vivre-a-chalon.com : Une autre info à Chalon et dans le Grand Chalon

Le portail local de chalon sur saone, pour les chalonnais ... par les chalonnais

mardi 28 février 2017

Bonne Fête Romain

Photo de Chalon

photos - chalon sur saone

DITES-LE EN PHOTOS

Vous êtes ici :


La photo objet thérapeutique par Isabelle Chaveneau et Thierry Vigneron au Musée Niépce

Invités par la Société des Amis du Musée Nicéphore Niépce, Isabelle Chaveneau et Thierry Vigneron, respectivement pédopsychiatre et psychanalyste, ont rencontré le public au musée ce mercredi lors d’une soirée articulée en deux parties complémentaires autour du thème « Pourquoi tant d’images ? Que montrent les photos ? »


Les deux intervenants sont tous deux membres de l’Ecole de la Cause Freudienne, association de psychanalystes d’orientation lacanienne (Jacques Lacan, psychiatre et psychanalyste français) fondée en 1981 par Jacques Alain Miller.

La première partie de la soirée est consacrée au travail mené Isabelle Chaveneau, psychiatre infanto-juvénile au CHS de Sevrey qui pose en préambule de son intervention cette question : La photo idéale comme masque de réalité est-elle thérapeutique ?


 

La photographie n’est pas seulement la fixation d’une image avec la lumière. La photographie est aussi un objet. Il y a donc deux temps dans la photo : le premier est celui de la capture d’image, le deuxième est celui de l’image en tant qu’objet et cet objet peut-il être thérapeutique ou utilisé à des fins thérapeutiques.

 

 

L’hôpital William Morey à Chalon abrite une unité nommée Tintinnabule. Cette unité départementale de soin des liens précoces accueille des parents majoritairement des mamans et leurs bébés, parents en questionnement face à ce petit qui bouleverse la vie de chacun car la rencontre entre une mère et son bébé ne va pas de soi et peut être rendu difficile par le stress, un traumatisme lié à l’accouchement, un baby-blues ou encore plein d’autres causes.
L’unité chalonnaise accueille 6 dyades (mère-enfant). Chaque dyade est suivie par une équipe de soins adaptés.
Depuis 2015, un partenariat est établi avec le musée Nicéphore Niépce et une fois par mois, dyades et équipe thérapeutique retrouve Alexis Azar au musée pour une rencontre autour de l’image.


 

« Il faut parfois passer par quelqu’un pour accéder au plus haut de soi », souligne Isabelle Chaveneau.
Dans ce temple de la photographie, lieu social inhabituel pour les mamans et les bébés, il se passe quelque chose d’inédit et la photographe Josyane Piffaut à la fin de la rencontre avec Alexis est là pour photographier la mère et son bébé. La captation de ce portrait dans ce lieu-là est un jeu de magie. L’art de la photographe traduit avec finesse la relation de la mère et de l’enfant.


Quatre photographies dont une en noir et blanc ne sont dévoilées à la maman que dans l’espace thérapeutique de l’hôpital. Là, elle choisit une des photographies. Ce cadeau offert est une image de l’intime qui aide à la construction de l’histoire mère-bébé puis plus tard participe au roman familial.
Cette photographie est précieuse car elle donne à voir en continu le lien d’un instant. Elle participe à la fonction du semblant.
Souvent, cet objet qu’est la photographie est placé dans la pièce commune de l’habitation. On montre le bel enfant, la bonne mère. La photographie contribue par cette représentation d’un lien idéal à une valorisation narcissique.


Le temps au musée est un temps d’arrêt devant une image. Le temps au studio photo est un temps de l’évènement, un temps d’exception, hors banalité, un temps de sacralisation.


Ce temps du musée, ce temps au musée entre dans le nouage des liens entre le bébé et sa mère et la photographie offerte témoigne d’un instant d’accordage entre le bébé et sa mère.

La photographie est un accompagnement pour la maman, un objet thérapeutique.


La deuxième partie de la soirée est dédiée à la réflexion de Thierry Vigneron sur le thème « Pourquoi tant d’images ? Que montrent les photos ? ». Les adolescents sont couverts d’images : que ces photos les mettent en scène (selfies) ou qu’ils s’y abiment, que nous disent-ils du monde contemporain ?

Thierry Vigneron travaille au sein de l’association Area à Dijon. Cette association propose aux adolescents et leur famille lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés dans leur vie quotidienne des entretiens avec une équipe de psychanalystes.

La photo est un objet étrange et on peut s’interroger sur ce qu’elle cache et ce qu’elle montre. Dans toute photo, il y a un punctum, un point auquel on est sensible.
La photo est un dessin du monde, une empreinte, l’impression d’une réalité, une pure technique, une image invasive depuis l’ère de la reproduction.
Mais la photo est aussi un objet intime. Ne dit-on pas « Je prends une photo ». On peut aussi voler une photo. La photo est une image de l’intime pris par un autre, elle est « extime ».


A l’adolescence, une pluie d’images et d’écran isole du monde mais le selfie lui inclut dans le monde.
Nous vivons dans une ère de réalité augmentée : on peut être ajouté dans une réalité qui n’est pas la nôtre (photoshop, hologramme lors d’un meeting politique…)
Tout devient image, le monde devient image. On montre le plus proche (l’amoureux, le copain, l’intime), on se retrouve sur le mur virtuel (facebook).
Mais derrière ce qui se montre, il y a le hors champs comme au cinéma.
Pour la photo, il n’y a pas de dialogue, quelquefois une légende. Le Hors-champs est hors cadre, tout ce qui échappe au cadre.


 

La photo est miroir du réel. La photographie n’enregistre pas ce qui n’était pas là, elle le crée. Elle présente quelque chose, elle renvoie à ce qui n’est pas venu et est à venir : le moment saisi n’est plus mais pointe vers un futur.
L’image produit du masque.
Cette expérience au miroir suppose un autre qui pense.
L’image traite le réel. La photo est un traitement imaginaire du réel. C’est un semblant, sur ce qui ne peut se dire.
L’autre traitement du réel est le symbolique.


Les adolescents traitent leur réel : la transformation de leur corps. Ils ne sont plus des enfants mais pas encore des adultes. L’image est pour eux un moyen pour se faire un corps.
Une photo pour se construire une image, une histoire singulière qui correspond à celui qui la regarde.
Une bonne photo offre des histoires différentes aux gens qui la regardent : chacun y lit son histoire.
En psychanalyse, il y a trois expériences de l’image : l’expérience du miroir, l’image traumatique qui est indélébile et l’image phallique liée au plaisir.


L’image est une mise en jeu, un outil puissant.
Le statut de la photo dans l’image est caractère singulier : le semblant (similis = c’est pour de faux) et le semblable qui permet de faire avec le réel.


 

La photo est arrêt sur image, une mort car la photo pointe vers le futur et le futur, c’est toujours la mort (cette issue qu’on oublie toujours)
La photo fige, arrête le mouvement, elle va contre le vivant.

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 17 fév 2017 - Réagir

Inauguration de l'exposition photos de Claude Rochat au parc Nouelle

reportage photos : 2/2
Imprimer - - par christiane chapé - 14 fév 2017 - Réagir

Exposition photos de Claude Rochat au parc Nouelle à Chalon-sur-Saône


L’inauguration de ce mardi matin s’est déroulée en présence de Gilles Platret, maire, Benoit Dessaut, adjoint à la culture, Mina Jaillard, Valérie Maurer, Audrey Lebeau, Sylvie Taj et Solange Dorey.


 

L’exposition photos de Claude Rochat s’intitule « CHALON-sur-PRISE(S) avec pour sous-titre « photo ... graphie et pré … textes.

Ce sont 35 clichés grand format installés au parc Nouelle : une belle balade colorée dans les allées ombragées.

Les photos de Claude sont numériques, retravaillées artistiquement, donnant un rendu graphique du plus bel effet, dans des tons toniques.

Le sujet de cette exposition est Chalon-sur-Saône.


 

Certaines photos sont agrémentées de textes poétiques écrits par l’artiste.

Le parc Nouelle situé près de la place Mathias est un lieu d’expression pour les photographes amateurs de la ville depuis quelques années maintenant, où se promènent de nombreux chalonnais, en famille souvent … car il accueille des animaux et des jeux pour enfants.


 

Gilles Platret, maire, a souligné que Chalon, berceau de la photographie, avait en son sein de nombreux talents perpétuant l’art photographique et que l’appareil photo est un merveilleux outil pour mettre la vie -et la ville- en valeur … qu’il est important que la photo soit dans la rue.

