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Angioplastie : rassemblement de plus 2000 personnes de tous horizons ce jour

23 juin 2017 - Centre Hospitalier Chalon

Coronarographie-angioplastie au Centre Hospitalier de Chalon-sur-Saône
Communiqué de presse du 23 juin 2017


La Commission Médicale d’Etablissement du Centre Hospitalier William Morey informe qu’un
important rassemblement de soutien s’est tenu vendredi 23 juin 2017 dans le hall de l’hôpital, avant
le Conseil de Surveillance.


 

Il a réuni 2000 personnes de tous horizons : parlementaires, maires de nombreuses communes
environnantes, patients et associations de patients, usagers et associations de représentants
d’usagers, professionnels de santé, personnel du centre hospitalier William Morey et des hôpitaux
voisins et leurs représentants syndicaux, sympathisants et familles.
Le Président de la CME, le Dr DELLINGER, a expliqué de nouveau les enjeux de cette autorisation
soixante-douze heures après l’annonce du rejet du dossier par l’Agence Régionale de Santé et la
demande immédiate des parlementaires d’une entrevue avec Madame la Ministre des Solidarités et de
la Santé. Il a également remercié l’ensemble des soutiens et les 22 000 signataires de la pétition
remise au représentant de l’ARS lors du Conseil de Surveillance.
Les organisations syndicales, CGT et FO, M. CHALLOT et Mme PILLON, ont appelé à la poursuite
de la mobilisation et à la participation au débat public qui se tiendra le mardi 27 juin 2017
à 19 heures, dans la salle du Clos Bourguignon à Chalon.
Le Président du Conseil de Surveillance, M. PLATRET, a conclu le rassemblement en insistant sur le
caractère exceptionnel de la mobilisation de l’ensemble des forces vives du territoire. Il a annoncé la
proposition au Conseil de Surveillance d’une motion en faveur d’un recours hiérarchique auprès de
Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé à l’encontre de la décision de l’Agence Régionale de
Santé du 31 mai 2017.
La mobilisation continue donc.Rassemblement de soutien du vendredi 23 juin 2017


Discours du Docteur Arnaud DELLINGER
Président de CME


Mesdames, Messieurs,


Le 26 mai, décision était prise de porter dans l’espace public la place
de la coronarographie et de l’angioplastie à Chalon.
Un mois plus tard, nous sommes rassemblés pour répondre à la
publication le 20 juin, du rejet de notre dossier par l’Agence Régionale de
Santé.


Tout d’abord merci à chacun d’entre vous personnellement. Merci à
chacun d’entre vous d’être là, merci de vous être rendu disponible pour
défendre ensemble un besoin légitime de santé publique.
Merci aux patients et à leurs associations, merci au personnel et aux
syndicats, merci au personnel des établissements voisins, merci aux
usagers et à leurs associations. Merci aux nombreux élus : maires,
conseillers municipaux, communautaires ou départementaux, députés,
sénateurs. Enfin merci aux nombreux soutiens individuels.


La Saône-et-Loire
Qui n’a traversé la Saône-et-Loire que du Nord au Sud, de Chagny à
Macon, en 45 minutes d’autoroute, n’a pas vu grand-chose de cette terre.
Il faut l’avoir traversée d’Est en Ouest, de Louhans à Autun, lentement, en
90 minutes, pour comprendre son étendue et sa diversité. Il faut avoir
sillonné ses routes. Mais c’est au Mont Saint Vincent, par une claire
journée de printemps, qu’il faut admirer et observer calmement cet espace
travaillé par l’homme. Les villes de Montceau et du Creusot montrent la
force industrielle de cette terre. La côte viticole cache Chalon au regard
mais, au loin, le Jura laisse deviner à ses pieds la Bresse.
La population y est éparpillée dans un réseau de villes moyennes, et
des dizaines de villages autour de deux villes principales, connectées à la
Saône et à l’autoroute, Macon et Chalon. Les deux tiers de la population
vivent au Nord. Quatre villes du Nord de la Saône-et-Loire sont dans les dix
premières de Bourgogne. Cette structure de réseau est une originalité
parmi les départements français.Ce vaste territoire est également l’objet d’une autre originalité
autour de la coronarographie - angioplastie. 350 000 habitants n’ont pas
sur leur territoire un équipement de base de la pratique cardiologique,
équipement de base depuis de nombreuses années. En effet, en 2012, les
recommandations médicales internationales ont affirmé d’abord que la
désobstruction mécanique de l’artère cardiaque bouchée était supérieure
au traitement par médicament ; ensuite ces recommandations ont insisté
sur le fait que le délai entre le diagnostic d’infarctus par
l’électrocardiogramme et la désobstruction de l’artère ne devait pas
dépasser 60 à 90 minutes pour sauver le maximum de muscle cardiaque.


