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jeudi 24 août 2017

Bonne Fête Barthélémy

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entre nous - chalon sur saone

Entre-nous : parlons livres

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A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

L'été c'est fait pour lire et non faire l'école buissonnière

L’été c’est fait pour lire et l’objectif principal et avoué de cette chronique estivale est de créer chez vous une envie irrésistible de lire. Je suis bien conscient que par goût tous les livres présentés ici ne pourront pas tous vous plaire et vous faire envie… car cela signifierait que vous ayez strictement les mêmes goûts que moi et un monde où nous serions tous identiques serait d’une tristesse absolue ! Mais, si chaque semaine de l’été, votre attention était retenue par un ouvrage, un auteur ou un thème, ce serait déjà magnifique et l’objectif annoncé serait en voie d’être tenu ! C’est pour vous aider que je tente de donner quelques précisions sur la collection, le thème, l’auteur, la tranche d’âge… Mais tout n’est pas si simple !

 

 

Le roman Meurtre à l’école buissonnière fait partie de ces casse-tête du chroniqueur. En effet, le premier réflexe serait de le classer en polar pour adolescent… Point barre ! Seulement, il y a un petit hic…

 

Ben, oui, quand j’étais adolescent – oui, même si cet âge est impossible à cerner avec précision, on l’a tous été à un moment, parfois même pour certains on a eu du mal à le quitter, certains y sont même restés – je ne lisais donc à cette époque que des polars dits pour adultes… Comme je l’ai souvent raconté, alors que j’étais plâtré de façon assez conséquente après une chute dans le jardin – mais c’est une autre histoire – j’ai découvert le bonheur et le plaisir de la lecture avec des auteurs de romans policiers pour adultes, en particulier Agatha Christie et Charles Exbrayat. Ces deux auteurs m’ont temporairement complètement éloigné de la lecture ado et m’ont permis de découvrir que lire était une des plus belles activités humaines… Certains romans restent depuis cette époque lointaine inscrit en lettres d’or dans ma mémoire comme Un meurtre sera commis le… d’Agatha Christie ou Et qu’ça saute de Charles Exbrayat…

 

Mon hésitation est d’autant plus forte que ce roman peut être lu par un très large public. En fait, c’est le roman policier qui n’a que des avantages pour la période estivale. C’est un roman court que l’on peut lire dans le train pour un voyage qui nous rapproche du lieu de villégiature… C’est un roman qui parle de l’école mais de façon très légère en évoquant l’école buissonnière. Or comme les jeunes n’utilisent plus cette expression, seuls les parents et grands-parents vont s’y retrouver. Le héros principal est un jeune garçon, un peu turbulent, aux prises avec une maman qu’il ne comprend pas et donc les jeunes s’identifieront plus facilement à lui… Enfin, tout cela se déroule sur fond d’artiste qui se cherche, de professeur qui veut transmettre son art, d’amitié… ce qui rend le tout très sympathique !

 

Il s’agit bien d’un roman policier et il y aura un meurtre même deux pour être précis. Il y aura bien un coupable, une motivation, des explications… On peut même y mettre un petit peu de racisme, une pincée de bêtise, un chouia de mythomanie, une cuillérée d’amours illégitimes, un soupçon de malchance… Oui, pour que l’on en arrive au crime il faut de tout cela…

 

J’avoue que j’ai beaucoup aimé ce roman de Gérard Morel, un romancier populaire généralement plutôt classé en adulte et après cette lecture j’ai envie de lire au moins son autre roman dans cette collection, Le fils du cascadeur. L’idée d’un bon polar que toute la famille peut lire c’est aussi une façon de relancer les discussions autour de la table, le soir, en fin de repas… et, pourquoi pas, l’occasion de transmettre le goût de la lecture ! Et comme l’été c’est fait pour lire, c’est le moment !!!

 

 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 22 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et crime et musique

L’été c’est fait pour lire et aussi pour fréquenter les festivals de toutes natures, en particuliers ceux qui font découvrir de magnifiques musiques… magnifiques ne signifie pas nouvelles et ce peut être de très vieilles musiques magnifiquement interprétées, bien sûr ! Parfois, et c’est là le grand plaisir du mélomane et du lecteur averti, il peut y avoir croisement des genres et on peut lire en écoutant de la musique, voire lire des romans qui traitent de la musique…

 

 

C’est ainsi que cet été je me suis installé confortablement avec en main le dernier roman de Daniel Michel, Fausse note à la Roque. Pour apprécier au maximum cet ouvrage très bien écrit, il faut que vous ayez, c’est du moins mon avis, un fond musical, du piano par exemple… Pour ce qui est du compositeur, vous pouvez choisir librement et peut-être même qu’en cours de lecture vous aurez envie de changer… et, alors, ne vous privez pas !

 

Pour ce qui est du roman, ne partez avec aucune idée reçue et surtout ne croyez pas tout ce que vous allez lire ou entendre, y compris maintenant. En effet, il se pourrait bien que chacun trouve là le roman qu’il a bien envie de trouver et lire…

 

Certains pourraient très rapidement trouver là un roman psychologique pour faire le point sur sa propre vie. En effet, le groupe de mélomanes que l’on va suivre et qui s’est réuni là pour le festival musical de la Roque – festival international de piano de la Roque d’Anthéron – va vivre sous nos yeux avec de nombreux temps de discussion où chacun fait la connaissance des uns et des autres… A chaque présentation, on voit un personnage parler de sa vie, de ses réussites, de ses échecs, de ses doutes, de ses drames et, obligatoirement, d’une façon ou d’une autre, cela renvoie à la vie de chaque lecteur… C’est en fait très léger, très profond et ces passages forts se lisent avec beaucoup de bonheur même si on peut régulièrement refermer le livre pour prolonger la réflexion…

 

Certains ne verront que la musique et elle est bien présente, je vous l’assure. A travers les différents personnages, en particulier le néophyte Bruno, on va écouter les différentes conceptions de la musique, de la création, de l’exécution, du concert, des différents genres de musique… C’est passionnant et chacun s’y retrouve tant la diversité des points de vue exprimés est grande. On se demande même si l’auteur n’a pas lui-même été dans un groupe de festivaliers et s’il n’a pas enregistré discrètement toutes ces discussions…

 

Certains trouveront là le roman d’un passionné de cette région. La Roque-d’Anthéron est un village aux limites sud du parc naturel régional du Lubéron. On est donc en Provence, au nord de d’Aix en Provence et la région est magnifique. Daniel Michel l’aime visiblement et il nous le prouve durant quelques pages, chaque fois qu’il met en valeur un village, un lieu naturel, une petite montagne, une falaise d’escalade…

 

Oui ce roman est tout cela à la fois et chacun y trouvera ce qu’il veut bien y trouver mais ce n’est pas, soyons précis, ni un polar, ni un roman d’aventures, ni un roman régional… Certains pourront même être déçus d’une fin très ouverte qui laisse la possibilité à tout ou presque, y compris un autre roman qui reviendrait sur le passé mystérieux de Bruno ou Ivan…

 

Comme c’est très bien écrit et passionnant, comme l’été c’est fait pour lire, voilà donc un roman musical qui pourra vous accompagner. Petite information en passant, le festival en question était cette année du 21 juillet au 19 août, donc c’est maintenant terminé, mais pour l’année prochaine, c’est peut-être à intégrer dans votre programme…

 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 20 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et découvrir la moutarde

L’été c’est fait pour lire et découvrir aussi de nombreuses régions, à commencer par la sienne. Je suis toujours surpris que les belles choses à deux pas de chez nous ne soient pas toujours celles que l’on connaisse le mieux.