Claude Rochat a élu domicile à Chalon-sur-Saône en 2008. Il apprécie cette ville de caractère, qui lui a dévoilé ses richesses historiques, architecturales et culturelles. Ville terrain de jeux -selon lui- il adore se balader afin de découvrir tous ces détails qui en font une cité agréable, accueillante et dynamique.


 

Des visites commentées par Claude Rochat, gratuites sont prévues les mercredi 22 février, samedi 18 mars, samedi 15 avril et dimanche 21 mai. Le rendez-vous est donné sur place, près du manège permanent.
Sur demande, visites pour les écoles, groupes, associations, etc …
Renseignements auprès du service culturel de la ville.

L’exposition installée ce jour courre jusqu’au 31 mai prochain

 
 
 
 

Article et photos : Christiane Chapé

----------------------------------

infos pratiques :
* parc Nouelle : accès libre 24h/24
* renseignements : 03 85 93 90 18
* lesrendezvousduparc@chalonsursaone.fr

----------------------------------

reportage photos : 1/2

Suite : Inauguration de l'exposition photos de Claude Rochat au parc Nouelle à Chalon-sur-Saône


Imprimer - - par christiane chapé - 14 fév 2017 - Réagir

Parcours singulier d'un arpenteur du monde : Hervé Nègre au musée Niépce

C’est par ces mots que fut introduit le photographe Hervé Nègre au Musée Nicéphore Niepce lors d’une rencontre organisée par la Société des Amis du Musée.


Venu à la photographie à l’âge de 15 ans, l’homme parcourt le monde depuis une quarantaine d’années, toujours un peu en marge car il prend le temps de s’immerger, il se donne un long temps pour regarder, pour rencontrer l’autre. Son travail relève autant de l’ethnologie que de l’anthropologie avec l’utilisation d’un médium principal : la photographie.
Dans un dialogue de presque deux heures avec le public, Hervé Nègre a dévoilé un petit bout de ses rencontres (Pr Jacquard…). Aux scènes musicales (Jerry Lee Lewis, Moustaki, Mc Cartney, Jordi Saval…) ont succédé les plateaux de tournage (Horloger de Saint-Paul…) puis des regards particuliers sur les services hospitaliers et le vide, l’abîme dans une unité psychiatrique désertée. Ce travail sur la trace, la perte de l’identité et l’altérité est devenu un livre « Le regard et le geste ».


Hervé Nègre a intégré comme photoreporter le staff d’agences de presse telles que Sipa ou Explorer mais le choix souvent très personnel et particulier de ses thèmes de reportages l’a porté vers un voyage singulier de par le monde à la rencontre de l’autre.

 


« Par son approche spirituelle et poétique, il donne à voir le visible mais aussi l’invisible », souligne Alexis Azar du service des relations avec le public, rappelant la grande exposition qui fut consacré à l’œuvre du photographe en 1989 au musée Niepce : environ 70 images furent exposées dont 2 d’entre elles sont venues enrichir la collection du musée.
Le photographe préfère, lui, introduire son périple par cette pensée : « une image ne prend vie que si elle est regardée. Cet autre ne prend vie que si je le regarde, alors nous nous re-connaissons ». Puis, il fait plonger son auditoire dans un voyage autour du monde, des hommes, des êtres vivants.


L’Afrique d’abord -Cameroun, Kenya, Sénégal, Madagascar et sa générosité : « tout ce qui m’a été offert avec le cœur ne m’a jamais rendu malade ».

 


 

Durant sa carrière, Hervé Nègre a essuyé très peu de refus d’être photographié, seulement 2 ou 3 car « quand je les vois, je les vois beaux et cela remplace toutes les langues. Dans un espace d’empathie, on arrive à entrer en contact, tout simplement », dit-il et il est vrai que ces portraits sont magnifiques, les gens posent naturellement pour lui. Les gens comme les animaux d’ailleurs.

 

Puis, le globe-trotter emmène son public en Asie : Kazakhstan chez les aigliers, Inde, Laos, Vietnam dans un orphelinat où sont abandonnés les bébés victimes des effets de l’agent orange.
Des thèmes ni simples, ni anodins car l’homme s’inscrit dans une démarche sans condescendance de témoigner mais toujours en préservant une forme d’empathie, d’humanité et d’esthétisme.
Le voyage se poursuit en Turquie, Israël, Monténégro dans une usine de bauxite, Sud-Maroc dans l’univers des femmes Sahraouis en pays musulman (Livre : Drapés de femmes).

 


 

« Il faut en vouloir, si vous avez la passion, vous déplacez les montagnes » souligne-t-il.
Nous faisons ensuite une longue halte chez les Kalash, peuple berger polythéiste du nord Pakistan la seconde famille d’Hervé Nègre depuis 31 ans : « chez moi ».

 


 

Puis le photographe nous ramène à des sujets plus légers (musique, théâtre…) mais aussi à des chefs d’œuvre culinaires : portraits de grands chefs et de légumes auxquels il rend hommage avec Ingrid Astier dans un livre « Cuisine inspirée ».
Et enfin il révèle toute la magie de la nature et du paysage, le poétique du floral dans des œuvres picturales qui entremêlent brillamment et avec sensibilité l’écriture et la photographie-peinture.
L’homme, généreux et avide de partage a ensuite longuement échangé avec son auditoire en présentant quelques tirages originaux.


En conclusion de cette belle rencontre, nous reprendrons tout simplement le texte imprimé mis en avant par Hervé Nègre sur la table de présentation de ses ouvrages, juste une petite citation d’un autre grand voyageur Nicolas Bouvier : « Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »
Ceux qui veulent prolonger le voyage avec Hervé Nègre peuvent consulter son site : www.negreherve.com
Ou encore visiter son atelier situé à Mâcon, sur rendez-vous en le contactant par mail negre.herve@gmail.com

 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 1 déc 2016 - Réagir

"Le vide et le plein" par Frédéric Lecloux au Musée Niepce

Le carnet de voyages au Japon « Le vide et le plein » de Nicolas Bouvier est sans doute une référence marquante pour le photographe Nicolas Lecloux venu présenté au Musée Nicéphore Niepce ce mercredi à l’invitation de la CEDAMI dans le cadre de la Semaine de Solidarité Internationale « Népal-Qatar : le vide et le plein ».


Les deux hommes ont en commun le goût du voyage. Ils ouvrent les yeux sur le monde et au retour de leurs périples, témoignent et partagent leurs découvertes, leurs questionnements avec le public.

 


 

Mais revenons à cette soirée avec Nicolas Lecloux et plus particulièrement sur son travail sur le Népal où il se rend régulièrement depuis les années 90 et où il constate depuis ce phénomène particulier qui touche le pays, à savoir l’émigration des hommes vers l’Inde ou la Malaisie (40% des migrants) mais surtout vers les pays du golfe (Arabie 20% des migrants) et plus spécifiquement le Qatar (20% des migrants) qui est en forte demande de main-d’œuvre pour assurer la construction des infrastructures liées à l’organisation de la coupe du monde de football.

 


 

 

 

 

« No other choice » pour ramener un peu plus d’argent à la maison. Au Népal, le salaire moyen est de 80€ par mois, au Qatar, le migrant touche au minimum 200€ par mois lorsqu’il travaille. Il revient au pays 2 mois tous les 2 ans et envoie de l’argent régulièrement à sa famille restée au Népal. 1/3 des hommes actifs népalais travaillent à l’étranger ce qui n’est pas sans conséquences graves pour la société népalaise. Ainsi depuis le dernier séisme, il n’y a plus d’infrastructures et il est impossible de reconstruire car la force vive se trouve à l’étranger. Les femmes assurent tout ce qu’elles peuvent dans le pays mais ne peuvent tout faire : les terres agricoles sont ainsi le plus souvent abandonnées.
Les revenus des migrants ne représentent pas moins de 30% du PIB de ce petit pays, un des plus pauvres du monde.
Lors de ses voyages, Nicolas Lecloux a tissé des liens avec 30 familles et 11 de leurs hommes partis au Qatar. Il a photographié là et là-bas. En toute discrétion au Qatar pour ne pas mettre en danger ces travailleurs migrants et surtout leur éviter une expulsion catastrophique car ils ont besoin de cet argent pour, d’une part rembourser le prix de leur voyage (entre 1000 et 1200€, ils se sont lourdement endettés pour partir, gageant le plus souvent leur terre en garantie) ; et d’autre part, pour faire vivre un peu mieux leur famille soit en construisant une maison, soit en envoyant leurs enfants à l’école ou simplement se nourrir…

 

 


Là-bas, les hommes vivent dans des camps sans se mêler à la vie des Qataris. Tout est organisé pour les isoler : 2 millions d’ouvriers sont au service de 200 000 Qataris. Aucun écart n’est toléré et pourtant l’alcoolisme pour tromper le lourd et pesant ennui est devenu un fléau pour certains d’entre eux. Pour oublier aussi souvent les terribles conditions de travail, 3 cercueils par jour sont rapatriés au Népal. Un lourd tribut payé pour tenter de doter sa famille d’une vie un peu meilleure au pays. Un pays fortement déstabilisé par ces départs puisque les coutumes se délitent, la mobilité sociale s’inscrit dans la consommation et le paraître. On achète des postes de télévision, on construit des maisons mais l’absence des hommes a mis en sommeil la vie économique népalaise.

