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mercredi 18 septembre 2019

Bonne Fête Nadège

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entre nous - chalon sur saone

Entre-nous : parlons livres

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A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

L'été c'est fait pour lire Rhys Bowen

L’été c’est fait pour lire et les lectures s’enchainent à grande vitesse surtout quand il s’agit d’une suite… J’ai dis que j’avais été séduit par l’écriture et légère, pleine d’humour et d’humanisme de Rhys Bowen et que je m’étais précipité chez mon libraire pour avoir dès cet été la suite de Son espionne royale mène l’enquête. C’est ainsi que j’ai pu lire, alors que j’étais encore sur le bord de l’océan, Son espionne royale et le mystère bavarois.

 

Le deuxième roman de cette série est différent du premier avec des points forts et des points faibles. Commençons par le point négatif si on peut dire : il y a moins d’humour ou on s’est peut-être habitué à cet humour qui nous fait moins rire… Je crois qu’en fait, la romancière a pris un cap d’écriture et les thématiques prennent le dessus sur l’ambiance même si le sourire peut être encore là, le rire, non…

 

Les thématiques se solidifient indiscutablement. En effet, la famille royale, la reine en particulier, est toujours inquiète par la relation entre le Prince de Galles et Mme Simpson. Nous sommes en 1932 et cette liaison avec une femme mariée américaine cause du souci. Il faudrait trouver une femme au Prince de Galles et Georgiana est toujours associée par la reine pour distraire le prince David de sa chérie… Il semblerait que ce soit Mission impossible !

 

Par ailleurs, Georgie reçoit une seconde mission qui va prendre le dessus dans ce roman, recevoir et prendre en charge une princesse bavaroise, Hanneflore de Bavière… Une très jeune femme de 18 ans qui sort d’un pensionnat de religieuses et qui ne connait rien de la vie… Reconnaissons que cette situation permettra quelques éléments drôles quand même alors que très rapidement les morts suspectes et crimes vont se multiplier autour des deux amies car Hanneflore et Georgie vont bien devenir amies…

 

Pour ceux qui n’auraient pas suivi la première chronique sur cette série de romans policiers, rappelons que Georgiana appartient à la famille royale mais qu’elle est fauchée, qu’elle n’a pas de mari ni d’amant, qu’elle vit seule dans sa demeure londonienne sans personnel de maison et que son grand-père est un petit roturier. En fait, c’est un ancien policier, simple policier de quartier… Mais sa fille est une grande actrice qui a épousé un duc… d’où la présence de Georgie dans les proches de la reine…

 

Rhys Bowen – pseudonyme de Janet Quin-Harkin quand elle écrit des policiers – a déjà écrit quatorze titres dans cette série Son espionne royale… Je ne sais pas si le projet existe de tout traduire mais j’espère quand même encore quelques titres car cette série est plaisante et totalement adaptée à une lecture estivale car, comme vous le savez bien maintenant, l’été c’est fait pour lire !!!

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Rabelais et Céline

L’été c’est fait pour lire et c’est bien normal de vouloir en profiter jusqu’aux dernières lueurs de soleil… D’ailleurs, même quand le soleil est voilé, on a le droit de lire à la chandelle… Et même quand l’automne pointera son nez derrière les nuages, la lecture sera encore d’actualité même si cette rubrique radio et Internet cessera, se mettra en sommeil bien au chaud jusqu’à l’été prochain…

 

 

 

Alors, puisqu’il est encore temps de partager autour des livres, même si je devine bien que l’entreprise est délicate et que l’on me reprochera beaucoup après cette chronique, j’ai envie de vous dire combien pour moi Rabelais et Céline sont des frères d’écriture et probablement même des cousins en humanité d’une certaine manière… Ne criez pas, je m’explique un peu !

 

C’est par la fin de leurs vies que je commencerai mon propos car c’est là le plus édifiant. Ils n’attendaient plus rien de quiconque, ils doutaient de tout et ils avaient le sentiment d’un certain échec de leurs vies.

 

Ils étaient tous les deux médecins, l’un avait soigné les plus grands de son époque, du pape aux cardinaux, du roi aux divers princes… L’autre avait arrêté de soigner quand l’humanité l’avait cruellement déçu lors de la Première Guerre mondiale, guerre à laquelle on l’avait fait participer sans trop lui demander son avis…

 

Tous deux avaient plongé dans l’écriture avec outrance, excès, vulgarité, pour réclamer plus de paix, de justice, de tolérance, d’humanité…

 

Et là, en fin de vie, ils avaient repris le chemin des patients et de la médecine. L’un soignait les pauvres bougres du côté de Saint-Maur-des-Fossés, l’autre autour de Meudon-la-forêt. Aucun ne se faisait payer, ils estimaient inconsciemment que cela compenserait, peut-être, leurs erreurs, leurs fautes, leurs crimes… et même pourrait racheter leurs âmes ! Mais, tous les deux doutaient de l’existence de ces dernières… alors pourquoi les racheter si ce n’est en affirmant une sorte d’humanisme qui avait survécu à leurs vies chaotiques… Allez savoir !

 

Les deux hommes ont écrit avec leurs tripes, certains diraient qu’ils éructaient plus qu’ils n’écrivaient, qu’ils hurlaient plus qu’ils ne disaient… et c’est probablement bien la vérité, une vérité qui les a fait bannir de certains manuels et cours de littérature…

 

Ils n’hésitaient jamais à inventer des mots, des adjectifs, des superlatifs, pour rendre encore plus réels leurs cris du cœur. Cette écriture était bien au-delà de leurs vérités, de leurs existences… D’ailleurs, Rabelais n’était pas plus alcoolique et pornographe que Céline criminel ou même antisémite. Oui, je vous entends hurler contre moi mais je suis peut-être dans la vérité si on regarde les faits avec attention, les mots avec sérieux…

 

Le Juif chez Céline, le roi ou le chef de guerre, les clercs et religieux, chez Rabelais, sont des êtres particuliers qui sont responsables des malheurs de l’humanité, de tous les malheurs. C’est excessif, irrationnel, injuste… mais cela permet de pointer du doigt ce qui est mauvais dans la société pas de faire un procès aux individus. C’est l’organisation qui est mauvaise pas une caste ou une autre… Les deux auteurs sont chacun à leur façon de grands révolutionnaires, ils veulent changer la société…

 

Pourtant, les résultats de cette révolution peuvent être délirants et scandaleux. Un roi guillotiné, un Juif brûlé, un catholique massacré par un protestant, un protestant jeté à la Seine par un catholique… tous ces crimes ne sont pas ce que voulaient les deux littérateurs, et, pourtant, les crimes eurent lieu !

 

Alors, que l’on ne se trompe pas, je ne pardonne rien à Céline mais je réfléchis d’une façon particulière en comparant toujours Rabelais et Céline en tant qu’auteurs. Rabelais était très bien entouré et protégé et cela lui a probablement évité les pires erreurs alors que Céline n’avait pas à ses côtés un Cardinal du Bellay ami de François 1er… C’est peut-être là la seule différence… Qui sait ?