 

Par exemple, nombre de Chalonnais ignorent la richesse du château de Germolles – pourtant à 12 kilomètres seulement – et n’ont jamais mis les pieds à l’Ecomusée de la Bresse bourguignonne de Pierre-en-Bresse pourtant situé à la même distance ou presque… Oui, mais les monuments n’intéressent plus autant qu’avant ! Oui, mais on pourrait continuer en évoquant ceux qui n’ont jamais bu de Bourgogne, jamais mangé de pochouse, ne savent pas que nous avons des brasseurs locaux de bière et des agriculteurs de qualité ! Oui, le patrimoine de chez nous n’est pas seulement architectural, il peut prendre toutes les formes et toucher tout le monde. Il faut juste prendre le temps de le découvrir et transmettre aux plus jeunes tout cela pour qu’il survive !

 

Dans notre patrimoine régional, nous avons la moutarde de Dijon et plusieurs marques emblématiques. Aujourd’hui, je ne parlerai que de Maille car elle reste une très grande marque même si son côté artisanal a entièrement disparu… En plus, j’ai trouvé un très bel ouvrage sur Maille avec des recettes délicieuses…

 

La première question qui se pose à tout un chacun c’est de savoir pourquoi on faisait de la moutarde à Dijon ? Finalement, la raison est assez simple. Pour faire de la moutarde, il faut deux choses : du verjus et des graines de moutarde. Le verjus est un acide extrait des raisins n’ayant pas mûri et donc une région viticole est particulièrement bien placée pour cela. De plus, le sol calcaire de Bourgogne était très propice à la culture des plants de moutarde…

 

Alors, d’où vient la réputation de cette moutarde de Dijon ? Là, disons qu’il y a un peu de légende car tout n’est pas parfaitement exact ou démontrable, mais il semblerait qu’en 1336, le duc de Bourgogne donne de grandes fêtes en l’honneur du roi Philippe VI de Valois et que l’un des produits qui surprend le plus les invités est cette fameuse moutarde de Dijon, capitale de la Bourgogne…

 

Quelques années plus tard, la Bourgogne envoie deux futs de moutarde au roi Jean et la réputation de notre produit régional semble être construite à tout jamais… Cela fait une légende dorée mais j’aime bien…

 

C’est en 1747 que la première boutique Maille est installée à Paris mais la plus ancienne actuellement encore ouverte est celle de Dijon qui a été inaugurée en 1845… Aujourd’hui, il n’y a plus d’usine de moutarde Maille à Dijon et toute la production Maille provient de l’usine de Chevigny-Saint-Sauveur. Pour être précis, tous les produits des marques Maille et Amora viennent de cette usine et les cornichons mis dans le vinaigre sur place proviennent d’Indes et de Chine, les graines de moutarde essentiellement du Canada…

 

Pour autant, Maille est encore là sur nos tables, et cet ouvrage de très belle faction propose de nombreuses explications, des recettes sympathiques à la moutarde ou au vinaigre et tout cela donne très envie de goûter encore et toujours ces bonnes moutardes… Quand je dis cela je pense tout particulièrement à une de mes préférées, celle au safran et à la crème… mais, là, chacun ses goûts !

 

Un très bel ouvrage que vous devriez avoir chez vous quand vous recevez de la famille ou des amis qui viennent découvrir la Bourgogne ! Et par ailleurs, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture et excellente dégustation !       

 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 19 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et s'instruire sur la mort des autres même quand...

L’été c’est fait pour lire et pas toujours pour parler de la mort qui ne semble jamais un bon sujet pour mes périodes estivales… Trop lourd ! Trop grave ! Trop prise de tête ! Ok, j’ai bien compris, mais si je fais l’effort de vous proposer un petit livre léger et historique, drôle et absolument pas mortifère, feriez-vous un petit effort, au moins celui de m’écouter jusqu’au bout de cette chronique ?

 

Allez, je tente ma chance et tant pis si je vous perds avant d’avoir terminé de vous présenter 40 morts à la con de l’histoire de Dimitri Casali et Céline Bathias. Ah, le titre vous fait déjà réagir… Oui, c’est vrai qu’une mort à la con, cela réveille nos neurones… Une mort c’est toujours con, non… Oui, mais là, quand même…

 

Les auteurs sont deux passionnés d’histoire et ils nous proposent de rencontrer 40 personnages à la veille de leur mort ou presque et ces morts sont complètement loufoques, imprévisibles, étonnantes et bêtes pour ne pas dire con… Certaines sont plus connues que d’autres, d’autres sont partiellement dans nos mémoires mais il manque un petit quelque chose pour rendre les faits encore plus bêtes ou drôles…

 

Par exemple, prenons le fameux Henri III. C’est un fils de Catherine de Médicis, une famille que l’on fréquente beaucoup ensemble cet été à cause des guerres de religions. Ces guerres de religions sont en quelque sorte à l’origine de sa mort car il est assassiné par le moine Jacques Clément, fanatique catholique membre de la Ligue… Ceci, c’est l’histoire connue, celle des livres et manuels d’histoire… On était le 1er août 1589 et le roi décèdera le 2 août…

 

En fait, il semblerait que le roi Henri III ait reçu une délégation de deux ou trois personnes dont le fameux moine Clément dans sa chambre, juste en robe de chambre et assis sur sa chaise percée. Il prend le courrier qu’on lui tend et commence à le lire quand le moine le poignarde à peu près au niveau du nombril… Oui, assassiné sur son pot, tel est le destin d’Henri III !

