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Parlons livres : Peur sur le volcan !

Quand on aime la littérature policière, on doit encore tenter d’évaluer ce que l’on aime dans ce domaine car le champ est très vaste… Et il est bien rare d’aimer tout dans cette grandissime catégorie de la littérature… D’ailleurs, est-ce bien une catégorie ?

Pour ce qui est de la catégorie, je vais dire, une bonne fois pour toute, qu’elle existe bien même si je suis persuadé que certains auteurs, certains romans, sont largement au-delà de la catégorie… Pensez donc, dans ce domaine, on trouve des œuvres de Balzac, de Poe… Oui, mais puisque cela arrange tout le monde de parler de littérature policière, continuons à le faire… Mais, sans que ce soit péjoratif !

Reste à sa voir ce que l’on aime dans le domaine… Moi, je suis plus fasciné par le mécanisme strictement intellectuel qui permet de jouer avec l’auteur au « Qui a tué ? », voire dans certains cas au « Pourquoi ? » et au « Comment ? ». A ce titre, les romans de Conan Doyle, Agatha Christie ou Patricia Wentworth me conviennent parfaitement…

Mais, j’aime aussi les romans noirs, rouges et politiques. C’est ainsi que j’apprécie les Delteil, Daeninckx, Fajardie… Sans oublier les romans d’espionnage que j’ai dévoré durant de longues années comme ceux de Pierre Nord ! Je prends aussi beaucoup de plaisir avec les romans policiers historiques… Ah, j’oubliais aussi les romans policiers de l’Angleterre profonde, de l’Australie, de l’Islande, de la Nouvelle-Zélande… Et bien sûr les romans policiers atypiques comme les séries, Miss Fisher, ou Sidney Chambers… ou même Thomas Linley… Et j’oubliais aussi les séries plus régionales comme cette Mary Lester de Jean Failler que je prends beaucoup de plaisir à lire depuis des années… Oui, en clair j’aime beaucoup les romans policiers même si je suis moins gourmand de thrillers anglo-saxons…

Donc, dans les séries les plus légères, agréables à lire et bien écrites, je place cette série des Enquêtes de l’inspecteur Sweeney. Elle est sortie de l’imagination de John-Erich Nielsen, un auteur français au carrefour de plusieurs cultures, un romancier qui vit à Carnac et qui a déjà été dans sa vie professeur d’allemand, officier de renseignement, conseiller principal d’éducation, auteur et éditeur…

Archie Sweeney est un inspecteur de police écossais, membre du Criminal Investigation Department, et toutes les intrigues proposées sont solides, bien ficelées, crédibles, voire même très actuelles. Le personnage est sympathique, intelligent, jeune et dynamique mais il a surtout une barbe rousse mal taillée et une tante un peu farfelue capable de mettre son neveu sur le bon chemin sans même sans rendre compte…

Par exemple, dans Peur sur le volcan, Sweeney et sa tante sont en vacances sur l’archipel des Canaries. Sweeney va partir en excursion pour la journée histoire d’escalader Le Teide… Un groupe d’une dizaine de vacanciers et un guide belge… C’est parti pour une grande aventure… car tout le monde ne reviendra pas de cette ballade. Ben, oui, vous ne vous attendiez pas à autre chose en lisant un polar, quand même !

Certes, je ne vais pas vous en dire beaucoup plus sur le fond pour ne pas vous pourrir votre lecture, mais sachez que c’est très plaisant à lire même si vous partez en randonnée le lendemain. C’est bien construit et même si j’ai senti venir les choses je n’ai pas pu deviner qui, comment et pourquoi… Enfin, même si l’esprit polar est bien respecté, il vaut avouer que le personnage et le style poussent le lecteur à sourire plus d’une fois, même parfois à rire franchement… A ce titre, j’ai souvent pensé à l’auteur français Charles Exbrayat qui savait faire rire même en dépeignant un mort assassiné !

On peut lire la série dans l’ordre des parutions, mais sachez que la lecture de chaque roman est un tout donc on peut lire dans l’ordre que l’on veut en fonction des romans trouvés ici ou là… Donc, bonne lecture avec cette Peur sur le volcan !
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 21 mai 2018

Gide, pourquoi pas ?

André Gide est un auteur un peu particulier dans notre littérature. Quand j’étais jeune – je l’ai été un jour même si cela ne se voit plus bien – on nous le présentait, dans les milieux catholiques, comme un écrivain maudit, à ne pas lire… sauf quand il parlait de poésie et il était même bien d’avoir son Anthologie de la poésie française…

Aussi, durant quelques années, je croyais même qu’il s’agissait d’un poète ! Puis, j’ai eu en main la pièce de théâtre Saül (1903) et j’ai été séduit… Il me fallait, dès lors, trouver de nombreux ouvrages et combler mon retard de lecture gidienne…

Mes découvertes furent progressives, certains romans m’ont touché plus que d’autres, son journal m’a convaincu bien souvent et j’ai même eu la chance de rencontrer assez longuement Henri Thomas qui m’a parlé de lui… Il se dit même que je fus l’un des derniers à interviewer Henri Thomas qui avait bien connu André Gide…

Dans le cadre des lectures qui me permettent d’écrire mes chroniques L’été c’est fait pour lire – chroniques qui reviendront dès l’été sur vivre-a-chalon et RCF en Bourgogne – je viens de relire La symphonie pastorale, œuvre de 1919…

Je comprends que ce roman ait pu déplaire à certains religieux car on y voit un pasteur tiraillé entre sa raison et ses sentiments, sa foi et son amour… C’est aussi une fable intéressante sur la situation des malvoyants… car Gertrude ne voit pas… Un roman à découvrir ou redécouvrir et qui reste fort !

Occasion aussi de mesurer que ces classiques que l’on a croisés durant nos études restent modernes… ou pas !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 17 mai 2018

Redécouvrir Jean Ferrat ?