 

 

Voilà, je ne veux pas aller plus loin, je voulais juste faire un rapprochement osé et rapide entre ces deux hommes alors que je finis la préparation de ma conférence sur Rabelais… Mais, comme l’été c’est fait pour lire, n’est-ce pas le moment de relire en parallèle les deux ouvrages de références de ces deux auteurs, Gargantua et Voyage au bout de la nuit ? Et on en reparlera plus tard !

 

Et comme l’été c’est fait pour lire, c’est le bon moment pour cette entreprise littéraire ! Bonne lecture à tous !

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Amélie Nothomb

L’été c’est fait pour lire et quand on arrive à la fin de l’été on est aussi confronté à la pile majestueuse des livres de la rentrée. Alors, puisque l’un de ces romans est le petit nouveau d’Amélie Nothomb dont tout le monde s’accorde à dire et penser qu’il s’agit un bon cru, je me suis souvenu de cette femme que j’ai eu la chance de rencontrer dès son premier roman… Puis, d’année en année, durant sept ou huit, nous nous sommes retrouvés lors de ce salon que l’on aimait bien, Le livre sur la place de Nancy… Amélie Nothomb a une forme d’écriture boulimique puisqu’elle publie un livre par an depuis son premier roman, Hygiène de l’assassin !

 

Au début de nos rencontres, je la trouvais tout simplement sympathique, accessible, naturelle. Puis, j’ai senti qu’elle se fabriquait un personnage, une image, un look… J’avais le sentiment qu’elle cherchait à se protéger comme si elle était timide et qu’elle voulait échapper à la médiatisation excessive de sa personne. Du coup, elle donnait en pâture son personnage et restait cachée dans l’ombre… Vous croyez savoir qui elle est et en fait peu la connaisse en profondeur…

 

J’entends souvent beaucoup de mal de son écriture, de la facilité dans laquelle elle se complairait, des thèmes récurrents qu’elle utilise jusqu’à saturer les pauvres lecteurs. Littérature facile signifierait-il mauvais ouvrage ? Non, en fait, tout dépend de ce que vous attendez de la lecture du livre. Si vous avez envie de trouver un roman estival, agréable à lire sans provoquer des céphalées infernales, Amélie Nothomb peut vous offrir ce bonheur de lecture que vous recherchez et vous n’avez pas à en rougir. Vous avez même le droit de considérer qu’un roman qui vous apporterait cela serait un bon roman, tout simplement.

 

Un exemple ? Une forme de vie ! Il s’agit d’un roman de 2011 qui existe déjà en format poche ce qui n’est pas un critère de choix mais est toujours bon à prendre par les temps qui courent. Dans les critères qui me pousseraient à choisir ce roman je mettrais la forme. Amélie Nothomb aime jouer avec les formes de ses textes comme elle adore perdre le lecteur avec des personnages qui parfois lui ressemblent, pensent comme elle… Et c’est bien le cas ici. Il s’agit d’un échange épistolaire entre l’auteur et un soldat américain en poste en Irak. Mais c’est aussi un véritable roman car il n’y a pas que les lettres brutes. Roman ? Oui, c’est vrai que l’on n’arrive pas toujours à être certain de la nature des personnages. Cet auteur qui écrit est-ce réellement Amélie Nothomb ? Le doute subsiste jusqu’à la fin… D’ailleurs qu’elle est la marge entre fiction et réalité ? Seul l’auteur le sait… et encore !

 

Notre soldat américain, enfin celui qui s’adresse à l’Amélie Nothomb du roman, a une particularité. Sa taille, son obésité ! Le stress de la guerre le pousse à manger et ce conflit le transforme en monstre, en baleine échouée sur le sable irakien…

 

Le dialogue par texte interposé permet à Amélie de traiter, à sa façon, un certain nombre de thèmes qui lui sont chers : la correspondance avec ses lecteurs, l’alimentation, le corps, l’empathie…

 

Alors bien sûr, Amélie Nothomb va jouer avec le lecteur en provoquant une surprise de taille alors que tout semblait joué et acquis. Je ne vous en dirai pas plus, mais cela va nous faire changer notre regard sur cette correspondance et certains n’hésiteront pas à relire le livre, ce qui sera sans conséquence sur votre vie privée car tout cela se vite et bien…

 

Le thème de la nourriture chez Amélie Nothomb est récurrent et c’est aussi le signe d’une forme de mal être profond. Non, elle n’a pas encore réglé tous ses problèmes existentiels et elle se soigne en écrivant… C’est du moins ce que je pense en évitant de glisser dans une sorte de thérapie de salle de bain ou de cuisine, certains diraient de comptoir…

 

Nous voilà donc avec un bon auteur estival, un roman sympathique et ce sera aussi, pour certains, l’occasion de lire, de découvrir d’autres textes d’Amélie Nothomb comme Le sabotage amoureux, Combustibles ou Acide sulfurique… Vous pourriez presque tout lire puisque l’été c’est fait pour lire ! Alors, du coup, n’oubliez pas le petit dernier, Soif !

 

Bonne lecture à tous !

 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 sept 2019

J'AI LU POUR VOUS : « Réquiem pour l'Est » d'Andréï Makine ...


La 4ème de couverture nous dit : « Je me savais à présent incapable de dire la vérité de notre temps.

Je n’étais ni un témoin objectif, ni un historien, ni surtout un sage moraliste.



Je pouvais tout simplement reprendre ce récit interrompu alors par la nuit, par les routes qui nous attendaient, pas les nouvelles guerre. »

« « L’histoire : un médecin militaire, engagé par les services de renseignements soviétiques, retrace l’hallucinant destin de son grand-père Nikolaï et de son père Pavel, les oppressions des années 20, les purges, les violences nazies et la Seconde Guerre Mondiale …

Un chant pour les morts d’hier et aujourd’hui, une tragédie jalonnée de crimes, de viols et d’illusions perdues et une histoire tragique tissée de larmes et de sang, et, en même temps de tant d’humanité, la profonde humanité de son père et de son grand-père vont aider le narrateur à se pacifier et accepter son destin » » …

En toile de fond de cette histoire, une Russie éventrée et bouleversée.

J’ai été touchée au plus profond de moi par ce livre … au travers d’une écriture lyrique et précise, faisant surgir une lumière profonde au cœur du plus noir de l’humain.

Un texte dur mais d’une incroyable richesse.

Une richesse qui lui restait de sa vie ancienne … juste ce cahier rempli de poèmes d’adolescence.


Article et photo : Christiane Chapé

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* Folio ISBN 2-07-04-041808-1
* photo : Jean Dominique Burton

 
Imprimer - - par christianechapé - 11 sept 2019

L'été c'est fait pour lire... des auteurs "à la plage"

L’été c’est fait pour lire et quand on croise en librairie une collection qui porte le nom de « … à la plage », je ne peux que faire une halte, ouvrir, lire quelques lignes et repartir avec un nouvel opus à aller déguster sur le sable fin… Bon, tout cela n’est valable que si on est en bordure de mer ou de lac et s’il y a du soleil ! Sinon, on se contentera de son fauteuil, de la cheminée, de son lit chaud et douillet… Enfin, vous avec le choix de lire où vous voulez, on ne va quand même pas régenter votre vie !