 

Alors, il y aura bien d’autres morts évoquées de Félix Faure mort dans les bras de sa maitresse à l’Elysée – celle que l’on appellera la « pompe funèbre » – à Henri II blessé mortellement dans un tournoi qu’il n’aurait pas dû faire, de Charles le Téméraire dévoré par les loups devant Nancy à Louis X, dit le Hutin, mort de soif… Enfin, mort de soif… Pas tout à fait exact car le roi après avoir fait du sport est si assoiffé qu’il boit une bonne quantité de vin frais. Comme il est immédiatement pris de malaise, on s’orienterait aujourd’hui plutôt vers la mort du roi par empoisonnement… Mais, on ne saura jamais la vérité !

 

Bien, vous l’aurez compris, un petit livre sympathique, plein d’anecdotes historiques peut être lu de façon séquencée, pour soi ou à voix haute pour les curieux qui nous entourent – j’ai testé une des morts lors d’un petit déjeuner et ce fut très réussi – et reconnaissons que l’on apprend beaucoup sur ces différents personnages plus ou moins connus. Enfin, c’est plutôt bien écrit ce qui ne gâche rien !

Imprimer - - par Michel Bonnet - 17 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et découvrir des oeuvres d'art

L’été c’est fait pour lire et aussi réfléchir à l’art. Je dis cela car bien souvent durant l’été nous visitons des musées, des châteaux, des basiliques et autres amphithéâtres romains, ce qui nous ouvre à l’art sous toutes ses formes et permet de se poser quelques grandes questions comme : qu’est-ce que l’art, à quoi sert un artiste, pourquoi conserver des œuvres de toutes les époques, pourquoi investir de grosses sommes d’argent pour conserver notre patrimoine… ? Je ne vais pas chercher un livre pour répondre à toutes ces questions et à toutes celles que j’ai oubliées, mais j’ai lu ces derniers jours un remarquable ouvrage qui parle de l’art et des artistes, un livre que j’ai eu envie de vous présenter : Le faux dans l’art de Jean-Jacques Breton.

 

 

Jean-Jacques Breton est à la fois un spécialiste de la littérature – monsieur en est docteur – et un amateur d’art plus que confirmé – collectionneur et chargé de mission de la Réunion des Musées nationaux. Auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation comme L’Histoire de l’art illustrée pour les nuls, il nous propose là de partir au pays des faussaires, du faux et de l’approximation… Oui, de tout cela car quand on parle de faux, il faut ratisser large et il le fait remarquablement bien !

 

Il faut dire que certains peintres sont experts en faux. Quand René Magritte peint une pipe en nous disant que ce n’en est pas une, il démontre que tous les peintres sont des faussaires en nous faisant croire que ce qu’ils peignent est la réalité… Non ? Il se trouve qu’en plus René et son frère Paul ont été plus loin dans l’art du faussaire avec une histoire sombre et drôle de faux billets de banque… et quelques années plus tard, la Belgique rendra hommage à René Magritte avec un billet de banque…

 

Jean-Jacques Breton va nous aider à y voir clair avec les différents types de faux. Cette partie du livre est la plus importante car au-delà des anecdotes toujours passionnantes à lire, il nous instruit totalement… Oui, il y a des faux par approximation car certaines œuvres sont difficiles voire impossibles à attribuer à un artiste. Du coup, elles portent parfois un nom qui n’est pas le bon et il arrive qu’après certaines découvertes on change le nom de l’artiste.   

 

Mais il arrive que certains œuvres soient des copies comme par exemple une grande partie des statues de l’antiquité grecque qui ont été copiées par les Romains et dont les originaux n’existent plus depuis des lustres… Dans le même domaine, il y a des œuvres antiques ou plus récentes qui ont été restaurées par des artistes qui ont dénaturé les originaux comme un certain Viollet-Le-Duc… Cet homme a souvent cru bien faire mais il a beaucoup fait de faux… à commencer par la cathédrale de Paris… Jean-Jacques Breton nous raconte que dans certaines situations on est obligé de dé-restaurer pour se rapprocher du vrai…

 

Enfin, il y a des faussaires qui ont copié des chefs-d’œuvre. Parfois c’était pour se faire la main, ce pouvait être aussi pour garder sous les yeux certaines œuvres, et dans certains cas c’était pour de l’argent, pour répondre à une commande… La motivation du faussaire reste bien l’argent en tout premier lieu et il y a une multitude de marchands d’art et de collectionneurs pour participer directement ou non à ce qui est une forme de business !

 

De la simple étude d’un étudiant aux beaux-arts à la mystification la plus totale, Jean-Jacques Breton nous propose un ouvrage richement illustré, très documenté, à la fois artistique, historique et policier. Je l’ai lu avec beaucoup de plaisir et il permet de revoir aussi au passage son histoire de l’art… Que du bonheur !

 

Alors puisque l’été c’est fait pour lire et visiter des musées et expositions, c’est bien l’occasion de découvrir cet auteur, grand vulgarisateur de l’art… Belles découvertes et bonne lecture avec Le faux dans l’art !

 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 16 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et voyager dans l'espace, du moins en rêver

L’été c’est fait pour lire mais aussi pour regarder les étoiles et rêver à de grands voyages à travers l’espace. C’est d’autant plus facile à faire que les livres sur l’espace sont de plus en plus beaux, que les films sortent comme l’adaptation de Valerian par Luc Besson et que les manifestations autour des étoiles sont de plus en plus nombreuses et bien animées… Enfin, cette année, nous venons d’avoir une éclipse partielle de lune sans oublier, bien sûr, le voyage de Thomas Pesquet dans l’espace…

 

Donc, pour vous aider à bien prendre la direction de l’espace, je viens de lire une Histoire de la conquête spatiale de Jean-François Clervoy et Frank Lehot aux éditions Deboek qui mérite largement une lecture assidue…

 

J’y suis entré sur la pointe des pieds en n’attendant rien de particulier. La conquête de l’espace, je l’ai vécu en direct, je connais tout ça et cela n’allait être qu’un rappel avec quelques belles photos… Sauf que…

 

En fait, dès les premières pages on a le sentiment de décoller et de partir pour un monde inconnu. On vit la conquête de l’espace avec des étapes humaines, techniques et internationales. Chaque chapitre, chaque évènement, chaque territoire conquis, est accompagné de clichés fantastiques, d’explications complètes et très précises, le tout étant mis en situation globale… Du coup le lecteur est mis en mouvement, on ne veut plus refermer l’ouvrage, on voyage, on découvre, on comprend, on se rappelle et on est heureux !

 

Il est bon de conforter dans un premier temps ses souvenirs ou les éléments que l’on a appris à l’école sur les planètes, les astres, les voyages humains dans l’espace… Même si tout le monde sait que Youri Gagarine fut le premier cosmonaute, on a là quelques précisions sur sa famille d’origine très modeste et la façon dont le pouvoir soviétique va utiliser cette grande première que fut le premier voyage d’un être humain dans le cosmos… Magnifiques photos pour revivre cela et explication sur les choix américains car ne l’oublions jamais c’est là que tout va basculer d’une certaine façon : les Américains sont vexés, ils perdent le premier chapitre de l’histoire de l’espace, il faudra donc qu’ils soient les premiers à aller sur la Lune !