L’Agence Régionale de Santé
L’Agence Régionale de Santé (ARS) a financé en 2013-2015 un
travail en profondeur d’analyse et d’optimisation des organisations entre
les hôpitaux d’Autun, de Montceau et de Chalon, pour constituer une
Communauté Hospitalière de Territoire. Elle a élargi cette perspective en
2016 aux établissements de Sevrey, Louhans, Chagny, La Guiche et Toulonsur-Arroux, pour former le Groupement hospitalier de Territoire Nord Saône-et-Loire Bresse Morvan.


Dans le cadre de ce travail, l’organisation des soins
cardiovasculaires a semblé rapidement une évidence : un quart des décès,
un tiers des urgences. Tout plaidait pour une réflexion sur cette filière de
soins. C’est donc le fruit de ses propres travaux, financés par elle, qui ont
conduit l’ARS à reconnaître un besoin exceptionnel de coronarographie -
angioplastie dans le Nord Saône-et-Loire en juillet 2016. Le centre de
Chalon a été autorisé à déposer un dossier en novembre 2016. Et pourtant,
six mois plus tard, l’ARS décide le 31 mai le rejet du dossier de Chalon
parce qu’il ne formalise pas assez la coopération avec les hôpitaux voisins
de Dijon et Macon. Pourquoi une telle attitude ? Pourquoi un tel
revirement ?


La coopération et les hôpitaux voisins
La coopération, parlons-en : coopérer veut dire « faire avec »,
« faire œuvre commune », « agir ensemble ». Le projet de l’ARS en 2016 de
faire agir ensemble les hôpitaux de Macon, Chalon et Dijon était louable.


Dans les faits, les hôpitaux de Macon et de Dijon se sont opposés à la
reconnaissance du besoin exceptionnel et ont déposé aux côtés des
cardiologues du centre privé de Dijon des recours au Tribunal Administratif
contre l’arrêté de l’ARS de juillet 2016. Certes, des réunions mensuelles se
sont tenues mais elles ne devaient pas parler de coronarographie -angioplastie. Certes, nous nous sommes rencontrés entre les différents
hôpitaux, mais toutes les propositions de coopération avec la création d’un
site de coronarographie-angioplastie à Chalon ont été refusées
systématiquement.


Le 16 mai 2017, il a été proposé par les hôpitaux de Dijon et de
Macon, avec l’accord de l’ARS, que les bénéfices de l’angioplastie au CHU
de Dijon servent à compenser le déficit structurel de l’Unité de Soins
Intensifs Cardiologiques de Chalon en échange du renoncement à
l’ouverture de la coronarographie - angioplastie. Il s’agissait d’une
« dernière proposition très généreuse ». Est-ce une pratique hospitalière
habituelle qu’un CHU compense le déficit d’un service d’un hôpital voisin ?
La Saône-et-Loire est le département le plus peuplé de la
Bourgogne Franche-Comté. Il peut accueillir deux centres. L’ouverture du
centre de Chalon diminuera l’activité du centre de Macon, mais sans le
compromettre, et la plupart des départements français de cette taille et de
cette population ont deux voire trois centres. Les centres de Dijon verront
leur activité réduite de façon plus significative (de l’ordre de 200 à 300
actes en moins par an et par centre), mais aucun ne serait en péril. Alors
pourquoi cette obstruction ? Pourquoi ce refus de coopération autour d’un
site à Chalon ?


 

Le temps des questions
Les soignants ne savent pas répondre à ce type de question. Leur
métier est autre. Leur métier est de répondre à d’autres questions:
« Pourquoi ai-je mal ? », « Pourquoi ce traitement ? », « Puis-je reprendre
le travail après mon infarctus? ». Mais ils ne savent pas répondre au type
de questions que j’ai évoqué tout à l’heure. De nombreuses personnes
dans la population s’interrogent. Des journalistes s’interrogent. Leur travail
a commencé et va se poursuivre : rencontrer, écouter, observer, comparer,
analyser, dénoncer éventuellement. Un jour, les journalistes dont c’est le
métier, répondront à ces questions : Pourquoi une telle attitude de l’ARS ?
Pourquoi un tel revirement ? Pourquoi cette obstruction ? Pourquoi ce
refus d’ouverture d’un centre à Chalon ? Pourquoi tant de violence dans les
propos ?


