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jeudi 17 mai 2012

Bonne Fête Pascal

Photo de Chalon

En direct avec... - chalon sur saone

En direct avec... Eric MICHOUX, Président du MEDEF 71 : les réponses

LES RÉPONSES D'Éric MICHOUX
Président du MEDEF 71 

Photo : Patrice Josserand

  Accès direct END002 

 

Eric MICHOUX, bonjour...

Depuis sa création, vivre-a-chalon.com donne la parole aux chalonnais, tous les chalonnais. Nous avons inauguré ce rendez-vous avec Christophe SIRUGUE, député-maire de Chalon.

Aujourd'hui, nous souhaitons aborder les questions économiques au moment où le nombre de chômeurs explose et qu'on s'interroge sur l'évolution de la crise économique.

Merci d'avoir accepté l'invitation de vivre-a-chalon.com de venir répondre en direct aux questions des internautes.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, nous précisons que nous avons reçu de nombreuses questions relevant du domaine politique. Cependant ce n'est pas le maire d'Epervans et le conseiller communautaire d'opposition que nous avons invité. C'est le Président du MEDEF de Saône et Loire, de Bourgogne et le chef d'entreprise. Nous avons donc écarté les questions polémiques concernant la politique locale.

Toutefois, pour ne pas laisser cette question complètement de côté, il me semble que les question de "Arthur Yung" et "Marianne" méritent une réponse.


 

Question posée par : @La Rédaction

Ne pensez vous pas que le fait d'être à la fois conseiller communautaire d'opposition et président du medef 71 nuise à votre organisation patronale en la politisant?

EM : Effectivement le MEDEF est une organisation patronale qui n'a pas d'obédience politique. Nous sommes astreint à une certaine neutralité que je respecte. Je ne suis d'ailleurs affilié à aucun parti politique.

Ceci étant, Laurence Parisot, présidente du MEDEF prône la mise en place de passerelles entre l'entreprise et la société. Les chefs d'entreprises ont une véritable mission sociale et sociétale et il ne peut pas y avoir de développement social sans développement économique. Ils ne s'opposent pas, bien au contraire.

Question posée par : ARTHUR YUNG

Vous êtes Maire. Dirige t'on une collectivité locale comme une entreprise ?

Non ! Et pour deux raisons principales.

  • La première est économique. En début d'année, lorsque je mets en route le budget, je suis sûr des financements de l'État.

La question c'est comment je vais dépenser cet argent pour réaliser un projet. La difficulté c'est de dépenser cet argent dans l'intérêt des administrés.

Dans une entreprise, en début d'année, je ne sais pas quelles seront mes rentrées d'argent, mon chiffre d'affaire. Surtout en période de crise et l'angoisse ce n'est pas de dépenser mais de faire rentrer le chiffre d'affaire nécessaire.

  • Deuxième point : le "management" puisque dans l'entreprise le discours est relativement standardisé et connu de tous. Un langage souvent économique et technique.

    Alors que autour de la table du Conseil municipal où nous sommes 19, je vais avoir à communiquer avec des personnes d'origines sociales et culturelles différentes, avec des tranches d'âges très variées, pour autant il faut pouvoir passer l'ensemble des informations et les adapter à une telle diversité sans que cela devienne de la langue de bois.
Question posée par : marianne

*** CRISE ECONOMIQUE ***

Question posée par : La Rédaction

Des centaines de milliers d'emplois ont été détruits. Comment enrayer cette dégringolade qui n'en finit plus ?

EM : C'est uniquement par une dynamique économique et les entreprises qu'on peut arrêter cette chute.

Des phénomènes concrets sont favorables à moyen terme comme la pyramide des âges. Cela peut paraitre provoquant mais dans quelques années on manquera de main-d'oeuvre !

C'est en soutenant les PME, en les aidant dans l'innovation, en les aidant financièrement que l'on sera capable de remettre une dynamique positive de l'emploi. 

Et là, d'énormes marchés se profilent dans les services à la personne, l'énergie, la pharmacie, l'agro-alimentaire, beaucoup de secteurs qui sont d'ailleurs peu ou pas délocalisables.

C'est aussi en accélérant sur la formation et en cherchant toujours une solution en interne à l'entreprise avant de se séparer d'un salarié qu'on pourra enrayer le chômage.

C'est enfin et à court terme toutes les aides mises en route par l'Etat comme les CIE et CAE (contrat initiative emploi et contrats aidés).