 

Puis, justement, on va suivre la conquête de la Lune par les Américains et la mise en orbite d’une station spatiale par les Russes… Puis, les choses évolueront et Russes et Américains pourront vivre ensemble quelques étapes de ces recherches et découvertes…

 

C’est en lisant cet ouvrage que j’ai réalisé que deux navettes américaines avaient connu un drame, à chaque fois lors des opérations de décollage… En fait, j’avais oublié le premier accident… Si je me souvenais bien de la disparition de Columbia avec son équipage, au décollage, le 1er février 2003, j’avais oublié le drame de Challenger en janvier 1986… Mais il y eut aussi de nombreux autres accidents et incidents et cet ouvrage permet de revivre cette conquête de l’espace, voyage par voyage, nation par nation, avec fusée et navette, satellite et station spatiale… Tout y est sans oublier bien sûr des éléments pour nos astronautes français, y compris le petit dernier, Thomas Pesquet…

 

Un excellent livre au moment où nous pouvons voir tant d’étoiles dans le ciel, alors que l’on parle de plus en plus de voyage vers la planète Mars et que l’on peut visiter une exposition Valerian à Paris…  Alors, comme l’été c’est fait pour lire, vous pouvez prendre votre envol avec cette Histoire de la conquête spatiale, une aventure dont il reste encore de nombreuses belles pages à vivre puis écrire…

 
 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 15 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et se ploinger dans ce crime trop parfait

L’été c’est fait pour lire et nous allons continuer à explorer aujourd’hui les romans policiers de Mary London, donc les enquêtes de Sir Malcolm Ivory… En fait, ce n’est plus un secret, surtout si vous suivez régulièrement cette chronique, il s’agit d’une série de 19 romans policiers signés Frederik Tristan. A travers cette série, le romancier français rend hommage à toutes ces femmes anglaises qui ont bercé ses lectures et les nôtres : Agatha Christie, Patricia Wentworth, P D James, Anne Perry…

 

Donc, je ne fais plus les présentations, vous connaissez maintenant bien Douglas Forbes et son supplétif de luxe Sir Malcolm Ivory. Mais dans ce roman, Un crime trop parfait, Sir Malcolm annonce à Douglas qu’il va arrêter car il en a un peu marre de courir après les criminels, il est temps pour lui de se consacrer plus aux échecs, aux orchidées, aux livres et même aux whiskies… Bon, disons que Scotland Yard pourra compter sur lui seulement en cas d’affaires exceptionnelles… Douglas est assommé par la nouvelle, un peu triste mais il se console quand sir Malcolm lui confirme qu’il sera quand même toujours invité une fois par mois à Falcon Manor, la propriété de Sir Malcolm Ivory !

 

Sir Malcolm s’achemine donc vers une sorte de retraite méritée même si son travail n’a jamais été rémunéré – il n’avait pas besoin de cela pour vivre – mais c’était sans compter sur un pari stupide qui allait venir perturber sa vie…

 

Peter Greenaway le pousse à résoudre un meurtre parfait qui n’a pas encore eu lieu… et s’il y arrive, alors, il recevra la page qui manque dans son ouvrage – Château des trente – et qu’il cherche depuis des années… C’est finalement l’aspect bibliophile de Sir Malcolm Ivory qui le pousse dans cette affaire qui finalement est assez sympathique… Enfin, sympathique, c’est beaucoup dire car il s’agit quand même bien d’un meurtre, celui du gendre de sir Peter Greenaway, Jeremy Thompson…

 

Soyons maintenant assez clairs et précis : Jeremy meurt assassiné empoisonné par un verre de whisky, poignardé une fois décédé et tous les acteurs potentiels de l’histoire ont un alibi béton à commencer par sir Peter Greenaway qui fait une conférence sous les yeux de Sir Ivory Malcolm… D’autres sont chez le psy, en courses, au spectacle, à table et tous avec de nombreux témoins pour attester d’un alibi en béton armé !

 

Pour démêler les fils de cette intrigue étonnante, sir Malcolm Ivory sera contraint à entrer au plus profond de la psychologie des personnages et cela offre au lecteur un excellent roman de cette série, un des meilleurs peut-être…

 

Reste à savoir si j’aurais été plus malin que sir Malcolm Ivory ? Le coupable, très rapidement, on sait qui il est. Reste à savoir comment il a œuvré et pourquoi… Là c’est plus complexe et il y a une partie que j’avais bien captée mais pas l’autre… Oui, une fois de plus, Sir Malcolm Ivory a été plus brillant que moi, enfin, surtout Frederik Tristan qui nous manipule bien avec son talent de romancier…

 

Voilà, l’exploration de cette série va encore continuer au moins pour deux romans mais j’ai du mal à trouver les derniers… D’ici la fin de l’été, ce sera peut-être trouvé… Il faut espérer ! Restera alors à mettre mes notes au propre pour retrouver la trame – ou pas – qui aurait servi à Frederik Tristan pour écrire ses romans de la série…

 

En attendant, puisque l’été c’est fait pour lire, ne vous privez pas de cette bonne série policière et à très bientôt !

 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 14 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et manger du poulet

L’été c’est fait pour lire, les livres de cuisine pour apprendre de nouvelles choses dans les arts culinaires et en été cela permet d’essayer de nouveaux plats… Mais à quoi cela servirait-il d’habiter en Bourgogne si on ne s’intéressait pas aux produits locaux de notre terroir : vin, poulet, bœuf ? Franchement, ce serait un peu triste… Non ?

 

 

Aujourd’hui, nous allons nous focaliser sur le poulet et les volailles, d’abord parce que j’aime beaucoup cela, puis parce que j’ai trouvé un beau et bon livre, puis, enfin, parce que certaines recettes sont parfaitement adaptées à notre vie familiale…

 

Mais, commençons par un peu d’histoire… On dit que la volaille existe dans nos assiettes depuis plus de 3500 ans et que l’origine serait le coq bankiva qui nous viendrait de l’Asie du Sud Est… Les Gaulois aimaient bien le coq qui rythmait la vie du village, que l’on mangeait aussi et dont le nom restera jusqu’au XIIIème siècle (le nom de la poule est alors géline du latin gallina). En fait, le coq gaulois est une invention tardive même si Jules César compare la vitalité sexuelle du coq avec celle du Gaulois…

 

Dans la ferme française, la volaille est gérée par la femme et elle mange tous les restes de la ferme. C’est la source de viande mais on ne mange pas de viande tous les jours, pas même toutes les semaines. Henri IV et son ministre Sully vont justement parler de la poule au pot une fois par semaine comme une façon de pointer la reconstruction de la France après une quarantaine d’années de guerres de religion… C’est le retour de l’opulence !