Il y a parfois des situations paradoxales, inexplicables, qui nous marquent pour la vie… Mon père n’était pas de gauche et encore moins favorable aux idées communistes. Toute l’éducation qu’il a tenté de produire nous éloignait de cette vision du monde et, pourtant, c’est avec lui que j’ai découvert grand nombre de chanteurs et chanteuses qui revendiquaient une appartenance profonde à la gauche, voire au communisme…



C’est ainsi que j’ai découvert presque en même temps Aragon et Jean Ferrat. C’était en 1971 avec cet album Ferrat chante Aragon. Certes c’était une compilation mais pour moi une découverte, j’avais une quinzaine d’années et cette poésie me parlait, cette chanson me portait… C’était presque mes premières émotions avec la chanson car jusque-là je préférais indiscutablement la musique instrumentale…

J’ai gardé une affection particulière pour la poésie d’Aragon et les chansons de Jean Ferrat. Régulièrement j’aime réécouter ces beaux titres : Nuit et brouillard, La montagne, Au bout de mon âge, On ne voit pas le temps passer, Maria, Si je mourrais là-bas, Pauvre Boris, Les Poètes, Camarade, La Commune, La femme est l’avenir de l’homme…

La biographie de Robert Belleret, Jean Ferrat, le chant d’un révolté, est une occasion de prendre conscience de ce qu’a été Jean Ferrat dans toutes ses dimensions, de l’homme de chanson à l’homme politique, de l’engagement à la création, de fidélité à ses valeurs à l’indépendance même vis-à-vis du Parti…

Occasion aussi puisque je parlais du legs culturel de mon père de signaler que ce même auteur est aussi l’auteur d’une biographie de Léo Ferré et une autre d’Edith Piaf…

 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 16 mai 2018

Mai 68 ? Souvenirs... et lectures !

Nous sommes en mai 2018 et donc, il y a cinquante ans, on était en mai 1968. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette époque car j’étais trop jeune pour tout comprendre… Par contre, depuis longtemps, j’ai lu tout ou presque ce que je trouvais sur le sujet avec des auteurs de toutes les idéologies…

Aujourd’hui, je souhaite saluer la mémoire de Jean Cardonnel même si en le faisant je ne vais pas me faire que des amis…

Il naquit à Figeac dans une famille cultivée, en 1921. Il est entré chez les Dominicains en 1940, devient prêtre en 1947… Il est alors considéré comme moderniste modéré et c’est en 1954 qu’il va faire son premier fait d’armes… si on peut dire en parlant d’un homme d’Eglise…

L’Eglise catholique qui avait autorisé les prêtres à entrer dans le monde ouvrier va suspendre cette action et demander aux prêtres ouvriers de cesser cette expérience et revenir dans leurs actions habituelles. C’est un véritable drame pour de nombreux prêtres qui avaient mis toute leur énergie dans ce travail auprès des ouvriers et des plus démunis de la société… Devant cette attitude qu’il ne comprend pas et qui le révolte, Jean Cardonnel démissionne en 1954 de son poste de supérieur du couvent dominicain de Marseille. Dès lors il devient l’un des théologiens de la théologie de la libération qui est en train de naître… En 1958, il enseigne la théologie à Rio et l’épiscopat exige son départ…

Dix ans plus tard, nous voilà en mai 1968, il prêche à la Mutualité à Paris. Le thème est simple : Evangile et Révolution » ! C’est un scandale et on parle dans la presse d’un prêtre rouge, il est interdit d’écriture et de parole par le Vatican, il n’en tient pas compte et on peut le lire dans la revue – entre autres – Frères du Monde… En 1968, il participe à un dossier qu’il faut lire, Foi et Révolution !

Bien sûr, il sera de tous les combats, contre la guerre du Viet Nam, contre la guerre du Golfe… Ses démêlés avec le Vatican seront complexes mais il gardera sa ligne jusqu’à sa mort en 2009…

Ses écrits restent un remarquable témoignage de ce que peut être une vision sociale de l’Evangile… et, pourquoi pas le relire en 2018 ?
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 14 mai 2018

CHALON : lancement du 3ème Salon du Livre Jeunesse et tirage au sort des gagnants


Le Comité des Foires et Salon et les Éditions Éveil et Découvertes, en partenariat avec la Ville de Chalon et le Grand Chalon, co-organisent le 3ème Salon du Livre Jeunesse, les 25, 26 et 27 mai prochains dans les salons du Colisée.

 


Participent au salon :
* une quarantaine d’éditeurs pour présenter leurs ouvrages aux lecteurs
* les libraires : la Mandragore, Gibert Joseph, Develay et l’Antre des Bulles
* les bibliothèques municipales de Chalon, Saint-Rémy et Châtenoy-le-Royal
* les services Petite Enfante du Grand Chalon-sur-Saône
* la bibliothèque de Saône-et-Loire
* de nombreux auteurs et illustrateurs

Le tirage au sort des gagnants de chèques cadeaux de 15€, offerts par le service famille de la ville, s’est fait ce lundi en présence d’Elisabeth Vitton, en charge de la famille et de la jeunesse, de Sophie Dut, responsable du service famille de Chalon et à l’origine de l’organisation du prix du livre jeunesse … et divers autres représentants éditeurs, présents sur le salon, sachant que les élèves ont voté spontanément et unanimement, dans les librairies, au Grand Chalon, au service petite enfance, à la Pomme verte, dans les Ecoles Liberté Egalité Fraternité et Romain Roland …

 


Les chèques cadeaux seront envoyés nominativement à chaque gagnant qui les utilisera sur le salon.

Le Salon du Livre Jeunesse connaît un essor pour cette 3ème année, comptant 5 éditeurs supplémentaires avec un atelier bandes dessinées, un atelier manga …

Le salon propose plusieurs activités durant trois jours qui se dérouleront sur plusieurs espaces : espace animation, espace Grand Chalon, espace bibliothèque, espace numérique et espace petite enfance.

De nombreux illustrateurs, éditeurs et animateurs seront présents sur le salon.


En parallèle, l’Ecole des Fables, propose un concert le 26 mai à 15h à la Salle Marcel Sembat, au profit de l’ARSEP (recherche pour la sclérose en plaque) qui offrira l’entrée au Salon du Livre Jeunesse.

Le salon sera parrainé par l’illustrateur Bertrand Marceau, allias Monsieur B. … créateur de l’affiche du salon. Il sera présent pour des dédicaces et la réalidation d’illustrations « en live ».

