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Bien manger à Chalon : Le panier de Cocotte

23 jan 2019 - Delphine et Marinette

Ne craignez pas qu’on vous entraîne ici dans un article du genre « le caddie de la ménagère ». Trop ambitieux pour nos petites cervelles, ce genre d’enquête socio-économique ! Non, c’est juste notre copine, celle avec qui on prend le café au marché, on fait des commérages (gentils, mais il faut quand même se tenir au courant !) et on rigole bien (presque aussi important que de « bien manger »).


Donc Cocotte va au marché trois fois la semaine et on pourrait la présenter comme une sorte de radar gustatif, avec un sûr instinct de gourmette. Une de ses grandes qualités (elle en a beaucoup (petit coup de brosse dans le sens des plumes, ça peut pas nuire entre amis)) est la gourmandise. Nous dirions qu’elle a la papille alerte et que ses oreilles, son nez, ses yeux, ses mains sont tout au service de ce précieux sens (quand tout va mal, qu’on s’habille en jaune, tout en voyant rouge et que l’horizon paraît gris, il nous reste quand même çà, à nous, Français !) Deuxième qualité, oh combien appréciable malgré les bruits qui courent dans les nurseries, la curiosité !


Equipée de ces deux antennes (invisibles mais d’autant plus efficaces), Cocotte empoigne donc son petit panier (à moins que ce ne soit ses deux gros cabas) les mercredi, vendredi et dimanche. Elle se met à butiner de banc en banc, accueillie par les marchands qui la connaissent et lui proposent parfois leurs nouveautés (d’autres fois, un tour de valse). Et notre fin bec ne saurait résister à l’attrait de l’expérience : petits plats cuisinés exotiques, brioches d’Europe centrale, soupes aux parfums asiatiques, raviolis de la semaine, tomates et légumes étranges… Elle a dit pour toujours non à l’ennui dans l’assiette. Ces expériences et contacts s’accompagnent de questions et menus propos car acheter, c’est aussi se parler.


C’est dire qu’il ne s’agit pas de ces ménagères routinières qui enchaînent sans désemparer blanquette de veau le lundi, chou farci le mardi,… poisson le vendredi et, bien entendu ! steak-frites le samedi (quand tout ça n’est pas acheté sous format industriel au supermarché ! On voit de ces horreurs aujourd’hui, ma bonne dame ! Enfin, il vaut mieux se taire, on va encore faire des cauchemars la nuit prochaine !)


Poursuivant notre enquête, nous suivons notre amie, avec zèle et discrétion ce mercredi d’hiver. Elle s’arrêtera pour prendre des fruits qu’elle combinera en salade, mélangeant ananas, litchis, fruits de la passion, bananes, avocat et un jus de citron, c’est tout. S’utilise à tout moment, y compris au petit déjeuner pour se donner envie du reste. Certes, les litchis ne poussent pas à l’état naturel dans nos contrées et nous péchons contre le sacro-saint principe du local. Voilà, c’est dit ! Cette salade de fruits du reste, se consomme essentiellement aux alentours de Noël, dans la tradition cocottienne.


A la boucherie bio, Cocotte fera l’emplette de côtes de porc dans l’échine (avec os) qu’elle fera griller, sans matière grasse, au retour de la chasse. Puis vont se retrouver pêle-mêle dans le cabas cocottien du céleri branche (cuit nature avec du beurre !), un potimarron, un céleri-rave, des choux de Bruxelles et un fenouil (à manger cru émincé). Pas de principe absolu chez notre amie : elle achète chez le maraîcher bio aussi bien que chez l’autre. L’humeur et le pouvoir de séduction du produit sont ses critères. Carottes, navets et poireaux iront dans la soupe (du moins en partie, l’autre moitié des légumes laissés en petits cubes fera un accompagnement pratique.) Cocotte se laisse tenter par un long radis rose qui ne fait pas encore partie de sa collection.


Toutes ces « stations » sont autant d’occasions de se retrouver : en habituée de ces comptoirs, notre « ménagère » assaisonne son parcours de menus propos et plaisanteries avec ses commerçants préférés et ceux-ci le lui rendent bien. Petites retrouvailles hebdomadaires, légers échanges, rires et sourires. Ca non plus, on ne trouve pas trop au supermarché : allez taquiner une étiquette ou demander à un « packaging » hautement marketingué des nouvelles de sa famille !


Pour achever sa tournée des commerçants, 6 œufs chez Laurent (mais beaucoup plus de 6 phrases et de 6 plaisanteries) et un arrêt plus conséquent chez les jeunes gens du Jura chez qui elle acquerra du jambon d’un fier porc franc-comtois qui s’est sacrifié pour le bonheur des gourmets, du brezy (ou braisie), bœuf fumé séché dans les contrées montagneuses, du Comté fruité et d’un fromage de brebis d’Aquitaine (les voisins !), rien que des produits tracés, traçables, élevés et préparés avec tous les soins nécessaires dans la région de Salins ou pas loin.

Bien entendu, Cocotte et Monsieur ne vont pas engloutir tout ce qui précède en deux jours. Le vendredi et le dimanche sont consacrés à compléter, trouver des ingrédients manquants et effectuer un butinage de contrôle. La semaine durant, La cuisinière combine ses achats selon la fantaisie et le temps qu’il fait. Arrivent le lundi soir, le mardi et il faut faire avec ce qui reste. Qu’à cela ne tienne et c’est le moment peut-être le plus créatif de la semaine : Cocotte joue à inventer des plats avec ce qu’elle trouve dans son réfrigérateur. « La bonne cuisinière sait utiliser les restes pour faire des trucs rigolos » ce qui me semble une sage parole à méditer pour la ménagère stressée à 3 vies par jour. Un tel propos peut paraître légèrement agaçant mais créer en cuisine ne nécessite par forcément beaucoup de temps ni d’ingrédients.


Monsieur Cocotte quant à lui, on peut le dire, est un homme heureux. Il présente des petites particularités comme de ne pas aimer les pommes cuites, obstacle que Cocotte franchit avec légèreté : elle remplace la pomme par du coing ou de l’ananas selon les saisons (essayez le boudin au coing ou les patates douces à l’ananas…)

Cependant, que les lectrices se rassurent ! Cocotte n’est pas une forçat du fourneau, enchaînée devant son piano tous les jours dès 10 heures et 18 heures. Il arrive que Monsieur Cocotte ait à s’ouvrir une boîte de sardines à midi ou se voie gratifié d’un sandwich. Car il y a une vie à côté de la cuisine !

On pourrait en faire une chanson populaire que l’on dédierait à notre amie : « Quand Cocotte s’en va’t’ au marché, Elle s’empare de son petit panier, A truffe alerte et papilles aiguisées, oreille fine et langue déliée ».

Delphine et Marinette

 



 
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