entre nous - chalon sur saone

Entre-nous : parlons livres

Vous êtes ici :

A Chalon l'été c'est (aussi) fait pour lire !

L'été c'est fait pour lire !

En fait, ce n'est ni un souhait, ni un cri du cœur, ni une publicité pour un libraire ou un autre, c'est un fait objectif et amical que nous fait partager Michel Bonnet depuis quelques années et qu'il va reprendre encore durant cette période estivale...

Lacie Slezak
   Photo Lacie Slezak

La lecture est l'occasion de se détendre, de découvrir, d'apprendre, de passer le temps, de trouver une activité ludique, lucrative, hygiénique, éducative, familiale, touristique... Bref, de vivre, tout simplement !

A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

Tous les livres ne seront pas des nouveautés car Michel nous a appris à dépoussiérer certains auteurs, à mélanger les genres, à oser ouvrir un livre pour enfant, à lire de la bande dessinée. Bien sûr, chaque présentation sera suivie de vos commentaires et vous pouvez même relever le défi et présenter vous-mêmes vos lectures d'été, qui sait, Michel Bonnet sera peut-être le premier à les lire...

Allez savoir ?

Attention, l'été c'est fait pour lire, c'est à partir du 21 juin, évidemment !

Certains lisent les chroniques, d'autres préfèrent les écouter... A chacun selon ses goûts et ses habitudes !

Il semblait assez logique de vous permettre de l'écouter de temps en temps.
Une des radios qui la diffuse vous donne la possibilité d'écouter la chronique sur Internet :

http://www.rcf.fr/radio/rcf21/emission/636200

Pour envoyer un conseil de lecture vous aussi cliquer sur "Envoyer VOS INFOS ICI"  à droite de ce texte - Pour réagir à un message cliquer sur "Réagir" sous chaque article

 

 

L'été c'est fait pour lire : Le portrait ovale

L’été c’est fait pour lire et certains pourraient bien s’étonner de voir arriver plusieurs jours de suite le même auteur. Il faut que je vous dise plusieurs choses pour expliquer cela. Tout d’abord, je ne fais pas cette chronique estivale en suivant un plan rigoureux établi d’avance. Certes, j’ai chaque année quelques pistes mais pas de certitude ou de passage obligé, je me laisse porter par les envies, les découvertes, les rencontres, les visites… Deuxième point, véritable tare personnelle, quand j’aime je ne compte pas ! Je suis capable de lire un auteur en intégralité ou presque sur une période courte… Du coup, quand je relis un Poe, j’ai envie d’en prendre un autre et ainsi de suite… Quand je parle d’adaptation de Poe en BD, j’ai envie, sinon d’être exhaustif, au moins d’être complet… et cela peut prendre du temps… Donc, restons avec Poe un jour de plus !

 

 

Certains peuples pensaient, lorsqu’ils virent pour la première fois un appareil photographique et son fruit la photo que cela pourrait bien enlever l’âme de l’être humain. Oui, et cette croyance perdure encore quelque peu… Certains pensent même que de se laisser dessiner par un artiste présente quelques risques…


Edgar Allan Poe, écrivain du dix-neuvième siècle admirablement traduit de la langue anglaise par un poète français, Charles Baudelaire, a pris le temps d’écrire une nouvelle, Le portrait ovale, la dernière des Nouvelles histoires extraordinaires, un texte sur cette délicate question : que se passe-t-il quand une femme admirablement belle et douce se laisse dessiner par un artiste habité par son art ?


Je ne suis pas là pour vous raconter cette nouvelle, somme toute assez courte. Sachez qu’elle fut écrite aux environs de 1842. La traduction en langue française est de 1855. Ces deux petits détails historiques ont de l’importance car si nous avions à adapter cette nouvelle en bande dessinée, nous choisirions probablement un vieux château, perdu sur une lande écossaise, noyé dans le brouillard et la nuit à peine traversée par une once de lumière lunaire… Quand on lit le texte original, on sent la poussière et l’humidité de cette demeure abandonnée depuis déjà quelques temps probablement à cause de la guerre qui faisait rage sur cette terre…


La chambre décrite est froide, parcourue par un courant d’air désagréable, l’éclairage du candélabre allumé par les soins de notre domestique ne change rien à tout cela et c’est avec beaucoup de difficultés que nous commençons à lire ce vieux volume trouvé dans la chambre qui nous donne toutes les explications sur ces peintures désormais sans maître…


Mais voilà, Pascal Somon n’est pas un illustrateur banal et ce n’est pas le cadre qu’il a choisi pour son travail. Ce n’est pas une surprise pour ceux qui auront vu que la préface de l’ouvrage est signée Enki Bilal…


« Pascal Somon… est simplement pervers. Il faut l’être pour prendre un texte de Poe comme béquille et s’appuyer dessus… histoire de montrer qu’il tient bien debout ! »


Contrairement à ce que laisse voir la couverture, dès le premier dessin de Pascal Somon le lecteur est embarqué dans le futur lointain, un futur qui sent et respire l’univers bilalien… Mais pour une fois, si la guerre est présente dès les premières vignettes, la place importante est faite à l’art, à la philosophie, à la vie… La femme dessinée, peinte et dévorée par l’artiste est belle et digne de Bilal mais elle n’est qu’au second plan grâce à une grande place faite à la réflexion sur la création artistique… et tout cela avec très peu de mots…


Car c’est bien là le génie de Pascal Somon, raconter avec des images. Une nouvelle qui est offerte intégralement au lecteur au début de l’ouvrage, moins de neuf mille caractères, se retrouve en bédé avec soixante dix neuf vignettes et très peu de textes, tous tirés de la nouvelle sans aucun phylactère… C’est une merveille d’adaptation qui met en valeur les qualités inhérentes à cet art narratif, du texte et du dessin liés par une histoire accompagnée d’une bande son, très paisible dans cet exemple même si la guerre initiale ne peut que se faire entendre…


Cet ouvrage est un bijou, un objet admirable et un plaisir des yeux. Le format à l’italienne ne fait qu’ajouter au bonheur… Je voudrais, aussi, bien insister sur les images offertes par le texte de Poe qui permettent à tous ceux qui veulent en faire une adaptation bédé de faire une œuvre personnelle en s’appropriant le texte et en nous l’offrant nouveau et unique… Il faut de grands textes pour permettre aux artistes d’en faire de grandes adaptations !

 

Auteurs classiques, grands textes, grands artistes… Comme l’été c’est fait pour lire, vous avez ce qu’il faut pour vous donner envie de lire… Non ?