Article et reportage photos : Christiane Chapé

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Infos pratiques :
* Salon du Colisée, rue d’Amsterdam à Chalon-sur-Saône
* horaires du salon : vendredi 25 et samedi 26 : 9h/19h en continu et tout public, dimanche 27 : 10h/18h en continu
* Tarif entrée : 2 € - gratuit enfants moins de 16 ans et personnes en situation de handicap, étudiants et demandeurs d’emploi
* sur place : food truck, restauration en service continu

 
 
 
 

Article et reportage photos : Christiane Chapé

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Infos pratiques :
* Salon du Colisée, rue d’Amsterdam à Chalon-sur-Saône
* horaires du salon : vendredi 25 et samedi 26 : 9h/19h en continu et tout public, dimanche 27 : 10h/18h en continu
* Tarif entrée : 2 € - gratuit enfants moins de 16 ans et personnes en situation de handicap, étudiants et demandeurs d’emploi
* sur place : food truck, restauration en service continu

Imprimer - - par christiane chapé - 7 mai 2018

Pages en partage 2018 : toutes les interviews pour vivre-a-chalon

PAGES EN PARTAGE, manifestation littéraire organisée par la Bibliothèque Municipale de Chalon-sur-Saône et la librairie La Mandragore, propose trois rencontres publiques entre des auteurs et leurs lecteurs, du 25 au 27 avril. Cette année, le plateau était féminin : Maylis de Kérangal, Angélique Villeneuve et Cécile Coulon, ont rencontré leurs lecteurs et nos journalistes dans le joli cadre du Théâtre Piccolo pour un échange de questions/réponses.

 

 

  • Maylis de Kérangal
    « PAGES EN PARTAGE » : 4ème édition avec Maylis de Kérangal
    Maylis de Kérangal s’est prêtée au jeu des questions/réponses ; ce moment privilégié d’échanges s’est déroulé  en compagnie de Patrice Bouillot, médiateur... 

 

Une rencontre avec Angélique Villeneuve pleine d’émotion !
Pages en partage 2018 : Une rencontre avec Angélique Villeneuve pleine d'émotion !
Jeudi soir 27 avril, dans le cadre de Pages en partage 2018, manifestation littéraire organisée par la bibliothèque de Chalon-sur-Saône et la librairie Mandragore, Angélique Villeneuve faisait escale ...
 
Pages en partage 2018 : quand Cécile Coulon nous réveille...
Pages en partage 2018 : quand Cécile Coulon nous réveille...
Pages en partage 2018 s’est terminé hier soir à Chalon-sur-Saône, au théâtre Piccolo. Cet évènement littéraire organisé par la bibliothèque municipale de la ville et la librairie ... 

 

Imprimer - - par @La rédaction - 29 avr 2018

Pages en partage 2018 : quand Cécile Coulon nous réveille...

Pages en partage 2018 s’est terminé hier soir à Chalon-sur-Saône, au théâtre Piccolo. Cet évènement littéraire organisé par la bibliothèque municipale de la ville et la librairie Mandragore a permis une fois de plus une belle rencontre entre une romancière et un groupe de lectrices, plus largement entre une jeune autrice et ses lecteurs…


Il faut bien avouer que Cécile Coulon est une femme de caractère. Elle va là où elle veut quand elle veut et ne semble pas trop de soucier du quand dira-t-on… Elle est présente dans la version livre papier depuis ses 16 ans mais elle aussi sur Facebook et très bientôt elle sera même en librairie pour de la poésie… On peut même ajouter qu’elle souhaiterait réconcilier le sport et la littérature, les fringues et la littérature, la nature et la ville, la vie et la mort… D’ailleurs, comme elle le dit bien, rien n’est grave !


J’étais donc bien curieux de suivre le déroulement de la rencontre car une telle autrice pourrait bien être déstabilisante pour un public calfeutré de bibliothèque… Regardez, le voilà qui met même ses pieds sur la table, qui menace de s’allonger par terre pour répondre à une question géante ou de prendre trois heures pour philosopher sur la vie, la mort, le sport… N’en ferait-elle qu’à sa tête ? Allez savoir…

Une fois encore il est difficile de prétendre faire le tour complet d’une telle soirée, mais j’espère que les participants s’y retrouveront et que les lecteurs qui n’ont pu être avec nous hier soir seront curieux d’aller voir du côté des romans de Cécile Coulon…

On vous présente comme une romancière emblématique de la génération Z ?
La génération Zorro !

Elle n’en dit pas plus sur le sujet mais souvent cette génération est dite utopiste, peu docile et se donnant droit à l’erreur… Rien n’est grave, quoi !


Votre écriture est jubilatoire, intense comme une course à pied… Un lien entre courir et écrire ?
Je ne peux pas écrire si je ne suis pas en position d’écriture. C’est après avoir couru que je suis dans les meilleures dispositions pour écrire. J’ai besoin de la course. Ce n’est pas un sport, c’est un geste quotidien et naturel. C’est mon dopant naturel pour écrire…

L’écriture est-elle un rite initiatique ?
Non, c’est la vie qui est initiatique. L’écriture, les histoires permettent d’exorciser. Ce n’est pas chez moi autobiographique mais, comme le dit la romancière Marie-Hélène Lafon, écrire c’est mettre un nuage de fumée entre la vie de l’auteur et l’imagination du lecteur. Chez moi, le nuage est assez épais. Pour moi, le romancier se crée une position pour exorciser… mais très vite je laisse l’imagination prendre le dessus…

Chez vous les lieux ont beaucoup d’importance… Pourquoi avoir pris l’Amérique pour le roman Méfiez-vous des enfants sages ?
J’ai écrit finalement très jeune. Or, souvent, le jeune romancier est regardé avec des yeux particuliers. On va le traiter très vite de nouveau Rimbaud, de nouvelle Françoise Sagan, et on va lire son ouvrage comme s’il s’agissait d’une autobiographie… Je n’avais pas envie de plonger dans des fictions trop marquées par ma vie et je ne voulais pas être seulement l’autrice d’un roman… Je voulais construire un édifice, exister au-delà d’un livre… Pour cela, il m’a semblé qu’il fallait délocaliser mon histoire, aller dans une autre époque, un autre territoire…
Cela ne signifie pas que je ne puisse pas connaitre certains lieux ou époques. Par exemple, pour Trois saisons d’orage, je parle d’un village de la Drome que je connais très bien…


