L’intégralité du discours de la Cgt prononcé lors des 8 rassemblements locaux en Saône et Loire pour la journée internationale du travail ce 1er mai 2013.

Discours CGT du 1er mai 2013
Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,
Le 1er mai n'est pas une journée de mobilisation comme les autres. Le 1er mai, c'est la journée internationale du travail. C'est la journée où tous les salariés du monde s'unissent et se mobilisent pour défendre leurs intérêts communs !
Nous sommes solidaires avec tous les syndicalistes du monde qui sont maltraités, ont bien du mal à exister.
Et aussi solidaires avec nos syndicalistes français. Car même en France, pays où l'on pourrait penser que le syndicalisme est un droit fondamental acquis aux salariés, le gouvernement vient de refuser l'amnistie des syndicalistes !
Quelle honte pour un gouvernement du changement !!!
Alors que la violence patronale tue ! Le gouvernement refuse l'amnistie aux femmes et aux hommes qui ont osé défendre leur emploi ! Le gouvernement refuse l'amnistie aux femmes et aux hommes qui ont tenté, comme ils ont pu, avec les moyens dont ils disposent de s'attaquer à la toute puissance du Patronat !
Pourquoi parle-t-on tant de violence ouvrière alors que d'autres formes de violence sociales existent ! La violence paysanne et la violence contre le mariage pour tous par exemple.
Est-il normal que les militants syndicaux qui lancent des œufs sur les forces de l'ordre sont traités comme des criminels ! Le gouvernement s'était engagé à adopter la loi d'amnistie. Le Sénat a voté la loi d'amnistie... Même le gouvernement Chirac en 2002 l'avait fait...
Et notre gouvernement socialiste vient tranquillement de le refuser !
Mais que se passe-t-il au gouvernement ? Un jour on promet "gauche" le lendemain on fait "droite" ! Le gouvernement attend-il de retourner dans l'opposition pour agir ?
Ressaisissez-vous mesdames messieurs les membres du gouvernement ! Idem pour vous mesdames messieurs les députés qui votez les lois !
Nous sommes là aussi pour combattre la mise en concurrence des travailleurs organisées par les politiques patronales, les politiques libérales.
Nous combattons l'austérité et la rigueur mise en place dans tous les pays Européens.
Nous sommes venus exprimer nos revendications à un gouvernement qui est plus sensible à ce que dit le MEDEF notamment avec la signature de l'ANI du 11 janvier qui réduit les droits et avantages des salariés, qui précarise l'emploi et les salaires. Nous combattons ces politiques d'austérité qui nous privent d'augmentations de salaires, qui pénalisent l'emploi, qui réduit la croissance... Alors que les politiques devraient répondre aux attentes des citoyens, des salariés.
Le MEDEF se sent à l'aise, conquérant ! Et nous regrettons que trop de syndicats, aujourd'hui encore, négocient avec le MEDEF des reculs sociaux sur la base que le travail est un coût et non une création de richesse. Nous revendiquons un autre partage des richesses !
L'argent existe bien ! L'Argent existe en abondance, il y en a plein dans les poches du Patronat, dans les coffres des possédants, dans les banques, dans les paradis fiscaux, sur les marchés financiers partout dans le monde. L'argent existe, il circule, il est surabondant, mais il se cache !!!
C’est cet argent qui ne va pas à l’investissement productif, au logement, au développement des services publics, à la protection sociale. C’est cet argent qui manque en fin de mois aux salariés condamnés aux petits salaires, au chômage, aux petites retraites, aux minima sociaux.
Partout, on nous dit que nous coûtons trop cher !
Mais c’est nous qui, par notre travail, créons la richesse !
Alors oui, il est temps que les salariés mettent les pieds dans le plat !
Pour sortir de la crise :
Augmentons d’abord les salaires. En France, le salaire minimum d’embauche d’un jeune sans diplôme doit être porté à 1700 euros. C’est à partir de ce salaire minimum que nous reconstruirons partout des grilles salariales. Ce sont les salaires qui alimentent les caisses de la protection sociale pour la santé, la retraite, l’assurance chômage. Partout dans le monde il faut un salaire minimum pour empêcher le dumping social généralisé.
Développons l’emploi. Nous refusons la mise en concurrence des sites, des salariés entre eux dans les différents pays. Tous les travailleurs et les entreprises en souffrent !
Les banques, les financiers doivent être contraints de diriger l’argent vers l’investissement productif créateur d’emploi. Nous exigeons des mesures immédiates pour arrêter de brader nos outils de production mais au contraire pour développer notre appareil productif, les services publics et permettre une reconquête industrielle. Des filières entières sont à recréer ou à créer, des centaines de milliers d’emplois sont en jeu.
Protégeons les salariés des aléas de la vie professionnelle et sociale. Notre syndicalisme a été créateur de notre sécurité sociale, de nos retraites par répartition, de l’assurance maladie, des allocations familiales, de l’assurance chômage. Non seulement nous les défendons mais nous proposons de les étendre. Partout dans le monde, les travailleurs ont besoin de cette protection et nous envient.