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 21 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Pierre Benoit - Le casino de Barbazan

L’été c’est fait pour lire et parfois j’aime bien trouver un lien entre actualité et lecture du moment…Par exemple, hier le Tour de France passe à Barbazan et immédiatement je pense à un roman de Pierre Benoît, Le casino de Barbazan

 

Sans entrer dans tous les détails de la vie de Pierre Benoît – il existe pour cela la très bonne biographie de Gérard de Cortanze, Pierre Benoît le romancier paradoxal – il est bon, avant de lire Le casino de Barbazan, de préciser que nous avons-là un de ses romans écrits après la Libération, c’est à dire après son passage en prison. Qu’il ait été enfermé à tort, que ce fut une erreur de le considérer comme collaborateur, que toute sa vie durant l’occupation fut exemplaire, rien de tout cela n’empêchera Pierre Benoît de porter sur lui une peine et une blessure inguérissable, ineffaçable, indélébile… Son biographe écrit : « Brisé par la guerre, Pierre Benoît sait qu’il ne se relèvera pas de ces attaques permanentes et injustes. »


Dans le même temps, il apprend que sa femme bien aimée, celle qui a réussi à l’apprivoiser, à le dompter, à l’aimer totalement, est atteinte d’un cancer. C’est irrémédiable, et pour le moment il est seul à porter cette information comme un fardeau terrible et minant.


Ces deux faits éclairent considérablement certains aspects de ce roman que j’ai bien apprécié et dont je n’avais pas conservé trace dans ma mémoire au point de me dire que je ne l’avais probablement pas lu… Au moins, c’est maintenant chose faite !


Revenons à Pierre Benoît. On dit souvent que cet auteur avait besoin de connaître les lieux, d’arpenter les chemins et les rues avant de parler d’un village et de ses habitants… C’est confirmé par ce roman. En effet, il est venu à Barbazan, presque tous les ans et lors d’un de ses séjours, en 1948, il est quasiment resté enfermé dans sa chambre pour écrire son roman. Il était, cela ne surprendra pas le lecteur, un ami personnel du directeur de l’établissement qui était réputé par sa salle de spectacle, que nous allons retrouver dans le roman.


Pour une fois, nous ne partirons donc pas au Proche Orient ni en Afrique, mais nous allons prendre la route de Barbazan, comme Pierre Benoît. Barbazan ? Oui, comme moi, certain vont se demander dans quelle direction partir… Barbazan, est une petite ville thermale de Haute-Garonne, aux portes des Pyrénées. Climat doux, des sentiers de promenades et de randonnées par centaines, un lieu de villégiature pour les bourgeois qui ne supportent pas l’été en plaine…


Nous arrivons en vacances avec plusieurs familles. Le narrateur de notre roman, Maurice est là avec sa femme, Etiennette, et ses enfants. Ils sont invités, en ce début d’été, par Serge et Mathilde, un couple qui a ses habitudes à Barbazan. Sur place, ils retrouvent Antoine, le directeur du casino, du fameux casino de Barbazan, et Juliette son épouse.


Certains sont déjà en train de se dire que je me suis trompé dans les prénoms des femmes puisque dans tous les romans de Pierre Benoît, il existe une héroïne dont le prénom doit commencer par un A. Il y a comme un fétichisme chez ce romancier, ou plus exactement comme un petit jeu avec le lecteur. Oui, il y aura bien une femme de cette nature ? Pourtant, son apparition dans le roman ne déclenchera pas un silence admiratif, ne provoquera pas de frissons chez les uns ou les autres, car elle semble petite, boiteuse, et elle n’est qu’une musicienne de casino, une pianiste ordinaire… Oui, ils ne sont pas nombreux à se retourner vers Argine quand elle s’installe devant son instrument…


Par contre les liens sont si forts entre nos amis, que l’on se demande durant une bonne partie du roman si Maurice ne va pas partir avec Mathilde ou si Antoine ne va pas jeter son dévolu sur Etiennette… Mais si Pierre Benoît sait être torride, du moins comme on savait l’être à cette époque, il est aussi plus sage qu’avant. Son épouse Marcelle lui a appris une forme de fidélité, d’amour passion et raison… Le narrateur, Maurice, est une forme de Pierre Benoît. Il va, durant cet été et les mois qui suivent, tenter d’apprendre la vie, comprendre ce qu’est l’amour, reprendre des forces dans sa vie et partir pour un grand bonheur, un véritable bonheur…


Et Argine ? Ne tente-t-elle pas de s’amouracher de l’un de ces hommes mariés ? Non, ce roman n’est pas le récit d’un amour illégitime comme on pourrait le croire au départ. Pourtant, c’est vrai que l’un des ménages va exploser en plein vol, qu’un homme va finir par partir avec Argine… mais tout est beaucoup plus complexe. D’ailleurs, je ne vais certainement pas vous dire ce qui va se passer. Ce n’est pas mon rôle ! C’est à vous de lire cette très belle histoire, une aventure humaine à plusieurs facettes qui montre que l’amour avec un A peut exister, que ce sentiment a la vie très dure, qu’on ne peut pas s’en débarrasser sur un coup de tête, que parfois les êtres humains se compliquent bien la vie…

Un bon roman, bien construit, qui surprendra plusieurs lecteurs habitués de Pierre Benoît car il n’est pas hérétique, du moins à mon avis, de penser que l’auteur, dans les années trente, aurait terminé son roman de façon plus dramatique. J’avais envisagé quelques autres issues possibles… Mais, en même temps, j’avoue ne pas avoir vu le temps passer dans cette lecture et ne pas regretter les autres fins possibles. Je crois qu’un bon roman est celui que nous aurions pu écrire autrement, celui qui fait travailler notre imagination à fond, sans limites…

 

Et au fait, qui a gagné l’étape du Tour de France d’hier ? Je suis obligé de vous avouer que je ne sais pas car j’écris mes chroniques en avance à un moment où le résultat de l’étape n’est pas encore connu… Peut-être qu’un cycliste est passé seul en tête à Barbazan, que Franck Ferrand a évoqué le roman de Pierre Benoît ou que Barbezan a été traversé au moment de la page pub… Dans tous les cas, puisque l’été c’est fait pour lire avant même de pédaler, bonne lecture à tous !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 19 juil 2019

"L'été c'est fait pour lire" a lu pour vous cette semaine...


A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

 
Cette semaine Michel vous a proposé :
Imprimer - - par @La rédaction - 19 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Traduire avec Lilian Jackson Braun

L’été c’est fait pour lire, mais comme nous ne nous limitons pas à la littérature française, force est de constater que parfois nous lisons des auteurs à travers l’écriture d’un autre auteur, le fameux traducteur. Certes, ce serait mieux si nous avions la capacité de lire Tolstoï en russe, Calvino en italien, Agatha Christie en anglais, Goethe en allemand, Virgile en latin… Malheureusement, du moins en ce qui me concerne, mes capacités linguistiques ne me permettent pas une telle performance. Je me contente bien souvent de lire en français grâce au travail de ces traducteurs !