Les références musicales sont très nombreuses dans vos romans. Quelle place la musique tient-elle dans votre vie ?
Il faut savoir que j’écris toujours en musique. Je pense même que je ne peux pas écrire dans le silence… Je crois que l’état de l’auteur change profondément en fonction des musiques, que l’écriture change même si elle ne suit pas strictement la musique. Pour Le cœur de pélican, j’ai écouté de la chanson française acoustique tandis que pour Trois saisons d’orage, j’ai préféré la bande son du film Barry Lyndon, la musique Sarabande de Georg Friedrich Haendel… Mais j’écoute toutes sortes de musiques !


On s’est interrogé sur la place de l’humour dans vos romans ?
Mes romans ne sont pas si drôles que cela quand même. D’ailleurs, c’est très difficile d’écrire un livre drôle et je n’ai pas les outils pour cela. Chez moi, je ne pense pas que l’humour soit si visible que cela. En fait, j’ai un humour noir, cruel, cynique… Quand j’ai de l’humour, je dirais que c’est un humour dégoutant presque…
Par contre, sur ma page Facebook, je peux essayer de faire rire tous les jours avec un petit mot, une historiette… mais c’est autre chose !

Avec vos personnages, on sent parfois des problèmes de milieu. Sont-ils enfermés dans leur milieu, sont-ils libres ?
Je me pose souvent la question de la liberté de l’être humain par rapport à son milieu social, professionnel, territorial… Se sentir libre au stade ultime c’est se sentir bien dans son milieu, ne pas avoir un besoin vital d’en sortir mais pouvoir en sortir y revenir. Je suis bien là où je suis, je n’ai pas envie de fuir ma réalité mais je suis au contact de ce qui se passe ailleurs… La liberté, c’est aller de l’un à l’autre sans quitter les siens !
Etre libre, c’est composer avec tous les petits pays que nous portons en nous… La famille, le métier, les passions… Tout cela forme un continent, chacun a le sien et il faut vivre avec… Etre libre c’est accepter cela et se dire toujours que rien n’est grave ! Certes, les évènements peuvent être graves, blessants, douloureux, déchirants, angoissants mais… rien n’est grave ! Je fais ce que je peux !
D’ailleurs, sur ce thème, il faut lire la poésie de Thomas Vinau, Bleu de travail…


Vos personnages sont toujours en lien, d’une certaine façon avec leur famille. Pour cette omniprésence de la famille dans vos romans ?
Plus que la famille en tant que telle, je crois qu’il y a dans mes romans un rapport perpétuel aux rapports entre parents et enfants. Les parents semblent absents mais quand on regarde bien : ils veulent d’abord bien faire, ils sont alors trop présents et quand ils constatent qu’ils n’ont pas pu arriver à ce qu’ils croyaient leur mission, ils capitulent… C’est un peu comme si les parents étaient dans un pays, les enfants dans un autre…
J’ai toujours été habitée par des questions sur la famille. Peut-on exister en dehors de sa famille ? Faut-il vivre avec sa famille imposée, celle que l’on subit, ou s’en construire une propre, celle que l’on choisit… Je n’ai pas d’enfant mais je me pose beaucoup de questions sur la parentalité…
Les parents qui veulent faire de leurs enfants une œuvre se trompent, c’est du moins mon avis ! On voit cela en sport, en art, dans l’industrie…

Dans vos thèmes de prédilection, il semblerait que la mort soit bien là. Que représente la mort pour vous ?
En fait, la mort ne m’inquiète pas du tout mais je suis très gênée que l’on ne puisse pas en parler tout simplement… La mort c’est comme gagner au loto mais elle arrive plus souvent que les gains. C’est un moment naturel, cela fait partie de l’existence…
Je crois que la mort ne fait pas peur en soi, c’est la disparition, que l’on craint, l’absence et donc la solitude…
La mort devrait nous faire grandir et pas souffrir… Ce que nous avons vécu avec la personne qui meurt, ce qui était beau, tout cela reste dans nos yeux, dans notre mémoire, dans nos cœurs… C’est toujours vivant !
La mort est dans mes romans car elle trop absente de nos vies. J’ai envie de dire que mort et sexe sont les deux sujets les plus difficiles à aborder à l’apéritif avec des amis… La mort encore plus que le sexe d’ailleurs…

Bien sûr, Cécile Coulon a aussi parlé de sport, de la nature mais c’est avec une question d’une lectrice dans la salle que la soirée a pris fin… du moins pour la rencontre publique. Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez écrit autre chose qu’une rédaction scolaire ?
En CM2, si je me souviens bien, j’ai écrit un poème sur une feuille de papier. Après je l’ai tapé à l’ordinateur, j’ai voulu soigner la mise en page, mettre un fond… Le texte n’était pas extraordinaire mais je me souviens, c’était la première fois…
Plus tard, quand j’étais en cinquième, j’écrivais des petites nouvelles pour mes amis…
Enfin, quand j’étais en seconde, lycéenne plutôt pénible pour les enseignants, j’écrivais durant les cours… Un jour, mon enseignante de français m’a demandé ce que je faisais durant les cours… J’ai été obligé de lui montrer ce que j’écrivais… Non seulement elle a lu, mais elle m’a rendu le texte corrigé. Chaque semaine par la suite je lui donnais l’équivalent d’un chapitre qu’elle me rendait corrigé…
Ce fut un certain choc. Un adulte s’intéressait à ce que j’écrivais, me lisait, me corrigeait… Finalement, c’est devenu mon premier roman…

Voilà, une belle soirée en compagnie de Cécile Coulon, une dernière par cette édition 2018 de Pages en partage, et il ne vous reste plus qu’à lire et on n’est pas obligé d’attendre l’été, même si comme chacun le sait bien ici que l’été c’est fait pour lire !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 28 avr 2018

Pages en partage 2018 : ce soir, venez rencontrer Cécile Coulon !