 

Cette émigration représente parfois jusqu’à 50% de la population de certains villages népalais.


 

L’originalité de l’approche du photographe réside dans sa double démarche d’étude : ici et là-bas. Dans un grand respect des personnes photographiées et toutes présentées par leurs noms lors de cette soirée et que vous ne verrez pas dans ce compte-rendu ni sur le site du photographe pour préserver leur sécurité. Mais souvenez-vous d’eux lorsque vous regarderez les matches de cette coupe du monde-là !

 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 17 nov 2016 - Réagir

Affluence des grands jours au Musée Niepce pour la rencontre avec Yan Pei-Ming

Dans la continuité de l’exposition présentée au Musée Nicéphore Niepce, l’équipe muséale avait convié mercredi soir le public à un dialogue au cœur de l’œuvre avec l’artiste dijonnais Yan Pei-Ming fortement impressionné par l’affluence record.


L’enfant, élevé dans un milieu ouvrier, a grandi à Shangaï sous la révolution culturelle. Dès l’âge de 13 ans, il réalise ses premières peintures, ses premiers portraits. En 1980, il immigre en France et suit les cours de l’école des Beaux-Arts de Dijon durant 5 ans avant de monter à Paris pour étudier à l’Institut des Hautes Etudes en Arts Plastiques.

 


 

 

Yan Pei-Ming est aujourd’hui reconnu comme un des plus grands artistes contemporains. Ses œuvres grands formats de visages peints, de têtes de Mao, des portraits de son père, de ses autoportraits … sont bien connus du public et les amateurs d’art et collectionneurs se les arrachent.

 

Sa palette de couleurs est réduite. Elle se compose essentiellement de noir, de blanc, de gris voir de vermillon. Peindre est un acte physique, une forme de lutte lors de laquelle l’artiste projette son âme dans le tableau le plus rapidement possible, dans une urgence pour mieux faire plonger ensuite le spectateur dans un abîme profond. Yan Pei-Ming est certes un portraitiste mais ses visages peints questionnent sur l’état du monde, sur la guerre, la mort, le vivant.
Depuis 1981, année de sa première exposition, l’artiste parcourt le monde au gré de ses expositions mais reste fidèle à sa ville d’adoption Dijon où il vit et travaille et surtout est fidèle en amitié.

 


 

C’est donc au nom d’une longue amitié avec François Cheval (depuis 30 ans) que Yan Pei-Ming a créé une série de Mademoiselle inspirée par des photographies issues des collections du musée et exposée pour la première fois au Musée de la photographie de Chalon. Il est vrai que le lien entre peinture et photographie n’est pas évident et les muses découvertes dans les archives furent une excellente opportunité pour développer ce projet titré par l’équipe du musée « D’après photo » mais que l’artiste préfère appeler « Les Demoiselles » car souligne-t-il malicieusement « il fallait trouver une justification pour exposer un peintre dans l’antre de la photo ».

 

Ces œuvres sur papier réalisées au fusain et à la gouache, en bichromie dans la pure ligne de travail de l’artiste sont présentées sans cadre sur un mur blanc. Mur blanc sur lequel les légendes sont inscrites au crayon noir.
Dans le long échange avec le public, le citoyen d’honneur de la ville de Dijon, nommé chevalier de la Légion d’Honneur en 2008, un des rares artistes exposés de son vivant au Louvre dans la salle Denon face à La Joconde, s’est exprimé sur sa vie, ses créations, son évolution artistique, son parcours en toute simplicité et avec beaucoup d’humour avant de se prêter fort sympathiquement au jeu des dédicaces.

 

 

 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 20 oct 2016 - Réagir

Un photographe, Stéphane Couturier et son public au Musée Nicéphore Niépce

Dans la continuité de sa conférence donnée en avril 2014, le photographe Stéphane Couturier revient en cette année 2016 au Musée Nicéphore Niepce dans une exposition intitulée « Alger-Climat de France » présenter ses travaux de dissection de cette cité algéroise construite dans les années 1950 par l’architecte français Fernand Pouillon à la demande du gouvernement français pour abriter dans quelques 5000 logements, 30 000 personnes (60 000 y vivent actuellement).


Ce travail de longue haleine, 2 à 3 voyages d’une dizaine de jours par an et cela depuis 2011 n’aurait pu se faire sans l’aide précieuse de résidents de la cité et particulièrement d’Hamid Rahiche, « une belle rencontre » qui a introduit Stéphane Couturier dans les lieux, lui servant de protecteur, de guide, d’assistant.


Converti et formé à la photographie par Stéphane Couturier, Hamide Rahiche présente 3 tableaux sur l’Aïd el-Kebir au musée lors de cette exposition et sera un des invités de la 2e biennale des Photographes du Monde Arabe à la Maison Européenne de la Photographie en 2017.


Mais revenons à « Alger-Climat de France » qui a bénéficié non seulement de l’aide de la DRAC-Bourgogne-Franche-Comté mais aussi du soutien inconditionnel de Marie et David Benmussa, généreux mécènes pour un résultat bluffant sur les murs car la scénographie créée par Stéphane Couturier offre une plongée artistique, inédite et saisissante dans cette cité de la ville blanche inédite.


Et personne n’est mieux placé que l’auteur lui-même pour parler de ce labyrinthe, de ces fragments, de ces métamorphoses, de cette dissection et de l’humain au cœur de l’architecture lors d’un partage de 2 heures avec le public en cet après-midi de samedi.


Revenons sur cette rencontre. Initié en 2011 pour « Marseille 2013 », la richesse de la ville d’Alger dont le lien commun avec celle de Marseille outre le fait qu’elles soient en vis-à-vis de chaque côté de la Méditerranée est l’architecte Fernand Pouillon, a réorientée le projet du photographe vers un travail exclusif sur Alger, travail toujours en cours d’ailleurs.


Ce projet cher au cœur de Stéphane Couturier lui offre l’opportunité d’exprimer pleinement son art photographique par des scénographies variées alliant vidéo et son, photographies et vidéo et d’entamer une réflexion sur la présentation et l’utilisation de la photographie.


Cette exposition est « un carrefour de plusieurs degrés de lecture : liens entre France et Algérie, travail sociologique sur la cité, étude architecturale… La photographie est un outil documentaire, elle atteste de ce qui est. Mais en même temps, la présentation en colonnes du polyptique altère l’ordre des choses : » la photographie permet aussi d’inventer, de jouer avec les éléments pour tout réinventer tout en gardant une racine documentaire ».
La vidéo, elle, rappelle ce qu’est la place des 200 colonnes en un long défilement latéral où tout est immuable et où tout change.


Le tableau des portraits des habitants de la cité (encadré par l’équipe du Temps Apprivoisé) est un hommage aux habitants pour leur aide tout comme le mur d’écrans au dos. A noter la présence féminine représentée uniquement sous forme de mannequins en signe de respect des coutumes locales, des règles de la famille au sein de la cité.
Ce travail en immersion est une des richesses de la photographie pour Stéphane Couturier. « Il y a toujours du nouveau, de l’imprévu, il faut saisir les opportunités, attendre et rester ouvert à tout ce qui peut arriver. »


Pour l’instant, le photographe n’envisage pas d’exposer ce travail en Algérie car le risque d’instrumentalisation est trop grand selon lui. La cité « Climat de France » est idéalement placée au-dessus de la baie d’Alger et de nombreux promoteurs immobiliers sont aux aguets. Une exposition là-bas, dans 5-10 ans peut-être quand le regard porté sur ses images aura changé, évolué pour devenir lecture d’archives.