 

Mais qui sont ces traducteurs ? Plusieurs fois dans ma vie j’ai eu le plaisir d’en rencontrer et de discuter avec eux de leur travail, des difficultés rencontrées, de la frustration d’écrire sans être reconnus comme auteurs…

 

 

Il y a quelques années, on va dire en 1994 approximativement, j’ai eu l’opportunité de rencontrer dans mon émission de radio une traductrice de romans policiers anglophones. Au départ, je croyais même qu’elle ne traduisait que les œuvres de Lilian Jackson Braun, l’autrice de cette série « Le chat qui… ».

 

 Pourquoi vous parler de cela ? Tout simplement parce que dans mon travail sur les autrices britanniques de romans policiers s’est posé la question de la traduction. Marie-Louise Navarro, la traductrice de Lilian Jackson Braun, avait fini par devenir une sorte d’auxiliaire de la créatrice, puis une amie de la créatrice. Traduire, ce n’est pas simplement rendre un texte accessible à ceux qui n’en connaissent pas la langue initiale, c’est réécrire le texte. C’est certainement, qu’on le veuille ou non, une trahison – certes pas toujours assumée – d’un texte pour en faire un nouveau texte… Et nous, lecteurs français, c’est la traduction qui nous touche, nous fait rêver, nous fait voyager…

 

Dans le cas des œuvres d’Edgar Allan Poe, qu’aimons-nous ? Le texte de Poe – que beaucoup d’entre nous n’ont jamais lu – ou la traduction de Charles Baudelaire qui nous a bouleversés dès la première lecture ? Evidemment, quand le traducteur est un écrivain de talent, on peut penser à Charles Baudelaire mais aussi à Henri Thomas, on ne sait plus très bien ce que l’on lit, un texte probablement hybride entre celui de l’auteur original et la traduction imbibée de culture d’une autre langue et astiquée par la langue du traducteur… Et c’est ce qui en fait la beauté, aussi !

 

 

 

Il est bien probable que beaucoup des amateurs de Lilian Jackson Braun en France sont tombés sous le charme de l’écriture de Marie-Louise Navarro qui, en plus, adore les chats… Pourtant, elle n’a pas traduit qu’une seule autrice et on la retrouve dans le champ de ma recherche avec des traductions de plusieurs romans policiers dont plusieurs de Ruth Rendell…

 

Mais, parfois, tout peut aller plus loin, beaucoup plus loin… Prenons par exemple, les traductions d’une certaine Claude Voilier… Vous ne voyez pas… C’est la femme qui a traduit un grand nombre de romans de la série Le club des Cinq d’Enid Blyton. Or, quand Enid Blyton est décédée, Claude Voilier a écrit près d’une vingtaine de « nouveaux romans » Le club des Cinq… Elle était devenue autrice à part entière mais peut-être l’était-elle déjà d’une certaine façon… Traduire, c’est réécrire ! 

 

 

 

Toute cette digression pour dire que lorsque nous pensons « Ce polar est mal écrit ! », il faudrait parfois dire « Ce polar est mal traduit ! »… et comme l’été c’est fait pour lire, il est temps cet été, à chaque lecture d’un ouvrage traduit, de repérer qui a été le traducteur ou la traductrice de ce texte et de retenir le nom de ces « auteurs »…

 

Donc, plus d’une raison de vous souhaiter bonne lecture !

 

Imprimer - - par Bonnet Michel - 17 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Les trains d'Agatha Christie

L’été c’est fait pour lire et quoi de plus naturel dans cette chronique estivale d’unir deux symboles absolus des vacances, le train et le polar ? Pour le polar, prenons Agatha Christie puisqu’elle en fut la reine et pour le train il suffit d’aller à la gare à l’heure, 16h50 par exemple…

 

Agatha Christie est une voyageuse, une utilisatrice du train et c’est un lieu qu’elle aime beaucoup choisir pour ses romans policiers. Il faut bien avouer qu’un train est presque un lieu isolé, une sorte d’île, et il permet de mettre en place de magnifiques énigmes… Agatha Christie a bien raison car ce huis-clos ferré lui a permis de belles performances et parfois elle allait même plus loin en bloquant le train dans les collines enneigées pour augmenter ce mécanisme et en le rendant diabolique : l’enquêteur est bloqué avec le coupable. Qui va gagner ce combat à mort ?

 

Bien sûr, le plus célèbre est Le crime de l’Orient-Express. Il faut dire que nous avons là tous les ingrédients du genre.  Un train mythique pour ne pas dire le plus mythique de tous les trains, avec un enquêteur exceptionnel – Agatha Christie haïssait à sa façon Hercule Poirot mais avait bien du mal à s’en passer – et une série de voyageurs qui ont presque tous une bonne raison de tuer cette victime. On pose alors un train bloqué dans les Balkans lors d’une tempête de neige et tout est alors réuni pour un des plus efficaces des romans à énigme d’Agatha Christie. Est-ce le meilleur ? Pas nécessairement car cette abondance de circonstances favorables peut amener le lecteur à trouver que cela fait trop… Si c’est le cas, il peut se tourner vers Le Train Bleu, autre train mythique qu’Agatha Christie fait emprunter à ses personnages…

 

Ce fameux Train Bleu est un train de luxe qui relie Londres à la Méditerranée – le train lui-même part de Calais – et quand on découvre un cadavre à l’arrivée, à Nice, celui de Ruth Kettering, fille d’un très riche personnage, on est bien content de voir un vacancier, qui a lui aussi emprunté ce train, s’occuper de l’affaire. Il faut dire que ce voyageur de circonstance est tout simplement Hercule Poirot… En plus du crime, il semblerait qu’il y ait eu un vol, la disparition de pierres précieuses, des magnifiques rubis… Agatha Christie n’aimait pas trop ce roman qu’elle avait eu beaucoup de mal à écrire mais le lecteur ne ressent pas réellement cette souffrance de l’auteur et profite avec plaisir et jubilation de ce roman, lui aussi à énigme…

 

Quand le lecteur prend en main un roman portant le nom de Le train de 16h50, autre roman policier d’Agatha Christie avec un train, il se dit qu’il va relire un ouvrage comme Le train Bleu ! Mais ce n’est pas le cas du tout car le train ici à une autre fonction : provoquer un témoignage de crime ! En effet, la pauvre Mrs McGillicuddy qui voyageait paisiblement voit par la fenêtre un express passer, découvre un compartiment et… « debout et le dos tourné, un homme serrait la gorge d’une femme et, lentement, impitoyablement, il l’étranglait. »

 

C’est rare dans un roman policier d’avoir un témoin, n’ayant aucune relation avec les protagonistes de l’histoire, ayant pu tout voir ! Je dis bien tout ! Mais pour que le lecteur de la critique soit rassuré, je tiens à préciser que lorsque la pauvre dame âgée voudra témoigner personne ne la croira puisque aucun cadavre n’a été retrouvé dans le train ni nulle part ailleurs !