 

Donc, contemplant cette collection de vulgarisation que je ne connaissais pas avant cet été, j’ai décidé de repartir avec trois ouvrages, ceux consacrés à des auteurs que je ne connaissais pas ou presque pas… Kant à la plage, la raison pure dans un transat, Proust à la plage, la recherche du temps perdu dans un transat, Darwin à la plage, l’évolution dans un transat. J’ai oublié Colette, Marx, Einstein… car j’ai choisi réellement ceux pour lesquels j’étais prêt à la grande découverte !

 

 

Je reviendrai certainement, un jour, sur chacun de ces ouvrages en détails mais je voulais, dès maintenant, traiter du bien-fondé de cette collection et de l’utilité absolue d’avoir à disposition une bonne collection de vulgarisation. Une fois, j’ai rencontré une personne dans le monde du spectacle qui croyait que je méprisais son spectacle en disant qu’il s’agissait d’une bonne vulgarisation… Elle ne savait pas que la vulgarisation était bien autre chose qu’une version avec des gros mots !

 

Il ne peut pas y avoir de bonnes recherches, de grandes sciences et de magnifiques découvertes sans qu’il y ait aussi une bonne vulgarisation, c'est-à-dire une mise à disposition de ces éléments souvent complexes au grand public. Le grand public n’est pas non plus un gros mot, c’est nous tous d’une façon générale…

 

Prenons, par exemple, les philosophes. Dans nos vies quotidiennes, nous n’avons pas besoin de tout savoir sur les travaux de tous ces grands philosophes. Par contre, comprendre ce que Socrate, Sénèque, Thomas d’Aquin, Kant ou Simone Weil peuvent nous apporter lors de nos grandes interrogations humaines, oui, cela est utile, même indispensable ! Puis, après, si besoin est, si nous sommes curieux, si nous voulons aller plus loin, alors, on pourra lire des ouvrages plus complexes de ces auteurs eux-mêmes…

 

Cet échelon d’accessibilité devrait être assumé par l’enseignement. C’est ce que j’ai toujours tenté de faire depuis quelques décennies mais je reconnais que parfois c’est délicat car nos étudiants n’ont pas toutes les bases nécessaires. J’ai eu des étudiants qui n’avaient jamais lu un livre en entier, certains n’avaient vu qu’un seul spectacle vivant de leur vie et d’autres estimaient de bonne foi que lire était perdre son temps… C’est tout petit qu’il faut commencer à prendre les bonnes habitudes : réfléchir par soi-même, se donner des objectifs, lire, échanger avec les autres, ne pas suivre le mouvement sans s’être posé des questions…

 

L’avantage de cette collection, c’est avant tout de ne pas s’adresser spécifiquement à des lecteurs confirmés d’ouvrages complexes. Vous avez entendu parler de Kant, de Proust, de Darwin… vous voulez juste savoir de quoi il s’agit ? Alors, c’est pour vous ! C’était aussi pour moi !

 

Kant était un philosophe que je ne connaissais pas du tout, je l’avais bien croisé dans l’année de terminale mais il ne m’avait laissé aucun souvenir précis si ce n’est ce titre « Critique de la raison pure » (1781). Peut-être ne pensais-je pas être capable d’une raison pure, allez savoir ! Mais maintenant, j’en ai compris les grandes lignes, je vois où il se situe dans la pensée humaine et son questionnement est bien arrivé jusqu’à moi… Du coup, moi aussi, j’aurais bien aimé croiser dans la rue son serviteur, être invité à manger et échanger avec le maître… Ma liberté aurait été alors d’accepter ou pas… Bon, nous reviendrons sur tout cela un jour…

 

Ce qui est certain, c’est que maintenant j’ai compris ce personnage et sa pensée, j’ai envie de reprendre mes essais de lecture de Proust et Darwin n’est plus un mystère complet… Comme quoi, lire sur la plage ou sur un transat n’est peut-être pas si inutile que cela ?

 

Alors, comme l’été c’est fait pour lire, comme l’été n’est pas terminé, bonne lecture à tous !

 

Nota Bene : il se pourrait bien que l’on puisse lire aussi durant l’automne, non ?

Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 sept 2019

L'été c'est fait pour lire (complément) : Des chrétiens contre les croisades

L’été c’est fait pour lire et puisque je vous ai parlé de croisades dans ma chronique du jour je voulais juste élargir quelque peu le sujet avec l’ouvrage de Martin Aurell, historien d’origine espagnole et élève de Georges Duby, qui a permis une approche complémentaire des croisades en montrant certains opposants à ces guerres lointaines…

 

En effet, on peut croire que ces croisades demandées par les papes, prêchées par les plus grands religieux de cette époque, étaient des actions unanimement acceptées par les clercs, les religieux, les intellectuels. Or ce ne fut pas du tout le cas !

 

Certes, les opposants n’étaient pas majoritaires, mais ils existaient bien, se faisaient entendre et parfois ils appartenaient à l’élite religieuse de leur époque… L’ouvrage de Martin Aurell, Des chrétiens contre les croisades, XII°-XIII° siècle, montre que des chrétiens se sont opposés aux croisades dès le XII° siècle. Non, il n’y avait pas de consensus autour de ces guerres sanglantes appelées croisades ! Des princes, des prêtres, des moines, de saints hommes et même des troubadours ont osé braver la parole des grands de ce monde, celle du pape en tout premier lieu !

 

 L’auteur montre que pour alimenter cette « rébellion » contre l’Eglise en place, les contemporains furent rassasiés par le récit des massacres de musulmans et chrétiens d’Orient, par l’enrichissement des ordres religieux combattants comme les Templiers, les exactions des chevaliers chrétiens prêts à tout pour s’enrichir et les coucheries violentes où les femmes de toutes les origines furent maltraitées… Or ; ces faits connus dès le départ ou presque ont fait réagir des chrétiens qui ont ainsi tenté de mettre en application un Evangile que les autres avaient oublié…

 

Un très bon livre à lire et pas seulement en été !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 10 sept 2019

L'été c'est fait pour lire L'encyclopédie des aliments

L’été c’est fait pour lire et voici quelques jours que je ne vous ai pas parlé de nourriture, de recette, de produit alimentaire. Pourtant, le sujet est important et il ne manque pas d’ouvrages qui traitent ces thèmes avec talent, pertinence, bonheur, esthétique… déclenchant chez le lecteur que je suis plaisir, envie, rêve…

 

Je n’ai pas trouvé un véritable ouvrage précis et complet sur la saisonnalité des produits, malheureusement car je suis persuadé qu’il s’agit là d’un véritable sujet. Bien sûr, nous sommes beaucoup à avoir quelques idées sur le sujet car nous savons bien que nous ne pouvons pas faire pousser des tomates dans nos jardins en plein mois de février ! Mais, si, pour les fruits et légumes de chez nous, nous avons bien des repères, pour d’autres produits c’est plus complexe… Entre autre dans le domaine de la pêche… Y a-t-il une saisonnalité pour le poisson, les coquillages, les crustacés ? Plus généralement, comment connaître tous les produits qui peuvent prendre place dans notre assiette…