C’est à cette protection sociale qu’aspirent les travailleurs en Chine, au Bangladesh, en Amérique latine et dans tant de pays. C’est aussi à un droit du travail protecteur pour les salariés.
Or c’est ce droit du travail dans lequel coupe à la hache l’accord interprofessionnel du 11 janvier et sa transposition dans la loi.
Celle-ci protège les employeurs et flexibilise davantage les salariés. Un comble ! De la flexibilité, du dumping social, des chantages patronaux il y en déjà trop !
La CGT propose au contraire une sécurité sociale professionnelle qui redonne des droits aux salariés, permettrait la continuité du contrat de travail, une protection contre les aléas de la vie professionnelle.
Salariés, dans le monde entier nos intérêts sont communs !
Construire l’unité des salaries pour faire naitre l’espoir. Partout, la même politique d’austérité et la restriction des droits démocratiques est imposée aux salariés et aux populations. Elles aggravent la crise, plongent les peuples dans la misère et provoquent la récession notamment dans toute la zone euro. Pour être plus fort, il faut se rassembler !
Les salariés doivent construire leur unité avec leurs organisations syndicales depuis leur lieu de travail jusqu’à l’échelle mondiale.
Le patronat défend ses intérêts => défendons nos intérêts de salariés
Ils veulent nous mettre en concurrence => Opposons leur notre solidarité
Ils nous imposent l’austérité => Augmentons les salaires
Ils provoquent la récession => Créons une dynamique économique et sociale de progrès
Ils provoquent le chômage => Nous voulons travailler, produire, développer l’emploi
Ils bafouent les droits syndicaux et les => Imposons une extension des droits, des libertés et de la
libertés démocratiques démocratie
Ils spéculent => Dirigeons l’argent vers l’investissement productif
Ils sécurisent les employeurs et => Sécurisons les salariés et responsabilisons les
flexibilisent les salariés employeurs
Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,
Cessons de nous diviser et soyons solidaires pour défendre nos intérêts de salariés !
Plus nous leur en donneront... plus ils en voudront !
Ils nous divisent pour nous piller nos acquis sociaux !
Nous devons réagir, les salariés doivent réagir. Les militants syndicaux ne sont rien sans les salariés derrière eux !
Il n'est pas possible de gagner chacun pour soi ! Chacun dans son entreprise !
Nous avons besoin de solidarité entre nous, et ce n'est pas insurmontable. Nous devons modifier nos réflexions et notre manière de penser.
Ce ne sont pas les salariés les fautifs. Ce ne sont pas les salariés qui sont responsables de la fermeture de leur boîte, de ne pas pouvoir effectuer correctement son travail, de ne pas pouvoir répondre au service public attendu...
Les responsables de cette situation : ce sont les dirigeants qui suppriment des emplois pour faire encore plus de profits ! Sans tenir compte de comment sera effectué le travail derrière parce qu'ils s'en foutent !
Est-il normal qu'aujourd'hui des salariés se suicident parce qu'ils souffrent au travail alors qu'il y a tant d'argent caché et autant de personnes qui souhaitent travailler ?
Le travail doit nous permettre de vivre dignement !
De faire vivre le salarié et sa famille ! Ce n'est pas utopique puisqu'il y a de l'argent mais mal réparti et caché dans les paradis fiscaux. Cela nous donne un exemple précis pour combattre la suppression des fonctionnaires ! Les contrôleurs du fisc ne sont pas un coût aux finances publiques, ce sont justement eux qui font rentrer l'argent dans les caisses et qui contrôlent – non qui devraient contrôler les fraudeurs !
Mais... pour contrôler les 4,5 millions d'entreprises soumises à la TVA, il faudrait 69 230 vérificateurs ! Aujourd'hui il n'y en a que 5 000 !
Les agents de la DDCRF (répression des fraudes) seraient plus nombreux... Nous n’aurions pas mangé de cheval au prix du bœuf, ni de tarte aux excréments... ni tout ce qu'on ne sait pas...
Idem pour les inspecteurs du travail, les médecins du travail, etc, etc...
Nos adversaires ont réussi à nous mettre dans la tête que le travail est un coût ! Mais non ! Les salariés font tous un travail qui crée des richesses. Ce peut être comme dans le privé de la valeur ajoutée, du profit. Mais ce peut être aussi de la santé, ou de l'éducation...
Le travail est une richesse, il doit être rémunéré et les richesses qu'il crée doivent être mieux réparties !
Merci à toutes et tous d'être venus lutter ce 1er mai...
Et n'oubliez pas qu'il y aura d'autres RDV de luttes solidaires aux côtés de salariés en lutte...
- 7 mai au TGI de Chalon : les salariés de Lucy ont mis leur patron devant la justice pour lui faire respecter ses engagements.
- 15 mai à 13 h 30 à Cluny : Action départementale pour l'emploi
Et à tous ceux qui ne sont pas en lutte, n'attendez plus !!!
Engagez-vous avant qu'il ne soit trop tard !!!
Et dernière chose... à partir d'aujourd'hui, vous pouvez retrouver la CGT en S&L sur Internet !
Des petits flyers ont été distribués durant la manif, si vous ne l'avez pas eu, venez nous le demander.
http://www.ud71.cgt.fr/