« La photographie vit sa propre vie. Il faut porter une grande attention à la manière de montrer son travail car la présentation à un public entraine des réactions fortes, variées. Chacun s’empare de la photo selon sa propre histoire », précise le photographe.
Attention est un maître-mot pour qualifier le travail de Stéphane Couturier : attention portée aux hommes, à l’histoire, au documentaire, à l’architecture, à la restitution mais aussi attention apportée à la prise de vue. L’artiste n’applique pas les règles traditionnelles, classiques pour ses photos d’architecture algéroise. Il photographie les façades comme des grilles, des trames, de manière plate, donnant à voir des formes abstraites proches de tableaux. Dans ce travail de composition, de point de vue, l’architecture est toujours la même et différente car les habitants y apportent des éléments personnels (climatiseurs, linges aux fenêtres…).


« L’effet de platitude permet de déhiérarchiser le sujet et l’image ne devient qu’un fragment dans lequel l’œil du public doit pénétrer pour entrer dans le détail. Chacun regarde ce qu’il a envie. C’est pourquoi François Cheval dit que je suis un représentant du classicisme français ».
Cette exposition est à découvrir et vous avez jusqu’au 15 janvier 2017 pour cela.

Article : Pascale Josserand
Photos : Isabelle Feraud

 
 
 
Imprimer - - par Josserand Pascale et Isabelle Feraud - 17 oct 2016 - Réagir

Der des ders pour François Cheval au Musée Niepce

Dernière inauguration et dernières expositions présentées par François Cheval, conservateur du Musée Nicéphore Niepce, ce vendredi soir.


Le public peut découvrir jusqu’au 16 janvier 2017 sur les murs et écrans vidéo du musée l’œuvre de trois artistes Lamia Joreige, Yan Pei-Ming et Stéphane Couturier.


Mais avant tout autre développement, il est important de noter la présentation de « Luisa », œuvre de la jeune artiste Mathilde Geldhof, produite par les Ateliers Vortex et primée dans le cadre de la deuxième édition du Prix Impression Photographique soutenu par la région Bourgogne-Franche-Comté. Ce diptyque est une photographie du quotidien, un récit métaphorique, réalisé au Portugal.


Dans « And the living is easy-Variations autour d’un film », l’artiste plasticienne et cinéaste libanaise, Lamia Joreige utilise documents d’archives et éléments fictifs pour engager une réflexion sur la relation entre Histoire Individuelle et Histoire Collective et les représentations des guerres libanaises.

 

 

Son intervention chalonnaise s’articule autour de son long métrage (74mn) projeté en salle vidéo et se décline en salle Demachy pour dresser un portrait de sa ville natale Beyrouth en 3 phases. « Beyrouth 1001 vues » est une projection de 16mn de photographies issues des archives de la Fondation Arabe pour l’image ainsi que de la Collection Fouad Debbas et du Centre de documentation An-Nahar, animé par Sandra Fatté. Puis, le visiteur peut s’attarder sur les 4 écrans de l’installation « Cartographie » produit avec l’assistance de Ghalas Charara avant de lire consciencieusement « Le Scénario » long tirage jet d’encre sur un graphisme de Karine Wehbé avec enfin en écho « Bande son », installation sonore créée par l’artiste et Charbel Haber et mixée par Fadi Tabbal. Une exposition qui démontre entre autres que les photographies sont ouvertes à d’autres pratiques telles la vidéo…


Puis le visiteur plonge avec « Les Demoiselles » dans une autre dimension, l’univers de l’artiste dijonnais Yan Pei-Ming qui expose à Chalon une dizaine de Mademoiselle, portraits monumentaux réalisés en bichromie. Par ces portraits, l’artiste fait entrer le spectateur dans une intimité et un réel brut pris sur le vif. Le public pourra discuter par ailleurs avec Yan Pei-Ming lors d’une rencontre organisée par l’équipe du musée le mercredi 19 octobre à 18h45 au musée, sur inscription. contact@museeniepce.com ou au 03 85 48 41 98

 


 

Enfin, Stéphane Couturier présente « Alger-Climat de France » dont nous parlerons plus amplement après la rencontre entre le public et le photographe prévue samedi au musée.
Et c’est devant un public nombreux d’anonymes, d’officiels dont François Rebsamen, maire de Dijon venu en voisin soutenir son artiste local Yan Pei-Ming, les artistes Lamia Joreige, Stéphane Couturier ou des gens de la photographie comme John Batho, Bernard Plossu, Françoise Morin (Les Douches La Galerie), Paul Jay et bien d’autres que ce sont tenus les discours officiels.

 


Gilles Platret, maire de Chalon, a remercié chaleureusement Paul Jay, « le fondateur de cette belle maison » avant de s’adresser à François Cheval « en partance vers d’autres horizons » pour lui transmettre la reconnaissance de la ville pour les travaux, les échanges culturels réalisés durant tant d’années et aussi pour le rayonnement international du musée Nicéphore Niepce et par conséquent de la ville où « les choses ont commencé avec Niepce» sans oublier bien entendu la double vocation du musée : conservation et préservation d’un patrimoine mais aussi soutien aux créateurs contemporains. Puis l’édile s’est attaché à rassurer sur l’avenir de l’institution malgré les restrictions budgétaires en évoquant quelques pistes d’un nouveau projet pour le musée de la photographie, photographie qui est « un ressort incontestable du développement de la ville », a-t-il souligné. Il a ainsi annoncé la mission d’un bureau d’étude chargé d’imaginer la nouvelle configuration du Musée Nicéphore Niepce autour d’une réflexion au sens large sur l’image, n’excluant pas pour le futur développement un partenariat public-privé ou d’autres formes, et pourquoi pas dans un nouveau lieu.

Tout cela est pour l’instant hypothèse, possibilité car à l’étude, en réflexion.


François Cheval, très ému, s’est ensuite avancé au micro pour s’adresser à son équipe, au public, aux artistes : « c’est la dernière mais je suis serein. J’ai profité du meilleur des musées de France, dans une absolue liberté pour la beauté du métier » en soulignant facétieusement, « ce sera plus dur pour le futur conservateur. Le recul des musées est aussi le recul de la pensée. » Puis, il a remercié chaudement Paul Jay « car c’est lui qui a tout fait » et sous une salve d’applaudissements, les deux hommes se sont longuement enlacés.

 

Suite du reportage :

 

 

 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 16 oct 2016 - Réagir

Der des ders pour François Cheval au Musée Niepce 2

Suite du reportage :


 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 16 oct 2016 - Réagir

Der des ders pour François Cheval au Musée Niepce 3

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 16 oct 2016 - Réagir

Conférence au Musée Niepce de Philippe Collin: Une histoire de famille-Une histoire des bagnes

Ce 5 octobre 2016, Philippe Collin était invité au Musée Nicéphore Niepce pour une rencontre avec le public autour d’un thème un peu dur pour reprendre le terme de Charles Lelu, président de la Société des Amis du Musée lors de son introduction : Le bagne et les bagnards.


 

Philippe Collin est le petit-fils du Dr Léon Collin (1880-1970) qui fut non seulement médecin des troupes coloniales mais aussi photographe.


 

Découverte par Philippe dans son enfance, dans le grenier de la maison familiale, ce sont environ 1000 plaques de toutes sortes accompagnées de tapuscrits, le tout pris et rédigé par le grand-père du temps où il a pratiqué la médecine entre 1906 et 1913 chez les forçats d’abord en Guyane puis en Nouvelle-Calédonie. Et c’est l’histoire du bagne il y a une centaine d’années que nous racontent ces archives.


Le legs de cette collection au musée Nicéphore Niepce par Philippe Collin est une opportunité pour la mise en valeur de ce fond historique et avec la complicité de l’historien Jean-Marc Delpech pour la parution d’un livre intitulé « Des hommes et des bagnes » aux éditions Libertalia.

Le corps du livre est la copie conforme des écrits et mises en pages du Dr Léon Collin.
Le travail de Philippe Collin consiste en une préface sur la vie de 75 des hommes envoyés au bagne. Le portrait de ces 75 bagnards a nécessité 18 mois de recherche notamment sur la base de recherche Criminocorpus ( https://criminocorpus.revues.org/3260 ).



Philippe Collin présente son grand-père comme « un chanceux qui a échappé au choléra … et est sorti indemne de l’enfer de Verdun. Passionné de photographie, ses voyages sont l’objet de reportages : textes et images. Au départ, il cherche le sensationnel dans l’espoir de ventes à une presse avide de sensation.