 

Dans un premier temps, je rappellerai qu’il existe un ouvrage assez fantastique, L’encyclopédie des aliments, une publication de 1997 des éditions Fontaine, aujourd’hui épuisée. Heureusement, on la trouve encore d’occasion et je ne peux que vous conseiller d’avoir ce livre dans votre cuisine. On trouve tout ou presque sur les aliments : leur histoire, leur apport pour le corps humain, les grandes précautions à prendre pour les cuire, les manger, les conserver, ainsi que des us et coutumes les concernant. On va donc trouver ici de nombreux éléments sur la saisonnalité des produits et on ne va pas se limiter aux fruits et légumes puisque l’on trouvera des rubriques sur les viandes, les poissons, les crustacés…

 

Par exemple, pour le poisson, il y aura d’abord quelques conseils précis pour s’assurer de la fraicheur : état des ouïes, des yeux, de la peau, de la chair, des écailles, du ventre sans oublier l’odeur… Je vous promets que lorsque vous savez certaines choses vous choisissez beaucoup mieux votre poisson et on ne peut plus vous faire prendre des poissons pour frais quand ils ne le sont pas… On vous expliquera comment écailler, ébarber, éviscérer et lever les filets et je rappelle qu’il ne faut pas toujours faire faire cela par le poissonnier – surtout quand vous voyez certains massacres par des personnes non formées dans des grandes surfaces locales que ma sympathie légendaire m’empêche de citer… Quant aux déchets, ne jetez pas tout à la poubelle alors que l’on peut réaliser de très bonnes soupes ou fumets sans difficultés majeures…

 

Mais revenons à ma saisonnalité puisque c’est ce dont je voulais vous parler aujourd’hui… Par exemple, parlons du cabillaud, ce fameux poisson que l’on appelle morue quand il est séché et salé. Dans le reste du monde, on dit morue dans tous les cas, parfois même en intégrant l’églefin, la morue de l’Atlantique voire même certains merlus… Ce cabillaud, donc, est péché sur les côtes de pendant trois ou quatre mois, en eau profonde toute l’année. On peut donc en trouver toute l’année chez le poissonnier mais attention après avoir puisé dans l’espèce avec excès, il faut maintenant se restreindre car la morue pourrait disparaitre purement et simplement. Il faut donc en profiter quand le cabillaud a le meilleur goût, soit entre octobre et avril… Bien sûr, comme ce poisson existe aussi séché et salé, là, on peut en profiter sans problème… Je rappelle aussi que l’églefin fumé est ce que l’on appelle du haddock et c’est juste délicieux…

 

La saisonnalité pour poissons, crustacés et coquillages n’est pas calculée que sur le goût mais surtout sur les périodes de reproduction pour permettre de ne pas faire disparaitre les espèces animales car la sauvegarde de la biodiversité commence aussi dans votre assiette, je dirais même dans votre panier de marché !  Par exemple, pour la coquille Saint-Jacques, on a une saisonnalité qui va d’octobre à mai, et c’est le respect de cette période de pêche qui permet d’en avoir encore !

 

Je ne peux donc que vous conseiller que de respecter cette saisonnalité, de manger les produits frais au bon moment et de varier au maximum les aliments de votre table… C’est bon pour le goût, la santé, la planète…

 

Après tout, le bonheur alimentaire, ce n’est pas de dévorer des coquilles Saint-Jacques toutes les semaines – il y aurait aussi un sacré problème de budget – mais d’en déguster trois fois dans l’année, avec plaisir, et d’être certain que nos petits-enfants pourront le faire encore dans quelques décennies…

 

Bien sûr, le Breton parle de produits de la mer mais le raisonnement est valable pour tous les aliments dans toutes les régions d’où le fait important de trouver des ouvrages qui en parlent avec sérieux. Je sais qu’Internet vous donne tous les renseignements désirés mais un bon livre est irremplaçable et comme l’été c’est fait pour lire…

 

Pour compléter cette chronique, très prochainement, nous aborderons aussi la saisonnalité du fromage et des produits laitiers en général…

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 8 sept 2019

Vient de paraître : « Le Fantôme du futur », premier roman, d'Annick Bourbon-Rochette


Sa formation littéraire puis sa longue carrière au sein de l’Éducation Nationale, tout 'abord en qualité de professeure de lettres puis en qualité de responsable administrative de différents établissements ne lui ont sans doute pas laissé le temps de se consacrer plus longuement à l'écriture, du moins à publier ses réflexions.


RÉFLEXIONS-RENCONTRES CONCILIANT PASSE ET AVENIR
C'est à l'heure de la retraite entre vie de famille mais aussi partage de bien des passions qu'Annick Bourbon-Rochette se lance ans l'écriture. Une longue vie dédiée aux lettres, à la transmission des connaissances, à la réflexion, enrichie aussi par des rencontres et des participations à l' atelier « groupe d’hébraïsants »au sein l’Université Populaire du Chalonnais ( U.P.C ) et de l'association chalonnaise pour la transition écologique ( A.C.T.E) ont nourri et prolongées le désir de se lancer dans une nouvelle aventure : celle de l'écriture et de la publication.

 


DIFFÉRENTES PORTES D'ENTREES POUR CE PREMIER ROMAN
C'est ainsi que l'habitante de Saint Loup de Varennes,vient de publier « Le fantôme du futur », un ouvrage de 330 pages.
Samedi après midi, l'auteure a rencontré dans une librairie chalonnaise du centre ville, ses premiers lecteurs au cours d'une première séance de dédicaces. Annick Bourbon-Rochette a expliqué « après avoir rencontré les anciennes lettres hébraïques, l'ancêtre de notre alphabet et leur symbolique et particulièrement nourrie par des réflexions et lectures sur le changement climatique, j'ai décidé d'écrire.En quatre mois, le roman était rédigé »...
Plusieurs portes permettent d'entrer dans l'ouvrage, notamment celle de l'anticipation, celle de la philosophie ou encore celles du politique et de l'utopie, u sporituel, en tout cas c'est l'éloge de la diversité. Inclassable roman, en ressort avant tout un optimisme résolu et des émotions coloriant l'histoire.

 


SUR L'AGENDA
Après notre ville, l'auteure participera à de nouvelles dédicaces, le Samedi 26 Octobre à Ville franche sur Saône de 15 H à 19 H, à la Librarie Develay- au salon du livre de Saulieu, le dimanche 27 Octobre, à la librairie « Le Forum » à Louhans, le Samedi 16 Novembre de 15 H à 19 H et à Lux, au salon du livre, le dimanche 24 Novembre.

 


Par ailleurs, Annick Bourbon-Rochette animera un atelier d'écriture au sein de l'Union Populaire du Chalonnais ( U.P.C) au 5, rue Rougeot, les mercredis de 9 H à 11 H, à partir du mois d'octobre.
- « Le fantôme du futur »-Éditions Baudelaire-21,50 euros.

