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BIEN MANGER C'EST A COTE ... par Delphine et Marinette

24 juil 2017 - Delphine et Marinette


L’été, la plus belle des saisons parce que c’est celle où l’on considère les autres avec indulgence et sérénité. C’est celle où l’on a le temps de se dire : « On est en été, observons ce phénomène, on n’a que çà à faire puisqu’on est en vacances ! »

Nous, Delphine et Marinette, on est adeptes de la posture : doigts de pied en éventail, support indifférent (pourvu qu’il présente le degré de mollesse et de fermeté voulu, hamac, bouée, divan, canapé, transat…), lunettes de soleil et sombrero sur le nez. Tout est parfait pour méditer sur les saisons et leur perpétuel défilé. Pas celui du 14 juillet, plutôt celui des mannequins, toujours la même chose et toujours de la nouveauté surprenante.


On veut bien faire de la philosophie mais on va quand même pas prendre çà trop au sérieux. De toutes façons, on passe notre vie à mettre notre vie en danger ; rien que respirer nous empoisonne à chaque bouffée d’air inhalé, alors se mettre la cervelle au court-bouillon pour respecter les saisons ! Ca a bien marché jusque-là de manger des fraises à Noël et des endives à l’Assomption : on n’en a pas fait un infarctus pour autant !

Admettons donc qu’on regarde passer rêveusement le train des saisons, à la façon de la vache dans le pré et que nous vient cette soudaine illumination qui parviendrait presque à nous tirer de cette estivale torpeur : on va prendre une bonne résolution de septembre de plus ! A côté de s’inscrire au cours de taï chi (et y aller), arrêter de prendre l’apéro tous les soirs et ne pas oublier l’anniversaire de sa belle-mère, on va manger en suivant le rythme des saisons !


Respecter les saisons après tout, n’est pas plus absurde que respecter son prochain qui, au premier abord, paraît souvent assez peu respectable. Au moins, les saisons font ce qu’elles peuvent pour se montrer à leur avantage, des couleurs, des odeurs, des sensations, du Beau et du Vrai ! Certains disent même que respecter les saisons, c’est respecter son corps ! (Ce serait pas un peu nombriliste, ce truc ?) Qu’on est ce qu’on mange et que je vais donc finir par muter en hamburger-frites …

Les anciens Chalonnais jugeaient l’affaire suffisamment importante pour la rappeler sur leurs façades. Tout le monde connaît la maison Magnien, rue du Châtelet. Il est un autre hôtel particulier, au sein de nos vieilles rues, sur lequel les symboles des saisons sont sculptés,. A toi de le retrouver, Lecteur ….


 

Si notre rêverie aventureuse nous emmène à distance, on peut se retrouver à la lointaine époque des chasseurs-cueilleurs. Eux les saisons, ils les respectaient parce qu’ils n’avaient pas le choix : tu trouves un buisson couvert de baies, tu te remplis la panse jusqu’à te rendre malade parce que tu ne sais pas où tu trouveras le prochain, peut-être pas avant de mourir de faim. La version optimiste du tableau c’est, éternelles vacances où sport, émotion (rencontre avec le lion à dents de sabre) et farniente occupent toute l’existence. Et par-dessus, un soupçon d’attention aux rythmes végétaux et animaux vous assure une nourriture saine, équilibrée, avec un maximum de principes nourrissants (taux de vitamines et autres chimies bonnes pour le corps au top surtout quand on sait reconnaître les bons champignons des mauvais), sans pesticides. Ah les heureux temps ! même si on crevait un peu la dalle à certains moments, pour peu que le bison ait couru plus vite que vous !

C’est vrai qu’aujourd’hui, quantité et bas prix assurés et l’impression de la diversité au supermarché font dire que l’homme moderne a atteint le septième ciel de l’alimentation. Car quel chasseur-cueilleur prétendra qu’il a forcément toujours envie de poursuivre un bison quand sa femme lui fait remarquer que le fond de la caverne est vide sauf un tas d’os rongés ? Bon d’accord, les océans sont légèrement pillés, les élevages intensifs polluent quelque peu les nappes phréatiques (sans compter toutes ces vaches qui pètent, paraît-il) mais il est quand même plus facile de revenir de la supérette avec un bœuf-miroton en barquette qui transcende les saisons, à faire réchauffer au microwave ! Les esprits chagrins prétendront que le bœuf dans la barquette est plutôt mal accompagné : sucre, sel, graisses, additifs chimiques pour conserver, colorer, texturer, « exhausser » le goût…

