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vendredi 10 février 2012

Bonne Fête Arnaud

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entre nous - chalon sur saone

Entre-nous : parlons livres

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Lire à CHALON : La vie sous rayonnements

 Yann, le narrateur du dernier roman d’Elisabeth Filhol (1), est ce que l’on appelle un DATR - « directement affecté aux travaux sous rayonnements » - ou, si l’on préfère, un « nomade du nucléaire », nom retenu par la presse pour désigner ces ouvriers contraints de se déplacer d’une centrale à une autre des 19 centrales qui alimentent le réseau EDF, « afin que tout un chacun puisse consommer, sans rationnement, sans même y penser, d’un simple geste ». Concrètement, le métier de Yann consiste à nettoyer les réacteurs de ces dernières lors « des arrêts de tranches », c'est-à-dire lorsqu’elles s’arrêtent afin que soient effectués une maintenance du réacteur et un rechargement en combustible.


Le monde quasi exclusivement masculin des DATR, habitués à travailler dans des conditions qui laissent songeur, se divise en deux grandes catégories : celle des « gars valables qui jouent à se détruire à petit feu, tu ne sais pas pourquoi » et celle de ceux qui travaillent pour vivre en vendant leur corps au prix du kilo de « viande à rem », l’ancienne unité de mesure des radiations sur un organisme, devenue le sievert. Pour les premiers, ce qui compte, « c’est le danger, la certitude tous les jours de pouvoir se mettre en danger, qui n’est pas à la portée de n’importe quelle tâche dans une industrie quelconque ». Pour les seconds, il s’agit surtout de ne pas « recevoir la dose de trop, celle qui va vous mettre hors jeu jusqu’à la saison prochaine » : « vingt millisieverts, la dose maximale d’irradiation autorisée sur douze mois glissants ». Et lorsque cela arrive, qu’ils deviennent « le cas sur lequel on déroule la procédure » tout s’effondre : « douze mois ferme » sans pouvoir travailler.

Pour les uns comme pour les autres, et même si la question du logement ne cesse jamais de se poser avec une certaine acuité– trouver « quelque chose de correct à un prix raisonnable » –, il n’est jamais difficile de trouver du travail : les agences d’intérim, « qui poussent autour des centrales comme des champignons », les accueillent à bras ouverts. Ne reste plus, après, pour certains, qu’à trouver le moyen de satisfaire ce besoin essentiel de « se mettre en roue libre de la pensée », pour que « les mauvaises pensées ne reviennent pas en force » et prévenir « un engagement massif de tout le corps contre la volonté ». Le moyen, en quelques mots, de trouver le courage de perdre sa vie à la gagner, soit une bien triste perspective, dont Elisabeth Filhol, avec une très belle langue, sait nous faire partager tout le tragique.


SAMUEL BON


(1) Elisabeth Filhol, La centrale, P.O.L, 2010, 141 p, 14, 5 €
 
 
Imprimer - - par BON Samuel - 9 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON : un film d'animation au service des livres

Une fois n'est pas coutume ce n'est pas un livre que nous vous présentons mais un film. Et même un film d'animation dont le sujet principal est justement le pouvoir des livres : The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore.

C'est l'aventure de Morris Lessmore qui, après un ouragan, se retrouve catapulté dans un monde ou les livres prennent magnifiquement vie. Plein de poésie et d'une beauté époustouflante (ahhhh la bibliothèque...) ce court-métrage est inspiré par Le Magicien d'Oz et l'univers de Buster Keaton. Les réalisateurs William Joyce et Brandon Oldenburg du Moonbot Studio rendent hommage au gens qui vouent leur vie aux livres et qui y trouvent satisfaction.

  Un conseil, passez en plein écran !

The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore from Moonbot Studios on Vimeo.

 


Ce film a déjà été primé plusieurs fois et nominé à l'Oscar du Meilleur court-métrage d'animation

Imprimer - - par @Léo - 8 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON : Les anges déchus de Matignon parlent

Léon Salers l’a très bien fait remarquer, l’intérêt des livres de Raphaëlle Bacqué ne saute pas toujours aux yeux [1]. Ce n’est toutefois pas le cas de L’enfer de Matignon, recueil d’entretiens avec d’anciens premiers ministres [2].