 

Heureusement, Mrs McGillicuddy a une vieille amie qui la croit… une certaine Mrs Marple ! Si vous connaissez cette dernière, vous savez qu’elle va tout mettre en œuvre pour sauver l’honneur de son amie. Ce n’est pas une folle ! Si meurtre il y a eu, alors il doit y avoir un cadavre, un coupable, des explications et des mobiles… En avant !

 

Voici donc trois romans policiers d’Agatha Christie ayant le train comme cadre, toile de fond ou rôle principal – à vous de choisir – et donc trois romans de vacances surtout si vous avez la chance de prendre le train, à fortiori un train de luxe… Alors, comme l’été c’est fait pour lire, bon voyage… et attention à vos rubis !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 16 juil 2019

J'AI LU POUR VOUS : « Biographie de la faim » d'Amélie Nothomb ...



J’ai découvert Amélie Nothomb lors de la sortie de son livre « Stupeur et tremblements » en 1999.

J’ai d’emblée aimé son style et son écriture originale … à nulle autre pareille.

Et, bien sûr, cette histoire vécue, difficile, humiliante, rabaissante … décrite avec exactitude … sans fioritures …

Dure, et méprisante par ses employés … et presque naturelle pour l’auteur … qui selon les codes japonais, doit franchir les étapes de la vie … depuis le sous sous sol du sous-sol !!

Enfin, nettoyer les chiottes …

Ca demande ...

Abnégation …

Un autre écrivain m’a fait cette sensation, pour le style, mais dans un domaine différent : David Foenkinos (dont je vous parlerai bientôt).

Boulimique que je suis -Biographie de la faim- ne saurait me contrarier … j’ai aimé plusieurs livres de l’auteur, originale, chapeau claque tête couverte et tête à claque, parfois, coupe de Champagne à la main à chaque interview, désinvolture calculée et de noir vêtue …

Et d’autres ouvrages, car la « donzelle » en produit un par an, voir deux … surplus qu’elle stocke chez elle … où propose à chaque rentrée littéraire.

Depuis Stupeur et Tremblements, j’ai beaucoup lu les ouvrages de la Belge originale.

Je les ai plus où moins aimés, les trouvant d’année en année, très irréguliers … parfois bâclés.
Et parfois … géniaux …

Ce qui a été le cas pour Biographie de la Faim … qui m’a conquise.

La 4ème de couv. dit : « La faim, c’est moi ».
Cette Biographie de la faim, ce désir jamais rassasié, cette quête qui n’a pas de fin, Amélie Nothomb la décline sous toutes ses formes, du ravissement à l’horreur, avec brio, douleur, amour et lucidité, pour dire ce terrible paradoxe d’exister.
Il s’en dégage une puissance de vision, une perception fatale où l’absolu et sa dérision se côtoient.
C’est une mise à nu éblouissante où l’auteur est le sujet de son œuvre et qui prouve ô combien qu’Amélie Nothomb est un de nos grands auteurs contemporains ».

L’auteur retrace, avec ce livre, une partie de sa jeunesse, passant de la boulimie à l’anorexie … sachant qu’il n’y a qu’un pas d’une maladie à l’autre …

LA FAIM … large sujet …

Constante de la vie de l’auteur … qu’elle traîne de l’enfance à l’adolescence … voir dans sa vie d’adulte.

Faim … certes de vie, de connaissance, de reconnaissance, d’ivresse, de découvertes, de nourritures terrestre et spirituelle … Vomir de la faim, souffrir à cause de la faim, crever de faim …

Qui, parfois, nous relie tous !!!

Ce livre m’a touchée …

J’aime bien qu’Amélie Nothomb me propose à chaque ouvrage, un univers différent … une réflexion différente … une remise en question différente …

Mais … je lui dis … en lectrice avertie … « ne cède pas à la facilité, Amélie » … tu as un réel talent …

« Biographie de la Faim » le confirme.

Ne le divulgâche pas … comme disent les snobinards critiques !!

Moi, je crois en toi et continue de te lire.

Etonnes-moi !!

Je t’aime ...



Article et photo : Christiane Chapé
 
Imprimer - - par christiane chapé - 15 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Pays de France

L’été c’est fait pour lire, il s’agit bien là d’une certitude même si je ne suis pas exclusif car on peut effectivement aussi lire en automne, en hiver et au printemps… On peut aussi, même en été, avoir des temps de non lecture car il est bon de marcher, de découvrir, de nager, d’observer, de photographier, de faire la cuisine, d’écrire… et, de temps en temps, de dormir ! Tout cela pour arriver à ma question du jour : quel ouvrage vous proposer aujourd’hui, 14 juillet, fête nationale française ?

 

 

Devrais-je, aujourd’hui, chercher un roman national ou nationaliste, proposer une fois de plus un ouvrage historique qui célèbrerait la Révolution française, ses grandeurs mais aussi ses bassesses et crimes… Non, tout cela ne me tente pas et je voudrais aller au plus simple… La France est un magnifique pays et souvent nous avons tout simplement oublié de le regarder, de le parcourir, de le découvrir… Et si, cet été, avec livres et patience, en toute simplicité, nous prenions le temps de regarder cette France en toute simplicité ?

 

On peut le faire de façon fort variée, reconnaissons-le, et je ne vais donc pas donner la formule unique, magique, incontournable… Je ne connais d’ailleurs pas la France entière, loin de là… Mais, quand j’arrive quelque part, en terre inconnue, même si ce n’est qu’à quelques kilomètres de chez moi, je commence par marcher un peu, regarder, sentir, toucher… Les odeurs chez moi sont importantes. J’aime sentir les bois, les rivières, les bords de mer, les fermes, les animaux… Certes, comme vous tous, il m’arrive de regretter que parfois les odeurs des voitures, de la route, d’usines ou de porcheries prennent le dessus sur les autres… Mais soyons honnêtes, bien souvent les odeurs spécifiques sont là et on oublie de les capter alors commençons par là… On y associera les couleurs, les bruits, le paysage…

 

Vous êtes en train de vous dire que je perds la tête, que j’oublie les livres, l’été c’est fait pour lire et que je meuble ma chronique du jour en attendant le feu d’artifice ! Erreur, les amis, je suis bien là où j’avais prévu de vous accompagner… En effet, il y a quelques années, je suis tombé sur un ouvrage magnifique – attention, il ne s’agit pas d’un ouvrage richement illustré avec des photographies d’art, il n’y a que du texte et des cartes – sur les Pays de France. Il s’agissait de deux tomes – classiquement Sud et Nord – signé Frédéric Zégierman, géographe, journaliste et auteur… Première découverte, la France serait un congloméra de « pays », zones géographiques présentant des unités de lieu, d’histoire, de culture… Ces pays – plus de 500 en France – sont beaucoup plus intéressants que les départements qui ne sont finalement que des zones technico-administratives…       