 

La viande de volaille, revenons-en à nos moutons, enfin, à nos poulets, est une chaire saine et bonne pour la santé à condition de ne pas se gaver avec la peau grasse et grillée… Enfin, chacun ses goûts car je ne supporte pas de jeter la peau… Voilà donc la recette de poulet que j’ai choisi pour vous donner envie… de manger et de lire ce livre aussi !

 

Il s’agit d’un poulet de Bresse – ça, c’est moi qui le précise mais il fallait le faire quand même – mariné au vinaigre balsamique. Facile à faire ! Une marinade avec de l’huile d’olive, de la sauce soja et du vinaigre balsamique. Vous agrémentez cette marinade avec un petit oignon de Roscoff, de la ciboulette hachée, un peu de miel, du citron vert et du gingembre. Le livre dit de saler, je ne le fait jamais ! Quant au poivre, à votre goût les amis ! Laissez mariner au moins 4 heures, une nuit c’est carrément la perfection… Il est bon de bien badigeonner à l’intérieur du poulet avec un pinceau et faire en sorte de retourner le poulet dans la marinade une ou deux fois… d’où l’intérêt d’avoir quelques insomnies dites culinaires ou gastronomiques…

 

Faites rôtir votre poulet de façon assez classique, avec de l’ail en chemise tout autour, ou quelques piments. Au bout d’une quarantaine de minutes arroser le poulet avec le reste de marinade et quarante minutes après avec son propre jus de cuisson. C’est le minimum syndical car plus vous arrosez le poulet, meilleur il sera ! Compter environ 1h30 de cuisson à 180° pour un poulet pour 6 personnes…

 

Pour les légumes, je pense que le meilleur est un plateau de légumes cuits au four et à l’huile d’olive, c’est de saison et il y en a pour tous les goûts. De plus, ils peuvent cuire dans le même four, économie d’énergie !

 

Voilà, dans l’ouvrage d’Annecé Bretin et Amélie Roche, Poulets et volailles, vous trouverez une multitude d’autres recettes à côté de ce poulet mariné au vinaigre balsamique… Bonne lecture, bonne cuisine et n’oubliez pas de m’inviter pour la dégustation !

 
 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 13 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire l'histoire des Médicis

L’été c’est fait pour lire et comme voyage, visite et lecture vont très bien ensemble, j’ai eu envie de vous parler de Laurent le Magnifique. En effet, je vous ai présenté la série Médicis en bande dessinée – deux volumes sont déjà parus – et je ne voulais pas en rester là concernant cette famille. D’autant plus, si vous vous souvenez bien que la série raconte la famille Médicis en se mettant à la place de la ville de Florence, d’où une allusion certaine au voyage et à la découverte de l’architecture…

 

 

Laurent le Magnifique, probablement le plus connu de cette auguste lignée, n’a pas vécu si longtemps que cela pour marquer autant l’histoire. Né en 1449, juste avant l’imprimerie, il est décédé de la goutte en 1492, juste au moment de la découverte des Amériques. Dans les deux cas, ce n’est pas lui le découvreur ou inventeur, mais cela facilite grandement la mémorisation de ses dates de naissance et mort…

 

La famille Médicis était une famille de banquiers mais à force de prêter de l’argent aux acteurs d’une ville, on les approche, on les fréquente, les côtoie et on finit par être si proche que l’on est tenté de prendre leur place ! Garder la place, ce n’est pas simple non plus car les jalousies sont très nombreuses quand on a de l’argent, du pouvoir et de belles relations… Il faut dire que Laurent épousa en 1469 Clarisse Orsini, une femme d’une des plus grandes familles romaines, une famille qui le soutiendra jusqu’au bout y compris dans ses conflits avec le pape…

 

Laurent de Médicis régna sur Florence de 1469 à sa mort. Régna ? Un mot qui semble à la fois très proche de ce qui s’est passé et en même temps très éloigné car il s’agissait, en fait, du chef d’état d’une république, la République florentine… Mais il avait aussi des aspects de despote éclairé…

 

Si Laurent est resté le plus connu de cette dynastie de banquiers et hommes d’état, c’est que Laurent a été aussi un mécène étonnant ce qui pendant la Renaissance était un signe de pouvoir et de richesse… Dis-moi quels artistes sont à tes côtés et je te dirai si tu comptes dans ce monde… On ne peut pas citer tous les artistes avec qui il a été en contact ou qui ont travaillé pour lui tant la liste serait longue mais on peut quand même dire que Botticelli, Vinci, Lippi et Michel-Ange en firent partie !

 

Il fut aussi écrivain et fortement intéressé par les questions religieuses. N’oublions pas que Savonarole a prêché à Florence sous Laurent de Médicis. Pourtant ce dominicain a critiqué très sévèrement Laurent et il y a même une polémique pour savoir si au moment de mourir Laurent aurait reçu ou pas l’absolution de la part de Savonarole… Le moine ne survivra pas très longtemps à Laurent car il sera brûlé en 1498…

 

Malgré tous les aspects pas toujours sympathiques, les Médicis laissent une grosse empreinte dans la vie de Florence, de l’Italie et même de l’Europe. Jean, l’un des fils de Laurent sera pape (Léon X) et aura à gérer – plutôt mal d’ailleurs – la naissance de la Réforme… Catherine de Médicis, reine de France puis régente, est l’arrière-petite-fille de Laurent le Magnifique… Une femme qu’il faut redécouvrir bien au-delà de sa Légende noire ! Elle n’a pas été que cruelle, machiavélique, tyrannique, possessive et calculatrice… mais c’est une autre histoire dont je vous reparlerai certainement une autre fois…

 

 

Deux ouvrages pour mettre en valeur l’apport culturel, artistique et architectural des Médicis et poser un regard complet sur leur politique florentine : Les Médicis, histoire d’une dynastie européenne de Franco Cesati et Le clan des Médicis de Jacques Heers. Deux ouvrages assez accessibles, disponibles en format de poche et comme l’été c’est fait pour lire… Bonne lecture !