Si ça se trouve, il a traversé les océans en avion, en compagnie d’asperges du Pérou et de pommes de Nouvelle-Zélande car la banane est transatlantique, le haricot, volant et la cerise, globe-trotter, avant d’arriver dans nos assiettes. Tant de kilomètres pour de si piètres performances gustatives ! Qu’un kilo d’asperges arrivant par avion coûte 5 litres de pétrole, c’est-à-dire cinq fois plus que le même produit acheté en saison, cultivé près de chez nous, après tout, on s’en fiche ! En revanche, qu’on ait l’impression de manger un bâton de plastique, ça pourrait devenir contrariant, à moins d’avoir une planche à roulettes dans la bouche, à la place du palais.

Trois millions de tonnes de tomates, fraises, melons, poivrons, courgettes, arrivent dans des camions réfrigérés en toute saison (oh miracle !) de la « mer de plastique » andalouse, cultivés par des milliers de travailleurs précarisés, après avoir contribué à l’épuisement des sols et à la pollution des nappes phréatiques, réfrigérés, non mûrs, sans saveur, sans odeur mais bien chargés en engrais chimiques et autres conservateurs. Quand on pense que les fruits et légumes, c’est 90% d’eau et qu’on utilise tout ce pétrole pour transporter chez nous où l’on en a beaucoup (pour combien de temps encore ?) l’eau d’une région où elle est rare, on peut dire merci à nos amis andalous !

Nous, on a de l’eau et on est fiers de notre gastronomie ! C’est à se demander si tout cela n’est pas un peu cérébral ! Le début de la gastronomie, finalement, ce ne serait pas de savoir apprécier ce qui est bon ? On a rarement très envie d’une bonne potée quand il fait 35° sous le tilleul ou dans le bureau. En plein hiver, pourquoi ne pas attendre l’été suivant pour manger les tomates du maraîcher, cueillies à maturité et débordantes de leurs vitamines et de leurs saveurs ? Le plaisir qu’il y a à se promener dans un marché où les produits (de plus en plus souvent bio ou cultivés avec le moins de chimie possible) se présentent avec toutes les couleurs et odeurs de leur naturel ne vaut-il pas un autre spectacle ? Regarder, choisir, imaginer le plat que l’on va cuisiner, c’est le début du plaisir de manger et de faire du bien à son corps.

Accessoirement, cela peut aussi aider les agriculteurs du coin à poursuivre leur métier magnifique et à produire localement ce qui est nécessaire à notre alimentation sans avoir à dépendre de montons aviateurs et de poivrons mutants. Les agriculteurs conscients de ce qu’ils font entretiennent nos paysages et nous nourrissent de façon saine sans altérer la nature. Encourageons-les et encourageons-nous !

Si nous parlons santé et chiffres, la tomate qui ne vieillit pas contient moins de vitamine C (qui est anti-oxydante, c’est-à-dire ralentit le vieillissement de nos cellules), la pêche éternelle comporte moins de polyphénols (molécules actives dans la prévention des problèmes cardio-vasculaires), la pomme de terre présente 50% de vitamine C en moins, pareil pour le fer et un quart de calcium en moins. Ni le goût, ni la santé ! Autant manger des pilules de vitamines ! On s’évitera la corvée du supermarché !

Le conseil de Delphine et Marinette : en hiver, mange des kiwis*, en été, mange des poivrons**, au printemps, des radis*** et des avocats en toute saison !

Donc, visons bien le convoi de septembre, celui qui nous remettra dans les rails diététiques ! Et si on le rate, c’est pas grave, on prendra le suivant ! De toutes façons, les saisons n’ont pas besoin de nous pour reproduire leur admirable refrain. On peut continuer à dormir sur nos deux oreilles jusqu’au repos final.

* Kiwi : concentration élevée en vitamine C, carotène et polyphénols, neutralisant les radicaux libres et limitant leurs effets néfastes sur les cellules.
** Poivron : riche en vitamine C. 80 grammes suffisent pour les besoins quotidiens.
*** Radis : plus ils sont piquants, plus ils contiennent de soufre, ayant des effets protecteurs contre le cancer.

 
 
 
 
 

Texte : « Delphine et Marinette »
Photographies : « Kir y Est »

 



 
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