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En rapportant les propos tenus par nombre de ceux qui ont occupé la fonction de Premier ministre, Bacqué entendait-elle démontrer qu’il est temps d’en finir avec ce « poste harassant », ce « truc infernal où », d’après J. Chirac, « l’on n’a plus le temps de penser »?

Dans la mesure où l’on ne sait jamais trop où l’auteur veut en venir dans ses bouquins [1], rien n’est moins sûr. C’est en tout cas la question qui effleure très rapidement le lecteur. Faut-il en finir avec la fonction de premier ministre ? Doit-on remettre en cause ce « principe si français qui veut que l’exécutif ait deux têtes » ?

S’il n’est pas aisé de répondre ces questions, les méditer, ce qu’invite à faire ce recueil, n’est certainement pas inutile. Cela l’est d’autant moins que l’on a semble-t-il définitivement rompu avec l’idée que de Gaulle se faisait du rôle du Premier ministre : celle d’un fusible entre le président de la République et le peuple.

Lionel Rouve

[1] /lire_Lire-a-CHALON-_-Le-dernier-mort-de-Mitterrand-de-Raphaelle-Bacque,2303ad3cbcd93d56be5993f95ae820516d37651a.html
[2] L’enfer de Matignon. Ce sont eux qui en parlent le mieux, Points, 2010, 318 p, 7 €

 
Imprimer - - par Lionel Rouve - 5 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON : Une nouvelle Exégèse des lieux communs ?

Raphaël Liogier, professeur de sociologie et de philosophie de la connaissance à Sciences Po Aix-en-provence, n’est pas très connu du grand public. A en juger par son dernier livre, Les évidences universelles [1], il gagnerait pourtant à l’être.

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Qui, aujourd’hui, prend encore la peine de lire Léon Bloy, « pamphlétaire, romancier, ‘’ entrepreneur de démolitions’’, qui tourmenta ses contemporaines avec (…) violence » [2] ? A part Sébastien Lapaque, il n’y a probablement guère d’inconditionnels de ce féroce imprécateur. Quant à ceux qui savent ou se souviennent qu’il est l’auteur d’une remarquable Exégèse des lieux communs [3], publiée en 1911 pour « obtenir le mutisme du Bourgeois », « c'est-à-dire l’homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou paraît vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit », ils sont sans doute encore plus rares : rarissimes.

Faut-il le regretter ? Dans la mesure où l’irascible périgourdin n’avait pas son pareil pour étriller les poncifs bourgeois et qu’il serait dommage de quitter ce monde sans avoir fait l’inoubliable expérience de son style proprement hors du commun, il n’y a sans doute guère de motifs de se réjouir qu’on ne lise plus Léon Bloy. A la limite, que l’on continue d’ignorer celui qui fut l’un des plus grand écrivains notre langue, c’est même, quelque part, profondément inquiétant.

Cela étant, peut-être ne faut-il pas trop dramatiser. En effet, il n’y a pas que Bloy qui sache étriller avec talent ces multiples lieux communs, « bourgeois » ou non, qui envahissent les cerveaux. Raphaël Liogier, par exemple, dans un ouvrage inspiré par ses émissions de radio diffusée sur France Culture durant l’été 2007, parvient à merveille à réduire en cendres ceux qui, aujourd’hui, nous empêchent de nous « adapter, changer, évoluer, surmonter les difficultés, résoudre les problèmes, comprendre l’imprévu », bref, d’être moins cons et bornés qu’à l’accoutumée.

Sans doute, le style est-t-il moins emporté que celui de Bloy, plus académique. Il ne faut toutefois pas s’y tromper : l’extrême classicisme dans lequel l’ensemble est rédigé recèle une critique pour le moins radicale et rafraichissante de ces idées reçues qui nous empêchent trop souvent de voir plus loin que le bout de notre nez, et dont on gagnerait vraiment à se débarrasser.