 

Le week-end dernier je suis allé pour une fête familiale dans le Bordelais, région que je ne connais pas ou presque pas. Je logeais à Saint-André de Cubzac, ville où je venais pour la première fois parce que j’avais trouvé un gîte libre en cherchant sur Internet. Grâce à cet ouvrage, Le guide des Pays de France Sud, je découvrais avant d’arriver que j’allais séjourner dans le Libournais, territoire viticole qui englobe les appellations Saint-Emilion, Pomerol, Fronsac… Certes, Saint-André de Cubzac ne présentait que du Bordeaux supérieur,  mais au moins j’étais prévenu : vignes à l’horizon, bon vin dans mon verre… J’ai d’ailleurs découvert qu’un bon Bordeaux supérieur, élevé en fût de chêne, présente des qualités gustatives étonnantes qui méritent toute notre attention !

 

 

Mais revenons-en à notre Guide des Pays de France, voilà une façon de voyager paisiblement, hors du temps et de la précipitation, en s’attachant aux terroirs, aux goûts, aux couleurs de ces « petits » pays qui font la France réelle, celle où il fait bon vivre et voyager même quand on s’éloigne des plages, des grandes villes, des pistes de ski – oui je sais ce n’est pas de saison ! – et des lieux hyper-fréquentés qui peuvent faire peur à certains cet été…

 

En plus, grâce à ces deux beaux volumes – que vous aurez du mal à trouver – vous pourrez commencer le voyage chez vous bien au calme dans votre fauteuil de lecture… et comme l’été c’est fait pour lire… A vous de jouer ! 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 14 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Patte de velours

L’été c’est fait pour lire mais l’expression, parfois, vous met mal à l’aise… Je le sais, ne vous cachez pas derrière vos livres… Vous vous dites qu’il est un peu exagéré de parler de lecture avec des bandes dessinées, des livres jeunesse, des bouquins de cuisine et des romans policiers ! Je vous rappelle que je parle toujours de lecture au sens large et que chacun a le droit de choisir les ouvrages qu’il veut lire, qu’il aime, qui correspondent au moment, à son humeur, au lieu…

 

 

Certains pourraient bien me faire le reproche de lire trop de romans policiers partant du fait que cette « littérature » ne serait pas assez bonne, qualitative, morale… On pourrait croire que je me repais des crimes, du sang, de la noirceur des âmes, de la cruauté, du sadisme, de l’inventivité du mal incarné chez les hommes… En fait, pas du tout. La nature du crime lui-même n’est pas ce que je recherche dans ces romans. Mon attention est fixée indiscutablement sur le problème à résoudre, sur l’énigme à déchiffrer, sur la psychologie de l’assassin et mon bonheur le plus intense est de trouver le coupable avant l’enquêteur, ce qui n’est pas toujours facile puisque l’auteur, lui, joue avec nous, distille les indices au fur et à mesure et se réserve parfois quelques rebondissements de dernière minute pour nous surprendre et nous induire en erreur : oui, c’est bien lui le maître du jeu !

 

Dans certains romans policiers, l’ambiance peut prendre le dessus sur l’intrigue, le personnage principal devenant un véritable héros de roman, l’énigme passant au second plan. Le résultat n’est pas mauvais d’ailleurs, mais le lecteur peut sembler désarçonné car il ne s’attendait pas à ça. Les romans d’ambiance sont pourtant de très bons ouvrages et certains auteurs excellent ainsi à dresser un portrait d’une ville, d’une époque, d’un pays…

 

Une autre catégorie de romans policiers existe et peut présenter beaucoup d’intérêt, ceux où l’auteur a décidé de nous faire rire ou peur. Les sentiments éprouvés par les lecteurs sont plus important que l’énigme elle-même, que le héros et son intelligence, que la ville ou le pays qui sert de cadre à l’histoire… J’avoue que j’ai aussi un petit faible pour ceux plein d’humour, surtout s’il s’agit d’un humour noir plein de cynisme… et certains thrillers, ceux qui nous font transpirer abondamment dans le creux du dos, ne sont pas, non plus, à négliger…

 

Ceux que j’aime le moins sont indiscutablement certains romans policiers contemporains à l’écriture administrative, au scénario prévisible, où la violence, les descriptions crues et parfois même le sadisme prennent le dessus sur la qualité de l’énigme, le mécanisme de résolution de l’enquête, l’ambiance du roman, l’humour, les sentiments…

 

Alors, me direz-vous, que lire ? Je crois que chacun doit faire son petit marché dans ces collections qui offrent de bons romans… A chacun ses goûts, ses préférences et on peut se servir abondamment chez Grands détectives 10/18, points Seuil policier, Folio policier, Rivages noir… et même chez certains petits éditeurs de province, et ce n’est pas péjoratif pour moi !

 

Pour citer un auteur dont je n’ai encore jamais parlé cet été, je prendrais Frédéric Fajardie, qui a, malheureusement, disparu trop tôt et que j’aimais beaucoup, auteur de petits romans noirs, cyniques à souhait, auteur capable de nous faire rire même au moment où des dizaines de personnes sont en train de mourir injustement. Son personnage Padovani, commissaire divisionnaire à la Criminelle est si fort, si étonnant, si truculent, que je vous laisserai le découvrir dans un des romans que j’adore et qui est peut-être un de ses meilleurs : Patte de velours !

 

N’hésitez donc pas à chercher, à fouiner pour trouver les polars à votre goût qui sauront donner une petite saveur originale à vos lectures estivales !   

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 13 juil 2019

"L'été c'est fait pour lire" a lu pour vous cette semaine...