 

 

Imprimer - - par Daniel DERIOT - 8 sept 2019

L'été c'est fait pour lire : Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?

L’été c’est fait pour lire, oui, mais pour une fois et je vais vous le dire tout de suite, je vais commencer par vous parler d’un livre que je n’ai pas lu. Oh, je sais bien que Pierre Bayard m’a octroyé d’une certaine manière de le faire – Comment parler des livres que l’on n’a pas lus, 2007 – mais je voulais être très honnête avec vous, je n’ai pas lu Orléans de Yann Moix ! Pourtant, il me semble assez judicieux d’en parler et par la même occasion de parler d’un ou deux livres que j’ai lus et appréciés…

 

 

Je m’explique !

 

Je suis toujours de près la rentrée littéraire même si d’année en année je trouve qu’elle a quelque chose d’artificiel et que ce n’est pas toujours le meilleur moment de la vie littéraire française. Passons…

 

Il n’en demeure donc pas moins que depuis le 21 août, date de la sortie de ce roman Orléans il n’y a pas un jour sans qu’une information tombe … Oui, je fais comme si l’information sur les livres était prioritaire dans notre pays, comme si les polémiques autour des livres étaient aussi violentes qu’autrefois, comme si la République des livres était plus importante que tout… Que voulez-vous ça me fait plaisir et comme l’été c’est fait pour lire, c’est une façon de construire mon utopie livresque… même si je sais bien au fond de moi que le cours de la bourse perturbe beaucoup plus mes concitoyens… Non ?

 

Donc, il y eut une première vague d’informations qui disait en substance, que ce roman était bon, voire même le meilleur de Yann Moix. Dont acte. Les premières chroniques entendues me poussaient même à prendre le temps de lire ce roman… Il était au moins dans ma liste cérébrale à défaut d’être déjà sur ma table de nuit…

 

Puis, le père et le frère de Yann Moix ont pris la parole et proféré leur vérité : Yann a menti, il n’a jamais été traité de cette façon ! Là, immédiatement, je me dois de réagir… Oui, Orléans raconte, dit-on, les sévices qu’auraient subis Yann dans sa jeunesse… Or, ces sévices seraient faux… Donc le roman ne serait plus un bon roman… Stop ! Où est le rapport ? Un roman est un roman ! Depuis quand un roman devrait-il être « vrai » ?

 

En fait, je voudrais vous inviter à lire ou relire Roland Barthes. Un roman est un objet qui par des signes nous raconte une fiction. Cette fiction s’adresse directement au lecteur sans aucun lien avec une vie réelle, supposée, rêvée, fantasmée ou inventée… Le lecteur est face au livre, face à une fiction. Point barre !

 

 

Je peux aimer le roman Le sabotage amoureux d’Amélie Nothomb (1993) sans m’interroger sur l’exactitude parfaite des faits racontés puisqu’il s’agit d’un roman. Serge Doubrovsky a même été jusqu'à créer un mot spécial pour désigner cette forme littéraire, autofiction ! Et dans autofiction, il y a bien fiction ! Lorsque Roland Barthes écrit L’empire des signes (1970), il fait bien comprendre (et j’emprunte les mots à Mathieu Messager et son remarquable Que sais-je, Roland Barthes – que j’ai lu !!! – qu’il ne s’agit pas « d’un récit de voyage au sens strict, mais bien d’une fiction, d’une fabrication d’un simulacre qui a les traits du Japon, sans pour autant prétendre rien représenter ou analyser du Japon ». Quand on lit un roman, on est pleinement dans la fiction et la question n’est pas de savoir ce qui est vrai ou pas, mais de savoir si le roman est bien construit, bien écrit, agréable à lire, s’il nous transporte dans un univers de façon pertinente… et chacun pourra glisser dans cette liste tous les critères qui font que, à ses yeux, un roman est bon… car il s’agit aussi d’une relation intime entre le roman et le lecteur, pas entre le romancier et le lecteur… Je peux lire des romans de Christine Angot sans avoir à me demander ce qu’elle a réellement vécu…

 

 

 

 

Donc, pour en revenir à Yann Moix, la réaction du père et du frère ne devrait avoir aucun impact sur cette relation entre le roman et le lecteur…

 

Soit, me direz-vous, mais si on apprend que Yann Moix était en fait le bourreau de son frère (accusation que ce dernier a porté dans un deuxième temps) ou qu’il a été dans sa jeunesse antisémite (textes et caricatures donnés dans un fanzine de lycée), on pourrait quand même dire que le roman est mauvais, l’auteur infréquentable, l’homme à oublier définitivement…

 

Attention, n’allons pas trop vite ! Même si tout cela était véridique, qu’est-ce que cela changerait au roman ? Quand j’étais jeune, il ne fallait pas lire les romans d’André Gide parce qu’il était pédéraste. Peut-être que dans certaines familles catholiques traditionnelles on imaginait que c’était contagieux par les mots, allez savoir… Il ne fallait pas lire les romans de Louis Aragon parce qu’il était communiste… Il ne fallait pas lire Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline car il avait mal tourné après… Mais tout cela n’est qu’ineptie !  Le roman est un objet que le lecteur peut lire, voire aimer ou détester sans qu’il ait besoin de connaitre l’auteur… Là, encore, revenez paisiblement à Roland Barthes et son œuvre critique !

 

 

Voilà, maintenant que « Orléans » est enlevé de la liste des romans concourant pour le Goncourt. Bernard Pivot a tenté d’expliquer cela tant bien que mal et on sentait bien qu’il aurait préféré ne rester que sur l’aspect littéraire pur… « La seconde moitié du roman est moins bien écrite et travaillée »… Là, je ne peux pas juger car je n’ai pas lu le roman mais j’espère que c’est bien le cas comme cela il y a au moins une bonne raison d’écarter ce roman d’un prix qui, soit dit en passant, n’est pas non plus essentiel à la réalité de la vie littéraire…

 

Mais, si on devait enlever de notre littérature tous les ouvrages de ceux qui ont menti ou tout simplement pas respecté les règles et lois de la période dans laquelle ils vivaient, si on ôtait aussi de notre mémoire littéraire et artistique toutes les œuvres de ceux qui ont bu, qui se sont drogués, qui ont exercé sur les autres des tyrannies de toute nature… resterait-il une œuvre d’art à transmettre à nos enfants ?

 

Même si l’été est fait pour lire, je ne sais toujours pas si je vais lire Orléans de Yann Moix mais j’aurais préféré que l’on parle de ses qualités et défauts littéraires… et c’est aussi valable pour tous les romans de cette rentrée, bien sûr !

 

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, je vous conseille de lire ce Roland Barthes (2019) de Mathieu Messager qui permet d’accéder à l’œuvre de Barthes en douceur mais de façon pertinente !