De là à dire que Liogier a, cent ans après Bloy, écrit ce que l’on pourrait qualifier de « nouvelle Exégèse des lieux communs », c’est à vous de voir…

Lionel Rouve

[1] Editions de la Librairie de la Galerie, 2011, 213 p 18 €
[2] Malheur aux riches !, Anthologie présentée par Sébastien Lapaque, J’ai lu, coll. « Librio », 2002, p 52, 2 €
[3 Rivages poche, coll. « Petite bibliothèque », 2005, 9 € 50
 
Imprimer - - par Lionel Rouve - 4 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON : "La Stratégie du Choc" - Naomi Klein (vidéo)

Nouvelle rediffusion.... pour raison d'actualité

Premiere parution en 2008

Naomi KLEIN vous connaissez ? NO LOGO son précédent opus avait décrit la stragégie des marques pour s'imposer au niveau mondial avec une seule règle, le profit.


Là, loin des théories du complot,  il s'agit pourtant toujours de dictatures...

Qu'y-a-t-il de commun entre le coup d'état de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, le naufrage de l'épopée Solidarnösc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l'Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri-Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l'année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux - Abou Ghraib ou Guantanamo, aujourd'hui ?


Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l'avènement d'un « capitalisme du désastre. »

Une vidéo pour mieux comprendre :  

 

Imprimer - - par @Léo - 3 fév 2012 - 2 commentaires - Réagir

CHALON : La lecture profite du froid ?

 Est-ce l'arrivée du froid, mais cette semaine aura été particulièrement fertile en publications consacrées à la lecture. De nouveaux rédacteurs de talent se sont donnés rendez-vous sur vivre-a-chalon pour vous proposer des lectures pour tous : romans, essais, économie, politique…

 

Qu'est-ce qu'on est bien au chaud lorsque le livre est bon !

 

thema » Lire à CHALON : Économie - L'Europe par le marché ?
entre nous » Lire à CHALON : Un formidable roman au coeur d'une droite extrème
entre nous » Lire à CHALON - Le réel selon Jean Dobritz
entre nous » Lire à CHALON : La guerre du goût a déjà lieu...
entre nous » Lire à CHALON - Le réel selon Nathalie Kuperman
entre nous »

Lire à CHALON - Pour ceux qui aiment le cinéma 

 

Et aussi :

La Stratégie du Choc" - Naomi Klein (vidéo)

 

Imprimer - - par @La Rédaction - 2 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON - Pour ceux qui aiment le cinéma

Le livre d'Yves Boisset , " La vie est un choix " , par l' auteur de Dupont Lajoie , le Prix du danger et autres grands films ...

Anecdotes, parcours de vie , très très bien .... j'adore ce cinéaste !

 
Imprimer - - par melle lise - 2 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON : Le dernier mort de Mitterrand, de Raphaëlle Bacqué

Le moins que l’on puisse dire du livre de Raphaëlle Bacqué, journaliste au Monde, est qu’il est fort bien écrit. En effet, une fois ce dernier commencé, l’on ne vaque à d’autres occupations qu’une fois celui-ci achevé.

Cela étant dit, il faut bien noter qu’on ne résiste pas au besoin de s’interroger, une fois le livre refermé, sur l’intérêt que peut revêtir, pour le lecteur, l’histoire de cet homme profondément pitoyable qu’était François de Grossouvre, sorte de « ministre de la vie privée » de François Mitterrand. Que ce Père Joseph de vaudeville n’ait trouvé d’autre issue à sa souffrance que celle consistant à se faire un jour sauter le caisson en plein cœur de l’Elysée, c’est bien triste, c’est vrai, pour tous ceux qui restent : la famille, sa maîtresse, les chevaux, etc.