La mobilisation
La mobilisation se fait autour d’une Unité de Soins Intensifs
Cardiologiques dite USIC adaptée aux soins de son temps, capable d’attirer
et de retenir les jeunes cardiologues au centre hospitalier William Morey,
mais aussi dans la ville et dans les villes alentour.Parce que nous croyons à la vie et à la joie, parce que le soin c’est
redonner vigueur et joie, nous chanterons bientôt le besoin de la
coronarographie sur l’air de « Si j’avais un marteau ».


Parce que nous croyons à la solidarité, nous avons cultivé le
rassemblement. Ce rassemblement est matérialisé par ces signatures
amassées lors des marchés, des fêtes, dans les cabinets de soins et dans
tant d’autres lieux. Merci à tous. Nous souhaitons remettre les pétitions
(22 000 signatures à ce jour) à l’ARS, si elle est présente, au début du
Conseil de Surveillance qui se tient aujourd’hui à 14 heures. Si l’ARS n’est
pas là, la pétition continuera.


Parce que nous sommes inquiets aussi, nous travaillerons mardi 27
juin avec un brassard noir dans l’établissement et nous prendrons 30
minutes dans les services et les salles de consultations pour expliquer la
situation et ses risques.


Parce que nous sommes de plus en plus nombreux, parce que
l’hôpital doit rester un lieu de calme et de soins, notre prochain
rassemblement se tiendra en ville le mardi 27 juin à 19 heures, dans la salle
du Clos Bourguignon à l’initiative des syndicats CGT et FO du personnel du
centre hospitalier.


Synthèse
N’ayons pas peur ! Ne doutons pas ! Notre ambition pour le centre
hospitalier et le Nord de la Saône-et-Loire est légitime :
- Une USIC équipée pour les malades cardiaques en
complément de celle de Macon ;
- Une USINV traitant les attaques cérébrales pour toute la
Saône-et-Loire avec l’aide de la télémédecine ;
- Un Centre Hospitalier, site-pivot du GHT, au service des
hôpitaux qui l’entourent ;
- Une coopération avec le CHU de Dijon, sur une base
assainie, pour l’expertise et la chirurgie cardiaque en
particulier.


Le choix
Le temps des discussions dans le huis clos des salles de réunion est
terminé. Le temps des explications de ce dossier compliqué est terminé. Le
temps des décisions est venu.L’ARS a pris une direction mortifère avec le refus de l’autorisation
de coronarographie et d’angioplastie à Chalon. Elle crée l’incertitude sur
l’USIC, l’USINV, et les coopérations inter-hospitalières. Cette fermeture
possible de l’USIC conduira à la présence de 8 lits à Macon pour les 550 000
habitants de Saône-et-Loire, alors qu’il existe 30 lits d’USIC en Côte d’Or
pour 500 000 habitants.


Nous appelons au contraire à une direction de vie et de progrès
avec l’installation de la coronarographie - angioplastie à Chalon. Cette
direction passe par une réponse favorable, sans condition, au dossier
déposé par Chalon en novembre 2016 et par une inscription claire et
garantie de cette autorisation dans le Plan Régional de Santé actuellement
en cours de rédaction. La coopération entre Dijon, Macon et Chalon
viendra naturellement ensuite. Elle rétablira le travail commun pour la
prise en charge et le traitement des malades victimes d’affections cardiovasculaires.


Conclusion
L’intervention rapide et coordonnée de Mesdames et Messieurs les
Parlementaires auprès de Madame la Ministre des Solidarités et de la
Santé et la réaction vigoureuse de Monsieur le Président du Conseil de
Surveillance montrent clairement que le combat commence.


La Saône et Loire ne peut rester une exception cardiologique.
Le respect de la décision de l’Etat demande la justice, l’équité,
l’indépendance et la transparence de sa décision. Ces conditions sont-elles
actuellement réunies ?


Les faits sont là : nous sommes 2000 présents, nous sommes 22 000
signataires, nous sommes 350 000.


Ayons confiance dans l’avenir. Restons fermes dans notre
détermination. Nous gagnerons.


Je vous remercie.

 
 
 
 


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