A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

 
Cette semaine Michel vous a proposé :
Imprimer - - par @La rédaction - 12 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Tours de France

L’été c’est fait pour lire et comment ne pas tenter aujourd’hui, alors que le Tour de France passe à Chalon-sur-Saône, de concilier écriture, lecture et cyclisme ? Bien sûr, quand on parle Tour de France on a tendance aujourd’hui à immédiatement parler de dopage, de tricherie, d’argent, de grand spectacle… Pourtant, force est de constater que de très nombreux Français se précipitent encore devant leur télévision pour le « direct » de l’étape ou sur les bords de la route du Tour pour voir passer les coureurs en quelques secondes – je ne parle pas là des passages sur les cols hors catégorie qui laissent plus de temps pour identifier les différents sportifs…

 

 

 

A titre personnel, je n’ai quasiment jamais fait de vélo et je pense que ce ne sera jamais le cas. C’est trop tard ! Je n’ai encore jamais été sur les bords de la route du Tour mais j’ai déjà regardé des étapes à la télévision, bien installé dans mon fauteuil, à l’abri du vent, du chaud, de la pluie… Soit ! Mais ce n’est pas là mon expérience la plus spectaculaire liée au cyclisme sur route, au Tour de France en particulier. En fait, durant toute mon enfance, j’ai lu quotidiennement L’Equipe, journal que mon père achetait tous les jours, même durant les vacances. Du coup, dès que j’ai l’âge de lire les photos – assez vite en fait – et les textes – un peu plus tardivement – j’ai été baigné par les grands exploits du Tour de France…

 

C’est dans les pages de ce quotidien que j’ai découvert puis lu, puis apprécié un certain Antoine Blondin. Il s’agissait d’un journaliste mais aussi d’un écrivain, d’un amoureux des mots, d’une sorte d’humaniste atypique qui a participé à faire du Tour de France autre chose qu’une simple épreuve sportive… Avec lui, le Tour devenait une épreuve humaine hors normes, un travail digne d’Hercule, une confrontation entre géants… un mythe, tout simplement !

 

Comme il écrivait bien – pour ne pas dire plus – ses chroniques dans le journal devenaient aussi une lecture littéraire digne des plus grands écrivains contemporains. On l’a d’ailleurs plus d’une fois rattaché aux Hussards (avec Michel Déon, Roger Nimier, Jacques Laurent) mais cela le laissait assez de marbre car il a raconté une fois que ces quatre « hussards » ne s’étaient retrouvés ensemble qu’une seule fois au restaurant pour ne parler que de vins italiens et de la cuisson des pâtes ce qui fait peu pour parler d’un mouvement littéraire…

 

Ceci étant dit, il écrivait bien et racontait merveilleusement bien les étapes du Tour de France. Il a suivi le Tour de 1954 à 1982 et donc il a connu tous ces champions qui ont marqué mon enfance, il est même possible que ce soit lui qui me les ai fait connaitre en fait ! Je cite donc ces monstres que furent Poulidor, Anquetil, Thévenet, Ocana, Zoetemelk, Aimar, Van Impe… et comme on ne peut pas tous les citer, je m’arrête !

 

Pour chacun d’entre eux et tous les autres, Antoine Blondin nous faisait entrer dans une intimité, partageait la rencontre, mettait en lumière les défauts révélateurs de l’humanité profonde, donnait du sens à cette course démentielle – essayez de faire ne serait-ce qu’un quart d’étape à la vitesse du peloton – et nous avions le sentiment de devenir des proches de ces coureurs cyclistes que l’on finissait par admirer… Pourtant, le dopage était déjà là, certains en mourraient et l’hypocrisie régnait déjà sur le Tour… Rien n’a changé !

 

Alors, que vous aimiez ou pas le cyclisme, le Tour de France ou le sport en général, les chroniques d’Antoine Blondin sont à lire et si vous n’avez pas eu la chance de les lire au jour le jour dans sa période de gloire, heureusement, il existe des recueils fascinants et comme l’été c’est fait pour lire, c’est le moment de se faire plaisir !

 

Bonne lecture !    

Imprimer - - par Bonnet Michel - 12 juil 2019

L'été c'est fait pour lire :Le Moyen Âge expliqué aux enfants

L’été c’est fait pour lire, c’est certain, et ce peut être, pourquoi pas, un temps de dialogue et de discussion au sein de la famille à partir de lectures communes. On peut, par exemple, choisir des livres que tout le monde lira ou se servir d’un livre pour animer la discussion – dans certaines familles il n’est pas indispensable d’animer les discussions qui le sont bien assez – sur un thème lié à une visite, un passage, un séjour, une rencontre… Cela permet d’élargir le champ de vision, d’ouvrir l’approche thématique, d’enrichir l’imaginaire… Bref, une façon de se cultiver en famille pendant les vacances !

 

 

On dit souvent – pour moi à tort et de façon trop répétitive – que les Français sont fâchés avec leur histoire et leur géographie – souvenirs probablement de leur passage au collège où ils avaient le sentiment que cette double matière était la dernière roue du carrosse – alors que chaque fois qu’on leur propose une visite d’un lieu, une exposition patrimoniale, une conférence thématique, une soirée théâtralisée dans un château… ils sont nombreux à répondre à l’appel et sont généralement enchantés du résultat, allant même pour certains jusqu’à prolonger l’événement par une lecture ciblée…

 

Durant cette belle période estivale, vous allez être nombreux à visiter des villages médiévaux, des restes de châteaux-forts, à suivre les traces de personnages illustres de Jeanne d’Arc à Du Guesclin, à vous recueillir – ou pas – dans des églises romanes ou gothiques – vite allons visiter les cathédrales avant qu’elles soient toutes brûlées comme Notre-Dame de Paris – et pour certains ce sera même l’expérience d’une fête moyenâgeuse avec banquet, musique, danse et combat… Oui, le Moyen-âge est bien souvent présent dans le programme de nos vacances… Mais qu’est-ce que le Moyen-âge ?

 

J’ai choisi de vous inviter à un petit voyage au cœur du Moyen Âge avec un ouvrage piège. En effet, Le Moyen Âge expliqué aux enfants n’est réservé à personne c’est une des meilleures introductions à cette période historique d’autant plus qu’elle est signée par un des plus grands experts de la question. Ce livre va nous permettre, tout d’abord, de cerner temporairement cette période. Le Moyen Âge ce n’est pas juste « il y a longtemps, voire très longtemps », c’est entre 476 – arrivée d’un roi barbare à Rome, Odoacre – et la fin du XV° siècle… Certains disent même fin dix-huitième siècle, c’est du la thèse de Le Goff – période où science, technologie et politique changent radicalement la vie quotidienne avec le début de l’ère moderne – et il l’explique aux enfants avec beaucoup de bon sens ce dont nous profitons aussi…


Une si longue période, même si on la faisait cesser vers 1500 comme dans les manuels d’histoire, n’est donc pas uniforme et elle révèle une très grande diversité. Arrêtons-donc de dire, d’apprendre, d’enseigner, de répéter que le Moyen Âge est une période noire, obscure et triste pour les hommes qui souffraient tous… ni la période idyllique que les Romantiques ont voulu chanter avec de belles histoires comme celle d’Ivanhoé ou Robin des bois…


L’historien va prendre son temps pour nous montrer les différentes faces et aspects de cette très longue époque avec des moments où il insistera plus sur le politique, le religieux, l’imaginaire ou la vie quotidienne. Tout est important pour comprendre les femmes et les hommes qui ont vécu, construit, traversé ce Moyen Âge. Comme Jacques Le Goff s’adresse prioritairement aux enfants, il insiste sur ce qui fait plaisir, qui réveille, qui plait : tournois, chevalier, cathédrale… mais il n’oublie rien et explique, par exemple, les Croisades, les Anges, les Démons, les universités, et il insiste aussi sur les aspects noirs, bien réels, comme la pauvreté d’une grande partie de la population, les famines, les épidémies…


Ce livre est remarquable, concis, précis, rythmé par le jeu des questions-réponses, accessible à tous, sérieux sur le fond, d’un prix modique… Bref, il n’a qu’un seul défaut – du moins à mes yeux – c’est de n’être que fort peu illustré. Mais comme vous serez sur place, face aux monuments, ce Moyen Âge expliqué aux enfants de Jacques Le Goff devrait vous donner toute satisfaction !

