André Gide est un écrivain dont certaines œuvres sont bien connues comme Les caves du Vatican ou Si le grain ne meurt, En 1947, il a été récompensé pour l’ensemble de son travail par un prix Nobel, distinction qui n’est certes pas toujours synonyme de qualité, mais qui fut en l’occurrence amplement mérité et justifié. Pour moi, par contre, le meilleur d’André Gide est ailleurs, il est dans son journal, il est dans ses articles sur des faits divers, il est dans son regard sur l’URSS, sur le Tchad, sur les assises… J’ai, par exemple, été passionné depuis longtemps par sa façon de raconter La séquestrée de Poitiers. C’est pour cela que j’ai immédiatement acheté ses Souvenirs de la cour d’assises, d’autant plus qu’il était édité dans la collection Folio 2 €…Nous sommes à Rouen en 1912 et André Gide se retrouve dans un jury d’assises. Cela lui permet de pénétrer quelques affaires judiciaires, de voir le travail de la justice de l’intérieur, de comprendre les difficultés et les à priori des autres membres du jury, enfin, il mesure les motivations des coupables, à défaut de les comprendre entièrement. Il profite de cette expérience pour proposer quelques pistes de réforme pour les cours d’assises, avec prudence et avec un seul précepte en tête : Ne jugez point !
Certains pourraient être surpris de voir André Gide citer une phrase évangélique pour ouvrir son témoignage d’assises, mais pour ceux qui le connaissent un peu c’est plus que normal. André Gide est un écrivain qui a été pétri de christianisme de par son éducation et qui va toute sa vie être confronté à des tensions internes fortes, voire mortelles. Il voudrait à la fois s’affranchir de son éducation mais il demeure attaché viscéralement à cette foi familiale. Il souhaite respecter cette morale ancestrale et, en même temps, pouvoir vivre son homosexualité en paix. Enfin, son attirance bien réelle pour les jeunes hommes lui posera question jusqu’à la fin de sa vie sans l’empêcher pour autant de consommer périodiquement…
Dans ce recueil d’affaires judiciaires – on peut présenter ainsi ce petit ouvrage – on perçoit plusieurs tendances fortes de l’auteur. Tout d’abord, comme beaucoup de gens de son époque, André Gide crée un lien, même inconsciemment, entre pauvreté et crime. Comment une personne riche et cultivée pourrait bien commettre un crime ? C’est presque inconcevable ! Ensuite, on trouve l’idée que le crime est toujours le signe visible d’un responsable mauvais accompagné d’êtres plus faibles. Pour Gide, la justice devrait faire preuve de clairvoyance en ne punissant pas de la même façon les uns et les autres, et ce n’est pas toujours le cas, y compris quand il est membre du jury. Enfin, il constate que certains membres du jury sont très influençables par les juges. Il trouve que c’est dommageable pour qu’une véritable justice soit rendue. Il va même dans une affaire tenter d’aller plus loin dès le verdict donné en écrivant au juge pour tempérer un jugement rendu…
Oui, André Gide est attaché à la justice, celle avec un grand J, celle qui doit réconcilier les hommes entre eux, celle qui protège les victimes, condamne les criminels dangereux pour les autres, celle qui donne une seconde chance aux faibles, celle qui ne s’acharne pas sur les criminels-victimes… Oui, André Gide est idéaliste et humaniste, mais ce n’est pas grave, c’est grâce à ce genre d’utopie que l’on fait changer le monde et cela me rend l’auteur encore plus sympathique…
Voilà, un très bon petit ouvrage qui sera classé par les uns dans l’histoire, par d’autres dans la philosophie ou la sociologie, par moi en témoignage de ces années qui précèdent la Grande Guerre. C’est aussi un excellent document de travail pour mon cours sur la narration des faits divers…
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Souvenirs de la cour d’assises
André Gide
Folio
ISBN : 9782070359950

Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, le titre semble parfaitement juste car ce sont bien des fadaises que l’on va retrouver dans cet ouvrage. Il est possible que je m’emporte un peu donc je vais essayer de bien vous présenter l’ouvrage et exprimer de façon la plus précise qui soit pourquoi je suis resté septique et dubitatif face à ce regard global sur notre histoire de France.
La taille d’un ouvrage n’est jamais un critère de qualité, écrire fort en peu de lignes est souvent même signe d’une maitrise de l’écriture plus que dans le cas d’un roman volumineux et sans relief… Mais passons sur ces éléments généraux et peu pertinents pour préciser que l’ouvrage de Cathy Ribeiro est d’une qualité certaine probablement d’une façon inversement proportionnelle à la taille… En clair, un petit roman intense…

Dominique
Quessada est un philosophe mais il est difficile à classer avec précision car
il est aussi un communiquant, un touche à tout, un critique de la société, un
homme qui pense de façon libre et indépendante… D’ailleurs, la difficulté à le
faire tenir dans une boite, dans une école de penser, dans une mouvance
politico-sociale montre à quel point il a réussi : il est d’ici et d’ailleurs,
point barre !
Un texte sublime et extraordinaire que je vous conseille de redécouvrir avec vos yeux d’adultes. Tout vous semblera différent et je vous laisse choisir vos héros et vos méchants, si toutefois vous estimez qu’il faut encore classer ainsi les personnages d’un roman, d’une vie, d’une humanité…




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