Question posée par : Armelle Lemire

Dans les médias, on entend beaucoup parler de sortie de crise... A votre avis c'est le cas... ou c'est une analyse un peu trop optimiste ?

EM : On pourra dire qu'on est sorti de la crise quand la courbe du chômage aura cessé cette chute infernale et que l'on retrouvera une création d'emploi. Le véritable indicateur est là.

Pourtant sur le terrain nous remarquons quatre types d'entreprises qui sont confrontées à la crise :

> Les premières sont les banques et organismes financiers qui sont sauvés et ont eu de bon bilans 2008. Ils se préparent d'excellents bilans 2009

> Le deuxième type ce sont de grandes entreprises côtées ou non en Bourse qui ont su se restructurer et redémarrer.

>Le troisième type d'entreprise rassemble des PME qui ont développé leur activité depuis quelques années dans le "green business" (énergie, environnement, écologie...). Toutes ces activités qui tournent autour du Grenelle de l'environnement, du service à la personne, qui sont en résonnance avec l'évolution sociologique du pays.

>Enfin le quatrième groupe, une grande partie des entreprises qui sont des PME dans des métiers traditionnels souvent sous-traitantes de grands groupes et qui se trouvent être aujourd'hui la variable d'ajustement de la charge de ces mêmes grands groupes.
Ce sont des entreprises qui travaillent de manière traditionnelle dans le transport, la mécanique, les métiers du bâtiment et du TP. Elles sont doublement contraintes par la crise économique et la nécessité d'innovation. Elles doivent trouver quel est leur avantage concurrentiel !

Question posée par : LE VIGUAN Germain

Je vois que vous avez un passé d'entraineur de natation. Est-ce que ca vous aide à surnager dans la crise ?

EM : Oui ça aide ! La natation est un sport où l'on ne peut pas tricher, où c'est la volonté et le travail qui permettent de s'améliorer !
Question posée par : laure M.

La Saône-et-Loire connaît une mutation démographique durable : sa population vieillit et le solde migratoire se montre déficitaire dans tout l'ouest du 71 . Que proposez-vous pour enrayer cela ?


EM : le solde migratoire n'est pas négatif ! mais les jeunes quittent le département tandis que les seniors viennent goûter la douceur de vivre chez nous.

Cela pose le problème de l'attractivité de la Saône et Loire pour les jeunes mais l'arrivée des seniors (si tant est qu'il y ait une limite d'âge...) est une opportunité car il y a tant de services à leur apporter.

On est aujourd'hui dans une mutation de la société où il très difficile de savoir quand on devient "âgé". Il y a, dit-on, plus de vieux en Saône et Loire mais au contraire n'y-a-t-il pas des gens plutôt qui vivent plus longtemps ?

Cela pose la question non de la barrière entre jeunes et vieux mais celle de la longévité.

A ce moment les gens de 60 à 75 ans deviennent une véritable force pour notre département.

Question posée par : jean.b

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Question posée par : Photo de Patrice Josserand

La Saône-et-Loire connaît une mutation démographique durable : sa population vieillit et le solde migratoire se montre déficitaire dans tout l'ouest du 71 . Que proposez-vous pour enrayer cela ?

EM : le solde migratoire n'est pas négatif ! mais les jeunes quittent le département tandis que les seniors viennent goûter la douceur de vivre chez nous.

Cela pose le problème de l'attractivité de la Saône et Loire pour les jeunes mais l'arrivée des seniors (si tant est qu'il y ait une limite d'âge...) est une opportunité car il y a tant de services à leur apporter.

On est aujourd'hui dans une mutation de la société où il très difficile de savoir quand on devient "âgé". Il y a, dit-on, plus de vieux en Saône et Loire mais au contraire n'y-a-t-il pas des gens plutôt qui vivent plus longtemps ?

Cela pose la question non de la barrière entre jeunes et vieux mais celle de la longévité.

A ce moment les gens de 60 à 75 ans deviennent une véritable force pour notre département.

Question posée par : jean.b

Ne trouvant pas de travail (à part des stages) j'ai envie de me mettre à mon compte; quel conseil donneriez vous à un jeune entrepreneur et est-ce que le statut auto entrepreur est bien ?

EM : quel que soit le statut, le but n'est pas d'être auto-entrepreneur mais d'avoir l'esprit d'entreprise. La question du statut est secondaire.
Question posée par : Jérémie

68 % des PME ont au moins ont un besoin de financement selon une enquête pour la CGPME sur le financement et l'accès au crédit . Phénomène en croissance... Pour vous est-ce un signe de confiance ?