Bonne lecture !

Imprimer - - par Bonnet Michel - 11 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Itinérer avec...

L’été c’est fait pour lire mais c’est aussi un moment de détente, de vacances et il est bon de concilier les deux… parfois même sans rester seul ! Or, si lire est bien généralement un acte solitaire – à l’exception de la lecture à voix haute à un tiers – cette lecture peut engendrer des actions à plusieurs comme par exemple la découverte d’une région, d’un monument ou la réalisation d’une randonnée…

 

Souvent, on cherche de bonnes raisons de lire ou de randonner… Mais il arrive que les deux soient tellement liés que le problème ne devrait pas se poser… Il suffit de choisir une littérature, un auteur, un livre et de partir à l’aventure…

 

Quand on pratique ainsi, on construit une mémoire des lieux littéraires et, comme le disent certains, chaque fois que l’on a du temps libre on part en errance ou itinérance livresque… Attention, je ne parle pas ici de ceux qui voyagent sans quitter leur chambre, on leur consacrera le moment venu du temps et de l’attention. Pour le moment, je veux juste évoquer ceux qui partent à la suite de…

 

 

Je pense que certains d’entre vous ont lu Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson. Chaque année, de très nombreux randonneurs, avec âne ou sans âne, suivent ses pas après avoir lu, en lisant ou sans lire le grand auteur écossais…

 

Mais il y a tellement d’autres ouvrages pour voyager que je ne vais pas pouvoir les citer tous… On peut découvrir la Bretagne avec Flaubert car son Voyage en Bretagne, par les champs et les grèves mérite toute notre attention, bien au-delà des clichés qu’il utilise parfois sur cette magnifique région (mais il se peut que je ne sois pas totalement objectif).

 

 

 

Certains n’hésitent pas à lire Maurice Barrès avant de grimper sur la colline Sion, la fameuse Colline inspirée, haut lieu de l’âme lorraine. Comme le dit Barrès dans ce roman, « il est des lieux où souffle l’esprit » et il est bon d’aller entendre souffler l’esprit, ça fait du bien…

 

Mais je vous entends déjà râler : c’est bien beau la Bretagne humide, la Lorraine froide et le Massif central désertique, mais n’y aurait-il pas moyen d’aller vers le sud, destination des vraies vacances ? Je vous laisse responsables de vos paroles n’ayant jamais trop apprécié les vacances dans le sud mais je sais que l’on peut très bien découvrir la Provence pas à pas avec Alphonse Daudet ou Marcel Pagnol, sans oublier les merveilleuses randonnées en suivant les pas de Jean Giono (qui lui-même ne bougeait pas trop !).

 

 

 

A titre personnel, je suis aussi complètement séduit par les reportages de Joseph Kessel et j’ai eu la chance de passer quelques fois dans des lieux qu’il avait arpentés… Je ne suis pas encore allé partout mais une vie entière ne suffirait pas à suivre tous ses textes, donc on se contente parfois de voyager dans son fauteuil de lecture… Comme le dit Pierre Bayard dans son magnifique et remarquable « Comment parler des lieux où l’on n’a pas été ? », c’est moins risqué, plus efficace, plus rapide et plus documenté… Mais je vous reparlerai un jour de ce livre parfait pour les vacances et surtout pour le retour au travail…

 

Bon, puisque l’été c’est fait pour lire, il ne vous reste plus qu’à lire et prendre la route, du moins pour les plus courageux…

 
 
 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 9 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : « Pour mémoire » d'Alain Genestar

L’été c’est fait pour lire et, aussi, en profiter pour réfléchir à notre passé… Même si comme le disait Simone Veil avec une grande lucidité et sagesse, ce n’est pas le passé qui a besoin de notre mémoire mais notre avenir… Alors, justement, ouvrons ensemble ce petit opus particulier, singulier et étonnant : Pour mémoire !

 

Ce petit opus est paru en 2018 et il relate de façon assez exhaustive un voyage de 2004. Pourtant, il est encore bien d’actualité. Il faut dire qu’il sort en 2018 quand Simone Veil et son mari entrent au Panthéon. C’était le 1er juillet 2018 et je pense qu’Alain Genestar a eu raison de commettre ce petit ouvrage qui va nous expliquer ce qui s’était passé en 2004 et le tout accompagné d’une interview brute de Simone Veil…

 

En effet, Alain Genestar propose à Simone Veil de retourner à Auschwitz-Birkenau, chose qu’elle n’avait encore jamais faite. Non seulement elle accepte – Alain Genestar expliquera dans l’ouvrage pourquoi – mais elle y va avec deux enfants et trois petits-enfants. Elle accepte de poser devant Auschwitz comme si il était temps pour elle de transmettre une sorte de message à sa famille et à toute la France…

 

Le livre n’est pas un ouvrage qu’aurait écrit Alain Genestar pour « se faire mousser », c’est plutôt le contraire. Il pense que le reportage de l’époque paru dans Paris Match – qu’il dirigeait – n’est plus disponible et que le message a besoin d’être réactualisé au moment où Simone Veil entre au Panthéon. Du coup, il se fait discret, évite l’emphase et livre les paroles de Simone Veil de la façon la plus simple qui soit…

 

Le livre est en deux parties. Dans la première, le journaliste et témoin raconte ce qu’il a vu, entendu, compris… Il comprend pour de multiples raisons la gravité du moment. Pour se préparer à cela, il est allé à Auschwitz quelques semaines avant avec son épouse. Il peut donc entièrement se concentrer à ce qui va se passer, aux réactions de Simone Veil, aux réactions de ceux de sa famille… C’est touchant et profond, parfois on imagine le silence qui est là entre ces personnes, celle qui a vécu et ceux qui tentent de comprendre…

 

Dans la deuxième partie, c’est l’interview de Simone Veil et c’est le moment où cette femme, cette grande femme, vient mettre quelques mots profonds sur les gestes, sur les lieux, sur les souvenirs… C’est là qu’elle nous explique que la mémoire ne sert pas à comprendre la passé, à se souvenir mais bien à préparer le futur… C’est pour cela qu’elle a toujours accepté de témoigner et qu’elle a effectué ce voyage « testament » avec enfants et petits-enfants…

 

Un petit ouvrage, environ 70 pages, mais un gros message ! Voilà typiquement le genre de livres qu’il ne faut pas hésiter à offrir, faire lire, laisser trainer dans le train ou sur la plage… Oui, il faut que les jeunes comprennent ce que fut Auschwitz… et ce ne fut pas « un détail de l’Histoire » !