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 7 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Son espionne royale mène l'enquête

L’été c’est fait pour lire et je profite souvent de cette période estivale pour lire des romans policiers. J’aime beaucoup ce genre que je n’hésite pas à classer en littéraire même si certains ne partagent pas ce point de vue avec moi. Donc, un genre littéraire à part entière, des auteurs et des autrices de qualité, de la création, de l’originalité… Mais, j’ai très rapidement, au fil des ans et des lectures, choisi de porter prioritairement mon attention sur les autrices britanniques de romans policiers. Certes, il s’agissait au départ d’une affaire de goût – j’aime tout particulièrement Agatha Christie et Patricia Wentworth – mais ce fut une façon aussi de me forcer à découvrir car aujourd’hui, j’ai du mal à croiser une autrice britannique sans lire au moins un de ses romans policiers… C’est ainsi que j’ai découvert récemment Rhys Bowen !

 

C’est dans une librairie – oui, il en existe encore quelques-unes en France – que je suis tombé par hasard sur Son espionne royale mène l’enquête. Je ne connaissais pas du tout l’autrice et quand j’ai vu qu’elle pouvait être classée en « autrice britannique », je n’ai pas hésité à acheter cet ouvrage sans en savoir plus…

 

Depuis, j’ai commencé par lire ce premier roman qui au départ m’a un peu déstabilisé. Beaucoup d’humour, d’allusions à la vie sociale anglaise des années trente car le roman se déroule en 1932 et j’attendais avec impatience un petit meurtre… Bon, il arrive bien quand même, ne vous inquiétez pas, et l’enquête est plutôt bien construite…

 

A la moitié de la lecture du premier roman de cette série dont les deux premiers tomes viennent d’être traduits en langue française, je me suis dit que je retrouvais là le même ton, la même ambiance que dans les romans d’Exbrayat dont l’héroïne est la fameuse Imogène. Donc, vous l’aurez bien compris, on navigue entre espionnage et policier, on rit souvent même quand la situation est grave et au final, on réfléchit beaucoup…

 

En effet, l’autrice touche du doigt tous les excès de la société britannique en particulier les relations sociales entre la famille royale, les nobles, les riches bourgeois et le reste de la société. Il faut dire que pour cela l’autrice a créé une héroïne peu banale, une femme Georgiana qui appartient à la famille royale, 34ème dans l’ordre de succession, mais aussi qui est fille d’une actrice qui a divorcé de son père duc qui lui s’est suicidé paniqué devant sa situation financière… Ah, le jeu d’argent…

 

Alors, l’espionnage me direz-vous ? Figurez-vous que la reine elle-même a demandé à Georgiana de remplir une mission… Cette mission est liée à un fait réel – car dans ce roman il y a quelques éléments réels et d’autres nés dans l’imagination de la romancière – et donc ce fait réel est constitué par la liaison du prince de Galles avec une jeune femme mariée américaine… Une liaison qui allait perturber très sérieusement le royaume…

 

Alors, je ne vous en dit pas plus car franchement je pense que vous devriez lire ce roman. C’est un roman d’été par excellence, un roman léger mais très humain, un roman bien écrit, enfin, au moins bien traduit. L’ensemble est léger mais on ne tombe pas non plus dans un texte inutile, lassant ou vulgaire. C’est propre, logique, cohérent mais avec une critique sympathique comme seule une anglaise peut le faire sur cette société d’un autre temps malgré tout…

 

Depuis, bien sûr, j’ai acheté le tome 2 mais pour la suite, il faudra attendre que la traductrice travaille encore un peu, que l’éditeur décide de poursuivre l’expérience. Sans estimer que cette série marque définitivement l’histoire de la littérature je dois avouer que j’ai été convaincu et que je vais suivre ce travail dans le temps…

 

Et comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 6 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Le chien des Baskerville

L’été c’est fait pour lire mais lire ne signifie pas être sérieux, rester sérieux toujours… On peut associer rire et jeu ! Heureusement ! D’ailleurs, la lecture est une activité qui sait être ludique…

 

Il y a quelques années, à l’occasion de ses premières reconstitutions en Playmobil, j’avais eu la chance de rencontrer Richard Unglik. J’avais été séduit par cet homme – cet éternel enfant – qui avait trouvé le moyen de prolonger ses jeux d’enfance en montrant à tous que Playmobil n’était pas seulement un bon jeu d’enfant mais bien un outil qui permettait de visualiser l’imagination, qui donnait corps aux rêves les plus fous… Ce que je ne savais pas encore, c’est que Richard, passionné des aventures de Sherlock Holmes, s’attaquerait à l’un des roman les mieux construits de Sir Arthur Conan Doyle, Le chien des Baskerville ! Dès lors, il quitterait la sphère du jeu pour celle du monde policier, pour l’univers holmésien et je ne pouvais que le suivre…

 

 

Vous pourriez me dire que le roman policier est avant tout un jeu mais pour moi c’est aussi une science, un objet d’étude, un plaisir, une activité jouissive en quelque sorte ! Bon, ceci étant dit, passons à cet ouvrage atypique…


Attention, il s’agit bien plus que d’une adaptation d’un bon roman, vous allez entrer dans un univers complet, riche en détails, exact et rigoureux où tous les fans vont être là à observer, contrôler, mesurer et réfléchir avant de constater que la copie est presque parfaite… Richard Unglik intègre même le « Elémentaire mon cher Watson » qui pourtant est ultérieur à la création de Doyle. Mais, en même temps, comment ne pas évoquer tous les aspects de Sherlock y compris ceux apparus dans les pastiches, dans les adaptations cinématographiques, dans les séries télévisées ou dans les mises en bandes dessinées ? Ici, les références sont complètes et visiblement cogitées, portées et construites par un amateur de qualité, par un professionnel et des aventures de Sherlock Holmes et de Playmobil !


Ce que j’ai le plus apprécié n’est pas tant les reconstitutions du 221 bis Baker Street avec Playmobil – ce qui en soit est déjà un exploit – mais l’ensemble des documents présentés au lecteur, synthèse de tout ce que l’on trouve dans les romans et nouvelles de Doyle : cartes d’identité, de visite et autres, fiches de sécurité de Scotland Yard, reconstitution de la presse, documents complémentaires en tous genres et passionnants, des reproductions de lettres… On n’est plus dans Playmobil, mais bien dans le monde holmésien !


 

Ce qui surprend le lecteur qui avait feuilleté un peu rapidement l’ouvrage avant de l’acheter, ce sont ces grandes reproductions avec pages dépliées qui montrent une rue entière de Londres ou la lande britannique obscurcie par la nuit… de toute beauté et, surtout, efficace pour se laisser pénétrer par l’ambiance du roman…


Pour nous raconter tout cela, Richard Unglik fait comme s’il s’agissait d’un drame à l’ancienne, d’une pièce de théâtre même si l’unité de lieu est un peu débordée, et il nous présente à la fin tous les acteurs qui ont joué. A nous d’applaudir !