EM : ce n'est pas une question de confiance. L'entreprise a toujours besoin de financement. ce n'est pas un indicateur de bonne ou mauvaise santé.

La question est de savoir si en face de demandes de financement il y a des banques pour satisfaire ces besoins.

Question posée par : Robert D.

*** ECONOMIE NATIONALE ***

Question posée par : La Rédaction

M. Michoux, que pensez vous du remplacement de la Taxe professionnelle par la Contribution Economique Territoriale assise (si j'ai bien compris) non plus sur les investissements mais les salaires ?

EM : La TP telle qu'elle existe était stupide du point de vue de l'entreprise car cet impôt limitait l'investissement. Il était injuste vis à vis des territoires car l'implantation d'une seule entreprise pouvait changer une situation du tout au tout.

La CET envisagée est composée de deux éléments : un partie basée sur la valeur foncière (avec des paramètres controlés par la commune ou la communauté de communes). 

L'autre partie de la taxe est, elle, indexée sur la valeur ajoutée.

Au MEDEF, nous restons vigilants pour que cette deuxième partie ne soit pas un nouveau fardeau pesant sur l'emploi et donc sur la performance des entreprises.

Question posée par : Bernard

M. Michoux, faites-vous partie des patrons qui trouvent qu'il n'y a pas assez de syndicalistes ouvriers ? Que ce sont des interlocuteurs qui manquent.

EM : effectivement il manque des syndicalistes.

La France est le pays d'Europe le moins syndiqué (environ 8% public / privé et - de 3% pour le privé !).

Les syndicats sont-ils représentatifs dans ces conditions ?

Il est nécessaire d'avoir un dialogue social rénové comme le prône Laurence Parisot.

Question posée par : Victor

Vous avez mis sur pied un système qui permet de fiabiliser la transmission et la reprise des entreprises. En quoi est-il novateur ?

EM : Effectivement, l'idée est d'assurer la transmission d'entreprises dans l'esprit du compagnonnage avec un maitre entrepreneur qui initie un "élève entrepreneur". Ensemble ils trouvent l'entreprise à reprendre.

Mais ce serait trop long d'expliquer toute cette démarche. Je vous conseille de visiter le site www.galile.fr qui présente toute cette démarche.

Question posée par : Camille S.

Que pensez-vous notamment des théories de Naomi Klein concernant l'influence de l'école de Chicago et des disciples de Milton Friedmann, soit les ultralibéraux sur le capitalisme ?

 

 

EM : Elle est née en 70 au Canada, elle est marxiste et imprégnée de ces théories. Pour elle le libéralisme est la cause de la crise économique (merci Internet).

Ce que nous disons au MEDEF c'est que cette crise économique est due à l 'avidité, à l'apreté au gains (faciles, rapides et gros !) de financiers dans un système libéral dérégulé.

Il faut remettre des règles et des valeurs à ce système de manière à recréer un capitalisme "humain" où l'économie sera au service de l'homme et non l'inverse.

Question posée par : Patrick

L'INTERPELLATION SURPRISE !

Benjamin Griveaux

Pour animer ce rendez-vous "En direct avec..." nous avons proposé à Benjamin GRIVEAUX, conseiller général, conseiller municipal et vice-président du Grand Chalon chargé du développement économique d'interpeller le Président départemental du MEDEF.

Voici la question que Benjamin GRIVEAUX a envoyé à vivre-a-chalon.com :

 

"Le gouvernement a généreusement octroyé 2,4 millions d'Euros à la Saône et Loire dans le cadre du plan de relance, soit 4,80 Euros par habitant. Certes des avances de trésorerie ont été mises en place (notamment sur des anticipations de recettes fiscales), mais ce ne sont que des avances, donc de l'argent que l'Etat aurait de toute façon versé à nos entreprises.

Que pensez-vous,  monsieur Michoux, en tant que président du MEDEF, du montant ridicule de cette aide à destination de nos entreprises ?

Combien d'entreprises ont-elles été sauvées dans notre département grâce à l'action du gouvernement ?"

 

Réponse EM : C'est une question éminement politique. Le Président du MEDEF peut vous rappeler qu'il n'y a pas que le plan de relance mais qu'il y a eu aussi d'importes aides en matière de crédit impôts-recherche, de refinancement des déficits reportables, de contre garanties OSEO sur les financements bancaires.