Pour clore Pages en partage 2018, manifestation littéraire de Chalon-sur-Saône, ce soir, Cécile Coulon sera au théâtre Piccolo à 19h pour rencontrer ses lecteurs…


Cette romancière qui a commencé son périple d’autrice très jeune, à 16 ans, est en train de terminer ses études de lettres avec une thèse encours sur un thème atypique, Le sport et le corps dans la littérature française contemporaine… Pour un peu, je penserais à Montherlant et à tous ceux qui ont écrit sur le foot ou le cyclisme…

 

 


Alors ce soir on retrouvera des lecteurs et lectrices des romans de Cécile Coulon, des amateurs du roman Le roi n’a pas sommeil ou de Trois saisons d’orage, son petit dernier… mais on devrait aussi retrouver ceux qui ont été fasciné par Petit éloge du running… et je serai là !

Donc les amateurs de littérature ou de sort ont de bonnes raisons de venir pour rencontrer Cécile Coulon ce soir au Piccolo… A ce soir !

 

 
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 27 avr 2018

Pages en partage 2018 : Une rencontre avec Angélique Villeneuve pleine d'émotion !

Jeudi soir 27 avril, dans le cadre de Pages en partage 2018, manifestation littéraire organisée par la bibliothèque de Chalon-sur-Saône et la librairie Mandragore, Angélique Villeneuve faisait escale au théâtre Piccolo pour rencontrer ses lecteurs, on devrait même dire ses lectrices car les femmes étaient beaucoup plus nombreuses que les hommes malgré quelques présences remarquées…


La romancière a été très touchée de se retrouver devant des lecteurs qui s’étaient donné comme objectif de lire beaucoup de ses romans et du coup elle a dû répondre à des questions qui ont touché à Grand Paradis, Un territoire, Les fleurs d’hiver, Nuit de septembre ou Maria, le dernier arrivé… Ses autres ouvrages, jeunesse ou cuisine, ne furent que juste évoqués et c’est bien une discussion essentiellement littéraire qui a eu lieu hier soir : inspiration, écriture, création, place de la nature, personnages…


De façon simple et précise je vais essayer de vous partager quelques-uns des moments forts de cette soirée chaleureuse et pleine d’émotion…

Pourquoi utilisez-vous des thèmes aussi dérangeants dans vos romans ?
« Je crois que je ne saurais pas écrire sur la vie de tous les jours, sur un couple qui s’aime puis se sépare… Je n’aime pas écrire sur la vie ordinaire, d’autres le font très bien mais ma voix n’aurait aucun intérêt. J’ai besoin de femmes ordinaires – pour bien m’incarner dans les personnages – et par contre des situations et évènements extraordinaires. J’utilise des femmes comme personnages car je serais incapable de m’incarner dans des enfants ou des hommes…
Comme la femme est ordinaire comme moi, le roman est plein de petits gestes ordinaires, quotidiens, mais c’est dans la confrontation avec l’extraordinaire, le dérangeant, que l’histoire prend son sens, sa force, que le roman existe…
La littérature doit être l’occasion d’être dérangé, percuté, questionné… Cela fait du bien d’être bousculé ! »

Pourquoi vos personnages donnent-ils le sentiment d’être en décalage avec la société, avec les mœurs, avec la modernité ?
« En fait, les tourments qui habitent souvent mes personnages font écho à mon enfance et j’ai été moi-même habitée par ces difficultés, ces décalages, ces incompréhensions, cette société, cette modernité…
Mes personnages sont ordinaires mais ils trouvent leur existence et leur force dans la confrontation avec la difficulté et les souffrances. Les souffrances ont beaucoup d’importance pour moi… »

Dans vos romans, il y a beaucoup de flash-back. Pourquoi ces nombreux retours sur le passé des personnages ?
« Oui, il y en a beaucoup et probablement parce que je ne peux pas faire autrement. Je ne sais pas écrire de façon linéaire et j’ai donc besoin de revenir très souvent sur un point, un évènement, une rencontre… Je suis certaines aussi que notre présent est construit par notre passé… »

Puis, la discussion a dérivé sur son inspiration, sa façon de choisir un thème, un personnage, de construire ses romans et nous en sommes arrivés aux émotions dans ses romans…

« Les émotions peuvent passer de plusieurs façons dans les romans. Il y a les mots, bien sûr, et c’est essentiel pour la romancière que je suis. Il y a aussi une façon presque physique de les vivre. Les émotions, je les ressens en tout premier et certaines scènes ont déclenché chez moi des pleurs quand je les ai écrites… Enfin, on peut transmettre ces émotions par le silence, comme dans la vie, tout n’est pas dit et ce qui est tu est important aussi… »


Pourquoi les femmes sont-elles si présentes, les hommes si absents ?
« En fait, rien n’est calculé et ce n’est pas un choix rationnel. C’est un fait. Je suis incapable de m’incarner dans un homme. Aussi, je parle des femmes, j’incarne des femmes, je fais vivre des femmes. Dans ma vie ordinaire, je n’ai aucun problème avec les hommes, enfin, surtout avec mon mari avec qui je vis depuis plus de 35 ans… Mais comme je l’ai dit, mes romans, ce n’est pas la vie ordinaire… Enfin, pas la mienne !
Cela vient peut-être de mon enfance où je devais compter essentiellement sur moi, sur moi seul ! »

La nature est tellement présente dans vos romans que l’on finit par se demander si elle n’est pas un personnage à part entière ?
« Oui, il n’y a aucun doute sur ce sujet, la nature est un pilier de mon œuvre. Oui, c’est un personnage à proprement parler. Mon enfance, encore elle, c’est aussi des cabanes, des arbres, des animaux, des feux de bois, des étangs, une tête mal coiffée, un chemin à travers les champs… Un chemin à la campagne, c’est comme ma vie en fait, tout simplement. A la campagne, pas dans la forêt…
La campagne, c’est ce qui m’a permis de tenir durant mon enfance… L’arbre est comme un être vivant et en grandissant il cicatrise, il se répare, il oublie…
Oui, la nature est importante et on la retrouve souvent avec les fleurs, les oiseaux… Jeanne est ouvrière d’appartement et elle fabrique des fleurs artificielles…