Mais au fond, la mort de cet homme, à l’heure où grondent d’inquiétants orages, menaçant de nous rendre à tous la vie intenable, n’a-t-elle pas toutes les qualités requises pour nous indifférer ? Bien évidemment ! Mais pourquoi, alors, se retrouve-t-on quand même captivé par le récit de la descente aux enfers de ce suicidé que l’on était tous, ou presque, sur le point d’oublier ? Le seul intérêt que l’on peut trouver au livre de Raphaëlle Bacqué réside peut-être dans la réponse que chacun d’entre nous ferait à une telle question. Mais pas sûr, alors, que cela vaille la peine de se séparer de dix-huit euros, que l’on pourrait utiliser à meilleur escient…

Raphaëlle BACQUÉ, Le dernier mort de Mitterrand, Grasset/Albin Michel, 2010, 238 p, 18 €

 
Imprimer - - par Léon Salers - 1 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON - Le réel selon Nathalie Kuperman

La fonction historique du roman – montrer le réel tel qu’il ne va pas – connaîtrait-elle un regain d’intérêt ? A lire Nathalie Kuperman [1] et nombre d’autres romanciers, on pourrait le penser.

……………………

Eugène Delacroix l’avait relevé dès juin 1844 [2] dans son incontournable Journal, les Français abusent depuis longtemps de l’esprit : « ils en mettent partout dans leurs ouvrages, ou plutôt ils veulent qu’on sente partout l’auteur, et que l’auteur soit homme d’esprit et entendu à tout ; de là ces personnages de roman ou de comédie qui ne parlent pas suivant leurs caractères, ces raisonnement sans fin étalant de la supériorité, de l’érudition, etc. »

Ces dernières années, la prolifération de déjections intimistes portant le nom de « romans » laissait même à penser que cette tare s’apprêtait à devenir l’horizon indépassable d’une littérature française bien mal en point.

Fort heureusement, il semblerait que cette triste époque soit sur le point de connaître un salutaire crépuscule. Ce qui pourrait conduire à le penser ? La publication, depuis quelques années maintenant, de romans où l’auteur s’efface délibérément, cela pour mieux laisser vivre des personnages qui ont beaucoup à nous apprendre du monde dans lequel nous survivons, fort péniblement de surcroît.

Un exemple ? S’il ne fallait citer qu’un seul de ces ouvrages, ce serait, sans hésiter, celui dans lequel, grâce à la singulière façon qu’elle a de raconter la reprise d’un groupe de presse par un acquéreur particulièrement antipathique, Nathalie Kuperman permet au lecteur de saisir le mode opératoire de processus trop régulièrement à l’œuvre depuis quelques temps : ceux qui, prompts à nous priver violemment de notre emploi, peuvent aller jusqu’à faire de nous des fauves, bien plus rudes et sauvages que ces loups qui, au moins, ont suffisamment de « politesse instinctive pour ne pas se manger entre eux » [3].

Bien qu’issu de son « expérience lors de la cession de Fleurus Presse, qu'elle a quitté (…) dans des conditions épouvantables » [4], l’ex-salariée Kuperman se détache complètement de son vécu pour mieux nous livrer un récit à la narration originale, agréable à lire, plus soucieux de nous montrer un réel qui ne va pas, que l’esprit d’un auteur, qui a le fort bon goût de ne point en abuser. Bref, à lire.


Lionel Rouve



[1] Nathalie KUPERMAN, Nous étions des êtres vivants, Gallimard, 2010, 203 p. 17 €
[2] Journal, 1822-1863, Plon, 1996, 942 p, 28 €
[3] Guide du protocole et des usages, Le livre de poche, 2008, p 79
[4] D. C., « Voici le roman d’entreprise », Nouvel Obs., 26.08.2010
 
Imprimer - - par Lionel Rouve - 1 fév 2012 - Réagir

Lire à CHALON : La guerre du goût a déjà lieu...

Jean-Claude Barbeaux, journaliste, signe un très bon roman, qu’il faut lire, pour au moins deux bonnes raisons.
……………………………………………
Le monde du fromage est en pleine guerre : celle que livrent de grosses firmes à de petits producteurs traditionnels d’AOC [1], qui, tels certains Gaulois d’une BD bien connue, résistent en refusant de renoncer à ce qui distinguera toujours le véritable fromage de ces pales copies que l’on trouve en grande surface : le lait cru. En peu de mot : une guerre du goût.

Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette dernière, on peut, pourquoi pas, taper dans le rébarbatif : les ouvrages pour « happy few », rédigés par d’incompréhensibles spécialistes, dont on taira le nom par charité. On peut aussi visionner l’excellent film documentaire de Joël Santoni et Jean-Charles Deniau : Ces fromages qu’on assassine [2]. On peut enfin, et c’est la solution qu’on serait plutôt enclin à préconiser, lire le savoureux roman du journaliste franc-comtois Jean-Claude Barbeaux : Panique à la fromagerie [3].