 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 12 août 2017 - Réagir

L'été c'est fait pour lire et comprendre les images historiques

L’été c’est fait pour lire mais comme nous sommes maintenant dans une société de l’image – du moins c’est ce que j’entends dire très souvent – il est bon de temps en temps de ne plus lire mais de regarder les images… Bon, enfin, soyons honnêtes, je vais plutôt vous inviter à lire des ouvrages qui nous parlent de l’image et de la      photographie en particulier…

 

 

Il y a quelques années, alors que je suivais un séminaire à l’université de Saint-Quentin en Yvelines, le responsable de ce séminaire, Christian Delporte, nous a poussés et accompagnés à une exposition qui se déroulait au Musée d’histoire contemporaine-BDIC. Le thème était sur l’image et sa déformation politique et c’était tout simplement passionnant…

 

Oui, l’image fixe – pour se limiter à cela aujourd’hui – n’est pas vérité absolue. Elle peut être manipulée, orientée, déformée, truquée, falsifiée et elle peut carrément mentir à celui qui la regarde ! On ne va pas passer ici en revue tous les ouvrages sur l’image des philosophes grecs jusqu’à nos jours mais je pense qu’il est bon de ne pas être dupes et de réfléchir sur l’image de temps à autre…

 

Laurent Gervereau, celui qui dirigeait ce musée et qui avait préparé cette exposition a écrit de nombreux ouvrages sur l’image et je vous conseille  Les images qui mentent, un texte de 2000 qui n’a pas perdu de sa pertinence, que dis-je qui n’a que gagné de la force d’année en année… Plus on s’enferme dans cette société de l’image et plus ce qu’il dit est fort !

 

Le sujet est complexe car dans cette catégorie de l’image fixe, on va retrouver pêle-mêle, de l’art, de la publicité, de la propagande, de l’information et du souvenir familial… Comment tout cela se met-il en place ? Y a-t-il un langage unique et universel de l’image ? Une image nous influence-t-elle réellement ou pas ? Comment se construit notre imaginaire et notre mémoire collective à partir de ces images qui nous entourent ? Et dire qu’un 2000, il ne pouvait même pas imaginer ce qu’allaient devenir les échanges de photos entre internautes sur les réseaux sociaux ?

 

Les images vont jusqu’à falsifier l’histoire, enfin, ceux qui les réalisent ou font réaliser. C’est ce que montre très bien l’ouvrage d’Alain Jaubert avec Les photos qui falsifient l’histoire, sorte de catalogue de l’exposition du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, exposition qui se déroula du 30 octobre 1986 au 11 janvier 1987… On trouve encore ce catalogue passionnant d’occasion pour des prix raisonnables… enfin, parfois !

 

 Là, de façon très illustrée, on va mesurer comment les dictatures – ce sont elles les plus grosses manipulatrices d’images, mais pas les seules – vont enlever des personnages devenus en disgrâce, ajouter des personnages pour qui on veut créer une antériorité, changer un décor, un fond… parfois en détruisant toute traces du premier cliché ! Oui, on peut dire alors que l’image a falsifiée l’histoire !

 

C’est vrai que pendant des siècles, on avait des expressions à la Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois… puis maintenant, même ce que l’on voit… allez savoir… ce n’est pas la vérité vraie… On est donc bien dans une société de l’image – par la quantité d’images échangées, vues, commentées – et en même temps on peut voir d’immenses précautions d’usages se développer autour de ces images… Que tout cela est complexe mais que ces deux ouvrages sont passionnants !

 

 

Comme l’été c’est fait pour lire, belle occasion de réfléchir autour de l’image et de notre histoire humaine avec ces livres mais aussi d’autres de Sartre, Debray, Delporte… Les bons livres ne manquent pas !

 

Bonne lecture et ne croyez pas tout ce que l’on vous montre !

 
 
Imprimer - - par Michel Bonnet - 11 août 2017 - Réagir

Encore plus de romans noirs avec Gérard Delteil

L’été c’est fait pour lire et comme je le dis souvent, une chronique sur un livre évoque un autre livre et une envie de compléter la chronique initiale… Donc, quand j’ai écrit la chronique sur le roman Une ville en mai, j’ai parlé du roman noir à la française et fil en aiguille, dans ma tête, j’ai pensé à un roman de Gérard Delteil, Les années rouge et noir

 

Comment cet ouvrage est-il arrivé dans mes mains ? Tout simplement parce qu’après une de mes critiques sur un de ses romans policiers, une critique où je n’avais pas fait preuve d’une satisfaction totale, l’auteur est entré en contact avec moi. Il a accepté une rencontre pour une interview et j’ai lu son dernier roman sans à priori, juste pour voir où il en était dans son travail. C’est ainsi que j’ai plongé dans ces années des trente glorieuses en suivant ses personnages, Anne, Alain, Aimé et tous les autres…

 

Première remarque, il ne s’agit pas d’un roman policier, mais plus d’un roman noir politique ce qui le rapproche de Une ville en mai. Gérard Delteil a choisi de suivre des personnages de l’occupation jusqu’à l’élection de François Mitterrand, des personnages qui n’avaient au premier abord rien à faire ensemble : une gaulliste, un collaborateur, un milicien, un communiste… Chacun a évolué, chacun a été happé par la vie, l’amour, la haine, le travail, l’argent… Et parfois les aléas de la vie les ont remis en présence les uns des autres… On est obligé dans certaines circonstances de travailler avec ses ennemis, il faut faire avec…

 

Exil, condamnations, compromis, réhabilitations, trahisons, promotions, corruptions… finalement tout est réuni pour nous plonger dans la grande tragédie humaine, celle que nous vivons tous les jours, chacun à notre niveau. Ici, il arrivera que nous soyons dans les hautes sphères de l’Etat, dans les bureaux des ministères, comme nous pourrons nous retrouver dans l’intimité des personnages, dans les restaurants et les chambres à coucher à Paris comme sur la Côte d’Azur…

 

Nous aurons des plongées précises dans le monde du syndicalisme, côtoierons le milieu gay parisien, aborderons les transactions financières d’un capitalisme renaissant, surprendrons quelques actions sombres de la guerre d’Algérie, fréquenterons le service d’ordre de la campagne de Valery Giscard d’Estaing… bref, un très grand voyage au cœur des trente glorieuses en France !

 

Il ne s’agit pas d’un petit roman mais bien d’une œuvre capitale où le romancier Gérard Delteil s’est livré à fond. Il a voulu écrire un roman qui dépasse les catégories habituelles, qui est un astucieux mélange entre roman noir, roman classique, enquête journalistique, roman historique et essai sur l’histoire de la naissance de la cinquième république… oui, il y a un peu de tout cela dans Les années rouge et noir ! Delteil lui-même est très clair sur son projet, pour lui, il s’agit bien d’un roman historique, tout simplement. Je crois qu’il a raison car pour moi le roman historique est bien plus qu’un simple roman ayant pour toile de fond l’histoire…

 

Très bien écrit, avec des personnages attachants – même dans le cas de ceux qui ont fait les choix les plus dramatiques – ce roman devrait correspondre idéalement à la littérature qui peut accompagner les vacances estivales… J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire et je vous en souhaite autant ! Ainsi, avec le roman de Raynal, celui de Jonquet et maintenant celui de Delteil, nous aurons fait une belle promenade dans le monde du roman noir à la française… Et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Michel Bonnet - 9 août 2017 - 1 commentaire - Réagir

L'été c'est fait pour lire des romans noirs de Raynal

L’été c’est fait pour lire et le roman noir à la française – c’est ainsi que je le nomme dans mes cours et conférences – mérite toute notre attention. Certes, le roman noir américain des années trente fut remarquable et je le fréquente avec une certaine assiduité mais les romans de Fajardie, Daeninckx, Raynal, Croquet ou Delteil – pour n’en citer que quelques-uns – sont très forts, bien écrits et passionnants à lire.