Enfin – mais on n’a pas vu le temps passer – la question sur la résilience est arrivée. Il faut dire que le thème est omniprésent dans ses romans… Alors, pourquoi ?
« Tout simplement parce que j’ai tendance à toujours voir les choses par le bon côté. Je vois toujours le verre à moitié plein. Les livres cela peut aider à vivre, à se réparer, à se consoler, à repartir… Cela aide aussi bien l’auteur que les lecteurs et c’est bien ainsi ! On a besoin pour vivre, pour survivre, d’épaules ! Les épaules des autres, des mots, des silences, des herbes… Et je le sais depuis que mon fils s’est suicidé… »

A l’issue de la rencontre, Angélique Villeneuve nous a confié son bonheur… Oui, elle avait visiblement apprécié cette soirée…


« C’est juste un moment formidable. On a un métier très isolé, je suis dans la solitude de mon bureau, moi qui ne fais qu’écrire. Là, j’ai la chance de rencontrer celles qui ont lu mes romans, je vois comment elles ont perçu les choses… Je vois comment mes mots ont trouvé écho chez les lecteurs. Ici à Chalon, ce fut plus fort qu’ailleurs car il y a eu ce groupe de lecteurs/lectrices qui s’est retrouvé plusieurs fois, qui a lu, partagé… J’étais très intrigué de voir le résultat… En fait, il y a quelque chose d’intime qui s’est noué, d’abord à distance et avec Internet, puis avec la rencontre. C’est très fort pour moi et je trouve que cette formule est très intéressante car elle va dans la profondeur. C’est plus fort que les rencontres en librairie pour une dédicace… C’est rare et cela m’a beaucoup touchée… »

Il ne vous reste donc plus qu’à découvrir vous-mêmes les romans d’Angélique Villeneuve à commencer par son dernier, Maria… Bonne lecture à tous !

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 27 avr 2018

« PAGES EN PARTAGE » : 4ème édition avec Maylis de Kérangal


PAGES EN PARTAGE, manifestation littéraire organisée par la Bibliothèque Municipale de Chalon-sur-Saône et la librairie La Mandragore, propose trois rencontres publiques entre des auteurs et leurs lecteurs, du 25 au 27 avril.



Cette année, le plateau est féminin : Maylis de Kérangal, Angélique Villeneuve et Cécile Coulon, rencontreront leurs lecteurs dans le joli cadre du Théâtre Piccolo pour un échange de questions/réponses.

 

 

 

 

Des lecteurs et lectrices qui se sont réunis régulièrement trois mois en amont pour lire ou relire les ouvrages des écrivains, parler de l’auteur et de leurs choix et préparer la rencontre publique.

 

Ce mercredi soir, c’est Maylis de Kérangal qui s’est prêtée au jeu des questions/réponses ; ce moment privilégié d’échanges s’est déroulé  en compagnie de Patrice Bouillot, médiateur, Rédacteur en chef des magazines de la ville de Dijon et de Dijon métropole.

« Comment abordez-vous l’écriture d’un roman ?
« Dans la commande, je me demande ce qui m’accroche. On ne peut pas modéliser un propos pour quelqu’un. Je dois réentendre et recréer des opérations de désir … Je ne respecte pas toujours la commande. Par exemple, pour un de mes livres, je n’ai pas voulu raconter l’emploi du temps d’un voyage. Donc j’ai écrit une fiction, j’ai reconfiguré la commande ».



« Les échanges ont été très nourris sur les grands écarts de votre style. Quel est votre style ? »
« On ne sait pas bien ce qu’est le style. Le style on ne le voit pas vraiment, c’est comme entendre sa voix à la radio. J’ai un goût prononcé pour les morts rares, démodés. On n’écrit pas toujours dans la bonne langue académique».

« Votre style ne laisse pas indifférent. Qu’en pensez-vous ? ». Télérama parle d’une écriture belle et endurante et d’autres disent que vous écrivez au marteau piqueur.
« C’est la marque d’un style qui existe. Une fois écrits, les livres ne m’appartiennent plus, c’est normal que l’on aime ou pas.

 « Faites-vous le constat du nafrage du monde contemporain dans votre œuvre ou êtes-vous plutôt comme un témoin à la recherche de passserelles, d’îlots de résistance ou d’espoirs ? »
« Je me situe plutôt dans la deuxième partie de votre question, j’écris sur des gens qui font des ponts ».

« Que pensez-vous de la poésie ? »
« Mes livres de chevet, c’est de la poésie. C’est la poésie qui me mobilise et de plus en plus, je cherche la poésie dans le roman »

 

 

 

En début de soirée, Sarah et Loïc, élèves du conservatoire de Chalon, ont lu un extrait du livre « Dans les rapides » et Clément Gautheron, musicien, a proposé une pièce musicale de sa composition, rappelant le mouvement et le son du train transsibérien, au violon avec bruitages divers, harmonieux, rappelant le bruit d’un cœur qui bat.



En savoir plus sur l’auteur : Maylis de Kerangal est née en 1967. Elle a grandi au Havre. Elle a été éditrice pour les éditions du Baron perché et a longtemps travaillé avec Pierre Marchand aux Guides Gallimard puis à la jeunesse toujours chez Gallimard. 


Elle est l’auteure de six romans aux éditions Verticales, Je marche sous un ciel de traîne (2000), La vie voyageuse (2003), Corniche Kennedy, Naissance d’un pont (2010 ; Folio 2012) et Réparer les vivants (2014), A ce stade de la nuit (2016) ainsi que d’un recueil de nouvelles, Ni fleurs ni couronnes ("Minimales", 2006) et d’une novella, Tangente vers l’est ("Minimales", 2012 ; prix Landerneau 2012). Aux éditions Naïve, elle a conçu une fiction en hommage à Kate Bush et Blondie, Dans les rapides (2007 ; Folio, mai 2014)."

Jeudi 26 avril à 19h : Angélique Villeneuve partagera avec le groupe de lecteurs et les spectateurs et Vendredi 27 avril à 19h, c’est Cécile Coulon qui se prêtera à cet échange, au Théâtre Piccolo à Chalon-sur-Saône.