 

Médecin-militaire sur le bateau « La Loire », il assiste au transport des prisonniers au bagne de Cayenne puis en Nouvelle-Calédonie, transferts durant lesquels il photographie les hommes condamnés. Parfois, il bidouille un peu ses images par un montage subtil afin de dissimuler le fait qu’il est auteur de la prise de vue car en tant que médecin-militaire, il était passible de sanctions de la part de sa hiérarchie.
Son travail évolue au fil des ans vers plus d’humanité. Ses écrits s’insurgent de plus en plus contre les conditions de détention inhumaines».


 

Puis, notre conférencier évoque les origines du bagne. Le terme bagne vient de l’italien bagno (les bains) : lieux où les esclaves romains étaient enfermés.

Et enfin, Philippe Collin retrace l’origine des bagnes en Guyane et Nouvelle-Calédonie qui découle d’une évolution technologique. Avant, les condamnés étaient envoyés aux galères car on avait besoin de rameurs. Puis le besoin de main d’œuvre pour construire les bateaux à voile a déporté l’incarcération dans les ports. Les bagnes étaient portuaires : Brest, Toulon, Rochefort…
Enfin, l’avènement du bateau à moteur a rendu nécessaire l’ouverture de lieux de concentration des prisonniers, ailleurs. Dès 1852 en Guyane où le bagne fut construit par les condamnés d’Afrique du Nord et des colonies, et en 1863 en Nouvelle-Calédonie.
Le dernier bagne a fermé ses portes en 1946 et le dernier bagnard est revenu en France en 1953.



Le bagne avait 3 missions à accomplir envers le prisonnier : la punition, la rédemption et la réinsertion. La vie du bagnard étant souvent de courte durée, peu d’entre eux ont réussi à se réinsérer.

Le bateau de transport « La Loire » abritait 6 cages dans ses cales où tous les profils étaient mélangés dans une promiscuité épouvantable. Les bagnards étaient rasés tous les 3 jours. Des tuyaux couraient les plafonds des cages pour déverser des jets de vapeur en cas d’émeute.
Par contre, la Compagnie Nantaise de Navigation assurait un service correct à bord (nourriture…).


 

Les bagnards étaient sériés en fonction de leur forfait :
• Les transportés : les meurtriers
Condamné à plus de 8 ans par la Cour d’Assise = bagne à vie
Condamné à 8 ans maximum = retour possible après doublage du temps au sein de la colonie en tant qu’homme libre
53 000 en Guyane 22 000 en Nouvelle Calédonie
• Les relégués ou Pieds de biche
Ceux qui ont commis 3 fautes et sont condamnés par le tribunal correctionnel comme les voleurs
18 000 en Guyane 41000 en Nouvelle Calédonie
• Les déportés : les condamnés politiques
Comme Louise Michel en Calédonie ou Dreyfus
Pas condamnés à travailler, parfois libres dans la colonie
Quelques centaines en Guyane 4000 en Nouvelle Calédonie -Inclus les déportés de la Commune et de la révolte kabyle
Source de peur car penseurs, anarchistes, intellectuels potentiellement fédérateurs de soulèvements
• Les libérés : devant rester dans la colonie un temps égal à celui de leur condamnation

Entre 1850 et 1950, il y a eu 100 000 déportés et l’effectif est resté stable en raison de la guillotine blanche, c’est-à-dire en raison des 90% de taux de mortalité liée aux conditions de détention, d’hygiène, d’alimentation, de travail… Les hommes condamnés ne sont ni plus ni moins que des animaux transportés à l’abattoir.


 

Les bagnes, ce sont des camps où le condamné travaille : colonie de l’Ile de Ré pour les enfants et les adolescents, Biribi pour les militaires en Afrique du nord.
Les bagnes, ce sont des cachots, des réclusions cellulaires dans des cages d’isolement absolu comme sur l’ile Saint-Joseph, des chantiers forestiers mais aussi des travaux forcés, des châtiments corporels (exemple les fers la crapaudine, les poussettes…) jusqu’en 1880 et aussi des supplices psychologiques.
Les bagnes, ce sont aussi la malnutrition, les maladies, la violence. »


Passionné par son sujet, Philippe Collin a ensuite longuement répondu aux questions du public.

Et les femmes ? 4000 à 5000 prisonnières souvent condamnées pour infanticides, « volontaires » pour leur transfert dans des couvents tenus par les sœurs Saint Joseph de Cluny, parfois mariées à des forçats en vue de peupler les colonies
A noter un statut différent pour les déportées comme Louise Michel.


 

Sur l’existence de bagnes dans d’autres pays ? Oui, par exemple : la Grande-Bretagne en Australie, les USA, la Russie et ses goulags…

Sur les particularités des bagnes français ? Plus de monde, plus inhumains, plus longtemps

Et le bagne de Biribi ? Biribi n’est pas un bagne mais un système de camps de travail, de chantiers mobiles pour les militaires condamnés et sous administration militaire et non civile comme en Guyane ou en Nouvelle-Calédonie.

Et pour le chalonnais ?
Construction de bateaux de transports entre autres comme « La Loire » aux chantiers Schneider de la ville
Transport de chaines de forçats à pied puis en bateau de Paris à Toulon avec halte à Chalon
Ferrage place du Châtelet des condamnés locaux comme Pierre Vaux mort en Guyane et innocent. Vous pouvez consulter ci-dessous le dossier des Archives départementales sur cette affaire et disponible sur le site http://www.archives71.fr/
L'affaire Pierre Vaux


 

Les faits en bref
De 1851 à 1859, Longepierre est frappé par une série d'incendies criminels. Au final, 65 bâtiments sur 104 que compte la commune seront touchés et deux morts seront à déplorer.
Rapidement, Pierre Vaux, instituteur et Jean-Baptiste Petit sont désignés comme les meneurs d'une société d'incendiaires. Malgré leurs protestations d'innocence, le 25 juin 1852, tous deux sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité et bientôt transportés en Guyane.
Les incendies reprennent. En 1855, de nouveaux suspects sont arrêtés. Gallemard est finalement reconnu comme le principal instigateur ; ce dernier se suicide en prison. Malgré ces nouvelles informations, "ceux que l'on sait désormais être innocents ne seront pas blanchis pour autant" écrit Louis Devance.
Le 16 décembre 1897, Pierre-Armand Vaux obtient la réhabilitation officielle de son père, décédé. Le jugement de 1852 est qualifié de "crime judiciaire".


Mémoire d'une affaire judiciaire
Le souvenir de l'affaire Pierre Vaux et Jean-Baptiste Petit reste vivace en Bourgogne. Le 21 octobre dernier, près d'un siècle après la réhabilitation des deux hommes, une stèle a été inaugurée à Longepierre à l'initiative du Comité pour la mémoire de Pierre Vaux et Jean-Baptiste Petit, présidé par Guy Thiebaut.
Les clés pour comprendre l'affaire : la thèse du complot "rouge"


A l'origine de l'affaire :
• des antagonismes sociaux et politiques puissants.
Pierre Vaux, né à Molaise en 1821, est nommé instituteur à Longepierre en 1844. Son enthousiasme pour la Seconde République, proclamée en 1848, le suffrage universel et ses idées neuves (instruction gratuite pour tous les enfants, partage des communaux...) se heurtent aux opinions conservatrices des notables de la commune. Pour beaucoup, Pierre Vaux est un "étranger", un républicain, un "rouge", autrement dit un fauteur de troubles.

A noter : Pierre Vaux est suspendu de ses fonctions d'instituteur en février 1850 pour "relations et esprit de désordre".Le Préfet lui refuse également le droit d'exercer les fonctions de maire auxquelles il a été légalement élu en janvier 1851.


• une justice aléatoire et peu encline à revenir sur ses erreurs.
La véracité des témoignages à charge ne fut que peu vérifiée. La relation de confiance existant entre Gallemard et le juge de paix de Verdun-sur-le-Doubs, chargé de l'enquête, servit les intérêts de celui-ci. La thèse du complot "rouge" fit rapidement consensus.--
Pierre Vaux a laissé des écrits dans lesquels il avoue sa confiance dans le seul jugement de Dieu.

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 7 oct 2016 - Réagir

Dune Varela, résidente BMW, lance la saison culturelle du Musée Niepce

Le Musée Nicéphore Niepce accueille depuis 2011 les lauréats de la Résidence BMW. Cette année, la lauréate est Dune Varela, photographe franco-américaine qui, après des études de droit à Paris puis de cinéma à New York, a débuté sa carrière comme réalisatrice de courts métrages et de documentaires avant de se consacrer principalement à la photographie, une passion qui la poursuit depuis son adolescence, époque où elle réalisait avec un appareil Pentax des autoportraits dans l’appartement londonien de son arrière-grand-tante, en secret.


