Bien manger ! | vivre-a-chalon : Une autre info à Chalon et dans le Grand Chalon

Le portail local de chalon sur saone, pour les chalonnais ... par les chalonnais

samedi 14 décembre 2019

Bonne Fête Odile

Photo de Chalon

entre nous

Entre-nous : Bien manger

Vous êtes ici :

Bien manger : Un déjeuner de paresse

30 août 2018 - Delphine et Marinette

Envie de changer de fond d’écran ?
Il est encore temps de se livrer à l’aventure du pique-nique ! Les vacances sont peut-être finies mais ça ne nous empêche pas de repousser les murs de la salle à manger et de nous offrir une récréation céleste. Car pique-niquer, c’est se donner un moment de liberté. Avec trois fois rien. A la portée de toutes les bourses. D’ailleurs, avant que ça ne devienne le symbole du loisir au grand air, c’était la façon de manger ordinaire des paysans et des ouvriers. On apportait son « casse-croûte » et on déjeunait là où on se trouvait, dans le champ ou sur le chantier.



L’équipement d’abord : une météo ensoleillée avec un petit courant d’air de fin d’été, les lunettes de soleil et le couvre-chef adapté. Les goûts et les couleurs étant affaire de chacun et comme nous ne voulons pas imposer nos préférences personnelles, nous nous contenterons de signaler au passage que nous haïssons la casquette américaine, presque autant que le petit chapeau « à la Maurice » qui fait fureur ces derniers temps et se décline aussi en orange fluo. La nature ne s’embarrasse pas de nos histoires de mode et vous avez le droit de faire fuir les bergeronnettes et les scarabées qui auraient le bonheur de vous rencontrer. Côté tenue vestimentaire, vous pouvez vous inspirer du fameux tableau de Manet mais nous estimons que la redingote Second Empire stimule la transpiration. Et puis, franchement, il n’y a donc que ces jeunes femmes qui soient assez courageuses pour se mettre à l’aise (ne vous faites pas d’illusion, il n’y aura pas d’images osées dans cet article, pas même la photo d’un mauvais jambon Juste un Prix Doux) ? Pour ce qui est des crèmes solaires, filtres anti-moustiques et autres pinces à tiques, adressez-vous à votre pharmacien : il débordera d’idées pour vous conseiller.


Ensuite, la glacière (avec son glaçon) si vous ne voulez pas rompre la chaîne du froid pour votre cuisse de poulet ou votre pâté en croûte. Plus risqué mais aussi, plus élégant, le panier en osier, voire, la mallette de même matériau, avec les attaches pour maintenir couverts et assiettes durant le transport, sans bruit et sans bris. L’utilisation de vaisselle jetable est tout aussi pratique mais manque d’esprit écologique. Par ailleurs, ladite mallette (non réfrigérée bien que naturellement aérée) peut constituer un moyen efficace pour vous débarrasser enfin de votre horrible belle-mère. Vous aurez à cet effet glissé dans un coin, un morceau de cette terrine dont elle raffole et vous feindrez de vous sacrifier en lui offrant ce morceau de choix largement avarié. Certes, ce sera un pique-nique raté mais un avenir radieux s’ouvre devant vous.


Le choix d’un endroit idéal est tout de même (presque) la grande affaire du pique-nique. Car le monde entier sera notre terrain et plus nous serons nombreux, plus l’affaire sera complexe. Montrez-vous tyrannique et imposez le nid d’aigle que vous aimez par-dessus tout, la falaise au-dessus de l’océan, le désert dont vous adorez les vastes horizons même si le sable crisse sous la dent. Pour faire banal et conciliant, acceptez un classique pré à vaches, gentiment ombragé par des branchages broutés rectilignes, au bas duquel coule le petit ruisseau du poème. Assurez-vous que les locataires ordinaires se trouvent dans le pré voisin… Pour le mobilier, choisissez selon votre souplesse, soit la réplique « campagne » de votre salle à manger, soit la couverture dépliée sur l’herbette gentillette (et tout son petit peuple de fourmis, araignées, guêpes, qui vont vous maudire et agir en conséquence…)

 

 

Une fois pansées les plaies et blessures d’amour-propre provoquées par la querelle concernant le lieu le plus propice, venons-en au sujet essentiel de cette chronique : qu’est-ce qu’on mange ? De l’herbe, bien sûr ! Du végétal qui se transporte tel quel : la tomate et le radis. On aura « conditionné » le poivron, la carotte, le concombre et la betterave avec le filet d’huile d’olive qui glorifie ces légumes simples et rafraîchissants. Une fois notre conscience en paix, nous pouvons attaquer l’œuf dur de la tradition et plus sérieusement, le saucisson qui transpire en silence, ne pleure, ni ne se plaint. Le jambon, surtout s’il est bourguignon et persillé, sera un aimable compagnon, sauf s’il est massacré par un « délicat » qui n’y connaît rien et aura broyé le persillage pour le mettre de côté et ne laisser que le rose sans âme ni personnalité (c’est dire : le jambon, c’est ce qu’on donne aux convalescents !)

Du fromage (très frais ou bien sec) : évitons les sautes d’humeur des « affinés » qui préfèrent la sédentarité. Rien d’apprêté, rien de préparé.

Pas de dessert. Mais n’oublions pas le liquide : eau fraîche, limonade, la bière ou le petit vin blanc sec. On accepterait presque du vin rosé.

Il est temps de s’allonger, de rabattre le chapeau sur les yeux, un brin d’herbe entre les dents. Et l’on peut débuter une conversation sotto voce pleine de confidences façon Claude Sautet, ou une sieste qui est la conséquence du pique-nique comme le poil à gratter l’est à la rose.


Le pique-nique a commencé à séduire les grands de ce monde à partir du moment où ils n’ont plus craint qu’un voisin casqué en armure ne leur tende une embuscade de derrière la haie pour les occire et faire main basse sur leur fief. Ils ont alors décidé d’abattre les forteresses et de s’entourer de parcs avec faux bosquets et vraies chaumières de comédies. Depuis la Révolution, le pique-nique est la parenthèse de hasard et de paresse que nous saurons fabriquer, si nous savons étirer le temps sous un ciel parfait et le bruissement du vent dans les arbres.

Avec le proverbe qui va bien : Cochonou au pré/ Petit blanc aéré/ Nez humide et frais toute l’année.

Delphine et Marinette

 
 



 
Nos partenaires : Votre site internet Communication événementielle