Pourquoi faudrait-il se jeter sans modération sur ce dernier ? Tout d’abord, parce que la plume de Barbeaux, plus qu’agréable à lire, sait indiscutablement communiquer le charme que peut exercer sur l’ « étranger » aux terres comtoises un contact prolongé avec les montagnes et les habitants du « Haut », cette drôle de France qui s’étend aux alentours de Pontarlier, ville humainement chaleureuse, climatiquement glaciale.

Cela énoncé, s’il ne faut surtout pas résister à la tentation de lire cette fiction, c’est aussi parce qu’au travers d’une histoire bien ficelée, Barbeaux parvient, cela en toute simplicité, à présenter au lecteur toute la panoplie de méthodes, plus que « border line », qu’utilisent désormais les entreprises pour mener de vastes opérations de déstabilisation de leurs concurrents. Bref, parce que c’est, en quelques mots, un très bon roman, de ceux qui n’ont pas fini de nous interroger.

Lionel Rouve

[1] Appellation d’origine contrôlée.
[2] Editions Montparnasse, (2007) 2010, 120 mn.
[3] Editions Cabédita, 2009, 136 p, 19 €
 
Imprimer - - par Lionel Rouve - 29 jan 2012 - Réagir

Bourgogne : Prix Interrégional Jeunes Auteurs 2012

Le Conseil Régional de Bourgogne organise le Prix Interrégional Jeunes Auteurs (PIJA) afin d’encourager la création littéraire. Cette année, les candidats se confronteront au théâtre (pièce en un acte) et au style épistolaire.

- Prix : Une somme de 6000 € sera répartie entre les œuvres primées par le jury international et les textes retenus seront publier aux Éditions de l’Hèbe

- Conditions de participation : être âgé de 15 à 20 ans au 25 mai 2012
présenter un texte n’excédant pas 10 pages dactylographiées (corps 12, interligne 1,5, recto), original, inédit, n’ayant bénéficié d’aucune récompense.
autoriser la publication de texte aux Éditions de l’Hèbe.

- Modalités : Le texte sera accompagné du bulletin de participation disponible ci dessous et d’une photocopie de la carte d’identité de l’auteur.
Il sera dactylographié en 7 exemplaires anonymes.
Le titre doit figurer sur la première page et sur le bulletin de participation.
Les textes ne seront pas renvoyés.


Chaque candidat(e) ne peut présenter qu’une seule œuvre par édition :
français langue première, langue maternelle
français langue seconde, langue apprise.

Envoyez vos textes avant le 25 mai 2012 à :

Conseil régional de Bourgogne
Service Vie scolaire et culturelle
17 Bd de la Trémouille
BP 23502
21035 Dijon cedex
Tél : 03 80 44 33 55


En savoir plus : http://www.ijbourgogne.com/spip.php?page=article&id_article=974

 
Imprimer - - par MA - 28 jan 2012 - Réagir

Lire à CHALON - Le réel selon Jean Dobritz

Auteur d’un recueil de caricatures et de dessins particulièrement percutants, le dessinateur Dobritz [1] nous rappelle à tous que le « monde merveilleux de l’entreprise » n’est guère autre chose qu’un mythe, dont on ne saurait jamais trop se détourner.

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Faire comprendre que « la bande dessinée n’était pas réservée aux débiles et aux enfants » [2] n’aura pas été une mince affaire. En effet, il s’en sera passé du temps avant que, dans la salle d’attente de votre coiffeur ou de votre dentiste, comme dans le train, vous osiez lire à découvert un Franquin, Fluide glacial [3] ou bien Psykopat [4]. Philippe Druillet, père de Lone Sloane et cofondateur de la mythique revue Métal hurlant [5], n’exagère d’ailleurs très certainement pas quand il parle de « combat pour une culture » [6]. Fort heureusement, rares sont ceux qui aujourd’hui se demandent encore si la lecture de bandes dessinées rend aussi con que la masturbation rend sourd.