L’ouvrage est constitué de photographies que Richard Unglik a réalisées lui-même démontrant ainsi qu’il est à la fois amateur de Playmobil – on l’avait bien compris depuis longtemps – mais aussi metteur en scène, scénographe, adaptateur, photographe, joueur, enquêteur, fan de Sherlock Holmes et j’en passe et des meilleurs…


Il fait même des émules puisque, lors d’un salon Kid Expo de Paris, le diocèse de Paris avait reconstitué une grande partie des épisodes biblique en Playmobil ce qui faisait un clin d’œil à son ouvrage La grande aventure de l’histoire, également publié par Casterman comme l’ensemble de ses livres…

 

Alors, puisque l’été c’est fait pour lire, vous pourriez aussi lire ou relire ce roman de Sir Arthur Conan Doyle, Le chien des Baskerville et ensuite voir comment tout cela peut être adapté en Playmobil !

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 5 sept 2019

J'ai lu pour vous : « LE PUISATIER DES ABIMES » ... de Bernard Tirtiaux ... (3/3)

3è volet de l'auteur Bernard Tirtiaux :

La quatrième de couverture nous dit : « Alexandre Carvagnac est-il un fou visionnaire ? Il a trouvé une solution pour se débarrasser de nos déchets nucléaires : les enfouir au plus profond de la terre, dans les cavités rocheuses de la lithosphère que l’on atteindra par de gigantesques puits.

Conspué par la communauté scientifique, il trouvera en un riche entrepreneurs, Tadeusz Nielsen, le soutien écologique et financier qui manquait à son projet.

Alors que les deux hommes commencent à décontaminer la terre, le dictateur Borganov emprisonne Alexandre Carvagnac et son épouse.

Leur fils, infirme et reclus, Antonin, dont le génie s’exprime dans la création d’images de synthèse, tentera de sauver son père et de poursuivre sa tâche ».

Après s’être hissé derrière les vitraux colorés des cathédrales dans « LE PASSEUR DE LUMIERE » et le compagnonnage dans « LES SEPT COULEURS DU VENT », Bernard Tirtiaux plonge jusqu’au centre de la terre pour en remonter avec l’espoir d’une planète guérie de ses blessures avec « LE PUISATIER DES ABIMES ».


CE QUE J’EN PENSE :
C’est peut-être, sur la trilogie de l’auteur que j’ai choisi de parler, car j’ai lu ces trois livres dans la foulée, l’opus que j’ai le moins apprécié, bien que je sois « fan » de l’auteur.

Sans doute parce que Bernard Tirtiaux m’a fait faire un saut dans le futur, dans un monde moins poétique … et pourtant tellement réaliste.

Un monde qui m’entoure aujourd’hui !

Ecrit dans les années 90/2000, cet ouvrage, parle d’un monde au bord de l’apocalypse, croulant sous les détritus … souhaitant débarrasser la planète de ses ordures humaines et industrielles …

Peut-être trop visionnaire pour la citoyenne écologiste que je suis et qui espère et croit fortement en la valeur humaine, en une planète fleurie et sentant bon le romarin.

Mais comment ne pas être subjuguée par ces personnages charismatiques liés par des passions fusionnelles et engagés dans une lutte pour la survie ?

Bernard Tirtiaux est maître verrier : il restaure et réalise des vitraux pour des églises mais aussi des sculptures monumentales comme la Cathédrale de Lumière, bâtie pour symboliser le centre géographique de l'Europe des Quinze en 1995, dans la forêt de Oignies-en-Thiérache , dans le sud de la Province de Namur.


Il est aussi chanteur et acteur de théâtre, notamment à la Ferme de Martinrou, qu’il dirige avec son épouse.


Article et photo : Christiane Chapé


Infos pratiques :
* Le Puisatier des Abîmes : aux Editions Denoël
* dépôt légal : juillet 2001
* IBSN : 2 07 041362 4 : imprimé en France
 
Imprimer - - par Chapé Christiane - 4 sept 2019

L'été c'est fait pour lire Sherlock Holmes et le Pont du Diable

L’été c’est fait pour lire et nous allons rester encore dans l’univers holmésien. A cela plusieurs raisons mais surtout parce que j’aime bien et c’est déjà beaucoup car pour transmettre l’envie de lire il vaut mieux parler de ce que l’on aime ! La deuxième raison c’est qu’au début de mes vacances je suis tombé en librairie sur un ouvrage que je ne connaissais pas, sur une autrice inconnue pour moi et un éditeur dont je n’avais jamais entendu parler… Tout cela ne pouvait exciter ma curiosité d’autant plus que le titre, Sherlock Holmes et le Pont du Diable, me renvoyait immédiatement à des amours de jeunesse… le fameux Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle !

 

Donc c’est avec plaisir que je prenais ce roman policier pour lire sur la plage, lieu que j’affecte particulièrement pour lire… Enfin, quand il ne fait pas trop chaud, qu’il n’y a pas trop de vent, pas trop de monde et que mes petits-enfants me laissent lire… C’est ainsi que j’ai dévoré ce roman qui se déroule à Saverne…

 

L’avantage, pour le spécialiste des aventures de Sherlock Holmes, c’est qu’il existe de nombreuses possibilités pour caser, insérer, mettre en place une aventure. Le cher Watson n’a pas tout raconté, tout évoquer et Sherlock pouvait enchainer les enquêtes sans problème… Il se portait d’ailleurs beaucoup mieux en travaillant alors que l’inaction le poussait impitoyablement vers sa seringue, sa solution et ses démons…

 

Nous sommes donc en hiver 1899 et nos deux amis sont sollicités de façon dramatique par une femme alsacienne. Un dramatique accident, puis une réplique quinze jours plus tard. Un frère et une sœur ont perdu la vie dans les ruines d’un château au-dessus de Saverne et ce serait, en tout cas une lettre anonyme l’affirme, un crime…

 

Quelle chance, le détective et le médecin sont libres et les voilà qui font ce grand voyage de Londres à Saverne…

 

Pour moi, ce roman est d’une grande qualité, pas tant du point de vue de Sherlock Holmes lui-même que de celui de ce cher docteur Watson. Tout au long du roman j’ai trouvé ce personnage très crédible, dans la pure lignée des écrits de Sir Arthur Conan Doyle et je trouve que Christine Müller a su réaliser là un magnifique travail.

 

Pour ce qui est du roman dans sa globalité, il est bien construit mais peut-être avec trop de rebondissements. Il faut dire que souvent nous avons l’habitude d’un Sherlock coincé dans des nouvelles relativement courtes. Il faut dire que l’auteur a écrit 56 nouvelles et quatre romans et donc c’est peut-être là que j’ai senti une distance avec l’original. C’est trop long pour une enquête simple et avec trop d’éparpillement pour un roman façon Doyle, du moins c’est le sentiment que j’ai eu en lisant…

 

Par contre, à aucun moment je ne me suis ennuyé et, surtout, jamais je me suis dit que ce Sherlock n’était pas crédible. Certes, il fonctionne à Saverne, il est éloigné de son Londres mystérieux mais il s’en sort très bien même si les criminels alsaciens lui donnent bien du fil à retordre…

 

Enfin, ce roman est beaucoup plus qu’un « simple » roman régional. D’abord parce que nos régions ne sont pas « simples » et qu’il faudrait que les Parisiens le comprennent une fois pour toutes. Mais aussi parce que cette écriture de Christine Müller est belle et agréable à lire. C’est un bon roman, tout simplement, même si c’est aussi un hommage à Sir Arthur Conan Doyle.

