de la vigne occupe 5% des agriculteurs français et utilise 20% des produits phytosanitaires chimiques. Ce n’est pas parce qu’on fait du vin, qu’on doit abîmer l’eau de ses contemporains !

C’est ainsi que se met à penser Denis, qui se lance dans la viticulture biologique : une Aventure et quelques mésaventures bien naturelles. Pour planter les vignes En Remilly, dans un sol où la pierre est omniprésente, il a fallu creuser à la barre à mine pour chaque pied à planter. Mais le bonheur est dans la vigne, surtout quand on entend bourdonner et qu’on voit voleter autour de soit. Pas de label (vous avez compris que Denis est un viticulteur indépendant indépendant) : « A bon vin point d’enseigne » (ça, c’est pour le proverbe de la chronique !) En guise de contrôles par les services agréés, il propose un contrat de confiance tacite mais tout en conversation avec ses clients. Denis explique clairement sa démarche, les yeux dans les yeux, avec le sourire et avec fermeté : par exemple, il a été contraint d’utiliser des produits chimiques pour lutter contre la fameuse flavescence dorée et il ne s’en cache pas. En revanche, pas de désherbant, le cuivre contre le mildiou, le soufre contre l’oïdium et le moins de sulfites possible (il ne filtre pas son vin et donc évite de le transvaser, ce qui réduit les risques d’oxydation). Il n’ajoute ni sucres, ni acidifiant. Après la taille, Denis laisse les branches en andains entre les rangs de vigne. Elles seront broyées et serviront de compost sur place.

Denis Poulnot vinifie environ 10% de sa récolte de raisin et propose un Puligny-Montrachet ainsi que 3 Saint-Aubin 1er cru (En Remilly, La Châtenière et Les Champlots). Le reste de sa production est vendu à un négociant. Denis n’a pas pour ambition de devenir riche. Son vin biologique (non certifié certes) ne coûte pas plus cher qu’un vin non bio de même catégorie. Ne comptez pas retrouver exactement le même goût à ses Saint-Aubin d’une année sur l’autre : les vignerons ne portent pas d’uniformes, ni les papillons (ni les marmottes). Par conséquent, pas d’uniformisation du vin mais le bon vouloir de la nature, de ses gelées, de ses pluies et de ses soleils.

Juste un petit détail mais nous sentons que la question vous brûle la langue, voire les papilles : le vin de Denis est-il bon ? Nous vous engageons à le tester vous-même (téléphonez au numéro écrit dans l’annuaire). Nous, on aime !!!

Delphine et Marinette

 
 
 



 
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