 

Souvent, on me demande quel est le lien commun, s’il y en a un, entre ces romans ou romanciers ? En effet, les romanciers américains dont il était question plus haut avaient tous décrit une Amérique bouleversée par la crise économique, des Américains désespérés et chômeurs, une société perdue en quête de sens… Qu’en est-il pour les Français ?

 

En fait, c’est presque la même chose mais avec un contexte très différent. La France a connu plusieurs crises de suite entre 1940 et 1968. Soit 28 ans ce qui est très peu pour les générations qui ont vécu cela. On peut énumérer rapidement : défaite, invasion, occupation, collaboration et résistance, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie, fin de l’Empire colonial et émeutes urbaines… Tout cela a fracassé un grand nombre de jeunes et ce sont souvent ces paumés que l’on va retrouver dans ces romans noirs en position de héros ou anti-héros…

 

Patrick Raynal, dans son dernier roman, Une ville en mai, va complètement s’insérer dans ce modèle-là. Il prend comme cadre la ville de Nice en 1968. Je précise que le roman est sorti quelques mois avant la soirée meurtrière du 14 juillet 2016. Dans ce mai 1968, une mère s’inquiète de ne plus voir sa fille et fait appel à son ex-mari pour l’aider à la retrouver… Jusque-là, c’est très classique…

 

Seulement, ce père est en Afrique depuis 10 ans et il va quitter une Afrique postcoloniale pour retrouver une ville méditerranéenne qu’il avait oubliée en tant « qu’expat »! Deuxièmement, pour l’aider dans sa recherche, il fait appel à un ami des RG – renseignements généraux pour les jeunes qui ne connaissent pas ce sigle – qui est en pleine « lutte » contre le « fléau » marxiste qui pourrit la jeunesse de France… Enfin, un personnage sera confronté à son passé, un passé qui prend ses sources nauséabondes durant l’occupation… C’est clair, on y est, on est bien dans un roman noir à la française…

 

Je ne vais, bien sûr, pas vous en dire beaucoup plus sur le scénario du roman, ni sur les autres personnages que l’on va croiser, ni sur les détails de tous les mouvements révolutionnaires d’extrême gauche qui sévissaient à cette époque… Patrick Raynal a milité dans sa jeunesse au sein de la Gauche prolétarienne et il en a gardé quelques éléments en mémoire ce qui rend très crédible le discours de certains personnages… Quant à ceux qui ne se sont pas engagés dans les extrêmes quand ils avaient 20 ans, ils auront un peu de mal à comprendre mais tant pis !

 

Enfin, dernier point fort de ce roman, il est très bien écrit car qui dit roman noir ne dit pas sous-littérature, loin de là ! Oui, voilà donc un beau texte noir à la française que vous pourrez compléter avec des romans comme La manière douce – Frédéric Fajardie – ou Itinéraire d’un salaud ordinaire – Didier Daeninckx – ou encore Dernier tango à Buenos Aires – Gérard Delteil.

 

Vous avez donc de quoi lire et comme l’été c’est fait pour lire… Bonne lecture !

Imprimer - - par Michel Bonnet - 9 août 2017 - Réagir

J'ai lu pour vous : « ELDORADO » de Laurent Gaudé


Laurent Gaudé, dramaturge et romancier, est notamment l’auteur de « La mort du roi Tsongor », prix Goncourt des lycées 2002, « Le soleil des Scorta », prix Goncourt 2005, « Dans la nuit Mozambique », « Ouragan », « Les oliviers du Négus », « Pour seul cortège » ou encore « Danser les ombres ».

D’après l’Express, ce livre « ELDORADO » est un voyage initiatique, sacrifice, vengeance, rédemption : le romancier au lyrisme aride, manie les thèmes de la tragédie antique avec un souffle toujours épique ».

La quatrième de "couv." nous dit : « pour fuir leur misère et rejoindre l’Eldorado, les émigrants risquent leur vie sur les bateaux de fortune … avant d’être impitoyablement repoussés par les gardes-côtes, quand ils ne sont pas victimes de passeurs sans scrupules.
Le commandant Piracci fait partie de ceux qui sillonnent les mers à la recherche de clandestins, les sauvant parfois de la noyade.
Mais la mort est-elle pire que le rêve brisé ?
En recueillant une jeune survivante, Salvatore laisse la compassion et l’humanité l’emporter sur ses certitude ».

D’après moi : le travail du commandant Salvatore Piracci est lourd à supporter : il intercepte les migrants qui arrivent en bateau en Sicile.
Il est partagé entre sa mission de « sauveteur » et le résultat minime à l’arrivée.

Il est notamment remis en question par l’arrivée d’une femme qui a perdu son bébé lors d’une traversée en bateau, et qui lui confie le récit de sa vie, au retour sur l’ile, et son obsession de tuer le passeur malhonnête responsable de la mort de son enfant.

Ce livre, que j’ai mis longtemps à finir, non pas parce qu’il ne m’a pas passionnée, mais parce que je lis moins, à mon grand regret, depuis que mes doigts sont scotchés à l’ordinateur … m’a bouleversée.

Certes, l’immense problème que les immigrants rencontrent et qui attendent TOUT de leur nouvelle vie, me touche au plus haut point, me démuni souvent, mais le lire, le sentir, le ressentir de plus près au travers du récit de Laurent Gaudé, m’a ébranlée ...

… Et la remise en question du commandant Piracci, qui semble devenir plus « humain » que « sauveur », avec la compassion comme compagne, lui qui passé sa vie à naviguer pour arrêter les clandestins, m’a confortée dans le fait que l’on peut toujours, à n’importe quel âge et dans l’importe quelle circonstance, réfléchir et fonctionner autrement.

Mieux … souvent.


Christiane Chapé

Merci à Carole.
 