En ce début d’année culturelle, la 6e lauréate s’est prêtée non sans trac car c’est une première pour elle au jeu de la rencontre avec le public chalonnais.


A l’appui de quelques trop rares photographies, elle a présenté pendant une heure ses divers travaux, recherches et expérimentations.

Inspirée par le diorama, la série « Impalas-Lycaons et autres paysages » nous transporte dans les Muséums d’Histoire Naturelle où l’artiste s’intéresse à la reconstitution artificielle de la nature dans ses lieux et le lien entre le figé et la mort.


 

« Dans la nature » où le fils de la photographe s’insère dans le paysage, nous ramène au temps de l’innocence et de la place de l’humain dans cette nature. Ce travail pictural peut être mis en parallèle avec la reconstitution du paysage et du naturel dans les parcs zoologiques de la série « Edens » ou encore « The cobweb » sur la promenade en forêt d’un tissu cotonneux.



Dans « Vues d’exposition » et « La mécanique des fluides », Dune Varela bouleverse les codes de représentation du paysage de la Corse non seulement par des jeux d’images, des superpositions, mais aussi dans son mode d’exposition à la Chapelle du couvent de Morsiglia où elle joue avec l’architecture intérieure, les alcôves, etc. pour dévoiler ses photographies.



Sa réflexion sur le médium photographie la mène à une quête incessante d’expérimentations entre autre sur le relief de l’image. Son travail se détache de l’image pure et plate au profit d’un rendu plus sculptural. Elle agit physiquement et plastiquement sur l’image : froissure de tirages, scan de ces photographies froissées et parfois brûlées lors de cette dernière opération… comme dans « Icebergs I et II », ou encore « Burning Landscapes ». « Behind the line » nous transporte dans un regard très particulier des esquifs de migrants.


 

L’artiste telle une scientifique est en quête perpétuelle et brise les codes de la photographie traditionnelle par son action physique sur le tirage même non pas au laboratoire mais dans son atelier. Ainsi a émergé la série « Constellations » d’après des images de la Nasa sur le cosmos et les étoiles sur lesquelles elle a collé du verre brisé ensuite au marteau. Et de ces brisures émergent un nouvel univers étoilé en mouvement perpétuel et très aléatoires car les petits morceaux de verre peuvent échapper à leur support et choir au fond du cadre. Ces accidents entrent en résonnance avec la démarche, l’expérimentation de la photographe.


Pour clore cette rencontre, Dune Varela a rapidement évoqué la démarche artistique qu’elle entreprend au Musée Nicéphore Niepce dans le cadre de sa résidence de trois mois. Elle envisage de travailler sur la matière, sur divers supports photographiques tels que les plaques de verre, sur des photographies de grottes et de paysages en écho à la problématique de détérioration-altération-conservation qui est aussi une préoccupation majeure de l’équipe muséale et qui renvoie à l’éphémère de l’œuvre d’art.


 

 

 

 


 

www.dunevarela.com pour découvrir plus amplement le travail de l’artiste

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 29 sept 2016 - Réagir

Veuve Ambal fête la photographie en partenariat avec le Musée Niepce

A partir de tirages sur papier albuminé, argentique, chromogène, d’héliogravure, de plaque de verre, de calotype, de cyanotype, de collographie vernie, de daguerréotype, de carte postale…


En se promenant de Beaune à Chalon en passant par l’Egypte ou le Japon…
Au travers des œuvres de Steiner, Talbot, Ducos du Hauron, Levi-Strauss, Tabard ou d’anonymes
Au fil des collections Charles Gros, Combier ou du studio beaunois Germain Eblé…


C’est non seulement toute l’histoire de la photographie qui s’expose sur les murs de la Veuve Ambal en une quarantaine d’images mais aussi celle du Musée Nicéphore Niepce ouvert en 1974 et qui depuis ne cesse de présenter les diverses techniques photographiques depuis leurs origines, de valoriser les photographes et de présenter les collections acquises depuis 42 ans.


Et c’est cette richesse, « ce meilleur des collections du musée Nicéphore Niepce » que célèbre jusqu’en mars 2017 la Veuve Ambal, partenaire et mécène du musée chalonnais depuis 5 ans.

 
 
 
Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 16 sept 2016 - Réagir

Lycée Emiland Gauthey : du Métier d'Art à l'Art

Depuis 5 ans déjà comme l’a souligné Elisabeth André, proviseur du lycée, dans sa présentation, le lycée Emiland Gauthey accueille une résidence artistique dans le cadre du label Excellence des Métiers d’Arts en collaboration avec le service des publics du Musée Nicéphore et la société des Amis du Musée Niepce. Cette résidence est soutenue par la DRAC représentée par M. Gadi lors de la restitution de l’opus 2016.


Une réelle opportunité pour les élèves et l’établissement de s’ouvrir sur la culture et « nourrir ses belles têtes ». Cette année encore, cette mission éducative est réussie grâce à l’investissement de l’équipe pédagogique et des professeurs encadrants, M. Oddoux et Mme Orsa et la forte implication de l’artiste-photographe Philippe Pétremant auprès des lycéennes qui ont réalisé des inclusions en résine.

 


Une équipe de choc pour effectuer un vrai travail artistique : un devenir, une modulation, une recherche d’idées, des tests, des essais…bref le quotidien de la vie d’un artiste vécu durant une semaine formidable par ces jeunes femmes qui reconnaissent avoir beaucoup appris. Un petit regret cependant : l’absence du prof de chimie afin de croiser les compétences. Car c’est bien là qu’est la réussite : apprendre en créant, en partageant, en croisant les expériences des uns et des autres.

 


Cette belle expérience sera reconduite en 2017 avec un autre artiste épaulé par l’équipe du Musée.

 
 
 
 
 

Suite du reportage :

 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 23 juin 2016 - Réagir

Lycée Emiland Gauthey : du Métier d'Art à l'Art -2

Suite du reportage :

 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 23 juin 2016 - Réagir

Lycée Emiland Gauthey : du Métier d'Art à l'Art -3


Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 23 juin 2016 - Réagir

Musée Nicéphore Niepce : Conversations intimes

Ce samedi, les visiteurs étaient conviés au Musée Nicéphore Niepce pour converser avec les photographes de l’exposition « L’œil de l’expert ».


Nous vous offrons quelques images de ces précieuses rencontres avec les artistes. Nous remercions particulièrement Charles Freger, Mazaccio et Drowilal, Natacha Caruana, Raphael Dallaporta, Stan Guigui, Virginie Marnat Leempoels et Yuki Onodera pour leur accueil, leur disponibilité et leur gentillesse.

 
Imprimer - - par Josserand Patrice - 19 juin 2016 - Réagir

Inauguration au Musée : Un diaporama... deux discours !

L’inauguration de l’expo du musée Niépce avec ses images sous forme de diaporamas pour accompagner de la bande son du discours de François Cheval, Benoit Dessaut et Christophe Sirugue.

 

Les discours de François Cheval et Benoit Dessaut


 

 



Discours du député Christophe Sirugue





Imprimer - - par Patrice Josserand - 19 juin 2016 - Réagir

Léon Herschtritt : invité d'honneur au Musée Nicéphore Niepce

Invité par les Amis du Musée à présenter son chemin de photographe lors d’une conférence en novembre 2013, c’est en invité d’honneur que Léon Herschtritt revient cet été au musée qui lui offre ses murs pour une belle exposition.


En 2013, « malgré la plus mauvaise manière de se présenter au musée (j’ai été un photographe humaniste), le travail du photographe présenté lors de cette conférence a incité l’équipe du musée à se plonger dans son œuvre et la découverte fut incroyable, plus complexe et au-delà du simple humanisme », soulignera le conservateur François Cheval devant un parterre de journalistes reçus en avant-première de l’inauguration qui se tiendra ce vendredi 17 juin.
A l’invitation du musée, Léon Herschtritt soutenu par son fils Laurent présente son parcours atypique : membre actif du Club photo 30-40, patron du Bistrot des photographes à Montmartre où il accueille et expose dans les années 70 de jeunes photographes comme Newton ou Gysemberg, vendeur aux Puces de 1989 à 1999 puis galeriste et grand collectionneur.