 
 
 

Article et reportage photos : Christiane Chapé

Imprimer - - par christiane chapé - 26 avr 2018

Pages en partage : La rencontre avec Angélique Villeneuve, c'est ce soir !

Ce soir, à 19h, au théâtre Piccolo à Chalon-sur-Saône, il y aura une rencontre avec la romancière Angélique Villeneuve. Cette manifestation est organisée dans le cadre de Pages en partage et elle a pour but de permettre à des lecteurs - ou lecteurs potentiels - de rencontrer un auteur et pouvoir l'écouter et lui poser des questions...


Angélique Villeneuve est l'autrice de plusieurs romans mais j'en retiendrais deux principalement. Tout d'abord, Les fleurs d'hiver, un texte de 2014, que j'ai beaucoup aimé et qui se situe au lendemain de la Première guerre mondiale... Certes, la guerre est terminée mais les difficultés ne cessent pas pour autant en particulier pour Toussaint et Jeanne...

 

 


Le second est Maria, son dernier roman, et là j'avoue que j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire. Bien sûr, elle est très bien écrite, le personnage de Maria est celui d'une grand-mère attentionnée, d'une femme profonde, d'une mère désarçonnée par les choix de vie de sa fille... mais tout cela est si féminin que le lecteur que je suis a peiné... Le roman reste agréable à lire, le thème très actuel, mais le grand-père, le père et le mari que je suis est sorti frustré de cette lecture...

 


Néanmoins, je serai bien là ce soir pour rencontrer cette romancière, Angélique Villeneuve, et j'espère que nous serons nombreux pour cette belle soirée de Pages en partage !

 

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 26 avr 2018

Lire : Du bon polar !

Expérience intéressante, lors du dernier salon du livre de Paris, Livre Paris 2018, j’ai eu l’occasion de mettre les pieds sur le stand Amazon. A priori, ce n’est pas le stand que je fréquente quand je vais sur un salon du livre, à Paris comme ailleurs, mais quand j’ai pris rendez-vous avec Robert Dugoni pour l’interviewer je ne savais pas encore qu’il était édité chez Amazon… enfin, édité par Amazon est une expression qui me gênait et il allait falloir que je puisse comprendre tout cela…

En effet, quand on parle d’éditions par Amazon, on a tendance à croire qu’il s’agit d’autoédition… Et c’est bien le cas généralement. Mais, ici, pour Robert Dugoni, c’est un peu différent car cet auteur américain a un agent, un éditeur et Amazon n’est pas son seul éditeur… Par exemple, en France, cette série Tracy Crosswhite – du nom de cette enquêtrice de Seattle – est éditée par Michel Laffon et par Amazon… Et tout cela est bien complexe mais m’a bien poussé sur le stand Amazon…

D’ailleurs, je ne suis pas resté très longtemps sur le stand Amazon car pour des raisons pratiques – trop de monde et de bruit sur le stand Amazon – c’est en salle de presse que nous nous sommes finalement retrouvés. C’est là que j’ai pu m’entretenir pour la première fois avec Robert Dugoni, romancier américain que je venais de découvrir et lire pour la première fois… Je venais de commencer par le quatrième roman de cette série Tracy Crosswhite et, heureusement, on peut tout à fait le lire sans connaitre les trois précédents…

Ce fut une très belle rencontre avec un homme ouvert répondant avec précision aux questions, un romancier visiblement heureux de rencontrer des journalistes français et de constater que son héroïne Tracy rencontrait du succès auprès des lecteurs francophones…

Bien sûr, je reviendrai vous présenter cette série en détail mais je voulais déjà vous dire que j’avais vécu là une belle rencontre avec un homme de qualité. Le roman est lui-même bien écrit et il faut déjà vous dire quelques petites choses sur ce texte policier qui n’est pas simple à classer…

En effet, ce n’est pas à proprement parler un roman à énigme. Il n’y a pas seulement un crime à élucider avec des informations qui seraient connues dès le départ par le lecteur. Il y a bien un cadavre et à partir de là tout est complexe… une complexité merveilleuse qui prend le lecteur et ne le lâche pas !

Attention, ce n’est pas pour autant un thriller car le but n’est pas du tout de faire trembler de peur le lecteur… Seulement, le roman est nous montre que la vie est complexe et qu’une énigme en apparence simple peut en cacher une autre, puis une autre, puis une autre…

C’est aussi un roman social, un roman sur la procédure, sur la vie à Seattle et dans les montagnes autour… C’est un roman tout simplement car Tracy n’est pas seulement une enquêtrice, c’est aussi une femme, une jeune femme à la vie complexe aussi car on comprend très vite les traumatismes vécus et qui, semble-t-il, sont racontés dans le premier volume de la série, Le dernier repos de Sarah… J’ai d’ailleurs décidé depuis de lire les trois premiers romans…

Cette découverte, pour moi, de Robert Dugoni, de sa série et de ses romans, de son écriture et de sa gentillesse, est arrivée grâce à Emmanuelle Klein, l’attachée de presse qui l’a pris en charge lors de ce salon Livre Paris 2018 et je ne peux que la remercier !!!

Si donc vous avez l’occasion, l’opportunité et la chance de découvrir les enquêtes de Tracy Crosswhite, n’hésitez absolument pas, c’est une excellente série policière !
 
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 26 mars 2018

Livres pour les plus petits... avec Anne Crahay !

Ce n’est pas toujours simple de trouver des livres cartonnés pour les plus jeunes lecteurs, livres intelligents, bien dessinées, pratiques dans les menottes enfantines et que l’on est content de lire aux enfants !

 

Au salon du livre, Livre Paris 2018, nous cherchions un tel genre littéraire pour faire quelques cadeaux aux petits-enfants nés en 2017, c'est-à-dire ceux qui ne pouvaient pas encore lire Balzac dans le texte ou Victor Hugo en abrégé…

Heureusement, certains auteurs se sont mis depuis quelques décennies à écrire et réaliser de magnifiques ouvrages pour enfants que les adultes achètent même parfois pour leur propre plaisir… Ainsi en est-il de cette autrice Anne Crahay, ancienne élève et enseignante maintenant de l’école Saint-Luc de Liège !