Imprimer - - par christiane chapé - 8 août 2017 - 1 commentaire - Réagir

L'été c'est fait pour lire et écouter les Rolling Stones

L’été c’est fait pour lire mais aussi écouter de la musique. Je suis né dans la deuxième partie des années cinquante et il n’est donc pas étonnant que dans mes groupes musicaux préférés on trouve les Rolling Stones ! Il y a quelques jours, j’ai appris qu’ils avaient décidé d’écrire, composer et enregistrer un nouvel album et, aussitôt, j’ai eu envie de modifier les livres de ma chronique pour vous parler d’un album étonnant et merveilleux, Gus & moi de Keith Richards…

 

Oui, je vous entends déjà parler de cocaïne et de relations sulfureuses car qui dit Keith Richards dit obligatoirement produits illicites, prises de risques et danger ! Certes, vous n’avez pas entièrement tort – quoi que les médias lui aient prêté plus que ce qu’il avait vécu – mais je vais certainement en surprendre plus d’un en vous disant que le livre dont nous allons parler est un album jeunesse !

 

Oui, il s’agit bien de Keith Richards mais dans un registre surprenant, celui qui rend hommage à son grand-père Gus avec des dessins de sa fille Theodora. Ceci étant posé, oubliez un instant le personnage de Keith Richards et sa renommée pour me suivre dans cette très belle histoire fortement autobiographique…

 

Le petit Keith a un grand-père qui se nomme Gus. Gus est un passionné de musique, il joue de plusieurs instruments dont le piano et le saxophone. Quant à la guitare, c’est une passion, un talent et une belle pratique…

 

Keith et son grand-père Gus établissent une belle relation, ils se promènent ensemble, rencontrent des artisans, visitent Londres… Keith écoute son grand-père jouer du piano mais n’a d’yeux que pour la guitare posée sur le piano, d’autant plus que le fameux Gus lui a dit un jour : « quand tu seras assez grand pour l’atteindre, tu pourras l’essayer ». Keith est patient, il n’insiste pas et prend le temps de grandir un peu…

 

« Un jour, enfin, je me suis dit que j’étais assez grand pour la saisir, mais je n’ai même pas eu besoin de tendre le bras. Gus me l’a présentée en disant simplement : elle est à toi ».

 

On sait que Keith fera un bon usage de la guitare en devenant un excellent compositeur et interprète… Il collectionnera les guitares – plus de 350 dit-on – et il a toujours cette relique familiale et le souvenir de son grand-père chaque fois qu’il monte sur scène…

 

Keith est devenu grand-père et il dit que le plus important pour lui est de pouvoir être un grand-père aussi génial que Gus l’a été pour lui et c’est bien tout ce que l’on souhaite aux petits enfants de Keith qui sont au moins cinq… Orson ou Otto seront-ils des guitaristes aussi brillants que leur grand-père ? Allez savoir !

 

Par contre l’album qui est très touchant et profond a été illustré avec délicatesse, poésie et douceur par Theodora la fille de Keith Richards car dans cette famille, quand on parle de transmission intergénérationnelle on va jusqu’au bout !

 

Encore une petite précision, Keith Richards est un gros lecteur, un passionné de livres, de littérature et d’histoire… Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture !

Imprimer - - par Michel Bonnet - 8 août 2017 - Réagir

Décès de deux grands écrivains que j'aimais...

Rude, cet été 2017 ! Deux écrivains que j’avais lus, appréciés mais que j’avais aussi rencontrés et avec qui j’avais tissé des liens relevant indiscutablement de l’amitié disparaissent… Max Gallo et Gonzague Saint Bris.

 

 

Max Gallo est entré chez moi un peu par hasard, à travers un roman, en 1995, Le fils de Klara H., un roman que j’ai lu avec beaucoup de plaisir. Après cette lecture, j’ai souhaité l’interviewer et cela s’est fait très vite, chez lui, dans d’excellentes conditions. Après l’entretien, notre discussion s’est prolongée et il y eut par la suite plusieurs autres rencontres à son domicile, toujours dans la même bonne ambiance !

 

Son retour au catholicisme en 2001, avec l’accompagnement du curé de Saint-Sulpice à Paris, a donné une autre dimension à ce personnage hors normes qui aura été à la fois un historien et un romancier, un acteur politique et un communicant, un gaulliste et un bonapartiste… Son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007 m’a surpris mais, en fait, il est toujours resté assez cohérent avec lui-même… Toujours en 2007, au mois de mai, il est élu à l’Académie Française…

 

 

Il a beaucoup écrit sur l’Histoire de France durant ses dernières années en tentant de donner du sens à cette histoire. Pour rester dans ce domaine, voici quelques ouvrages qui mériteraient d’être lus pour ceux qui ne connaissent pas Max Gallo : Maximilien Robespierre, histoire d’une solitude, biographie historique, psychologique et humaine, Le roman des rois, roman historique qui rappelle l’importance des Capétiens dans la construction de notre royaume de France et Une histoire de la 2ème guerre mondiale parce qu’il s’agit d’un ouvrage capital qui mérite d’être laissé et oublié dans les mains de tous ceux qui continuent de s’exprimer sur cette guerre sans la connaître !

 

En 2015, il annonçait officiellement sa maladie de Parkinson et le 18 juillet 2017, il décédait…

 

Quant à Gonzague Saint bris, il est entré dans ma vie depuis beaucoup plus longtemps car j’ai lu et aimé son ouvrage Le romantisme absolu dès sa sortie en 1978, époque où je l’écoutais régulièrement sur Europe 1. Mais à cette époque, je ne faisais pas encore de radio et donc pas de rencontre personnelle ou d’interview. Juste la lecture de ses ouvrages avec des points forts comme Les septennats évanouis, Les Egéries russes, Les Egéries romantiques, Sur les pas de Georges Sand

 

C’est à l’occasion de la sortie de ce dernier, que j’ai eu enfin l’occasion de le rencontrer pour la première fois. Magnifique rencontre avec un illuminé qui rayonnait de toute sa culture, qui parlait de Balzac, Vinci ou George Sand comme s’il avait passé la soirée de la veille en leur compagnie et qui vous promettait presque de passer la prochaine avec eux… Fascinant ! Grandiose ! Merveilleux, tout simplement…

 

Puis nous nous sommes croisés plusieurs fois et ce fut toujours aussi intense. Ses dernières biographies étaient aussi passionnantes à lire les unes que les autres et on peut citer en particulier celle consacrée au grand roi de ce val de Loire qui lui était si cher, François 1er et la Renaissance !

 

Lui, contrairement à Max Gallo, n’a pas réussi dans sa conquête de l’immortalité académicienne, mais cela ne les aura pas empêché de partir à quelques semaines d’écart puisque Gonzague Saint Bris est décédé dans un accident de voiture la nuit dernière…

 

 

Voilà, j’avais besoin d’évoquer ces deux écrivains, ces deux amis, ces deux belles personnes et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture !!!

Imprimer - - par Michel Bonnet - 8 août 2017 - 1 commentaire - Réagir





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