Puis il revient sur ses photographies. Quelques-unes sont très connues du grand public : son travail sur Berlin ou l’Algérie (primé en 1960 par le Prix Niepce) ou son travail de portraitiste. Et d’autres ressorties, extirpées de ses archives personnelles par le regard expert des éditeurs du musée. L’occasion pour lui de plonger dans ses souvenirs et d’évoquer quelques rencontres avec De Gaulle, Chirac, Karen Blixen, Ezra Pound et son ami Claude Berri. L’occasion de regretter le temps où tout était plus proche : « maintenant, il y a trop de barrages, une distance avec les artistes protégés par les attachés de presse. Avant, on était tous amis ».


Dans cette rétrospective non-exhaustive que présente le musée Niepce, la liberté de regard de Léon Herschtritt nous plonge « dans le mouvement des choses et des hommes » pour rendre compte de ce que fut l’époque des Trente glorieuses et « conforte la mémoire en un retour sur nos pas». Les pas de l’histoire d’un homme. Les pas de l’histoire des hommes.

 
 
 
Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 18 juin 2016 - Réagir

L'œil de l'expert au musée Niepce à Chalon

Maîtriser la lumière
Fixer l’ombre
Pré-voir
Ce sont les trois mots-clés qui accueillent le visiteur au musée de la photographie.


Après la présentation à la presse ce matin de « L’œil de l’expert » nous retiendrons le descripteur « Pré-voir » comme symbole de cette nouvelle exposition.
Le public au gré de sa déambulation dans le musée découvrira un petit signe


Ce X schématisé le guidera sur le chemin des acquisitions et achats réalisés par le musée Niepce depuis 1996 car le visiteur est en effet convié à découvrir la rétrospective des vingt ans de politique d’acquisitions de photographies du musée.


« L’œil de l’expert, ce n’est pas vingt ans de mégalomanie », soulignera François Cheval lors de sa présentation, « car je ne suis pas l’expert. L’expert, c’est le photographe qui s’exprime par et autour de la photographie. Chaque photographe est un expert pour interroger la nature du médium ».


Et le conservateur de poursuivre : « cette exposition n’est pas une invitation à contempler de la photographie esthétique contemporaine. Le Musée Niepce n’est pas un musée de la commémoration, c’est un musée qui soutient les photographes et qui exposent leur travail sur ses murs. Le musée Niepce est la maison des photographes. Il leur offre une structure complète de production (5 laborantins, 10 documentalistes et 1 encadreur) en échange du dépôt de leurs tirages contrairement à d’autres musées qui opèrent des prélèvements d’images orphelines et réduisent leur choix à l’esthétisme des Beaux-Arts. Le musée Niepce défend aussi la photographie française par ses achats de photographies. Le Musée Niepce n’a rien contre les marchands mais refuse le diktat du marché pour définir une œuvre. C’est pourquoi en 20 ans, le musée a défendu et soutenu environ 140 photographes contemporains et l’exposition présente un aperçu du travail de 136 d’entre eux. »


Pourquoi 20 ans ? L’explication est très simple. En 1996, François Cheval a succédé à Paul Jay à la direction du Musée Nicéphore Niepce et partira à la retraite en cette fin d’année 2016. 20 ans donc !


Suite à l’exposition de Léon Herschtritt, le visiteur est donc invité à porter son attention au fil des salles sur ce petit X et découvrir ces acquisitions. Il pourra ainsi s’attarder sur le diptyque de Patrick Bailly Maitre Grand « Les Gemelles » en hommage à Niepce.
Puis, John Batho dévoile « Présents et Absents » sur le génocide juif à Vilnius, photographié en 1999.
Patrick Tosani nous plonge ensuite dans « La grande nef », œuvre de 1984 qui questionne sur la notion de bon goût.
Robert Burley et Yuki Onodera nous interroge sur le rapport entre photographie et industrie, Walid Raad travaille sur l’archives, Akram Zaatari présente «Surprise ».


Un espace entier est dédié aux livres et à l’édition car « Photographie et Edition vont de pair ». La bibliothèque du musée recèle 1500 ouvrages car le livre est un élément central de l’histoire de la photographie.


Denis Barzach et son Hyper se découvre avant la salle vidéo où Leccia dévoile un montage original intitulé « Toi et moi amoureux ».

La salle des « Résidences » permet de découvrir les travaux de jeunes photographes accueillis à Chalon comme cette année encore avec la résidence financée par BMW –mécène du musée.
L’opportunité de revoir les images d’Ellina Brotherus, Mathieu Bernard Reymond, Guillaume Martial, Noël Jabbour, Maïa Flora, Morgane Denzler, Lola Reboud, Gérald Petit, Marion Gronier, Alexandra Catière, Natasha Caruana, Mazzacio et Drowilal, Alexis Cordesse, François Burgun, Philippe Petremant.


Des noms plus connus du grand public se partagent les murs de la grande salle d’exposition. Le visiteur peut se promener dans les univers variés de Virginie Marnat Lempoels, Roger Ballen, Laurent Millet, Mac Adams, Raphael Dallaporta, Jean Le Gac, Michael Durand, Robert Burley, Claire Chevrier, Patrick Tosani, André Merian, Bourcart, Mathieu Pernod, Christian Milovanoff, Ziad Antar, Charles Freger, Jean-Luc Moulène, Engström, Antoine d’Agata, Olivier Culmann, Patrick Zachmann, Laurence Leblanc, Kathryn Cook, Bertrand Meunier, Lise Sarfati, Bruno Boudjelal, Klavdij Sluban, Stan Guigui, Maximishin, Peter Knapp.


20 ans d’acquisitions, « c’est aussi 20 ans de collaboration avec les artistes et donc 20 ans à défendre des êtres humains et pas uniquement des photographies », conclura le conservateur au terme de cette visite.


Le public peut plonger jusqu’au 18 septembre 2016 dans ces univers différents exposés au musée et pré-voir les grandes œuvres photographiques contemporaines qui feront peut-être le bonheur des collectionneurs de demain.

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 17 juin 2016 - Réagir

Rencontre avec le photographe Carol Marc Lavrillier au Musée Niepce

En ce premier jour d’octobre, les Amis du Musée Niepce ont invité Carol Marc Lavrillier pour présenter à un public amateur de belles images son chemin de vie de photographe, éditeur, galeriste, collectionneur.


Et c’est un octogénaire au pas hasardeux mais au regard pétillant et à la passion toujours vive qui a dévoilé en un murmure, soutenu par sa charmante épouse, son amour pour le bel art.

 


Sa « jolie histoire » a débuté il y a longtemps, en janvier 1933.
Fils du célèbre graveur (médailleur comme il le souligne non sans fierté) André Lavrillier et de la sculptrice Margareta Cossaceanu (élève de Bourdelle), il ne put se résoudre à suivre les traces de ses parents trop talentueux dans leurs disciplines réciproques.
Mais, l’observation de leurs gestes lui apprit la minutie ce qui lui fut très utile dans son futur métier.

 

 

 


Photographe, il le devint un peu grâce à son père qui photographiait méticuleusement toutes ses créations : médailles et pièces dont sa pièce de cinq francs.
Né dans une famille d’artistes depuis de nombreuses générations, le jeune homme suivit les cours de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts.

 

 

Le point de départ de sa « vocation » fut sans contexte la confiance que lui accorda la veuve du sculpteur Bourdelle en l’autorisant à photographier l’atelier de son défunt époux. Cette « œuvre sur œuvre » fut une révélation pour lui. Il se consacra dès lors à photographier l’œuvre des autres.

 

 

Cette immersion dans la capture de leur création, détail par détail, par l’œil de l’objectif lui permit de comprendre, d’analyser, d’enquêter au plus profond de ce processus créatif, de cette pensée artistique.
« La photographie d’une œuvre d’art, c’est comme lire un livre », soufflera-t-il. « Une caresse du regard pour capter une œuvre ».
En 1957, suite à un drame familial épouvantable (le décès de sa jumelle) et une longue errance, ses pas le menèrent au musée Rodin où il découvrit « La porte des Enfers ».

 

 

Il travailla durant un an, tous les matins, perché sur des échafaudages (être un sportif de haut niveau passionné d’alpinisme lui fut d’une aide précieuse), dissimulé sous un grand dais noir pour mieux capter, photographier chaque détail. Ce long travail se heurta à une certaine frilosité des maisons d’édition et ce n’est qu’en 1988, qu’un éditeur osa le publier. Le livre obtint le Prix du meilleur livre de l’année, prix décerné par l’Académie Française.

 

 

Bien que non édité, ce travail sur Rodin lui valut une reconnaissance dans les milieux artistiques et lui ouvrit les portes de la célèbre revue artistique L’œil où il oeuvra une dizaine d’années à la rencontre des artistes : architectes, designers… « Ces gens qui travaillent dans le silence » souligne-t-il.