Cette autrice vit dans les Ardennes et elle est éditée, entre autres, chez Albin Michel Jeunesse… et c’est bien sur ce stand que nous avons trouvé deux ouvrages – tout doit aller par deux pour les jumeaux – parfaitement adapté à la situation… Guili-guili et Au dodo sont deux titres qui paraissent simples pour ne pas dire simplistes mais dont la construction est parfaite. Là, avec deux situations connues des petits, la chatouille et le sommeil, on va jouer, exciter sa curiosité, permettre un jeu et une lecture avec les parents, préparer le sommeil ou apaiser les angoisses… Bref, l’objet-livre idéal pour les familles des tout petits !


Le livre a des rabats à chaque double page si bien que l’enfant lecteur va pouvoir jouer seul avec le livre à défaut de le lire. Là encore je suis très prudent car j’ai bien le sentiment que très jeune l’enfant se forge une forme de lecture, de plaisir du lecteur même… mais vous n’êtes pas obligés de me croire !

Deux magnifiques petits ouvrages qui tiennent dans la main et que je vais offrir à ces charmants petits lutins dans quelques heures…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 24 mars 2018

A la découverte des insectes...

On a beau arpenter les allées extraordinaires et fréquentées du salon du livre de Paris, Livre Paris 2018, reconnaissons qu’il n’est pas pour autant facile de trouver la perle rare, c'est-à-dire l’ouvrage qui va plaire au lecteur à qui on le destine…



Imaginons que vous ayez, pure supposition gratuite, un petit-fils de trois ans qui est passionné par les insectes… En fait, trois ans et demi, à ces âges on n’aime pas être minoré… Donc, disais-je, vous cherchez désespérément un livre sur le sujet adapté à cette tranche d’âge. C’est bien là le problème car ce lecteur assidu ne veut pas une niaiserie quelconque avec une mouche ou une guêpe. Il veut un livre scientifique qui lui apprenne ce qu’il ne connaît pas encore sur la cétoine dorée ou la cicindèle champêtre ! Et c’est bien là que tout se complique car il n’est pas non plus en âge de dévorer une thèse sur la vie du charançon des noisettes, non ! Il veut juste découvrir ce qu’est le sphinx tête de mort pour le reconnaitre quand il va en croiser un chez lui…

Alors, on cherche, presque anéanti par la réalité éditoriale quand soudain le jour arrive, la lumière point à l’horizon et on découvre avec plaisir L’inventaire illustré des insectes de Virginie Aladjidi et Emmanuelle Tchoukriel, aux Editions Albin Michel Jeunesse. Là on comprend immédiatement que le Graal vient d’être trouvé… On a confiance car l’ouvrage n’est pas une création libre, il a été relu par Hélène Perrin, spécialiste des coléoptères au Musée national d’Histoire naturelle…

Plus de 70 spécimens sont présentés des plus connus aux plus mystérieux, de ceux que l’on croise tous les jours à ceux qui sont presque en voie de disparition… A chaque fois une magnifique planche illustrée et des commentaires scientifiques… Bref, exactement ce que l’on cherchait !


Les textes de Virginie Aladjidi sont le parfait exemple de ce que doit être la vulgarisation scientifique, y compris pour un enfant, que dis-je, surtout pour un enfant : c’est précis, véridique, accessible à tous et intelligent !!! Quand aux dessins d’Emmanuelle Tchoukriel, ils représentent ces insectes à l’échelle de la réalité, l’échelle 1, ce qui permet au jeune lecteur de prendre conscience de cet animal… tel qu’il va le croiser très vite car connaissant le lecteur à qui est destiné cet ouvrage j’ai bien conscience que très vite nous allons partir en chasse pour voir évoluer le clairon des fourmis dans son habitat…

Un très bel ouvrage qu’il faut vite découvrir et faire découvrir…

Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 21 mars 2018

Livre Paris 2018 : Matthieu Maudet et son drôle de docteur...

Matthieu Maudet est le premier auteur que j’ai rencontré samedi dernier. En fait, ce n’était pas au salon Livre Paris 2018 mais dans la librairie du quartier de ma fille. Il faut dire qu’il faut tout faire pour aider ces petits libraires indépendants – petits n’est pas un adjectif péjoratif mais permet de faire la différence entre les grands distributeurs pour qui le livre n’est qu’un objet à vendre et les libraires qui lisent, conseillent, écoutent, organisent des rencontres, animent… – donc même si Matthieu était l’après-midi sur le stand L’école des loisirs, nous sommes allés le rencontrer le matin dans la librairie de quartier… où ce n’était pas plus calme car les parents étaient nombreux avec leurs enfants et ils voulaient tous les beaux livres avec les belles dédicaces !

 


C’est sur « Bonjour Docteur » que mon attention s’est immédiatement portée car je voulais pour le plus grand de mes petits-fils, à la demande de sa chère maman, un livre avec un méchant loup ! Or, certains le savent, le loup, dans les livres pour enfants, n’est souvent pas si méchant que cela…


Dans cet ouvrage, je crois que je peux spoiler un peu, le loup est terrible. Il est dans la salle d’attente avec d’autres malades et il lit son journal… D’ailleurs, une telle attitude devrait mettre en alerte car il lit ou se cache… Allez savoir !


Bon, sans surprise, il va finir par manger son voisin le lapin… et pas que ! Oui, cette histoire montre réellement un terrible loup digne de La chèvre de Monsieur Seguin ou de Pierre et le loup… Oui, terrible livre aussi et, pourtant, il est bien pour les enfants…


Le dessin de Matthieu Maudet est très sympathique et le docteur fait tout ce qu’il peut pour soigner le crocodile, l’éléphant, le loup, le lapin, le canard et le mouton… et quand on sait que l’éléphant est trop dur pour le loup et le crocodile trop dangereux on comprend que la journée sera difficile pour les autres…

Un beau livre cartonné d’un dessinateur qui enchante mes petits enfants depuis quelques années…
Imprimer - - par Michel, enseignant en TAIS à l'IUT de Chalon - 20 mars 2018





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