 

Enfin, pour mes amies qui craindraient un Sherlock Holmes trop misogyne, sachez que l’autrice a réussi à mettre en place un personnage qui sait être odieux quand il le faut tout en restant bien humain à d’autres. Elle trouve un bel équilibre sympathique que certaines lectrices devraient apprécier !

 

Voilà, une belle lecture estivale que je ne peux que vous conseiller car nous sommes encore en été et que l’été c’est fait pour lire !

 

Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 4 sept 2019

L'été c'est fait pour lire, Les premières aventures de Sherlock Holmes ! - suite 2

L’été c’est fait pour lire et parfois accepter de laisser surprendre et entrainer loin de sa zone de sécurité littéraire… Voici donc un ouvrage qui ouvrait en 2011 une nouvelle série… Les premières aventures de Sherlock Holmes !

 

 

Il y a plusieurs façons de dévorer cet ouvrage. Soit on est un fan des aventures de Sherlock Holmes et on ne craint pas d’être déçu : alors aucun doute c’est parti ! Soit on est fan mais prudent et on attendra la fin de cette présentation pour se faire un avis plus précis avant de partir à la suite du jeune Sherlock. Soit, enfin, on ne connaît pas encore Sherlock Holmes et c’est une façon originale de commencer la lecture des aventures de ce brillant détective britannique…


On pourra préciser pour les puristes que les héros aussi universels que le locataire du 221 bis Baker Street ne s’appartiennent plus, pas plus à vous qu’à leurs auteurs. Ce sont des mythes qui peuvent être repris par tout un chacun et vivre, ainsi, de nouvelles aventures… Voici donc la jeunesse de Sherlock Holmes. On pourrait presque ajouter la jeunesse officielle puisque le projet de l’auteur a reçu l’assentiment des héritiers de Conan Doyle…


Nous allons donc faire connaissance avec un adolescent, Sherlock, au moment où son grand frère, Mycroft, vient le chercher pour des vacances qui ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices : Sherlock ne va pas rentrer à la maison mais va devoir vivre ses semaines de repos chez un oncle et une tante qu’il ne connaît pas du tout, Oncle Sherrinford et Tante Anna…


Il ne se passe rien dans ce trou, c’est du moins la pensée profonde de Sherlock qui va frôler la dépression. C’est d’ailleurs la première allusion à ce caractère qui le poussera plus tard dans la drogue, une drogue dont il fera l’expérience initiale dans ce roman. Pas de façon volontaire, mais seulement en étant drogué par des méchants, des vrais terribles… mais expérience qui lui laisse un petit goût de je ne sais quoi d’agréable… Rassurez-vous, il ne s’agit pas du tout d’une promotion de la drogue, juste d’un élément biographique explicatif de la vie de ce très cher Sherlock !


Alors, ceci étant posé, que va-t-il se passer chez l’Oncle Sherrinford ? L’employée de maison mademoiselle Eglantine se révélera-t-elle une espionne, une trafiquante, une criminelle ? Ce sauvageon de Matty trahira-t-il son ami ou le sauvera-t-il ? Enfin, cette bande de malfrats qui hante la ville d’Aldershot en semant des cadavres arrêtera-t-elle son « œuvre » ?


Mais la question qui semble fondamentale est d’une toute autre nature… Quel est le type de relation qui s’est installée entre Sherlock et la belle Virginia ? De la curiosité ? De l’amitié ? De la tendresse ? Voire de l’amour ? Un épisode qui pourrait jeter des éclairages imprévus sur la personnalité de notre futur grand détective privé londonien… Allez savoir !


Ce roman m’a beaucoup plu et je pense qu’il peut être dévoré de plusieurs façons : un livre d’aventures pour jeunes lecteurs, une ouverture aux œuvres de Conan Doyle pour novices, ou, ce fut mon cas, une curiosité pour fans et connaisseurs des récits du docteur Watson… Aujourd’hui, cette série, Les premières aventures de Sherlock Holmes, se compose, en langue française, de 4 romans !

 

Alors, à vous de choisir votre créneau et, comme l’été c’est fait pour lire, bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 3 sept 2019

J'ai lu pour vous : "LES SEPT COULEURS DU VENT" de Bernard Tirtiaux ... (2/3) ...

J’ai lu pour vous : « LES SEPT COULEURS DU VENT» de Bernard Tirtiaux (2/3) …


La Quatrième de couverture nous dit : «Je cherche dans mes livres d'histoire une figure qui te ressemble : un artisan de l'errance, un arpenteur des vents qui, comme toi, s'est battu à coups d'outils pour le triomphe d'un chant d'amour. Ça fait peu de tapage, un chant d'amour. Et même quand il est porté par l'écho, il ne pèse pas trois plumes dans la marche de l'univers...».

« L'artisan, à qui l'abbé Vernay adresse ce mot, est son frère de lait, Sylvain Chantournelle, compagnon charpentier qui nourrit un rêve sans mesure : construire et promener de grandes orgues sur terre et sur mer, avec l'espoir secret que les traînées de musique qu'il répandrait de par le monde apaiseraient la folie meurtrière de son temps ».

Ce deuxième opus de Bernard Tirtiaux, nous plonge, après le travail du vitrail, dans le métier minutieux et mystérieux de Charpentier … premier métier au monde, s’il en est …

Le rêve de cet artiste/artisan : construire et promener de grandes orgues sur terre et sur mer, avec l'espoir secret que les traînées de musique qu'il répandrait de par le monde apaiseraient la folie meurtrière de son temps.

Il va sans dire, qu'en cette seconde moitié du seizième siècle, il avait de l'ouvrage. Il tenta de rallier Mathilde à l'innocence de son projet.
Splendide musicienne, elle était davantage encore que sa dulcinée, elle était le ferment de son rêve : sa muse.

Avec ce nouveau roman, foisonnant d'aventures, Bernard Tirtiaux nous initie au monde des compagnons du tour de France : charpentiers et facteurs d'orgues.

Ces nobles artisans, par la maîtrise de leur art, touchent au sublime, dans une époque troublée qui présente bien des similitudes avec la nôtre.

Plonger dans l’univers de Bernard Tirtiaux, au travers de la vie de Sylvain, compagnon charpentier, qui traverse cette tempête avec insouciance et toujours souriant, voyant uniquement le bien chez tout le monde, son rêve étant de construire des orgues, et de répandre sa musique chez tous ces illuminés qui s’entre tuent… . m’éloigne du mien, m’évade et me rapproche du beau … voir du sublime …

Et me font musicienne !!

Voir musicienne spirituelle !!


Article et photo : Christiane Chapé

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Infos pratiques :

* Les sept couleurs du vent, roman chez Denoël en 1995
 
Imprimer - - par christiane chapé - 3 sept 2019





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