 

 

Ses photographies sur le Design publiées par un éditeur italien lui valurent une reconnaissance internationale qui lui ouvrit les portes pour des créations aux USA, au Japon…

 

 

Dans les années 1980, Carol Marc Lavrillier franchit une autre porte de l’art. Il s’aventura durant douze ans dans la représentation d’artistes (John Coplans, Alain Fleischer, Tony Catany…) en créant une galerie d’art, rue Maître-Albert à Paris : le Studio 666. Et se lança dans l’édition : Portraits d’artistes de Denise Colomb par exemple.

 

 

Dans cette longue vie de lutte comme il la qualifie lui-même, il dut pour survivre se consacrer parfois à la prise de vue publicitaire. Ainsi, il participa au catalogue de la Roche et Bobois, photographia des chaussures pour Roger Vivier, etc.
Il se consacra aussi à un long travail de mémoire en hommage à sa mère et, depuis son installation en Bourgogne du côté d’Autun, à des créations plus personnelles sur des objets, la nature, des traces avec toujours un regard, une vision, une histoire à dévoiler, une quête du beau, souvent rendue dans un flou car « l’image est en marche et le flou est un mouvement du temps qui accompagne quelque chose. » On reste toujours dans l’idée de la trace.

 

 

Patience et minutie sont pour notre photographe, les deux qualités nécessaires à la captation de la lumière, de l’image.
Pour cet homme qui avoue se laisser guider par son étonnement, la passion du travail bien fait s’exprime jusque dans ses tirages. Il tire peu mais passe beaucoup de temps dans son laboratoire a affiné et peaufiné le rendu de son image. Et ce rendu est magnifique comme le constata le public, admiratif après la projection, devant les grandes œuvres argentiques présentées lors de cette rencontre.

 


 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 2 oct 2014 - Réagir

Inauguration de l'exposition « Nudité et Oripeaux » au Musée Denon

En ce vendredi pluvieux, un public nombreux était présent au musée Denon pour l’inauguration de la nouvelle exposition « Nudité et Oripeaux : Mises à nu et dévoilement».

 

 


Cette révélation du corps au fil des salles est un parcours transdisciplinaire (archéologie-histoire de l’art-anthropologie).La synergie entre les musées Denon et Niepce permet une mise en image du corps mêlant sculpture, dessins, peintures, photographies au long d’un cheminement historique dévoilant la prise de conscience de l’apparence, de la nudité au fil des siècles.

 

 

 

 


Un état, une idée, un concept, des valeurs multiples –l’innocence primaire, l’anatomie, l’érotisme…
Au commencement : 25000 ans avant JC, il y eut les Vénus (représentations des déesses tout en rondeur et en attributs). Puis s’imposa vers 500 ans avant JC le canon grec qui fit référence dans l’art occidental. Le premier nu féminin de l’histoire antique est œuvre de Praxitèle en son « Aphrodite de Cnide » vers 360 ans avant JC.
Au IIIe siècle, les artistes représentèrent le Christ nu.

 

 

 

 


 


Le statuaire médiéval représenta le nu féminin en la personne d’Eve et sa tentation à l’exemple de Gislebertus vers 1130.
Les italiens se réapproprièrent au XVe siècle les figures antiques et fondirent de grands bronzes tel David.
Au XVIe siècle, Titien souligna le potentiel érotique en sa Venus d’Urbino par exemple et au XVIIe, Rubens s’attacha à dévoiler la sensualité.

 

 


Au XIXe siècle, Ingres revint à une forme néo-classique de la représentation du corps tandis que Courbet en 1866 frappait l’opinion avec une vision crue, sans concession d’un corps libre et sexué dans son « Origine du monde ».
Au XXe siècle, le public découvrait la charge érotique des autoportraits d’Egon Schiele ou la nudité viscérale et torturée de Francis Bacon.


Cette évolution artistique de la représentation du corps dans l’art est le reflet de sa conception chronologique, idéologique et sociétale : représentation des déesses associées à la nature primitive puis de l’homme puissant, idéal et parfait dans l’Antiquité, les scènes religieuses représentant le péché au Moyen Age, l’évocation des plaisirs au XVIe et la levée du veto de l’Eglise à la Renaissance avec une représentation très académique du corps uniquement masculin en parallèle au développement scientifique de l’anatomie. La levée de l’interdit sur le corps féminin, l’hygiénisme romantique ou encore le réalisme pur au XIXe siècle. Le culte du corps dans la propagande fasciste au début du XXe siècle puis un objet de consommation…

 

 
 

 

 


Le corps dévoile la nudité débarrassée de ses oripeaux en une scénographie nouvelle qui offre au regard du spectateur une identité visuelle dynamique par les couleurs aux murs, des panneaux d’informations posés lisibles aisément, l’accrochage à hauteur du regard - au plus près des œuvres pour mieux les découvrir et les savourer et une pré-découverte de l’exposition à l’extérieur où Corps-Nus-Nudité se dévoilent quelque peu à l’ombre bienveillante des lampadaires sur la place de l’Hôtel de ville.

 

 


 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 20 sept 2014 - Réagir

SAONE ET LOIRE : 6eme Rencontres Européennes du Portrait Photographique

Le cru 2014 de « L’été des portraits » s’est installé comme tous les deux ans au cœur de la vieille ville de Bourbon Lancy.
Et ce millésime est affaire de cœur, de tendresse, d’anges protecteurs et d’hommages.

 

 

 


Affaire de cœur tout d’abord avec l’exposition « Elles » au caveau, rue de l’Horloge où l’AREFH –association pour la reconnaissance des femmes handicapées, présente son projet photographique en partenariat avec le GNNP de Franche-Comté. Projet ambitieux, empreint d’une profonde humanité pour sensibiliser sur l’Humain qui se cache derrière le handicap, une vision sensible qui porte à regarder au-delà de toute compassion, la « simple » beauté de ces êtres abimés dans leurs corps et leurs âmes.

 

 

 


Âmes et regards bienveillants ou pas à l’église-musée Saint Nazaire où Davide Cerati dévoile ses « Anges », protecteurs d’un festival européen du portrait bien installé à Bourbon depuis 2004.
Regard en NB au fil des rues et des lieux d’exposition pour Pierre Delaunay qui nous invite à son « Retour des Indes » en quelques portraits.

 

 


 


Bascule vers le passé, dans un autre monde –plus frivole et coloré : le monde des années Yéyé où le photographe des people, Jean-Marie Périer présente « Mes années 60 ». Cent cinquante photographies de 1959 à 1969 prises pour le magazine « Salut les copains » et présentées à la salle Pingré. Sur les rythmes endiablés de l’époque, vous croiserez le regard de Françoise Hardy, Jacques Dutronc, les Beatles, les Rolling Stones, Sheila, Sylvie Vartan, Johnny... bref, tous ceux qui ont marqué ce temps-là.
Mais ces 6e rencontres européennes ne se limitent pas à ces lieux clos et ces quelques noms renommés.

 

 


 

L’été des portraits se déroule au fil des rues et dans les vitrines des commerçants. L’été des portraits, c’est 275 photographes professionnels qui exposent plus de 1000 portraits –NB, couleurs, vieillards, bébé, couple, femme enceinte soit 1km de photos sur un parcours de 5 kms.

 

 

 


Et au fil des déambulations, des regards différents, de l’humour, de la tendresse, des découvertes bienheureuses et parfois inattendues tel le portrait de notre ami Charles Lelu, président des amis du musée Niepce.

 

 

 

 

 


 Patrimoine et art photographique, un beau panachage pour une idée de sortie à 80kms de Chalon.
Visible jusqu’au 15 septembre 2014


Plus d’infos sur le site www.etedesportraits.com

Suite du reportage :

 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 1 août 2014 - 1 commentaire - Réagir

6eme Rencontres Européennes du Portrait Photographique 2

Suite du reportage :


 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 1 août 2014 - Réagir

6eme Rencontres Européennes du Portrait Photographique 3

Suite du reportage :


 

Imprimer - - par Josserand Pascale et Patrice - 1 août 2014 - Réagir





Rechercher dans cette rubrique  




 
  



 

LE FIL INFO EN DIRECT

EN UNE - SORTIR
NOUS CONTACTER

 agenda FOCUS 

HUMEURS, & DÉBATS 
Lettre d'information

Nos billets
PHOTOS  BD
CINÉMAS
 
TV Portraits FAQ  LIRE Revue de web



RÉGIE PUB : Contact ici


Nos partenaires : Votre site internet Communication événementielle