Aujourd'hui 2 milliards d'Euros semblent disponibles pour le PME mais je serai vigilant pour que notre département en profite.

Il y aussi les aides de la région à travers le PRSE (Plande régional de Soutien à l'économie).

Les aides financières auront aidé à limiter la casse mais c'est aussi dans l'organisation sur le terrain que nous sommes en train de faire face à cette crise à travers la cellule de crise mise en place par le Préfet, à travers les médiateurs du crédit, mais aussi les tiers de confiance de la médiation. 

Bref, c'est tout le monde économique de la Saône et Loire qui cherche comme je l'ai évoqué précedemment à s'aider, à se soutenir, et à travailler en réseau.

Bien sûr on peut toujours trouver que l'Etat ne met pas suffisamment de moyens financiers en oeuvre.
Mais dans un monde globalisé comme aujourd'hui c'est par la redynamique des grands pays, USA, Chine, Inde, Allemagne que nous pouvons espérer une sortie de crise.

Ce n''est pas uniquement par une facilité de caisse, en signant des chèques, qu'on résoudra le problème.

 

Question posée par : Benjamin GRIVEAUX

*** E. MICHOUX ET LE MEDEF ***

 
Question posée par : La Rédaction

Monsieur Michoux, appréciez-vous Laurence Parisot et pensez-vous que c'est positif que ce soit une femme qui représente les patrons ?

EM : J'apprécie à la fois la femme, le chef d'entreprise, le capitaine du bateau.

Je suis venu au MEDEF parce que c'était elle ! Parce qu'elle qui a su mettre des passerelles entre l'entreprise et la société.

C'est bien que ce soit une femme. Nous sommes dans un monde complexe qui a succédé à un monde compliqué.

La différence entre les deux :

le monde compliqué a un algorithme de fonctionnement important. J'appuie sur un interrupteur... et ça s'est compliqué... c'et lent mais il y a une logique. Les hommes savent bien faire cela.

Le monde complexe, c'est "j'appuie sur l'interrupteur mais ce n'est pas la lumière qui s'allume... pourtant quelque chose se déclenche". Les femmes sont bien meilleures dans ce monde là, plus rapide !

Les femmes ont une capacité d'intuition qui leur permet d'agir mieux dans un monde qui est devenu complexe.
Et c'est pour cela que je trouve positif que ce soit Laurence Parisot qui soit à la tête du MEDEF.

Par ailleurs pour répondre à une autre question, j'ai d'excellents rapports avec elle. Je la vois une fois par mois environ et elle est venue à notre dernier Forum économique qui s'est tenu à Chalon en juin dernier.

Question posée par : Annick Ledoux

Après le scandale Gauthier Savagnac, les millions d'euros en liquide dans une caisse noire... qu'est ce qui prouve que le MEDEF n'utilise plus ces méthodes ?

EM : La réponse est simple. Tous nos comptes, de tous les MEDEF, sont maintenant certifiés par un Comissaire aux Comptes. En Saône et Loire cela fait même maintenant plusieurs années que nous procédons de cette manière.
Question posée par : blackbomba

...

Question posée par : Photo de Patrice Josserand

Avez-vous participé à l'université d'été du Medef ? Si non pourquoi ? Si oui, en avez-vous tiré profit ?

EM : Bien sûr j'y ai participé. Et, entre autre intérêts, j'ai pu rencontrer Christine Lagarde, la ministre de l'économie, avec qui j'ai évoqué les problèmes de dynamique économique en Bourgogne et la question du financement des PME par les banques.
Question posée par : Rémi

quel est l'intérêt pour moi chef d'entreprise d'une PME (8 salariés) d'adhérer au MEDEF plutot qu'à la CGPME ?

EM : Que vous adhériez à la CGPME ou au MEDEF (je préfère !) il est important d'adhérer à une organisation qui vous permettra de n'être pas seul et de vous inscrire dans un réseau.

Pour adhérer au MEDEF... contactez Daniel Cocquiard au 03 85 42 18 55.

Vous rejoindrez les 700 000 entreprises déjà adhérentes !

Question posée par : Jacques Vilmorin

Comment devient-on Président du Medef de Saône et Loire ?

 EM : Par cooptation. Dans mon cas c'est une partie des entrepreneurs de la Saône et Loire qui m'a incité à accepter ce poste. Je suis adhérent depuis trois ans et je suis président depuis déjà deux ans.

 

Question posée par : henri b.



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