 

Voilà pourquoi j’ai pensé, un peu plus d’un an après la cérémonie du Panthéon qu’il était bon de vous conseiller de lire « Pour mémoire » d’Alain Genestar… et comme l’été c’est fait pour lire et faire lire… Action !

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 8 juil 2019

L'été c'est fait pour lire : Le citron malin

L’été c’est fait pour lire, c’est fait aussi pour changer nos habitudes, alimentaires en particulier. D’ailleurs, attendre que les modifications climatiques ne nous laissent pas le choix, ce serait assez sot… Certes, je ne dis pas qu’il faut tout changer, il faut juste réfléchir un peu, devenir plus raisonnable…

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale, après la privatisation due à la guerre et l’occupation, les Français – je ne vais pas ici prendre parti pour les autres – ont cru que tout ce qui venait des Etats-Unis était bon, à commencer par le Coca Cola, évidemment (ce n’est pas un placement de produit, je ne touche rien de la marque en rouge et blanc !). C’est à cette époque que l’on a commencé à croire qu’un bon repas devait contenir un apport en viande systématiquement… Alors, que si on avait pris le temps de réfléchir un peu, on se serait souvenu qu’à l’époque d’Henri IV c’est la poule au pot, une fois par semaine, qui avait apporté le bonheur dans la population… même si tout cela est un peu mythique !

 

Alors, pour avoir de la viande à tous les repas, il a fallu en fabriquer beaucoup avec des problèmes de qualité de la viande, de souffrance animale et de dérèglements planétaires… Il ne s’agit pas pour moi de dire qu’il faut supprimer entièrement la viande, plutôt d’affirmer que nous devrions redevenir raisonnables, tout simplement…

 

Il faudrait, par exemple, reprendre notre sang froid, redécouvrir les aliments de chez nous, légumes et fruits en particulier, et suivre plus attentivement la saisonnalité de ces cultures… Par exemple, en Bourgogne, mais cela est vrai aussi en Bretagne et en Lorraine, mes trois régions de cœur donc, en hiver, on mange – j’ai failli dire on devrait manger mais je ne veux pas avoir l’impression de donner des leçons morales – du chou, des poireaux, des carottes, des pommes de terre… Donc, finalement, comme on disait de façon populaire, de la soupe au choux avec un peu de gras de porc… Il ne s’agissait donc pas de manger des tomates ayant été cultivées dans des serres chauffées ou des haricots verts ayant fait trois fois le tour du monde ou presque… Retrouvons la raison !

 

Quant aux poissons, aux coquillages, aux crustacés, produits que j’apprécie au demeurant, pourquoi faudrait-il en manger sans arrêt. Pourquoi faudrait-il faire en sorte que nos descendants ne puissent plus en manger ? Ce serait d’un égoïsme… Non ?

 

Bon, je sais, je suis en train de m’éloigner des livres alors que l’été c’est fait pour lire… Oui, mais justement, et si les livres m’aidaient à trouver de nouveaux chemins alimentaires tout en respectant planète, santé, saisons, agriculteurs… Ok, vaste programme, donc commençons doucement ! On va commencer par le citron, agrume à redécouvrir et qui va bientôt pousser à nos portes, puis nous reviendrons sur la pomme de terre, le cochon, le chou…

 

Julie Frédérique nous propose un ouvrage simple, Le citron malin, clair et facile à utiliser. Je dis bien à utiliser car il ne s’agit pas d’un livre savant sur l’agrume citrus limon, fruit d’un arbre qui nous viendrait tout droit d’Asie mais bien d’une petite encyclopédie pratique, présentée comme un livre de poche et agréable à lire comme un roman estival. Il faut dire que tout dans le citron a de quoi nous envoûter, nous enchanter, nous réjouir le cœur et le corps…


Le citron doit d’abord se retrouver dans nos assiettes, dans nos verres. On peut l’accommoder en citronnade faite maison, boisson hautement recommandée par l’Académie à condition de la sucrer au minimum (un tiers de jus de citron, deux tiers d’eau), mais elle sera utile pour accompagner de nombreux mets tels poissons crus en marinades, carpaccio de bœuf ou de saumon, légumes crus… Certains l’utilisent même depuis longtemps pour remplacer le vinaigre dans les sauces de salades…


Ne croyons pas pour autant que le citron serait à lui-seul le produit magique de notre alimentation, qu’il serait la seule source possible de vitamine C ! Nous savons tous que la vitamine C se retrouve dans de nombreux fruits et légumes et que la richesse pour la santé repose sur la variété des sources… mais si le citron fut aussi appelé le fruit d’or c’est qu’il ne sert pas que comme agrume alimentaire !

 

En effet, Julie Frédérique prend le temps de nous présenter le citron comme un allié capital de la maison. Il peut tout, se transformer en nettoyant universel, efficace, écologique et bon marché, en garant du nettoyage de notre linge, en désodorisant, en produit beauté, en complément santé… Oui, le citron semble presque parfait !


Trop beau pour être vrai ? Il est évident que j’inviterais chaque lecteur à faire preuve de modération. Oui, le citron est indiscutablement un produit à redécouvrir, oui, il vaut bien mieux prendre soin de son corps et de sa maison avec de bons citrons plutôt qu’avec n’importe quel produit chimique… mais en toute chose restons modéré et équilibré ! Ceci étant dit, comme l’été c’est fait pour lire, Le citron malin est un petit livre de Julie Frédérique et il est publié aux éditions Leducs.

 
Imprimer - - par Bonnet Michel - 7 juil 2019

"L'été c'est fait pour lire" a lu pour vous cette semaine...


A travers la présentation d'un ouvrage par jour durant tout l'été, Michel Bonnet vous emmène dans son univers livresque avec simplicité. Laissez-vous tenter et accompagner, vous ne risquez rien, si ce n'est de passer quelques heures à lire...

 
Cette semaine Michel vous a proposé :
Imprimer - - par @La rédaction - 5 juil 2019





Rechercher dans cette rubrique  


 
468 page pub
LE FIL INFO EN DIRECT

EN UNE - SORTIR
NOUS CONTACTER

agenda FOCUS 

HUMEURS, & DÉBATS 
Lettre d'info

Nos billets
PHOTOS  BD
CINÉMAS
 
TV Portraits FAQ
LIRE Travaux Musique  GAGNEZ


 

 

Nos partenaires : Votre site internet Communication événementielle