« Fort heureusement », parce que pour faire comprendre en un ou deux battements de cils l’ineffable, rien ne remplacera jamais une bédé, sinon un de ces dessins dont Cabu disait qu’ils devaient être des « coups de poing dans la gueule » : une caricature.


Un exemple ? La violence au sein de l’entreprise, souvent dénoncée, peu disséquée. Pour comprendre cette dernière, on peut lire l'un des derniers romans de Nathalie Kuperman [7]. En effet, une fois lues les deux cents pages de celui-ci, difficile de ne pas comprendre comment et avec quelle facilité déconcertante l’entreprise broie les hommes qu’elle essore au préalable. On peut tout aussi bien feuilleter L’entreprise m’a tuer, du dessinateur Dobritz [8].


Pour ceux qui pour mille bonnes raisons n’ont pas toujours la force ou le temps de bouquiner des ouvrages qu’ils ne peuvent seulement pas toujours s’offrir, ce recueil, d’un montant relativement abordable, permettra de saisir en quelques clins d’œil ce réel qui ne va pas, peu dicible, qui étouffe nombre d’entre nous, un peu plus chaque jour. Bien plus important, il leur rappellera, si d’aventure ils n’y avaient pas songé d’eux-mêmes, que travailler plus, ça reste, à l’heure actuelle, « vivre moins ». Au moment où d’aucuns rêvent encore d’en finir avec la notion même de « durée légale du temps de travail » [9], ce n’est peut-être pas inutile…

Lionel Rouve

[1] http://www.dobritz.fr/
[2] Frédéric Roussel, « Portrait. Philippe Druillet », Libération, 7.01.2011, p 40
[3] http://www.fluideglacial.com/
[4] http://www.psikopat.com/
[5] http://www.bdoubliees.com/metalhurlant/index.html
[6] Ibid.
[7] Lionel Rouve, « Le réel selon Nathalie Kuperman, Royaliste n°980
[8] Hugo BD, 2008, 72 p, 11 €.
[9] http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/01/05/les-35-heures-il-faut-poser-la-question-a-mme-parisot/

 
Imprimer - - par Lionel Rouve - 27 jan 2012 - Réagir

Lire à CHALON : Un formidable roman au coeur d'une droite extrème

Quand il ne pige pas pour l’hebdomadaire de droite qu’est Valeurs actuelles, Jérôme Leroy écrit des livres. Le dernier en date, Le Bloc [1], un « roman noir », réunit nombre de conditions pour séduire les lecteurs de Vivre-à-Chalon.

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« Leroy connaît bien son sujet – peut-être trop bien. » C’est, paraît-il [2], ce qu’un journaliste d’un canard satirique a écrit à propos de Jérôme Leroy qui, dans le roman qu’il a publié à l’automne dernier, nous fait littéralement vivre les pensées de deux militants du Bloc patriotique, « parti qui ressemble beaucoup… au Front national de notre monde bien réel » [3].

Le journaliste en question voulait-il dire que le troublant réalisme du roman de Leroy n’était pas tant le fruit de l’imagination débordante de l’auteur que d’une solide expérience, peu avouable ? Qu’il n’écrivait peut-être pas dans la presse de droite par hasard ? On chercherait à insinuer que cet écrivain a quelques fâcheuses sympathies qu’on ne s’y prendrait en tout cas certainement pas autrement…

Cela étant, est-ce le cas ? Leroy montre-t-il dans son roman quelque complaisance à l’égard de l’extrême-droite ? De l’empathie pour ses deux protagonistes, cela ne fait aucun doute. En revanche, nulle trace d’une quelconque bienveillance à l’égard d’une mouvance qui, sous sa plume, n’est jamais qu’un ramassis de « franc salauds », d’ « ensoutanés » haineux, de « fils de famille fainéants dont certains trouv[ent] dans un engagement à l’extrême-droite le moyen de se donner une contenance dans le monde et de signifier leur appartenance de classe », de skinheads plus ou moins repentis (Stanko), de « grandes gueules alcooliques, les yeux noyés dans le casanis », où s’est égaré un intellectuel, « devenu fasciste à cause d’un sexe de fille » : le fascinant Antoine Maynard. Inutile, donc, de traquer dans ce roman, les « preuves » d’une connivence de l’écrivain avec les eaux troubles dans lesquelles il nous plonge.

Cela posé, pourquoi lire ce roman ? Pour au moins deux raisons. Parce qu’il permet au lecteur rentrant trop vanné du boulot pour se mettre dans la récente étude de la Fondation Jean Jaurès sur « les ressorts du vote FN en milieux populaires » [4], de comprendre pourquoi le parti de Marine Le Pen n’a pas fini, si la gauche n’arrive pas à leur parler de nouveau, d’attirer à lui les classes populaires. Parce qu’il s’agit surtout, et Jérôme Anciberro ne s’y est pas trompé [3), d’un « formidable roman ». Et comme c’est plutôt rare de nos jours, ce serait vraiment dommage de ne pas succomber.

Lionel Rouve

[1] Gallimard, coll. « Série noire », 2011, 296 p, 17,50 €
[2] Le Nouvel observateur, 10.11.2011, p 118
[3] Témoignage chrétien, 20.10.2011, p 27.
[4] http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-essais/Le-point-de-rupture

 

 

 Note de la rédaction de vivre-a-chalon.com :

Notre position de VOUS donner la parole, d'ouvrir nos colonnes virtuelles à des sensibilités très différentes nous conduit à publier de nombreux articles d'horizons très différents en rappelant cet avertissement présent à la une de vivre-a-chalon.com Qui dit quoi ? Qui parle sur vivre-a-chalon.com ?


 

 

 
Imprimer - - par Lionel Rouve - 27 jan 2012 - Réagir

Autour de CHALON - dédicace de Daniel Nicolle- à Tournus - 28/01/12

Séance de dédicace à Tournus à la librairie des Arcades de l'auteur Daniel Nicolle pour son ouvrage : Le Bonheur d’être triste. Petites histoires en Bourgogne.

Il dédicacera son livre le Samedi 28 janvier 2012 à la librairie des Arcades à partir de 10h, 15 rue de la République, à Tournus.

Présentation :
Il existe mille et un moyens de faire sien un territoire, ses paysages et ses habitants. En prêtant attention aux gens, en sondant le passé, en leur composant des mythes, en étant simplement heureux de vivre là, en se souvenant, en les gardant au cœur même dans la distance, en y revenant encore et encore malgré les rythmes que nous impose l’existence.

Toutes choses que font les personnages de ce Bonheur d’être triste et, à travers eux, Daniel Nicolle qui dit ici tout son attachement à la Bourgogne, à ses femmes et à ses hommes.

Nul héros au caractère conquérant ou investi de quelque grande volonté, mais des êtres communs, follement ordinaires, forment la galerie de personnages que suit, le temps d’une narration fugace et épidermique, Daniel Nicolle. Et l’auteur de nous faire côtoyer des êtres au cœur simple, aux désirs souvent humbles, aux âmes attachantes, tout au long d’un recueil dont les maîtres mots sont pudeur, discrétion, affection, bienveillance et émotion.
 
Imprimer - - par MA - 21 jan 2012 - Réagir

CHALON : Prix littéraire des Lycéens et des Apprentis de Bourgogne

 Événement d'importance ce jeudi au lycée Mathias ! En effet dans le cadre du “Prix littéraire des Lycéens et des Apprentis de Bourgogne”, le Lycée Mathias reçoit cette semaine
Hélène GESTERN pour son roman intitulé “Eux sur la photo”.

Cette rencontre aura lieu jeudi 19 janvier à 14 h 30 dans la salle polyvalente du lycée Mathias.

Hélène GESTERN interviendra devant trois classes de lycéens :
- une classe du lycée Mathias
- une classe du lycée du Devoir
- une classe du lycée de Fontaines

Lycée Mathias
3 place Mathias
71 100 CHALON SUR SAÔNE

Pour en savoir plus sur Hélène Gestern:
http://www.arlea.fr/Eux-sur-la-photo
 
Imprimer - - par René BOUDIER - 17 jan 2012 - Réagir





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